jeudi 6 juin 2013

Turquie : Deux importants syndicats ont mobilisé mercredi dans toute la Turquie des dizaines de milliers de personnes pour grossir les rangs des manifestants...“Taksim, résiste, les travailleurs arrivent”

“Dégagez la route, les révolutionnaires arrivent !”

Au lendemain d’une nouvelle nuit de mobilisation et de violences, la Confédération des syndicats du secteur public (KESK) et la Confédération syndicale des ouvriers révolutionnaires (DISK), toutes deux marquées à gauche, ont organisé des défilés dans la plupart des grandes villes du pays.
À Istanbul, leurs deux cortèges se sont fondus dans l’après-midi sur la place Taksim, au coeur de la fronde qui agite depuis vendredi dernier la Turquie. Ils scandaient “Taksim, résiste, les travailleurs arrivent” ou encore “Tayyip, les pilleurs sont là !”
Mêmes scènes dans la capitale Ankara, où plus de 10’000 manifestants ont marché aux cris de “Dégagez la route, les révolutionnaires arrivent !” ou “Taksim est partout !” D’autres défilés syndicaux étaient annoncés dans la plupart des grandes villes.
Dans l’attente du retour jeudi en Turquie de M. Erdogan, en visite officielle au Maghreb, les contestataires restent déterminés, malgré les “excuses” présentées par le vice-premier ministre Bülent Arinç aux victimes de brutalités policières.
À l’issue d’une rencontre avec M. Arinç, des représentants de la contestation ont exigé du gouvernement le renvoi des chefs de la police de plusieurs grandes villes, dont Istanbul et Ankara.
Depuis le début de la contestation vendredi dernier, les manifestants accusent M. Erdogan de dérives autoritaires et de vouloir “islamiser” la Turquie laïque.

TURQUIE : Le printemps turc a-t-il commencé?...."Ce règne autoritaire doit cesser", a déclaré samedi à l'AFP Sermin Erdemci, un employé de banque de 37 ans, "on ne peut pas réduire les masses au silence, nous voulons vivre dans une Turquie laïque".



Confronté à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis l'arrivée de son parti au pouvoir en 2002, le Premier ministre islamiste, Recep Tayyip Erdogan, semble dépassé par les événements. Confusion et hésitation marquent ses décisions, alors que des divergences commencent à paraitre au sein de son état-major politique.
Erdogan a ordonné aux forces de l'ordre de se retirer en milieu d'après-midi de la place et du petit parc Gezi, dont la destruction annoncée a lancé la révolte. Immédiatement, des milliers de personnes brandissant des drapeaux turcs ont envahi les lieux dans une immense clameur de victoire, ponctuée de quelques fusée d'artifice. Quelques heures avant ce repli, M. Erdogan avait pourtant fermement assuré que la police resterait sur la place Taksim "aujourd'hui" et "encore demain" car elle "ne peut pas être un endroit où les extrémistes font ce qu'ils veulent".
Sur le même ton, il avait sommé les manifestants de cesser "immédiatement" leur confrontation avec la police et assuré, comme un défi aux manifestants, que son gouvernement maintiendrait le projet d'aménagement urbain contesté de la place qui a mis le feu aux poudres.
Saisi par ces opposants, un tribunal administratif d'Istanbul a suspendu vendredi la partie du projet qui prévoit la reconstruction d'une caserne de l'époque ottomane, qui a cristallisé la colère des manifestants.
Après quelques heures de répit, les affrontements qui ont embrasé le centre de la mégapole turque vendredi ont repris samedi en milieu de matinée et se sont poursuivis sporadiquement jusqu'au retrait de la police. A plusieurs reprises, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau autour de la place Taksim pour disperser des petits groupes qui ont riposté par des jets de pierre, ont constaté des journalistes de l'AFP.
D'autres échauffourées ont été signalées un peu plus tôt dans un autre quartier de la ville, Besiktas, lorsqu'un groupe de plusieurs centaines de personnes qui s'étaient rassemblées sur le versant anatolien de la ville pour rejoindre la place Taksim a traversé l'un des ponts qui enjambe le Bosphore et a été dispersé par la police.
Au sein même du pouvoir, plusieurs voix se sont élevées samedi pour dénoncer la réaction disproportionnée des forces de l'ordre. Peu avant le repli de la police, le président turc Abdullah Gül lui-même a lancé samedi un appel au "bon sens" et au "calme", jugeant le niveau de la protestation "inquiétant". "Dans une démocratie, les réactions doivent être exprimées avec bon sens, avec calme et, en retour, les dirigeants doivent déployer plus d'efforts pour prêter une oreille attentive aux différentes opinions et inquiétudes", a-t-il ajouté. Avant le président turc, le vice-Premier ministre Bülent Arinç avait présenté ses "excuses" pour les événements d'Istanbul. "Plutôt que de lancer du gaz sur des gens qui disent 'nous ne voulons pas de centre commercial ici' les autorités auraient dû les convaincre et leur dire que leurs inquiétudes étaient partagées", a-t-il ajouté.
Outre la société civile turque, de nombreuses ONG internationales, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont dénoncé la violence de la répression des manifestations d'Istanbul.
Les autorités turques n'ont publié aucun bilan officiel des affrontements. Amnesty International a évoqué vendredi "plus d'une centaine" de blessés et le gouverneur d'Istanbul a Huseyin Avni Mutlu indiqué vendredi que 12 personnes étaient hospitalisées et qu'au moins 63 autres avaient été interpellées. Le ministre de l'Intérieur a fait état de plus de 900 interpellations.
Le mouvement est parti vendredi à l'aube avec l'intervention musclée de la police pour déloger quelques centaines de militants qui occupaient depuis trois jours le parc Gezi, sur la place Taksim, pour y empêcher le déracinement de 600 arbres dans le cadre d'un projet d'aménagement urbain très contesté. Ameutés par les réseaux sociaux, les militants associatifs ont afflué pour prêter main forte aux manifestants et surtout dénoncer la politique du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002.
"Ce règne autoritaire doit cesser", a déclaré samedi à l'AFP Sermin Erdemci, un employé de banque de 37 ans, "on ne peut pas réduire les masses au silence, nous voulons vivre dans une Turquie laïque".
Si le revenu par habitant a triplé en Turquie depuis 2002, M. Erdogan est accusé de dérives autoritaires et de vouloir "islamiser" la société turque. Le récent vote d'une loi restreignant la consommation et la vente d'alcool a suscité l'ire des milieux libéraux.
 Dès vendredi soir, la contestation partie d'Istanbul s'est propagée à d'autres villes du pays, comme à Izmir (ouest), Antalya (sud) ou la capitale Ankara, où des incidents ont opposé la police à des manifestants qui voulaient marcher sur le Parlement.
L'opposition politique a pris le relais de ces critiques en s'affichant avec les protestataires. "Nous voulons la liberté et la démocratie dans notre pays", a lancé samedi le président du Parti républicain du peuple (CHP) Kemal Kiliçdaroglu.
Le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi a pour sa part accusé les autorités turques d'agir de façon "terroriste" contre le peuple turc, et a appelé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à démissionner. "Les revendications du peuple turc ne méritent pas toute cette violence et si Erdogan est incapable d'user de moyens non-violents, il doit démissionner", a déclaré le ministre syrien, cité par la télévision officielle. "Erdogan dirige son pays d'une façon terroriste et détruit la civilisation et les acquis du peuple turc", selon M. Zohbi. "Le fait qu'il réprime des manifestations pacifiques prouve qu'Erdogan est déconnecté de la réalité", a ajouté M. Zohbi, assurant que "le peuple turc ne méritait pas toute cette sauvagerie" (AFP, Reuters).
TENDANCES DE L'ORIENT

les images de la révolte font le tour du web

La place Taksim, à Istanbul, est devenue le symbole du soulèvement d'une partie de la jeunesse turque contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Les manifestants se sont également emparés des réseaux sociaux, pour partager les images,souvent violentes de la répression.
Depuis quatre jours, les rassemblements quotidiens de milliers de jeunes Turcs sont violemment réprimés par les forces de l'ordre. Mais en partageant sur la Toile les images de cette répression, les manifestants ont choisi de prendre le monde à témoin, de "déterritorialiser" un soulèvement dénonçant la dérive autoritaire du gouvernement turc.

lundi 3 juin 2013

Afrique : 50 ans et la route est encore longue...Les colons, d’abord, sont partis et l’apartheid a été vaincu. Mais les guerres ethniques, les conflits de frontières, les génocides, sur fond de convoitises sur les richesses africaines, ont endeuillé le continent.

Beaucoup de choses se sont passées depuis ce 25 mai 1963. Des bonnes et des moins bonnes. Les colons, d’abord, sont partis et l’apartheid a été vaincu. Mais les guerres ethniques, les conflits de frontières, les génocides, sur fond de convoitises sur les richesses africaines, ont endeuillé le continent.
L’occupation alaouite du Sahara occidental, sous protection de la France et des États-Unis, la partition du Soudan, la décomposition de la Somalie, la destruction atlantiste de la Libye, initiatrice de l’idée d’Union africaine, le retour des militaires français en Côte d’Ivoire et au Mali, autant de désastres que n’auront pas prévu les rédacteurs de la Charte fondatrice de l’Organisation de l’unité africaine, l’OUA qui devait « éliminer, sous toutes ses formes, le colonialisme de l’Afrique » et, pour les peuples d’Afrique, « défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance ».
Aujourd’hui, nous sommes loin de ces principes qui se voulaient intangibles, eu égard à l’atrocité du passé colonial avec ses massacres, la déportation, la réduction en esclavage de millions d’hommes et de femmes, le pillage des ressources naturelles et le démantèlement du tissu économique et socioculturel des sociétés africaines.
Aujourd’hui, le colonialisme sous le visage avenant de la « démocratie » et de la « lutte contre le terrorisme » est le bienvenu. Il est même invité aux festivités pour commémorer ce qui devait présider à son extirpation. Renforcé par les allégeances multiformes et par des satrapes qu’il a lui-même installés à la tête de certains pays, tels la Côte d’Ivoire et la Libye, dont il assure la protection, il se permet de donner des directives. « Ce sont les Africains qui demain devront assurer la sécurité de leur continent », a déclaré le président français à Addis-Abeba. Nous pourrions même lui dire merci de nous rappeler à l’ordre. Il va même convoquer nos dirigeants chez lui, à Paris, où il organisera en décembre un sommet consacré « à la paix et à la sécurité ». Il nous fait aussi l’honneur d’un « appui que la France va donner aux armées africaines pour qu’elles se défendent elles-mêmes, y compris contre le fléau du terrorisme ».
Tant de sollicitude pourrait faire fondre la défiance du plus revêche des anti-impérialistes, s’il n’y avait pas ce cynisme qui enrobe la démarche. C’est qu’il n’est pas seul, M. Hollande qui doit sérieusement s’inquiéter de la présence de John Kerry, le chef de la diplomatie des États-Unis, qui préfère donner des ordres, comme il l’a fait pour le Nigeria et pour le Soudan, auxquels il a signifié de calmer leurs ardeurs guerrières. Mais il n’est pas là que pour jouer de la menace et il ne se cache pas de déclarer ce qui l’anime au plus profond : « L’Afrique change profondément, incitant de nombreux pays, Russie, Chine, Brésil, Japon et autres, à y investir pour profiter des possibilités économiques. Les États-Unis ont été en retard dans ce domaine et nous devons changer cela. »
Sachant que la présidente brésilienne a annulé 900 millions de dollars de dettes de pays africains et que la Chine a été le seul pays remercié pour avoir massivement investi dans les infrastructures au profit de l’Afrique, connaissant les méthodes étatsuniennes pour « changer » les choses, nous sommes en droit, à notre tour, d’appréhender le pire. Devant ces présages, le cinquantenaire africain a un goût amer, mais peut-être nous éveillerons nous et rien ne fera plus qu’on vienne piétiner notre jardin.
Ahmed Halfaoui
* http://www.lesdebats.com/editions/270513/les%20debats.htm
URL de cet article 20744

dimanche 2 juin 2013

Documentaire 45 mn - Fabriquer la contestation : la vérité sur la Syrie,[titre anglais : Manufacturing Dissent : the truth about Syria]

Ce documentaire [titre anglais : Manufacturing Dissent : the truth about Syria] décrit la guerre psychologique menée par les médias principaux pour faciliter le renversement du gouvernement syrien selon l’agenda occidental. Il montre comment les médias ont contribué directement à l’effusion de sang en Syrie.
Le documentaire déconstruit les principales allégations présentées par ces acteurs , à savoir que le gouvernement syrien aurait systématiquement réprimé des manifestations pacifiques perdant ainsi sa légitimité. Il montre comment de telles allégations sont étayées par des preuves insuffisantes et ne sont donc que de la propagande pour servir les intérêts de la politique étrangère de leur pays.
Produit par les journalistes Lizzie Phelan et Mostafa Afzalzadeh.
Monté par Lizzie Phelan.
Publié le 8 octobre 2012.
Version Française (merci à knowldge-tv.com pour la traduction)


Source : http://lizzie-phelan.blogspot.fr/search/label/Manufacturing%20Dissent

La CPI, cet acronyme bien à propos....on a l’impression que la Cour pénale internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Ghaza, en Tchétchénie ? les arguments ne doivent pas manquer aux Africains pour exiger que la CPI ne s’occupe plus de leurs affaires.

Le président de l’Union africaine (UA) a rappelé ce qu’il fallait à qui il fallait.
Son prédécesseur avait déjà signalé qu’« on a l’impression que la Cour pénale internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Ghaza, en Tchétchénie ? Ce n’est pas seulement en Afrique qu’il y a des problèmes. Alors pourquoi n’y a-t-il que des Africains qui sont jugés par cette Cour ? »
C’est une toute petite chose, eu égard à ce qui doit être fait et aux turpitudes africaines, mais c’est déjà ça. Le fait d’accuser de racisme la Cour pénale internationale (CPI) est d’une audace certaine. Non pas que les Africains ne commettent pas de crimes, mais parce qu’à les traduire seuls devant des tribunaux est un peu trop de la moitié. Du moins, si cette réaction est due à l’assurance d’avoir beaucoup donné par ailleurs, pour mériter plus d’égards, elle a le mérite de mettre fin à un silence coupable.
La CPI n’a jusqu’ici, depuis sa création, poursuivi et inculpé que des Africains, soit une trentaine de personnalités. Et ce, sous divers chefs d’accusation. Ce qui lui a valu, ici dans de précédentes chroniques, de figurer sous l’appellation non usurpée de Cour pour indigènes, sous le même acronyme. Le président de l’UA n’a pas été plus loin. Il ne peut manifestement pas aller au-delà de ce qu’il a osé faire. On peut lire dans « la chasse raciale », les mots qu’il a utilisés, la suggestion qu’il existe des criminels d’une autre envergure et dans des continents autres que l’Afrique. Surtout chez ceux qui se sont érigés en conscience surarmée du monde.
Officiellement, la CPI est chargée de promouvoir le droit international, de juger les individus coupables de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de crimes d’agressions. Dans ces missions, il n’est pas spécifié la nationalité des justiciables. Il n’est pas précisé que les dirigeants étatsuniens, européens ou ceux qui font partie de leur monde devraient bénéficier d’une quelconque immunité. Du coup, les arguments ne doivent pas manquer aux Africains pour exiger que la CPI ne s’occupe plus de leurs affaires. Ils n’ont qu’à se baisser pour en ramasser à la pelle.
Ils pourraient commencer par demander des explications sur la différence de traitement qu’il y a entre Omar El-Béchir, le président soudanais sous le coup de poursuites, et Barack Obama, le président des États-Unis, qui ne se cache pourtant pas de faire des cartons, avec ses drones, sur des populations sans défense. Il dit même que « le recours aux drones est sévèrement encadré », preuve que les centaines d’enfants déchiquetés en Afghanistan ou au Pakistan sont ses victimes directes, sans que la CPI ne pipe mot. Alors que MM. Uhuru Kenyatta et William Ruto, président et vice-président du Kenya, sont passibles d’être jugés pour leur présumé rôle dans les violences consécutives aux présidentielles kényanes de décembre 2007. La CPI a tout de même apporté une réponse : elle ne réagira pas aux résolutions de l’Union africaine. Elle a tout dit. Devrait-elle-même se sentir obligée de répondre ?
Ahmed HALFAOUI
http://www.lesdebats.com/editions/290513/les%20debats.htm
URL de cet article 20777

samedi 1 juin 2013

LIBAN :Hassan Nasrallah donne le signal de la contre-attaque de l'axe de la Résistance....la Résistance ne permettra pas que la Syrie tombe dans le giron de l'Amérique, d'Israël et des mouvements takfiris.

Alors que les Américains tentent de vider de leur contenu les arrangements de Moscou, en minant la conférence de Genève 2, l'Etat syrien et ses alliés régionaux font preuve d'une grande détermination à modifier d'une manière irréversibles les rapports de force sur le terrain. En assénant des coups de boutoirs aux terroristes, la Syrie réduit à presque rien la marge de manœuvre de Washington. Parallèlement, la Russie campe sur ses positions et refusent toutes les conditions posées par les Américains concernant la composition de la délégation des "oppositions" syriennes et le blocage de la participation de l'Iran à cette conférence.
En affirmant que la région traverse "une nouvelle phase", le leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, donne le signal de la contre-attaque de l'axe de la résistance, qui a commencé il y a plusieurs semaines avec les succès stratégiques enregistrés par l'armée syrienne autour de Damas et dans la région d'Alep et d'Idleb. Sayyed Nasrallah a été clair: la Résistance ne permettra pas que la Syrie tombe dans le giron de l'Amérique, d'Israël et des mouvements takfiris. Elle n'acceptera pas que ses lignes de ravitaillement soient rompues et qu'une force ennemie la poignarde dans le dos. La Résistance est prête à déployer des dizaines de milliers de combattants s'il le faut pour atteindre ces objectifs.
Confirmant ces propos, l'armée syrienne poursuit sa progression sur le terrain. La ville stratégique de Qoussair est désormais contrôlée à 80% par l'armée régulière, l'armée de défense nationale et les comités populaires. La route reliant l'est du Liban à Homs, au centre de la Syrie, est sécurisée. Il s'agir d'un axe vital pour acheminer des hommes et du matériel vers la Syrie et vers toutes les régions du pays.
Selon une source militaire syrienne, l'aéroport de Dabaa, au nord de Qoussair, est totalement encerclé, des combats ont lieu à l'intérieur et les rebelles qui s'y trouvent n'ont plus de contacts avec ceux restés dans le nord de la ville.
Pour tenter d'atténuer les pressions, les terroristes syriens et leurs soutiens libanais menacent de transposer le conflit au Liban. Ils ont intensifié leurs agressions contre le quartier de Jabal Mohsen à Tripoli; on multiplié les incidents et les provocations à Saïda, via le cheikh intégriste Ahmad al-Assir; ont tiré deux roquettes de type Grad sur la région frontalière du Hermel; et, plus grave encore, ils ont tiré, dimanche, deux roquettes sur Beyrouth, plus précisément sur la banlieue sud.
Ammar al-Wawi, un des chefs des extrémistes syriens, a menacé, dimanche, que "le Liban n'est pas à l'abri de ce qui se passe en Syrie". "Ce qui s'est passé dans la banlieue-sud est une mise en garde. Il y aura des répercussions sur Beyrouth, sur Tripoli et sur l’aéroport. Nous ne resterons pas les bras croisés face aux agissements du Hezbollah", a-t-il lancé.
Preuve de la confusion qui règne dans les rangs des rebelles syriens, Ammar al-Wawi a très vite été désavoué par le porte-parole de l'Armée syrienne libre, Fahd al-Masri.
La déliquescence des extrémistes s'est traduit aussi par des combats qui ont éclaté dimanche dans deux localités du nord de la Syrie entre rebelles et combattants kurdes. Les affrontements ont eu lieu à Ras al-Aïn, une localité frontalière avec la Turquie, entre les rebelles et des comités de protection du peuple kurde (YPG).
Pendant ce temps, Damas a déployé sa diplomatie en préparation à la conférence de Genève 2. Le ministre des Affaires étrangères, Walid Moallem, a effectué une visite surprise à Bagdad, d'où il a annoncé que la Syrie avait donné son "accord de principe" pour participer à cette conférence à travers une délégation officielle. Il a déclaré, après un entretien avec le Premier ministre Nouri al-Maliki que l'Irak ne fera pas partie de l'axe hostile à la Syrie.
En parallèle, l'Iran a haussé le ton contre la Turquie. Le chef du Parlement, Ali Larijani, a déclaré qu'Ankara ne devrait pas faire assumer à l'Iran et au Hezbollah la responsabilité des erreurs qu'il commet depuis deux ans en Syrie.
Ces succès militaires et cette offensive politique interviennent alors que ladite opposition syrienne ne réussit toujours pas à s'entendre sur la composition de sa délégation à Genève 2, car ses sponsors régionaux (Arabie saoudite, Qatar et Turquie) et internationaux, conduits par les Etats-Unis, se disputent les quotas de représentation.
Source : TENDANCES DE L'ORIENT

LIBAN : Déclarations et prises de positions Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah....Une guerre mondiale a été lancée contre la Syrie. Tout le monde intervient en Syrie, mais la communauté internationale n’accuse que le Hezbollah pour son implication dans le conflit.


« Nous passons par des moments historiques critiques. Depuis le retrait des forces syriennes du Liban en 2005, le gouvernement libanais n’a pas réussi à renforcer son armée face aux menaces israéliennes. Si l’armée libanaise avait les moyens et les armes nécessaires, elle aurait combattu Israël avec la même férocité que le mouvement de résistance. Le problème essentiel est que, depuis la création de l’Etat libanais, les responsables libanais n’ont jamais considéré Israël comme un pays ennemi qu’il faut combattre. L’Etat est incapable, sans la résistance, de défendre le pays face aux menaces israéliennes. Nous vivons dans un Etat confessionnel, incapable d’adopter une nouvelle loi électorale. Comment peut-on s’attendre de cet Etat de résister face à l’armée israélienne ? Ils en sont incapables". Mais la présence d’un Etat, même faible, est mieux que le vide politique ou le chaos. A Tripoli, il faut mettre fin aux violences insensées. Nous appelons de nouveau à laisser le Liban en dehors de toute confrontation. Que ceux qui veulent combattre aillent en Syrie. Mais préservons la neutralité du Liban. Pourquoi se battre au Liban ? (...) Une guerre mondiale a été lancée contre la Syrie. Tout le monde intervient en Syrie, mais la communauté internationale n’accuse que le Hezbollah pour son implication dans le conflit. La communauté internationale veut le départ de ce régime même si cela veut dire la destruction de la Syrie. Une partie de l’opposition syrienne souhaite le dialogue, mais une autre partie travaille pour le compte des renseignements américains et israéliens. Il y a aussi les groupes armés sur le terrain, dominés principalement pas les mouvements takfiris. Ils sont venus de l’étranger pour combattre les forces syriennes nationales. Certains pays arabes financent et arment ces mouvements. La montée de ces mouvements radicaux ne constituent pas uniquement une menace pour les chiites au Liban, mais pour tous les Libanais, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. La Syrie représente un soutien essentiel à la résistance. La Syrie, c’est la protection arrière de la résistance, le support de la résistance. La résistance ne peut rester les bras croisés quand sa protection arrière est exposée et quand son support se brise. Si nous n’agissons pas, nous sommes des idiots. Si le régime de Bachar el-Assad tombe, la résistance sera affaiblie, ce qui permettra à Israël de contrôler le Liban et ce qui signera la fin des mouvements de résistance en Palestine. Nous n’avons pas besoin de décréter le Jihad. Il suffit de deux mots pour que des dizaines de milliers de combattants se rendent aux fronts. Nous faisons face à une nouvelle étape qui a commencé il y a quelques semaines. Nous combattons pour protéger la résistance et le Liban. Nous sortirons victorieux de cette bataille, comme toujours. Nous poursuivrons notre chemin et nous sacrifierons tout pour parvenir à cette victoire. Je vous le promet. »
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