dimanche 7 décembre 2014

La "reconnaissance" de la Palestine : une arnaque de l’Occident …. Une illustration ? Quand on reconnaît un État, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’État de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’État sioniste.



Tout le monde ou presque, surtout ceux qui se sentent proches du combat palestinien, se sont réjoui de la "reconnaissance" de l’État de Palestine par le parlement français.
Cette "reconnaissance" me paraît être une immense arnaque.
1er point. Qu’ont fait les gouvernements occidentaux depuis 1967 alors que l’armée sioniste venait de s’emparer de ce qui restait de la Palestine et avait commencé immédiatement à "nettoyer" les environs de Jérusalem de leurs occupants arabes pour y installer les 1ers colons sionistes ?
 Qu’ont fait ces gouvernements lorsque le régime sioniste a annexé juridiquement la partie palestinienne de Jérusalem en violation de toutes les résolutions internationales ?
Qu’ont fait ces gouvernements lorsque les hordes sionistes, 650 000 depuis 67, se sont répandues sur la Cisjordanie, détruisant des milliers de maisons et de villages pour s’y installer en conquérants, et réduisant à néant toute possibilité de solution pacifique à 2 États qu’ils appellent hypocritement de leurs vœux ?
Il serait inutile de refaire l’historique de ces dernières décennies en détaillant les appuis inconditionnels que l’Occident a offert au régime sioniste, sur les plans militaire, économique, financier, diplomatique. Israël est l’allié rêvé, le chien de garde idéal, et l’Occident ne lui fera de la peine que s’il est véritablement acculé. Ce n’est pas pour demain.
2e point. La stratégie de l’Occident, et donc de la France, colle à celle de l’État sioniste. Du moment qu’on n’a pas pu éliminer d’une façon ou d’une autre le nationalisme palestinien, qui gêne tout le monde et en particulier les dirigeants arabes, on allait l’apprivoiser, le corrompre, le vider de son sens. D’où la création de l’Autorité palestinienne qui a cédé en 1993, à Oslo, pour prix de sa soumission préalable, la souveraineté de 60% de la Cisjordanie à l’occupant sioniste et renoncé à exiger la création d’un État indépendant et la récupération de Jérusalem. Les « négociations » pouvaient commencer. Elles durent depuis 21 ans. 21 ans. Et ce n’est pas fini. Entre-temps les alliés d’Israël déversent près de 1 milliard de dollars par pour engraisser la nomenklatura palestinienne et lui faire oublier le rêve d’indépendance auquel elle n’a jamais cru.
Mais il importe d’entretenir la comédie. Car la population palestinienne de temps en temps s’énerve et le Hamas gagne du terrain.
3e point. Il est nécessaire de choyer l’Autorité palestinienne, de lui donner l’illusion de quelques « victoires » toutes symboliques. Par exemple faire admettre la Palestine à l’UNESCO ou lui accorder un strapontin à l’ONU. Mais le temps presse et le ton monte. Alors l’Europe, pour se dédouaner, pour faire durer la pièce, pour se donner des airs, et surtout pour donner encore un peu de temps à son allié sioniste de terminer le travail, c’est-à-dire avaler la Cisjordanie, a inventé un nouveau jeu, une manière de renvoyer aux calendes la création d’un vrai État palestinien. Elle va le reconnaître du bout des lèvres. Ça ne coûte rien, ça donne une fausse victoire à l’Autorité palestinienne et ça renvoie la solution à plus tard, beaucoup plus tard. La « reconnaissance » de l’État de Palestine par le parlement français n’est qu’une diversion sans aucune portée. Et pour les socialistes, ça permet de soigner leur image auprès de la population musulmane.
Une illustration ? Quand on reconnaît un État, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’État de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’État sioniste.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi cette mobilisation hystérique d’Israël et du lobby judéo-sioniste ? Ça fait partie de la comédie. Il faut donner l’illusion aux Palestiniens qu’ils ont remporté une victoire considérable malgré l’opposition farouche du camp sioniste. Cela va les calmer pendant quelque temps. Le temps que les sionistes y installent d’autres colons. Et d’ici-là on trouvera bien une autre arnaque.
N’oubliez pas ! L’Etat sioniste est le meilleur allié dont l’Occident dispose dans cette région. Il mérite bien les 3 à 4 milliards de dollars que l’Empire lui verse chaque année.
Source : Egalité et Réconciliation

vendredi 5 décembre 2014

EGYPTE : Des syndicats toujours aux ordres, Indépendants sur le papier

La gestion des syndicats est très bureaucratique et l’élite syndicale se caractérise par son conservatisme, son immobilisme et sa soumission au régime, mais aussi par des liens étroits avec le milieu des hommes d’affaires du secteur privé.
Les syndicats ne sont pas d’une grande aide. Ce n’est pourtant pas par manque de moyens. La Fédération générale des syndicats de travailleurs d’Égypte (FGSTE) est un paquebot de près de 4 millions de membres, 21 000 cadres, 17 fédérations régionales. Elle dispose d’une banque, d’une fondation culturelle d’universités ouvrières, d’hôtels, de villages-vacances, de bibliothèques… Ce n’est pourtant pas de ce côté qu’il faut s’attendre à une mobilisation générale. Selon Élisabeth Longuenesse et Didier Monciaud1, «  La gestion des syndicats est très bureaucratique et l’élite syndicale se caractérise par son conservatisme, son immobilisme et sa soumission au régime, mais aussi par des liens étroits avec le milieu des hommes d’affaires du secteur privé.  » La fédération et ses multiples branches se transforme peu à peu en une agence de services aux pratiques très clientélistes. Les dirigeants syndicaux se servent des ressources financières de leurs organisations, avec l’effet pervers d’accélérer le désengagement de l’État, notamment pendant les années 1990.
Il y avait pourtant eu une lueur d’espoir en 2009. Après des années de lutte, la formation d’un syndicat indépendant, celui des percepteurs des taxes sur les transactions immobilières, a été autorisée par le gouvernement en avril. Le mouvement, mené par Kamal Abou Aita, s’est transformé en Fédération égyptienne des syndicats indépendants le 2 mars 2011, peu après la chute de Hosni Moubarak, avec pour slogan principal la mise en place d’un salaire minimum à 1 200 livres (environ 120 euros) par mois, pour tous. C’était ce à quoi Abou Aita s’était employé, pendant son court passage au gouvernement comme ministre «  de la main d’œuvre et de l’immigration  » (c’est-à-dire le ministre du travail), de juillet 2013 à mars 2014. C’était la dernière tribulation d’un syndicaliste qui avait rallié les Frères musulmans en 2012 pour les élections à l’Assemblée du peuple2, s’était fait élire puis avait appelé à voter pour le nassériste Hamdine Sabbahi, pour finalement appeler à la démission de Morsi en 2013.
Indépendants sur le papier
La création de syndicats indépendants a été autorisée en mars 2011, juste après le départ de Moubarak, mais tous les gouvernements successifs ont bloqué l’adoption de la loi, du régime transitoire du Conseil suprême des forces armées à l’équipe de Morsi jusqu’à aujourd’hui, sous la présidence d’Abdel Fattah Al-Sissi. La grève menée par les camarades de Mohamed Kamel est bien sûr illégale. Car la loi 12 de 2003 sur le travail encadre très précisément le droit de grève : il faut faire une demande écrite à l’avance et avoir l’accord de la majorité des deux tiers du conseil d’administration de la FGSTE. À notre connaissance, un syndicat de la Fédération n’a apporté un soutien officiel qu’une seule fois, lors de la grève de l’usine Tanta Flax and Oil Co, en mai 2009. Un soutien de cinq jours pour une grève de six mois.
La loi sur le salaire minimum est passée en septembre 2013. Mais elle ne concerne que les fonctionnaires — pas même les employés des agences de l’État comme la Poste3. Mohamed Kamel, l’ouvrier à la jambe blessée, reçoit quand à lui un salaire de 780 livres par mois (environ 80 euros).
Un traitement spécial
Ces dispositions ressemblent à celles contenues dans une autre loi, entrée en vigueur en novembre 2013, sur le droit de manifester, réduit à la portion congrue. Il faut informer les autorités trois jours avant la tenue du mouvement : coordonnées, lieu et trajet du cortège, revendications et slogans scandés. Le ministère de l’intérieur se donne toute latitude d’interdire la manifestation au motif aussi vague que celui de «  menace pour la sécurité  ». Les possibilités de s’exprimer publiquement n’ont peut-être jamais été aussi réduites dans l’histoire récente de l’Égypte.
Pourtant, ni Kamel ni ses camarades n’ont été jetés en prison. Le gouvernement, malgré le contexte répressif actuel, ne tient peut-être pas à se mettre à dos les quelque 27 millions de travailleurs égyptiens. La loi sur les manifestations a fait l’objet d’une contestation immédiate de la part des militants des droits humains, conduisant à l’arrestation d’un activiste de premier plan, Alaa Abdel Fattah, en novembre 2013. Au même moment, et jusqu’en décembre 2013, les ouvriers d’une usine emblématique, celle de la Société égyptienne pour le fer et l’acier (Hadidwalsolb) à Helwan, au sud du Caire, ont eux aussi manifesté sans être inquiétés par les autorités.
Moustafa Bassiouni, journaliste économique égyptien et spécialiste des mouvements ouvriers, rappelle qu’«  on a compté en 2012 plus de grèves que pendant les dix années qui ont précédé la révolution  »4. Après la reprise en main du pouvoir par l’armée durant l’été 2013, les mobilisations ont continué, notamment en février 2014, faisant chuter le gouvernement de Hazem El-Beblaoui5. Mais les mobilisations n’aboutissent qu’à peu de résultats. Si les autorités n’ont pas la main aussi lourde sur les ouvriers que sur les Frères musulmans, les arrestations et cas de torture sont tout de même nombreux et répertoriés.
Des luttes très locales
Pour le chercheur Gennaro Gervasio, professeur à l’université britannique du Caire, les enjeux souvent très locaux des grèves en font des luttes difficiles à arrêter, mais par définition, elles peinent à prendre une ampleur nationale. «  Le régime sait le pouvoir des travailleurs organisés et politisés. Nommer au gouvernement Kamal Abou Aita était une forme de reconnaissance de ce pouvoir. Mais le ministre n’a pas réussi à calmer la grogne généralisée. Par ailleurs, les ouvriers sont très mal informés  », explique Gervasio. Il cite l’exemple d’ouvriers rencontrés en 2012 qui n’étaient même pas au courant de la création de syndicats indépendants. Pour le chercheur, «  le seul trait d’union depuis 2007, ce sont les mouvements de protestation, qui n’ont finalement jamais cessé  ».
En effet. Malgré le contexte répressif, les ouvriers de l’usine Schweppes sont mobilisés depuis trois semaines pour protester contre le renvoi possible de 850 ouvriers de l’usine, dans le cadre d’une fusion avec Coca-Cola. Les fusions ne sauraient être la cause de licenciements, selon la loi 12 de 2003 que tous les gouvernements successifs promettent de réformer dans l’intérêt des travailleurs, sans agir concrètement pour autant. À nouveau, des ouvriers de l’usine de la gigantesque usine Hadisolb de Helwan sont en grève. Ils réclament le paiement de primes, toujours promises, jamais versées. Jour après jour, en Égypte, des travailleurs manifestent et se mobilisent. Sans résultats concrets cependant : les ouvriers de Hadisolb avaient manifesté l’année dernière, à la même date, pour les mêmes motifs, sans être pour autant entendus. Quant à Mohamed Kamel, le travailleur blessé de l’usine Abboud Spinning company d’Alexandrie, il est toujours à l’hôpital. Les revendications de ses camarades sont restées lettre morte. En Égypte, le mouvement ouvrier reste prisonnier de trois maux : une base divisée et peu informée  ; le manque d’une représentation syndicale digne de ce nom, qui pourrait mobiliser sur le plan national  ; enfin, des autorités méfiantes vis-à-vis des mouvements de travailleurs et qui veillent soigneusement à rendre difficile, voire impossible, toute contestation organisée.
Orient XII

lundi 24 novembre 2014

Le terrorisme, produit authentique de l’impérialisme….Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est qu’une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. L’impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces…



Taliban, Al Qaeda, Aqmi, Boko Haram, Rebelles libyens, Rebelles syriens, Daech, Al Nosra, Khorassane, ne sont que des noms, parmi tant d’autres, pour désigner des organisations et des mouvements créés, financés, entraînés et armés directement et indirectement par l’impérialisme américain et son caniche européen dans le seul et unique but de servir leurs intérêts économiques et stratégiques. En condamnant toutes les voies et toutes les issues progressistes, l’impérialisme a ouvert la boîte de Pandore libérant des monstres qui essaiment un peu partout et qui lui servent de prétexte pour d’éventuelles interventions dans les pays qui lui sont réfractaires. L’impérialisme est le père de tous les terrorismes.
La violence des groupes « terroristes » aussi barbare soit-elle, est peu de chose par rapport à la terreur que l’impérialisme exerce sur les peuples qui refusent de se soumettre à sa domination. Un pays comme l’Irak est aujourd’hui dans un état de décomposition avancé. L’intégrité du pays et son unité ne sont désormais qu’un lointain souvenir. Les guerres impérialistes dans ce pays ont laissé derrière elles des centaines de milliers de morts. C’est Madeleine Albrith qui justifiait froidement en 1996 la mort de 500 000 enfants irakiens. Le nombre de blessés et de refugiés se chiffre par million. La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la barbarie et de la cruauté dont l’impérialisme est capable . Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est qu’une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. Contre la culture de l’amnésie propagée par les médias bourgeois, citons quelques faits marquants du XXème et du XXI ème siècle : Hiroshima et Nakasaki, Corée (nord et sud), Indonésie, Viêt-nam, Afghanistan,Yougoslavie, Irak, Libye et Syrie. L’impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces comme Suharto l’indonésien, Marcos le philippin, Pinochet le chilien, Videla l’argentin, Uribe le colombien, Ben Ali le tunisien, Moubarak l’égyptien etc.
L’empire américain a dressé des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d’étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou même nationaliste. Au Pakistan par exemple, le général dictateur Zia a renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Ali Bhutto grâce au soutien décisif de Washington. Pour asseoir son pouvoir et mater toute opposition laïque, le dictateur instrumentalise l’Islam. « Les hommes de Zia étaient obtus, insensibles et cruels. Le nouveau régime avait décidé d’utiliser l’Islam comme machine de guerre ; ses partisans barbus, souvent incroyablement stupides, étaient opportunistes jusqu’à la moelle. Ils mêlaient la religion aux profanations les plus viles » écrivait Tariq Ali dans « Le choc des intégrismes » . Des Madrassas (écoles coraniques) fleurissaient alors un peu partout au Pakistan. En plus de la formation religieuse, on apprenait à ces talibans (étudiants) le maniement des armes et les techniques de la guérilla. Il s’agit en fait de centres d’endoctrinement gérés et contrôlés par les fameux services secrets pakistanais ISI (Inter-Services Intelligence). De ces écoles religieuses naquirent des dizaines de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices. L’impérialisme avait besoin de Zia et de ses talibans pour renverser d’abord le gouvernement pro-soviétique, installé à Kaboul, et surtout livrer la guerre aux troupes Soviétiques présentes sur le sol Afghan ensuite. Les talibans sont ainsi devenus, par la grâce des dollars américains et des pétrodollars saoudiens les « moudjahidins de la liberté » qui allaient mener le djihad (la guerre sainte) contre les « communistes » afghans et leur protecteur soviètique. Dans son interview accordée au Nouvel Observateur, le chef de la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski déclarait ceci :
- Nouvel Observateur : « Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à des futurs terroristes ? »
- Zbigniew Brzezinski : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? » .
Rappelons que pendant la guerre contre l’Union soviétique, le dictateur Zia et ses services de renseignement ont demandé à l’Arabie Saoudite de dépêcher un membre de la famille royale pour superviser la « guerre sainte ». Faute de pouvoir trouver un émir, c’est un certain Oussama Ben Laden qui fut envoyé !!
Le chaos que connaît actuellement la Libye est la conséquence directe de l’intervention militaire américaine et européenne dans ce pays . Les nombreuses milices islamistes qui font régner aujourd’hui la terreur dans ce pays martyr, avaient non seulement servi de troupes terrestres aux bombardements de l’OTAN , bras armé de l’impérialisme, mais également de justification et de légitimation de l’intervention impérialiste pour renverser le régime de Kadhafi. La propagande des médias américains et européens présentaient ces djihadistes comme des « rebelles » et des « révolutionnaires » prêts à se sacrifier pour la liberté et la démocratie. Il fallait donc les entraîner, les armer et les financer. Et c’est grâce à L’OTAN que ces milices sont entrées triomphalement à Tripoli. Abdelhakim Belhaj, « l’émir » du Groupe islamique combattant (GIC) lié à Al Qaeda, remerciait d’ailleurs publiquement les dirigeants américains et européens de lui avoir offert ce triomphe (5). Rappelons que les chefs de ce groupe sont tous formés par la CIA en Afghanistan pour combattre l’armée soviétique. Derna, ville libyenne sur la méditerranée, est aujourd’hui dirigée par ce que l’on appelle communément l’Etat Islamique (EI). Le contrôle de cette ville par EI est rendu possible grâce à la collaboration d’une autre milice, Ansar Al Charia, farouche opposante au régime disparu de Kadhafi.
La destruction de l’État libyen par l’OTAN et ses alliés islamistes a permis par ailleurs le pillage des arsenaux militaires par des groupes djihadistes opérant en Tunisie, en Égypte et surtout au nord Mali. La France qui est intervenue dans ce dernier pays pour mener « la guerre au terrorisme », a participé activement au renversement du régime libyen en soutenant les milices islamistes ! Les mêmes groupes armés sont traités tantôt de « terroristes », tantôt de « rebelles » en fonction des seuls intérêts de la bourgeoisie.
La Turquie, dirigée aujourd’hui par un gouvernement islamiste et conservateur, affiche ostensiblement sa volonté de renverser le régime laïc baassiste syrien. Il faut préciser que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et alliée de poids de l’impérialisme américain dans la région. Son soutien aux « rebelles syriens » est total. Les frontières turques sont largement ouvertes aux « rebelles » et aux mercenaires du monde entier pour mener la « guerre sainte » au régime syrien. La Turquie sert de base arrière aux islamistes de tout bord pour se soigner, se reposer et surtout pour s’entraîner. Mais cette volonté de la Turquie de renverser le régime baassiste par tous les moyens n’est rendue possible que grâce à la complicité de l’impérialisme américain et européen.
Vouloir installer par la violence des gouvernements à leur solde, l’impérialisme et ses alliés locaux n’ont pas hésité à soutenir des mouvements politiques dont l’Islam n’est qu’un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres. Les mauvaises graines qu’ils ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s’inspirent directement de celles de leurs maîtres. L’Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l’homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d’hommes. Or l’Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires qui opèrent notamment en Irak et en Syrie. Mais l’Arabie Saoudite est également pour l’impérialisme américain, en plus de ses richesses pétrolières, le rempart le plus solide contre toute idée et tout régime démocratique, progressiste et laïc : « Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l’Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l’impérialisme américain font de cet État féodal un « ami » de toutes les bourgeoisies occidentales et l’ennemi de tous les travailleurs » (6). Le terrorisme est à l’image de l’impérialisme.
Mohamed Belaali
Source : Le Grand Soir

dimanche 23 novembre 2014

ISRAEL : Que des militaires et des policiers abattent des Palestiniens ne choquera jamais Israël. La machine à propagande blanchira tout et les médias seront ses porte-voix.



Mardi, il y a eu un massacre à Jérusalem au cours duquel cinq Israéliens ont été tués. L'été dernier, il y a eu une guerre à Gaza au cours de laquelle 2.200 Palestiniens, des civils pour la plupart, ont été tués. Un massacre nous choque ; une guerre, beaucoup moins. Dans des massacres, il y a des coupables ; dans une guerre, pas. Un meurtre à la hache est plus horrible qu'un meurtre à l'arme à feu et bien plus horrible encore que de bombarder des gens sans défense tentant de se mettre à l'abri.
Le terrorisme est toujours palestinien, même quand des centaines de Palestiniens sont tués. Le nom et le visage de Daniel Tragerman, le garçonnet israélien tué par un tir de mortier lors de l'opération Bordure protectrice, a été connu du monde entier ; même le président des États-Unis, Barack Obama, le connaissait. Quelqu'un peut-il ne citer le nom d'un seul enfant de Gaza, parmi les centaines qui ont perdu la vie ?
Quelques heures après l'attentat de Jérusalem, la journaliste Emily Amrousi a déclaré lors d'une conférence à Eilat que la vie d'un seul enfant juif était plus importante à ses yeux que les vies de milliers d'enfants palestiniens. La réponse du public a été manifestement favorable ; je pense qu'il y a même eu quelques applaudissements.
Par la suite, Amrousi a tenté d'expliquer qu'elle faisait allusion à la manière dont les médias israéliens devraient couvrir les événements, ce qui n'est qu'à peine moins grave. La chose se passait au cours d'une discussion à propos d'une question ridicule : « Les médias israéliens sont-ils gauchisants ? » Presque personne n'a protesté contre les remarques d'Amrousi et la session s'est poursuivie comme si de rien n'était. Les paroles d'Amrousi reflètent l'état d'esprit d'Israël en 2014 : Seul le sang juif provoque l'émotion.
La mort d'Israéliens touche les cœurs israéliens davantage que la mort d'autres personnes. Telle est la solidarité humaine naturelle. Les images sanglantes de Jérusalem ont secoué chaque Israélien, et probablement chaque individu.
Mais c 'est une société qui sanctifie ses morts jusqu'au culte de la mort, qui fait peu de cas du vécu de vie et de mort des victimes, qu'il s'agisse d'un attentat contre une synagogue ou d'une avalanche au Népal. C'est une société préoccupée par d'interminables commémorations au pays des monuments, des services funèbres et des cérémonies d'anniversaire ; une société qui a besoin d'un état de choc et d'une condamnation après chaque attentat, lorsqu'elle peut blâmer le monde entier.
C'est précisément de la part d'une telle société qu'on a le droit de requérir un peu d'attention pour le sang palestinien, également versé en vain ; une certaine compréhension pour la douleur de l'autre camp, ou même une dose d'empathie, ce qui, en Israël, est perçu comme une trahison.
Mais rien de tel ne se produit. Hormis des meurtres exceptionnels et des crimes haineux commis par des individus, on assiste à une apathie totale – et la stupidité générale est effrayante. Les homicides (nous n'oserions pas dire « meurtres ») commis par des militaires et des policiers ne choqueront jamais Israël. La machine à propagande blanchira tout et les médias seront ses porte-voix. Personne ne réclamera de condamnation. Personne n'exprimera sa profonde émotion. Peu même considéreront que la douleur est la même douleur, qu'une mort violente est une mort violente.
Combien d'Israéliens seraient-ils susceptibles d'avoir une pensée pour les parents de Yousef Shawamreh, le garçon qui était allé cueillir des fleurs sauvages et qui a été abattu par un sniper ? Pourquoi est-il exagéré d'être bouleversé – voire d'y consacrer quelque attention - par la mort violente de Khalil Anati, un garçon de dix ans du camp de réfugiés d'Al-Fawar ?
Pourquoi ne pouvons-nous nous identifier à la douleur du père endeuillé qu'est Abd al-Wahab Hammad, dont le fils a été tué à Silwad, ou à celle de la famille Al-Qatari, du camp de réfugiés d'Al-Amari, dont deux membres ont été abattus par les militaires dans l'espace d'un mois ? Pourquoi réservons-nous notre horreur à la synagogue et ne percevons-nous pas ces autres morts violentes comme dérangeantes ?
Oui, il y a le test de l'intention. L'argument israélien typique, c'est que les soldats, au contraire des terroristes, n'ont pas l'intention de tuer. Si c'est le cas, quelle est alors exactement l'intention du sniper qui tire à balles réelles dans la tête ou la poitrine d'un manifestant qui se trouve à une distance telle qu'il ne constitue aucunement une menace ? Ou quand il tire dans le dos d'un enfant qui s'enfuit pour sauver sa vie ? N'a-t-il pas l'intention de le tuer ?
L'attentat de Jérusalem était un crime horrible ; rien ne peut le justifier. Mais le sang qui a coulé là n'est pas le seul sang qui a été versé là dans une intention homicide. La gradation dans l'interdiction de tenir de tels propos est tout bonnement incroyable.
Publié sur Haaretz le 20 novembre 2014. Traduction : JM Flémal.

vendredi 14 novembre 2014

Georges Abdallah : Non, Messieurs votre Cour est loin d’être apolitique



Ce 5 novembre 2014 une instance de la justice française a déclaré irrecevable une demande de libération de Georges Abdallah.
Georges Ibrahim Abdallah est maintenu en captivité en France depuis plus de trente ans. Révolutionnaire arabe, il a été arrêté à Lyon en 1984 et il est depuis entre les mains de geôliers français. Plus de trente ans de prison et ses demandes de libération via la voie judiciaire sont irrecevables !
Fin 2003 un juge, sans doute trop indépendant, avait décidé de sa libération.
De suite, et sur intervention directe des Etats-Unis, cette libération a été annulée et le ministre de la justice de l’époque a fait modifier la loi pour que plus jamais un juge de province puisse libérer en toute indépendance un prisonnier politique de la stature de Georges Abdallah.
Depuis toute demande de libération de Georges Abdallah se termine inexorablement par un refus de libération.
Année après année le cérémonial judiciaire se déroule comme une mascarade sans fin. La décision de sa libération ne peut être qu’une décision politique.
La non libération de Georges Abdallah tient notamment à la complicité objective des impérialismes français et étasuniens. Le pouvoir socialiste joue un rôle important dans cette complicité.
Déjà en 1986, les présidents français et étasuniens de l’époque, Mitterrand le socialiste et Reagan le républicain, s’étaient entretenus pour que Georges Abdallah ne soit pas libéré.
Georges Kiejman qui en tant qu’avocat représente les intérêts du gouvernement étasuniens dans le procès de Georges Abdallah et qui intervient encore officiellement pour que ce communiste libanais reste à toujours enfermé, a été ministre de la justice d’un gouvernement socialiste !
Aujourd’hui encore des ministres français d’un gouvernement socialiste affichent leur proximité d’idée avec l’administration étasunienne.
Le 5 novembre 2014, la demande de libération de Georges Ibrahim Abdallah était déclarée irrecevable par des juges français.
A cette même période M. Eric Holder, Attorney General des USA, l’équivalent du ministre de la justice, était en France. Le communiqué publié à l’occasion de sa visite, 2 jours après l’irrecevabilité de la libération de Georges Abdallah, indiquait « La garde des Sceaux et l’Attorney General se sont d’abord réjouis de la qualité des relations entre la France et les Etats-Unis dans le domaine de la Justice et en particulier dans la lutte contre le terrorisme. »
Le 7 novembre, Mme Taubira twettait « Belle rencontre avec Eric Holder, Attorney General des USA. Un défenseur des droits civiques et des droits de l’homme » .
Le 7 novembre Mme Jane Hartley, nouvelle ambassadrice des USA en France, remerciait chaleureusement M. Cazeneuve de l’avoir accueilli Place Beauvau avec le Procureur Général des US Eric Holder . M. Cazeneuve est le ministre de l’intérieur dont les services bloquent administrativement la libération de Georges Abdallah.
Et pendant ce temps la France signe avec l’Arabie Saoudite un contrat de trois milliards de dollars pour équiper l’armée libanaise, contrat qui représente à lui seul un tiers des exportations d’armement annuelles françaises .
Et pendant ce temps Georges Abdallah reste debout face à ses geôliers derrière les abominables barreaux de l’Etat français.
Les camps sont bien marqués.
Aujourd’hui pour arracher la libération de Georges Abdallah, une mobilisation nouvelle, inventive, intense, construite sur d’autres approches doit se développer ici en France, notamment dans nos quartiers.
Et alors que Jérusalem est une fois de plus agressée par les sionistes, le combat continue pour la libération de Georges Abdallah, la libération de tous les prisonniers palestiniens et la libération de la Palestine.
Le 13 novembre 2014
Des camarades du soutien de Bagnolet pour la libération de Georges Abdallah  

Alors que le tribunal d’application des peines vient de juger « irrecevable » la neuvième demande de libération de Georges Abdallah, libérable depuis 1999 d’après le droit français, voici une interview d’Yves Bonnet, ancien patron de la DST, publiée dans « La Dépêche » et réalisée au mois de février 2012 par Pierre Challier.

Le préfet Yves Bonnet réclamait la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier politique de France, d’Europe détenu à Lannemezan. Il dénonçait une "vengeance d’état ». Voici l’interview.

Vous étiez le patron de la DST au moment de l’arrestation de Georges Ibrahim Abdallah, en 1984. Que lui reproche-t-on, à l’époque ?

En fait, lorsque nous l’arrêtons, nous ne savons pas qui il est. Mais en garde à vue, il profère des menaces et met en avant son appartenance au service de sécurité de l’OLP. Manque de chance, j’entretiens des relations amicales avec Abou Iyad, n° 2 de l’OLP et je sollicite les Israéliens de l’autre côté. C’est alors que nous l’identifions comme chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises, un groupe marxiste pro-palestinien, responsable d’attentats et ayant tué trois personnes en France. Mais nous n’avons rien de sérieux contre lui, juste une histoire de faux papiers, de détention d’armes et d’explosifs…

Que se passe-t-il alors ?

Au Liban, les FARL sont un groupe résolu, impossible à infiltrer, reposant sur une vingtaine de personnes issues de trois familles de Koubeyat, un village près de Tripoli. Georges Ibrahim Abdallah arrêté, en mars 1985, elles s’emparent de Gilles Sidney Peyroles, directeur du centre culturel français de Tripoli et le fils de l’écrivain Gilles Perrault. On se retrouve donc avec une sale histoire d’enlèvement sur les bras. J’étais au siège de la CIA, à Langley et Paris me demande de rentrer d’urgence. Il faut négocier un échange. Jusque-là, Georges Ibrahim Abdallah est accusé de délits, il n’a pas de crime sur le dos. Les Algériens s’engagent et servent d’intermédiaires, je donne mon accord pour l’échange sans que Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur ne s’y oppose. Gilles Peyroles est libéré. Mais malheureusement pour Georges Ibrahim Abdallah, dans le même temps, on trouve dans une planque des FARL l’arme qui a servi à tuer MM. Charles Ray et Yacov Barsimentov et là, le dossier change de dimension, la justice ignorant les tractations et l’accord que j’avais passé avec l’Algérie. Pour Georges Ibrahim Abdallah, on me dit « son compte est bon. » Je me sens très mal parce que j’ai donné ma parole à mes amis algériens qui se sont énormément mouillés dans le dossier et je suis lâché par les politiques.

Condamné dans un premier temps à 4 ans de prison pour la détention d’armes et de faux papiers, Georges Ibrahim Abdallah est ensuite condamné à perpétuité. Cela fait 28 ans qu’il est prisonnier et à plusieurs reprises, vous avez réclamé sa libération.Officieusement, d’abord, officiellement désormais. Pourquoi ?

J’ai un problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée et on a voulu faire croire qu’à l’époque, Bonnet avait négocié tout seul. Je trouve cela ignoble car cela revenait à me mettre directement dans le collimateur des FARL. Aujourd’hui, presque 30 ans après les faits, je trouve anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison. Je considère qu’il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d’accord, c’est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatilah dont les coupables n’ont jamais été punis. Et aujourd’hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu’elle a libéré Maurice Papon ? J’aimerais rappeler aussi qu’on a remis en liberté l’assassin de Chapour Baktiar, qui lui, sur ordre de l’Iran, avait décapité l’ancien Premier ministre au couteau et lui avait coupé les mains. Ce type-là, qui a commis un crime atroce, a été libéré moins de 20 après les faits. Georges Ibrahim Abdallah, lui, est plus mal traité qu’un serial killer alors qu’il a commis des actes politiques.

S’agit-il alors d’une vengeance d’état, contre Georges Ibrahim Abdallah ?

Je pense que oui et c’est absolument lamentable, d’autant plus qu’il a déjà eu un avis favorable de libération localement. C’est Paris qui refuse par rapport à ses alliés. Je demande à ce que la justice m’entende dans ce