dimanche 10 février 2013

PLATEFORME POUR LA SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE DU SAHARA OCCIDENTAL : message clair du parlement européen adressé au Maroc et au gouvernement français.

...une nouvelle fois un message clair adressé au Maroc pour qu’il mette fin à sa politique de répression, libère les prisonniers politiques sahraouis et reconnaisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. C’est aussi un message adressé au gouvernement français pour qu’il change de position en arrêtant de soutenir le plan marocain d’autonomie qui bafoue le droit international....

En 2012, Le Parlement européen s’est prononcé à trois reprise (18 avril, 12 septembre et 18 décembre) sur la question du Sahara occidental. Il a dénoncé les violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés et soutenu le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Le 7 février, en session plénière à Strasbourg, le Parlement européen a adopté une résolution sur la 22ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies qui se tiendra à Genève du 25 février au 22 mars. Il n’a pas oublié le Sahara occidental en faisant part de "ses préoccupations au vu des violations permanentes des droits de l’Homme au Sahara occidental". Face à cette situation, il appelle " à la protection des droits fondamentaux de la population du Sahara occidental, y compris la liberté d’association, la liberté d’expression et le droit de manifester". Le Parlement européen "demande que soient libérés tous les prisonniers politiques sahraouis ; salue la nomination d’un envoyé spécial pour le Sahel et souligne la nécessité d’un suivi international de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental ; est favorable à un règlement juste et durable du conflit sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies".
C’est une nouvelle fois un message clair adressé au Maroc pour qu’il mette fin à sa politique de répression, libère les prisonniers politiques sahraouis et reconnaisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. C’est aussi un message adressé au gouvernement français pour qu’il change de position en arrêtant de soutenir le plan marocain d’autonomie qui bafoue le droit international. La Plateforme félicite une fois de plus les parlementaires européens pour ce vote qui constitue pour le mouvement de solidarité un encouragement et un point d’appui contre l’occupation coloniale et pour l’autodétermination du peuple sahraoui. Le Parlement français pourrait utilement s’inspirer de ce vote en décidant de mettre en place un groupe d’études sur le Sahara occidental.
Paris le 7 février 2013
Membres : Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA), Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA), Association des Amis de la RASD (AARASD), Association de la Communauté sahraouie en France(ACSF), Association des Sahraouis en France (ASF), Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), AFASPAM13, Amis du peuple du Sahara occidental (APSO) 35Bretagne, Blain Accueil Enfants Sahraouis (BAES),Comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher, Comité Limousin de Solidarité avec le peuple sahraoui (CLSPS), Enfants de la Méditerranée, Enfants réfugiés du monde Pays de Loire (ERMPL), Les Mariannes de St Joseph, Quand l’Occident rencontre le désert (QORD)
Observateurs : Agir contre le colonialisme aujourd’hui(ACCA) , Association des Anciens Appelés d’Algérie et de leurs Amis Contre la Guerre(4ACG),Association havraise Solidarité et Echange avec tous les immigrés (AHSETI), Association de solidarité avec le peuple sahraoui de Lorraine(ASPS),Association vierzonnaise de Solidarité avec le peuple sahraoui (AVSPS),Capsolidaire, CCFD - Terre solidaire, Droit Solidarité, Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés(FASTI), Femmes Solidaires, Survie
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samedi 9 février 2013

Mali : avant et après les caméras....heureusement que, en marge du vacarme médiatique et de la doxa dominante, il y a des amoureux de la vérité qui veillent, même si leur voix ne se fait pas beaucoup entendre.

....Le Mali sera donc reconstitué selon la stratégie de la métropole et reconstruit en conformité avec les visées économiques des multinationales. Pour ne rien gâcher, les choses se feront, cette fois-ci, avec l’assentiment de Maliens débordants de reconnaissance à l’égard d’une armée de
« sauveurs »...

A considérer les cris d’indignation de la grande presse et des dirigeants des grandes démocratie contre la dictature des Mujao et Ançar Eddine, nous devrions croire que l’intervention de la Françafrique au Mali n’est que l’aboutissement d’une volonté de voler au secours d’une population en danger et d’un pays en perdition. Mais, heureusement que, en marge du vacarme médiatique et de la doxa dominante, il y a des amoureux de la vérité qui veillent, même si leur voix ne se fait pas beaucoup entendre.
Ce sera autant de gagné pour la postérité et pour que l’ignominie colonialiste ne lamine pas tous les principes moraux. Parmi les esprits lucides, peu enclins à se laisser intoxiquer, il y a Jean Batou, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lausanne, qui nous apporte un éclairage sur la situation. Il nous invite, d’abord, à considérer les conditions économiques et sociales qui ont conduit le Mali à son éclatement. Nous devons savoir qu’« en 2011, le PNUD classait le Mali en 175e position sur 187 pays en termes de développement humain », que « les femmes donnent naissance en moyenne à 6,5 enfants vivants, dont un sur 6 décède avant l’âge de 5 ans (la moitié de ceux qui survivent souffrent d’un retard de croissance) », que « neuf ménages sur 10 ne disposent pas d’électricité » et que « les ménages de Gao, de Tombouctou ou de Kidal dans le nord dépensent moins de la moitié de ceux de Bamako) et du nombre absolu de pauvres ». Tout cela sous le règne d’une politique dictée par la France et par le Fonds monétaire international, dénommée « cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté ». Avec le succès que nous pouvons observer aujourd’hui.
À ce moment là, il n’était pas question de s’apitoyer ou de s’émouvoir sur le sort des populations. Les caméras n’ont pas non plus trouvé d’intérêt à aller cueillir des images pour les montrer au monde, tel que cela s’est produit quand il a fallu accompagner les tambours de guerre. Tout allait pour le mieux et pouvait perdurer, pourvu que rien ne vienne déranger la « stabilité » si chère aux investissements qui pompent les richesses locales ou qui envisagent de le faire. Et puis, tout compte fait et tant qu’à faire, l’occasion est toute trouvée pour mettre le pays en coupe réglée et faire, du même coup, un pied de nez à tous les concurrents, à commencer par la Chine. Il suffisait de gonfler la menace constituée par les groupes armés, de dresser un tableau apocalyptique des conséquences d’une non-intervention et de ne rien laisser comme solution que l’implication des forces françaises. Le Mali sera donc reconstitué selon la stratégie de la métropole et reconstruit en conformité avec les visées économiques des multinationales. Pour ne rien gâcher, les choses se feront, cette fois-ci, avec l’assentiment de Maliens débordants de reconnaissance à l’égard d’une armée de « sauveurs ». Du moins, tant que ceux-ci ne s’apercevront pas du coût qu’ils auront à payer à la « générosité » de l’État français. Ce jour-là sera comptabilisé le prix du « sauvetage » et sera mesuré le degré de « développement » que connaîtront les Maliens sous la domination des chasseurs de profit.

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Mali : gauche proguerre et recolonisation (Réponse à Samir Amin).....nous avons affaire en France à un gouvernement qui incarne l’ingérence, l’interventionnisme, dans le droit fil de ce que furent historiquement en France les « socialistes » : un instrument du colonialisme et d’une répression féroce contre le mouvement de libération nationale (voir en particulier : Mitterand et l’Algérie).

...Comment peut-on imaginer dès lors que ce soit la France, avec son passé, qui pourrait assurer les négociations au Mali ? Au nom de quoi, de qui, pourrait-elle le faire de façon équilibrée ?...

La gauche anti-guerre dans le camp de la guerre ?
Alors que le monde capitaliste s’enfonce dans une crise systémique sans précédent et que le monde arabe est traversé par des tentatives de déstabilisation qui sont dues aux décennies de pillage et de dictature mais qui ne sont pas toutes, loin de là, le résultat de facteurs locaux, que l’Afrique vit à l’heure du pillage et de conflits non réglés, du Congo à la Cote d’Ivoire, du Sud-Soudan à la Libye, la France s’est engagée de nouveau dans un conflit armé dans une de ses anciennes colonies, le Mali. La "gauche antiguerre" est globalement passée entretemps de la condamnation du bout des lèvres des bombardements en Yougoslavie et en Afghanistan au soutien déclaré à l’ingérence en Libye, en Syrie et au Mali. On doit essayer de comprendre pourquoi ? Et pourquoi il peut être difficile de naviguer entre les réseaux occidentaux de la gauche ex-antiguerre à la gauche anti-impérialiste des pays du Sud ?
L’inaction coupable, voire l’aquiescement aux thèses dominantes, de beaucoup de « progressistes » occidentaux sur les questions de la guerre et de la paix au cours des derniers événements de Libye, de Syrie ou du Mali tranchent radicalement avec le « guerre à la guerre » de Henri Barbusse, slogan qui fut fondateur, en France, de la gauche anti-impérialiste, anticolonialiste et anticapitaliste. Et dans ce contexte, on peut ressentir la position prise par Samir Amin en particulier sur les événements du Mali (1), comme une rupture avec les principes qui fondent l’internationalisme : souveraineté, indépendance, non ingérence mais également une rupture avec, par exemple, la gauche latino-américaine et plus largement celle des pays du Sud.
Comment peut-on présenter Hollande et le gouvernement « socialiste » comme étant désintéressé et quasimment représentant l’honneur d’une Europe incapable de position commune face aux crises arabe et africaine et face au grand méchant loup US – Américain, avec également un flou sur la question de l’attitude à avoir à l’égard de la Chine et de la Russie ? Alors que nous avons affaire en France à un gouvernement qui incarne l’ingérence, l’interventionnisme, dans le droit fil de ce que furent historiquement en France les « socialistes » : un instrument du colonialisme et d’une répression féroce contre le mouvement de libération nationale (voir en particulier : Mitterand et l’Algérie). Un passif qui n’a jamais été analysé, dénoncé, et donc dépassé par les intéressés.
Nous attendons du Président du Forum des alternatives (Samir Amin) qu’il présente une alternative à la prolongation des errements de la gauche socialiste depuis la période coloniale qui s’est en fait poursuivie tout au long des gouvernements de gauche depuis 1981. L’interventionisme militaire des États riches, qui plus est ex-pays colonisateurs, a tout pour lui, sauf de constituer une référence morale et philantropique de la part de ceux-là même qui ont mis en place et entretenu après les indépendances des régimes fantoches comme celui existant encore aujourd’hui au Mali ! Après le renversement par la force et la manipulation des services néocoloniaux du gouvernement progressiste du grand patriote malien Modibo Keita (2).
Comportement grotesque donc que ne peuvent accepter les authentiques soutiens aux pays du Tiers-monde qui réclament toujours sans succès depuis les années 1960 un véritable nouvel ordre économique mondial égalitaire, et donc un nouvel ordre politique qui soit, lui aussi, égalitaire, à l’opposé donc du « nouvel-ancien ordre mondial » prôné désormais par les centres impérialistes, dans la foulée des politiques réactionnaires menées tambour battant au cours des derniers trente ans.
Comment peut-on imaginer dès lors que ce soit la France, avec son passé, qui pourrait assurer les négociations au Mali ? Au nom de quoi, de qui, pourrait-elle le faire de façon équilibrée ? Au fond, n’est-ce pas là nous renvoyer encore une fois à la fameuse « responsability to protect » concoctée par les droidelomistes d’outre-Atlantique en justifiant, ou en légitimant ici, l’ingérence militaire française au Mali, à partir du même concept à la mode du « droit à protéger ». Ce qui sera vécu, lorsque la poussière des chars sera retombée, par les peuples intéressés comme une arrogance, un mépris vis à vis des peuples d’Afrique qui doivent adorer voir dans les rues de Tombouctou les drapeaux français qu’on a distribué aux enfants, et où il ne manque en fait plus qu’on nous dise "merci bwana !"
Ces reportages de propagande sont de véritables insultes pour ceux qu’on présente comme « les bons nègres » qui applaudissent les piou piou français, comme voici plus d’un siècle, ceux qui « amenaient la civilisation aux peuplades déshéritées et incultes ». Au fond, après avoir raillé le discours de Dakar de Sarkozy et sa façon de présenter l’Afrique, et en particulier celle « sur l’incapacité de l’homme africain à entrer dans l’histoire » (3), c’est exactement en fait le même discours dont nous abreuvent les médias.
Enfin, un économiste « de gauche », si ce terme veut encore dire quoique ce soit, et « antiguerre », au moment où la France et l’Europe s’enfoncent dans la crise, le chômage de masse et la misère doit prendre position également sur le coût de cette guerre, les estimations variant entre 30 millions d’euros à ce jour (selon le ministre français de la guerre) jusqu’à un million d’euros par jour ! (4). Et de demander : et si ces sommes considérables étaient affectées au développement et à la coopération réelle du Mali avec la France, que resterait-il aux fameux « islamistes », ou aux séparatistes touaregs, ou à leurs alliés du Qatar et d’ailleurs, comme espace politique pour intervenir ?

Comment analyser la crise du Mali
Il est clair que les événements du Mali ne peuvent être séparés des effets à long terme de la colonisation et des politiques néocoloniales menées depuis le renversement du premier gouvernement malien réellement indépendant et voué au développement national, celui du président Modibo Keita, mis à mort en prison alors que les auteurs du coup d’état avaient été portés au pouvoir sous l’influence des pouvoirs français de l’époque. Coup d’état qui engagea jusqu’à aujourd’hui le Mali sur la voie de la soumission à l’influence néocoloniale et freina toute politique de développement autocentré.
Il est également clair que les événements actuels au Mali sont la conséquence directe de la destruction de l’Etat libyen due à l’ingérence des puissances de l’OTAN et des monarchies absolutistes de la péninsule arabique. Les armes et groupes armés rassemblés dans le nord du Mali à partir de la Libye ont été acheminés après la chute de l’Etat libyen vers le Mali, sans que les satellites spatiaux des Etats-Unis ne sonnent l’alarme.
Il est clair aussi que l’affaiblissement depuis plusieurs décennies de l’Etat malien et de son armée, comme celui d’autres Etats voisins, a été toléré, voire encouragé, par des puissances extérieures, et que les militaires maliens qui ont été formés par des militaires US sont en grande partie passés avec armes et bagages dans le camp rebelle lors de l’arrivée des groupes armés de différentes obédiences dans le Nord du Mali.
Il est clair également que le Mali, comme ses voisins, recelle des ressources stratégiques (uranium, pétrole, gaz, or) convoitées à l’heure où émergent sur la scène internationale des puissances concurrençant les Etats-Unis et leurs protégés, et qui sont à la recherche de sources d’énergie et de richesses pour assurer leur développement.
Il est clair aussi que le seul Etat constitué et indépendant dans la région est désormais l’Algérie, le plus grand pays d’Afrique depuis le démantèlement du Soudan unifié accompli sous influence des USA et d’Israël.
Il est clair également que le conflit au Mali est caractérisé d’une part par des contradictions traversant les puissances occidentales et les grandes compagnies transnationales dans une zone qui constitue le pré-carré traditionnel de la France coloniale et post-coloniale.
Et c’est dans ce contexte que l’on doit analyser l’engagement français qui a rencontré un appui distant de la part de ses alliés officiels et des puissances émergentes. Dans un pays qui ne possède pas de véritable gouvernement légitime puisque le gouvernement malien actuel est le résultat d’un rapport de force provoqué par un coup d’état et contre-coup d’état, et que l’intervention française jouit de l’appui d’une CEDEAO, organisation a priori strictement économique, dont les dirigeants sont souvent contestés quant à leur souveraineté, en particulier celui de la Cote d’Ivoire dont le gouvernement a été mis en place à la suite d’une intervention extérieure, une première dans les anales internationales, chargée de décider qui était censé avoir gagné les élections dans ce pays. Rappelons à ce sujet que, en plus du caractère ignoble, agressif et criminel du gouvernement français de l’époque dans ce conflit toujours non réglé, le Parti socialiste français a alors manifestement accompagné ce mouvement en trahissant ses « camarades » du Front populaire ivoirien, parti membre de l’Internationale socialiste. Indépendamment par ailleurs des opinions que les Ivoiriens peuvent porter sur le gouvernement Gbagbo et qui sont les seuls en droit de porter un jugement sur ce sujet.
Il est clair par ailleurs que l’on a trouvé dans les cartons des stratèges de l’AFRICOM le vieux plan séparatiste français datant de la fin de la période coloniale du « grand Sahel », prévoyant de casser les Etats existant au profit d’une vaste entité désertique peu peuplée et facilement contrôlable. L’AFRICOM, c’est le commandement de l’armée US pour l’Afrique, qui cherche toujours, sans succès, un pays africain acceptant d’héberger son siège qui se trouve pour le moment « exilé » à Stuttgart, en Allemagne. Plan qui est donc repris comme hypothèse de travail par la puissance qui semble concurrencer sur ce terrain une France qui soutient désormais l’existence formelle des Etats aujourd’hui constitués (5).

« Communauté de destin » atlantique et/ou contradictions inter-impérialistes ?
Puisque le Qatar est visiblement derrière toutes les tentatives de renversements violents dans les pays arabes et musulmans, en particulier au Mali, et que le Qatar constitue lui même, pour la majorité de son territoire, une base de l’armée US, comment concevoir les contradictions qui semblent émerger au Mali entre la position française et celle du Qatar ...et de son protecteur ?
Il semble donc dans ce contexte qu’il y a aujourd’hui d’une part complémentarité entre l’action de la France au Mali et l’objectif stratégique des USA de contrôler l’Afrique et de bloquer le développement des contacts entre les pays africains et les puissances émergentes du BRICS, en particulier la Chine, et d’empêcher aussi le maintien d’Etats forts et indépendants, tant politiquement que économiquement, dans cet axe qui commence sur les rives de l’océan Atlantique et se prolonge jusqu’au Xinjiang, axe qui permet de couper l’Afrique et l’Eurasie en deux parties.
Mais il existe aussi une contradiction inter-impérialiste entre le vieux colonialisme français et ses prolongements fatigués de ladite « Françafrique », et les puissances anglo-saxonnes, ce qui apparaît en particulier avec la concurrence entre le groupe Total et les groupes British Petroleum et Exxon Mobile. Et on peut supposer qu’il en va de même pour l’uranium et l’or.
Or, en Algérie, l’attaque venue de Libye qui a visé récemment le site gazier d’In Amenas visait un site de British Petroleum où, à la demande même de BP, il n’y avait pas de présence militaire algérienne, la sécurité étant déléguée en principe à des sociétés de sécurité privées choisies par la compagnie, ...et que l’on n’a pas vu agir lors de l’attaque terroriste. On aurait ainsi voulu faciliter l’attaque de ce site situé à proximité immédiate de la frontière libyenne qu’on ne s’y serait pas pris autrement, ce qui permet d’émettre l’hypothèse d’une provocation extérieure. La réaction rapide et surprenante des pouvoirs algériens a empêché une longue crise des otages qui aurait permis toutes les « médiations » et toutes les ingérences dans les affaires intérieures de l’Algérie. Pays dont la population a refusé de céder aux syrènes dudit « printemps arabe » et des partis algériens, tant « laïcs » que « régionalistes » ou « islamistes » qui sont reçus régulièrement par l’ambassadeur des USA et ses collègues des autres puissances occidentales ou qui entretiennent des télévisions satellitaires « islamiques » d’opposition basées à Londres et au Qatar. Ce qui peut expliquer la colère manifestée au départ par le premier ministre britannique envers Alger. L’Algérie, sans doute plus encore que le Mali, semble constituer une cible de choix pour les pouvoirs impérialistes de l’OTAN. Elle semble même constituer leur prochaine cible privilégiée. Tout ayant été fait pour que le long de toutes ses vastes frontières, du Maroc au Mali en passant par le Sahara occidental, et du Mali à la Libye, voire à la Tunisie, ce soient des pouvoirs ou des forces hostiles à ce pays non aligné et symbole d’une lutte ardue et réussie pour l’indépendance qui s’installent.
Dans ce contexte, on peut penser qu’il y a dans la crise du Mali deux niveaux de contradictions : tout d’abord une contradiction inter-impérialiste entre la France et les puissances anglo-saxonnes, entre les firmes transnationales basées en France et celles associées aux puissances anglo-saxonnes. Il y a ensuite simultanément une volonté de la France de renforcer sa position au sein même de l’alliance atlantique, en montrant le rôle incontournable qu’elle pourrait jouer dans le refoulement de toutes les tentatives de développement de relations plus étroites et plus avantageuses entre les pays africains et les puissances émergentes du BRICS, en particulier la Chine et l’ensemble des pays non alignés attachés au développement de relations économiques équitables « Sud-Sud ». A moins que l’on adopte le point de vue optimiste selon lequel, la France voudrait renouer avec sa tradition gaulliste, et soutenue en principe par le Parti communiste français à l’époque, d’une politique « arabe » et mondiale « équidistante » tout en rompant en plus avec la tradition de la « Françafrique », et qu’il s’agirait aussi d’imposer cela en Afrique. Mais pour le moment, rien ne le laisse supposer puisque même les hésitations manifestées par le candidat Hollande envers l’OTAN ont fait long feu dès son arrivée à l’Elysée, ce que les activités de la France en Syrie et les multiples consultations poursuivies entre Paris, Doha et Tel Aviv semblent démontrer.
Il est impossible, dès lors que l’on reste attaché à la Charte des Nations Unies et donc à la souveraineté nationale et à la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats, d’appuyer une quelconque politique de puissance, de morcellement ou de domination en Afrique, d’où qu’elle vienne. On ne peut que soutenir le droit à l’autodétermination, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des pays arabes et africains. Et donc tout ce qui tendra vers la restauration de l’indépendance totale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Mali et le maintien de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de l’Algérie et de tous les pays de la zone sahélienne. Raisons pour laquelle il faut au moins rester très prudent, voire circonspect, à propos des récents événements au Mali et dans les pays voisins. Pays qui sont tous menacés par des groupes terroristes implantés depuis longtemps, et d’abord connus pour leurs liens avec la criminalité et les services secrets occultes avant même de faire allégeance, pour la plupart, à un prétendu « islamisme » concocté sous l’influence de monarchies d’un autre âge et dont les activités ont été soutenues et le sont toujours par des puissances extérieures, en Libye, en Syrie ou ailleurs.
Nous ne pouvons donc, si c’est le progrès social et le progrès des peuples qui nous tient à coeur, que militer pour que la France fasse, avant toute prise de position, preuve de cohérence sur les principes mis de l’avant par son gouvernement, pour des raisons de pure forme sans doute, en dénonçant ces groupements transnationaux et leurs appuis dans la péninsule arabique, où qu’ils soient, et donc en particulier en Syrie, ce qui permettrait de créer les conditions permettant au Mali de jouir le plus rapidement possible de sa pleine indépendance et d’élaborer un calendrier de reconstruction rapide d’une armée nationale digne de ce nom, d’évacuation du pays par les forces étrangères en même temps qu’auront été créées les conditions pour des négociations de paix entre toutes les forces politiques maliennes, sans ingérences extérieures. Ce qui entre évidemment en contradiction avec les intérêts économiques à court terme des classes dirigeantes en France. Ce qui implique aussi que la France cesse toutes les activités en Libye qui prolongent les résultats de l’intervention désastreuse à laquelle le précédent gouvernement français avait procédé et qu’elle cesse toute politique d’ingérence dans les affaires intérieures syriennes et coupe tout lien avec une opposition extérieure et armée dont la présence doit bien plus à des facteurs extérieurs qu’à un souhait jamais prouvé de la population syrienne. Qu’on le veuille ou non, il existe un lien direct entre les événements de Libye, de Syrie, du Mali et d’Algérie. Et la politique du gouvernement français ne pourra être appuyée que lorsqu’il aura fait preuve de cohérence. La fin de l’appui des monarchies absolutistes du Golfe, relais régional habituel de l’impérialisme US, aux groupes rebelles armés en Syrie, en Libye et au Mali devrait entraîner ipso facto,la fin des conflits dans ces pays et rendre donc inutile la présence de l’armée française au Mali. Si c’est là vraiment l’objectif recherché par Paris.
Dans ce contexte, nous ne pouvons que nous étonner que certaines voix comme Samir Amin, connues pour leur engagement anti-impérialiste prennent partie dans ce conflit, qui plus est en soutenant l’action de la France elle même appuyée par l’OTAN, alors même que, comme l’a rappelé l’ambassadeur russe à l’ONU, la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ne donne pas à la France le droit de tout faire au Mali.

« L’islam politique » comme élément légitimateur de l’ingérence
C’est dans ce contexte global là qu’il faut mesurer et analyser les questions qui troublent nombre de militants du progrès social, en particulier la question dudit « islam politique ». Il faut tout d’abord rappeler que cette notion est typiquement d’origine occidentale puisque le fondateur de l’islam fut d’abord le chef d’un parti politique revendiqué comme tel ayant pour nom « Hezbollah », et qu’il fut le chef d’un Etat établi à Médine qui élabora la première constitution au monde, constitution garantissant les règles de cohabitation de tribus et de religions différentes au sein d’un Etat commun. L’islam est donc par principe non seulement une croyance dans l’au delà, non seulement une éthique sociale et juridique, mais c’est aussi un projet politique depuis ses origines (économie non usuraire, égalité sociale devant la loi, tolérance religieuse, etc.) même si ce projet, comme d’autres, peut être lu et décliné sur un mode réactionnaire ou progressiste. Il est donc clair que, au même titre, qu’un Chavez, voire une Angela Merkel, peut se revendiquer d’un « christianisme politique » et social, et aussi d’une analyse sociale marxiste en parallèle dans le cas vénézuélien, on ne peut a priori refuser à des musulmans le droit de proposer librement à leurs peuples une projet politique en accord avec leurs convictions profondes. A moins d’accepter, au nom du vieux laïcisme hypocrite social-démocrate dénoncé en son temps par Lénine, puis par Maurice Thorez, un deux poids deux mesures rappelant l’ethnocentrisme colonial. La question dudit « islamisme », en fait du takfirisme, de l’exclusivisme extrémiste, est ailleurs. Elle constituerait une stricte question intérieure pour les peuples concernés dont aucun Etat extérieur n’aurait le droit de se mêler, y compris s’il prenait la forme effectivement réactionnaire qu’il a le plus souvent pris de nos jours, si ces courants n’étaient pas souvent instrumentalisés par des grandes puissances impérialistes et leurs féaux des monarchies absolutistes absolument soumises aux règles politiques et économiques du capitalisme prédateur mondialisé.
On ne peut pas non plus confondre les groupes de trafiquants transnationaux de drogue, d’armes et de migrants qui ont pris le label « islamiste » comme paravent pour leurs activités lucratives et leurs luttes pour le contrôle du territoire, ce que l’on connait depuis au moins une vingtaine d’années dans les pays du Sahel, et ce que les grandes puissances impérialistes et leurs Etats vassaux ont laissé faire, voire favorisé, avec les activités d’autres « islamistes », aussi réactionnaires soient ils. Il est nécessaire de rappeler ici que, à l’époque du gouvernement des talibans en Afghanistan, la culture de l’opium avait été presque totalement éradiquée au nom des valeurs traditionnelles de l’islam et que, si l’Afghanistan est redevenu aujourd’hui le principal producteur de drogue, cela fait suite, à l’image de ce qui s’était fait auparavant sous l’égide de la CIA en Amérique latine, à l’occupation du pays par l’OTAN qui a renversé un gouvernement « islamiste » national, réactionnaire et indépendant pour le remplacer par un gouvernement « islamiste » soumis, s’appuyant sur tous les trafics possibles et non moins sinon plus réactionnaire encore dans les faits, que ce soit vis à vis des couches sociales et des régions marginalisées que vis à vis des femmes, hors de la scène médiatique centrale constituée par la capitale à usage des journalistes occidentaux.
Il est donc clair qu’il existe un lien entre les puissances impérialistes déclinantes d’Occident, les monarchies absolutistes créées de toute pièce par les colonialistes à l’époque de leur puissance et les réseaux de trafiquants « islamistes » utilisés par ces mêmes cercles qui aiment jouer aux pompiers pyromanes. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas des contradictions entre tous ces cercles. Il ne faut toutefois pas confondre les contradictions qui peuvent être à un moment donné non antagoniques au sein de la bourgeoisie impérialiste et compradore, et les contradictions antagoniques, ou qui peuvent le devenir éventuellement. On peut certes estimer que la France défend ses propres intérêts capitalistes au Sahel et que cela passe par des attitudes plus modérées envers les populations locales et envers des Etats indépendants comme l’Algérie, mais on ne peut nier que son intervention ouvre logiquement la voie à d’autres interventions, et que rien ne dit que l’intervention dont le ministre français de la « défense » actuel souhaite qu’elle se prolonge jusqu’à la victoire « totale » ne profite qu’à TOTAL en finale, et qu’elle n’entraine pas une guerre sans fin, achevant de désintégrer les Etats existant et ouvrant, comme cela est le cas en Libye actuellement, la voie à un désordre généralisé permettant aux compagnies transnationales les plus puissantes de « sécuriser » les mines et gisements qu’elles auront réussi à s’accaparer, laissant le reste du territoire aux mains de seigneurs de la guerre, à l’image de ce qui s’était passé pendant la période coloniale dans l’ex-empire de Chine dépecé jusqu’à la victoire de la Révolution chinoise qui restaura l’intégrité territoriale du pays à partir de 1949.
L’ennemi principal des peuples au Sahara n’est pas d’origine locale, il provient des centres même de l’impérialisme, et la France, si elle était sérieuse dans ses revendications de respect des peuples, prendrait le chemin d’un projet de coopération mutuellement avantageux avec ces peuples, d’une rupture avec l’OTAN et l’UE, et d’un rapprochement avec les puissances émergentes et les Etats réellement indépendants d’Eurasie, de Méditerranée, d’Afrique et d’Amérique latine qui constituent aujourd’hui le seul contrepoids réel face aux menées guerrières et destructrices du capitalisme prédateur mondialisé, « sécurisé » autour de l’OTAN et des plus de 700 bases militaires US répandues dans le monde et de l’archipel des prisons secrètes de la CIA qui bénéficient de la coopération effective de tous les Etats membres de l’OTAN et de toutes les dictatures ou démocraties formelles qui lui restent soumis.
Quant au Maliens, rien ne permet de dire quelles sont leurs opinions envers les événements qui ensanglantent leur pays, puisque rien n’a été fait auparavant par les protagonistes extérieurs de la crise actuelle pour permettre des négociations entre toutes les parties représentatives de ce peuple. À l’apparence que semble procurer à certains la recherche de succès politiques ou médiatiques éphémères, nous préférons pour notre part la défense de principes.
Bruno Drweski*, Jean-Pierre Page**
http://www.lapenseelibre.org/article-mali-gauche-proguerre-e...
* Historien, Politologue, Militant du Collectif d’associations « Pas en notre nom ».
** Syndicaliste, ancien responsable du département international de la CGT, ancien membre du Comité central du Parti communiste français.
URL de cet article 19274

vendredi 8 février 2013

Mali :INGÉRENCE HUMANITAIRE OU NOUVEAU SAHELISTAN ?....des plans asphyxiants du FMI aux hordes barbares

La crise malienne est-elle en train d’être réglée ou bien va-t-elle perdurer ?
Quelles sont ses origines ? Quels sont les acteurs de l’ombre et à qui obéissent les prétendus groupes « islamistes » et « séparatistes » qui s’apparentent beaucoup plus à des mercenaires qu’à des rebelles de conviction et de principes, aussi faux et archaïques soient-ils ?
Pourquoi l’Azawad est un mensonge, une mystification et surtout une construction coloniale ? Comment a fonctionné le scénario qui a permis à ces mercenaires de s’installer au Mali ?
Avec quels moyens et soutiens ?
Pourquoi le Mali ne pouvait pas se défendre ?
Comment il en a été empêché avant et après un mystérieux coup d’Etat ?
Dans ce conflit, l’Algérie a-t-elle été à la hauteur pour défendre ses intérêts et sa profondeur stratégique ?

Un Sahelistan est-il possible et quels ingrédients lui faut-il ?
Lorsque le terrorisme est utilisé comme outil de politique étrangère par des Etats, cela s’appelle guerre par procuration. Cette guerre a aussi été livrée à l’Algérie, sur le sol algérien, à In Aménas... Des réponses et des tentatives d’approche sur une crise face à laquelle l’Algérie ne peut se contenter de fermer ses frontières pour se croire à l’abri.
Personne ne s’intéresse au Mali, mais lorsqu’on y découvre du pétrole tout le monde arrive…
Les « Printemps arabes » sont le déclencheur d’une stratégie globale de restructuration de la planète, et ces pseudo-révolutions concoctées entre Washington et la base d’El Oudeïd, au Qatar, en coordination avec des services arabes, s’inscrivent dans un plan dont la crise malienne fait partie. Il s’agit d’un même programme, ce fameux Grand Moyen-Orient (GMO) révélé par George Bush après « l’attentat » du 11 septembre 2011, et qui vise à chambouler les frontières héritées du partage de Sykes-Picot pour des considérations économiques et géostratégiques au profit de l’Occident. Lorsqu’on parle de stratégie impérialiste de cette envergure, on prête parfois à rire et ceux qui en rient ignorent que la Nasa, qui dépend de la Maison-Blanche, planifie des programmes spatiaux qui n’auront lieu que dans 20 ans mais sur lesquels des dizaines d’entreprises et de savants travaillent déjà. Ce sont les politiques qui permettent à ces programmes de se faire, et ils sont aussi capables de réfléchir sur le long terme aux ressources nécessaires à leur exécution et au maintien du niveau de vie des Américains, ce paramètre fondamental de la politique extérieure américaine. Le think tank qui a imposé les projets militaires de George Bush (guerres d’Afghanistan et d’Irak) s’appelle « Projet pour un nouveau siècle américain » et comprend de nombreux décideurs, chercheurs, théoriciens et chefs d’entreprise dont Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Richard Armitage et Dick Cheney… Le remodelage du monde musulman est une idée ancienne qui a pris forme juste après la fin du bloc communiste, l’Amérique voulant immédiatement rentabiliser à son avantage la conjoncture favorable de l’ordre unipolaire à peine naissant. En effet, le 11 septembre 1990, à la veille de l’attaque contre l’Irak, le président George H. W. Bush a révélé les grandes lignes du nouveau projet impérialiste américain : « Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. La crise dans le Golfe persique, malgré sa gravité, offre une occasion rare pour s’orienter vers une période historique de coopération. De cette période difficile, notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. » Quelques mois après, il envahira l’Irak, rendant effectif ce qu’on appellera le Nouvel ordre mondial (NOM). Son fils, George W. Bush, celui qui présidait aux destinées des USA lors de « l’attentat » du 11 septembre 2001, a dit : « La lutte contre le terrorisme a commencé et elle va durer longtemps. (…) C’est la première guerre du XXIe siècle. » Il n’a d’ailleurs pas dit la guerre, mais la « première guerre », laissant entendre qu’il y en aurait d’autres. Cela montre que l’invasion de l’Afghanistan (novembre 2001) et celle de l’Irak (20 mars 2003) étaient déjà planifiées, sous de faux prétextes : l’une pour « l’élimination » ou « l’arrestation » de Ben Laden, et l’autre pour détruire les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein. Bush junior affine donc le concept du NOM, qui deviendra le Grand Moyen- Orient (GMO), dont la stratégie et les desseins sont identiques et visent la colonisation permanente ou momentanée de certains pays musulmans et arabes, et/ou la refondation de leurs frontières pour piller leurs richesses et les empêcher d’avancer sur tous les plans. D’ailleurs, douze ans après l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, au lieu d’éliminer Al-Qaïda, l’intervention étatsunienne en a fait un fléau international et mis ces pays sur les genoux. Obama sera le continuateur de cette politique militaire dépensière imposée par le complexe militaro-industriel aux républicains comme aux démocrates.
Les desseins impérialistes de l’Occident
C’est Obama – pas George Bush – qui dira en juin 2010, à quelques mois des « Printemps arabes » : « Dans ce monde incertain, le temps est venu pour un nouveau commencement, une nouvelle aube de leadership américain. » Et d’ajouter : « Notre puissance économique doit soutenir notre force militaire, notre influence diplomatique et notre leadership mondial. Voilà pourquoi je construirai une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar. » Cette « armée du XXIe siècle » vise donc clairement le monde musulman, car il cite deux villes musulmanes, ce qui inscrit donc son programme belliqueux dans le GMO. Par « partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste », il entend une alliance stratégique et fondamentale avec des Etats-valets comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et les nouveaux gouvernements issus des « Printemps arabes » qui s’acharnent déjà à détruire d’autres peuples arabes et à écraser le dernier des raïs digne de ce nom. Ce partenariat est en action, de manière foudroyante : plusieurs présidents déchus en l’espace d’une année, plusieurs crises nouvelles dans le monde arabe et, pour finir, un Sahelistan qui prend forme dans plusieurs régions, à nos frontières. Jamais le monde musulman n’a vécu des crises aussi graves et destructrices, autant de divisions et de partitions. L’invasion du Nord-Mali et l’attentat d’In Amenas s’inscrivent dans cette logique bien ficelée jusqu’au dernier détail. Notre propos vise à prouver qu’au Mali il ne s’agit pas de terrorisme mais de terrorisme d’Etat, les mercenaires employés pour ce dessein ne sont que des tentacules d’une même pieuvre, qu’ils prétendent agir au nom de l’Islam ou au nom de l’Azawad. La crise malienne s’inscrit dans une vision géostratégique impérialiste avec une aire géographique précise qui cadre avec la théorie huntingtonienne du « Clash des civilisations » et dont le but est la mainmise sur des ressources, l’extension et la domination mais aussi l’octroi de budgets faramineux aux entreprises du complexe militaro- industriel, entre autres. Cet impérialisme et ce bellicisme américains – en contradiction avec la Constitution du pays – est induit par un budget immense consacré à la défense, un budget par essence belliciste, qui ne s’explique que par une volonté de guerre permanente. Lorsqu’on sait que 70% de ce budget va aux entreprises privées, on comprend qui commande en Amérique et qui commandite les guerres menées par l’Amérique, « au nom de la justice » et même « au nom du Christ » comme l’a prétendu George Bush junior. Notre étude sur le Mali n’apparente pas le terrorisme et l’islamisme qui le soustend à une idéologie mais à un mercenariat de groupes qui travaillent pour des forces étrangères. Dès lors qu’il tue et terrorise et viserait à instaurer une dictature fasciste, « l’islamisme » n’est donc pas une idéologie mais un crime, pour paraphraser Bertolt Brecht qui disait que « le nazisme n’est pas une idéologie mais un crime ». Elle s’articule sur des faits, mais aussi sur les données avancées dans de nombreux livres et études sur le terrorisme, essentiellement d’auteurs progressistes américains. C’est en partant du point de vue – démontré par plusieurs auteurs et que nous alimenterons par notre analyse – que le terrorisme dit « islamiste » est, premièrement, une fabrication américaine qui ne sert que les intérêts occidentaux, avec le soutien et la bénédiction de supplétifs et, deuxièmement, que l’alliance qui a permis de faire sortir les Russes d’Afghanistan et de détruire le bloc communiste est non seulement en vigueur mais plus solide et puissante que jamais. Aujourd’hui, cette stratégie ne vise plus un seul pays mais plusieurs à la fois, depuis que les « Printemps arabes » ont enclenché le passage de ce plan impérialiste à une vitesse supérieure.
La misère de la zone franc
Au-delà de la présente phrase, nous n’emploierons qu’entre guillemets et très rarement les termes fallacieux de « terrorisme islamiste », de « djihadistes », d’« islamistes » ou « d’islamisme » car cette terminologie et sa propagation relèvent de la stratégie qui nourrit les fléaux qu’ils couvrent : tous ces termes sont inadéquats car il ne s’agit pas de combattants au nom de l’Islam ni même d’un Islam perverti mais de mercenaires sans principes, sans attaches ni programme ni but. Ils ne servent pas leurs intérêts propres mais ceux de l’Occident, de manière consciente et préméditée. Ces mercenaires sont les harkis des temps modernes, et comme les harkis n’ont pas d’idéologie, les terroristes se prétendant de l’Islam n’en ont pas. Aucun musulman et aucun savant musulman ne peut ignorer que « vouloir créer un Etat musulman, c’est sacraliser le pouvoir », comme le résume le mufti de la république syrienne, cheikh Badr El-Dine Hassoun qui considère que l’Etat en terre d’Islam ne peut être que laïc et séculier pour que des hommes ne monopolisent pas les Choses d’Allah, qui sont censées appartenir à tous. Et ce, ajoute un autre imam syrien, Mohamed Saïd Ramadan Al-Bouti, pour que le savant musulman et la théologie musulmane ne soient pas prisonniers de potentats se prétendant de l’Islam comme l’ont montré les dictatures saoudiennes et celles des rois Hassen II du Maroc et Hussein de Jordanie... La dette malienne s’élevait à 3,19 milliards de dollars en 2012, ce qui est énorme pour un pays qui ne vit que de la vente du coton, d’élevage et d’agriculture. Comment satisfaire les besoins d’une population de 14 millions d’habitants avec un budget de l’Etat de 150 millions d’euros (année 2012), soit à peine la moitié du budget du ministère algérien de la Culture ? La France détient 25% de cette dette et le Qatar, 4%. Les créanciers refusent de passer l’éponge, ce qui oblige le Mali à accepter, en 1992, un plan d’ajustement structurel (libéralisation des prix, ouverture du marché, vente des terres agricoles aux Français) qui, au lieu de relancer la croissance, a rendu le pays plus vulnérable et dépendant de l’extérieur, avec un appauvrissaient plus grand. 72,8% des Maliens vivent avec moins d’un dollar par jour. La misère ne fait que grandir mais les créanciers restent de glace. Pis : le 11 janvier 1994, la France décide de dévaluer le franc CFA de 50% par rapport au franc français, car le Mali fait partie de la zone franc comme quatorze autres Etats africains et des îles du Pacifique. Cette dévaluation met le peuple malien à genoux : la descente aux enfers peut commencer, et le plan se resserrer. Heureusement, Kadhafi offre des milliers d’emplois aux Maliens, y compris au sein de son armée. Mais lorsqu’il propose au Mali et à d’autres pays de sortir de la zone franc pour préparer la création d’une nouvelle monnaie africaine, de gros problèmes commencent pour les Maliens et Libyens. Les problèmes maliens sont aussi liés au refus du président Amadou Toumani Touré (ATT) d’offrir à la France une base militaire au Mali, base destinée à contrecarrer l’influence libyenne, chinoise, russe et américaine dans sa zone d’influence historique. Les militaires français ont été chassés du Sénégal et doivent bientôt déguerpir du Tchad : la crise malienne va-t-elle empêcher cela et servir à renforcer le prestige d’une France-civilisée-libératrice-des-nations-du- terrorisme-barbare ? La « menace » terroriste marche à tous les coups, y a qu’à voir l’augmentation exponentielle des ventes d’armes à travers le monde et la prolifération de bases militaires américaines. ATT aurait aussi voulu écarter la France (Total) de l’exploitation des gisements de pétrole qui ont récemment été découverts… au Nord-Mali, au sud de la wilaya algérienne d’Adrar. Le pétrole est dans le ventre de la terre mais par-dessus, c’est la misère. Le remboursement de la dette et l’ajustement structurel imposé par le FMI ont mis le Mali à genoux : il n’avait même pas de quoi acheter des munitions pour ses soldats : c’est ce qu’a dit le président ATT ! D’ailleurs, déjà en 2010, selon un câble de Wikileaks (1), le brigadier général marocain Abdellah Hamdoun, directeur de l’Intelligence marocaine, informait les Etats-Unis que le Mali manquait de moyens pour contrer Aqmi…
Ali El Hadj Tahar
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Syrie : L’agression israélienne entre désirs et réalités !....le plus douloureux pour les Syriens n’est pas qu’un ennemi déclaré agresse, mais que de prétendus révolutionnaires désignés improprement par « Armée Syrienne Libre », ou ASL, tentent de couvrir l’agression quand ils ne sont pas le bras armé des agresseurs !


Dans la soirée du 04/02/2013, la télévision syrienne a diffusé une interview du Général Fahd Jassem al-Freij, chef d’état major de l’armée et des forces armées, ministre de la Défense [1]. Il a parlé des dimensions du complot qui vise la Syrie, de la lutte du peuple syrien contre une guerre par procuration sans précédent touchant tous les secteurs du pays, de la détermination des soldats syriens à éradiquer les terroristes et à assister la population, du rôle des groupes terroristes armés dans l’ouverture de brèches dans les défenses anti-aériennes syriennes, et de l’agression israélienne contre le « Centre de recherche de Jomraya » dans la banlieue de Damas à l’aube du Mercredi 30 janvier 2012.
Pour Nasser Kandil [2], directeur de Top News Liban, la chose la plus importante est ce qu’il n’a pas dit ! Il n’a pas utilisé l’expression : « la Syrie ripostera à l’agression à l’endroit et au moment opportuns » ; ce qui signifierait à l’ennemi que cette décision est prise. C’est aussi ce que nous dit le Général Amin Hoteit dont l’article ci-dessous a été publié dans la matinée du 04/02/2013.
Il n’empêche que le plus douloureux pour les Syriens n’est pas qu’un ennemi déclaré agresse, mais que de prétendus révolutionnaires désignés improprement par « Armée Syrienne Libre », ou ASL, tentent de couvrir l’agression quand ils ne sont pas le bras armé des agresseurs ! C’est ce que nous démontre, preuves à l’appui, l’écrivain et analyste politique libanais, Salem Zahrane [3], qui a enregistré un document diffusé par l’ASL s’octroyant la paternité d’un soi-disant bombardement terrestre du Centre de Jomraya au moment même du raid israélien ; document vite disparu de la circulation après qu’un communiqué du commandement militaire syrien ait fait savoir que l’attaque israélienne avait visé le Centre de recherche de Jomraya, non un convoi transportant des armes de la Syrie vers le Liban comme l’ont prétendu les dirigeants et médias officiels occidentaux. Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que M. Netanyahou et ses acolytes travaillent toujours à étendre cette fameuse « profondeur stratégique » dont ils auraient un besoin si vital pour leur sacré projet expansionniste et que les Syriens, tout autant que les Palestiniens et les Libanais, sont dans un combat de vie ou de mort ! [NdT].
À un moment considéré comme l’un des plus critiques depuis le début de l’agression occidentale contre la Syrie, l’aviation israélienne a lancé ses fusées d’une distance de 22Kms sur un « Centre de recherche » relevant du ministère de la Défense à Jomraya et l’a partiellement détruit. Une attaque annoncée par les États-Unis, justifiée ensuite, et accompagnée de menaces à peine voilées avec le faux prétexte que la Syrie acheminait des armes au Hezbollah ; menaces destinées à détourner les regards des véritables objectifs de l’opération.
Quels sont donc les objectifs de cette agression ?
Pour commencer, il convient de rappeler que les groupes armés et les terroristes qui agissent sur le terrain – sous direction et commandement US – attendaient une intervention militaire étrangère  « directe », comparable à celles menées dans la région du Golfe, en Afghanistan, en Irak et… si possible, en Libye ! Ceci, avec la ferme conviction de leur inévitable « victoire », étant acquis que l’Occident ne pouvait reculer sans atteindre son objectif premier : abattre l’État syrien récalcitrant pour le remplacer par un régime fantoche à ses bottes !
Mais les voilà bien obligés de déchanter puisqu’au bout de bientôt deux années, d’un terrible combat, ils ne peuvent que constater la réalité indéniable de leur échec ; la Syrie se préparant à reprendre le contrôle des quelques régions encore infestées de leur présence. Les indices et preuves de cet échec ne manquent pas, autant sur le terrain des opérations que sur le terrain politique.
Sur le terrain syrien, il est remarquable de noter que les zones de confrontation plus ou moins étendues, entre ces soi-disant révolutionnaires et l’Armée régulière ainsi que les forces de sécurité syriennes, sont tombées de l6 à 8 zones, avec des pertes d’une proportion équivalente dans le rang des dits « insurgés ». Autrement dit, plus de la moitié ont été tués, blessés, ou dégagés d’une façon ou d’une autre. Le tout étant confirmé par des rapports publiés, notamment le 29/01/2013, par des services du Renseignement US. Ils se résumeraient à dire que les opérations militaires des fameux insurgés ont chuté de 40 %, au minimum !
Sur le terrain politique, la débandade de la soi-disant « opposition syrienne » est désormais de notoriété publique. Elle souffre de ses rivalités intestines et d’apparentes « divisions de principe » entre ceux qui refusent le dialogue national appelant à une intervention militaire étrangère en vertu du Chapitre VII, ceux qui déclarent accepter ce dialogue et rejettent catégoriquement ce type d’intervention tout en adoptant une position inquiétante quant à leur capacité d’aboutir à une sortie de crise préservant la souveraineté de la Syrie et la décision du peuple syrien, et ceux qui au sein de la « Coalition de Doha » n’aspirent qu’à la formation d’un « gouvernement de transition » censé leur permettre de prendre le pouvoir par la voie diplomatique là où ils ont échoué à le prendre par les armes ! Bref, la situation de ces opposants se complique jour après jour, d’autant plus que lors de la dernière réunion à Paris des pays prétendument « Amis de la Syrie », ils n’étaient plus que 54 au lieu des 104 pays de la première heure. Sans oublier le désastre qui est venu couronner le tout ; celui privant ces « négociants de l’opposition » de 75% de leurs crédits en monnaie sonnante et trébuchante.
Ces deux contextes à la fois ont rapidement été analysés par les États-Unis qui en sont arrivés à la conclusion que sans élément nouveau, il suffira de quelques semaines pour que la l’État, le gouvernement et le peuple syriens réussissent à reprendre le contrôle de l’ensemble de leur pays ; auquel cas, les US perdraient leur propre contrôle sur les négociations internationales en cours pour jeter les bases du règlement de la crise. Crainte US exacerbée par M. Lakhdar Brahimi déclarant, devant le Conseil de sécurité, que le Président Bachar al-Assad tenait les rênes de la situation en Syrie sans espoir de destitution à l’horizon ! Crainte partagée par la frange de l’opposition syrienne qui n’a cessé de hurler son refus du dialogue, jusqu’à la sortie surprenante de M. Moaz Khatib, éminent président de la « Coalition de Doha », annonçant qu’il était finalement disposé à dialoguer avec les autorités syriennes !
Pour toutes ces raisons, les Etats-Unis ont confié à Israël la mise à exécution d’une action militaire surprise, mais limitée, qui leur permettrait d’atteindre les objectifs suivants :
1. Dissimuler les succès et acquis de l’État syrien aux écrans des médias internationaux, tout en diffusant une « nouvelle contraire » qui démoraliserait les Syriens. De plus, il n’est pas impossible qu’ils aient parié sur une réaction irréfléchie des autorités syriennes les poussant à attaquer des cibles en Israël ; ce qui aurait justifié qu’Israël frappe en retour et donne ainsi un coup de main aux terroristes pour toucher des objectifs qu’ils ont été incapables d’atteindre.
2. Relever du même coup le moral défaillant des terroristes en leur prouvant que leurs patrons colonialistes ne les avaient pas encore abandonnés.
3. Récupérer un atout à monnayer sur la table des négociations, et envoyer un message à « l’Axe de la Résistance » et au « Front international » qui refuse l’agression contre la Syrie, pour signifier que les États-Unis n’accepteront pas aussi facilement un règlement de la crise qu’ils ne contrôleraient pas en position de force et qu’ils n’abandonneront pas la partie.
C’est donc pour toutes ces raisons qu’Israël a exécuté son agression. Nous ne dirons pas, comme certains, que l’attaque a obtenu « le feu vert US ». Il nous suffit de dire que l’opération était une nécessité US et que l’acte est conforme à la nature agressive et terroriste des dirigeants israéliens. Cette nécessité US explique pourquoi l’attaque a été précédée de déclarations insistantes mettant en garde contre le transfert d’armes de Syrie vers le Hezbollah, déclarations visiblement destinées à justifier et à légitimer ce qui allait suivre ! Sinon, comment expliquer qu’ils aient persisté à prétendre que l’attaque était dirigée contre un convoi d’armes se dirigeant du territoire syrien vers le Liban, même après que l’État major des forces armées syriennes ait publié un communiqué clair et détaillé prouvant que l’attaque n’avait rien à voir avec un quelconque convoi, ni de près, ne de loin !  Certes, ils ont tenté de rectifier le tir en prétendant qu’Israël avait visé deux objectifs à la fois : le Centre de recherche et l’hypothétique convoi ! Ceci, alors que nous savons tous que s’ils disaient la vérité ou possédaient la moindre preuve confirmant leurs allégations, ils auraient publié des photos du convoi prises par l’aviation israélienne au moment du bombardement, à défaut de publier celles captées par leurs satellites couvrant la région à longueur de temps ! Il est certain que les USA qui, malgré la coopération de toutes les organisations sionistes occidentales, n’ont réussi jusqu’ici ni à empêcher le Hezbollah de s’armer ni à visualiser une seule opération de transport d’armes, ne peuvent nous convaincre de la véracité de leurs affirmations. Leur insistance à prétendre que l’attaque visait un tel convoi n’a qu’un seul but : justifier une agression israélienne prétendument défensive et préventive.
L’Opération a donc eu lieu une fois que l’aviation israélienne a pu échapper aux radars syriens, les USA et Israël cherchant à faire savoir aux agents à leur solde qu’ils étaient toujours déterminés à les couvrir et qu’ils pouvaient continuer à tuer et à terroriser à tout va. Ceux-là n’avaient plus qu’à se réjouir tandis que d’autres, plus réticents à avouer publiquement leur traitrise, se sont empressés de faire porter le chapeau à la Syrie !
Mais est-ce que l’agression a atteint ses objectifs ?
Pour répondre, il nous suffit de relever les points suivants :
1. La Syrie a publié un communiqué clair et précis, mais sa décision de riposter est restée implicite ; décision fondée sur une vision militaire et stratégique ayant distingué entre le principe de la riposte « retenue » et son importance ; laquelle sera fonction de la nature de l’agression subie, au moment qu’elle jugera opportun. Il faut croire qu’Israël a compris le communiqué syrien et a, d’ores et déjà, pris ses précautions. Ce faisant, la Syrie n’est pas tombée dans le piège tendu. D’où un premier échec.
2. L’armée arabe syrienne, loin d’être démoralisée, a poursuivi ses actions militaires contre les terroristes. D’où un deuxième échec.
3. Ni la Syrie, ni le Hezbollah ne se sont souciés ou même prononcés sur les prises de position US, dans la mesure où leur résistance et leur mode de fonctionnement continuent malgré tout. D’où un troisième échec.
4. La Russie a condamné l’agression, tout comme elle a neutralisé la rencontre du quatuor « US-Russie-Brahimi-Khatib » voulue par les USA. Du coup, chacun a du se réunir séparément avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov ; le président de la « Coalition de Doha » se précipitant pour le rencontrer avant de se préparer à se rendre à Moscou, en dépit de toutes ses déclarations hostiles antérieures. D’où un quatrième échec.
Finalement, l’agression israélienne n’a rien changé au cours des événements et n’a pas satisfait les objectifs US. La crise Syrienne devra se résoudre au profit du droit des Syriens, même si nous ne pouvons plus parler de «solution pacifique» étant donné le prix payé par la Syrie pour conserver sa souveraineté, son indépendance et ses droits nationaux. En revanche, nous pouvons parler d’une « issue à la crise » imposée par la résistance syrienne. Une issue qui commence à être sérieusement envisagée et discutée. Tous les observateurs raisonnables et concernés par la Syrie en sont persuadés. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent l’admettre n’ont pas leur place sur la table des négociations. Ils n’auront aucun poids dans le règlement de la situation et nul ne souciera de leurs prises de position, vu qu’ils ne sont pas maîtres de leurs décisions !
 Dr. Amin Hoteit
04/02/2013
Article original : Al-thawra
http://thawra.alwehda.gov.sy/_kuttab.asp?FileName=89383590020130204013703
Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

jeudi 7 février 2013

TUNISIE : L'assassinat de CHOKRI BELAID - Le meurtre de ce dirigeant du Front populaire intervient alors qu'il avait dénoncé la collusion entre les militants du parti au pouvoir Ennahda et les islamistes.

 
Chokri Belaïd, l'un des responsables de l'opposition laïque en Tunisie, a été abattu ce mercredi devant son domicile à Tunis. Le meurtre de ce dirigeant du Front populaire intervient alors qu'il avait dénoncé la collusion entre les militants du parti au pouvoir Ennahda et les islamistes.

«Des échauffourées ont eu lieu et une dizaine de nos militants ont été blessés» avait déclaré mardi Chokri Belaïd, secrétaire général du parti des Patriotes démocrates. Il avait alors dénoncé l'inaction des forces de sécurité et mis en garde contre la menace de nouvelles violences. Il avait surtout dénoncé les "tentatives de démantèlement de l’Etat" qui allait de paire avec la "création de milices pour terroriser les citoyens et entraîner le pays dans une spirale de violence à travers les ligues de protection de la révolution", aux mains des islamistes. Pour lui, cet enchaînement de violence était instrumentalisé par le parti Ennahda au pouvoir.

Menaces contre Chokri

Cet assassinat a été "planifié et exécuté par des professionnels", a estimé Hamma Hammami qui pointe la responsabilité du gouvernement, d'une indulgence coupable, selon lui, vis-à-vis des violences islamistes. "Il a été commis par des partis politiques qui veulent enfoncer le pays dans le meurtre et l'anarchie. Tout le gouvernement, et tout le pouvoir assume la responsabilité de ce crime odieux car les menaces contre Chokri et d'autres ne datent pas d'aujourd'hui", a expliqué cet autre leader du Front de gauche, qui s'exprimait ce matin devant la clinique d'Ennasr où Chokri Belaïd avait été amené en urgence et où une foule compacte s’est rassemblée dès l'annonce du meurtre.
 
"J'accuse Rached Ghannouchi"
 
La famille du défunt a d'ores et déjà accusé le mouvement islamiste Ennahda d'être l'instigateur du crime sans plus d'explications. Le frère du défunt, Abdelmajid Belaïd, a ainsi lancé: "J'accuse (le chef d'Ennhada) Rached Ghannouchi d'avoir fait assassiner mon frère", sans plus d'explication pour étayer cette accusation.
Acte de terrorisme
 
Dans un tel contexte, le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali, du parti islamiste Ennahda, s'est empressé ce mercredi de dénoncer un "acte de terrorisme" contre toute la Tunisie, commis selon lui par un homme portant un vêtement de type burnous, sorte de long manteau traditionnel en laine avec une capuche pointue, qui a tiré trois balles à bout portant.

Il s'agit d'un "virage dangereux" a poursuivi le chef du gouvernement. "Après la violence verbale et matérielle, on est passé à l’usage des armes", a-t-il déploré, avant de demander que "tout le monde soit soudé devant ce phénomène de violence". Cet appel intervient alors que la coalition au pouvoir est en train de se fissurer, les deux alliés de centre-gauche Ettakatol et le Congrès pour la République, réclamant un remaniement d'ampleur du gouvernement pour retirer aux islamistes des ministères régaliens.

Second meurtre politique. Plusieurs partis d'opposition et des syndicalistes ont accusé des milices pro-islamistes, la Ligue de protection de la révolution, d'orchestrer des heurts ou des attaques contre les opposants ou leurs bureaux. Les partisans de ce mouvement sont accusés notamment d'avoir tué en octobre un dirigeant régional du parti d'opposition Nidaa Tounès à Tataouine.
 
Humanité.fr

mercredi 6 février 2013

FINANCEMENT DE LA DROITE ISRAÉLIENNE, SOUTIEN AU TERRORISME, DÉSTABILISATION DES PAYS ARABES... ET ACHAT DE LA COUPE DU MONDE - Le Qatar démasqué !

...Ainsi, au lieu de venir à la rescousse des populations palestiniennes, notamment celle des enfants de Ghaza victimes des raids meurtriers israéliens, le Qatar apporte son soutien à l’extrême droite israélienne, celle-là même qui affiche sa haine viscérale des Arabes et de la création d’un État palestinien indépendant....

Selon l’ancienne chef de la diplomatie israélienne, l’Émirat a financé les campagnes du Likoud, du Premier ministre Benjamin Netanyahu, d’Israël Beïtenou du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann.
 

Qui sème la « révolution », récolte le chaos. L’Émirat du Qatar, véritable parrain des pseudos « printemps arabes », vient d’être piégé par ses propres manigances. Ce minuscule État, qui aurait pu s’appeler « Al Jazeera » - cette chaîne de télévision qui continue d’attiser le feu de la discorde dans les pays arabes - ne recule devant rien. Il est même prêt à s’allier avec le diable et à sacrifier les causes nobles pour s’arroger le leadership du Monde arabe.
Après le scandale de l’« achat » de la Coupe du Monde 2022, révélé il y a moins d’une semaine par le magazine France Football, c’est au tour de l’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, de jeter un autre pavé dans la mare, en soulevant littéralement le « Kamis » de l’émir du Qatar. S’exprimant sur une chaîne de télévision israélienne, juste après les législatives emportées par le Likoud de Benyamin Netanyahu, l’« amie » de Cheikha Moza, a affirmé sur un plateau de télévision, en Israël, que le Qatar avait financé, lors des dernières élections législatives, les campagnes du Likoud du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, celle d’Israël Beïtenou, et celle du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann.
Les deux responsables israéliens auraient empoché, respectivement 3 millions et 2,5 millions de dollars. Selon la responsable du parti Kadima, certains hauts responsables « commettent une grave erreur, car nous apparaissons dans le monde comme des voleurs de grand chemin ». Pour elle, « le Qatar est un pays ami et je suis personnellement très amie avec Madame Moza, mais il s’agit de notre État et de notre démocratie qu’il ne faut pas discréditer dans le monde ». Le plus curieux dans tout cela est que les deux formations sont connues pour leur hostilité au Monde arabe. D’autant plus qu’elles prônent une intense vague de colonisation, tout en s’opposant à la création d’un État palestinien indépendant. Quelle en est donc la contrepartie ? Selon des sources concordantes, Doha aurait obtenu des deux partis d’extrême droite israéliens la création, sous réserve de leur élection, d’une fédération jordano-palestinienne, présidée par le mouvement Hamas. Un vieux « projet » remis au goût du jour, à la faveur de l’éclatement du Monde arabe.
Ce qui est d’autant plus curieux c’est le fait que les autorités qataries n’ont pas réagi aux déclarations de Livni, alors que, du côté de la presse occidentale, c’est le silence radio. L’objectif est donc, somme toute, clair : il s’agit pour l’Occident de faire de l’Émirat du Qatar un sous-traitant de ses desseins de déstabilisation et d’atomisation du Monde arabe. Leur principal objectif est la mise en œuvre du projet du Grand Moyen-Orient, revu et corrigé, par l’installation de petits États théocratiques, sans objectifs, ni assise démocratique.
De fait, la « bombe » lâchée par Livni, confirme les forts soupçons qui pèsent sur cet émirat de moins de 500.000 habitants, devenu ces derniers temps le financier de la mort de l’Occident dans les quatre coins du monde, notamment dans le monde arabo-musulman. Ce qui se passe aujourd’hui en Égypte, en Tunisie, en Libye, en Syrie... et même dans le Sahel, répond à un plan de déstabilisation prédéfini pour plonger ces pays dans les ténèbres du Moyen âge, avec des fatwas « grassement » financées par l’Emirat de Cheikh Hamad.
Concernant un autre chapitre, outre les révélations de France Football concernant les « magouilles » ayant présidé à l’octroi de l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, le journal français, Le Canard enchaîné a révélé il y a six mois, documents à l’appui, que le Qatar finance le Mujao et d’autres groupes terroristes au nord du Mali. Comme il l’a également fait en Libye, en soutenant les rebelles islamistes qui continuent de mettre le pays à feu et à sang. L’émir Hamad n’a-t-il pas déclaré en personne que le Qatar finançait les rebelles syriens et tous les mercenaires islamistes qui venaient de tous les pays arabes combattre en Syrie. Ainsi, au lieu de venir à la rescousse des populations palestiniennes, notamment celle des enfants de Ghaza victimes des raids meurtriers israéliens, le Qatar apporte son soutien à l’extrême droite israélienne, celle-là même qui affiche sa haine viscérale des Arabes et de la création d’un État palestinien indépendant.
D’ailleurs, la visite du cheikh Hamad Bin Khalifa à Ghaza, quelques jours avant le raid israélien, a été mal perçue par le mouvement Fatah. « Cette visite n’est pas la bienvenue, parce qu’elle vise à consacrer la division et la séparation entre la Cisjordanie et la bande de Ghaza. »
Cette visite ne sert que l’entité sioniste selon le Fplp, qui rappelle que « le sang des milliers d’enfants syriens, libyens et yéménites versé à cause des fonds et des médias qataris ne permettra pas à ce visiteur de redorer son blason ». Ce qui a conforté le deal relevé par Tzipi Livni, concernant la création d’une fédération jordano-palestinienne. Les masques sont tombés.
Arezki LOUNI
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