mercredi 6 novembre 2013

Palestine : Yasser Arafat est mort empoisonné au polonium en 2004, "Il s'agit d'un vrai crime, d'un assassinat politique", a déclaré mercredi sa veuve Souha

Yasser Arafat est mort empoisonné au polonium en 2004, a déclaré mercredi sa veuve Souha à l'agence Reuters après avoir reçu un rapport de l'Institut de radiophysique (IRA) de Lausanne concernant les analyses effectuées sur la dépouille de l'ancien leader palestinien.
"Il s'agit d'un vrai crime, d'un assassinat politique", a dit Souha Arafat, qui réside à Paris.
La dépouille du fondateur et premier chef de l'Autorité palestinienne a été examinée pendant un an par l'IRA. Les résultats de l'expertise effectuée par l'Agence fédérale russe des analyses médico-biologiques ont été remis aux Palestiniens samedi dernier.
L'enquête officielle sur les causes de sa mort a commencé à l'été 2012 quand la chaîne qatarie Al Jazeera a annoncé la découverte, dans les effets personnels d'Arafat et dans son organisme, de polonium-210 radioactif. Les journalistes ont alors demandé aux chercheurs de l'Institut de radiophysique auprès du Centre hospitalier universitaire vaudois (Lausanne) d'effectuer des analyses. 
Les Palestiniens ont évoqué à de nombreuses reprises l'implication d'Israël dans la mort de Yasser Arafat.
Source:RIA Novosti

mardi 5 novembre 2013

Syrie-Iran-Arabie. Nouvel ordre mondial…. Il implique l’apaisement des tensions au Proche et Moyen-Orient en réglant les crises syrienne et iranienne et en mettant un terme aux affrontements chiites-sunnites instrumentés à des fins stratégiques.


Les informations en provenance de mes contacts en Syrie et au Liban confirment mes analyses de géopolitique : le monde bascule dans un nouvel ordre, les pôles de puissance changent entraînant de nouveaux rapports de forces qui s’exercent  sur de nouveaux points d’appui.
Le « pivotement » américain vers l’Asie, s’il est exagéré par certains n’en est pas moins réel. Il implique l’apaisement des tensions au Proche et Moyen-Orient en réglant les crises syrienne et iranienne et en mettant un terme aux affrontements chiites-sunnites instrumentés à des fins stratégiques.
L’Iran retrouvera prochainement sa place géostratégique essentielle dans la région, avec la « modération » dans les relations internationales prônée par le Président Rohani dans son discours aux Nations Unies fin septembre. Plusieurs pays l’ont compris qui cherchent à se rapprocher de Téhéran, comme la Turquie et même le Qatar et l’Arabie.
L’islam politique vit son chant du cygne : ce sont des musulmans sincères qui ont renversé Morsi en Egypte le 30 juin dernier. Les Frères Musulmans, organisation longtemps souterraine dans les états arabes,qui a remporté toutes les élections car elle était la seule structurée depuis longtemps et a disposé de puissants moyens financiers des pays du Golfe,  est l’expression politique de cette idéologie qui proposait de gouverner au nom de la charia. Ils ont prouvé leur incompétence et leur incapacité à répondre aux aspirations des peuples et à gérer des états modernes: la Tunisie les rejette, de même que l’Egypte et le chaos libyen finira par en faire de même. Les musulmans veulent vivre selon leur foi mais entendent être en harmonie avec le « village mondial ». (Expression de René Girard)
Dans les bouleversements politiques et sociaux du monde arabe, les chrétiens qui étaient présents sur ces terres six siècles avant l’islam, ont un rôle essentiel à jouer pour la cohésion sociale des populations et seront un facteur important des réconciliations nationales partout où des drames ont eu lieu. Les rapprochements entre Patriarches orientaux et Imams dans les pays en crise montrent que les appels du Pape François à l’union des fidèles chrétiens et musulmans  répondent à un besoin vital et sont entendus par les populations comme par les dirigeants. Par leurs positions en dehors des rivalités internes aux musulmans, mais profondément patriotes et ancrés dans la vie des pays arabes, ils sont un catalyseur d’harmonie entre les différentes ethnies et confessions de ces pays souvent très composites, notamment la Syrie.
Les islamistes takfiristes restent nombreux, encore soutenus par l’Arabie Séoudite pour les détourner de menacer le royaume des Séoud désormais menacé dans son existence même. Ce sera la tâche la plus ardue d’en finir avec eux après la solution négociée de la crise syrienne. Avec le revirement du Qatar qui cherche à se rapprocher de la Syrie de Bachar el Assad, on assiste à l’isolement des positions séoudiennes et israéliennes. Les deux pays ont d’ailleurs compris qu’ils n’étaient plus les alliés indéfectibles des Etats-Unis qui attendent d’eux des changements de position.
La destruction du stock d’armes chimiques syriennes, constitué pour répondre aux armes de destructions massives israéliennes, notamment nucléaires, biologiques et chimiques, met Tel Aviv en position délicate face aux initiatives pour un PO débarrassé de ces menaces.
L’Arabie est menacée par des dissensions internes à la famille régnante et des irrédentismes qui déboucheraient en une partition possible en trois parties, le nord avec la Jordanie et les Palestiniens, le centre avec  le sud du Yémen de l’Hadramaout à la mer, et l’est chiite et pétrolier.
Le terrorisme islamiste international pourra être éradiqué quand il aura perdu ses commanditaires et soutiens, d’autant plus qu’il représente aux yeux des musulmans sincères un véritable blasphème de l’interprétation du Coran. Simultanément au changement de stratégie américaine dans la région, l’Arabie Séoudite va devoir mettre un terme à sa croisade sunnite contre un axe chiite centré sur l’Iran et appuyé sur l’Iraq, la Syrie et le Liban. Il semble d’ailleurs que la brouille avec les Etats-Unis sur la question syrienne amène la monarchie à revoir ses fondamentaux, comme en attestent des visites récentes en Iran. Son refus d’occuper le siège où elle avait été élue à l’AG de l’ONU est à la fois un signe de son irritation et de sa prise de conscience des nouveaux rapports de force dans la région.
En réalité les Etats-Unis ne font qu’accompagner l’évolution du monde comme Chuck Hagel l’avait annoncé avant même sa prise de fonction de Secrétaire d’état à la Défense (voir PJ).
L’Occident dirigé par l’Amérique a fait croire, grâce à un énorme budget de communication, qu’il représentait le bien et la justice et qu’il avait le soutien de la majorité des peuples pour ses aventures guerrières. Mais lors des menaces de frappes occidentales contre la Syrie fin août-début septembre derniers, qu’en réalité Obama n’avait proférées que pour lâcher du lest aux groupes de pression américains, alors qu’il y était hostile au fond de lui en raison des conséquences catastrophiques qu’elles auraient entraînées, et que son Etat-Major connaissait, cette coalition guerrière « occidentale » ne représentait que 800 millions d’habitants, non consultés d’ailleurs sauf les Britanniques qui s’y étaient opposés, contre les quelques 6 milliards du reste du monde soutenant la Russie et la Chine. On sait les artifices qu’il a utilisés pour retarder la décision et ensuite s’engouffrer dans la proposition russe de destruction du stock d’armes chimiques de la Syrie. Simultanément, cette proposition acceptée avec soulagement entérinait la reconnaissance de Bachar el Assad comme Président d’une Syrie chargée de la faire appliquer jusqu’à son terme.
La réunion de la conférence de Genève II pour régler la crise est désormais inéluctable, quelles que soient les manœuvres de ceux qui y sont hostiles comme l’Arabie, et le plus intelligent est de s’en accommoder.
Les organisations rebelles civiles qui s’y opposent ne représentent que quelques poignées de Syriens déracinés et les militaires, comme les brigades Liwad al Tawhidi, Ahrar al Cham, Souqour al Cham sont des organisations terroristes composées majoritairement d’étrangers qui combattent pour un état islamique mondial et n’ont aucune identité syrienne.  Les forces de l’Armée Syrienne Libre sont devenues insignifiantes ou ont fait allégeance aux djihadistes, quand elles n’ont pas déposé les armes ou rejoint les forces régulières syriennes.
Quant aux Kurdes, l’Armée syrienne leur a donné la responsabilité de tenir leurs régions et ils s’en acquittent au prix de pertes sévères contre les djihadistes mais ils prennent le dessus de plus en plus.
Simultanément le dossier iranien sera également bouclé, peut-être même avant le syrien qui demande du temps pour régler le sort des takfiristes fanatiques qui sévissent sur le terrain. La reconstruction de la Syrie demandera du temps et beaucoup d’argent, de nombreuses infrastructures ayant été détruites. Mais il n’y a pas de solution sans Bachar et les Américains le savent, même si John Kerry est obligé, lui aussi,  de lâcher du lest par des déclarations hostiles ou ambiguës.
Le Liban multiconfessionnel, fragilisé par son voisinage de la Syrie d’où il reçoit plus d’un million de réfugiés de toutes confessions n’a toujours pas de gouvernement pérenne du fait des désaccords attisés par les appuis étrangers des parties prenantes. Cependant les structures étatiques comme l’Armée et la police restent cohérentes et accomplissent leur tâche malgré les difficultés. L’alliance, sans doute majoritaire dans le pays, entre les chrétiens du CPL du général Aoun, le Hezbollah composé principalement de chiites mais pas exclusivement, et le parti Amal de Nabih Berri reste la force politique dominante qui a soutenu le régime en place à Damas Habitués des discussions de diwan pour trouver des compromis, les dirigeants des grandes familles analysent les situations au regard de leurs alliances extérieures et, fins observateurs, ils semblent avoir admis que le régime syrien sortirait vainqueur de la crise et en tirent les conséquences ; le chef druze Walid Joumblatt a récemment apporté son soutien à Nabih Berri pour la formation d’un gouvernement, signe qu’une issue pourrait s’ouvrir, d’autant plus que l’Arabie pourrait la souhaiter aussi et le faire savoir à ses alliés locaux, le chrétien Samir Geagea et le sunnite Saad Hariri.
En l’absence d’état  solide, la fragilité du Liban tient à la présence armée forte du Hezbollah, au nom de la résistance à Israël, simultanément avec celle des milices sunnites présentes officiellement pour certaines ou dans les camps palestiniens, qui en sortent pour combattre en Syrie voisine ou dans la région de Tripoli au Nord, faisant déjà plusieurs dizaines de morts, soldats et civils. Ce mélange est dangereux et pourrait exploser dramatiquement si les djihadistes venaient à quitter la Syrie pour attaquer le Hezbollahau Liban. Des menaces sérieuses sont d’ailleurs annoncées sur la FINUL au Sud contre les soldats occidentaux, dont les Français.
La France a tout intérêt à reprendre langue diplomatiquement avec un régime qui sortira vainqueur d’une crise tragique et à utiliser les liens d’amitié qui demeurent malgré tout entre Syriens et Français, ancrés dans des échanges culturels anciens, en dépit des affrontements qui les ont aussi émaillés.
Elle aurait aussi tout intérêt à se rapprocher de la Russie dont la diplomatie toute en finesse a montré son efficacité. La Russie va marquer des points dans le règlement de ce conflit parce qu’elle a su offrir une porte de sortie honorable à la grande Amérique dans une crise où elle s’était embourbée. Elle défend  ses intérêts stratégiques mais aussi tactiques car de nombreux djihadistes sont des combattants tchétchènes qui se retourneront contre elle s’ils le peuvent.
La Turquie, la Jordanie, l’Arabie Séoudite seront les perdants à divers égards du règlement de la crise, de même qu’Israël. Sans doute ces états sauront-ils trouver une nouvelle posture pour limiter les dégâts avec opportunisme et s’adapter aux nouveaux équilibres du monde. Il faut s’attendre que la Chine nouera ou développera des liens avec les pays de la région, elle qui propose des investissements en échange de la fourniture de l’énergie dont elle a besoin pour sa croissance toujours forte.
Alain Corvez
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Source : Palestine Solidarité

États-Unis : Espionnage de la NSA - Sommes-nous encore libres ?..... Microsoft, Google, Apple, Yahoo, BlackBerry, Facebook, etc., collaborent, de leur plein gré ou sous la contrainte, avec la National Security Agency (NSA), la super agence des services secrets étasuniens, lui octroyant un accès privilégié à leurs données.

J’ai écrit cet article pour Résistance depuis mon ordinateur, puis l’ai mis en ligne sur le site. Un certain nombre de webmestres l’ont également reçu et peut-être ont-ils fait la même chose que moi. Nos lecteurs respectifs ont pu lire cet article le lendemain. Quelqu’un cependant l’a lu avant eux, ou était tout du moins en mesure de le faire. Ce n’était pas ni un membre de Résistance, ni les webmestres qui en ont été destinataires. Je ne connais pas ce quelqu’un. Il ne vit certainement pas en France. Il opère loin d’ici, au-delà de l’océan…
Je ne suis pas un terroriste, je ne suis pas recherché et je paie mes impôts. Bref, je suis un citoyen lambda. Mais ce quelqu’un sait tout de moi. Il sait à qui je téléphone parce qu’il a accès à mes données sur mon smartphone. Il sait à qui j’écris et surtout ce que j’écris, car il est capable de surveiller tous mes mouvements sur Internet. Il prend note de mes achats en ligne, consigne tout et scrute mes mouvements sur mon compte bancaire de telle sorte qu’il sait ce que je gagne. Mon patrimoine n’a aucun secret pour lui.
L’utilisation de Facebook lui facilite grandement la tâche. Parce que l’internaute met sa vie à nu sur le plus grand réseau social du monde. Il nous renseigne sur son cercle d’amis, publie des photos amusantes, insolites, et parfois intimes, sans se rendre compte qu’un jour, tout ceci pourrait un jour se retourner contre lui. Il ne se doute pas que ce qui est posté sur Facebook ne peut être supprimé, même lorsque ses contacts ou le quidam n’y ont pas accès. Toutes ses informations restent gravées dans une énorme mémoire, suspendues en quelque sorte sur un nuage virtuel qu’il ne peut atteindre. Il perd ainsi le contrôle de son passé et du présent.
Certains se remémoreront immanquablement la Vie des autres, film dans lequel la Stasi surveillait dans le Berlin des années quatre-vingt les intellectuels soupçonnés de critiquer le régime d’Erich Honecker. Le parallèle avec l’URSS, la Chine et tous les pays supposés autoritaires ou dictatoriaux sera rapidement fait. On leur oppose notre culture démocratique et la liberté. Les lois sont d’ailleurs censées nous préserver de toute intrusion. L’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ne proclame-t-il pas le droit de toute personne au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance » ?
Les révélations faites par l’ancien employé de la CIA et de la NSA Edward Snowden sont pourtant inquiétantes. Microsoft, Google, Apple, Yahoo, BlackBerry, Facebook, etc., collaborent, de leur plein gré ou sous la contrainte, avec la National Security Agency (NSA), la super agence des services secrets étasuniens, lui octroyant un accès privilégié à leurs données. Un peu comme si un étranger avait accès à une porte secrète de votre maison sans que vous n’en déteniez les clefs…
Aujourd’hui, un agent secret n’aurait plus besoin d’allumer mon ordinateur et de télécharger mon disque dur. Le processus est en grande partie automatique. De temps à autre et à mon insu, mes données peuvent être collectées et transmises je ne sais où. Ce qui est remarquable, c’est que tout cela se produit dans les pays qui ne sont apparemment pas totalitaires. Ces derniers se revendiquent au contraire tous de la démocratie. Pourtant, ces faits s’inscrivent dans un processus aux conséquences potentiellement désastreuses.
Le 11 Septembre en a été l’acte fondateur. Capitalisant sur le choc provoqué par les attentats dans les opinions internationales, la lutte contre le terrorisme a permis de justifier la plupart des actions menées par les États-Unis. Les menaces terroristes qu’on brandit à dessein permettent de renforcer les structures de contrôle de la population. Nous ne savons pas aujourd’hui ce que la NSA, le FBI ou la CIA ont pu faire de nos informations personnelles, ce qui, dans un État de droit, relève de l’inconcevable. Les conséquences de ce paradoxe sont colossales. Notre intimité est désormais mise à nu et partagée par autrui sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Plus personne ne pourra désormais se sentir totalement en sécurité. Sommes-nous tout simplement encore libres ?
Capitaine Martin
Source : PRESSE-TOI A GAUCHE

dimanche 3 novembre 2013

Espionnage US : "Les gens doivent s'opposer à ce que l'information sur des questions fondamentales leur soit dissimulée. Quiconque dit la vérité ne commet pas de crime", a écrit M.Snowden dans "Un manifeste pour la vérité", publié dimanche par le Spiegel allemand.


L'ex-informaticien des services secrets américains Edward Snowden se dit persuadé que quiconque dit la vérité ne commet pas de crime et que ses révélations sur l'espionnage pratiqué par les Etats-Unis dans le monde seront utiles pour la protection de la société contre la surveillance massive.
"Les gens doivent s'opposer à ce que l'information sur des questions fondamentales leur soit dissimulée. Quiconque dit la vérité ne commet pas de crime", a écrit M.Snowden dans "Un manifeste pour la vérité", publié dimanche par le Spiegel allemand.
Selon l'ancien analyste de la CIA et de l'Agence de sécurité nationale (NSA), qui est poursuivi dans son pays pour être à l'origine des fuites sur ces structures, les programmes massifs d'espionnage des services de renseignement menacent la liberté d'opinion et les sociétés ouvertes.
Snowden estime que la surveillance massive constitue un défi mondial qui demande une réponse tout aussi mondiale. Il a écrit ce texte le 1er novembre à Moscou, le lendemain de sa rencontre avec le député allemand Hans-Christian Stroebele.
Les révélations de Snowden, publiées dans le monde entier, ont provoqué des tensions entre Washington et certains de ses principaux alliés, dont l'Allemagne. Il s'est avéré que la NSA avait écouté le téléphone de la chancelière Angela Merkel pendant plusieurs années. M.Stroebele a supposé que tous les partis siégeant au Bundestag souhaitaient recueillir les témoignages du lanceur d'alerte sur l'espionnage pratiqué par les Etats-Unis en Allemagne.
Source : RIANOVOSTI

vendredi 1 novembre 2013

La Syrie, pays de tous les enjeux….Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie….le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , "la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe".

Le 07 Octobre 2013, le ministre Français de la défense était reçu en Arabie Saoudite par le roi Abdallah. Le ministre a ensuite déclaré à propos de la Syrie : "Notre approche sur la situation est identique. Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale Syrienne et l’état-major du général (Sélim) Idriss (chef d’état-major de l’ASL)". Rappelons que l'Arabie Saoudite est une monarchie absolue, promouvant un Islam radical (le Wahhabisme), qu'elle pratique la discrimination ethnique, prive les femmes des droits les plus élémentaires, emprisonne et torture les opposants, réduit en esclavage les travailleurs étrangers, offre des spectacles de décapitation sur la place publique ... Si la France et l'Arabie Saoudite sont en "grande convergence" au sujet de la guerre menée en Syrie, on peut finir par douter de son mobile humanitaire et chercher d'autres explications.

La guerre du gaz
Le gaz apparait aujourd’hui comme une alternative à la diminution des réserves mondiales de pétrole et possède en outre l’avantage d’être une énergie propre. Ce sera la principale ressource d’énergie du XXIème siècle et l’Union Européenne devrait en être le plus gros consommateur.
Actuellement, la Russie est le pays qui dispose des plus grosses réserves en gaz et sa société étatique Gazprom en assure l’exploitation. L’exportation du gaz Russe est quant à elle permise grâce à deux grands projets de gazoduc :
- Nord Stream passant par l’Allemagne et censé alimenter le nord de l’Europe.
- South Stream qui doit se diriger vers l’Europe occidentale via la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.
Or, dans le but de concurrencer South Stream, l’Union Européenne a soutenu le projet Nabucco. Ce projet visait principalement le gaz de l’Azerbaïdjan (champ de Shah Deniz) et devait se diriger vers l’Europe occidentale en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La guerre entre South Stream et Nabbuco a nettement tournée à l’avantage de la Russie. Initialement prévu pour 2014, Nabbuco a été sans cesse repoussé en raison de difficultés techniques et de l’absence de clients clairement définis. De plus, l’Azerbaïdjan a finalement choisi le gazoduc Trans-Adriatic Pipeline (TAP) pour acheminer son gaz vers l’Europe au détriment de Nabucco. Cela a peut être signé l’arrêt de mort de ce projet.
Au Moyen-Orient, l’Iran est un grand producteur de gaz. En Juillet 2011, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont signé un projet de gazoduc : l’Islamic Gas Pipeline ou "Gazoduc Chiite". Après un temps de réalisation estimé 3 ans, ce projet devrait permettre à l’Iran d’alimenter l’Irak et la Syrie. Grâce aux ports méditerranéens de la Syrie ou du Liban, il pourrait même alimenter l’Union Européenne. Par ailleurs, la Syrie a découvert en Août 2011 un vaste champ gazier à Qaraa, près du port de Tartous. Partenaire économique de la Syrie, la Russie pourrait alors jouer un rôle important, non seulement dans l’exploitation de ce gaz, mais aussi dans son exportation vers l’Europe par la mise à disposition de sa flotte en méditerranée.
C’est avec le Qatar que l’Iran partage le plus grand champ gazier du monde (il est nommé South Pars côté Iran et North Dome côté Qatar). Pour l’instant, le Qatar exporte son gaz par des méthaniers, ce qui n’est déjà pas sans risques. En plus, ces bateaux doivent transiter par le détroit d’Ormuz, qui est sous contrôle de l’Iran. En 2009, le Qatar a alors présenté un projet de gazoduc terrestre devant le relier à la Turquie. Le tracé incluait initialement l’Arabie Saoudite, mais après son refus, il devrait finalement passer finalement par l’Irak, la Jordanie et la Syrie. C’est dans cette optique que le Qatar s’est rapproché en 2010 de la Syrie par un "pacte de défense". Mais cette dernière a ensuite préféré se joindre au projet de Gazoduc Chiite.
Deux autres puissances régionales sont intéressées par le projet Qatari : la Turquie et Israël. La Turquie cherche a diminuer sa dépendance au gaz Russe et au gaz Iranien. De plus, elle toucherait des royalties pour permettre le transit de gaz vers l’Europe. Partie prenante du projet Nabbuco puis du projet Qatari (qui devait rejoindre Nabbuco sur son territoire) la Turquie a également signé un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de grosses réserves de gaz en 2017. Quant à Israël, il a découvert fin 2010 un énorme champ gazier au large de ses côtes. Il pourrait donc rejoindre le projet Qatari pour l’exportation de son gaz vers l’Europe.
Ainsi, le Qatar, la Turquie et Israël voient d’un très mauvais oeil la réalisation du gazoduc Iran-Irak-Syrie, complètement indépendant de leurs routes de transit vers l’Europe. Quant à l’Union Européenne, elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et donc à diminuer sa dépendance au gaz Russe. Comme d’habitude, les USA chapeautent le tout en cherchant à soutenir leurs alliés (Israël, Turquie, Qatar) et affaiblir leurs concurrents (Russie, Iran). Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie. Selon le journaliste Algérien Noureddine Merdaci, le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , "la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe".
Un Moyen-Orient instable
Avec les deux tiers des ressources mondiales en pétrole et 40% des réserves de gaz connues, le Moyen-Orient est le lieu majeur de production d’hydrocarbures. Il couvre et couvrira certainement pendant plusieurs décennies encore, la plupart des besoins énergétiques de la planète. Or, ce début de 21ème siècle voit l’apparition de grandes puissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dont les besoins en énergie ne cessent de croître. La Chine par exemple est aujourd’hui derrière les USA, le deuxième plus gros consommateur mondial de pétrole. Alors que le Moyen-Orient est depuis longtemps le théâtre de tensions et d’affrontements pour le contrôle de ses ressources énergétiques (opération AJAX en 1953, guerre d’Irak en 2003 ...), la situation ne risque pas de s’améliorer.
Au sein même de cette région, s’ajoute une fracture religieuse entre musulmans Sunnites et Chiites. Les Sunnites considèrent qu’il ne doit pas y avoir d’intermédiaires entre le croyant et dieu, tandis que pour les Chiites, c’est l’Iman qui est le véritable guide de la communauté. Dans le monde, la plupart (environ 80-90%) des musulmans sont Sunnites, mais les Chiites sont majoritaires (environ 70%) dans les pays du Golfe. Les deux communautés ne s’aiment pas. Persécutés par les Sunnites, les Chiites minoritaires ont longtemps dû se réfugier dans la clandestinité, tandis que certains Sunnites vont jusqu’à considérer les Chiites comme des mécréants et se méfient de leur expansion. En Iran où le Chiisme est la religion d’état, Khomeini avait présenté en 1979 la révolution comme un "modèle à exporter". Aujourd’hui, l’Iran, l’Irak, les Alaouites de Syrie et le Hezbollah Libanais forment un croissant Chiite, lequel est fortement combattu par l’arc Sunnite qui englobe l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pétromonarchies du golfe dépensent beaucoup d’argent pour la propagation du Wahhabisme (c’est une forme radicale du Sunnisme, il est par exemple interdit d’invoquer le prophète, les saints ou les anges, de sculpter des décorations dans une mosquée ...). Elles n’hésitent d’ailleurs pas à soutenir les impérialistes occidentaux dans les guerres qui les opposent à leurs rivaux régionaux (la Syrie en fait aujourd’hui les frais).
Régional, ce clivage devient même national puisqu’il y a dans les pays majoritairement Sunnites des minorités Chiites et inversement (les Chiites d’Arabie Saoudite qui sont d’ailleurs plus nombreux dans les régions pétrolifères de l’est, les Chiites du Pakistan ...). Parfois, ces minorités sont au pouvoir (les Sunnites en Irak sous Saddam Hussein ou au Bahreïn actuellement, les Alaouites en Syrie actuellement ...). Certains pays sont alors le lieu de favoritisme, de discriminations, voire de persécutions ou d’affrontements violents. Actuellement, cette violence touche principalement l’Irak (majorité Chiite) et le Pakistan (majorité Sunnite). L’influence étrangère joue parfois un rôle dans la fracture confessionnelle (la révolution Iranienne de 1979 a radicalisé les Chiites du Pakistan ...), cela pouvant même aller jusqu’à de l’ingérence (l’Arabie Saoudite a soutenu militairement le régime du Bahreïn dans sa féroce répression contre les Chiites lors du printemps Arabe en 2011).
La présence Kurde est une autre source d’instabilité au Moyen-Orient. Au lendemain de la première guerre mondiale, le traité de Sèvres avait prévu un découpage de l’empire Ottoman comptant un état Kurde. Cependant, les Français et les Britanniques avaient en 1916 signé un accord secret (Sykes-Picot) qui procédait à un autre découpage. Les Kurdes furent répartis dans 4 pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie) et le Kurdistan n’est resté depuis qu’une simple zone géographique. Mais le nationalisme Kurde est resté présent. Aux soubresauts nationaux (affrontements entre le PKK et le gouvernement Turc depuis 1984, soulèvements Kurdes en Irak durement réprimés avec notamment le massacre par arme chimique à Hallabja en 1988, soulèvements en Syrie durement réprimés en 2004 et 2005) s’ajoute un activisme transnational (projet du PKK d’un grand Kurdistan, soutiens à cette organisation hors de la Turquie ...).
Enfin, Israël est depuis sa création un important facteur de tensions régionales : guerre de 1948 après la création de l’état, guerre du canal de Suez en 1956, guerre des six jours en 1967, guerre de Kippour en 1973, guerres au Liban en 1982 et 2006 et surtout l’interminable conflit Israëlo-Palestinien. Si les relations entre Israël et ses voisins ont dès le départ été mauvaises, sa politique de grignotage territorial n’a fait depuis qu’empirer les choses. Actuellement, le projet de création d’un état Palestinien est au point mort. Les territoires Palestiniens sont divisés entre d’un côté la Cisjordanie, partiellement contrôlée par l’autorité Palestinienne (un mur de séparation prive la Cisjordanie d’une partie de son territoire de 1967), et de l’autre la bande de Gaza, entièrement contrôlée par le Hamas. Au Moyen-Orient, la solidarité envers la Palestine dépasse parfois le clivage entre Chiites et Sunnites. l’Iran et le Hezbollah Chiites sont par exemple en bons termes avec le Hamas Sunnite. Mais d’autres pays gardent leurs distances. C’est le cas de l’Egypte (accord de paix avec Israël en 1979) ou l’Arabie Saoudite (qui coopère avec Israël contre l’Iran), pourtant tous les deux Sunnites.
Le jeu des alliances
Dans le monde de demain, qui risque progressivement d’échapper à la toute puissance Etasunienne, deux pays sont particulièrement redoutés : la Chine et la Russie. La première est aujourd’hui 2ème puissance mondiale et devrait passer au premier rang d’ici 2040, tandis que la seconde réorganise depuis les années 2000 sa sphère d’influence géopolitique perdue aux lendemains de la guerre froide. Les deux voisins, membres du conseil de sécurité de l’ONU, établissent non seulement des liens avec des pays stratégiques (La Russie est présente au Moyen-Orient où elle vend par exemple des centrales nucléaires à l’Iran, la Chine est très présente en Afrique) mais aussi entre eux (la Russie et la Chine collaborent par exemple dans de grands projets d’acheminement du gaz entre leurs deux pays). Quels pays pourraient rejoindre ces alliances dans le futur ? L’Inde ? Et pourquoi pas le Japon ?
C’en est trop pour les maîtres du monde qui se sont donné pour mission de contenir la progression Sino-Russe et d’affaiblir ses alliances. En plus des sanctions diplomatico-économiques (que l’Iran connait bien) et des tentatives de déstabilisation sur les questions des minorités et des droits de l’homme (que la Chine et la Russie ont eux aussi expérimentés), les USA ont une stratégie qu’ils ont bien rôdée pendant la guerre froide : celle de l’encerclement. Pour illustrer cette stratégie, il suffit d’observer le voisinage géographique de l’Iran. En plus des pétromonarchies du golfe et du Pakistan, les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont poursuivi l’encerclement de ce pays par des régimes pro-Etasuniens et l’installation de nouvelles bases militaires. Levier de la politique étrangère Etasunienne, l’OTAN met en oeuvre cette stratégie à grande échelle. Du rôle clé de la Turquie qui accueille le grand bouclier anti-missile, en passant par l’Initiative de coopération d’Istambul (Barheïn, Qatar, Koweit, Emirats Arabes Unis) jusqu’aux partenariats militaires en extrême-orient et dans le pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Corée du sud et Japon) c’est toute la partie Moyen Orient – Russie - Chine qui est ainsi prise en étau.
Depuis longtemps, les occidentaux sont proches des pétromonarchies du golfe. En 1945, les USA avaient conclu avec l’Arabie Saoudite (premier producteur mondial de pétrole) le pacte "protection militaire contre accès exclusif au pétrole", puis avaient commencé à y installer leurs bases militaires. Vers 2003, diverses raisons (fin de la guerre d’Irak, sentiment anti-Etasunien croissant dans la population Saoudienne, guerre contre les Talibans dont l’idéologie est proche du régime Saoudien ...) les avaient poussés à un redéploiement de leurs forces au Qatar, pays où ils viennent encore récemment d’installer un radar anti-missile pour contrer l’Iran. Les USA ont quand même conservé des troupes en Arabie Saoudite. Cela leur permet de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, d’autant qu’ils doivent parfois jouer les équilibristes entre Israël, le Qatar et l’Arabie Saoudite qui sont tantôt alliés, tantôt rivaux. Quant à la France, est-il besoin de rappeler qu’elle vient de signer en Juillet 2013 un contrat d’un milliard d’Euros avec les Emirats Arabes Unis puis en Août un contrat du même montant avec l’Arabie Saoudite et qu’on ne compte plus dans l’hexagone les investissements Qataris (clubs de foot, banlieues ...) ?
L’organisation des Frères musulmans est un autre levier de la politique Etasunienne au Moyen-Orient. Contrairement aux Wahhabites, ceux-ci prônent une progression de l’Islam par le haut, politisée. Rejetant l’influence occidentale et souhaitant des républiques Islamistes dans les pays à majorité musulmane, ils s’opposent parfois durement aux courants laïcs de ces pays (Egypte, Syrie). En Syrie, ils ont été interdits en 1980 suite à une série d’attentats sanglants, puis massacrés dans les soulèvements qui ont suivi (20.000 morts à Hama en 1982). Mais avec un programme politique plutôt bien accepté par l’occident, les Frères musulmans sont des alliés potentiels contre les ennemis du moment. Dès les années 50, les USA s’en étaient rapprochés pour lutter contre les régimes socialistes et panarabes du Moyen-Orient (Nasserisme, parti Baas) ; plus récemment en Egypte (présidence de Mohamed Morsi), les USA se sont bien accommodés de leur association entre conservatisme religieux et libéralisme économique ; aujourd’hui en Syrie, leur rôle est dominant dans le conseil de transition (CNS/CNFOR). Au niveau régional, les Frères musulmans peuvent compter sur le soutien de la Turquie (l’AKP quoique plus laïc, est également Sunnite et libéral), celui du Qatar (essentiellement Wahhabite mais socialement et politiquement stable), mais pas de l’Arabie Saoudite. Touchée par le printemps Arabe (où la police a d’ailleurs tué quelques manifestants), celle-ci redoute en effet leur activisme politique (hier du côté des militaires en Egypte, l’Arabie Saoudite soutient aujourd’hui les Salafistes en Syrie).
Pressions, guerres et chaos
Les enjeux au Moyen-Orient permettent de mieux comprendre l’épicentre actuel en Syrie. Partenaire économique de la Russie (qui est elle même proche de la Chine) et intégrée au croissant Chiite où elle participe avec l’Iran et l’Irak à la réalisation d’un grand Gazoduc, la Syrie échappe au Grand maître Etasunien. Les manoeuvres de déstabilisation visant la Syrie ou ses alliés ne sont d’ailleurs pas récentes. A la stratégie d’encerclement de la Russie et de la Chine précédemment évoquée, on peut ajouter les sanctions économiques contre l’Iran (embargo pétrolier, boycott bancaire) ou encore la résolution 1559 (Franco-Etasunienne) votée à l’ONU en 2004 afin d’obtenir le retrait des troupes Syriennes du Liban (qui y étaient déployées depuis la fin de la guerre civile en 1990). Le prétexte pour passer à un niveau supérieur a été fourni pendant le printemps Arabe en Mars 2011. Alors que les premières manifestations étaient pacifistes et légitimes (manque de démocratie, hégémonie du clan Al-Assad et de la communauté Alaouite ...) le parti pris de l’occident a alimenté l’escalade de violence et a fortement contrasté avec son silence lors des répressions sanglantes au Bahreïn, ou au Yémen. En reprenant systématiquement les déclarations de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (proche des frères musulmans et basé à Londres), les occidentaux se sont alors empressés de proposer des résolutions à l’ONU. Mais la Russie et la Chine y ont cette fois-ci opposé leurs vétos, échaudées par l’aventure Lybienne où la résolution censée protéger les populations civiles s’était transformée en blanc-seing pour un renversement de régime.
Si le droit international n’est que la codification d’un rapport de forces, Carl Von Clausewitz disait de la guerre qu’elle est "la continuation de la politique par d’autres moyens". Les Etats-Unis ont montré avec la guerre d’Irak en 2003 qu’ils étaient bien capables de se passer de l’aval des Nations Unies. Dans les années 2000, l’administration Bush avait établi un projet de "grand Moyen-Orient" où il était question d’exporter la démocratie par la guerre. Mais cette stratégie a montré ses limites. D’abord, de telles guerres se sont révélées longues, coûteuses et aux issues incertaines. En Afghanistan (2001-), les troupes Etasuniennes ne se sont toujours pas retirées et le gouvernement d’Hamid Karzaï est toujours en lutte contre les Talibans ; en Irak (2003-2011), la guerre directe a ensuite cédé place aux attentats anti-Etasuniens et aux affrontements "Chiites contre Sunnites". Ensuite, il y a le risque d’une déstabilisation régionale qui peut se retourner contre l’occident. L’Iran a par exemple tiré avantage de la chute du pouvoir Taliban en Afghanistan et de celui de Saddam Hussein en Irak (où l’actuel gouvernement est Chiite). Enfin, il y a pour les occidentaux le risque d’une démocratie qui ne les arrange pas (les législatives de 2006 en Palestine ont par exemple été remportées par le Hamas) ; on se souvient aussi de Mohammad Mossadegh renversé en 1953 par l’Angleterre et Etats-Unis pour avoir voulu nationaliser le pétrole Iranien.
En Syrie, une guerre directe parait une fois de plus compliquée. Tout d’abord, Bachar al-Assad est soutenu par une majorité de la population. La Syrie compte plusieurs minorités (Druzes, Chrétiens, Kurdes, Alaouites, ...) et l’état laïc leur assurait jusqu’ici la paix civile. De plus, contester le régime en place ne signifie pas soutenir une agression étrangère, laquelle engendre au contraire un fort sentiment d’union nationale. A l’étranger, la Syrie bénéficie de soutiens importants : ceux de l’Iran et du Hezbollah (qui ont reconnu être ouvertement impliqués dans le conflit) et celui de la Russie (qui lui fournit une grande partie de son équipement militaire). Quant aux ennemis d’Al-Assad, ils n’ont pas toujours les mêmes intérêts dans le conflit. La Turquie soutient les Frères musulmans mais redoute la montée en puissance des Kurdes (qui avaient pu créer un gouvernement régional en Irak après la chute de Saddam Hussein), le Qatar soutient aussi les Frères musulmans tandis que l’Arabie Saoudite soutient les salafistes ; Israël quant à lui redoute peut être plus la confrérie (le Hamas Palestinien est une branche de cette organisation) que le régime actuel qui ne le menace pas directement ; enfin, si les occidentaux ont montré qu’ils pouvaient s’entendre avec certains courants politiques comme les Frères musulmans, leur présence s’est plutôt révélée impopulaire dans la région où ils ont été la cible de nombreuses attaques.
Rien de tel dans ces cas là qu’une guerre indirecte : on économise ses troupes tout en entretenant le chaos à distance, chaos duquel on finira bien par tirer notre épingle du jeu. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont reconnu armer les opposants depuis le début ; la Turquie permet aux combattants étrangers de traverser son territoire puis de s’y replier lors des combats ; quant aux Etats-Unis et à la France, d’abord fournisseurs d’armes "non létales", ils ont décidé plus récemment de passer à la vitesse supérieure. Encourager les défections est aussi un moyen d’affaiblir le régime tout en recyclant le savoir-faire politique et militaire. Si apprendre du plus fort qu’on est dans le mauvais camp donne déjà à réfléchir, l’argument financier fait aussi son effet. Lorsqu’en Mai-Juin 2011, l’Union Européenne et les USA avaient adopté des sanctions financières contre les dignitaires du régime, le parti Baas avait alors connu des défections massives. Quant à l’ancien premier Ministre Riyad Hijab, ses avoirs ont été dégelés au lendemain de sa défection en Août 2011. Enfin, le conseil de transition (CNS devenu CNFOR) est pour les puissances étrangères un moyen de contrôler l’issue du conflit, militairement d’une part (contrôle de la livraison d’armes, pilotage des opposants armés de l’ASL, ...) et politiquement d’autre part (mise à l’écart de certains groupes tels que les Kurdes lors du remodelage du CNS en CNFOR, élection d’un expatrié Etasunien - Ghassan Hito - comme premier ministre, ...).
En continuant d’armer l’ASL et en refusant toute négociation avec le régime, l’opposition écarte durablement toute possibilité d’apaisement. L’attaque chimique du 21 Août 2013 fait d’ailleurs figure de prophétie auto-réalisatrice après la menace d’Obama un an plus tôt (franchissement de la "ligne rouge"). Peu importe le manque de preuves, les déclarations de Carla del Ponte (ancienne procureur du TPI, membre de la commission d’enquête en Syrie) ou l’arrestation à la frontière Turque de membres du Front al-Nosra en possession de gaz Sarin ; c’est à mettre une fois de plus sur le compte de Al-Assad. Sauf que la situation n’a pas avancé sur le terrain où les djihadistes (non contrôlés par la CNFOR) semblent par ailleurs devenus la force d’opposition majoritaire. Après le refus du parlement Anglais de toute action militaire, les USA décident eux aussi d’attendre l’avis de leur congrès, tirent quelques missiles en Méditerranée (peut être pour tester la défense anti-aérienne de l’ennemi) puis acceptent finalement la proposition Russe de désarmement de l’arsenal chimique Syrien. Quant à la France, voyant écarté son projet de résolution particulièrement belliciste, elle n’en demeure pas moins déterminée à lutter contre la tyrannie ... avec l’Arabie Saoudite.

mercredi 30 octobre 2013

SYRIE ,Tribunal imaginaire….. Ce tribunal est imaginaire car il ne peut exister. La communauté internationale fonctionne avec les votes de 192 nations, avec le contre-exemple antidémocratique du droit de veto d’une seule des 5 nations qui en disposent. C’est-à-dire : 191 votent OUI, 1 vote NON, alors c’est NON.

Ce jugement est utopique comme le démontrent les retraites en toute tranquillité du trio Bush-Blair-Sarkozy, bien que leurs mains soient tachées du sang des milliers de victimes civiles innocentes. Ce tribunal est imaginaire car il ne peut exister. La communauté internationale fonctionne avec les votes de 192 nations, avec le contre-exemple antidémocratique du droit de veto d’une seule des 5 nations qui en disposent. C’est-à-dire : 191 votent OUI, 1 vote NON, alors c’est NON. Pour ce jugement utopique de l’affaire de la Syrie, ne seront point présents deux des principaux témoins : Monsieur Barack Obama et Monsieur François Hollande. Ces questions sont hypothétiques parce que les accusés ne se présenteront pas, pas même en qualité de témoins. Cependant, nous posons les questions. Nous laissons les réponses à l’appréciation du lecteur.
Monsieur Obama,
Vous, avec l’autorité morale d’un Prix Nobel de la Paix, avez exprimé votre extrême préoccupation pour les dégâts chimiques que peuvent produire parmi la population civile l’emploi d’armes de destruction massive. Votre nation est la seule dans l’histoire universelle à avoir lancé deux bombes atomiques sur deux grandes villes sans défenses, Hiroshima et Nagasaki. OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Le Ministre des Affaires Etrangères allemand a exprimé la même préoccupation que son collègue étasunien. La première fois dans l’histoire que furent utilisés des gaz toxiques, ce fut contre des soldats français durant la première guerre mondiale. Cette innovation militaire, la guerre chimique, on la doit à l’Allemagne. OUI OU NON ?
Monsieur Obama,
C’est sur base d’un rapport inventé sur des armes de destruction massive que votre pays a lancé une invasion et une occupation de l’Irak. OUI ou NON ?
Alors qu’une commission d’experts de l’ONU se trouvait encore en Syrie en train de mener une enquête sur les armes chimiques, vous affirmiez que l’on disposait de preuves, mais qu’on ne pouvait pas les divulguer. Vous, Monsieur Obama et les Etats-Unis, reconnaissez l’ONU comme une Organisation des Nations Unies ? OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Alors qu’une commission d’experts de l’ONU se trouvait toujours en Syrie en train de mener une enquête sur les armes chimiques, Monsieur Jean-Marc Ayrault, votre Premier Ministre, présentait publiquement un dossier des Services Secrets français accusant le gouvernement syrien d’avoir employé des armes chimiques. Vous, Monsieur Hollande, et la France, reconnaissez l’ONU comme l’Organisation des Nations Unies ? OUI ou NON ?
On dit qu’en février 2012, plus de 100 militaires français impliqués dans des actions contre le gouvernement syrien furent capturés en Syrie. Ce qui fut par contre confirmé, ce sont les négociations de la France, via l’ONU, la Ligue Arabe et Kofi Annan, pour obtenir la libération de 18 agents français prisonniers en Syrie, incluant des officiers supérieurs de vos services de communication. OUI ou NON ?
Monsieur Laurent Fabius est votre actuel Ministre des Relations Extérieures, et il s’est exprimé en faveur d’une intervention militaire (lire : attaque), contre la Syrie, de la part de la France. En 1985, des commandos français en Nouvelle Zélande ont coulé le « Rainbow Warrior », voilier de Greenpeace. Monsieur Fabius était alors Premier Ministre de France. OUI ou NON ?
On dit que la connaissance de l’histoire permet de mieux comprendre le présent et visualiser le futur. Merci de nous éclairer un petit peu sur l’histoire de votre pays. En 1916, la France et la Grande-Bretagne, grâce aux accords de Sykes-Picot, tombèrent d’accord sur le fait que la Grande-Bretagne gardait la Mésopotamie (Irak) et la Palestine, tandis que votre pays, la France, prenait la Syrie. OUI ou NON ?
En Avril 1920, la Société des Nations décide de mettre la Syrie sous mandat de la France. OUI ou NON ?
En 1939, pour éviter une alliance entre la Turquie et le Troisième Reich d’Hitler, la France, pour garantir la neutralité turque, lui céda une partie du territoire syrien, le Sandjak, qui s’est transformée en province turque de Hatay. OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
L’histoire plus contemporaine peut également nous apporter quelques lumières. En 2003, le Congrès des USA a voté des sanctions contre Damas. OUI ou NON ?
En 2010, un sommet tripartite eut lieu à Damas entre le Président Assad, Ahmadinejad et Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah. L’objet de cette réunion était de définir une stratégie de défense commune contre Israël. Nous répétons et nous soulignons : STRATEGIE DE DEFENSE. Vous semble-t’il logique que des pays qui se considèrent comme menacés aient le droit de penser à un moyen de se défendre ? OUI ou NON ?
On a souvent mentionné les propos d’un de vos généraux qui se référait à un plan d’attaque contre sept nations, dont la Syrie. Mais peu de gens parlent d’un autre plan, élaboré par les « think tanks » de Washington et qui porte le nom de « Syriana ». Vous, Monsieur Obama, êtes au courant de ce programme « Syriana » ? OUI ou NON ?
Nous savons tous que la Syrie est le pays arabe qui résiste le plus aux USA et à Israël, c’est-à-dire à l’axe Washington-Sionisme. L’objectif de « Syriana » est la re-modélisation de 22 pays, plus largement une re-modélisation globale du Moyen-Orient. Vous, Monsieur Obama, le savez ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama, pour conclure ce bref panorama de l’histoire contemporaine, une Résolution du Congrès de Washington intitulée « Syria Accountability Act » autorise le Président des USA à saisir des biens syriens sans soliciter de vote du Congrès et sans attendre l’autorisation de l’ONU. OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande,
Nous désirons maintenant parler des thèmes militaires, d’armes et de victimes. La question s’adresse à tous les deux.
La Syrie a-t’elle émis une déclaration de guerre contre les USA ou la France ? OUI ou NON ?
La France et les USA ont-ils un « casus belli » contre la Syrie ?  OUI ou NON ?
La même question sur les déclarations de guerre et les « casus belli », nous vous la posons sur les cas de l’Iraq et de la Lybie. À un quelconque moment, l’Irak ou la Lybie vous ont-ils adressé une déclaration de guerre, contre la France ou les USA ? OUI ou NON ?
De la part des USA et de la France, nous pouvons dès lors parler non plus de guerres, mais bien d’attaques et d’invasions ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
Nous désirons maintenant parler des armes non conventionnelles comme les armes chimiques, biologiques, bactériologiques et autres. Au Vietnam, l’armée étasunienne a utilisé du napalm et des gaz toxiques comme le CN, le CS et le DM fabriqués par votre pays. OUI ou NON ?
Le Département de la Défense des USA a inventé et fabriqué l’Agent Orange composé de deux agents chimiques extrêmement nocifs contre l’humain, et l’a utilisé contre des populations civiles d’autres nations. OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Nous savons tous qu’un faux rapport sur des armes de destruction massive fut présenté par la Grande Bretagne et Washington pour justifier leur invasion de l’Irak. Votre prédécesseur, Monsieur Sarkozy, a présenté son intervention comme une « aide humanitaire » au peuple Libyen, suite au massacre de 10.000 civils à Benghazi attribué à l’Armée Libyenne. Pouvez-vous nous présenter les preuves de ce massacre ? OUI ou NON ?
Avant l’intervention française, la Libye avait le meilleur indice de développement de toute l’Afrique. Aujourd’hui, elle est en grande partie détruite et, assez curieusement, une grande partie de son patrimoine économique a disparu. Savez-vous ce qu’il est advenu de ce gigantesque patrimoine économique ? OUI ou NON ?
La France a réalisé d’importants accords sur la vente d’armes au gouvernement libyen, et a reçu avec tous les honneurs à Paris son Président Mouammar Kadhafi. Successivement, les pays occidentaux « développés et démocratiques » ont sollicité son désarmement comme « preuve d’amitié pour appartenir au Club des Nations ». Ce n’est qu’une fois la Libye désarmée que la France a lancé une attaque militaire sous les directives de Washington. OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
En tant que Prix Nobel de la Paix, c’est presque avec une voix ébranlée que vous avez dénoncé au monde le meurtre de plus de 400 enfants et femmes en Syrie, affirmant que le responsable de ces décès était le gouvernement de Assad. Vous, Monsieur Obama, devez mettre sur une balance les femmes et enfants victimes des bombardements des USA au Vietnam, en Afghanistan, en Irak et en Libye. Pouvez-vous nous confirmer qu’il s’agit non pas de centaines mais de millions d’enfants et de femmes ? OUI ou NON ?
Vous, Monsieur Obama, êtes le 44ème président des USA depuis le 20 janvier 2009. Le 18 janvier de cette même année, un massacre a eu lieu à Gaza, perpétré par l’Etat d’Israël, à l’aide de bombes au phosphore blanc, et ayant pour résultat 900 victimes civiles dont 300 enfants palestiniens. Depuis le 4 novembre 2008, vous étiez alors Président élu, ce massacre, contrairement à celui attribué au gouvernement syrien, n’était pas basé sur des suppositions mais était bien un fait démontré et qui plus est confessé par les israéliens. Contrairement à aujourd’hui avec la Syrie, vous n’aviez alors pas fait appel à la communauté des nations pour condamner le gouvernement d’Israël pour ce massacre. OUI ou NON ?
Ces derniers temps vous vous référez presque tous les jours à la « communauté des nations ». Depuis le 3 février 1962, plus d’un demi-siècle, les USA maintiennent un embargo contre une petite nation sans défense des caraïbes, Cuba. En 2012, la même « communauté de nations » s’est exprimée clairement lors d’un vote sur cet embargo, 188 voix contre l’embargo, 3 pour, et 2 abstentions. Vous qui vous référez si souvent à la « communauté de nations », ne devriez-vous pas dans ce cas-ci la prendre en considération ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande,
Vos nations, les USA et la France, fabriquent, vendent et possèdent un arsenal d’armes chimiques. OUI ou NON ?
Au nom de la paix dans le monde, vos nations, les USA et la France, sollicitent que la Syrie abandonne son armement chimique. Ne pensez-vous pas qu’il serait profitable pour la paix dans le monde que vos nations aussi, ainsi que d’autres comme par exemple le Royaume-Uni et Israël, éliminent également leurs armes chimiques ? OUI ou NON ?
Vous, Etats-Unis et France, considérez avoir l’autorité morale pour interdire l’armement des autres pays, tandis qu’au même moment, vous développez les vôtres et disposez des plus importants arsenaux du monde. OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
L’Irak, à la suite de l’invasion et de l’occupation de son territoire par les USA, se trouve dans des conditions bien pires que sous la présidence de Saddam Hussein. Durant l’occupation par les USA, son patrimoine historique, ses musées et ses bibliothèques furent l’objet de pillages. OUI ou NON ?
Avec le président Assad, quelles sont vos intentions réelles ? Comme pour Saddam Hussein, pensez-vous inspirer un jugement pour que le Président Assad soit pendu, pour offrir au monde, au 21ème siècle, le spectacle de son exécution dans le plus pur style de vos westerns sanglants ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama, vous considérez-vous comme le « sheriff » du Monde ? OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Avec le président Assad, quelles sont vos intentions réelles ? Avez-vous l’intention d’inspirer un procès comme celui de Kadhafi, c’est-à-dire la sodomisation et l’exécution d’un prisonnier ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
De nos jours, les grandes agences, médias et journalistes font de leur quotidien un « festin d’informations et de commentaires » sur un imminent nouveau risque de guerre au Moyen-Orient. Il n’y a pas longtemps, nous avions droit au même « festin d’informations et de commentaires » sur deux autres guerres imminentes des USA, une contre la Corée du Nord, et l’autre contre l’Iran. Ce sont deux excellents titres qui se vendent bien et captivent le public. Vous, en tant que Prix Nobel de la Paix, ne pensez-vous pas que c’est bien que les USA tiennent en alerte toute la planète avec vos menaces récurrentes de guerres ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande
Les questions suivantes étant à caractère stratégique-militaire, nous comprendrons que vous préfériez ne pas répondre.
Monsieur Hollande,
Vous devez avoir une idée du coût économique, pour le contribuable français, d’une intervention en Syrie. La France dépense actuellement beaucoup d’argent pour le retrait difficile d’Afghanistan, à la recherche des moyens les moins dangereux et coûteux parmi les « chemins du nord ». L’un d’eux, Kaboul-Heiratan-Termez en Ouzbékistan, se fait en train en traversant le Kazakhstan et la Russie jusqu’à Riga en Lettonie pour enfin terminer par un voyage en camion jusqu’à la France. L’autre, par avion, depuis Kaboul jusque Shimken au Kazakhstan, plus court et plus économique que via les Emirats. Ensuite en train jusqu’à Riga puis en camion jusqu’en France.
Mais votre Ministère de la Défense est confronté à des restrictions économiques, et n’écarte pas une évacuation par le sud, via le Pakistan, et par voies maritimes de Karachi jusqu’à Toulon en France. Ce chemin serait le plus économique. Votre pays est toujours confronté à une coûteuse et peu glorieuse retraite d’Afghanistan ; pensez-vous qu’il est sensé de faire également « votre guerre » tandis que vos contribuables doivent toujours assumer les coûts de la guerre de votre prédécesseur ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
Aujourd’hui, une offensive contre la Syrie ne constituerait pas une offensive contre un pays isolé comme lors de celles contre l’Irak et la Libye. Rien à voir avec les cas des invasions que vous avez facilement menées à bien dans des petites nations d’Amérique du Sud, Amérique Centrale et aux Caraïbes. Pensez-vous réellement que les USA soient en mesure d’affronter militairement une alliance entre la Russie, la Chine et l’Iran, pour ne citer que les plus importants ? OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Un de vos généraux, au long parcours dans vos Services de Renseignements, le Général Dominique Delawarde, s’est exprimé publiquement contre une intervention française en Syrie. Ce général émet de sérieux doutes sur les accusations du rapport des Services Secrets français présenté par votre Premier Ministre et les qualifie de « ni crédibles ni convaincantes », comparant ce rapport à celui sur les armes de destructions massives de Saddam Hussein. Par ailleurs, le Général Delawarde considère que lorsque ce rapport prétend que les rebelles syriens n’ont pas l’expérience ni les capacités nécessaires pour utiliser des armes chimiques, on omet l’apport des services spéciaux étrangers. Selon le Général Delawarde, le supposé massacre de Bachar el-Assad profite avant tout à ses opposants, qui grâce à une intervention étrangère, pourraient rapidement prendre le pouvoir, mais surtout profite aux USA, à la France et à la Grande-Bretagne dans leur souhait d’affaiblir non seulement le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran, leur principal objectif. Monsieur Hollande, est-ce que le Général Dominique Delawarde ment dans son analyse ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande,
Pour conclure. Pensez-vous disposer de l’autorité morale suffisante pour condamner les autres ?
Pouvez-vous nous présenter des éléments probatoires qui justifient votre autorité légale pour accuser, juger et condamner à mort des mandataires d’autres nations ?
Monsieur Obama : OUI ou NON ? Monsieur Hollande, OUI ou NON ?
Merci Monsieur Obama et Monsieur Hollande pour vos témoignages.
Caracas. Septembre 2013
Note de l’auteur : Cet article est publié à la mémoire de Jorje Lagos Nilsson, fondateur de SurySur, collaborateur, co-auteur et complice des articles antérieurs. En honneur à l’ami fidèle, de cette amitié véritable de frères pour la vie pour partager les succès, les combats et les traversées du désert.
Jean M. Araud est Producteur et présentateur du programme « Así de simple » sur la Radio del Sur. Il est également le Coordinateur général de Hermes Internacional et le fondateur de « Trincheras Amigas ».
Traduit de l’espagnol par San Felice pour Investig’Action
Source : Investig'Action