Arno
Klarsfeld et Gilad Shalit versus Salah Hammoury.
Ne pas exporter le conflit israélo-palestinien en
France. Soit
Mais comment expliquer qu’un réserviste de l’armée
israélienne, ancien garde frontière de l’état hébreu, soit nommé conseiller du
ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, en 2006, en pleine guerre
de destruction israélienne du Liban.
Comment expliquer qu’un soldat israélien en opération
de police contre Gaza, Gilad Shalit soit adopté comme otage français au
prétexte de la présence d’aïeuls français dans sa lignée, et que cette
protection diplomatique française soit refusée à un français de naissance, Salah
Hammoury, un universitaire dont le grand tort est d’avoir une mère française,
mais un papa palestinien. Une tare indélébile ?
La nomination d’Arno Klarsfeld, juriste français et
réserviste de l’armée israélienne, au poste de conseiller du ministre de
l’Intérieur Nicolas Sarkozy sanctionne-t-elle la carence française dans le
domaine des compétences ou relevait-elle d’une manœuvre électoraliste ?
Le service militaire dans l’armée israélienne
constitue-t-il désormais un passage obligé à des promotions
politicologue-administratives en France ? Signe t-il dans l’ordre subliminal la
collaboration entre les diverses composantes de l’ « axe du bien », telle
qu’elle est préconisée par les néo-conservateurs américains et leurs relais
français ? Un axe constitué, selon ses promoteurs, par les États-Unis, Israël,
au-delà, la droite française, le judaïsme institutionnel français et sa roue
dentée, le parti socialiste français, face à un « axe du mal » regroupant
grosso modo le tiers monde arabo-musulman bariolé.
Un citoyen français engagé volontaire dans une armée
étrangère en opération de guerre contre un peuple ami, sans mandat explicite du
gouvernement français, peut-il se prévaloir de la nationalité française ?
Autrement dit, Gilad Shalit, le caporal de l’armée israélienne capturé le 25
juin 2006 par les Palestiniens, peut-il se prévaloir de la nationalité
française et réclamer es-qualité l’intervention diplomatique du gouvernement
français. Son engagement dans l’armée israélienne, sans mandat gouvernemental
français, entraîne-t-il, sinon la déchéance de sa nationalité, à tout le moins
la caducité de son droit à invoquer la protection de la nationalité française ?
Sauf à considérer Israël comme le fer de lance du
combat occidental contre l’ensemble arabo-musulman et que son service dans
l’armée israélienne constitue une forme déguisée de coopération stratégique
militaire franco-israélienne, le cas du caporal Shalit se doit d’être soumis
pour avis aux autorités juridictionnelles compétentes et faire œuvre de
jurisprudence en ce domaine, car au delà de ce problème de droit se pose un
problème de morale politique : La double allégeance justifie-t-elle la confusion
juridique ? exonère t-elle de toute obligation de réserve ? Autorise-t-elle
toute licence au point de constituer un « passe droit » ?
Un problème d’actualité en ce qu’il se pose à nouveau
avec les ni-nationaux franco israéliens servant dans l’armée israélienne et
qu’il se pose annuellement avec la collecte pour le bien être des soldats
israéliens, une armée d’occupation au regard du Droit international.
Meyer Habib
Ancien du mouvement radical Betar, impliqué en 1988
dans l’attaque par l’« Organisation juive de combat » de la fête de
commémoration de Jeanne d’Arc le 8 mai 1988, faisant 8 blessés, dont deux
fonctionnaires de police, ce représentant du Likoud en France a t-il droit de
siéger au sein de la représentation nationale française, au titre de la 8eme
circonscription des Français établis hors de France, sous l’étiquette de l’UDI
? Une étiquette centriste pour ce représentant d’un parti ultra droitier ?.
Merci Rama Yade.
Nicolas
Sarkozy : « Le premier président de sang mêlé de France ».
Le message était limpide quoique dans l’ordre
subliminale : Pour un président d’un pays qui se refuse aux statistiques
ethniques, présenter son identité politique sous son aspect ethnico identitaire
a constitué une grave violation des fondements républicains du pays et accentué
le clivage social du pays.
Nicolas Sarkozy le premier, en sa qualité de néo
gaulliste a clôt la parenthèse gaulliste de la politique de la France à
destination du Monde arabe :
• En sollicitant l’expertise de la répression des
manifestations périurbaines de France, en 2005, à Avi Dichter, le responsable
de la sécurité israélienne pour les territoires palestiniens occupés. En
assimilant ainsi les banlieues françaises à la Cisjordanie et à Gaza. le
premier président de « sang mêlé » a transposé en France le conflit
israélo-palestinien.
• En empruntant à la terminologie israélienne pour
désigner Gaza de Hamastan et en évitant soigneusement de fleurir la tombe de
Yasser Arafat lors de son voyage en Cisjordanie. Il avait fait convoquer
Mahmoud Abbas à Jéricho pour une rencontre contournant Ramallah, le siège de
l’autorité palestinienne.
• En engageant la guerre contre la Libye et la Syrie,
sous de prétextes fallacieux, la « démocratie », qu’il a bafouée durant son
quinquennat comme en témoignent la succession des scandales politico financiers
qui ont émaillé son mandat.
François
Hollande : Le tropisme philo-sioniste des socialistes
Si Nicolas Sarkozy a rompu avec la tradition
diplomatique gaulliste, François Hollande, lui a renoué avec le tropisme philo
sioniste des socialistes, considérant la Syrie et non la Palestine comme « les
Sudètes du XXI me siècle ».
De l’expédition de Suez contre Nasser, en 1956,
ordonnée par Guy Mollet, aux ratonnades d’Alger par Robert Lactose (1955-1958),
au caillassage de Lionel Jospin à Bir Zeit pour avoir traité de « terroriste »
le Hezbollah libanais, l’unique formation politico-militaire du monde arabe à
avoir infligé un double revers militaire à Israël (2000-2006), à l’esplanade
David Ben Gourion dédiée par Khoyya Bertrand Delanoë, le Maire de Paris, au
fondateur de l’armée israélienne au lendemain de l’attaque navale israélienne
contre un convoi humanitaire turc en direction de Gaza.... Le registre est
connu et bien tenu.
La filiation est lointaine et ne se dément pas,
remontant au grand manitou du socialisme français, Léon Blum, qui invoquera son
« trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de
la civilisation française », admettant « le droit et même le devoir des races
supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de
culture ». Cette profession de foi surprenante est parue dans le journal « Le
Populaire » en date du 17 juillet 1926, sans que ce vénérable humaniste,
premier chef du gouvernement socialiste de la France moderne, artisan des
premières conquêtes sociales sous le gouvernement du Front Populaire (1936), ne
se doute que, lui-même, à son tour, subira, quinze ans plus tard, les lois de
l’infériorité raciale de la part de ses compatriotes non coreligionnaires.
François Hollande relève d’un cas bien plus grave.
L’héritier du parti de l’expédition de Suez et des ratonnades d’Alger, n’a pas
hésité, lui le socialiste, en marge de sa visite officielle en Israël, en
novembre 2013, à prendre un repas familial (un dîner, agrémenté de chants et de
danses), et à trinquer avec le chef de gouvernement le plus xénophobe d’Israël,
l’ultra droitier Benyamin Netanyahou (1).
Au diapason de son premier ministre, le président bis
de la France, Manuel Valls, lié de son propre aveu, « de manière éternelle à la
communauté juive et à Israël », dont, de surcroît, le premier déplacement
ministériel en province, le 21 Mai 2012, aura été pour un dîner avec le CRIF
PACA Marseille, où il a stigmatisé le boycott d’Israël, mais non la phagocytose
de la Palestine ou sa rétention des recettes d’exportation des produits de
Cisjordanie, se plaçant ainsi sur la même longueur que Richard Prasquier, le
président du CRIF, dont la tonitruance inconditionnellement pro-israélienne
s’accommode mal du positionnement qui se veut « normal » du nouveau président
français.
Sa profession de foi, -lors du lancement du groupe
d’amitié avec Israël, le nouveau lobby français pro israélien en pleine
campagne présidentielle en avril 2012, « Israël, grande nation parmi les
nations »-, a retenti comme une tartarinade démagogique. En résonance avec ses
prises de position xénophobes à Evry, la ville dont il est le maire, dont il
souhaitait y implanter,-selon le modèle des colonies israéliennes ?- davantage
de « white et de blancos » pour y diluer la population bariolée. En résonance
avec sa volonté de dissiper les Roms de France. En résonance avec son
comportement abusivement dilatoire dans l’affaire Georges Ibrahim Abdallah.
Manuel Valls joue l’amnésique en se déclarant opposer à
la transposition du conflit israélo-palestinien en France. Lui, qui y a tant
contribué et son compère François Hollande, qui « n’est ni pour les Israéliens,
ni pour les Palestiniens, mais pour la paix », a-t-il dit.
La paix de l’occupant fondée sur la répression
continuelle de l’occupé et l’annexion rampante de son pays et la phagocytose de
son identité. A la manière d’un pharisien qui donnerait un temps égal de parole
à Hitler et à ses victimes juives. La lâcheté même.
Ne transposons pas le conflit israélo-palestinien en
France quand bien même Itzhack Rabin dispose de deux majestueuses places à
Paris, la place Fontenoy, devant l’Unesco et les jardins de Bercy, alors que
son alter ego prix Nobel de la Paix, le Palestinien Yasser Arafat, ne dispose
de rien, tout au plus d’une miette, paté d’alouette, une minuscule place à la
mémoire du poète Mahmoud Darwiche, sur les quais de la Seine, coincée entre des
monuments historiques, en guise de solde de tout compte.
Read on my lips : Il ne faut pas transposer le conflit
israélo palestinien en France, quand bien même il est transposé par les plus
hautes autorités de l’état, surtout parce qu’il est transposé par les plus
hautes autorités de l’état... pour des raisons électoralistes.
René Naba



