jeudi 11 juillet 2013

L'Egypte, terrain de confrontation pour le Qatar et l'Arabie Saoudite...La chaine de télévision Al-Jazeera du Qatar apportait au gouvernement de Morsi une aide informationnelle.

L’Egypte est devenue un champ d’opposition non seulement entre les partisans du pouvoir laïc et les islamistes, mais aussi entre des acteurs étrangers luttant aussi pour influencer sur ce grand pays arabe. Deux monarchies du Golfe Persique – le Qatar et l’Arabie Saoudite - prennent une part active dans cette lutte.

Après les tirs effectués par les militaires sur les manifestants devant l’état-major de la garde républicaine, le parti salafiste « An-Nour » a refusé de participer aux négociations avec les nouveaux pouvoirs égyptiens. Mais récemment, les salafistes approuvaient la destitution du président Mohamed Morsi. C’est un nouveau témoignage d’une scission entre les islamistes égyptiens. C’est que les Frères musulmans et « An-Nour » ont des protecteurs étrangers. Ici le commentaire du président de l’Institut russe du Proche-Orient Evgueny Satanovski :

« Non seulement en Egypte, mais aussi dans tous les pays du « printemps arabe », le Qatar a soutenu et continuera à soutenir les Frères musulmans et les mouvements alliés. Par exemple, les leaders de « An-Nahda » en Tunisie ou ceux du « Hamas » à Gaza. Les salafistes – c’est la créature de l’Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite a chaleureusement félicité la junte militaire et Adli Mansour, président actuel par intérim, qui ont chassé les Frères musulmans. Mais cela montre que dans la péninsule arabique, le vieux proverbe russe « Si la vache du voisin meurt, c’est très bien » est actuel ».

Doha et Riyad apportent un soutien à leurs protégés. En premier lieu, financier. Le journal Financial Times assure que le Qatar a « investi » en Egypte huit milliards de dollars. La chaine de télévision Al-Jazeera du Qatar apportait au gouvernement de Morsi une aide informationnelle. Il n’est pas étonnant qu’après la destitution de Morsi, la diffusion d’Al-Jazeera soit interdite en Egypte, qu'il y ait eu des perquisitions dans les bureaux de la chaine de télévision, et que le chef de l’antenne au Caire ait été retenu.

L’Egypte n’est pas le seul pays qui soit l’objet de lutte entre Doha et Riyad. Les deux monarchies rivalisent aussi dans les pays du Maghreb, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Palestine, pratiquement sur tout le territoire du grand Proche-Orient.

Les experts croient que la destitution de Mohammed Morsi est un coup dur pour les positions du Qatar, en Egypte et dans tous les pays du « printemps arabe ». S’assurant que le pouvoir des Frères musulmans et de leurs protecteurs au Qatar n’est pas si fort que cela, leurs adversaires dans d’autres pays commenceront une offensive.
Artem Kobzev

mercredi 10 juillet 2013

La Jeunesse Africaine salue la révolution égyptienne .....lorsqu’un homme d’État démocratiquement élu transforme son règne en une vénération, dirige sans partage et exclut les autres composantes de la nation de son système de gouvernance devenu autocratique, le peuple, qui lui a remis le pouvoir par les urnes, n’a pas d’autre choix que de le reprendre.

Suite aux manifestations qui ont abouti au renversement du président Mohamed Morsi, le 03 juillet 2013, l’Organisation Jeunesse Africaine salue la phase II de la révolution égyptienne.Regrettant qu’un gouvernement issu des urnes n’ait pas pu survivre à sa propre dérive autoritaire, l’Organisation Jeunesse Africaine rappelle que quelques mois après sa prise de pouvoir, le 24 juin 2012, Mohamed Morsi s’était octroyé les pleins pouvoirs, détournant la révolution et inscrivant l’Égypte sur le chemin d’un islamisme d’extrême droite qui a eu pour effet la mise à l’écart de la diversité ethnoculturelle égyptienne et la fin des principes fondamentaux de la démocratie.
L’Organisation Jeunesse Africaine considère que lorsqu’un homme d’État démocratiquement élu transforme son règne en une vénération, dirige sans partage et exclut les autres composantes de la nation de son système de gouvernance devenu autocratique, le peuple, qui lui a remis le pouvoir par les urnes, n’a pas d’autre choix que de le reprendre. Ainsi, même si elles font partie du jeu démocratique, les élections ne représentent pas la démocratie dans les faits; elles ne sont qu’un outil de transmission du pouvoir à des représentants aux fins de son exercice véritable.
La légitimité d’un pouvoir ne s’obtient donc pas nécessairement par les urnes, mais par la gestion que l’on fait du pouvoir qui en sort. Les procédures de l’impeachment, qui existent dans les démocraties avancées, le démontrent fort bien. C’est la bonne gouvernance fondée sur la justice sociale, le respect des libertés, la sécurité, la bonne distribution des richesses, l’égalité de tous devant la loi et l’inclusion de toutes les composantes sociales dans la gestion des affaires de la nation qui donne force de droit au pouvoir et confirme la légitimité démocratique des représentants du peuple.
Dans cette perspective, l’Organisation Jeunesse Africaine conçoit qu’en faisant corps avec le peuple et en remettant le pouvoir à un autre civil, en l’occurrence au président au conseil constitutionnel, l’Armée a joué le rôle de protecteur des intérêts du peuple. La destitution de Mohamed Morsi ne saurait donc être vue comme un coup d’État; elle traduit plutôt la mise en application de la procédure de l’impeachment, enclenchée par le peuple lui-même à la suite des faits présentés plus haut.
L’Organisation Jeunesse Africaine saisit l’occasion qu’offre cette révolution pacifique pour lancer un appel à l’instauration d’un État laïc en Égypte et inviter d’une part les armées africaines à s’inspirer de l’exemple égyptien pour devenir, elles aussi, le bras droit protecteur de leurs peuples respectifs, et d’autre part les gouvernements africains à sortir des modèles autocratiques pour s’inscrire définitivement dans les systèmes véritablement démocratiques.

Pour L’Organisation Jeunesse Africaine
Maurice NGUEPE, Secrétaire Général

dimanche 7 juillet 2013

Egypte : Ce n’est pas un coup d’Etat mais un coup de balai !...l’armée égyptienne a mis HS (Hors Service) les dérives autoritaires du régime Morsi « élu » en 2012, dérives inscrites dans la doctrine de l’islamisme mondial dont fait partie la secte des Frères musulmans matrice du sieur Morsi…

« Ce n’est pas un coup d’Etat militaire classique puisque l’armée ne s’installe pas aux commandes en Egypte, mais on peut facilement l’appeler un coup de balai… L’armée s’est très inquiétée de la polarisation croissante de la société égyptienne et de la descente aux enfers qui s’annonçait en Egypte, et donc là elle a voulu mettre les pendules à l’heure et rappeler que ce n’est pas parce que Morsi a été, semble-t-il, démocratiquement qu’on va assister impassible à un processus d’islamisation de l’Egypte, c’est-à-dire de leurs codes, de leurs normes, à une société égyptienne aujourd’hui moderne, très jeune et connectée au reste du monde ».
Les légalistes, nourris à la mamelle du démocratisme, poussent des cris de vierge effarouchée suite à l’intervention de l’armée égyptienne qui a mis HS (Hors Service) les dérives autoritaires du régime Morsi « élu » en 2012, dérives inscrites dans la doctrine de l’islamisme mondial dont fait partie la secte des Frères musulmans matrice du sieur Morsi…Tout comme en 1992 ils ont poussé les mêmes cris lorsque l’armée algérienne, répondant aux manifestations organisées par le Comité National de Sauvegarde de l’Algérie (CNSA), à mis un terme à la course vers l’abîme islamiste. Auparavant, le parti islamiste (l’ex-FIS aujourd’hui recyclé dans différents partis islamistes) a prévenu les algériens, bien avant les élections, qu’ils devraient « changer leurs habitudes vestimentaires et alimentaires ». Fait significatif : les femmes sont toujours au devant lorsqu’il s’agit de confiscation démocratique, parce que, comme en Algérie en 1992, elles sont les premières victimes de l’islamisme et comme dirait un intellectuel de renommée mondiale , en l’occurrence Vladimir Illitch Lénine, « Les femmes sont le baromètre de la société », descendirent les premières à la PlaceTahrir comme cela fut dans Algérie de 2992.
A ces « légalistes », rappelons que l’éviction de Morsi, accompagnée de l’annulation d’une Constitution votée au pas de charge par la majorité des Frères musulmans, survint après plusieurs mois de manifestations pacifiques mais non moins révoltées, à la Place Tahrir, véritable épicentre sociopolitique d’Egypte. Il faut rappeler aussi à ces « légalistes » ignorants des réalités que moins de deux ans après son avènement, le régime Morsi a permis l’explosion des produits alimentaires, notamment les produits de première nécessité. Et ce n’est pas peu, pour qui connait le revenu de l’Egyptien moyen. En cela, le régime s’est conformé aux préceptes impitoyables du capitalisme. Alors que pour cela, il suffisait au nouveau régime de signer quelques décrets en faveur de la justice sociale.
Au mois de mai, l’inflation annuelle s’élevait à 9 %.
Au premier trimestre 2013, le taux de chômage s’établissait à 13,2 %, contre 12,6 % un an plus tôt.
Quant à la justice sociale, l’une des principales revendications de la révolution, dans un pays où, en 2011, quelque 25 % de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté, elle n’a jamais semblé être la priorité de Morsi. Ainsi, la nouvelle politique fiscale adoptée fin mai fixe à 30 % seulement le taux d’imposition des revenus supérieurs à 5 millions de livres (530 000 euros) par an. En France, qui n’est pas un modèle de référence en matière de justice sociale, un revenu équivalent est taxé à 45 %. « On ne peut guère attendre des Frères qu’ils réduisent les inégalités au vu de leur programme économique en tout point semblable à la politique néolibérale des Moubarak , estime Alaa al-Din Arafat, chercheur associé au Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales, comme l’affirme le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociale (Cedej).
Alors pourquoi les égyptiens ont-ils fait la révolte qui a chassé Moubarak pour se retrouver dans les mêmes travers ? Il faut, encore, et à ce propos, rappeler Gamal Abdel Nasser, tiers-mondiste et surtout chantre de la justice sociale. En Egypte, même ceux qui n’ont pas vécu en son temps, ont la nostalgie de cette époque, époque où l’Egypte rayonnait sur la scène mondiale non pas par son à-plat-ventrisme envers les Etats-Unis et Israël mais par sa quête permanente de la liberté.
Ces « légalistes » ne se sont pas émus lorsque Morsi fit charger la police contre des manifestants pacifiques, causant plusieurs morts par balles
En ce sens, ces « légalistes » rejoignent, à l’occasion de ce Hors Service, l’Occident, avec les Etats-Unis en tête.
En effet, quelques heures après l’éviction de l’imposteur Morsi, Barack Obama se dit « profondément inquiet »« profondément inquiet . A cette occasion il appelé à « réviser l’aide militaire américaine au Caire ».
Ses subordonnés européens ne sont pas en reste :
Celle qu’on appelle dans les couloirs de la Commission européenne « la p… des Etats-Unis », Mme Ashton, présidente de la Commission européenne, « appelle toutes les parties è retourner rapidement au processus démocratique », c’est-à-dire retourner à la case départ, cette case que justement les Egyptiens contestent.
Le Royaume Uni, pour sa part, déclare que « La situation est clairement dangereuse … Le Royaume Uni ne soutient pas une intervention militaire pour résoudre des problèmes dans un système démocratique ». Ce qui n’a pas empêché ce pays, en passant, de faire intervenir des moyens militaires disproportionnés en Irlande.
Aujourd’hui, en Egypte, l’espoir des caciques résident en la personne d’El Baradei., un individu qui n’a rien d’un passé révolutionnaire ni d’opposant. Cependant il pourrait satisfaire aux désidératas capitalistes dont il est un fervent partisan. A ce titre il pourrait être le candidat occidental à la prochaine élection présidentielle égyptienne ;
La rupture de l’Egypte avec son passé du 20ème et le début du 21ème siècle se mesure à l’aune de sa rupture ou pas de ses relations avec l’Etat criminel d’Israël. Cette rupture signifierait la rupture de sa relation de vassalité avec les Etats-Unis d’Amérique. Mais nous nous rappelons que le dénommé Morsi avait déclaré, à l’occasion de son discours inaugural lors de son intronisation que « Nous respecterons les engagements internationaux pris par le précédent régime ». Par engagement internationaux, il faut comprendre les Accords de Camp David pris par Anouar Essadate, accords à l’occasion desquels l’Egypte devint la moquette d’Israël.
Au niveau intellectuel - ces intellectuels honnis par tous les régimes capitalistes - citons le palestinien Khader Bichara, professeur émérite à l’université de Louvain (Belgique) :
« Ce n’est pas un coup d’Etat militaire classique puisque l’armée ne s’installe pas aux commandes en Egypte, mais on peut facilement l’appeler un coup de balai… L’armée s’est très inquiétée de la polarisation croissante de la société égyptienne et de la descente aux enfers qui s’annonçait en Egypte, et donc là elle a voulu mettre les pendules à l’heure et rappeler que ce n’est pas parce que Morsi a été, semble-t-il, démocratiquement qu’on va assister impassible à un processus d’islamisation de l’Egypte, c’est-à-dire de leurs codes, de leurs normes, à une société égyptienne aujourd’hui moderne, très jeune et connectée au reste du monde ».
Pur sa part, Fréderic Encel, spécialiste français des Relations Internationales, a déclaré à RFI : « Les Frères musulmans ne sont pas un parti progressiste et ne se sont pas montrés, historiquement, comme des amoureux de la démocratie. Aujourd’hui, l’Egypte, par démocratisme, court le risque de se diriger vers une élection à l’algérienne, avec des islamistes qui pourraient prendre le maquis. Une opposition violente, donc, avec leurs alliés salafistes ».
« Morsi et les Frères musulmans ont échoué, affirme Ashraf al-Sherif, professeur de sciences politiques à l’université américaine du Caire. Ils n’ont réussi à introduire aucun changement et n’ont réalisé aucun des objectifs de la révolution. Ils reproduisent les politiques de l’ancien régime sous une forme nouvelle. » (Jeune Afrique du 04/07/2013)
Cependant, la rupture véritable avec le passé honteux du 20ème siècle, si rupture il y aura, se mesurera à l’aune des relations égypto-israéliennes. Ce que n’ont pas exigé, et n’exigeront JAMAIS, le Frères musulmans égyptiens dont est issu le bouffon appelé Morsi.
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vendredi 5 juillet 2013

LE MOUVEMENT EGYP¨TIEN TAMARROD : CHRONIQUE P¨HOTO



Syrie : La Vidéo-horreur à faire visionner aux Présidents Hollande et Obama, ainsi qu’aux autres dirigeants des pays "Amis de la Syrie"

. Remarques préliminaires
a. J’ai d’abord partagé cette Vidéo sur Facebook. Ce qui a choqué quelques ami(e)s facebookeurs(ses) qui auraient préféré que je ne la partage pas, compte tenu de la sauvagerie humaine qui y est filmée. Mais, d’après moi, l’avenir du Printemps arabe et du Terrorisme international sont fonction de l’issue des événements de Syrie. Aussi, je pense qu’il est primordial que les citoyens de tous les pays soient informés et sachent ce qui s’y passe.
b. Il s’agit d’une Vidéo odieuse, révoltante, inhumaine et d’une extrême cruauté sur la décapitation d’un prêtre et d’un citoyen syriens de confession chrétienne, sous accusation d’avoir collaboré avec l’armée syrienne : ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR. « Cette vidéo a été soumise à une limite d’âge conformément au Règlement de la communauté » (dixit You Tube). Pour ce qui me concerne, j’avoue que sa vision m’a donné la nausée, bien que j’aie zappé les passages à l’acte.
c. Depuis la publication de cette Vidéo sur YouTube, des «  nouvelles [ont circulé] à propos [d’un autre] présumé assassinat de trois religieux franciscains qui aurait été perpétré en Syrie au cours de ces dernières 48 heures [les 26 et 27 juin 2013] ». Ce qui fut démenti, ce vendredi 28 juin 2013, par l’Agence Fides (l’Organe d’Information des Œuvres pontificales missionnaires du Vatican) en ajoutant : « chaque jour, circulent sur Internet des vidéos montrant de présumées exécutions de chrétiens de la part de groupes islamistes en Syrie ; mais, il est impossible d’en vérifier la véridicité, vu le chaos qui règne sur le terrain » [1].
2. La Vidéo
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=bIiJ6udOti...

جبهة النصرة الارهابية في ادلب سوريا تعدم مطران وشاب مسيحي في قطع راسهم

3. Qui seraient les acteurs-exécutants de ces sauvageries ?
Les acteurs-exécutants de ces scènes difficilement soutenables seraient des membres du groupe salafiste–djihadiste Jabhat al-Nusra (« Front du secours » ou « Front du soutien ») : ces nouveaux talibans syriens, financés par les pétro-machins de qui vous savez, qui, dès leur apparition, n’ont cessé de revendiquer des massacres sauvages et sanglants, attentats-suicides et autres. À la naissance de Jabhat al-Nusra, vers la fin 2011, ces pourvoyeurs de fonds de l’Internationale Djihadiste ont essayé de faire passer, par agents-relais interposés, les membres de ce groupe terroriste pour des supplétifs de l’armée syrienne qui sont instrumentalisés par le régime afin de ternir l’image de l’opposition : il s’agirait donc d’une manipulation, d’une mise en scène du pouvoir ! C’est ce que fit l’agent-relais Mathieu Guidère [2]-[3] (de son vrai nom Moez Kouider), « tuteur académique » d’un des fils de l’ex-Émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani [4] à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, lors des études du jeune Al Thani dans cette École, linguiste de formation, se disant islamologue, un grand habitué des plateaux télévisés où il s’efforce de faire passer les islamistes (et leur bras armé, les salafistes) qui gouvernent dans son pays natal, la Tunisie, pour l’équivalent islamique des démocrates-chrétiens ! Alors qu’il est prouvé, aujourd’hui, que Jabhat al-Nusra est « affiliée à Al-Qaida et à d’autres groupes islamistes extrémistes » [5]. D’ailleurs, dans les territoires syriens occupés par l’opposition, les opposants démocrates essayent, quand ils le peuvent, de les libérer de l’emprise de Jabhat al-Nusra, comme dernièrement à Raqqah où il est question d’une « seconde Révolution » [6].
Salah HORCHANI
[1] http://www.fides.org/fr/news/35652-ASIE_SYRIE_Dementi_de_la_Custodie_d...
[2] http://www.lorientlejour.com/archives/overview.php?id=A758862
[3] http://ifpo.hypotheses.org/3540
[4] Joaan, le cinquième fils de Hamad et son troisième enfant avec sa deuxième épouse, Mozah bint Nasser Al-Misnad
[5] http://www.guardian.co.uk/world/2013/may/19/eu-syria-oil-jihadist-al-qaida
[6] https://now.mmedia.me/lb/en/reportsfeatures/in-liberated-al-raqqa-a-se...
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Egypte : De la démystification des Frères...les Frères avaient bien pour mission d’ancrer l’Egypte dans le camp du capitalisme, en rajoutant au travail antérieur de Moubarak la « persuasion religieuse » qui ferait aux yeux des masses égyptiennes la similitude de l’ordre divin avec l’ordre du capitalisme.


Les Frères musulmans égyptiens auront-ils autant de mal à percevoir leur défaite que les Américains à reconnaître la fin de leur leadership solitaire sur le monde ?
Le discernement théorique est, en temps politique normal, rarement une qualité des acteurs politiques, pour des raisons de formation et d’alignements idéologiques, mais surtout pour les raisons connues d’opacité des ressorts réels, mais inconscients, de nos choix et de nos actes. En période de mutation historique aussi profonde que traverse l’Egypte, ce discernement devient quasi impossible. Pour cette raison, les Frères, au lieu de comprendre la réalité des énergies qui pousse sur le champ de la confrontation politique des masses longtemps tenues à tort comme fatalistes et accommodantes, vont alimenter en carburants divers le feu qui a pris sous Moubarak, mais n’a pas encore tout à fait incendié le pays.
Quelles que soient les évolutions à court terme du rapport des forces et des arrangements entre Morsi et l’armée, ou entre la direction du mouvement et les puissances de l’argent indigène ou du Golfe, les Frères ont perdu la guerre sur le terrain choisi par eux : la rédemption d’un monde anomique et l’instauration d’un ordre prescrit pour l’ordonnance de notre monde.
Avant d’être élus par les citoyens et de porter leurs voix et leurs vœux, ils avaient déjà averti qu’ils portaient la voix et les vœux de cet ordre religieux et que les élections ne servaient pas à les choisir, mais à s’inscrire dans la voie de Dieu. Ce type de démarche ne peut réussir que s’il tétanise la grande masse des populations concernées devant l’immensité de l’enjeu d’obéir ou de désobéir à Dieu, ou s’il les oblige à l’obéissance par le moyen de l’épée. Hors ces deux moyens, l’entreprise est vouée à l’échec immédiat, et l’épée ne peut subjuguer les peuples très longtemps, l’hypnose non plus. L’opposition résolue, déterminée, du peuple égyptien fait ressortir au moins un élément essentiel parmi d’autres enseignements passionnants.
L’impression d’une hégémonie des Frères sur la société égyptienne relevait largement du mythe. Il apparaît, au contraire, qu’ils sont loin d’être dominants, en dépit de l’élection sur le fil de leurs députés et de Morsi. Pis, à aucun moment ils n’ont réussi à « activer » cette rue réputée être à leur dévotion pour peser sur ses « choix » quand ils ont rejoint, contraints et forcés, le mouvement de protestation pour ne pas se retrouver à la marge d’un phénomène dont toutes les apparences et le caractère identifiaient comme une révolution.
Les réunions secrètes et répétées des responsables des Frères avec les Américains laissent penser à un marchandage pour un soutien U.S. (auprès de l’armée) à leur prise de pouvoir, en contrepartie d’un alignement sans réserve sur des Frères sur les positions américaines.
Très vite, l’exfiltration d’activistes américains condamnés par un tribunal égyptien, le maintien de Ghaza sous blocus (allégé, mais blocus quand même), la destruction ou la lutte contre les tunnels autour de Rafah, le respect religieux de Camp David, l’alignement sur le camp des agresseurs de la Syrie, confirment cette hypothèse d’un accord américano-frèriste : les Frères avaient bien pour mission d’ancrer l’Egypte dans le camp du capitalisme, en rajoutant au travail antérieur de Moubarak la « persuasion religieuse » qui ferait aux yeux des masses égyptiennes la similitude de l’ordre divin avec l’ordre du capitalisme.
L’intimité du nouveau pouvoir égyptien avec les monarchies du Golfe ne laisse plus aucun doute sur les mutations profondes qui ont mené les interprétations wahhabite, salafiste et frèriste de l’islam à une rupture d’avec l’islam de la compassion, de la solidarité, de la justice, de l’échange et de la recherche de Dieu dans la diversité de ses créations et de ceux qui le quêtent.
Si l’ordre capitaliste occidental n’a pu s’imposer dans la tête des masses arabes à partir de ses catégories mentales particulières bombardées « universelles », il restait cette chance de nous faire entrer dans l’uniformité du capitalisme en mobilisant nos catégories religieuses particulières présentées comme « solution universelle » : « L’Islam est la solution. » Il faut noter que les interprétations wahhabites ou péri-wahhabites ont mis plus de deux siècles pour s’imposer, grâce aux pétrodollars, comme idéologies de masse compatibles avec le capitalisme.
Cela fait autant de siècles que le peuple égyptien cherche des élites, des représentations et des voies pour combattre la domination franco-anglaise puis américano-sioniste. Quand les paysans égyptiens menaient la guérilla dans le Delta du Nil contre les troupes de Napoléon, les wahhabites s’alliaient avec les Anglais pour se tailler un empire sectaire dans le corps malade de l’Empire ottoman, et quand les officiers libres se préparaient en Egypte, les Saoudiens se livraient aux Américains par l’Accord dit du « Quincy ». C’est cela que joue en Egypte ce peuple admirable, et les Frères comprendront bientôt qu’ils ont déjà perdu la bataille idéologique.
Le reste suivra.
Mohamed Bouhamidi
* http://www.reporters.dz/index.php++cs_INTERRO++option=com_content++cs_AMP++amp ;view=article&...
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Les Frères musulmans à l’épreuve du pouvoir

Le « printemps » a servi au moins à une chose : il a jeté les Frères musulmans en pâture à leur vérité. Les foules, les connaissent tels qu’ils sont, quand ils sont au pouvoir. Elles qui attendaient d’eux le paradis sur terre, au minimum une « solution » miraculeuse à tous les maux d’une société inégalitaire, exclusive des plus faibles et bâtie sur le pouvoir de l’argent. En Egypte, les Frères proposent la dictature « provisoire » en réponse au mécontentement populaire (grèves, manifestations, sit-in…) qui menacerait la révolution, en attendant qu’elle soit sanctifiée par une Constitution, dont la rédaction a connu une accélération fulgurante, afin de prendre de vitesse le mouvement de contestation qui enfle contre le président Mohamed Morsi. En appui aux forces de l’ordre, ont été rameutées de tout le pays des troupes chauffées à blanc contre ceux qui refusent que soient confisquées leurs libertés. Ce qui signifie que l’intimidation musclée est opposée à la revendication démocratique, avec la claire intention d’imposer la force en lieu et place du droit. En tant que message d’arrière-plan, on peut lire, dans la mobilisation du camp islamiste, la volonté de ne plus tolérer aucune voix discordante. Les Frères démontrent ainsi leur ferme intention de ne plus obéir aux règles qui leur ont permis d’accéder au pouvoir. Leurs promesses de « stabiliser » le pays se réaliseront à ce prix. En Tunisie, près de deux ans après que les jeunes insurgés aient fait déboulonner la dictature de Zine El Abidine Ben Ali, ce sont les Frères qui font tirer du gaz lacrymogène et de la chevrotine sur les manifestants. Passés de l’autre côté de la barricade, ils ont endossé le rôle, le discours, la méthode et la propagande du dictateur. Le Frère numéro 2, Hamadi Jebali, devenu Premier ministre, n’est plus reconnaissable. « Changé » du tout au tout, on a pu l’entendre dire : « Dans ce moment difficile où la police est attaquée, on se trouve confronté à un dilemme ou bien on livre les policiers à leur destin, ou bien ils se défendent et défendent l’intérêt du peuple ». Ces policiers, dont il parle, ont tiré de la chevrotine en salves explosives sur des citoyens, à Siliana, dont une vingtaine, au moins, risquent de perdre la vue. Ensuite, plus cynique que jamais, il dit qu’il « reste à déterminer si l’usage de ce type de munitions était sage et judicieux » et s’interroge : « qui est l’agresseur et l’assaillant, et qui est le défenseur ? Qui a commencé l’agression ? » Puis, grand seigneur, il annonce la création d’une « commission d’enquête indépendante qui examinera l’usage de la violence par toutes les parties ». Lui aussi, comme par hasard, a besoin très rapidement d’une Constitution qui tarde sérieusement à sortir d’entre les mains de rédacteurs forts peu conscients de ses attentes et de ses angoisses. Un texte qui va régler le problème de la prise en main de la Tunisie. C’est M. Jebali qui l’affirme. D’après lui : « La période de transition ne peut pas durer plus longtemps, d’autant plus que les investisseurs et hommes d’affaires ont besoin d’un climat de sécurité et de stabilité dans le pays ». L’Algérie, quant à elle, ne pourra pas, pour le moment, mettre à l’épreuve ses Frères. Depuis le « printemps », ils confirment à chaque élection qu’ils sont une « exception ». Ils viennent encore d’enregistrer un recul aux dernières municipales par rapport à celles de 2007, comme cela a été le cas pour les législatives.
Ahmed Halfaoui
http://www.lesdebats.com/editions/031212/les%20debats.htm

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