jeudi 27 juin 2013

Lacrymogène, arme chimique de répression massive .....En pleine crise capitaliste,les armes de répression mal nommées « légères », ou « non létales », connaissent plus la croissance que l’austérité.


Au mois de juin 2013, le Brésil connaît les plus grosses mobilisations depuis celles dirigées en 1992 contre la corruption du gouvernement de l’ex-président Fernando Collor de Mello (celui-ci donnera sa démission le 29 décembre 1992 à la fin de son procès politique devant le sénat). Déclenché à Porto Alegre dès la fin mars à l’initiative du Movimento Passe Livre contre la hausse des tarifs des transports publics, le mouvement s’est étendu sur tout le pays.
Au pays du football-roi, la majorité du peuple n’aura pas les moyens d’acheter les billets pour aller au stade mais paiera l’addition
Cet événement politique majeur n’est pas sans rappeler le Caracazo, la grande révolte populaire contre les mesures d’austérité imposées au Venezuela en 1989. Bien qu’à une époque et dans un contexte différents, les mêmes symptômes perdurent. La population ne veut plus de restriction budgétaire qui affecte directement sa vie quotidienne quand le pays gaspille des milliards. En l’occurrence pour l’organisation de la Coupe des Confédérations et la Coupe du Monde de football en 2014 au Brésil dont le budget officiel atteignait déjà 15 milliards de dollars fin 2012 et dont 85 % sont à charge de l’État brésilien. Construction et rénovation de stades, infrastructure et aménagement d’aéroports… En juin 2013, environ 11 milliards d’euros avaient déjà été engloutis. Des sommes astronomiques d’argent public sont déversées à chaque édition de ce méga évènement. Au pays du football-roi, la majorité du peuple n’aura pas les moyens d’acheter les billets pour aller au stade mais paiera l’addition. 
Jouant de la surenchère, en juin 2013, le ministre des Sports russe, Vitali Moutko, indiquait que le budget consacré à l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie était passé de 15 à 21 milliards d’euros|. Pour le plus grand bénéfice des vendeurs d’armes et professionnels de la sécurité, industriels de la construction (aménagement des stades et infrastructures) ou autres grandes multinationales de l’hôtellerie, rien ne doit empêcher le bon déroulement de la Coupe du Monde de football qui concentre l’attention de la quasi-totalité des médias de la planète.
Le Brésil est le quatrième exportateur d’armes légères après les Etats-Unis, l’Italie et l’Allemagne. Il devance la Russie, Israël ou la France (Small Arms Survey, Genève). Au Brésil, le montant des exportations d’armes légères a triplé en cinq ans, il est passé de 109,6 millions en 2005 à 321,6 millions de dollars (USD) en 2010. Un secteur qui se porte bien vu la préparation de la Coupe du Monde de football en 2014 et son budget sécurité. En effet, après s’être procuré auprès de l’entreprise brésilienne Condor pour 1,5 millions de réaux (environ 500 000 euros) d’armes dites « légères » en avril 2012 (500 grenades au poivre GM 102, plus de 1 125 grenades explosives et lumineuses, 700 grenades lacrymogènes  GL 310 - qui ont été utilisées par la suite en Turquie…), le gouvernement brésilien a acheté pour environ 49 millions de réaux (environ 16,5 millions d’euros) de matériel auprès de la même société afin d’assurer la sécurité de la coupe du monde de football et ses préparatifs.
L’entreprise Condor de Rio de Janeiro (Nova Iguaçu) fabrique toutes sortes de grenades lacrymogènes qu’elle exporte ensuite à une quarantaine de pays. Condor, comme d’autres multinationales de l’armement, expose ses armes au salon de l’armement Eurosatory près de Paris. Parmi ses productions on trouve la GL310 "Ballerina" (danseuse en français) qui rebondit de manière aléatoire lorsqu’elle touche le sol tout en dispersant le gaz lacrymogène, la "Seven Bang" qui produit sept explosions de forte intensité, la GL-311 qui provoque une forte détonation associée à l’effet de gaz, et enfin le projectile longue portée GL-202. Bien que l’entreprise Condor nie exporter au Bahreïn (mais affirme délivrer son matériel aux Émirats arabes unis qui ont prêté main forte dans la répression au Bahreïn), le gaz brésilien employé à mater la rébellion pro-démocratique dans ce royaume contiendrait des substances chimiques hautement nocives. Zeinab al-Khawaja, activiste participante au soulèvement pro démocratique au Bahreïn, a déjà dénoncé cela dans la presse brésilienne.
 
Les armes chimiques de Condor tuent en Turquie
Des projectiles de gaz lacrymogène de l’entreprise Condor (en plus des armes de Defense Technology ou NonLethal Technologies en provenance des États-Unis) ont été utilisés pour mater les manifestants de la place Taksim, et partout ailleurs en Turquie, depuis le début du mouvement fin mai. Amnesty International et six organisations turques de médecins ont dénoncé la violence de la répression policière et l’utilisation abusive de grenades lacrymogènes comme « armes chimiques ». Ces armes ont fait perdre la vue à plusieurs manifestants et ont tué plusieurs citoyens par suite de leur exposition au gaz ou par le choc du projectile. Abdullah Cömert, 22 ans, est tué à Hatay par l’impact d’une grenade lacrymogène à la tête le 3 juin 2013 ; Irfan Tuna est décédé à Ankara le 6 juin d’une crise cardiaque résultant d’une surexposition au gaz. « Le gaz lacrymogène aurait été utilisé dans des espaces fermés et la police aurait également fait un usage abusif de balles en caoutchouc. » a indiqué la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay le 18 juin 2013. Selon les derniers bilans, après environ trois semaines de mobilisation, la répression policière en Turquie a fait au moins 6 morts et près de 7 500 blessés dont 59 blessés graves. Selon la Human Rights Foundation of Turkey, les forces de police ont procédé à 3 224 arrestations au 19 juin 2013. Après avoir utilisé près de 130 000 grenades lacrymogènes en 20 jours de manifestations, la Turquie doit faire face à une rupture de stock et tente de s’approvisionner pour 100 000 grenades lacrymogènes et 60 tanks à canon à eau.
La campagne internationale Facing Tear Gas lancée début 2012 par l’organisation War Resisters League aux États-Unis dénonce le gaz lacrymogène comme étant une arme de guerre, un outil de répression et de torture contre les peuples qui luttent pour une réelle démocratie.
 
Répression massive contre les peuples qui aspirent à une meilleure répartition des richesses pour le plus grand profit des vendeurs d’armes
Les récents morts par tirs de grenade lacrymogène, Ali Jawad al-Sheikh (adolescent de 14 ans assassiné le 31 août 2011 au Barheïn), Mustafa Tamini (jeune de 28 ans, assassiné en décembre 2011 en Cisjordanie) et Dimitris Kotzaridis (ouvrier de 53 ans, mort devant le Parlement grec par étouffement provoqué par les gaz lacrymogènes en 2011) n’ont apparemment pas perturbé ce complexe militaro-industriel en pleine expansion.
En pleines révolutions arabes, les entreprises d’armement étatsuniennes ont exporté quelque 21 tonnes de munitions, équivalent à près de 40 000 unités de gaz lacrymogène. Plus récemment, l’Égypte et la Tunisie ont augmenté leurs achats de matériel « anti-émeute », alors qu’ils négocient avec le FMI un nouveau plan d’endettement accompagné d’un sévère programme d’austérité. Une soudaine crainte de nouvelles « émeutes FMI » ? 
En 2013, le Ministre de l’Intérieur égyptien a commandé 140 000 cartouches de gaz lacrymogène aux États-Unis. Selon l’institut de Stockholm Sipri, « Les importations [d’armes conventionnelles] par les États nord-africains ont augmenté de 350 % entre les périodes 2003-2007 et 2008-2012 ». En Espagne, alors que le gouvernement Rajoy coupe dans presque tous les postes budgétaires et diminue celui du Ministère de l’Intérieur de 6,3%, les dépenses en nouveaux investissement et renouvellement « de matériel anti-émeute et équipement spécifiques de protection et défense » passent de 173 670 euros en 2012 à plus de 3 millions en 2013.
 
Mais au fait, d’où vient la violence ?
Afin de justifier les exportations de grenades lacrymogènes étasunienne en Égypte, le porte-parole du département d’État des États-Unis, Patrick Ventrell, a vanté les mérites de ce gaz chimique en affirmant qu’il « sauvait des vies et protégeait la propriété ». Ce ne sera pourtant pas le cas de Cleonice Vieira de Moraes, femme de 54 ans, qui succombera le 21 juin 2013 après avoir inhalé du gaz lacrymogène durant une manifestation à Belém au Brésil.
Ces mêmes arguments fallacieux sont utilisés par Condor, entreprise dont le nom rappelle un bien sinistre souvenir : celui de la fameuse opération du même nom, véritable terrorisme d’État, responsable d’une campagne d’assassinats politiques orchestrée par la CIA et les services secrets des dictatures du Cône sud (Chili, Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay) dès le milieu des années 1970.
En pleine crise capitaliste, le discours sécuritaire anti-terroriste (ou anti « casseurs ») a bonne presse, les armes de répression mal nommées « légères », ou « non létales », connaissent plus la croissance que l’austérité.
Source: http://cadtm.org/Lacrymogene-arme-chimique-de
Date de parution de l'article original: 25/06/2013
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http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9934

Les déportés Algériens en Nouvelle-Calédonie : Un combat, une mémoire et une fierté

Parler des déportés Algériens et d’autres pays maghrébins en Nouvelle-Calédonie est un devoir de mémoire et une manière de dénoncer le processus colonial qui visait à déraciner des peuples et effacer leurs repères familiaux, se sont accordé à dire les participants à cette rencontre-hommage, placée sous le thème “Caledoun : de l’exil définitif à une identité recomposée”.

Des descendants d’Algériens déportés par la France coloniale vers la Nouvelle-Calédonie dès la fin du 19ème siècle, ont raconté toute la souffrance, physique et morale, vécue par leurs aïeuls en terre d’exil dans le Pacifique, lors d’une rencontre organisée, samedi à Alger, dans le cadre de l’exposition “Mémoire et réalisations” du ministère des Moudjahidine.
La rencontre, modérée par les historiens Mohamed El-Korso et Daho Djerbal, était un moment fort en émotions transmises par des témoignages poignants, empreints à la fois de mélancolie, de nostalgie mais beaucoup de fierté.
La fierté d’avoir des racines émanant d’un pays dont le peuple n’a jamais accepté l’humiliation et toujours défendu sa dignité. La peur de l’inconnu, le mal du pays, les conditions difficiles de la traversée de l’océan, l’affreux sentiment de solitude, la faim, la nudité, à savoir la maltraitance dans toutes ses dimensions, ont été évoqués par les intervenants pour dire toute la “situation déshumanisante” imposée à ces Algériens condamnés à un exil définitif et dont le nombre avoisinait les 2.000.
Parler des déportés Algériens et d’autres pays maghrébins en Nouvelle-Calédonie est un devoir de mémoire et une manière de dénoncer le processus colonial qui visait à déraciner des peuples et effacer leurs repères familiaux, se sont accordé à dire les participants à cette rencontre-hommage, placée sous le thème “Caledoun : de l’exil définitif à une identité recomposée”.
“Ce n’est pas la classification des formes de déportation qui compte le plus aujourd’hui, mais c’est plutôt la misère, la souffrance et le mépris infligés à l’encontre de ces victimes.
Les déportés Algériens et arabes en Nouvelle-Calédonie, méritaient-ils autant de souffrance et d’acharnement ?”, s’est indigné le chercheur en histoire et descendant de déportés, Louis-José Barbançon.
Après avoir présenté des données historiques, juridiques et statistiques sur les déportés durant la période 1864-1931, l’orateur a relevé que l’administration coloniale française a “abusé” de la peine de déportation pour en faire “une véritable machine de répression”, qualifiant ce genre de condamnations de “sentences iniques” meublés de facteurs d’incompréhension au regard de droit pénal français.
Taïeb Aïfa, fils de déporté de la 1ère génération et maire de Bourail (province sud de la Nouvelle-Calédonie), a rappelé les conditions de la déportation de ces hommes qui étaient “usés” à la fin de leur peine, en évoquant la “grande tristesse” qui les envahissait, origine d’un “mutisme douloureux” pour certains, a-t-il insisté.
Il a aussi rappelé l’attachement des ces exilés à leur religion et l’esprit de partage et d’entraide qui les habitait. Pour lui, le rapprochement des descendants des déportés de l’Algérie, dont le déclic a été donné à partir des années 80 à la faveur d’un article de presse puis renforcé à travers une série d’émissions télévisées réalisées par Said Oulmi et produites par Fatiha Si Youcef, leur a permis de renouer avec leur pays d’origine.
“Maintenant, nous savons qui nous sommes et où nous allons”, a indiqué Taïeb avec émotion et fierté, en affirmant que les retrouvailles avec leurs proches, dans différents coins du pays, “resteront gravées à jamais dans (leurs) cœurs et mémoires”.
“Nous avons retrouvé nos racines. Nous avons la fierté d’être des Algériens et de porter des noms et prénoms communs à notre pays d’origine. Parler de nos grands-pères déportés est un combat pour l’existence. C’est sauver une mémoire”, a-t-il dit. (APS)
URL de cet article 21129

mercredi 26 juin 2013

Georges Ibrahim Abdallah : Contre l’oubli.....Georges Ibrahim Abdallah est l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise.


Militant pro palestinien d’origine libanaise, emprisonné en France depuis 29 ans, Georges Ibrahim Abdallah est l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise...
I – Une justice à la Kafka
Paris – Un homme libre en captivité. Tel est le paradoxe de cet homme de conviction et de rare courage, victime des contradictions françaises. Pleinement Libre, mais retenu en otage de considérations politiques françaises où le ministère de l’intérieur fait capoter une remise en liberté, non au nom de la raison d’état, mais pour des considérations électoralistes, où la duplicité tient lieu de posture morale en ce que le principe de la séparation des pouvoirs, hautement proclamé surtout depuis le scandale Jérôme Cahuzac, est subrepticement bafoué par des arguties de basse manœuvres politiques.
La Cour d’appel avait ordonné la libération de Georges Ibrahim Abdallah en subordonnant sa remise en liberté à un arrêté d’expulsion du territoire du ministre de l’intérieur. Beaucoup y ont vu dans cette décision de justice une double peine déguisée infligée au prisonnier. Un principe prohibé par le droit français. D’autres, tout aussi nombreux, ont considéré que le fait de subordonner, à tout le moins de conditionner la mise en application d’une décision de justice, à une décision administrative du ministère de l’intérieur, a constitué un cas flagrant d’atteinte aux principes généraux du droit, un principe constitutionnel, le principe de la séparation des pouvoirs.
La Cour de cassation a, elle, rendu un arrêt sans renvoi à propos de Georges Ibrahim Abdallah. Une décision qui coupe la voie à tout recours ultérieur possible devant une juridiction française. Un arrêt à la Kafka en somme en ce que le doyen des détenus politiques de France a déjà purgé sa peine et sa libération ordonnée. La cour de cassation le renvoie à sa case départ : La prison sans fin, sans issue.
II – Une possible saisine de la justice administrative contre Manuel Valls
Les positions du ministre de l’intérieur, M. Manuel Valls, sur son attachement inaliénable « au peuple juif et à Israël » en raison de sa matrimonialité nouvelle pourrait poser la question du bien-fondé d’une action en suspicion légitime à son encontre en ce que son positionnement personnel et affectif, légitime tant que d’ordre privé, est en contradiction avec ses responsabilités politiques, dès lors qu’elles sont affichées publiquement.
Le ministre de l’intérieur est chargé du maintien de l’ordre, mais en sa qualité de ministre des cultes, il a aussi en charge le maintien de la concorde nationale. Sauf à y voir la marque d‘un procédé dilatoire, se pose d’une manière sous-jacente, la question de savoir en quoi le refoulement vers son pays d’origine d’un prisonnier constitue-t-il une atteinte à l’ordre public français ?. Manuel Valls devait entériner administrativement une décision judiciaire et non se substituer à la justice d’autant que son arrêté d’expulsion revenait à expédier hors du territoire national un prisonnier sexagénaire jugé dangereux pour la sécurité nationale. Sa crédibilité aurait été plus grande si la politique des pouvoirs français avait été frappé d’une plus grande cohérence en s’abstenant par exemple de soutenir des djihadistes à la dangerosité autrement plus grande que le prisonnier libanais, en soutenant d’abord les dictatures arabes, puis en favorisant la prise de pouvoir par la frange la plus extrême du djihadisme erratique en Libye, en Syrie et en Tunisie.
Militant pro palestinien d’origine libanaise, emprisonné en France depuis 29 ans, Georges Ibrahim Abdallah est l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise. Incarcéré depuis 1984, il a battu le record détenu jusque-là par Nelson Mandela (24 ans), le chef du combat nationaliste sud-africain, et revendique désormais le titre de « Doyen des prisonniers politiques dans le Monde », au même titre que Moumia Abou Jamal.
L’homme, il est vrai, est atypique en ce que son parcours transcende les traditionnels clivages ethnico religieux qui constituent les habituelles grilles de lecture du conflit israélo-palestinien. Militant communiste issue d’une famille chrétienne du Nord-Liban, ancien élève des congrégations religieuses chrétiennes françaises au Liban, Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à la peine maximale prévue par la loi, pour l’exécution d’un responsable du Mossad israélien et celle d’un attaché militaire américain à Paris en 1982.
Au-delà du bien-fondé de sa condamnation sur la base de preuves sujettes à caution, l’homme a purgé sa peine. Libérable depuis 10 ans, il a été maintenu en détention sur ordre direct des États-Unis, aiguillonnées en sous-main par Israël. Pour l’exemple, au prétexte qu’un « crime de sang » a été commis à l’encontre de personnes représentants des autorités publiques. Au-delà du débat sur la matérialité de ce crime, en dépit de l’inégalité des rapports de force, en raison précisément de cette inégalité des rapports des forces exigeons la déportation de cette affaire et saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme.
Que la France respecte ses lois, l’expression de la volonté générale représentée par l’Assemblée nationale, artisan du Code Pénal. Une peine a été accomplie dans sa totalité. Elle implique la libération du détenu. Une libération qui n’est pas une faveur, mais par application du principe de la légalité des délits et des peines. La peine, accomplie de manière exemplaire, c’est-à-dire en conformité avec les règles de bonne conduite, ouvrait droit à une libération anticipée. Cela n’a pas été le cas. Mais cela ne doit pas se compenser pour autant par une détention sinon illégale, à tout le moins arbitraire.
L’application d’un droit ne constitue pas une faveur, mais une obligation morale. Le Droit applicable en France par la France pour l’honneur de la France. Son incarcération prolongée signe une forme de forfaiture, le propulsant par contrecoup, au rang du symbole du militantisme intégral.
Pourquoi ne pas concevoir un recours percutant devant la CEDH, (le Comité des droits de l’homme de l’ONU), les rapporteurs spéciaux de l’ONU, ou mieux, un recours en responsabilité civile pour faute de l’État ? Pourquoi accepter l’impunité de l’État ? Certes, Le Droit reste majoritairement un instrument de la domination. Oui, mais pourquoi s’en remettre à un rebouteux, alors qu’une équipe hospitalière peut le guérir ?
Certes, il existe une part de méconnaissance en ce que le droit est fort complexe et même incertain. Soit, Mais il importe de briser la volonté d’utiliser l’embrouillamini du droit pour bloquer des affaires où l’action juridique pourrait permettre de belles avancées. Grave. Penser qu’ Israël juge tous les jours illégalement des Palestiniens, et qu’en soixante ans, la Palestine n’a conduit aucun procès sérieux contre Israël, ni en Palestine, ni ailleurs.
Une condamnation de la France par les instances européennes serait une victoire éclatante de grande portée stratégique et psychologique en ce qu’elle aura sanctionné un déni de droit d’un pays se réclamant abusivement comme étant le « Pays des Droits de l’Homme »… qui se serait rendu coupable d’abus de droit.
III- Le parcours atypique d’un homme de conviction
Georges Ibrahim Abdallah, doyen des prisonniers politiques arabes, est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des militants de tous bords.
Né le 2 avril 1951 à Al Qoubaiyat (Nord-Liban), militant communiste pro palestinien a été blessé lors de la première invasion israélienne du Sud Liban en 1978. Il passe pour avoir été le chef des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises) dont il aurait dirigé depuis Lyon les opérations en France sous les pseudonymes Salih al-Masri et Abdu-Qad.
En 1982, les FARL revendiquent l’assassinat de Charles R.Ray, attaché militaire américain à Paris, le 18 janvier 1982, ainsi que Yacov Barsimentov, diplomate israélien (le 3 avril 1982, et blessent gravement Robert Onan Homme, consul américain à Strasbourg.
Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il a été condamné le 10 juillet 1986 à perpétuité par la Cour d’assises spéciale, sous les pressions conjuguées des États-Unis et d’Israël pour complicité d’assassinat le 28 février 1987.
Georges Ibrahim Abdallah, doyen des prisonniers politiques à travers le Monde au même titre que Moumia Abou Jamal, est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des militants de tous bords. Né libre et demeuré tel. Fidèle à son engagement. Fidèle à lui-même. Fidèle à sa liberté, sa compagne de captivité, durant sa période d’incarcération.
En 30 ans de captivité, l’homme n’a jamais renié ses convictions, jamais déserté le combat politique, jamais été intimidé par le comportement dilatoire de son geôlier, le ministre socialo néo-conservateur de l’Intérieur, Manuel Valls, relai fidèle des pressions américaines et israéliennes. Dans l’adversité, il a vaincu ses adversaires fielleux qui, au déni de droit, lui ont superposé un abus de pouvoir. L’arbitraire dans le »Patrie des Droits de l’Homme ». Quelle infamie. Quelle forfaiture. La marque d’un nanisme la politique.
Qu’on se le dise et que cela se sache : Georges appartient à la race des hommes libres. Pas plus « Uncle Ben’s » que « Bounty ». Ni un « native informant » (1) ou un « rented negros » (2) qui peuplent malheureusement nos lucarnes et polluent nos esprits.
Qu’on se le dise et que cela se sache : Entre Georges Ibrahim Abdallah, Doyen des prisonniers politiques à travers le Monde, Samir Kantar, ancien Doyen des prisonniers politiques arabes en Israël et la version moderne de l’opposition arabe, désormais invariablement off-shore, invariablement dans les rets de l’ancien pouvoir colonial, il existe une différence d’échelle : Une différence de sature. « Y’a pas photo ». La même différence de stature entre Shirine Ebadi, Prix Nobel de la Paix, militante des Droits de l’Homme en Iran même, sur le territoire de son propre pays, et les mondaines de l’opposition cathodique de Syrie et d’ailleurs. « Y‘ a pas photo » non plus. C’est parure de diamants contre peanuts.
Georges Ibrahim Abdallah est le parfait contre-exemple des opposants modernes arabes qui se déploient off-shore téléguidés depuis les chancelleries des anciennes puissances coloniales, en costume cravate et des golden-cartes de crédit alimentées par les pétrodollars monarchiques.
Le doyen des prisonniers politiques arabes est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des militants de tous bords. Son incarcération prolongée signe une forme de forfaiture, le propulsant par contrecoup, au rang du symbole du militantisme intégral. Inclinons nous devant Georges Ibrahim Abdallah et Samir Kintar, son compère dans la captivité et la dignité. Deux hommes de conviction qui ont transcendé leur clivage ethnico-confessionnel qui gangrène le Monde arabe pour maintenir vivante la flamme de la Résistance et l’empêcher de sombrer dans la reptilité.
Longue vie à Georges Ibrahim Abdallah. Que son exemple serve de référence à la génération de la relève.
Que les hommes épris de paix et de justice dans le Monde nous rejoignent dans ce combat pour le respect de la parole de la France tant il importe que la France respecte sa parole pour que le monde puisse continuer à respecter la parole de la France.
René Naba

Pour l’histoire et pur information des lecteurs ci joint la notice de Manuel Valls,
Manuel Valls, ministre de l’intérieur, a volontairement retardé la signature du décret d’expulsion de Georges Ibrahim Abdallah, exigé par la justice française pour sa sortie de prison, prolongeant ainsi arbitrairement de deux mois la détention du militant pro palestinien qui avait purgé sa peine depuis dix ans. Dans l’attente d’une décision de la Cour de cassation

Retour sur ce personnage « lié d’une manière éternelle à Israël » cf. à ce propos Daniel Schneidermann Arrêt sur images 09/11/2012
Dans les trous noirs de Wikipédia où le Fondateur d’@rrêt sur images relate une opération de gommage dont le ministre socialiste de l’intérieur en a été bénéficiaire de la part de Wikipédia : « En France, ils sont plusieurs « patrouilleurs », qui consacrent du temps à y traquer les liens douteux, par exemple vers les sites pédophiles. Un de ses derniers coups de gomme en date, dans la page de Manuel Valls, il a supprimé une citation du ministre à Radio Judaïca à Strasbourg : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ». « Totalement anecdotique », assure un patrouilleur. « Quelqu’un comme Valls qui a une grande envergure, qui a fait des choses, prendre une citation sur une radio qui en plus n’est pas très connue, ça n’apporte pas grand-chose à l’article », dit Wikipédia Notons bien que le « gendarme » ne dit pas que la citation est fausse, mais simplement qu’elle est « anecdotique », alors que Manuel Valls est ministre de l’Intérieur et des Cultes.

Pour aller plus loin : La vidéo que tente de faire disparaître
Par Hicham Hamza | le 12 décembre, 2012 :
http://oumma.com/15107/decouvrez-video-valls

mardi 25 juin 2013

Brésil : moins d’opium sportif, plus de politique....« Ne venez pas voir la Coupe » est l’un des slogans le plus souvent repris par les manifestants


La plupart des analystes ont su produire et comprendre la genèse des grandes manifestations de ces dernières semaines au Brésil. C’est l’augmentation des tarifs des transports qui déclencha la vague de contestation nationale dans la plupart des grandes villes hôtes qui devraient accueillir les rencontres de la prochaine Coupe du monde de football en 2014. S’ensuivit une cascade de revendications autour de la santé, de l’éducation, contre les privatisations, contre la répression, globalement pour la défense des services publics, tous remis en cause par le gouvernement de Dilma Rousseff et de ses amis du Parti des travailleurs (PT). L’« océan de roses » sur lequel croyait naviguer Lula s’est transformé en une immense masse d’épines.
Toutefois, parmi ces analyses, il manque des éléments qui nous semblent décisifs pour non seulement analyser les ressorts spécifiques des manifestations en cours mais aussi pour comprendre la qualité intrinsèque des revendications : le rôle politique du football en tant que phénomène d’écrasement des consciences, la puissance néfaste des stades en tant que lieu de dépolitisation massif, l’urbanisation sportive des villes comme nouvel environnement, enfin la stratégie dictatoriale de la FIFA sous la houlette d’une bureaucratie qui impose ses diktats.
En 2012, après une longue bataille parlementaire, l’État brésilien a fini par accepter la « Lei Geral da Copa » mise en œuvre par la FIFA. Cette « Loi générale de la Coupe » impose des jours fériés aux villes hôtes lors des matchs de l’équipe du Brésil, diminue le nombre de places et augmente leur prix pour le public populaire, et autorise les boissons alcoolisées dans les stades. L’interdiction légale de vente dans les enceintes brésiliennes est levée pour préserver le juteux contrat de la Fédération internationale avec la multinationale Anheuser-Busch, fabricant de la bière Budweiser, l’un des principaux sponsors de la compétition. La « loi générale » exempte également d’impôts et de charges fiscales les entreprises travaillant pour la Coupe (dont celles qui rénovent ou construisent les stades), interdit (article 11) la vente de toute marchandise dans les « lieux de compétition officielle, dans leur entourage immédiat et leurs voies d’accès principales » et pénalise (article 23) les bars qui tentent de retransmettre les matchs ou qui font la promotion de certaines marques.
Elle considère enfin comme crime fédéral toute atteinte à l’image de la FIFA ou à ses sponsors ainsi que les publicités dites « d’embuscade » ou « d’intrusion » qui utiliseraient sans autorisation toute image reliée à la compétition et au football en général. Afin d’appliquer le plus rapidement possible les sanctions – de la simple amende à des peines de deux ans de prison – la FIFA souhaite imposer des tribunaux d’exception pendant la Coupe du Monde. Or, ce type de mesures est contraire à la Constitution brésilienne de 1988. Celle-ci stipule en effet, comme dans la majorité des pays développés, qu’il ne peut pas exister de justice et de tribunaux d’exception et que la justice doit être la même pour tous.
L’inconstitutionnalité de ces propositions ne semble pourtant pas paralyser la FIFA qui entend réitérer ce qu’elle avait mis en place durant la Coupe du Monde sud-africaine de 2010, à savoir la création de 56 « tribunaux de Coupe ». La FIFA entend avoir une impunité complète pour tous les préjudices causés aux individus, aux entreprises et institutions durant la compétition. L’État fédéral brésilien aurait donc la responsabilité pour « tous les types de dommages résultant de tout type d’incident et accident de sécurité en relation avec les événements ».
Ainsi, il pourrait être amené à rembourser la FIFA et ses partenaires commerciaux en cas d’attentats, d’accidents résultant du crime organisé, catastrophes naturelles, etc. Par le biais de cette loi générale de la Coupe, la FIFA, comme le CIO (Comité International Olympique) d’ailleurs, est donc capable d’imposer sa loi inique au pays qui accueille les manifestations sportives. La FIFA ne cesse de rappeler qu’elle n’est pas demandeuse mais que c’est bien le Brésil qui s’est proposé à la compétition mondiale accentuant d’autant la pression. Le Droit des fédérations sportives s’impose ainsi aux Droits nationaux sans soulever l’indignation des responsables politiques !
Reste que, face au rouleau compresseur de la FIFA, les reportages télévisés ne peuvent éviter de montrer nombre de manifestants hostiles à la Coupe du monde de football : « Ne venez pas voir la Coupe » est l’un des slogans le plus souvent repris par les manifestants qui remettent en cause la Coupe du monde de football parce qu’ils comprennent qu’elle engendre une immense spéculation (les entreprises du BTP réclament en permanence des augmentations à l’État), qu’elle entraîne l’expulsion de milliers de familles, qu’elle rase des maisons et des quartiers d’habitation – et pas seulement des favelas – pour assurer le passage d’autoroutes reliant l’aéroport au nouveau stade (Castelao). Il s’agit ni plus ni moins d’un véritable nettoyage social et urbain au nom de la réussite de la Coupe.
L’immense résistance actuelle semble indiquer un niveau de prise de conscience nouveau vis-à-vis du futebol, cet opium du peuple que le peuple brésilien semble beaucoup moins apprécier par les temps qui courent. Ainsi le roi Pelé est-il la cible privilégiée des manifestants après avoir déclaré que « nous allons oublier toute cette confusion qui se passe au Brésil et nous allons penser que la sélection brésilienne est notre pays, est notre sang ». Les Brésiliens n’ont pas non plus beaucoup apprécié la morgue de Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, qui exhortait l’an dernier le Brésil à « se botter les fesses ».
L’expression a résonné dans les oreilles des organisateurs brésiliens comme une insulte. Il est vrai que ce bureaucrate, tout à son arrogance, n’en est pas à une parole près. Ne tenait-il pas, il y a quelques mois, des propos pour le moins curieux : « Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde. Quand on a un homme fort à la tête d’un État qui peut décider, comme pourra peut-être le faire Poutine en 2018, c’est plus facile pour nous les organisateurs qu’avec un pays comme l’Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux. » Un grand humaniste ce Valcke !
Le président de la FIFA, Sepp Blatter (membre également du CIO), n’est pas resté sur la touche et a appuyé les propos de son secrétaire général, puisqu’il a affirmé, quant à lui, que la Coupe du monde 1978 en Argentine, était « une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système, le système politique, qui était à l’époque un système militaire », tout en se félicitant de la réussite de son organisation. Il faut rappeler que la compétition avait eu lieu malgré de nombreux appels au boycott par exemple en France, alors que le pays vivait sous le joug du régime sanguinaire du Général Videla, tout récemment disparu.
Les membres des organisations syndicales et de partis de gauche qui se faisaient découper à la scie à quelques centaines de mètres du stade, à la sinistre École supérieure de mécanique de la Marine, sauront apprécier – si certains vivent encore – les paroles du Président Blatter. Mais à l’époque le peuple argentin ovationnait ses idoles de football sans comprendre qu’il permettait à la dictature d’asseoir son régime. Aujourd’hui, Joseph Blatter se trompe lourdement quand il affirme que « le football est plus fort que l’insatisfaction des gens ». Gageons que la jeunesse brésilienne le lui fasse comprendre.
Michel Caillat est professeur d’économie (Orléans) et Marc Perelman, professeur en esthétique (Nanterre). Michel Caillat est l’auteur, entre autres, de Sport et civilisation, L’Harmattan (2000). Marc Perelman est l’auteur, entre autres, de L’ère des stades. Genèse et structure d’un espace historique (Psychologie de masse et spectacle total), Ed. Infolio, avril 2010.
 Michel Caillat, Marc Perelman

EGYPTE - La fuite en avant de Mohamed Morsi...les partis politiques de l’opposition, ainsi que de nombreux ulémas, ont déclaré qu’ils attendaient de Mosri qu’il ferme l’ambassade israélienne au Caire plutôt que celle de Syrie.


Quelle mouche a soudain piqué le président de l’Egypte Mohammed Morsi ? Le conflit en Syrie plus de deux ans et c’est maintenant qu’il décide, dans un discours tonitruant, de fermer l’ambassade de Syrie dans son pays et de rompre toutes ses relations avec le régime syrien. La décision a fait l’effet d’une bombe tant elle était inattendue et elle a surtout provoqué un tollé au sein même de l’Egypte, puisque les partis politiques de l’opposition, ainsi que de nombreux ulémas, ont déclaré qu’ils attendaient de Mosri qu’il ferme l’ambassade israélienne au Caire plutôt que celle de Syrie. En effet, alors que les Frères musulmans se sont longtemps opposés à la politique du précédent régime égyptien, critiquant même son ouverture en direction de l’entité sioniste, les Egyptiens attendaient d’eux, une fois au pouvoir, des décisions plus en phase avec les causes arabes et en particulier, la cause palestinienne. Or, le point de passage avec Gaza n’est pas totalement ouvert, l’ambassade israélienne est toujours en place et c’est contre le régime syrien, qui est l’un des rares à être encore ouvertement hostile à « Israël » que Morsi a dirigé ses critiques et ses mesures drastiques.
De nombreux observateurs font le lien entre cette position surprenante et la soudaine décision américaine de fournir à l’opposition syrienne « des armes fatales ». C’est comme si soudain, le mot d’ordre américain est arrivé et le président égyptien a dû s’exécuter. Tout cela intervient après la victoire des forces du régime à Qousseir et le sentiment d’échec au sein de l’opposition syrienne, qui semble de plus en plus désorganisée et démotivée, en dépit des efforts arabes et occidentaux pour l’unifier et la renforcer. Alors que des rumeurs insistantes circulent sur l’imminence de la bataille d’Alep, dans le cadre d’une offensive lancée par l’armée syrienne, les alliés et parrains de l’opposition, Etats-Unis en tête, ont voulu prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher une nouvelle victoire du régime sur le terrain. La décision de Morsi est donc venue à point nommé et elle consiste à donner un nouvel élan à l’opposition, de la part d’un pays arabe important, l’Egypte. Mais étrangement, l’armée égyptienne, qui depuis la prise en mains des pouvoirs par Mohammed Morsi se tient relativement à l’écart, n’a pas voulu se laisser entraîner dans ce sillage. Dans un communiqué d’une rare clarté et d’une grande fermeté, elle a déclaré qu’elle n’a pas l’intention de combattre l’armée nationale d’un pays frère, laissant ainsi le président Mohammed Morsi se débattre tout seul dans ses contradictions. Cette dualité entre l’armée et le président a d’ailleurs fait l’objet de nombreux commentaires dans les médias égyptiens et arabes, pour la plupart choqués par la décision présidentielle de couper tous les ponts avec le régime syrien.
Certains commentateurs voient déjà dans le communiqué de l’armée égyptienne une volonté claire de ne pas se laisser faire et d’avoir un mot à dire sur les affaires importantes de l’Etat, alors que depuis son avènement, Mohammed Morsi n’a cessé de chercher à la marginaliser et à lui retirer ses prérogatives. On sait pourtant que malgré la prise du pouvoir par les Frères musulmans, l’armée égyptienne reste influente sur la scène interne. Avec l’augmentation des protestations contre la politique de Morsi et ses décisions, et avec la multiplication des incidents et des dérapages, sans parler des manifestations populaires régulières contre le président, l’armée a sans doute jugé le moment opportun pour refaire sa réapparition et fixé des gardes fous, tout en rappelant à ceux qui ont eu tendance à l’oublier qu’elle reste un acteur décisif en Egypte.
La décision du président égyptien de rompre les liens avec le régime syrien montre donc avant tout sa confusion et l’incohérence de sa politique qui se débat entre tantôt une tentative d’ouverture en direction de l’Iran et tantôt les exigences des pays du Golfe dont il dépend en grande partie sur le plan financier et économique, sans parler de ses liens douteux avec les Etats-Unis et le maintien de ses relations avec l’entité sioniste, ainsi que son incapacité à gérer le dossier palestinien qui était pourtant traditionnellement sa chasse gardée. De plus, l’Egypte doit désormais faire face à un nouveau problème avec le barrage que compte construire l’Ethiopie sur le Nil et son incapacité à empêcher l’exécution d’une telle décision. Sa décision spectaculaire ressemble donc à une fuite en avant et à une manière de se gagner les faveurs de l’occident et des pays du Golfe pour alléger les pressions de l’opposition. La manœuvre est claire et elle ne sera probablement pas couronnée de succès, parce qu’en rompant ses relations avec le régime syrien, dans un tel contexte, le président égyptien découvrira qu’il a plus à perdre qu’à gagner...
 http://french.alahednews.com.lb/essaydetails.php++cs_INTERRO++eid=9795++cs_AMP++amp ;cid=324#...
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dimanche 23 juin 2013

Tirs de drones au Pakistan,… et procès à Londres...un drone US, mais un tir britannique.

« Nous respectons la souveraineté des autres, et ils devraient eux aussi respecter la nôtre et notre indépendance. Cette campagne doit finir » Nawaz Sharif.
Le 17 mars 2011, cinquante civils avaient été tués par un tir de drone au Pakistan : un drone US, mais un tir britannique. Les familles ont engagé un procès devant la Haute Cour de Londres. Excellente nouvelle : on progresse !
Il n’y a que le journal Le Monde qui en parle et c’est bien dommage, car ce genre de procès va faire avancer la répression des assassinats en bande organisée. Des criminels sans foi ni loi qui ont viré la rustique Kalachnikov pour la remplacer par le drone hi-tech et tendance. Yes, we can… kill you when we want.
La procédure a été engagée par Noor Khan, un citoyen britannique résidant au Pakistan, et elle concerne un tir de drone qui le 17 mars 2011 a tué une cinquantaine de personnes, essentiellement des chefs tribaux locaux réunis pour régler des différends entre villages, dans le Nord-Waziristan. Parmi les victimes, son père.
Mais ces assassinats, c’est Obama, me direz-vous ? Oui, mais le gars est partageux, et il faut dire qu’avec trois assassinats par jour lors de son premier mandat – chiffre donné lors des débats parlementaires – il peut en laisser quelques-uns aux amis.
Ce haut fait d’arme, tout à l’honneur de l’armée – le massacre de 50 civils – est le fait de soldats britanniques qui pilotent depuis une base du Nevada des drones étatsuniens. La coopération est étroite, car ce sont les services d’interceptions des communications britanniques (GCHQ) qui ont transmis ces excellentes informations sur cette rencontre du 17 mars 2011,… confondant des papys et des combattants.
Une première procédure a été engagée au Pakistan et gagnée devant la Haute Cour de Peshawar, jugeant le 9 mai 2013 que cette frappe relevait d’ « une procédure criminelle ». Excellent résultat… Mais sans doute difficile à mettre en œuvre compte tenu de l’immunité dont bénéficient les Etats.
D’où l’idée de plaider à Londres, car les juridictions britanniques peuvent condamner le divin Royaume pour la faute de ses services. Noor Khan a donc engagé un recours contre l’administration - judicial review - du fait cette coopération entre les services de renseignement. En première instance, la procédure a été jugée recevable, mais la Haute Cour de justice a rejeté la requête, au motif que la décision du ministère des affaires étrangères, dont dépend le service de renseignement, n’était « ni irrationnelle, ni illégale ».
Ah oui ? Tuer des civils dans un pays tiers, avec lequel on n’est pas en guerre, sans jugement, ni garantie… C’est légal ? La peine de mort prononcée par les tribunaux, c’est un luxe à côté... Et quelle est la loi applicable ? Sacrés farceurs… La Haute Cour de Peshawar ayant qualifié les faits de criminels, la procédure d’appel est assez ouverte.
Il faut juste souhaiter que ces recours se multiplient, pour combattre la culture de l’impunité qui fait prospérer les criminels et pour alimenter des campagnes d’opinion permettant de mettre fin à ces pratiques de barbares.
Mais il y a du neuf, et ça vient en direct du Pakistan. Le nouveau premier ministre Pakistanais, Nawaz Sharif, qui vient d’être investi, a lors de son premier discours devant l’Assemblée nationale dit qu’il voulait la fin des tirs de drones américains : « Nous respectons la souveraineté des autres, et ils devraient eux aussi respecter la nôtre et notre indépendance. Cette campagne doit finir ». Comme les Etatsuniens et les Britanniques sont de grands démocrates, ils vont à coup sûr respecter cette demande expresse du gouvernement pakistanais…
Gilles Devers
 http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/06/19/tirs...
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samedi 22 juin 2013

PËTITION POUR LE RETRAIT DES ETATS AFRICAINS DE LA C P I

Créée officiellement le 1er juillet 2002 sous l’impulsion de l’ONU, après la ratification par suffisamment d’Etats du Statut de Rome adopté le 17 juillet 1998, la Cour Pénale Internationale (CPI) est une juridiction internationale permanente et universelle ayant pour objectif louable de réduire l’impunité des individus et non des Etats responsables de génocide, de crime contre l’humanité, de crime de guerre et de crime d’agression, et de promouvoir ainsi par la prévention, la dissuasion et la répression le respect universel des droits de l’homme, notamment par les dirigeants politiques.

Sur les 193 Etats membres de l’ONU, la CPI compte actuellement 122 Etats membres, c’est-à-dire 122 Etats ayant à la fois signé et ratifié le Statut de Rome, et répartis au CPI par groupes d’Etats. Le groupe de loin le plus important est celui des Etats d’Afrique, fort de 34 Etats membres sur les 54 constituant l’Union Africaine, suivi du groupe de 27 Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes, du groupe de 25 Etats d’Europe Occidentale et autres Etats occidentaux, du groupe de 18 Etats d’Europe de l’Est, et enfin du groupe de 18 Etats d’Asie et du Pacifique.

Cependant, compte tenu des nobles objectifs affichés de la CPI, il est curieux que les Etats-Unis d’Amérique, qui se veulent le champion mondial de la défense des droits de l’homme aient refusé jusqu’à ce jour de ratifier le Statut de Rome qu’ils ont pourtant accepté de signer, tout comme l’ont fait la Russie et Israël qui n’ont pas la même prétention de démocratie et de donneur de leçons de droits de l’homme. Il n’est pas étonnant que la plupart des pays asiatiques, en particulier arabes, en commençant par la Chine et l’Inde, qui comme la Russie n’ont pas la même prétention évoquée, se soient abstenus jusqu’à ce jour de signer le Statut de Rome, en invoquant essentiellement la raison de la souveraineté de leurs Etats, et son corollaire la non ingérence étrangère politique, humanitaire et surtout occidentale dans leurs affaires intérieures.

Compte tenu des nobles objectifs affichés de la CPI, le plus curieux, c’est que parmi la trentaine de personnes inculpées par la CPI depuis sa création jusqu’à ce jour, dont une petite dizaine sont actuellement détenus à la CPI, il n’y a que des Africains, alors qu’en plus des deux dernières guerres mondiales, les guerres récentes en Irak, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en Libye confirment l’accusation portée contre l’Europe par Aimée Césaire dans son « Discours sur le colonialisme » et que nous pouvons actualiser en disant que « l’Occident est comptable devant la communauté humaine du plus grand tas de cadavres de l’histoire ».

C’est ce constat de curiosité, d’incompréhension et d’indignation qu’a déjà formulé le 29 juin 2012 Jean Ping, alors président de la Commission de l’Union Africaine, lors du 17è Sommet des chefs d’Etat de l’UA à Malabo, en Guinée Equatoriale en déclarant : « On a l’impression que la Cour Pénale Internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Gaza, en Tchétchénie ? Ce n’est pas seulement en Afrique qu’il y a des problèmes. Alors pourquoi n’y a-t-il que des Africains qui sont jugés par cette Cour ? ».

C’est ce même constat qu’à l’unanimité les Chefs d’Etat et de gouvernement africains ont tenu à exprimer le 27 mai 2013 à l’issue du sommet du 50-ème anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine, par la déclaration suivante de leur porte-parole, le Président en exercice de l’Union Africaine et Premier Ministre de l’Ethiopie, Hailemariam Desalegn : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale que nous n’acceptons pas. (…). Je pense donc que la CPI doit bien voir qu'elle ne devrait pas pourchasser (que) des Africains, (…). 99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela ».

Quant à nous, nous estimons que cette situation présente de la CPI est d’autant plus inacceptable qu’en plus du mépris de la souveraineté des Etats africains à la faveur de l’ingérence politique et humanitaire occidentale dans les affaires intérieures africaines qu’ont déjà refusé les Etats asiatiques, il s’agit là d’une humiliation supplémentaire des Africains à la face du monde, qui réveille en eux le traumatisme de la déportation de leurs ancêtres dans les « camps d’extermination » de l’esclavage tant occidental qu’oriental par des « trafiquants d’êtres humains », dont des descendants s’érigent de nouveaux de nos jours en bourreaux des Africains.

Au nom de la dignité et du bien-être des Africains qu’ils ont la charge sacrée de cultiver et de défendre, nous demandons donc aux Chefs d’Etat et de gouvernement africains de tenir compte de la position des Etats-Unis d’Amérique, de la Russie, de la Chine, et de l’Inde pour retirer sans tarder leurs Etats de la CPI.

Au nom de l’exigence éthique authentiquement africaine et multimillénaire de la Maât, c’est-à-dire « le Bien, la Vérité, la Justice, l’Harmonie, etc. », pour atteindre le plus tôt possible en Afrique le noble objectif de la CPI concernant l’impunité des crimes de génocide, crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des crimes d’agression tout en préservant la dignité des Africains aux yeux du monde, nous leur demandons également de concrétiser dans les meilleurs délais le projet de la « Cour Pénale Africaine » appuyée par la future « la Force de Réaction Rapide » dans l’attente de la future « Force Africaine en Attente », en complément de la « Cour de Justice Africaine » et de la « Cour Africaine des Droits Humains et des Peuples », qui constitueront ainsi les bases historiques des institutions juridiques des futurs « Etats-Unis d’Afrique ».

Nous vous en remercions.
Fait à Pantin, le 3 juin 2012

SIGNEZ LA PETITION (en bas de l'article)
Source : africain-francais.org