mercredi 31 juillet 2013

Syrie, Egypte, Tunisie et Libye : les Arabes se soulèvent contre les Frères musulmans.....

De la Syrie à l'Egypte en passant par la Tunisie et la Libye, les peuples arabes se soulèvent contre la terreur des Frères musulmans et des autres mouvements islamistes extrémistes, qui ont volé leurs révolutions avec l'appuie de l'Occident et d'Israël et tentent d'étouffer leurs aspirations à coups de massacres, d'assassinats politiques, de violences physiques et de terrorisme intellectuel.
En Syrie, le masque de la pseudo-résolution, financée par les pétromonarchies rétrogrades du Golfes où les Constitutions et les élections n'ont jamais existé et où les femmes sont privées de leurs droits les plus élémentaires (comme celui de conduire une voiture en Arabie saoudite, par exemple), sont tombés depuis longtemps. Les groupes takfiristes formés essentiellement d'extrémistes étrangers, massacrent tous ceux qui ne pensent pas comme eux, qu'ils soient sunnites, alaouites, chiites, druzes ou chrétiens. L'un de ces groupes, les "Soldats du califat islamique", ont commis leurs dernières atrocités dans la localité de Khan al-Assal, à l'Ouest de la ville de Homs. Ils ont massacré quelque 150 soldats réguliers et civils et jeté leurs corps dans une fosse commune après les avoir mutilé. Les extrémistes ont massé 10000 hommes pour prendre cette ville, où ils avaient utilisé les armes chimiques en février dernier.
L'effort exceptionnel qu'ils ont déployé à Khan al-Assal coïncide avec l'arrivée à Damas d'experts des Nations unies pour enquêter sur l'utilisation d'armes chimique et la signature d'un accord dans ce sens avec l'Etat syrien. Il est clair que l'objectif de la prise de Khan al-Assal est de faire disparaitre les indices et les preuves qui incriminent non seulement les extrémistes mais aussi, et surtout, leurs soutiens régionaux, notamment la Turquie et l'Arabie saoudite.
Mais malgré cette terreur, le peuple syrien a décidé de se soulevé contre ces groupes. Partout en Syrie, les terroristes sont désormais honnis par la population qui a resserré les rangs derrière son président, Bachar al-Assad, son armée national et son Etat. Cette détermination et cette disposition au sacrifice sont sans doute exprimées par l'image de ce jeune soldat syrien, faisant le "V" de la victoire, quelques minutes avant d'être exécuté avec des dizaines de ses camarades à Khan al-Assal.
Cette détermination s'exprime également par les avancées réalisées sur le terrain par l'armée et les comités populaires, les dernières en date étant la prise, samedi, du QG des extrémistes à Homs, la mosquée Khaled Ibn al-Walid et du quartier de Khalidiyé. L'armée est en passe de prendre toute la ville dans les prochaines heures.
Le peuple d'Egypte se mobilise par millions
En Egypte, des millions de citoyens ont répondu à l'appel du "Front révolutionnaire du 30 juin" et du chef de l'armée, le général Abdel Fattah el-Sissi, pour dénoncer le terrorisme. De l'avis des correspondants de la presse étrangère, la mobilisation était exceptionnelle au Caire, à Alexandrie et dans toutes les grandes villes du pays. Les manifestants brandissaient des portraits de Sissi, de l'ancien président Gamal Abdel Nasser et du président russe Vladimir Poutine. Les Egyptiens ont voulu marquer leur rejet de la terreur pratiquée par les Frères musulmans, qui se manifeste par un activisme sans précédent des groupes extrémistes dans le Sinaï et par une multiplication des actes de violence dans les autres région.
La confrérie islamiste aussi avait mobilisé ses partisans, qui ont manifesté en grand nombre. Mais elle ne s'est pas contentée de jouer le jeu démocratique. A l'aube du samedi, les partisans des "Ikhwans" ont tenté de couper la route de l'aéroport du Caire et de s'approcher des militaires chargés de sécuriser le Pont du 6 octobre. Ils se sont heurtés aux riverains et aux soldats. Les affrontements ont fait des dizaines de morts et de blessés. Pris d'hystérie, le cheikh extrémiste Youssef Qaradaoui a violemment attaqué le Grand cheikh d'Al-Azar, Ahmad al-Tayyeb, suscitant l'indignation du Conseil supérieur des ulémas, qui s'est réuni en urgence pour dénoncer les appels de ce dignitaire extrémistes et ses appels à la violence.
En parallèle, l'armée égyptienne a lancé une vaste opération baptisée "la tempête du désert" dans le Sinaï, contre les repères des takfiristes.   
Marée humaine en Tunisie
En Tunisie, une marée humaine de plusieurs milliers de personnes venues de tout le pays a participé samedi aux funérailles du député opposant laïque de gauche assassiné, Mohammad Brahmi, dans un climat tendu à Tunis où l'enterrement s'est terminé en manifestations anti-gouvernementales.
Tristesse et colère se lisaient sur les visages lors de la procession funèbre, partie du domicile du défunt à 10 km au nord de Tunis. Mohammad Brahmi, 58 ans, tué jeudi, a été mis en terre à la mi-journée au cimetière d'el-Jellaz dans "le carré des martyrs" au côté de Chokri Belaïd, un autre opposant de gauche, assassiné en février dernier.
Des portraits de l'ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser ainsi que des drapeaux syriens et palestiniens étaient brandis dans le cortège a traversé le centre de Tunis. "Par notre âme, par notre sang, nous te vengerons", criait la foule.
De nombreux dirigeants syndicalistes et politiques étaient présents, contrairement aux responsables du gouvernement, dont la présence n'était pas souhaitée par la famille.
Opposant nationaliste de gauche, Mohammad Brahmi a été tué de 14 balles tirées à bout portant devant son domicile, sa famille accusant le parti islamiste au pouvoir, Ennahda. Le gouvernement a nommément désigné un salafiste jihadiste, ajoutant que la même arme avait servi pour le meurtre de Chokri Belaïd.
Des notables de Sidi Bouzid, ville natale du défunt et berceau du soulèvement qui a renversé le régime de Ben Ali en 2011, ont mis en place un conseil pour gérer les affaires de la ville "jusqu'à la chute du pouvoir" actuel, mot d'ordre des manifestants qui y sont mobilisés depuis l'assassinat du député.
Cinquante-deux députés ont annoncé dans la nuit leur retrait de l'Assemblée nationale constituante (ANC), appelant à un sit-in jusqu'à la dissolution de la Constituante et la formation d'un gouvernement de salut national.
Auparavant, dans le cimetière au-dessus duquel flottaient d'immenses drapeaux tunisiens rouge et banc, des milliers de partisans de Brahmi avaient scandé "Le peuple veut la chute du régime", ou "Ennahda, bande de terroristes", derrière Hamma Hammami, leader d'extrême gauche du Front populaire, une coalition comprenant des nationalistes et à laquelle appartenait le défunt.
Le ras-le-bol des Libyens
Même scénario en Libye voisine, où la population a marqué son ras-le-bol du règne des milices islamistes extrémistes. Des milliers de manifestants ont crié leur colère contre les Frères musulmans, accusés d'être responsables de l'instabilité en Libye, au lendemain d'une série d'assassinats ayant visé notamment un militant anti-islamiste.
Deux officiers de l'armée ont été abattus vendredi 26 juillet à Benghazi, dans l'est de la Libye, quelques heures après l'assassinat d'un avocat et militant politique de premier plan, Abdelsalam Al-Mosmary.  Ce dernier était connu pour ses dénonciations de la présence des milices armées dans les rues du pays ainsi que pour son hostilité affichée aux Frères musulmans. Il avait fait partie des premiers militants ayant manifesté contre le régime du dictateur déchu Mouammar Kadhafi, en février 2011. Les manifestants accusent les islamistes d'être derrière son assassinat.
Les manifestations ont été émaillées d'attaques contre les locaux des deux principaux partis: le Parti pour la justice et la construction (PJC), bras politique des Frères musulmans, et son rival, l'Alliance des forces nationales (AFN, libérale).
Par Pierre Khalaf
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

mardi 30 juillet 2013

CHINE : La renaissance du mouvement ouvrier chinois ? .... « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera. » Elle s’est « réveillée ». Elle est à nouveau une grande puissance mondiale,

Un spectre hante depuis longtemps l’occident : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera. » Elle s’est « réveillée ». Elle est à nouveau une grande puissance mondiale, et ce nouvel « atelier du monde » est en train de le changer profondément, en chamboulant les rapports de forces entre puissances, en faisant accéder plus d’un milliard d’êtres humains à une vie nouvelle, mais aussi en amplifiant, dans le monde entier, la concurrence commerciale au détriment des salaires, la montée du prix des ressources naturelles, la crise écologique. Son avenir est maintenant une question mondiale.
Ce dossier ne s’interroge pas sur les angoisses de l’homme blanc face au péril jaune, genre tristement à la mode aujourd’hui, mais sur ce que peut espérer le peuple chinois. Un développement durable ou une catastrophe économique et écologique ? La démocratie ou une dictature prolongée du parti « communiste » chinois ?
Un nouveau Rêve chinois ?
La « cinquième génération de dirigeants » qui vient d’accéder au pouvoir à Pékin a sa réponse. Le discours officiel ne nie pas vraiment les contradictions, tant internes qu’externes, de la croissance actuelle.
Tirée par des exportations et des investissements massifs, elle repose sur les bas salaires, la précarité et la discipline de caserne imposés à la classe ouvrière, et une destruction terrifiante des équilibres écologiques et des ressources naturelles. Jusqu’à quand ? Les grands marchés de la planète n’absorberont pas indéfiniment toujours plus de marchandises chinoises, la faiblesse des salaires limite l’augmentation de la demande intérieure et un développement économique plus en profondeur, l’industrie chinoise doit importer des matières premières toujours plus chères. Et l’exploitation de la classe ouvrière finira par trouver une limite : la résistance ouvrière elle-même.
L’histoire ne va jamais en ligne droite. Il serait absurde de partir de la trajectoire économique chinoise des trente dernières années pour la projeter indéfiniment dans l’avenir. Les dirigeants chinois, qui connaissent un peu de « dialectique » et beaucoup d’histoire du capitalisme, le savent. Du point de vue non de la justice sociale ou de la dignité humaine, mais du profit capitaliste lui-même, la croissance chinoise, sur ses bases actuelles, n’est pas soutenable.
Le gouvernement de Pékin promet donc un « nouveau modèle de croissance ». Après la « construction socialiste » sous Mao, « l’économie socialiste de marché » sous Deng Xiaoping et ses successeurs Jang Zemin et Hu Jintao, viendrait « la société harmonieuse ». Une société de consommation de masse, où la croissance économique serait tirée par la demande intérieure, l’économie moins gourmande en ressources naturelles, les inégalités atténuées. Le tout… sous la tutelle éclairée du parti communiste chinois.
Car le Parti se présente bien sûr lui-même comme la nouvelle incarnation de l’ancienne bureaucratie mandarinale qui fit la grandeur historique de l’Empire du Milieu, comme le représentant du peuple tout entier, au-dessus des classes sociales, libérant les forces du marché tout en les dominant.
Sauf que l’histoire ne chemine pas ainsi. Si le capitalisme a développé dans certains pays, à un moment de sa longue histoire, et pas forcément pour toujours, une consommation de masse accompagnée de libertés politiques et de droits sociaux, ce ne fut pas le résultat de la vision géniale de ses élites, mais de la lutte de classe, et à travers des épisodes historiques tragiques.
L’Etat chinois : problème ou solution ?
Certes, pour les entreprises chinoises, l’Etat national chinois, legs de la révolution maoïste, est un atout majeur. Il étouffe encore avec succès les luttes de la classe ouvrière et des paysans. Il tient la dragée haute aux grandes puissances et aux multinationales. Il manœuvre pour l’accès aux matières premières. Il négocie l’accès à son marché intérieur contre des transferts de technologie et des contreparties commerciales. Maître de ses frontières, y compris financières, il peut d’une certaine façon réguler l’activité économique, privilégier le développement de tel secteur, décider des investissements massifs ciblés.
Sauf que l’Etat chinois n’est pas ce « despote éclairé » qu’il prétend être. Quelle est la nature du capitalisme chinois, et de l’Etat qui le cornaque si puissamment ? Dans son livre China ‘s Rise, Strength and Fragility, Au Loong Yu le qualifie de « capitalisme bureaucratique ». Ce n’est pas un « capitalisme d’Etat », où l’Etat aurait marginalisé la bourgeoisie privée et le marché pour assumer lui-même les fonctions d’accumulation du capital. Ni un simple « capitalisme autoritaire ».
Dans le cadre d’un capitalisme « sauvage », une bourgeoisie, propriétaire privée de ses entreprises, coexiste avec une bureaucratie elle-même partie intégrante de la bourgeoisie. Et qui en est même la tête et le cœur.
D’abord, les plus grandes entreprises chinoises sont publiques (qu’elles appartiennent à l’Etat, ou qu’elles soient contrôlées par des provinces, des municipalités, etc.), à commencer par tout le système bancaire, tour de contrôle de l’économie. Mais là n’est pas l’essentiel. Si la classe des propriétaires privés de moyens de production est de plus en plus nombreuse, si la part du secteur privé dans la production globale est de plus en plus importante (selon l’OCDE, la part du secteur privé dans la valeur ajoutée industrielle est passée de 29 % en 1998 à 71 % en 2005), la bureaucratie chinoise elle-même s’est profondément embourgeoisée.
Le contrôle d’un ministère ou d’une municipalité permet à un clan de s’approprier des pots-de-vin, de détourner des fonds, et aussi de diriger directement des affaires privées. Un régiment « possédera » des usines ; une municipalité commandera les équipements des pompiers à une entreprise possédée… par l’équipe municipale, ou expropriera des paysans pour récupérer des terres et les vendre avec commission à des industriels ; l’argent sera recyclé dans la spéculation immobilière par les familles des responsables locaux. Lors des privatisations massives des années 1990, une grande partie des actifs des entreprises vendues à bas prix se retrouvèrent dans les mains des managers « communistes » de celles-ci, qui se lancèrent ainsi « dans l’océan des affaires ».
Tous les étages de l’appareil d’Etat sont concernés. Pendant ses dix années de pouvoir, la famille de l’ancien premier ministre Wen Jiabao a accumulé une fortune de 2, 7 milliards de dollars. Et Li Peng, le bourreau de la place Tien An Men, premier ministre en 1989 ? Sa fille Li Xiaolin est à la tête de China Power International, une des cinq plus grandes entreprises publiques qui se partagent le marché chinois de l’électricité. Quant à Hu Haifeng, fils de l’ancien président Hu Jintao, sa société de scanners de sécurité a le monopole de l’équipement des aéroports chinois… et des aéroports d’Afrique visités par son papa.
Capitalisme bureaucratique, bureaucratie capitaliste…
Ce capitalisme où la distinction du privé et du public est trouble n’est pas à la marge du système. Il en est l’essence. Le gouvernement central le couvre, l’arbitre, le régule, quitte à faire exécuter quelques fusibles ou perdants des luttes de faction dans de grand-messes anti-corruption.
Dans un livre récent, Chine, Le Nouveau capitalisme d’Etat, Marie-Claire Bergère décrit la bourgeoisie chinoise comme « un monde disparate d’entrepreneurs. Evoluant soit dans le secteur privé soit dans le secteur public, soit le plus souvent à mi-chemin entre l’un et l’autre, ceux-ci maîtrisent les stratégies du marché mais demeurent soumis à l’influence des autorités. Le pouvoir les ménage ou les réprime, en élimine certains et favorise la fusion des autres avec les élites administratives et politiques. L’objectif est d’éviter leur transformation en groupe social autonome, éventuellement en force d’opposition. La présence parmi ces entrepreneurs d’une minorité privilégiée d’enfants ou de parents de hauts dirigeants met en lumière la corruption et le favoritisme qui érodent le fonctionnement d’un capitalisme d’Etat souvent dégradé en capitalisme de connivence (crony capitalism). Les entrepreneurs les plus importants – bureaucrates hommes d’affaires chargés des grandes entreprises publiques – sont étroitement intégrés au régime ».
En fait, on ne peut pas considérer, l’une en face de l’autre, une bourgeoisie et une bureaucratie d’Etat. Ces deux groupes sont profondément intriqués. Comment croire alors que le développement d’une bourgeoisie chinoise indépendante pourrait favoriser la fin de la dictature (fadaise libérale) ? Ou, à l’inverse, que la direction éclairée du PCC pourrait humaniser et rationaliser le capitalisme chinois (fadaise antilibérale) ?
Comment ces classes exploiteuses pourraient-elles renoncer d’elles-mêmes à ce modèle de croissance qui leur a si bien réussi ? L’encasernement des travailleurs ? La destruction de la nature ? La spéculation immobilière ? Comment le gouvernement central ferait-il renoncer sa propre base sociale aux sources de son enrichissement effréné ? La croissance chinoise, malgré tous les discours officiels, continue donc de foncer à tombeau ouvert. Manifestation déjà vue ailleurs de ces déséquilibres, la bulle du crédit ne cesse de gonfler. Depuis le début de la crise mondiale en 2007, le crédit est passé de 9 000 à 23 000 milliards de dollars. Le ratio total de dette (privée et publique) du pays a crû, selon Fitch, de 75 à 200 % du PIB, une partie correspondant à des crédits accordés par des institutions financières parallèles. Au point de faire craindre une explosion du système bancaire chinois.
Si percée de la démocratie il y a, et remise en cause de ce capitalisme terrifiant, cela viendra du mouvement ouvrier, dont le développement poserait forcément, pour toute la Chine, le problème des libertés, du pouvoir politique, du développement social. C’est pourquoi ce dossier insiste tant sur son éveil, ses difficultés, ses espoirs.
Yann Cézard

lundi 29 juillet 2013

Deal entre Maroc et Israël, sur le dos des Sahraouis et des Palestiniens .... Tous les deux maintiennent des occupations illégales et brutales sur des pays voisins, avec le soutien de pays plus puissants tels que les USA et la France »

Les activités diplomatiques entre le Maroc et Israël se sont fortement accélérées ces derniers temps, malgré le fait de que le Maroc ait rompu les relations avec Jérusalem il y a six ans. Des sources sahraouies affirment avoir des preuves montrant que le Maroc a offert le rétablissement des relations diplomatiques avec Israël en échange d’un fort lobbying israélien en faveur de la politique de Rabat sur le Sahara Occidental.

D'un Mur...
En effet, la presse israélienne a révélé cette semaine que les relations entre les deux pays sont en train de se dégeler. Avant le début de l’Intifada palestinienne il y a six ans, le Maroc était parmi les rares pays arabes à avoir des relations formelles et cordiales avec Jérusalem. De plus, le Maroc a été traditionnellement  l’un des abris les plus sûrs pour les juifs dans le monde arabe. En solidarité avec les Palestiniens, le Maroc a pourtant fermé sa représentation officielle en Israël et rompu toute relation diplomatique.
Selon le quotidien israélien Maariv, la solidarité de Rabat n’était cependant que superficielle. Depuis 2003, il y a eu des contacts réguliers au plus haut niveau entre les deux pays. En septembre 2003, le roi Mohammed VI a même reçu l’alors Ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, dans l’un de ses palais de vacances pour des conversations politiques.
Le quotidien affirme avoir des informations indiquant que le Maroc pourrait être maintenant « en train de rétablir ses relations avec l’Israël ». Il remarque certains voyages secrets à Jérusalem par de hauts responsables marocains, se réunissant discrètement avec des fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères. « Les Marocains signalent qu’ils sont prêts à dégeler le blocage politique avec l’Israël », a indiqué une importante source politique d’après Maariv.
Les mêmes sources ont aussi révélé le « prix » marocain pour le rétablissement des relations. Le maquignonnage comprend la garantie par le gouvernement israélien de « promouvoir les intérêts marocains » dans la communauté internationale. Les sources israéliennes n’ont pas donné plus de détails.

.....A l'autre
Mais d’autres sources, outre-Atlantique, affirment avoir vu les premiers résultats de ce maquignonnage israélo-marocain. À Washington, « Israël et les lobbyistes juifs » ont augmenté la pression sur le gouvernement US pour qu’il accepte le prétendu plan marocain d’autonomie pour le Sahara Occidental –l’ancienne colonie espagnole occupée par le Maroc depuis 1976 malgré de nombreuses protestations des Nations Unies. Le plan d’autonomie controversé s’oppose aux demandes des Nations Unies d’un referendum d’indépendance au Sahara Occidental et propose par contre faire du territoire disputé une province marocaine autonome.
D’après des sources des milieux du lobby pro-sahraoui aux USA, leurs efforts pour soulever la question du Sahara Occidental au Congrès et au Sénat US ont de plus en plus rencontré un « soutien américain juif et israélien aux initiatives marocaines concernant le Sahara Occidental » de plus en plus actif.
Rien que le mois dernier, avant que le Conseil de Sécurité des Nations Unies discute les diverses solutions au conflit du Sahara Occidental, le président US George W. Bush a reçu une lettre soutenant fermement les points de vue marocains, signée par presque 170 membres du Congrès. Les congressistes demandaient au président Bush d’adopter la proposition marocaine afin d’assurer que le Maroc pourrait continuer ses efforts pour combattre le terrorisme dans la volatile région du Nord de l’Afrique.
Il n’y a pas longtemps, la pression exercée sur la Maison Blanche par des politiciens du Sénat et le Congrès américains était dominée par les points de vue pro-sahraouis. Les congressistes Donald Payne et Joseph Pitts ont longtemps conduit avec succès la lutte pour convaincre à la Maison Blanche de rester sceptique envers une solution imposée par le Maroc. Mais ces derniers mois, les analystes politiques dans la capitale US estiment que « Washington s’est déplacé vers la position marocaine ».
Les sources pro-sahraouies à Washington ont aujourd’hui confirmé à afrol News ces observations. Les rumeurs dans la capitale US disent que « les Marocains se sont engagés à reconnaître officiellement Israël en échange du succès de leur ‘plan d’autonomie’ ». Ceci, toukours selon les mêmes rumeurs, expliquerait qu’« Israël est toujours le commun dénominateur du soutien au Maroc à Washington, non pas seulement dans le Congrès mais aussi dans les groupes de réflexion (think tanks), dont la plupart sont connectés au même lobby ».
Les fonctionnaires sahraouis contactés par afrol News n’ont pas voulu commenter la question, signalant que de larges parties de la communauté juive aux USA soutenaient et sympathisaient avec la cause sahraoui.
Cependant les activistes sont très inquiets devant les tentatives du Maroc pour rompre l’isolement diplomatique qu’il a connu jusqu’ici dans le conflit du Sahara Occidental. Mais d’après Ronny Hansen, président du Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental, « ce ne devrait être une surprise pour personne de voir ces pays [Maroc et Israël] coopérer étroitement ».
 « Tous les deux maintiennent des occupations illégales et brutales sur des pays voisins, avec le soutien de pays plus puissants tels que les USA et la France », a-t-il dit à afrol News. « Malgré toute l’expérience d’Israël pour ce qui est d’esquiver les lois internationales et les critiques de son occupation, le Maroc a probablement beaucoup à apprendre aux Israéliens : il est difficile d’égaler le régime marocain pour ce qui est de la tromperie, de la manipulation des faits et du double langage orwellien. C’est vraiment une alliance impie qui n’apportera que plus de malheur dans la région », a averti l’activiste.
La comparaison et les avertissements ne sont pas exagérés. Dans les années 1980, au moment où le Maroc a bâti son mur à travers le désert pour séparer ses troupes des combattants pour l’indépendance du Polisario, des ingénieurs et des experts israéliens ont joué un rôle central dans sa planification et sa construction, comme l’ indique un nombre croissant de preuves.

dimanche 28 juillet 2013

Tunisie: Ennahda a le choix entre le consensus ou le défi

Très bonne analyse de M.Habib Chaghal, universitaire et ancien cadre du PSD et du RCD, qui compare la nouvelle situation égyptienne à la réalité tunisienne, en mettant en évidence l’originalité et la perspicacité du mouvement Attamarrod initié par de jeunes tunisiens. Il a publié cette analyse sur sa page facebook et nous avons jugé qu’elle mérite une plus large diffusion.
Consensus ou défi ? La question n’est évidemment pas posée à M.Marzouki dont les ambitions se résument à occuper le poste protocolaire de président à Carthage partageant avec le chef du gouvernement quelques attributions dont notamment la politique étrangère où il s’est distingué, une première fois, en rompant nos relations diplomatiques avec la Syrie au nom de la sacro-sainte défense des droits de l’homme, puis une deuxième fois en raison de son soutien déclaré à Morsi, risquant ainsi de mettre à mal nos relations avec le plus grand pays arabe, cette fois au nom de la légalité des urnes. Dans ces conditions il est difficile de croire que nos relations avec ces deux pays se normaliseront un jour avec l’actuel président comme chef d’état.
Les frères musulmans au pouvoir.
Les frères musulmans -qui sont en réalité plus compagnons que frères- n’auraient jamais été portés au pouvoir en Tunisie comme en Egypte sans l’aval de l’administration américaine. On se souvient que cette dernière avait mobilisé de grands moyens afin de former, de manipuler puis d’entraîner les forces vives de la jeunesse des deux pays dans une sorte d’arène baptisée « révolution » pour ouvrir ensuite la voie du pouvoir politique à des partis islamistes, lesquels, une fois à la direction des deux pays, et tels des magiciens, avaient vite fait de substituer le manifeste des frères musulmans à leurs programmes électoraux.
Il n’y a aucun doute que les amis de Rached Ghannouchi savent que les conditions de leur victoire, toute relative, du 23 octobre 2011 furent exceptionnelles à plus d’un titre d’où leur désarroi à la suite de l’éviction de Morsi de la présidence de l’Egypte. Les liens du parti Ennahdha avec l’organisation des frères musulmans, à la limite de l’inféodation, est la meilleure preuve que ce mouvement est dans le sillage d’une organisation mondiale dont les objectifs et les ambitions ne coïncident pas nécessairement avec ceux de notre pays, et ceci n’est pas sans risque pour notre indépendance dés lors que ce parti dirige le gouvernement.
Fort heureusement les islamistes tunisiens n’ont jamais réussi à tromper la vigilance de la société civile ni celle des médias et n’eut été la naïveté des membres de l’ANC appartenant aux partis dits laïcs, la légitimité de celle ci n’aurait pas pu franchir la date butoir du 23 octobre 2012. Il est aujourd’hui admis que l’administration américaine s’est lamentablement trompée au sujet de la capacité des islamistes tunisiens à gouverner un peuple jaloux de ses nombreux acquis hérités de l’ère Bourguiba. Et nul doute qu’en l’absence de compétences au sein du gouvernement c’est à la haute administration tunisienne que le pays doit sa relative stabilité tout au long de ces deux dernières années.
Il est surprenant de voir les militants islamistes tunisiens se révolter, au nom de la défense de la légalité, contre le changement qui a eu lieu en Egypte alors que de l’autre coté de la méditerranée, en Espagne comme en Italie ou en Grèce des gouvernements élus démocratiquement ont cédé volontairement le pouvoir à un gouvernement de technocrates ou d’union nationale afin de permettre à ces pays d’affronter dans de meilleures conditions la plus grave crise économique de leur histoire.
Et c’est certainement par référence à la nature des changements dans ces pays européens que le général Rachid Ammar avait proposé à l’ancien chef du gouvernement Jebali, le jour même de l’assassinat de Belaid, la formation d’un gouvernement de compétences hors des partis politiques. Le général R.Ammar avait tout simplement constaté l’échec, sur tous les plans, du gouvernement Jebali- que ce dernier s’empressa de reconnaître publiquement- et avait proposé la formation d’un gouvernement de compétences, comme cela se fait nécessairement en de pareilles circonstances dans les pays démocratiques, devrait-on en conclure que l’armée tunisienne avait tenté un coup de force contre la légalité avec l’assentiment du chef du gouvernement ?
On se souvient que le parti Ennahdha avait préféré amortir le choc du à l’assassinat de Chokri Belaid en cédant sur des questions secondaires pour enfin recomposer un autre gouvernement tout aussi acquis à sa volonté en dépit des conditions posées par son partenaire Attakattol dont les responsables semblent avoir mis en veilleuse, entre autres, la révision de la liste de 3000 cadres désignés arbitrairement dans la haute administration.
Il semble que tous les hommes politiques tunisiens, en dehors du vétéran Beji Caid Essebsi, n’ont jamais compris que le seul souci des camarades du cheikh Rached Ghannouchi est de demeurer au pouvoir, coûte que coûte, jusqu’aux prochaines élections ; pour cela ils sont prêts à céder sur toutes les autres questions il faut simplement leur accorder du temps afin de permettre à la direction de leur parti d’élaborer, à l’intention des militants, l’argumentaire nécessaire au maintien de la cohésion au sein du mouvement.
Il n’y a pas mieux, dans les conditions actuelles de la transition, que les forces armées pour juger de la réussite ou de l’échec du gouvernement. Or, à moins d’être ignorant, inconscient ou de mauvaise foie, il est impossible de ne pas réfléchir sur les dangers réels de la « somalisation » de notre pays auxquels s’était référé le général R.Ammar arguments à l’appui. Ce dernier, qui s’est découvert une compétence d’homme d’état depuis qu’il a fréquenté les hommes politiques actuels, serait le dernier responsable de niveau national originaire du Sahel à quitter avant terme son poste.
Les frères musulmans évincés du gouvernement?
L’opinion tunisienne a été certainement surprise de la réaction quasi-hystérique de certains membres de l’ANC à la suite des événements qui ont abouti, en Egypte à l’éviction de M.Morsi. Est-ce par peur de perdre le pouvoir en Tunisie que les nahdhaouis multiplient les meetings et les déclarations pour fustiger tous ceux qui penseraient que le scénario égyptien pourrait se répéter en Tunisie ? Ce qui n’arrange en rien les projets d’Ennahdha c’est qu’au moment même de l’éviction de M. Morsi, le mouvement tunisien Attamarrod annonce plus de deux cent milles signatures.
Ce mouvement à l’instar du mouvement égyptien, mais avec une meilleure argumentation au sujet de l’illégalité actuelle de l’ANC, se propose de renvoyer tous les partis politiques de nouveau devant les urnes sous le parapluie de la constitution de 1959 (sans les modifications ultérieures) il est demandé, en outre, la formation d’un gouvernement de compétences qui sera chargé de gérer le pays pour une période transitoire. Cependant, des voix se sont déjà élevées au sein de l’ANC pour rétorquer que dans la mesure où les élections sont de toute façon prévues selon le processus actuel dans quelques mois, pourquoi prendrait-on le risque de faire sortir la population dans les rues afin d’imposer les propositions du mouvement Attamorrod ?
En réalité, la proposition du mouvement Attamarrod est très subtile car non seulement elle appelle à des élections générales selon la constitution de 1959 mais elle met fin, surtout, au mandat de l’ANC donc de l’emprise des nahdhaouis sur les structures de l’Etat. L’objectif recherché par ce mouvement serait donc de mettre le parti Ennadha sur le même pied d’égalité que les autres partis politiques lors des prochaines élections présidentielles et législatives.
Dans de telles conditions, le parti islamiste perdrait une bonne partie des voix obtenues lors des précédentes élections. Rappelez-vous qu’une grande partie des bureaux de vote étaient supervisés par des nahdhaouis ou de leurs sympathisants car pour l’ISIE de Kamel Jendoubi la chasse aux sorcières ne concernaient, à l’époque, que les destouriens qui furent exclus de faire partie des bureaux de vote.
La dissolution de l’ANC telle que prévue dans le projet d’Attamarrod empêchera le parti islamiste tunisien de s’opposer à la candidature des destouriens aux prochaines élections ainsi que leur main mise sur les bureaux de vote. On comprend dés lors la peur des nahdhaouis, de ne pas être au gouvernement lors des prochaines élections et c’est ce qui explique le refus opposé à leur secrétaire général H.Jebali de constituer un gouvernement de compétences selon la proposition du général R.Ammar.
Les responsables de la troïka ne se rendent pas compte que la proposition du mouvement Attamarrod de former un gouvernement de compétences hors des partis avant les prochaines élections permettra le passage d’une période de transition mouvementée à une période de stabilité sans contestation, ni exclusion politique à l'instar de l'Espagne de 1975.
Consensus ou défi ? On sait que M.Morsi avait choisi le défi.
Tunisie-Secret.com
Habib Chaghal 


Syria: disillusioned rebels drift back to take Assad amnesty

Hundreds of men who took up arms against President Bashar al-Assad are defecting back to the government side, The Telegraph has learnt.

8:23PM BST 23 Jul 2013
Disillusioned by the Islamist twist that the "revolution" in Syria has taken, exhausted after more than two years of conflict and feeling that they are losing, growing numbers of rebels are signing up to a negotiated amnesty offered by the Assad regime.
At the same time, the families of retreating fighters have begun quietly moving back to government-controlled territory, seen as a safer place to live as the regime continues its intense military push against rebel-held areas.
The move is a sign of the growing confidence of the regime, which has established a so-called "ministry of reconciliation" with the task of easing the way for former opponents to return to the government side.
Ali Haider, the minister in charge, said: "Our message is, 'if you really want to defend the Syrian people, put down your weapons and come and defend Syria in the right way, through dialogue'."
Mr Haider, who has a reputation as a moderate within the regime, has established a system in which opposition fighters give up their weapons in exchange for safe passage to government-held areas.
Rebel fighters have privately said that they are aware of the amnesty offer, and that some men had chosen to accept it, although they say that the numbers involved remains a small proportion of those fighting the government.
"I used to fight for revolution, but now I think we have lost what we were fighting for," said Mohammed, a moderate Muslim rebel from the northern town of Raqqa who declined to give his last name. "Now extremists control my town. My family has moved back to government side because our town is too unsafe. Assad is terrible, but the alternative is worse."
The prevalence of extremist Islamist groups in rebel-held areas, particularly in the north, has caused some opposition fighters to "give up" on their cause.
Ziad Abu Jabal comes from one of the villages in Homs province whose residents recently agreed to stop fighting the regime. "When we joined the demonstrations we wanted better rights," he said. "After seeing the destruction and the power of jihadists, we came to an agreement with the government."
Mr Haider said that he had attended a ceremony yesterday at which 180 opposition fighters rejoined the government's police force, from which they had previously defected.
Although it was not possible to verify this claim, when The Daily Telegraph previously visited the reconciliation ministry's headquarters in Damascus the office was crowded with the family members of rebels fighting in the city's suburbs who said their men wanted to return.
A ministry negotiator, who gave his name only as Ahmed, was in the process of arranging the defection of a rebel commander and 10 of his men from the Ghouta district.
"It took us three months of negotiation and this is a test," he said. "If this goes well, the commander says that 50 others will follow."
He described the steps taken to allow the return of fighters willing to lay down their arms. First, he said, a negotiator must cross the front line for a meeting on rebel-held territory. "We have to hope the rebel commander orders his snipers not to shoot us."
Would-be defectors were given papers allowing them to pass through Syrian army checkpoints, and then waited in a safe house until the officials could get their names removed from wanted lists held by the more hardline defence ministry and intelligence agencies.
The rebels "did not sign up to be part of extremist Islamist groups that have now gained influence", he said. "Now they want to come back to a normal life."
In the days before the regime took the town of Qusayr last month, The Telegraph saw mediators on the Lebanese border work with the Syrian army to secure an amnesty for fighters wanting to surrender.
The phone rang with desperate calls from the parents of the rebels. "These mothers know that this is the last chance for their sons. If they don't give up their weapons now they will die because they are losing the battle," said Ali Fayez Uwad, the mediator.
The Telegraph

SYRIE : Des rebelles syriens passent dans le camp du gouvernement (The Daily Telegraph)....Déçus par la tournure islamiste prise par la « révolution » en Syrie, épuisés après plus de deux années de conflit et ayant le sentiment d’être en train de perdre, un nombre croissant de rebelles acceptent une amnistie négociée offerte par le régime d’Assad.

Par Ruth Sherlock, The Daily Telegraph (UK) 24 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri
Beyrouth : Des centaines d’hommes qui avaient pris les armes contre le président Bachar al-Assad font de nouveau défection pour repasser du côté du gouvernement.
Déçus par la tournure islamiste prise par la « révolution » en Syrie, épuisés après plus de deux années de conflit et ayant le sentiment d’être en train de perdre, un nombre croissant de rebelles acceptent une amnistie négociée offerte par le régime d’Assad.
Dans le même temps, les familles des combattants qui se retirent du combat ont entamé discrètement leur retour dans le territoire contrôlé par le gouvernement, considérée comme un endroit sûr pour vivre tandis que le régime continue une offensive militaire intense contre les zones tenues par les rebelles.
Cette évolution est un signe d’une plus grande confiance en lui du régime, qui a mis en place ce qu’il appelle un « ministère de la réconciliation" avec pour tâche de donner la possibilité à d’anciens opposants de revenir du côté du gouvernement.
Ali Haider, le ministre chargé de ce dossier, a déclaré : « Notre message est :« Si vous voulez vraiment défendre le peuple syrien, déposez vos armes et venez défendre la Syrie dans le droit chemin, à travers le dialogue. "
M. Haider, qui a une réputation de modéré au sein du régime, a mis en place un système dans lequel les combattants de l’opposition déposent leurs armes en échange d’un sauf conduit vers des zones tenues par le gouvernement.
Les combattants rebelles reconnaissent en privé être au courant de l’offre d’amnistie, et que certains hommes ont choisi de l’accepter, même si ils disent que les effectifs concernés ne représentent encore qu’une petite proportion de ceux qui luttent contre le gouvernement.
« Je me suis battu pour la révolution, mais maintenant je pense que nous avons perdu ce pour quoi nous nous battions", déclare Mohammed, un rebelle musulman modéré de la ville septentrionale de Raqqa qui a refusé de donner son nom de famille. "Maintenant les extrémistes contrôlent ma ville. Ma famille a déménagé vers la zone gouvernementale, car notre ville est trop dangereuse. Assad est terrible, mais l’alternative est pire."
La prévalence des groupes islamistes extrémistes dans les zones tenues par les rebelles, en particulier dans le nord, a amené certains combattants de l’opposition à « abandonner » leur cause.
Ziad Abu Jabal est originaire de l’un des villages de la province de Homs dont les habitants ont récemment convenu de cesser de combattre le régime. « Quand nous avons rejoint les manifestations, nous voulions avoir plus de droits droits", dit-il.. "Après avoir vu la destruction et la puissance des djihadistes, nous sommes arrivés à un accord avec le gouvernement."
M. Haider dit avoir assisté à une cérémonie mardi après-midi au cours de laquelle 180 combattants de l’opposition ont rejoint les forces de police du gouvernement, d’où ils avaient fait auparavant défection.
Bien qu’il n’ait pas été possible de vérifier cette affirmation, lorsque le Daily Telegraph de Londres avait visité le siège du ministère de la réconciliation à Damas le bureau était bondé de membres de familles de rebelles qui combattent dans la banlieue de la ville qui affirmaient que leurs hommes voulaient rentrer.
Un négociateur du ministère, qui n’a donné comme nom que Ahmed, était en train d’organiser la défection d’un commandant rebelle et de 10 de ses hommes dans le secteur de la Ghouta.
« Il nous a fallu trois mois de négociations et ceci a valeur de test", a-t-il dit. "Si tout se passe bien, le commandant dit que 50 autres suivront."
Il a décrit les mesures prises pour permettre le retour des combattants prêts à déposer les armes. Tout d’abord, dit-il, un négociateur doit traverser la ligne de front pour une réunion dans le territoire tenu par les rebelles. « Nous devons espérer que le commandant rebelle ordonne à ses tireurs embusqués de ne pas nous tirer dessus. »
Les transfuges potentiels reçoivent des documents qui leur permettent de passer les contrôles de l’armée syrienne avant de rejoindre un lieu sûr en attendant que les officiels puissent faire retirer leurs noms des listes de personnes recherchées tenues par les administrations plus dures que sont le ministère de la défense et les services de renseignements.
Les rebelles « ne s’étaient pas engagés pour appartenir aux organisations islamistes extrémistes qui ont maintenant gagné en influence, » dit-il. « Ils veulent maintenant retourner à une vue normale. »
Dans les jours qui avaient précédé la prise de la ville de Qusayr le mois dernier, le Daily Telegraph avait vu des médiateurs à la frontière libanaise travailler avec l’armée syrienne pour obtenir une amnistie pour les combattants qui acceptaient de se rendre.
Le téléphone sonnait avec les appels désespérés des parents des rebelles. « Ces mères savent que c’est la dernière chance pour leurs fils. S’ils ne déposent pas les armes maintenant, ils mourront parce qu’ils sont en train de perdre la bataille, » affirme Ali Fayez Uwad, le médiateur.
Ruth Sherlock
SOURCE : http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10198632/Sy...
traduit de l’anglais par Djazaïri http://mounadil.wordpress.com/2013/07/25/syrie-au-tour-des-rebelles-de...
* http://mounadil.wordpress.com/2013/07/25/syrie-au-tour-des-rebelles-de...
URL de cet article 21564

mercredi 24 juillet 2013

Royaume-Uni : Le Royal baby et les 1,6 million d'enfants britanniques sous-alimentés...Le Prince qui va vivre sur le dos des Britanniques est né une cuillère en argent dans la bouche. Ce n’est pas le cas des nombreux enfants vivant dans la pauvreté en Grande-Bretagne

 Le Royaume-Uni célèbre la naissance du "royal baby"

1,6 million d'enfants britanniques sont sous alimentés et vivent dans des appartements insalubres. Mais on préfère parler du Royal baby qui n'aura pas ces problèmes-là.
C’est fait. Après des jours et des jours d’attente, le petit est arrivé. Pardon, le Prince, le fils de Kate Middleton, l’épouse du prince William. Et figurez-vous que le rejeton, selon le communiqué officiel, est arrivé «  en bonne santé », lundi, à 16h24. Il pèse 3,8 k et Elizabeth II, celle qui ne pouvait pas souffrir Diana, la grand-mère du Royal baby, est « ravie d’apprendre la nouvelle ». Le spectacle va continuer de plus belle: sortie de la maternité de luxe, dont une nuit en chambre avec petit salon coûte près de 6000 euros, frais d'accouchement inclus, mais pas les honoraires des médecins. Puis photos, puis, plus tard, annonce du prénom. Tous les envoyés spécieux de la presse mondiale vont devoir rester sur place encore un moment.
Cuillère dans la bouche
Le Prince qui va vivre sur le dos des Britanniques est né une cuillère en argent dans la bouche. Ce n’est pas le cas des nombreux enfants vivant dans la pauvreté en Grande-Bretagne. Selon l’association Save the Children, un enfant sur trois grandit dans une famille gagnant moins de 60% du salaire britannique moyen. L’association précise qu’un million six cent mille enfants sont sous alimentés et vivent dans des appartements insalubres et surpeuplés. Il y a fort à parier que le Royal Baby ne vivra pas dans le quartier londonien de Bethnal Green and Bow, où 42% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Il devrait plus fréquenté les quartiers huppés de Richmond (7%) ou de Kingston (11%).
Parmi les autres chiffres concernant la pauvreté des enfants britanniques, signalons ceux-ci:
  • 61% des parents pauvres britanniques avouent avoir diminué leurs dépenses alimentaires
  • 26% expliquent même sauter des repas
  • 19% affirment ne pas avoir les moyens de racheter une paire de chaussures à leur enfant lorsque celui-ci en a besoin, ne pas pouvoir l'envoyer en voyage scolaire ni lui acheter un manteau chaud pour l'hiver
  • Seuls 20% des parents pauvres n'ont pas eu recours à un crédit pour leurs dépenses alimentaires ou vestimentaires.
l'Humanité