dimanche 9 mars 2014

Les États-Unis et l'Europe accentuent la pression tandis que la crise en Ukraine s'intensifie….« La Russie n'accepte pas le langage des sanctions et des menaces, mais si elles sont imposées elles ne resteront pas sans réponse. » a déclaré le ministre des Affaires étrangères russe.

Les tensions en Ukraine ont continué à s'intensifier vendredi tandis que la Russie dénonçait la menace de sanctions américaine et de l'Union européenne (UE) contre elle et les responsables ukrainiens pro-russes.
Lors d'une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine jeudi, Obama a lancé ce qui revient à un ultimatum exigeant une capitulation complète Il a insisté pour que la Russie reconnaisse le régime pro-occidental installé à Kiev par un coup d'Etat fasciste et négocie avec lui, retire toutes ses troupes de Crimée et ouvre la porte aux « inspecteurs internationaux. »
Tout juste quelques heures avant, les États-Unis avaient annoncé des sanctions contre des personnes physiques et morales russes et ukrainiennes non-spécifiées, sous le prétexte du vote du Parlement régional de Crimée pour organiser un référendum sur la sécession de l'Ukraine et l'association avec la Russie. Des forces militaires soutenues par les Russes se sont emparées de la péninsule de Crimée où une majorité de la population parle le russe et où la marine russe a une base très importante dans le port de Sébastopol sur la Mer noire.
Le gouvernement Obama a également intensifié les tensions militaires avec l'envoi de six avions chasseurs F-16 en Lituanie, 12 F-16 et 300 soldats américains en Pologne pour la semaine prochaine, et l'entrée d'un destroyer américain en Mer noire. Dans le contexte de cette confrontation, la Turquie, membre de l'OTAN, a envoyé huit F-16 intercepter un appareil de reconnaissance russe survolant la Mer noire.
L'UE a également mis en marche son propre plan en trois étapes pour des sanctions. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a prévenu hier que des mesures plus fermes sont en préparation au cas où Moscou ne reculerait pas. « S'il n'y a pas de résultats très rapides, de nouvelles sanctions contre des responsables et des entreprises russes pourraient être prises, » a-t-il déclaré sur la radio France Info.
Les sanctions des États-Unis et de l'UE sont accompagnées d'un déluge de propagande dans les médias américains et internationaux dénonçant l'« agression russe » et exigeant la reconnaissance de la « souveraineté ukrainienne ». Le niveau d'hypocrisie atteint est vertigineux. Non seulement les États-Unis et leurs alliés européens sont intervenus agressivement en Ukraine pour évincer le gouvernement élu, mais Washington a déjà mené des intrigues et des interventions et une série d'agressions militaires, dont en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie.
Répondant aux toutes dernières menaces, une déclaration du ministre des Affaires étrangères russe hier condamne les sanctions de l'UE comme étant « une approche extrêmement non-constructive. » Il a prévenu : « La Russie n'accepte pas le langage des sanctions et des menaces, mais si elles sont imposées elles ne resteront pas sans réponse. »
Une déclaration distincte concernant l'appel téléphonique de Poutine et Obama notait que le président russe avait fait remarquer que la situation en Ukraine était le résultat d'un « coup d'Etat anticonstitutionnel. » Il a défendu les actions russes, disant que le région de Kiev avait pris « des décisions absolument illégitimes concernant les régions de l'Est, du Sud-Est et de la Crimée. »
Poutine a cependant fait un geste de conciliation, insistant sur l'importance des relations américano-russes qui « ne devraient pas être sacrifiées pour des divergences spécifiques, aussi importantes soient-elles, concernant des problèmes internationaux. » Plus tard le vendredi, son porte-parle Dmitry Peskov a exprimé l'espoir que « des désagréments extrêmement profonds » entre la Russie et l'Ouest n'entraîneraient pas une nouvelle Guerre froide.
Le caractère d'extrême-droite du régime ukrainien soutenu par les États-Unis a été souligné hier par l'annonce que le chef de l'organisation fasciste Secteur droit, Dmitro Yarosh, se présenterait aux élections prévues pour le mois de mai. Soulignant le rôle de premier plan joué par Secteur droit et le parti d'extrême-droite Svoboda dans le putsch qui a fait tomber le président Viktor Yanukovitch aligné sur la Russie, un porte-parole, Andriy Tarasenko, a déclaré : « Nous restons les chefs de cette révolution.
Yarosh a appelé à l'interdiction du parti de Yanukovitch, le Parti des régions et du Parti communiste d'Ukraine. Lors des dernières élections en date, ces deux partis avaient reçu plus de voix que Svoboda. Tarasenko s'est vanté que Secteur droit, dont les gros bras armés étaient en première ligne dans les manifestations contre Yanukovitch, se « mobilise » en préparation de la guerre contre la Russie.
Arseniy Yatsenyuk, premier ministre par intérim dans le régime de Kiev, a platement exclu hier tout compromis avec la Russie, et dénoncé toute tentative de la Crimée de faire sécession de l'Ukraine comme étant « illégale et inconstitutionnelle » et les partisans d'un référendum comme « des séparatistes et des traîtres. » Un tribunal a publié un mandat d'arrêt contre Sergei Aksyonov, le chef du mouvement sécessionniste.
Hier l'administration ukrainienne n'a pas payé sa dernière facture de gaz au géant russe de l'énergie, Gazprom, faisant passer la dette totale en cours à près de 2 milliards de dollars. Ce refus de payer risque d'aggraver la crise après que Gazprom a menacé de fermer l'approvisionnement en gaz, disant que « nous ne pouvons fournir du gaz gratuitement. » Toute coupure ne frapperait pas seulement l'Ukraine mais aussi les pays européens fournis par Gazprom via des gazoducs qui traversent l'Ukraine.
La réaction russe à la confrontation agressive conduite par les États-Unis souligne la faiblesse du régime de Poutine, qui représente les intérêts d'oligarques russes corrompus. En attisant le nationalisme et le chauvinisme Russe, Poutine ne fait que renforcer le risque de plonger l'Ukraine dans une guerre civile ethnique qui pourrait impliquer toutes les grandes puissances et plonger le monde dans un désastre.
La Russie cherche à consolider ses positions en Crimée. Hier, après avoir rencontré les délégués parlementaires de Crimée à Moscou, Valentina Matvienko, présidente de la Chambre haute du Parlement russe, a déclaré lors d'un grand rassemblement de nationalistes russes à Moscou que la Crimée serait la bienvenue dans la Fédération russe si elle votait dans ce sens au référendum.
La péninsule de Crimée est la base navale stratégique clé de la marine russe sur la Mer noire et la Méditerranée. La marine russe a sabordé deux de ses vieux navires de guerre à l'entrée du Lac Donuzlav, empêchant de fait plusieurs navires ukrainiens de quitter leur port d'attache. Une confrontation dans une base militaire ukrainienne proche de Sébastopol, durant laquelle des forces soutenues par les Russes ont tenté de s'emparer des installations, se serait terminée sans incident.
La principale responsabilité pour cette situation hautement explosive revient au gouvernement Obama et à ses alliés, qui sont déterminés à infliger une défaite humiliante et handicapante au gouvernement russe, quels que soient le coût et les dangers que cela implique.  
Source : WSWS.ORG


samedi 8 mars 2014

Henry Kissinger propose de finlandiser l’Ukraine…..l’Ukraine, en tant qu’État, ne peut vivre ni comme un allié de la Russie, ni comme un allié de l’Occident, mais uniquement comme un pont entre les deux.


Dans une tribune libre publiée par le Washington Post, le docteur Henry Kissinger prend position sur la crise ukrainienne.
Après avoir affirmé que l’Ukraine, en tant qu’État, ne peut vivre ni comme un allié de la Russie, ni comme un allié de l’Occident, mais uniquement comme un pont entre les deux, il poursuit —au risque de se contredire— par un exposé des racines historiques de la Russie en Ukraine.
Il affirme que la crise actuelle trouve son origine dans la volonté des deux principaux leaders ukrainiens d’imposer leur volonté à l’ensemble de pays, au mépris de l’autre moitié. Selon lui, Ioulia Tymochenko serait pro-européenne et Viktor Ianoukovyth pro-russe.
Il déplore la tournure militaire actuelle de la crise et met en garde face à un conflit incertain pour chacune des parties.
Enfin, il émet quatre propositions, qu’il présente comme des principes de discussion et non comme des prescriptions de la politique états-unienne : 1. L’Ukraine doit pouvoir choisir son système économique et adhérer à l’Union européenne 2. L’Ukraine ne doit pas adhérer à l’Otan. 3. L’Ukraine devrait être finlandisée (c’est-à-dire devenir neutre). 4. La Crimée ne doit pas faire sécession, mais Kiev doit lui reconnaître plus d’autonomie et garantir le maintien de la flotte russe à Sébastopol.
Ce texte nuancé doit être vu comme la recherche d’une porte de sortie.
La description des deux dirigeants ukrainiens, l’un pro-européen et l’autre pro-russe, ne correspond pas à la réalité : Mme Tymochenko a négocié et signé l’accord gazier avec la Russie, ce qui lui a valu d’être poursuivie en justice et condamnée ; tandis que M. Ianoukovytch a négocié et signé l’accord d’exploitation du gaz ukrainien par Shell, ce qui pourrait lui valoir également condamnation. Dans ces affaires cruciales, les deux dirigeants ont servi leurs propres intérêts et non pas ceux d’un camp idéologique.
Quoi qu’il en soit, cette présentation « équilibrée », c’est-à-dire rejetant les fautes à égalité entre les deux camps, vise à justifier la porte de sortie : Washington renoncerait à incorporer le pays dans l’Otan et garantirait le maintien de la flotte russe en Mer Noire si Moscou renonçait à l’insérer dans l’Union douanière et renonçait à annexer la Crimée.
Le problème est que cette offre survient alors que Washington a déjà perdu la bataille sur le terrain. Si Moscou la refusait, l’Otan pourrait avancer ses missiles, mais se retrouverait à gérer 35 milliards de dollars de dettes, un gouvernement incluant des nazis, et la perte de la Crimée, voire de beaucoup plus jusqu’à la Transnistrie.
Source : Réseau Voltaire

jeudi 6 mars 2014

Obama et Kerry donnent des leçons à la Russie sur l'Ukraine….Qui Kerry et Obama espèrent-ils tromper ?


Le ministre américain des Affaires étrangères John Kerry s'est servi d'une conférence de presse du ministère pour donner des leçons à la Russie sur la nécessité de maintenir la « stabilité » et « l'intégrité territoriale » de l'Ukraine alors que l'intervention occidentale y a exacerbé la situation.
Ces remarques interviennent tout juste une semaine après que l'intervention concertée des États-Unis, de l'Allemagne, de la France et des autres puissances européennes a entraîné un violent coup d'Etat par les forces d'extrême-droite et fascistes dans la capitale de Kiev.
« Les États-Unis soutiennent entièrement l'intégrité territoriale de l'Ukraine et la souveraineté [sic], et nous attendons des autres nations qu'elles en fassent autant, » a déclaré Kerry. Il a ajouté qu'il avait instruit plus tôt dans la journée le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov qu'« il est important pour tout le monde de faire extrêmement attention à ne pas envenimer la situation et ne pas envoyer les mauvais messages. »
Plus tard dans la journée, ces remarques ont été reprises par le président Barack Obama, qui a dit qu'il trouvait les rapports sur les mouvements de troupes « profondément inquiétants. » Il a déclaré que « toute violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale ukrainienne serait profondément déstabilisante, » ajoutant de manière menaçante que « toute intervention militaire en Ukraine en coûtera. »
Qui Kerry et Obama espèrent-ils tromper ? Washington est intervenu de manière très claire dans les affaires internes de l'Ukraine, déversant 5 milliards de dollars depuis les années 1990, un fait reconnu en décembre dernier par l'adjointe du ministre des Affaires étrangères chargée de l'Europe et de l'Eurasie, Victoria Nuland, dans des programmes visant à fabriquer un instrument politique en vue d'un changement de régime pro-occidental dans ce pays d'Europe de l'Est.
Nuland elle-même a fait au moins quatre voyages à Kiev au cours de ces derniers troubles, distribuant du pain et des gâteaux aux « manifestants » néo-fascistes sur la place de l'Indépendance et organisant des réunions avec les figures de l'opposition Arseny Yatseniuk et Vitali Klitschko, qu'elle appelle « Yats » et « Klitsch » dans sa tristement célèbre conversation enregistrée avec l'ambassadeur des États-Unis, ainsi qu'avec le chef du parti antisémite et fasciste Svoboda, Oleh Tyahnybok.
Tout cela visait non à assurer l'« intégrité territoriale, » la « souveraineté » et la « stabilité, » mais à déchaîner un chaos violent pour faire tomber un gouvernement élu et installer un régime qui suive la ligne de Washington et projette la puissance américaine vers les frontières de la Russie.
Kerry a parlé jeudi en particulier des manifestations pro-russes en Crimée et de la nécessité de « désamorcer ces tensions. » Il n'a fait aucune mention de ce que ces « tensions » ont été attisées par l'une des premières actions du prétendu gouvernement provisoire, qui a été d'abolir les droits aux langues minoritaires pour les russophones, soit plus de 30 pour cent de la population, qui sont majoritaires dans le Sud et l'Est, ainsi que pour ceux qui parlent bulgare, hongrois, roumain et polonais. Cette action a été entreprise à l'initiative du partiSvoboda.
Le coup d'Etat soutenu par les États-Unis en Ukraine représente le point culminant d'un processus de longue durée d'intervention en Europe de l'Est, dans la foulée de la dissolution de l'Union soviétique il y a 25 ans.
Affirmer que l'« intégrité territoriale » serait un principe inviolable avancé par l'impérialisme américain dans cette entreprise agressive serait ridicule. Au contraire, l'intervention américaine a commencé en ex-Yougoslavie avec la promotion belliqueuse des mouvements séparatistes et le soutien à la sécession et aux « nettoyages ethniques » systématiques pour tailler de nouveaux micro-Etats sur des bases ethniques sous la domination de Washington. Deux fois durant les années 1990, cela a entraîné des guerres de l'OTAN qui ont fait des milliers de morts et de blessés et des centaines de milliers de gens qui ont fui leur foyer.
Dans ces cas, la position de Washington était claire : les Etats existants n'avaient aucun droit à défendre leur intégrité territoriale contre les desseins américains, et s'ils essayaient de le faire, l'armée américaine les bombarderait.
Et tout cela n'est pas nouveau pour l'impérialisme américain. Il s'était emparé de Panama et du site du futur canal en le prenant à la Colombie au début du 20e siècle, en créant son propre mouvement sécessionniste et en disant clairement qu'il attaquerait la Colombie si elle résistait.
Au cours de la dernière décennie, Washington a piétiné « l'intégrité territoriale » de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Libye et de la Syrie avec des invasions directes et des guerres par procuration pour obtenir un changement de régime.
L'on peut être sûr que le principe soi-disant sacré de « l'intégrité territoriale » sera jeté aux orties en ce qui concerne la Russie, où Washington ira certainement poursuivre son aventure en Ukraine en venant jeter de l'huile sur le feu des conflits ethniques et nationaux dans le but de démanteler et subjuguer la Russie.
Quant à la leçon sur le respect de la « souveraineté » adressée à la Russie, il est bon de se rappeler que l'impérialisme américain a, en substance, affirmé son droit de propriété sur tous les territoires situés à son Sud depuis la promulgation de la Doctrine Monroe en 1825. Pas plus tard que l'an dernier, c'était Kerry qui, devant le Sénat, parlait de l'Amérique latine comme de « notre arrière-cour. »
Que Washington soit maintenant capable d'étendre la Pax Americana aux frontières de la Russie est dû, en dernière analyse, aux processus mis en mouvement par la dissolution de l'Union soviétique, le crime final et historiquement monumental de la bureaucratie stalinienne de Moscou.
Le stalinisme a trahi les intérêts de la classe ouvrière en Ukraine, en Russie et dans le reste de l'Union soviétique, comme dans tous les autres pays. Les bureaucrates privilégiés se sont transformés en capitalistes, pillant et monopolisant la richesse sociale créée pendant les 75 ans écoulés depuis la révolution d'octobre 1917.
S'opposer à l'asservissement colonial des peuples d'Ukraine, d'Europe de l'Est et du reste de l'ex-URSS par l'impérialisme américain et allemand ne revient pas à défendre les intérêts nationaux de la Russie ou le pouvoir d'aucune des factions politiques en Ukraine, qui sont toutes des instruments directs d'une poignée d'oligarques.
La tendance agressive de l'impérialisme américain en Ukraine a servi à révéler au grand jour la pourriture et la faillite du régime russe dirigé par Vladimir Poutine. Représentant les intérêts d'une couche de gangsters et de bureaucrates ex-staliniens qui constituent une classe dirigeante comprador corrompue, ce régime n'est pas en mesure, ni n'a aucunement l'intention, de mobiliser une opposition authentique à l'intervention impérialiste américaine. Les exercices militaires lancés à la frontière ukrainienne représentent en fait la moindre des choses que Moscou pouvait faire dans ces circonstances.
La lutte contre le démantèlement impérialiste des territoires de l'ex-Union soviétique, avec une nouvelle destruction du niveau de vie et le bain de sang qui l'accompagneront inévitablement, ne peut être menée sur une base nationale. L'unique alternative réaliste se trouve dans la perspective du mouvement trotskyste mondial, le Comité international de la Quatrième Internationale, pour une mobilisation indépendante et une unification internationale de la classe ouvrière dans la lutte pour mettre fin au capitalisme et réorganiser la vie économique et sociale sur des bases socialistes.
Source : W.S.W.S.ORG

mercredi 5 mars 2014

Ukraine : BHL,Alpha et Omega de la politique internationale Française ….

Supprimons cette petite chose inutile qu’est le ministère des Affaires étrangères puisque nous avons un BHL perpétuel.
Qu’on se le dise, BHL est de retour en Ukraine. Dimanche, l’écrivain philosophe, du haut d’une tribune, est venu haranguer les foules sur la place Maïdan. En fond, on entendait quelques maigres applaudissements. Là-bas, on devait se pousser du coude en le montrant du menton : « Ben, c’est qui, ce gars-là ? », comme devant l’interprète pour sourds-muets de l’enterrement de Mandela : « D’où il sort pour parler au nom de tout l’Occident réuni ? » Ah, inutile de nous regarder comme ça ! Nous autres, Français, n’en savons pas plus que vous. Personne ne l’a jamais élu, personne ne l’a jamais nommé, mais il est là, un point c’est tout. Comme l’alpha et l’oméga de la politique internationale française. Les gouvernements passeront, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, mais ses paroles ne passeront point. Car les messies arrivent toujours un peu comme ça, ex nihilo.
Jean-Marc Ayrault parlait d’un gouvernement resserré, cela tombe à pic : supprimons cette petite chose inutile qu’est le ministère des Affaires étrangères puisque nous avons un BHL perpétuel. Exit, aussi, cet autre gadget qu’est le ministère de la Défense, BHL sait faire aussi. Mieux, il adore… le sifflement des balles, l’odeur de la poudre au petit matin. Alors de l’ex-Yougoslavie à la Libye, de la Syrie à l’Ukraine, il n’aime rien tant qu’aller souffler sur les braises, s’indigner, exhorter et les uns et les autres à laver leur honneur au prix de leur vie. C’est beau, c’est un poil ampoulé, c’est du BHL. Dans BHL, il y a le B de Barry Lyndon, dont il cultive le physique de duelliste séducteur, le H de Hugo, dont il a les accents lyriques — Gloire à notre Ukraine éternelle ! Gloire à ceux qui mourront pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! — et le L de Lamartine, dont il va finir par partager le « romantisme poitrinaire », à promener imprudemment ses cols échancrés sous des latitudes si froides.
Sauf que le romantisme, en politique, cela vous transporte, mais cela tourne vite à Apocalypse Now. Pour écrire l’histoire de régions aux plaies si mal fermées, il faut au contraire une plume réaliste, prudente, minutieuse, économe de la vie des hommes, avançant à pas comptés et précautionneux comme un rond-de-cuir dans un roman de Flaubert. Une petite bourgeoise appliquée et circonspecte comme Angela Merkel qui tente de recoller, peut-être, les morceaux quand BHL, tutoyant Poutine, le menace de mille sanctions aussi plausibles qu’en son temps l’était l’invention de la « pluie artificielle » mexicaine de Malraux, un autre écrivain qui aimait bien aussi s’essayer avec emphase aux Affaires étrangères.
Certains disent, comme ça, que BHL en Ukraine, c’est d’une certaine façon une chance. Une chance pour nous. Car, pendant ce temps, nous avons la paix… au moins, nous. Comme une jeune fille exaltée qui, rêvant « d’humanitaire », trouve infiniment plus noble de partir aider très loin dans des favelas exotiques plutôt que jouer à la crapette dans la maison de retraite de sa grand-mère solitaire, BHL préfère, merci mon Dieu, voler au secours des terres lointaines que s’intéresser à son propre pays. Ce qui ne l’empêche pas de lui envoyer quelques banderilles quand il vient s’y reposer après un lancement de chantier international – entendez une fois l’impulsion donnée, la pelleteuse acheminée, le boxon installé. Interrogé sur i>Télé par Laurence Ferrari sur l’antisémitisme de Svoboda, BHL rétorque aussi sec qu’on trouve « moins de fasci… », enfin « moins d’extrême droite en Ukraine qu’en France ». Autrement dit, si néonazis il y a en Ukraine, ils ne seraient qu’une poignée, et rien que des nazis modérés ? C’est le propre d’un romantique, non ? Dépeindre dans un rose improbable ceux dont il s’est subitement entiché.
Gabrielle Cluzel est écrivain et journaliste.
Source : Boulevard Voltaire
http://www.bvoltaire.fr/gabriellecluzel/bhl-alpha-omega-de-la-politique-internationale-francaise,52395

lundi 3 mars 2014

Ukraine : Des soldats israéliens étaient camouflés place Maidan

                                                                                     
 le chef de l’unité israélienne camouflée place Maidan]

Selon le site israélien alyaexpress-news.com,
un groupe de 35 combattants armés et cagoulés de la place Maidan est dirigé par 4 anciens officiers de l’Armée israélienne qui portent la kippa sous leurs casques.
Le site affirme que ces anciens officiers, qui habiteraient aujourd’hui en Ukraine, ont dès le début des événements rejoint le mouvement aux côtés du parti de la Liberté (Svoboda), bien que celui-ci ait la réputation d’être violemment antisémite.
Cette force d’intervention aurait également assuré, avec l’aide de l’ambassade d’Israël, le rapatriement en Israël de 17 blessés graves, qui y seraient soignés.
La présence d’unités israélienne avait été signalée dans des événements similaires en Géorgie, aussi bien lors de la « révolution des roses » (2003) que lors de la guerre contre l’Ossétie du Sud (2008).


L’Ukraine est au bord du gouffre et la Russie pèse les différentes options. (Indian Punchline)… la cinquième colonne de l’Occident en Ukraine orientale a créé une structure de pouvoir illégitime et inconstitutionnelle à Kiev, dirigée par des gens garantis "pro-occidentaux" et, plus important encore, viscéralement "anti-russes".

Tous les politiciens occidentaux, du président des Etats-Unis, Barack Obama, au plus petit d’entre eux sont des hypocrites lorsqu’ils appellent la Russie à la "réserve". Un peu de réserve de leur part ces derniers mois, aurait certainement évité la catastrophe qui s’annonce en Ukraine. On entend de sinistres craquements, comme quand la glace se fissure, dans la mosaïque ethnique qui aura bien du mal à résister au déchirement.
L’Occident a fait une grave erreur en alimentant le feu des manifestations avec les officiels venus tout droit des capitales européennes et des Etats-Unis qui se sont succédés à Kiev pendant des semaines pour soutenir les manifestations. Des manifestations contre quoi ?
Essentiellement contre la décision du président Viktor Ianoukovitch de ne pas signer l’Accord d’Association avec l’Union Européenne parce que le pays en faillite avait besoin des 15 milliards de dollars de la Russie pour s’en sortir. L’Occident s’est trouvé confronté à la nécessité d’aider l’Ukraine dans les mêmes proportions.
Mais l’Occident veut l’Ukraine pour rien ou presque. Au lieu de relever le défi en faisant une contre proposition, l’Occident a décidé de renverser Ianoukovitch pour mettre Moscou devant le fait accompli*.
C’est une "révolution colorée", à la différence près que Ianoukovitch est un président démocratiquement élu et que l’Occident a reconnu que l’élection de 2010 avait été "libre et régulière". De fait la campagne électorale avait été gérée par une célèbre firme de relations publiques américaine.
En somme, la cinquième colonne de l’Occident en Ukraine orientale a créé une structure de pouvoir illégitime et inconstitutionnelle à Kiev, dirigée par des gens garantis "pro-occidentaux" et, plus important encore, viscéralement "anti-russes".
Il n’a pas fallu 24 heures à l’Occident pour "reconnaître" le nouveau pouvoir à Kiev. Le projet occidental est d’organiser au plus vite, c’est à dire en mai, de nouvelles élections qui donnent une légitimité constitutionnelle à ses hommes de main pour qu’ils puissent signer l’Accord d’Adhésion à l’Union Européenne. Autrement dit, l’Occident a répondu au challenge de la Russie en exigeant d’elle qu’elle avale la pilule amère que constitue une Ukraine hostile à sa porte, une Ukraine qui tôt ou tard serait intégrée à l’OTAN, amenant l’alliance occidentale aux frontières russes pour la première fois dans l’histoire.
On s’attend à une décision cruciale de la part du Kremlin. Elle a peut-être déjà été prise. Les mouvements de troupes ne semblent pas de bonne augure. D’un, le président Vladimir Poutine a immédiatement ordonné un exercice militaire aux frontières entre la Russie et l’Ukraine. De deux, le Minsk et le Kaliningrad, deux navires russes de débarquement de la classe Ropucha, qui avaient été envoyés en Méditerranée orientale au large de la Syrie la semaine dernière ont traversé le Bosphore et sont revenus en mer Rouge. Et de trois, le Vishnya, un navire de renseignement de la classe Meridian hérissé de matériel d’espionnage électronique et de missiles air-sol vient, semble-t-il, de se positionner à la Havane à Cuba.
Cependant la diplomatie est aussi à l’oeuvre. D’un, les ministres russes et étasuniens de la Défense devaient avoir une conversation téléphonique hier soir. Les remarques, jeudi à Bruxelles, du secrétaire général à la Défense, Chuck Hagel sur l’Ukraine semblaient raisonnables. Et de deux, le secrétaire d’Etat étasunien, John Kerry, a dit, jeudi au téléphone, à son homologue russe, Sergey Lavrov, qu’il privilégiait un dialogue russo-étasunien pour stabiliser la situation en Ukraine.
Le problème c’est de savoir sur quoi portera le "dialogue". La Russie soutient que l’accord de paix du 21 février devrait faire référence (ce que d’ailleurs avait aussi suggéré Obama à Poutine au téléphone). Tandis que les Etats-Unis ont évolué depuis, ont vite "reconnu" le renversement de Ianoukovitch et se préparent à faire des affaires avec les individus qui ont usurpé le pouvoir.
De fait, le vice-président Joe Biden s’est empressé de traiter le nouveau "premier ministre" ukrainien, Arseny Iatseniouk comme son homologue à Kiev.
Il n’y a aucun doute que le fossé est profond entre les Russes et les Américains - peut-être qu’ils ne sera pas facile à combler et les deux camps vont s’en rendre compte. Moscou va penser que Washington exige virtuellement que la Russie change de position et accepte la réalité géopolitique : à savoir que l’Ukraine est en passe de rejoindre l’orbite occidentale. Mais la Russie ne peut pas accepter une telle défaite stratégique.
La Russie a non seulement reconnu que Ianoukovitch était en Russie mais elle a souligné clairement que Moscou continuait à le considérer comme la tête légitime de l’état. C’est une affront indéniable pour Washington et le début d’une situation aberrante (et dangereuse) dans laquelle les Etats-Unis et la Russie traiteraient avec deux interlocuteurs différents représentant l’état souverain d’Ukraine et pourraient se prévaloir l’un comme l’autre du droit international pour légitimer leurs actions.
Les derniers rapports en provenance de Moscou indiquent que Poutine a "demandé au gouvernement russe d’étudier la question d’une aide humanitaire pour la Crimée". Une boîte de Pandore s’ouvrira si Ianoukovitch demande l’aide de la Russie pour calmer la situation en Crimée. Ianoukovitch doit tenir une conférence de presse ce soir.
Où aura lieu la conférence de presse ? Eh bien, à Rostov sur le Don. Oui, la ville du "Don paisible", le roman épique de Mikhail Sholokov, un des monuments les plus sacrés de la littérature russe, qui a pour toile de fond la guerre de Crimée (1853-86) ; il décrit la vie des Cosaques du Don qui vivent dans la vallée du Don et qui sont les défenseurs traditionnels du peuple russe et de leur foi. Invoquer la mémoire des Cosaques dans la situation actuelle est hautement significatif - principalement pour ceux qui n’ont peut-être pas conscience de la profondeur des liens qui unissent l’Ukraine à l’âme russe.
http://www.legrandsoir.info/l-ukraine-est-au-bord-du-gouffre-et-la-russie-pese-les-differentes-options.html




UKRAINE : Retour aux années trente ? C’est vraiment scandaleux….Obama menace la Russie de lourdes représailles si elle prend des mesures afin que les néo-nazis au pouvoir à Kiev, suite à leur coup d’État appuyé par l’UE et les États-Unis, n’envahissent pas la Crimée.

Alors que des dirigeants étasuniens, français, allemands, anglais etc.. se sont rendus personnellement en Ukraine pour soutenir les fascistes insurgés et, probablement, qu’ils les ont financés, voilà que les incendiaires revêtent les vêtements des pompiers et qu’ils menacent la Russie si elle prend des mesures afin que la Crimée, où 60 % de la population est russe, ne soit pas envahie par des fascistes soutenus et armés par la finance internationale.
Scandale également quand le FMI annonce qu’il est prêt à accorder un soutien financier à l’Ukraine, alors que d’autres pays européens crèvent dans la misère : voir la Grèce !.............