lundi 18 février 2013

Syrie : Les rebelles s’en prennent au patrimoine culturel syrien...L’Irak a été pillé en son temps sous l’œil complice des troupes d’occupation. C’est désormais au tour de la Syrie.


On pouvait malheureusement s’y attendre. Les sites archéologiques syriens sont le point de mire des rebelles. Le patrimoine culturel de la Syrie, héritage d’une histoire millénaire, est la partie la plus vulnérable mais aussi la plus attrayante pour les destructeurs du pays arabe. Complètement indifférents à la valeur qu’ont les sites et les pièces de collection aux yeux des Syriens mais aussi pour les personnes un tant soit peu civilisées, les rebelles sont en train de faire des ravages pour en tirer quelque profit. L’Irak a été pillé en son temps sous l’œil complice des troupes d’occupation. C’est désormais au tour de la Syrie. « Certains jours nous sommes des combattants et d’autres, nous sommes archéologues », déclare ironiquement dans un entretien au Washington Post un jeune rebelle de 27 ans originaire de la ville d’Idlib. Comme lui, d’autres rebelles interrogés par le quotidien d’Outre-Atlantique ont admis la contrebande d’antiquités, officiellement pour financer leur lutte contre le gouvernement de Bachar el-Assad.
Toujours selon le Washington Post, des dizaines d’œuvres ont disparu en quelques mois à peines. Pis, certaines sont irrémédiablement endommagées. Parmi les objets volés, une statue en or datant de l’époque araméenne (VIIIème siècle avant l’EC) provenant du musée d’Hama et désormais inscrite sur les tablettes d’Interpol. Plus grave encore, des mosaïques byzantines de la cité romaine d’Apamée, près d’Alep, ont été retirées au bulldozer.
Ceci n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg, et quand on sait tout ce que la Syrie recèle en matière de patrimoine (Palmyre, les châteaux des croisés, les sites pré-phéniciens, les villes de Damas et Alep, etc.), on peut facilement imaginer que les contrebandiers y trouveront leur compte.
Il existe, selon le Washington Post, de véritables équipes de fouilles composées de jeunes dont la mission est de trouver dans les sites archéologiques de l’or, des statuettes, des mosaïques, et tout ce qui peut avoir une valeur marchande, fut-ce au prix d’irréparables déprédations. La destination principale des œuvres volées est la Jordanie, où la contrebande est favorisée par le flux quotidien de quelque 2.000 réfugiés. « Tous les jours, nous sommes contactés pour acheter de l’or syrien, des mosaïques syriennes et des statuettes syriennes », a confirmé un antiquaire d’Amman. « Damas est vendue ici à Amman, pièce par pièce ».
La contrebande syrienne rappelle ce qui est survenu durant l’invasion de l’Irak par les États-Unis, car la Jordanie était également considérée comme un point de passage obligé pour les trésors volés. « Il est encore trop tôt pour comparer la situation en Syrie avec ce qui s’est passé en Irak », a dit Nayef Al Fayez, ministre du tourisme et des antiquités de Jordanie, «  mais quand il y a des problèmes de sécurité, les sites archéologiques en sont les premières victimes. Et nous nous attendons à ce que ces événements se multiplient ».
L’UNESCO n’a pas été en mesure pour le moment de quantifier l’ampleur des pillages et des détériorations du fait de la difficulté d’accéder aux sites historiques dans un pays en proie à des attaques terroristes. Le krak des chevaliers, l’un des plus beaux châteaux inscrit au patrimoine de l’humanité, a été exposé à des tirs et à des bombardements. Les anciens souks d’Alep sont partis en fumée et la ville de Bosra, jadis capitale de la province romaine d’Arabie, a subi également d’importants dommages.
« Les gens peuvent nous condamner et nous traiter de voleurs », commente Abou Majed, un déserteur âgé de 30 ans qui dirige les chemins de la contrebande dans le sud du pays, « mais parfois, on doit sacrifier le passé pour garantir le futur ». Du fanatisme à la barbarie, il n’y a qu’un pas.
Capitaine Martin
http://www.resistance-politique.fr/article-les-rebelles-s-en-prennent-au-patrimoine-culturel-syrien-115441047.html
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samedi 16 février 2013

15 février 2013 - VIDEO - Cisjordanie : manifestations en faveur des détenus en grève de la faim

 
 
Des dizaines de Pales­ti­niens ont été blessés lors de heurts avec les forces israé­liennes en Cis­jor­danie à l’occasion de mani­fes­ta­tions de soli­darité ven­dredi avec des détenus par Israël en grève de la faim.
Des centaines de citoyens se sont rassemblés devant la prison d'Ofer, près de Ramallah, en soutien aux héroïques grévistes de la faim Samer Issawi, Ayman Sharawna, Tareq Qa'adan, Jaafar Azzedine et Fadi Washha.

 

Autrement dit : L’âge de glace du Printemps arabe....À la pointe de ce combat pour un "printemps", élaboré pour des Arabes dans des laboratoires non arabes,...


On l’appréhendait depuis plusieurs mois, certains prédisaient même le pire après la victoire du parti "Ennahdha" et la formation d’un gouvernement "islamiste" en Tunisie. De ce côté-ci de la frontière, on espérait même voir le pays voisin échapper aux convulsions et aux souffrances que nous avons connues en Algérie. Las, les derniers événements, les attentats contre les libertés, puis le meurtre, mercredi dernier, d’une éminente figure de l’opposition tunisienne, nous interpellent de nouveau. Sans doute, n’est-ce pas le lieu de rappeler ici la solitude qui fut la nôtre, et la façon scandaleuse dont certaines voix, à l’Est et à l’Ouest, se sont empressées de se démarquer. Il y a eu des commentaires désobligeants, et blessants dans le contexte, sur les capacités de certaines nations, mieux outillées que d’autres face aux crises. 

Ces jours-ci, encore, alors que mausolées et tombes étaient profanés et détruits, la même antienne est revenue, mais comme un acte futile d’exorcisme. Heureusement, ils ne sont plus très nombreux, en Tunisie, à vouloir se persuader qu’ils ne vivraient pas le drame, vers lequel ils se précipitaient pourtant tout droit. Nos voisins sont désormais bien conscients que le langage de la violence engendre la violence et les liquidations physiques, que l’extase religieuse n’autorise pas la négation de l’autre. Aujourd’hui, il est encore plus évident que les mêmes causes produisent les mêmes effets, à fortiori dans une région de population aussi homogène que le Maghreb. On voit, aujourd’hui, que les révolutions qui ont triomphé, sans violence ou avec un minimum de dégâts, ne faisaient que différer cette violence.
 Tout avait pourtant bien commencé en Tunisie, d’où l’odeur du jasmin se répandait sur toute la rive Sud de la Méditerranée, mais les soubresauts continus mettent à nu l’inanité de certains néologismes, trop vite hissés au rang de dogme immuable. C’est le cas de ce Printemps arabe, lancé par quelques nostalgiques qui ont raté ou refusé de respirer l’air du Printemps de Prague. Depuis les années soixante, la terminologie n’a pas évolué, et de vieux slogans sont ressortis des placards, hâtivement époussetés, pour un usage de circonstance. 
L’absurdité suprême, ou l’audace suprême du vocabulaire de la conspiration, aura été de vouloir faire pousser du jasmin partout. Même là où il avait fort peu de chances de pousser, et même là où l’on n’avait pas du tout envie de cultiver ce genre, préférant les orties locales à un jasmin, aux forts relents de "Chanel".
De Tunis à Bahreïn, on a vu, et aussi entendu, ce slogan racoleur auquel ont succombé les Arabes eux-mêmes, en proie à une crise de psittacisme, sans égale dans leur histoire.
 À la pointe de ce combat pour un "printemps", élaboré pour des Arabes dans des laboratoires non arabes, on a retrouvé un certain Sarkozy. A la barre d’une France, que son timonier dirigeait "à droite toute", l’ancien président n’a réussi qu’un seul prodige : détester les Arabes de Saint-Denis, en le montrant bien sûr, et aimer, de façon tout aussi ostentatoire, d’autres Arabes, ceux de Benghazi. En Tunisie, il n’a pas osé, parce que la ficelle aurait été trop grosse, au regard des relations de Paris avec le régime déchu. Ensuite, il y a eu d’autres "printemps", ou des ersatz de la saison des floraisons, comme en Egypte où Moubarak, lâché par Washington, a abandonné. Puis, on s’est attaqué à la Syrie, dont le régime semble résister plus que jamais aux coups de boutoir des factions armées, germant çà et là, printemps oblige, après le passage des semeurs étrangers. Là, on ne se donne même plus la peine d’agir, selon la tradition, en se contentant de signer des chèques.
Désormais, les financiers tiennent à contrôler eux-mêmes, et sur place, la destination et l’usage final de leur argent.
Salah Arezki
http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/4947-autrement-dit...
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vendredi 15 février 2013

TUNISIE - CHOKRI BELAID : (VIDEO) Le requisitoire qui enrageait les assassins


Espagne : Beatriz Talegón, la jeune femme qui, de l’intérieur, a couvert de honte l’Internationale Socialiste.

"La gauche est maintenant au service des élites, elle danse avec le capitalisme, elle est bureaucratique. Elle a perdu complètement le nord, le contact avec la base, et c’est quelque chose que la gauche ne peut pas se permettre.Ils produisent des discours qui ne veulent rien dire. Mais les gens ne sont pas bêtes".
 
11 Février 2013. Beatriz Talegón, de l’Union Internationale des Jeunes Socialistes, met les points sur les "i" aux dirigeants socialistes du monde entier, pendant qu’ils sont dans un hôtel cinq étoiles à Cascais (Portugal) pour la réunion du Conseil de l’Internationale Socialiste, en les accusant d’être responsables de la gravité de la situation actuelle.

"Je suis très étonnée que nous prétendions faire la révolution depuis un hôtel cinq étoiles à Cascais, en venant dans des voitures de luxe. Je me demande, à la vérité, si nous pouvons apporter une réponse aux citoyens quand vous, responsables politiques, vous leur dites que vous comprenez, que vous souffrez, parce-que nous sommes socialistes. Réellement, est-ce qu’on sent cette souffrance à l’intérieur de cet endroit ? Réellement, est-ce qu’on peut comprendre depuis un hôtel cinq étoiles ce qu’on demande au monde ?
"Malheureusement, nous n’avons pas été les socialistes qui dans le monde ont poussé les gens à sortir dans la rue ou à se mobiliser, et ce qui devrait nous faire souffrir est que ceux-ci demandent la démocratie, demandent la liberté, demandent la fraternité, demandent l’éducation publique, la santé publique, et nous ne sommes pas là.
"Vous, les leaders, mal nommés leaders parce que vous êtes les responsables de ce qui se passe,"Après que vous en aurez eu plein la bouche de discours parlant de l’emploi des jeunes, de ce que les jeunes vous préoccupent beaucoup : on ne s’en préoccupe pas vraiment, en fait, parce que vous nous tenez ici et que vous ne venez pas non plus nous demander notre point de vue sur la question.
"Nous avons beaucoup à dire parce que ça intéresse les gens de savoir ce que les jeunes pensent, dans la mesure où ce sont nous qui sommes en train de payer les conséquence de votre action - ou de votre inaction".
Source : http://www.aporrea.org/internacionales/n223103.html
Son intervention au complet, enregistrée et diffusée en vidéo (Si Youtube retire celle ci, il y en a beaucoup d’autres), a fait un triomphe dans les réseaux sociaux et a été l’objet d’une couverture médiatique au Portugal, où elle a fait son discours.
Elle dit aussi : "La gauche est maintenant au service des élites, elle danse avec le capitalisme, elle est bureaucratique. Elle a perdu complètement le nord, le contact avec la base, et c’est quelque chose que la gauche ne peut pas se permettre"
"Ils produisent des discours qui ne veulent rien dire. Mais les gens ne sont pas bêtes. Et ils perdent les élections les unes après les autres."

Source : http://www.huffingtonpost.es/2013/02/11/beatriz-talegon-los-...



mercredi 13 février 2013

Financement du terrorisme : les Européens jouent aux pompiers pyromanes..Comment peut-on sérieusement, d’un côté, s’attaquer au système bancaire qui blanchit l’argent du terrorisme en Europe et de l’autre, alimenter la bête avec de l’argent frais ?

....L’Algérie a passé vingt ans à tenter de convaincre la communauté internationale, notamment aux Nations unies, pour criminaliser le paiement des rançons. Que payer pour un otage équivaut à acheter une arme pour tuer d’autres innocents....


...Comment peut-on sérieusement, d’un côté, s’attaquer au système bancaire qui blanchit l’argent du terrorisme en Europe et de l’autre, alimenter la bête avec de l’argent frais ?

Sortez les calculettes : les gouvernements européens ont payé, en sept années, 89 millions d’euros aux terroristes d’Aqmi. À elle seule, la France a versé 17 millions à Abou Zeïd et ses amis. Soit 2,5 millions d’euros par an.
 Pour une fois, ce n’est pas l’Algérie qui se plaint de l’argent des rançons payées aux terroristes, mais l’ancien ambassadeur américain au Mali, Vicki Huddleston, qui a lâché une bombe dans l’univers hypocrite de la diplomatie internationale : oui, les gouvernements européens, français, allemand, espagnol et même canadien, ont obéit au chantage des terroristes d’Aqmi. Oui, ils ont versé des sommes colossales à Droukdel, Abderezak El-Para, Abou Zeïd et Belmokhtar. Oui, le gouvernement malien a servi d’intermédiaire à ces transactions criminelles.

L’Algérie a passé vingt ans à tenter de convaincre la communauté internationale, notamment aux Nations unies, pour criminaliser le paiement des rançons. Que payer pour un otage équivaut à acheter une arme pour tuer d’autres innocents.
 89 millions d’euros est une somme faramineuse, une subvention considérable à l’Ansej de Belmokhtar. Un crime sans nom. Un scandale.

Mais le plus invraisemblable, ce sont les discours lénifiants des Européens sur la lutte contre le terrorisme. Comment peut-on sérieusement, d’un côté, s’attaquer au système bancaire qui blanchit l’argent du terrorisme en Europe et de l’autre, alimenter la bête avec de l’argent frais ? Comment peut-on, d’un côté, s’interroger sur la puissance de feu des terroristes qui ont attaqué In Amenas et de l’autre, leur fournir assez de fric, de quoi s’acheter un avion de chasse ? Comment peut-on appeler à protéger un gouvernement malien, celui d’ATT et les autres, alors que ses membres agissent comme des coursiers pour le compte du terrorisme international ?

Huddleston l’explique très bien et brise l’omerta autour de ces questions de rançon que tout le monde dit n’avoir jamais payée. Maintenant, c’est à la communauté internationale d’aller plus loin, de juger les intermédiaires efficaces de ces transactions, notamment l’incontournable imam Chaâfi, le Mauritanien protégé par Blaise Compaoré, toujours en activité tant qu’il y a des otages français dans la région.
Et surtout cesser de donner des leçons de lutte contre le terrorisme, particulièrement à l’Algérie ; quand on donne à manger aux terroristes.
http://www.liberte-algerie.com
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mardi 12 février 2013

La France au Mali : une guerre juste ? ...Pourquoi l’opération SERVAL ?

 Ce qu’on a commencé au Mali s’arrêtera où ?...

...Comme par miracle, des bandes d’aventuriers pleins de sang, venant de Libye, ont envahi le Nord du Mali sans avoir à livrer de véritable combat. Comme encore par miracle, les y voilà chassés, dans le même scénario, sans livrer de combat ! Étrange guerre, auréolée de tant de miracles !...


Ce qui est paradoxal :
C’est qu’en Libye et en Syrie la France a apporté son soutien aux islamistes, aux terroristes, aux fanatiques, aux trafiquants de drogue et d’armes,…pour chasser du pouvoir des dirigeants hostiles au néocolonialisme. La guerre coloniale en Libye a fait d’innombrables victimes : plus de 100 000 civils tués par les raids de l’Otan, et a détruit tout un pays qui était l’un des plus prospères d’Afrique : Indice de développement Humain (2) (IDH) le plus élevé.
Mais, au Mali la France fait la guerre aux islamistes, aux terroristes ou trafiquants comme les médias les appellent. Tantôt ils sont leur ennemi tantôt ils sont leur alliés, nous devons comprendre la que toutes ces guerres sont guidées par des intérêts et non par les principes et valeurs défendus par la communauté internationale.
Ce qui choque :
C’est que la majeure partie des populations africaines reste naïve ne comprenant jamais les politiques politiciennes des puissances impérialistes. Au Mali aujourd’hui, les média nous montrent notre Président perçu comme un héros, le drapeau tricolore flotte et les populations scandent "Vive le France". Ces images sont-elles de la propagande ou reflètent-elles la réalité ?
Qu’importe : les Maliens et Maliennes oublient qu’avant eux les Irakiens, les Afghans, les Somaliens, les Libyens, et les Ivoiriens, ont bénéficié de l’aide des puissances impérialistes au nom de la démocratie mais plus jamais ces pays n’ont connu la paix. Au lieu de la paix et de la démocratie, les puissances impérialistes ont apporté la misère et le désordre dans ces pays. Sans aucun doute le Mali sera un nouvel Afghanistan à partir duquel d’autres pays seront atteints.
Pourquoi l’opération SERVAL ?
Les questions que beaucoup de gens ne se posent pas, c’est pourquoi la France a attendu tout ce temps avant d’intervenir ? Pourquoi l’ONU n’a pas validé l’intervention de la CEDAO à temps ? Pourquoi le coup d’État militaire du capitaine Sanago ?
Pourquoi la France intervient-elle au sol aux côtés de la MISMA (3) ?
En effet, la France ancienne métropole malienne a envoyé des troupes qui interviennent dans les airs et au sol pour soi-disant chasser les islamistes.
En vérité, c’est une guerre non pas contre les islamistes mais une guerre de conquête, une guerre coloniale, une guerre d’intérêt. Le hic dans cette guerre c’est qu’on ne nous précise jamais les vraies raisons, il nous faudra attendre les travaux des historiens pour connaitre les causes cachées de tous ces bombardements français qui coûtent une fortune au ministère de la défense française dans ces périodes de crise financière.
On ne nous dit jamais aussi que le nord du Mali est riche en uranium, pétrole, or et gaz, en réalité voilà ce qui justifie l’opération Serval, mettre la main sur toutes ces richesses dont regorge le sous-sol malien.
La seconde étape de SERVAL : la bande Sahélo-Saharienne ?
Serval a commencé au Mali mais finira sans doute soit au Niger soit en Algérie qui sont d’autres cibles potentielles où les puissances coloniales envisagent de mettre la main pour contrôler les immenses richesses dont regorgent les sous-sols de ces pays.
La bande Sahélo-Saharienne est réputée par excellence comme étant une zone très riche pour les ressources naturelles comme l’uranium, l’or, le pétrole, le gaz qui restent encore inexploitées. Face à l’émergence de la Chine, de l’Inde, du Brésil,…pays qui s’installent de plus en plus en Afrique, c’est une course contre la montre qui est lancée avec les puissances impérialistes comme les États-Unis d’Amérique, la France, la Grande Bretagne,….pour l’occupation de cette zone du continent africain.
Au-delà de SERVAL : l’Afrique pour les USA ?
C’est donc bien une reconquête de l’Afrique qui a commencé avec la Libye, puis le Mali . En effet,selon une dépêche AP publiée en Décembre dernier, l’armée US a planifié le déploiement de troupes dans 35 pays africains dont le Mali, mais aussi la Libye, le Soudan, l’Algérie, le Niger, le Kenya, la Somalie. Des soldats basés à Fort Riley, la 2ème brigade et la 1ere division d’infanterie du Kansas commenceront à s’entraîner en Mars 2013 pour concrétiser un projet du Pentagone d’envoyer des troupes dans ces 35 pays africains.
Sous prétexte de « guerre contre le terrorisme » et pour soi-disant entraîner les troupes africaines contre les « terroristes » islamistes/Al Qaeda « Made in CIA » et les services de renseignements alliés. L’objectif impérialiste colonial US c’est de s’accaparer les ressources de ces pays africains pour le compte des compagnies minières et des banques États-uniennes et d’en chasser la Chine et la Russie qui y ont développé des projets d’aides économiques.
Hollande a décidé sans aucun vote du Parlement français mais avec le feu vert de Washington, d’engager la France dans une guerre au Mali visant en autres à préparer le terrain pour l’installation de troupes américaines dans les 35 pays africains nommés ci-dessus. Cette décision prise SEUL constitue un dangereux précédent car Hollande peut à tout instant décider d’engager la France et son armée en Syrie par exemple ou contre l’Iran avec les conséquences inimaginables qui s’en suivraient.
Hollande met à disposition des USA des troupes et équipements lourds (avions et hélicoptères de combat missiles etc...) de l’armée française et ce sont bien sûr les contribuables français qui paieront la note et certainement pas le Mali l’un des pays les plus pauvres d’Afrique bien que 3ème producteur d’or et bientôt producteur de pétrole justement au Nord de son territoire.
Hollande converti aux thèses des néo-conservateurs
« l’intervention militaire française au Mali est le signe que la France suivra dorénavant la doctrine des néo-cons US et des faucons israéliens de la guerre contre le terrorisme partout dans le monde ». Ce qu’on a commencé au Mali s’arrêtera où ? Cela fait plaisir en tout cas à Netanyahu qui avait salué « l’action militaire française en Afrique » et exprimé ses regrets pour les pertes françaises (et non maliennes).
Cela dit, au-delà du discours hypnotisant de la diplomatie française copié-collé du discours néo-cons, rappelons-nous les propos d’Obama qui avançait que les États-Unis, « source d’espoir pour les pauvres, soutiennent la démocratie en Afrique ».
Quel espoir pour les peuples africains quand on sait que c’est Washington qui avait installé au pouvoir l’an dernier le capitaine Sanogo, entraîné aux USA par le Pentagone et par la CIA, en aiguisant les conflits internes. Aussi, il ressort, selon certains spécialistes, que cette opération était planifiée depuis longtemps et conjointement à Washington, Paris, Londres et dans d’autres capitales. Notons au passage que la France a été appelé au Mali par des putschistes ! On peut se poser la question sur la légitimité d’un tel appel.
La réalité de cette guerre coloniale
Après la prise de Konna, on a eu un véritable tocsin sonné par les autorités françaises. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est répandu en insultes contre les combattants du Nord les traitant de bandits, de meurtriers, de terroristes. Hollande a parlé de destruction confondant dans un même appel à l’anéantissement hommes et matériel de guerre.
Les Rafale ont décollé chargés de bombes. De Konna à Kidal, les pilonnages destructeurs et meurtriers n’ont pas cessé pendant trois semaines. La moindre camionnette en mouvement devenait un objectif à pulvériser. "Nous en avons tué plusieurs centaines" ont clamé Fabius et Le Drian parlant indifféremment de tous les combattants du Nord comme de terroristes et les ravalant au rang d’animaux nuisibles à détruire.
Cette volonté meurtrière jointe aux effets ravageurs de bombes dans des lieux plats et désertiques qui n’offrent aucun abri, peuvent faire craindre un bilan qui dépassera sans doute le millier de tués. Combien de blessés et sans doute atrocement et sans doute très mal soignés sinon pas du tout faut-il rajouter à ce bilan ?
Sans oublier les réfugiés : des familles touareg en nombre fuient vers le Niger ou la Mauritanie pour trouver un asile dans des camps, des combattants cherchent aussi à gagner ces pays mais aussi la Libye et l’Algérie pour y trouver un refuge, ceci est la conséquence inéluctable de ce qui précède.
Mais aussi des déplacés : « Les personnes déplacées de Tin Zaouatène (Nord-Est de Kidal), qui ont dû tout abandonner, derrière elles, vivent dans un dénuement total », selon Jean-Nicolas Marti, chef de la délégation régionale du CICR pour le Mali et le Niger.
La situation de plus de 6.500 de ces déplacés et de quelque 400 familles résidentes, qui partagent avec eux leurs maigres ressources, est, aujourd’hui, préoccupante, estime de son côté le Comité International de la Croix Rouge, dans un communiqué, diffusé début février 2013, à Genève. Cf :http://news.abamako.com/h/13698.html
Tout cela ne peut qu’entraîner de lourdes charges, voire des menaces de déstabilisation sur tous les pays musulmans voisins. Un article du Huffington Post du 31 janvier pose nettement la question : "la guerre du Mali va-t-elle déstabiliser tout le Sahel ?"
Conclusion
Hollande - et tous ceux qui ont apporté leur soutien lamentable à cette déclaration de guerre dictatoriale de Hollande - dictatoriale parce que décidée par lui SEUL comme si la France son territoire et sa population étaient confrontés à un danger d’invasion imminente - a donc adopté la position des néo-cons développée il y a 10 ans par Bush Junior pour partir en guerre contre l’Afghanistan et ensuite l’Irak de Sadam Hussein avec les conséquences désastreuses que l’on connait pour ces deux pays et leurs populations mais aussi les libertés individuelles des États-uniens .

Le Mali est entré dans une ère de tourmente que connaissent tous les pays dont les ressources sont convoitées et qui n’ont pas les moyens de se défendre. C’est la poursuite du sempiternel esclavagisme sur lequel s’est bâti l’Occident. Les africains rêvent de pouvoir exploiter les ressources de leur pays, et souhaitent de pouvoir bénéficier des richesses qu’elles engendrent.

Hélas, l’expérience des pays comme le Niger, le Gabon, la RDC, le Congo Brazza, nous ramène à la dure réalité. Leurs ressources sont exploitées, tout en détruisant leur environnement, et leurs populations croupissent dans la misère innommable.

Depuis le beau discours de Dominique De Villepin à l’ONU que de chemin parcouru à reculons ! On sait que Dominique De Villepin avait eu raison !
La Guerre de Libye, sans consultation ni du parlement ni du peuple de France a été un fiasco qui a couté 320 millions d’Euros et ouvert la boite de Pandore aux groupes armés et au trafic !
Depuis 2003 l’Irak est plongé dans le chaos et l’uranium appauvri fait des ravages dans la population ! La Libye suit le même processus, et l’avenir de la Syrie semble le chaos.
Ce chaos semble être une stratégie recherchée propice aux pillages et aux pogrom de civils, musulmans !
Quant au Mali, dégât collatéral de la guerre en Libye, il est riche en uranium, en or, pétrole, gaz et nappes aquifères !

L’impérialisme pris dans ses contradictions et ses erreurs continue à vouloir s’approprier les richesses de la planète.

Gauthier
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