mardi 25 juin 2013

EGYPTE - La fuite en avant de Mohamed Morsi...les partis politiques de l’opposition, ainsi que de nombreux ulémas, ont déclaré qu’ils attendaient de Mosri qu’il ferme l’ambassade israélienne au Caire plutôt que celle de Syrie.


Quelle mouche a soudain piqué le président de l’Egypte Mohammed Morsi ? Le conflit en Syrie plus de deux ans et c’est maintenant qu’il décide, dans un discours tonitruant, de fermer l’ambassade de Syrie dans son pays et de rompre toutes ses relations avec le régime syrien. La décision a fait l’effet d’une bombe tant elle était inattendue et elle a surtout provoqué un tollé au sein même de l’Egypte, puisque les partis politiques de l’opposition, ainsi que de nombreux ulémas, ont déclaré qu’ils attendaient de Mosri qu’il ferme l’ambassade israélienne au Caire plutôt que celle de Syrie. En effet, alors que les Frères musulmans se sont longtemps opposés à la politique du précédent régime égyptien, critiquant même son ouverture en direction de l’entité sioniste, les Egyptiens attendaient d’eux, une fois au pouvoir, des décisions plus en phase avec les causes arabes et en particulier, la cause palestinienne. Or, le point de passage avec Gaza n’est pas totalement ouvert, l’ambassade israélienne est toujours en place et c’est contre le régime syrien, qui est l’un des rares à être encore ouvertement hostile à « Israël » que Morsi a dirigé ses critiques et ses mesures drastiques.
De nombreux observateurs font le lien entre cette position surprenante et la soudaine décision américaine de fournir à l’opposition syrienne « des armes fatales ». C’est comme si soudain, le mot d’ordre américain est arrivé et le président égyptien a dû s’exécuter. Tout cela intervient après la victoire des forces du régime à Qousseir et le sentiment d’échec au sein de l’opposition syrienne, qui semble de plus en plus désorganisée et démotivée, en dépit des efforts arabes et occidentaux pour l’unifier et la renforcer. Alors que des rumeurs insistantes circulent sur l’imminence de la bataille d’Alep, dans le cadre d’une offensive lancée par l’armée syrienne, les alliés et parrains de l’opposition, Etats-Unis en tête, ont voulu prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher une nouvelle victoire du régime sur le terrain. La décision de Morsi est donc venue à point nommé et elle consiste à donner un nouvel élan à l’opposition, de la part d’un pays arabe important, l’Egypte. Mais étrangement, l’armée égyptienne, qui depuis la prise en mains des pouvoirs par Mohammed Morsi se tient relativement à l’écart, n’a pas voulu se laisser entraîner dans ce sillage. Dans un communiqué d’une rare clarté et d’une grande fermeté, elle a déclaré qu’elle n’a pas l’intention de combattre l’armée nationale d’un pays frère, laissant ainsi le président Mohammed Morsi se débattre tout seul dans ses contradictions. Cette dualité entre l’armée et le président a d’ailleurs fait l’objet de nombreux commentaires dans les médias égyptiens et arabes, pour la plupart choqués par la décision présidentielle de couper tous les ponts avec le régime syrien.
Certains commentateurs voient déjà dans le communiqué de l’armée égyptienne une volonté claire de ne pas se laisser faire et d’avoir un mot à dire sur les affaires importantes de l’Etat, alors que depuis son avènement, Mohammed Morsi n’a cessé de chercher à la marginaliser et à lui retirer ses prérogatives. On sait pourtant que malgré la prise du pouvoir par les Frères musulmans, l’armée égyptienne reste influente sur la scène interne. Avec l’augmentation des protestations contre la politique de Morsi et ses décisions, et avec la multiplication des incidents et des dérapages, sans parler des manifestations populaires régulières contre le président, l’armée a sans doute jugé le moment opportun pour refaire sa réapparition et fixé des gardes fous, tout en rappelant à ceux qui ont eu tendance à l’oublier qu’elle reste un acteur décisif en Egypte.
La décision du président égyptien de rompre les liens avec le régime syrien montre donc avant tout sa confusion et l’incohérence de sa politique qui se débat entre tantôt une tentative d’ouverture en direction de l’Iran et tantôt les exigences des pays du Golfe dont il dépend en grande partie sur le plan financier et économique, sans parler de ses liens douteux avec les Etats-Unis et le maintien de ses relations avec l’entité sioniste, ainsi que son incapacité à gérer le dossier palestinien qui était pourtant traditionnellement sa chasse gardée. De plus, l’Egypte doit désormais faire face à un nouveau problème avec le barrage que compte construire l’Ethiopie sur le Nil et son incapacité à empêcher l’exécution d’une telle décision. Sa décision spectaculaire ressemble donc à une fuite en avant et à une manière de se gagner les faveurs de l’occident et des pays du Golfe pour alléger les pressions de l’opposition. La manœuvre est claire et elle ne sera probablement pas couronnée de succès, parce qu’en rompant ses relations avec le régime syrien, dans un tel contexte, le président égyptien découvrira qu’il a plus à perdre qu’à gagner...
 http://french.alahednews.com.lb/essaydetails.php++cs_INTERRO++eid=9795++cs_AMP++amp ;cid=324#...
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dimanche 23 juin 2013

Tirs de drones au Pakistan,… et procès à Londres...un drone US, mais un tir britannique.

« Nous respectons la souveraineté des autres, et ils devraient eux aussi respecter la nôtre et notre indépendance. Cette campagne doit finir » Nawaz Sharif.
Le 17 mars 2011, cinquante civils avaient été tués par un tir de drone au Pakistan : un drone US, mais un tir britannique. Les familles ont engagé un procès devant la Haute Cour de Londres. Excellente nouvelle : on progresse !
Il n’y a que le journal Le Monde qui en parle et c’est bien dommage, car ce genre de procès va faire avancer la répression des assassinats en bande organisée. Des criminels sans foi ni loi qui ont viré la rustique Kalachnikov pour la remplacer par le drone hi-tech et tendance. Yes, we can… kill you when we want.
La procédure a été engagée par Noor Khan, un citoyen britannique résidant au Pakistan, et elle concerne un tir de drone qui le 17 mars 2011 a tué une cinquantaine de personnes, essentiellement des chefs tribaux locaux réunis pour régler des différends entre villages, dans le Nord-Waziristan. Parmi les victimes, son père.
Mais ces assassinats, c’est Obama, me direz-vous ? Oui, mais le gars est partageux, et il faut dire qu’avec trois assassinats par jour lors de son premier mandat – chiffre donné lors des débats parlementaires – il peut en laisser quelques-uns aux amis.
Ce haut fait d’arme, tout à l’honneur de l’armée – le massacre de 50 civils – est le fait de soldats britanniques qui pilotent depuis une base du Nevada des drones étatsuniens. La coopération est étroite, car ce sont les services d’interceptions des communications britanniques (GCHQ) qui ont transmis ces excellentes informations sur cette rencontre du 17 mars 2011,… confondant des papys et des combattants.
Une première procédure a été engagée au Pakistan et gagnée devant la Haute Cour de Peshawar, jugeant le 9 mai 2013 que cette frappe relevait d’ « une procédure criminelle ». Excellent résultat… Mais sans doute difficile à mettre en œuvre compte tenu de l’immunité dont bénéficient les Etats.
D’où l’idée de plaider à Londres, car les juridictions britanniques peuvent condamner le divin Royaume pour la faute de ses services. Noor Khan a donc engagé un recours contre l’administration - judicial review - du fait cette coopération entre les services de renseignement. En première instance, la procédure a été jugée recevable, mais la Haute Cour de justice a rejeté la requête, au motif que la décision du ministère des affaires étrangères, dont dépend le service de renseignement, n’était « ni irrationnelle, ni illégale ».
Ah oui ? Tuer des civils dans un pays tiers, avec lequel on n’est pas en guerre, sans jugement, ni garantie… C’est légal ? La peine de mort prononcée par les tribunaux, c’est un luxe à côté... Et quelle est la loi applicable ? Sacrés farceurs… La Haute Cour de Peshawar ayant qualifié les faits de criminels, la procédure d’appel est assez ouverte.
Il faut juste souhaiter que ces recours se multiplient, pour combattre la culture de l’impunité qui fait prospérer les criminels et pour alimenter des campagnes d’opinion permettant de mettre fin à ces pratiques de barbares.
Mais il y a du neuf, et ça vient en direct du Pakistan. Le nouveau premier ministre Pakistanais, Nawaz Sharif, qui vient d’être investi, a lors de son premier discours devant l’Assemblée nationale dit qu’il voulait la fin des tirs de drones américains : « Nous respectons la souveraineté des autres, et ils devraient eux aussi respecter la nôtre et notre indépendance. Cette campagne doit finir ». Comme les Etatsuniens et les Britanniques sont de grands démocrates, ils vont à coup sûr respecter cette demande expresse du gouvernement pakistanais…
Gilles Devers
 http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/06/19/tirs...
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samedi 22 juin 2013

PËTITION POUR LE RETRAIT DES ETATS AFRICAINS DE LA C P I

Créée officiellement le 1er juillet 2002 sous l’impulsion de l’ONU, après la ratification par suffisamment d’Etats du Statut de Rome adopté le 17 juillet 1998, la Cour Pénale Internationale (CPI) est une juridiction internationale permanente et universelle ayant pour objectif louable de réduire l’impunité des individus et non des Etats responsables de génocide, de crime contre l’humanité, de crime de guerre et de crime d’agression, et de promouvoir ainsi par la prévention, la dissuasion et la répression le respect universel des droits de l’homme, notamment par les dirigeants politiques.

Sur les 193 Etats membres de l’ONU, la CPI compte actuellement 122 Etats membres, c’est-à-dire 122 Etats ayant à la fois signé et ratifié le Statut de Rome, et répartis au CPI par groupes d’Etats. Le groupe de loin le plus important est celui des Etats d’Afrique, fort de 34 Etats membres sur les 54 constituant l’Union Africaine, suivi du groupe de 27 Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes, du groupe de 25 Etats d’Europe Occidentale et autres Etats occidentaux, du groupe de 18 Etats d’Europe de l’Est, et enfin du groupe de 18 Etats d’Asie et du Pacifique.

Cependant, compte tenu des nobles objectifs affichés de la CPI, il est curieux que les Etats-Unis d’Amérique, qui se veulent le champion mondial de la défense des droits de l’homme aient refusé jusqu’à ce jour de ratifier le Statut de Rome qu’ils ont pourtant accepté de signer, tout comme l’ont fait la Russie et Israël qui n’ont pas la même prétention de démocratie et de donneur de leçons de droits de l’homme. Il n’est pas étonnant que la plupart des pays asiatiques, en particulier arabes, en commençant par la Chine et l’Inde, qui comme la Russie n’ont pas la même prétention évoquée, se soient abstenus jusqu’à ce jour de signer le Statut de Rome, en invoquant essentiellement la raison de la souveraineté de leurs Etats, et son corollaire la non ingérence étrangère politique, humanitaire et surtout occidentale dans leurs affaires intérieures.

Compte tenu des nobles objectifs affichés de la CPI, le plus curieux, c’est que parmi la trentaine de personnes inculpées par la CPI depuis sa création jusqu’à ce jour, dont une petite dizaine sont actuellement détenus à la CPI, il n’y a que des Africains, alors qu’en plus des deux dernières guerres mondiales, les guerres récentes en Irak, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en Libye confirment l’accusation portée contre l’Europe par Aimée Césaire dans son « Discours sur le colonialisme » et que nous pouvons actualiser en disant que « l’Occident est comptable devant la communauté humaine du plus grand tas de cadavres de l’histoire ».

C’est ce constat de curiosité, d’incompréhension et d’indignation qu’a déjà formulé le 29 juin 2012 Jean Ping, alors président de la Commission de l’Union Africaine, lors du 17è Sommet des chefs d’Etat de l’UA à Malabo, en Guinée Equatoriale en déclarant : « On a l’impression que la Cour Pénale Internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Gaza, en Tchétchénie ? Ce n’est pas seulement en Afrique qu’il y a des problèmes. Alors pourquoi n’y a-t-il que des Africains qui sont jugés par cette Cour ? ».

C’est ce même constat qu’à l’unanimité les Chefs d’Etat et de gouvernement africains ont tenu à exprimer le 27 mai 2013 à l’issue du sommet du 50-ème anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine, par la déclaration suivante de leur porte-parole, le Président en exercice de l’Union Africaine et Premier Ministre de l’Ethiopie, Hailemariam Desalegn : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale que nous n’acceptons pas. (…). Je pense donc que la CPI doit bien voir qu'elle ne devrait pas pourchasser (que) des Africains, (…). 99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela ».

Quant à nous, nous estimons que cette situation présente de la CPI est d’autant plus inacceptable qu’en plus du mépris de la souveraineté des Etats africains à la faveur de l’ingérence politique et humanitaire occidentale dans les affaires intérieures africaines qu’ont déjà refusé les Etats asiatiques, il s’agit là d’une humiliation supplémentaire des Africains à la face du monde, qui réveille en eux le traumatisme de la déportation de leurs ancêtres dans les « camps d’extermination » de l’esclavage tant occidental qu’oriental par des « trafiquants d’êtres humains », dont des descendants s’érigent de nouveaux de nos jours en bourreaux des Africains.

Au nom de la dignité et du bien-être des Africains qu’ils ont la charge sacrée de cultiver et de défendre, nous demandons donc aux Chefs d’Etat et de gouvernement africains de tenir compte de la position des Etats-Unis d’Amérique, de la Russie, de la Chine, et de l’Inde pour retirer sans tarder leurs Etats de la CPI.

Au nom de l’exigence éthique authentiquement africaine et multimillénaire de la Maât, c’est-à-dire « le Bien, la Vérité, la Justice, l’Harmonie, etc. », pour atteindre le plus tôt possible en Afrique le noble objectif de la CPI concernant l’impunité des crimes de génocide, crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des crimes d’agression tout en préservant la dignité des Africains aux yeux du monde, nous leur demandons également de concrétiser dans les meilleurs délais le projet de la « Cour Pénale Africaine » appuyée par la future « la Force de Réaction Rapide » dans l’attente de la future « Force Africaine en Attente », en complément de la « Cour de Justice Africaine » et de la « Cour Africaine des Droits Humains et des Peuples », qui constitueront ainsi les bases historiques des institutions juridiques des futurs « Etats-Unis d’Afrique ».

Nous vous en remercions.
Fait à Pantin, le 3 juin 2012

SIGNEZ LA PETITION (en bas de l'article)
Source : africain-francais.org

vendredi 21 juin 2013

Israël viole les droits des enfants palestiniens...Les enfants sont sujet aux violences physiques, sexuelles et verbales, et supportent également des humiliations, menaces et privations d'eau, aliments et hygiène après leur arrestation

Le Comité des droits de l'enfant de l'ONU a accusé jeudi la police et l'armée israéliennes de maltraiter les enfants palestiniens, citant des cas de torture, d'arrestations nocturnes et d'isolement en prison pendant des mois.
"Le Comité exprime sa profonde préoccupation quant aux informations faisant état de l'usage de la torture et de mauvais traitements sur les enfants palestiniens arrêtés (...) et détenus par les militaires et la police", indique le rapport des experts qui ont publié jeudi leurs conclusions. Selon le document, des soldats procèdent régulièrement à des arrestations d'enfants, la nuit, dans les "territoires palestiniens occupés". Ces enfants ont alors "les mains liés" et "les yeux bandés" et sont transférés vers un lieu le plus souvent inconnu de leurs parents.

Les enfants vivant dans "les territoires palestiniens occupés" sont systématiquement sujet aux violences physiques, sexuelles et verbales, et supportent également des humiliations, menaces et privations d'eau, aliments et hygiène après leur arrestation, indique le rapport. "Ces crimes sont commis depuis le moment de l'arrestation, durant le transfert et pendant les interrogatoires, afin d'obtenir des confessions", mais aussi avant les procès, ajoute le rapport citant des témoignages de soldats israéliens. Un motif principal d'inquiétude pour les experts de l'ONU reste le nombré élevé de jeunes Palestiniens dans les prisons israéliennes, la majorité d'entre eux étant accusés d'avoir lancé des pierres.

Depuis 2002, l'armée israélienne a arrêté, interrogé et détenu quelque 7.000 enfants palestiniens ayant entre 12 et 17 ans, soit environ deux par jour, selon le rapport. En avril, 236 enfants palestiniens, dont 44 ayant moins de 16 ans, se trouvaient dans des centres de détention militaires israéliens, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui utilise des statistiques de l'ONG israélienne B'tselem.

Le Comité de l'ONU déplore pour sa part que les enfants palestiniens en tant qu'israéliens restent des victimes du conflit, mais il relève que les enfants vivant dans les territoires palestiniens "sont représentés de façon disproportionnée parmi les victimes". Le Comité dénonce la discrimination dont souffrent les jeunes Palestiniens, mais aussi les jeunes Bédouins, Arabes et Ethiopiens vis-à-vis des Israéliens, et estime qu'Israël continue de "ne pas tenir compte des droits des enfants palestiniens".

Le Comité de l'ONU, chargé d'étudier le respect des droits des enfants dans les différents pays, déplore, par ailleurs, l'absence de coopération des autorités israéliennes en ce qui concernent les droits des enfants palestiniens.

TURQUIE : Les médecins turcs dénoncent l’usage du gaz comme une arme chimique....La police a utilisé le gaz lacrymogène "non comme un moyen de contrôler les foules, mais comme une arme chimique"


Six organisations turques de médecins ont déploré jeudi l’usage massif par la police du gaz lacrymogène lors de la répression des manifestations antigouvernementales qui ont secoué la Turquie depuis la fin mai, évoquant deux cas probables de décès liés au gaz et dénonçant son usage comme une "arme chimique".
"Nous avons de sérieuses inquiétudes sur la mort de deux citoyens des suites de leur exposition au gaz lacrymogène, et dont le décès n’a pas été pris en compte dans les statistiques" sur les victimes des heurts, a déclaré le Pr- mit Biçer, au nom de l’Association des spécialistes en médecine légale.
Les autorités et l’Union des médecins de Turquie (TTB) ont jusque-là fait état de quatre morts lors des incidents : deux civils atteints par des projectiles à Hatay (sud) et Ankara —le premier vraisemblablement par une grenade lacrymogène, le deuxième par une balle de pistolet—, un autre écrasé par une voiture à Istanbul et un policier tombé d’un pont à Adana (sud).
A ce bilan, il faut probablement ajouter la mort d’un homme de 47 ans employé dans une école privée à Ankara atteint de troubles respiratoires après une forte exposition aux gaz lacrymogènes et une femme de 50 ans décédée d’une crise cardiaque à Istanbul dans des circonstances analogues, a indiqué le Pr Biçer.
La police a utilisé le gaz lacrymogène "non comme un moyen de contrôler les foules, mais comme une arme chimique" en tirant des grenades à proximité immédiate des personnes ou dans des lieux clos, deux actes proscrits par les conventions internationales, a accusé le médecin.
Quelque 41% des personnes affectées par le gaz se trouvaient à proximité immédiate (moins de cinq mètres) d’une grenade lacrymogène, et 21% étaient dans un lieu clos, a indiqué le Pr Elif Dagli, de la Société turque de médecine thoracique, révélant les résultats d’une enquête auprès de 356 personnes gazées.
Les symptômes constatés chez ces personnes allaient de toux (78%) et de douleurs thoraciques (74%) à des toux accompagnées de crachements de sang (3%), a affirmé Mme Dagli.
Le Pr Dogan Sahin, de l’Association turque de psychiatrie, a pour sa part dénoncé un usage du gaz lacrymogène "pouvant s’apparenter à de la torture" dès lors que l’objectif était "d’infliger une douleur physique et psychologique dans un but de punition" aux manifestants.
Il a évalué à 50.000 le nombre de personnes qui pourraient être victimes de "troubles psychologiques récurrents ou permanents" à la suite de ces interventions policières.
Les heurts en Turquie au cours des trois dernières semaines ont fait au moins quatre morts et 7.800 blessés, dont 59 blessés graves, selon le dernier bilan de la TTB, publié jeudi.
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TURQUIE : Les cinq piliers du système Erdogan.....monopolisation du pouvoir, ultralibéralisme, conservatisme socio-religieux, politique internationale néo-ottomane articulée sur l’hégémonie états-unienne, autoritarisme.

"Quand l’ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice."
- Romain Rolland

Sous l’ère de l’AKP (Parti de la Justice et du Développement) qui a débuté en 2002, la Turquie a connu une série d’importantes mutations très disputées tant quant à leur nature qu’à leur portée. La politique générale de Recep Tayipp Erdogan est bâtie sur cinq piliers qui après une dizaine d’années de pouvoir se dévoilent peu à peu : monopolisation du pouvoir, ultralibéralisme, conservatisme socio-religieux, politique internationale néo-ottomane articulée sur l’hégémonie états-unienne, autoritarisme.
Larvatus prodeo (j’avance masqué) semble être la devise de l’AKP qui a pris le parti de dissimuler partiellement ses intentions le temps de fortifier son pouvoir. Les derniers soubresauts en Turquie lèvent néanmoins toute ambiguïté sur l’ADN réactionnaire de ce parti qui jouissait jusqu’il y a peu encore d’une forte cote de faveur auprès de l’opinion publique tant nationale qu’internationale.
- Monopolisation du pouvoir :
A pas de loup, l’AKP assoit son emprise sur le pays. Le système politique turc a fait l’objet depuis 2007 de nombreuses transformations. La réforme constitutionnelle de 2010 s’attaquait aux bastions de l’Ancien Régime kémaliste en mettant au pas l’armée et en exerçant une tutelle sur l’appareil judiciaire. La composition de la Cour constitutionnelle et du Conseil Supérieur de la Magistrature (HSYK) avait été modifiée à l’époque de manière à assurer un contrôle du pouvoir sans partage.
L’élection au suffrage universel du futur président acquise, l’ultime projet de réforme constitutionnelle vise à déplacer le centre de gravité du pouvoir en passant d’un régime parlementaire à un régime semi-présidentiel ou présidentiel affiché. La nouvelle fonction présidentielle concentrera alors la majorité des pouvoirs, au détriment du premier ministre. Pas décidé à céder un brin de pouvoir, Erdogan sera bien entendu candidat en 2014 à la fonction présidentielle façonnée à l’aune de ses ambitions démesurées.
- Ultralibéralisme :
Le miracle économique turc n’est à y regarder de plus près qu’un mirage projeté par le capitalisme déchaîné de l’AKP. La doctrine économique de l’Islam coexiste sans heurt avec la logique infernale du marché. Les indicateurs macro-économiques ne signifient pas que les conditions de vie s’améliorent pour la majorité de la population mais que l’exploitation s’intensifie. Erdogan s’est attelé à une véritable mise en coupe réglée des droits sociaux.
Des « lois scélérates » régissant les syndicats ont été adoptées récemment . Cette législation qui exclu notamment les grèves dans le secteur aérien n’est pas conforme aux normes européennes et internationales concernant la liberté syndicale, le droit d’organisation et de négociation collective. La Turquie, en dépit de ratification des conventions de l’OIT, ne tient aucun compte des rappels à l’ordre des organismes internationaux.
Dans la foulée, une campagne de privatisation sans précédent a été engagée par le gouvernement et elle risque encore de s’intensifier. Aucun secteur n’est épargné : énergie, réseau routier, ports, télécommunication, éducation, santé… En faisant passer dans le giron privé ses services publics et ses ressources naturelles, le gouvernement cherche à rendre le pays toujours plus attractif pour les investisseurs étrangers sans se soucier du sort des plus démunis.
La Turquie est le second pays de l’OCDE à avoir le plus d’inégalités de revenus après le Mexique. Si, selon le classement Forbes, la Turquie comptait 38 milliardaires en 2011, la moitié de la population percevait, elle, un salaire inférieur à 230€ par mois (chiffres de 2008). Si le travail infantile a tendance à baisser en Turquie, il reste important et représente 18% de la force de travail du pays [1].
- Conservatisme culturel :
La religion islamique est particulièrement prescriptive ; elle régit tous les aspects de la vie, de la naissance à la mort, du public à l’intime, du politique au social. Par petites touches et souvent sous couvert de santé publique, des normes de comportement dérivées de l’islam sont érigées en loi. Cette immixtion dans l’orbite personnelle suscite de vives réactions de rejet de certains secteurs éclairés de la nation turque.
Notons que la compagnie aérienne Turkish Airlines, détenue à 49,2% par l’Etat, a mis en place un code esthétique qui définit le type de maquillage admis pour les hôtesses de l’air : exit les rouges à lèvres et vernis de couleurs vives ! Cette même compagnie avait déjà banni l’alcool sur les vols intérieurs.
Une loi, particulièrement controversée, visant à restreindre la consommation d’alcool en prohibant notamment la vente au détail durant la nuit, et autour des lieux de culte et des écoles vient d’être promulguée. Cette mesure d’inspiration religieuse ne se justifie pas dans un pays où la consommation d’alcool est déjà largement inférieure aux standards européens (1,3 litre d’alcool par an, contre dix ou onze litres dans les pays européens).
Autre exemple, Erdogan est ouvertement opposé à l’avortement qu’il qualifie sans ambages de crime. Le délai légal pour une IVG a été ramené en 2012 de 10 semaines à 4 semaines, durée au bout de laquelle selon les théologiens musulmans, le fœtus se voit doter d’une âme.
- Alignement de sa politique extérieure sur les Etats-Unis :
Le néo-ottomanisme, doctrine ayant pour but d’accroître l’influence régionale de la Turquie, et la soumission à l’ordre états-unien s’emmaillent. En dépit des péripéties rhétoriques, l’AKP s’est aligné sur les positions israéliennes et états-uniennes tant dans le dossier libyen que dans le dossier syrien.
Les admonestations à l’égard de la politique israélienne n’étaient que des manœuvres tactiques exploitées à dessein par Erdogan pour des raisons de politique intérieure. A aucun moment, les états-majors militaires israéliens et turcs n’ont interrompu leur étroite coopération. Cette collaboration a été renforcé ces deux dernières années dans la cadre de la guerre qu’ils mènent contre l’Etat syrien.
La Turquie agit comme base d’opérations, sous le patronage états-unien, pour les actions militaires des forces militaires de l’Armée syrienne libre. Elle accueille aussi le Conseil national de l’opposition syrienne, plate-forme hétéroclite constituée de mercenaires islamistes à la solde de la CIA.
- L’autoritarisme :
« L’Etat, c’est moi » n’est pas une formule que renierait Erdogan qui semble convaincu d’incarner à lui tout seul la nation turque. Journalistes, intellectuels, étudiants, opposants politiques, tous passent sous les fourches caudines du pouvoir.
On recense en Turquie soixante-sept journalistes embastillés[2] sans jugements, pour avoir enfreint les lois antiterroristes auxquelles Erdogan donnent un nouvel élan. Ces mesures d’intimidation constante sur les journaliste tendent à étouffer les voix critiques et instaurer une culture d’obéissance.
Septante-trois avocats ont été interpellés dernièrement au palais de justice d’Istanbul lors d’une action de soutien aux protestations antigouvernementales sans compter les dizaines d’autres détenus sous prétexte de connivence avec des organisations « terroristes » (lire indépendantistes kurdes). Il faut aussi mentionner les milliers de partisans de la cause kurde incarcérés, dans le silence absolu de la communauté internationale, dans les geôles turques.
Les changements entrepris par l’AKP révèlent le caractère de classe de ce parti qui n’a fait qu’accentuer la triple discrimination socio-économique, ethnique et de genre dont souffre la Turquie. On assiste à une « révolution passive » pour reprendre le concept d’Antonio Gramsci à savoir une simple rénovation des formes de l’hégémonie bourgeoise. Erdogan se fait avant tout un devoir d’honorer les divinités du culte capitaliste : privatisation à marche forcée, dérégulation du marché du travail, démantèlement des droits sociaux,… Le religieux n’est qu’une force supplétive qui, avec sa logique inertielle, permet d’assurer un meilleur contrôle des masses. Le système Erdogan pourrait se résumer au credo : réformisme économique pro-capitaliste et conservatisme culturel !
Emrah Kaynak
[1] Alice Duvignaud, Observatoire de la vie politique turque, http://ovipot.hypotheses.org/8696#sthash.cbMTQ9Rf.dpuf
[2] OSCE, http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130613.REU6228/l-osce-denonce-l...
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jeudi 20 juin 2013

PÉTITION : NON A LA TORTURE DES ENFANTS PALESTINIENS ! PAS DE COMPLICITÉ AVEC LEURS TORTIONNAIRES !

NON A LA TORTURE DES ENFANTS PALESTINIENS !

PAS DE COMPLICITÉ AVEC LEURS TORTIONNAIRES !

Chaque jour l’armée d’occupation israélienne enlève des enfants palestiniens à leur domicile, le plus souvent en pleine nuit, pour les embarquer menottés et les yeux bandés vers des centres d’interrogatoire, où ils subissent des tortures physiques et psychologiques : ligotés dans des positions inconfortables sans pouvoir dormir, parfois frappés, menacés de sévices sexuels et de représailles sur leurs familles. Il leur est en général demandé d’avouer qu’ils ont lancé des pierres contre des chars ou des bulldozers en train de démolir leurs maisons, de dénoncer d’autres enfants, de devenir des "informateurs", et de signer des documents en hébreu, langue qu’ils ne comprennent pas.
Ces faits sont rapportés par de nombreuses organisations palestiniennes, israéliennes et internationales de défense des droits de l’homme et de l’enfant, dont L’UNICEF, Defence Chidren International, B’Tselem, Save the Children, l’ACAT, et le Ministère britannique des Affaires Etrangères, au travers d’un rapport intitulé "Children in Military Detention".
Elles soulignent que ces enfants palestiniens n’ont accès ni à leurs parents ni à un avocat pendant des semaines, sont parfois traduits devant des tribunaux militaires israéliens et incarcérés à partir de l’âge de 12 ans, en toute illégalité dans des prisons israéliennes. (Les Conventions de Genève interdisent à tout occupant de transférer tout ou partie d’une population occupée sur le territoire de la puissance occupante).
Ceci sans compter le racket pratiqué par l’occupant israélien auprès des familles d’enfants ainsi kidnappés, puisqu’elles sont souvent obligées de verser de fortes "amendes"pour les récupérer.
Toutefois le gouvernement français, qui ne peut ignorer ces faits, accueille régulièrement en France des responsables de ces tortures, bafouant ainsi la Convention internationale des Droits de l’Enfant (1989) et la Convention Internationale contre la Torture, (Convention de New York, 1984), signée par la France, et la contraignant à rechercher et poursuivre toute personne suspecte d’avoir commis des actes de torture physique et psychologique, ou de les avoir ordonnés, ou encore de les avoir laissé commettre en connaissance de cause.
Or ces tortures exercées contre des adultes et des enfants sont de notoriété publique en Israël, et c’est toute la chaîne du commandement militaire et politique qui admet ou recommande ces pratiques.
Nous exigeons donc du gouvernement français qu’il respecte le droit international et cesse d’accueillir en France les responsables de ces tortures.
Nous demandons par ailleurs à toutes les grandes ONG de défense des droits de l’Homme et de l’Enfant de se mobiliser concrètement, et de déposer des plaintes auprès des tribunaux français au nom des victimes de ces tortures ou de leurs familles, dès qu’elles ont à connaître de tels cas.
Comme l’écrit Amnesty International : "Vous êtes révolté(e) par la torture, l’emprisonnement arbitraire, la pauvreté, la peine de mort, l’injustice, les expulsions forcées, l’impunité...Transformez votre indignation en action !"
Nous vous remercions par avance de bien vouloir diffuser cette pétition le plus largement possible.
Signer la pétition : http://stoptortureenfantspalestinie...
juin 2013 - Stoptortureenfantspalestiniens