mardi 9 décembre 2014

Palestine : Les priorités de l’Union européenne ne sont pas les nôtres, Ceux qui ont construit Israël et continuent à le soutenir dans tous les domaines, et qui veillent à sa sécurité et son bien-être, ne peuvent avoir, dans leurs cœurs, de la sympathie pour le peuple de Palestine.

L’Union Européenne a diffusé une annonce sur les panneaux publicitaires de la Cisjordanie, ayant pour titre : « Vos priorités sont les nôtres ». Elle s’adresse, avec tellement d’affection et de compassion, au peuple palestinien en Cisjordanie, au point d’adopter nos priorités, nous qui vivons sous occupation depuis des dizaines d’années. J’ai également vu ces annonces sur les écrans des principales chaînes satellitaires, comme al-Jazeera.
Certes, l’Union européenne est menteuse, mystificatrice et hypocrite. Notre priorité est la fin de l’occupation, mais je n’ai pas vu l’Union européenne ni mobiliser ses armées pour participer à cette tâche ni accomplir cette tâche à notre place.
Parmi nos priorités, le retour des réfugiés à leurs maisons et leurs biens, dans les terres occupées en 1948, mais nous n’avons pas vu l’Union européenne défendre le droit au retour. Au contraire, les Etats européens nient le droit au retour, et s’efforcent, aux côtés des sionistes et des Etats-Unis, de trouver une solution pour régler le problème des réfugiés hors de la Palestine.
Parmi nos priorités, le droit à l’autodétermination sans intervention aucune, mais les Européens interviennent dans nos affaires et ne s’opposent pas aux interventions des autres dans nos propres affaires.
Parmi nos priorités, empêcher Israël de confisquer les terres et supprimer les colonies, mais l’Union européenne ne s’oppose pas à la confiscation des terres pour des raisons qu’Israël considère sécuritaires.
Parmi nos priorités, la libération de nos prisonniers des geôles sionistes, mais l’Union européenne les juge terroristes, et ne critique pas Israël à ce propos.
Parmi nos priorités, concrétiser la liberté d’expression, de mouvement, d’organisation et de mobilisation, mais l’Union européenne finance l’Autorité palestinienne qui réprime la liberté d’opinion, monopolise les médias et empêche l’organisation, les manifestations et les rassemblements pacifiques.
Parmi nos priorités, le développement d’un système judiciaire respectable et intègre, mais l’Union européenne finance des sessions de formation et la construction de cours de justice, tout en intervenant cependant dans la justice et la nomination de juges, sur des bases politiques.
Et la liste s’allonge..
Quant aux priorités de l’Union européenne, elles consistent à offrir des services au peuple palestinien, approfondissant le fossé entre la production et les services, en vue de maintenir le peuple asservi par la pauvreté, le besoin financier et les prêts humiliants.
Sa priorité est le contrôle des finances pour qu’elle puisse, en fin de compte, contrôler, aux côtés des sionistes et des Américains, la décision politique palestinienne.
Sa priorité consiste également à trouver des politiciens palestiniens favorables aux occidentaux et qui entretiennent de bonnes relations avec les sionistes, pour tromper le peuple de Palestine, liquider sa cause et concéder ses droits inaliénables.
Sa priorité est d’empêcher les libertés pour empêcher la tenue d’élections libres, qui mettent en avant des personnalités qui n’exécutent pas les politiques des Etats-Unis et d’Israël.
En conclusion, les Européens veulent supprimer la conscience palestinienne, en vue de liquider entièrement la cause de la Palestine, et nous apporter de l’aide, en contrepartie de notre patrie et notre droit. Ceux qui ont construit Israël et continuent à le  soutenir dans tous les domaines, et qui veillent à sa sécurité et son bien-être, ils ne peuvent avoir, dans leurs cœurs, de la sympathie pour le peuple de Palestine.
Chaque fois que nous nous trouvons face à une annonce de l’Union européenne, nous nous rappelons ceux qui ont directement contribué à l’expulsion de notre peuple, à la perte de notre patrie et à l’écoulement de notre sang. Ceux qui ont agi ainsi, ne méritent pas d’être écoutés et ne doivent pas rester parmi nous.
 Un peuple libre ne peut que refuser le plat trempé avec le sang de ses martyrs.
Source : ISM Palestine


EUROPE - La reconnaissance d'un Etat palestinien : un marché de dupes.Par cette démarche, l’Europe croit encore pouvoir ressusciter un « processus de paix » le processus d’Oslo mort depuis longtemps et sauver l’Etat sioniste avant qu’il ne soit trop tard.



Plusieurs Etats européens s’apprêtent à reconnaître symboliquement un Etat palestinien. On peut se demander quelle motivation anime aujourd’hui ces Etats alors qu’aucun d’entre eux n’a eu le moindre geste symbolique pour dénoncer les massacres commis par les sionistes à Gaza au cours de l’été 2014.
Dans les médias occidentaux, on nous présente cette initiative partie de Suède comme un enjeu majeur vers le règlement du conflit. Pourtant un Etat palestinien est déjà reconnu par l’immense majorité des pays du monde, sans que cela ne change absolument rien sur le terrain. Il semble alors nécessaire de s’interroger sur la signification d’une telle démarche de la part de quelques ex-puissances coloniales, qui soutiennent de manière fervente le sionisme et l’Etat d’Israël. Il faut aussi se demander pourquoi maintenant et quelles peuvent en être les conséquences.
Mais d’abord de quel Etat parle-t-on ? L’ « Etat palestinien » que s’apprêtent à reconnaître quelques Etats européens est un territoire aux frontières non définies englobant une portion minime du territoire de Palestine, sans aucune souveraineté, sous occupation militaire et truffé de colonies toujours plus nombreuses où sont installés près de 600.000 colons juifs. C’est un territoire administré par des dirigeants illégitimes et corrompus, non élus et non mandatés par le peuple palestinien pour négocier sur ce point sans tenir compte des revendications nationales. Il s’agit de donner le statut d’Etat à des portions de territoire sous administration de l’Autorité Palestinienne, donnant ainsi l’illusion que le processus d’Oslo a eu quelques effets bénéfiques. Mais quid d’al-Quds comme capitale, chaque jour plus isolée du reste de la Cisjordanie en raison de la colonisation galopante ? Quid du retour des réfugiés, du démantèlement des colonies, de la libération des prisonniers politiques, lors de la reconnaissance de cet Etat fantoche ? Nul ne le sait.

Par cette démarche, l’Europe croit encore pouvoir ressusciter un « processus de  paix » mort depuis longtemps et sauver l’Etat sioniste avant qu’il ne soit trop tard. Cette entité est la base avancée de l’impérialisme dans la région et tout doit être mis en œuvre pour protéger son existence. Les déclarations des dirigeants politiques, notamment en France, sont claires. Ils agissent pour la « sécurité d’Israël ». Cette reconnaissance vise aussi à apporter un soutien à Mahmoud Abbas et à ses acolytes collaborationnistes de l’Autorité Palestinienne qui se trouvent dans une posture particulièrement défavorable après la victoire de la résistance armée à Gaza.

Effectivement il n’est pas anodin que cette reconnaissance (ou non) apparaisse actuellement comme une priorité dans l’agenda politique des Etats européens alors que cette question n’avait pas engendré de réaction majeure de leur part lorsqu’elle avait été soumise à l’ONU en 2011. Il faut dire que la situation sur le terrain a bien changé. Depuis cette date, l’entité sioniste s’est particulièrement affaiblie. Elle a multiplié les échecs militaires face à la résistance palestinienne qui a quant à elle, intensifié sa force de frappe, comme elle a pu le montrer au cours de l’été 2014. Jamais auparavant, l’entité sioniste n’avait été déstabilisée à ce point par la résistance.

Il semble par ailleurs que la volonté d’unité palestinienne n’ait jamais été aussi forte que maintenant. Le peuple est unanimement aux côtés de la résistance armée et la coordination des organisations de la résistance a montré son efficacité sur le plan militaire, même si cela a du mal à se traduire pour l’instant en acquis politiques. En réponse à la poursuite de la colonisation sioniste en Cisjordanie , à la judéisation galopante d’al-Quds et aux menaces sur la mosquée al-Aqsa, la jeunesse palestinienne n’a plus rien à perdre face à l’occupant. Elle est déterminée à résister à la dépossession par tous les moyens à sa disposition. De plus, les puissances occidentales n’ont pas réussi à venir à bout des pays qui leur résistent comme l’Iran et la Syrie, ou des mouvements de résistance comme le Hezbollah libanais. La vitalité actuelle de la résistance palestinienne à Gaza, mais aussi l’éventualité d’une nouvelle Intifada en Cisjordanie et à al-Quds, représentent une menace centrale pour le camp impérialiste dans la région. Tout doit être mis en œuvre pour empêcher la résistance de se structurer et d’agir.

Mais les considérations de politiques étrangères n’expliquent pas à elles seules la démarche. Au cours de l’été 2014, les Etats européens ont pu mesurer une nouvelle fois le fossé entre leur soutien indéfectible à l’entité sioniste et l’immense solidarité populaire envers la résistance palestinienne, exprimée notamment par les populations arabo-musulmanes. Ce fut particulièrement le cas en France où le gouvernement socialiste a interdit plusieurs manifestations de soutien et continue à menacer des militants de la cause palestinienne. La reconnaissance de l’Etat palestinien portée à l’Assemblée nationale par quelques députés de gauche ne semble être qu’une manœuvre politicienne pour tenter de séduire l’électorat populaire qu’elle a perdu cet été.

Il ne fait aucun doute que cette reconnaissance ne traduit en rien une soudaine prise de conscience de la justesse de la cause palestinienne pour les Etats européens. Qui plus est, la création d’un Etat palestinien fictif constituerait un véritable piège pour les Palestiniens. La création de cet « Etat » figerait une situation coloniale en violant le droit à l’autodétermination et au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers. On peut parier que les Etats européens agissent en toute connaissance de cause au profit de l’entité sioniste car ils savent parfaitement que la création d’un Etat palestinien, même dans les frontières de 67, est impossible. Impossible car la puissance occupante n’en veut pas, et les faits sur le terrain révèlent ses véritables intentions. D’un côté, la colonisation se poursuit inexorablement et de l’autre, le parlement sioniste vote des lois définissant officiellement l’entité sioniste comme l’ « État-nation de tous les juifs du Monde ». L’objectif est clair : finir ce qui a été commencé en 1948 !

Le mouvement de solidarité a la responsabilité de ne pas se laisser berner par ce marché de dupes et par des concepts vides imposés par les puissances occidentales. Toute autre posture relève de la naïveté ou de l’immaturité politique. Il faut se concentrer sur les strictes revendications nationales du peuple palestinien que sont le droit à l’autodétermination et le droit au retour des réfugiés. Il faut soutenir inconditionnellement la résistance pour la libération totale de la terre arabe de Palestine
La volonté palestinienne est là, et nulle part ailleurs !
COMITE ACTION PALESTINE

dimanche 7 décembre 2014

La "reconnaissance" de la Palestine : une arnaque de l’Occident …. Une illustration ? Quand on reconnaît un État, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’État de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’État sioniste.



Tout le monde ou presque, surtout ceux qui se sentent proches du combat palestinien, se sont réjoui de la "reconnaissance" de l’État de Palestine par le parlement français.
Cette "reconnaissance" me paraît être une immense arnaque.
1er point. Qu’ont fait les gouvernements occidentaux depuis 1967 alors que l’armée sioniste venait de s’emparer de ce qui restait de la Palestine et avait commencé immédiatement à "nettoyer" les environs de Jérusalem de leurs occupants arabes pour y installer les 1ers colons sionistes ?
 Qu’ont fait ces gouvernements lorsque le régime sioniste a annexé juridiquement la partie palestinienne de Jérusalem en violation de toutes les résolutions internationales ?
Qu’ont fait ces gouvernements lorsque les hordes sionistes, 650 000 depuis 67, se sont répandues sur la Cisjordanie, détruisant des milliers de maisons et de villages pour s’y installer en conquérants, et réduisant à néant toute possibilité de solution pacifique à 2 États qu’ils appellent hypocritement de leurs vœux ?
Il serait inutile de refaire l’historique de ces dernières décennies en détaillant les appuis inconditionnels que l’Occident a offert au régime sioniste, sur les plans militaire, économique, financier, diplomatique. Israël est l’allié rêvé, le chien de garde idéal, et l’Occident ne lui fera de la peine que s’il est véritablement acculé. Ce n’est pas pour demain.
2e point. La stratégie de l’Occident, et donc de la France, colle à celle de l’État sioniste. Du moment qu’on n’a pas pu éliminer d’une façon ou d’une autre le nationalisme palestinien, qui gêne tout le monde et en particulier les dirigeants arabes, on allait l’apprivoiser, le corrompre, le vider de son sens. D’où la création de l’Autorité palestinienne qui a cédé en 1993, à Oslo, pour prix de sa soumission préalable, la souveraineté de 60% de la Cisjordanie à l’occupant sioniste et renoncé à exiger la création d’un État indépendant et la récupération de Jérusalem. Les « négociations » pouvaient commencer. Elles durent depuis 21 ans. 21 ans. Et ce n’est pas fini. Entre-temps les alliés d’Israël déversent près de 1 milliard de dollars par pour engraisser la nomenklatura palestinienne et lui faire oublier le rêve d’indépendance auquel elle n’a jamais cru.
Mais il importe d’entretenir la comédie. Car la population palestinienne de temps en temps s’énerve et le Hamas gagne du terrain.
3e point. Il est nécessaire de choyer l’Autorité palestinienne, de lui donner l’illusion de quelques « victoires » toutes symboliques. Par exemple faire admettre la Palestine à l’UNESCO ou lui accorder un strapontin à l’ONU. Mais le temps presse et le ton monte. Alors l’Europe, pour se dédouaner, pour faire durer la pièce, pour se donner des airs, et surtout pour donner encore un peu de temps à son allié sioniste de terminer le travail, c’est-à-dire avaler la Cisjordanie, a inventé un nouveau jeu, une manière de renvoyer aux calendes la création d’un vrai État palestinien. Elle va le reconnaître du bout des lèvres. Ça ne coûte rien, ça donne une fausse victoire à l’Autorité palestinienne et ça renvoie la solution à plus tard, beaucoup plus tard. La « reconnaissance » de l’État de Palestine par le parlement français n’est qu’une diversion sans aucune portée. Et pour les socialistes, ça permet de soigner leur image auprès de la population musulmane.
Une illustration ? Quand on reconnaît un État, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’État de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’État sioniste.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi cette mobilisation hystérique d’Israël et du lobby judéo-sioniste ? Ça fait partie de la comédie. Il faut donner l’illusion aux Palestiniens qu’ils ont remporté une victoire considérable malgré l’opposition farouche du camp sioniste. Cela va les calmer pendant quelque temps. Le temps que les sionistes y installent d’autres colons. Et d’ici-là on trouvera bien une autre arnaque.
N’oubliez pas ! L’Etat sioniste est le meilleur allié dont l’Occident dispose dans cette région. Il mérite bien les 3 à 4 milliards de dollars que l’Empire lui verse chaque année.
Source : Egalité et Réconciliation

vendredi 5 décembre 2014

EGYPTE : Des syndicats toujours aux ordres, Indépendants sur le papier

La gestion des syndicats est très bureaucratique et l’élite syndicale se caractérise par son conservatisme, son immobilisme et sa soumission au régime, mais aussi par des liens étroits avec le milieu des hommes d’affaires du secteur privé.
Les syndicats ne sont pas d’une grande aide. Ce n’est pourtant pas par manque de moyens. La Fédération générale des syndicats de travailleurs d’Égypte (FGSTE) est un paquebot de près de 4 millions de membres, 21 000 cadres, 17 fédérations régionales. Elle dispose d’une banque, d’une fondation culturelle d’universités ouvrières, d’hôtels, de villages-vacances, de bibliothèques… Ce n’est pourtant pas de ce côté qu’il faut s’attendre à une mobilisation générale. Selon Élisabeth Longuenesse et Didier Monciaud1, «  La gestion des syndicats est très bureaucratique et l’élite syndicale se caractérise par son conservatisme, son immobilisme et sa soumission au régime, mais aussi par des liens étroits avec le milieu des hommes d’affaires du secteur privé.  » La fédération et ses multiples branches se transforme peu à peu en une agence de services aux pratiques très clientélistes. Les dirigeants syndicaux se servent des ressources financières de leurs organisations, avec l’effet pervers d’accélérer le désengagement de l’État, notamment pendant les années 1990.
Il y avait pourtant eu une lueur d’espoir en 2009. Après des années de lutte, la formation d’un syndicat indépendant, celui des percepteurs des taxes sur les transactions immobilières, a été autorisée par le gouvernement en avril. Le mouvement, mené par Kamal Abou Aita, s’est transformé en Fédération égyptienne des syndicats indépendants le 2 mars 2011, peu après la chute de Hosni Moubarak, avec pour slogan principal la mise en place d’un salaire minimum à 1 200 livres (environ 120 euros) par mois, pour tous. C’était ce à quoi Abou Aita s’était employé, pendant son court passage au gouvernement comme ministre «  de la main d’œuvre et de l’immigration  » (c’est-à-dire le ministre du travail), de juillet 2013 à mars 2014. C’était la dernière tribulation d’un syndicaliste qui avait rallié les Frères musulmans en 2012 pour les élections à l’Assemblée du peuple2, s’était fait élire puis avait appelé à voter pour le nassériste Hamdine Sabbahi, pour finalement appeler à la démission de Morsi en 2013.
Indépendants sur le papier
La création de syndicats indépendants a été autorisée en mars 2011, juste après le départ de Moubarak, mais tous les gouvernements successifs ont bloqué l’adoption de la loi, du régime transitoire du Conseil suprême des forces armées à l’équipe de Morsi jusqu’à aujourd’hui, sous la présidence d’Abdel Fattah Al-Sissi. La grève menée par les camarades de Mohamed Kamel est bien sûr illégale. Car la loi 12 de 2003 sur le travail encadre très précisément le droit de grève : il faut faire une demande écrite à l’avance et avoir l’accord de la majorité des deux tiers du conseil d’administration de la FGSTE. À notre connaissance, un syndicat de la Fédération n’a apporté un soutien officiel qu’une seule fois, lors de la grève de l’usine Tanta Flax and Oil Co, en mai 2009. Un soutien de cinq jours pour une grève de six mois.
La loi sur le salaire minimum est passée en septembre 2013. Mais elle ne concerne que les fonctionnaires — pas même les employés des agences de l’État comme la Poste3. Mohamed Kamel, l’ouvrier à la jambe blessée, reçoit quand à lui un salaire de 780 livres par mois (environ 80 euros).
Un traitement spécial
Ces dispositions ressemblent à celles contenues dans une autre loi, entrée en vigueur en novembre 2013, sur le droit de manifester, réduit à la portion congrue. Il faut informer les autorités trois jours avant la tenue du mouvement : coordonnées, lieu et trajet du cortège, revendications et slogans scandés. Le ministère de l’intérieur se donne toute latitude d’interdire la manifestation au motif aussi vague que celui de «  menace pour la sécurité  ». Les possibilités de s’exprimer publiquement n’ont peut-être jamais été aussi réduites dans l’histoire récente de l’Égypte.
Pourtant, ni Kamel ni ses camarades n’ont été jetés en prison. Le gouvernement, malgré le contexte répressif actuel, ne tient peut-être pas à se mettre à dos les quelque 27 millions de travailleurs égyptiens. La loi sur les manifestations a fait l’objet d’une contestation immédiate de la part des militants des droits humains, conduisant à l’arrestation d’un activiste de premier plan, Alaa Abdel Fattah, en novembre 2013. Au même moment, et jusqu’en décembre 2013, les ouvriers d’une usine emblématique, celle de la Société égyptienne pour le fer et l’acier (Hadidwalsolb) à Helwan, au sud du Caire, ont eux aussi manifesté sans être inquiétés par les autorités.
Moustafa Bassiouni, journaliste économique égyptien et spécialiste des mouvements ouvriers, rappelle qu’«  on a compté en 2012 plus de grèves que pendant les dix années qui ont précédé la révolution  »4. Après la reprise en main du pouvoir par l’armée durant l’été 2013, les mobilisations ont continué, notamment en février 2014, faisant chuter le gouvernement de Hazem El-Beblaoui5. Mais les mobilisations n’aboutissent qu’à peu de résultats. Si les autorités n’ont pas la main aussi lourde sur les ouvriers que sur les Frères musulmans, les arrestations et cas de torture sont tout de même nombreux et répertoriés.
Des luttes très locales
Pour le chercheur Gennaro Gervasio, professeur à l’université britannique du Caire, les enjeux souvent très locaux des grèves en font des luttes difficiles à arrêter, mais par définition, elles peinent à prendre une ampleur nationale. «  Le régime sait le pouvoir des travailleurs organisés et politisés. Nommer au gouvernement Kamal Abou Aita était une forme de reconnaissance de ce pouvoir. Mais le ministre n’a pas réussi à calmer la grogne généralisée. Par ailleurs, les ouvriers sont très mal informés  », explique Gervasio. Il cite l’exemple d’ouvriers rencontrés en 2012 qui n’étaient même pas au courant de la création de syndicats indépendants. Pour le chercheur, «  le seul trait d’union depuis 2007, ce sont les mouvements de protestation, qui n’ont finalement jamais cessé  ».
En effet. Malgré le contexte répressif, les ouvriers de l’usine Schweppes sont mobilisés depuis trois semaines pour protester contre le renvoi possible de 850 ouvriers de l’usine, dans le cadre d’une fusion avec Coca-Cola. Les fusions ne sauraient être la cause de licenciements, selon la loi 12 de 2003 que tous les gouvernements successifs promettent de réformer dans l’intérêt des travailleurs, sans agir concrètement pour autant. À nouveau, des ouvriers de l’usine de la gigantesque usine Hadisolb de Helwan sont en grève. Ils réclament le paiement de primes, toujours promises, jamais versées. Jour après jour, en Égypte, des travailleurs manifestent et se mobilisent. Sans résultats concrets cependant : les ouvriers de Hadisolb avaient manifesté l’année dernière, à la même date, pour les mêmes motifs, sans être pour autant entendus. Quant à Mohamed Kamel, le travailleur blessé de l’usine Abboud Spinning company d’Alexandrie, il est toujours à l’hôpital. Les revendications de ses camarades sont restées lettre morte. En Égypte, le mouvement ouvrier reste prisonnier de trois maux : une base divisée et peu informée  ; le manque d’une représentation syndicale digne de ce nom, qui pourrait mobiliser sur le plan national  ; enfin, des autorités méfiantes vis-à-vis des mouvements de travailleurs et qui veillent soigneusement à rendre difficile, voire impossible, toute contestation organisée.
Orient XII

lundi 24 novembre 2014

Le terrorisme, produit authentique de l’impérialisme….Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est qu’une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. L’impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces…



Taliban, Al Qaeda, Aqmi, Boko Haram, Rebelles libyens, Rebelles syriens, Daech, Al Nosra, Khorassane, ne sont que des noms, parmi tant d’autres, pour désigner des organisations et des mouvements créés, financés, entraînés et armés directement et indirectement par l’impérialisme américain et son caniche européen dans le seul et unique but de servir leurs intérêts économiques et stratégiques. En condamnant toutes les voies et toutes les issues progressistes, l’impérialisme a ouvert la boîte de Pandore libérant des monstres qui essaiment un peu partout et qui lui servent de prétexte pour d’éventuelles interventions dans les pays qui lui sont réfractaires. L’impérialisme est le père de tous les terrorismes.
La violence des groupes « terroristes » aussi barbare soit-elle, est peu de chose par rapport à la terreur que l’impérialisme exerce sur les peuples qui refusent de se soumettre à sa domination. Un pays comme l’Irak est aujourd’hui dans un état de décomposition avancé. L’intégrité du pays et son unité ne sont désormais qu’un lointain souvenir. Les guerres impérialistes dans ce pays ont laissé derrière elles des centaines de milliers de morts. C’est Madeleine Albrith qui justifiait froidement en 1996 la mort de 500 000 enfants irakiens. Le nombre de blessés et de refugiés se chiffre par million. La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la barbarie et de la cruauté dont l’impérialisme est capable . Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est qu’une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. Contre la culture de l’amnésie propagée par les médias bourgeois, citons quelques faits marquants du XXème et du XXI ème siècle : Hiroshima et Nakasaki, Corée (nord et sud), Indonésie, Viêt-nam, Afghanistan,Yougoslavie, Irak, Libye et Syrie. L’impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces comme Suharto l’indonésien, Marcos le philippin, Pinochet le chilien, Videla l’argentin, Uribe le colombien, Ben Ali le tunisien, Moubarak l’égyptien etc.
L’empire américain a dressé des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d’étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou même nationaliste. Au Pakistan par exemple, le général dictateur Zia a renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Ali Bhutto grâce au soutien décisif de Washington. Pour asseoir son pouvoir et mater toute opposition laïque, le dictateur instrumentalise l’Islam. « Les hommes de Zia étaient obtus, insensibles et cruels. Le nouveau régime avait décidé d’utiliser l’Islam comme machine de guerre ; ses partisans barbus, souvent incroyablement stupides, étaient opportunistes jusqu’à la moelle. Ils mêlaient la religion aux profanations les plus viles » écrivait Tariq Ali dans « Le choc des intégrismes » . Des Madrassas (écoles coraniques) fleurissaient alors un peu partout au Pakistan. En plus de la formation religieuse, on apprenait à ces talibans (étudiants) le maniement des armes et les techniques de la guérilla. Il s’agit en fait de centres d’endoctrinement gérés et contrôlés par les fameux services secrets pakistanais ISI (Inter-Services Intelligence). De ces écoles religieuses naquirent des dizaines de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices. L’impérialisme avait besoin de Zia et de ses talibans pour renverser d’abord le gouvernement pro-soviétique, installé à Kaboul, et surtout livrer la guerre aux troupes Soviétiques présentes sur le sol Afghan ensuite. Les talibans sont ainsi devenus, par la grâce des dollars américains et des pétrodollars saoudiens les « moudjahidins de la liberté » qui allaient mener le djihad (la guerre sainte) contre les « communistes » afghans et leur protecteur soviètique. Dans son interview accordée au Nouvel Observateur, le chef de la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski déclarait ceci :
- Nouvel Observateur : « Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à des futurs terroristes ? »
- Zbigniew Brzezinski : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? » .
Rappelons que pendant la guerre contre l’Union soviétique, le dictateur Zia et ses services de renseignement ont demandé à l’Arabie Saoudite de dépêcher un membre de la famille royale pour superviser la « guerre sainte ». Faute de pouvoir trouver un émir, c’est un certain Oussama Ben Laden qui fut envoyé !!
Le chaos que connaît actuellement la Libye est la conséquence directe de l’intervention militaire américaine et européenne dans ce pays . Les nombreuses milices islamistes qui font régner aujourd’hui la terreur dans ce pays martyr, avaient non seulement servi de troupes terrestres aux bombardements de l’OTAN , bras armé de l’impérialisme, mais également de justification et de légitimation de l’intervention impérialiste pour renverser le régime de Kadhafi. La propagande des médias américains et européens présentaient ces djihadistes comme des « rebelles » et des « révolutionnaires » prêts à se sacrifier pour la liberté et la démocratie. Il fallait donc les entraîner, les armer et les financer. Et c’est grâce à L’OTAN que ces milices sont entrées triomphalement à Tripoli. Abdelhakim Belhaj, « l’émir » du Groupe islamique combattant (GIC) lié à Al Qaeda, remerciait d’ailleurs publiquement les dirigeants américains et européens de lui avoir offert ce triomphe (5). Rappelons que les chefs de ce groupe sont tous formés par la CIA en Afghanistan pour combattre l’armée soviétique. Derna, ville libyenne sur la méditerranée, est aujourd’hui dirigée par ce que l’on appelle communément l’Etat Islamique (EI). Le contrôle de cette ville par EI est rendu possible grâce à la collaboration d’une autre milice, Ansar Al Charia, farouche opposante au régime disparu de Kadhafi.
La destruction de l’État libyen par l’OTAN et ses alliés islamistes a permis par ailleurs le pillage des arsenaux militaires par des groupes djihadistes opérant en Tunisie, en Égypte et surtout au nord Mali. La France qui est intervenue dans ce dernier pays pour mener « la guerre au terrorisme », a participé activement au renversement du régime libyen en soutenant les milices islamistes ! Les mêmes groupes armés sont traités tantôt de « terroristes », tantôt de « rebelles » en fonction des seuls intérêts de la bourgeoisie.
La Turquie, dirigée aujourd’hui par un gouvernement islamiste et conservateur, affiche ostensiblement sa volonté de renverser le régime laïc baassiste syrien. Il faut préciser que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et alliée de poids de l’impérialisme américain dans la région. Son soutien aux « rebelles syriens » est total. Les frontières turques sont largement ouvertes aux « rebelles » et aux mercenaires du monde entier pour mener la « guerre sainte » au régime syrien. La Turquie sert de base arrière aux islamistes de tout bord pour se soigner, se reposer et surtout pour s’entraîner. Mais cette volonté de la Turquie de renverser le régime baassiste par tous les moyens n’est rendue possible que grâce à la complicité de l’impérialisme américain et européen.
Vouloir installer par la violence des gouvernements à leur solde, l’impérialisme et ses alliés locaux n’ont pas hésité à soutenir des mouvements politiques dont l’Islam n’est qu’un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres. Les mauvaises graines qu’ils ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s’inspirent directement de celles de leurs maîtres. L’Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l’homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d’hommes. Or l’Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires qui opèrent notamment en Irak et en Syrie. Mais l’Arabie Saoudite est également pour l’impérialisme américain, en plus de ses richesses pétrolières, le rempart le plus solide contre toute idée et tout régime démocratique, progressiste et laïc : « Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l’Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l’impérialisme américain font de cet État féodal un « ami » de toutes les bourgeoisies occidentales et l’ennemi de tous les travailleurs » (6). Le terrorisme est à l’image de l’impérialisme.
Mohamed Belaali
Source : Le Grand Soir