mardi 29 janvier 2013

Guerre en Syrie : les tribulations de ces « islamistes » naïfs hypnotisés par Al Jazeera.......une dénonciation du rôle joué par les médias arabes pro-terroristes qui utilisent des montages d’images pour diffuser des mensonges et fanatiser les musulmans pour les inciter à aller en Syrie grossir les rangs des groupes terroristes.


Les médias français ont repris presque tous l’histoire, racontée par l’AFP, de Djamel Amer Al-Khedoud, un Français de 50 ans, qui a quitté Marseille pour aller « combattre le régime en Syrie ». Il avait été « bouleversé par les reportages télévisés » d’Al Jazeera et consorts, et s’est découvert la vocation de mener le « djihad » en Syrie. « Je suis un musulman, un salafiste modéré, et comme tout le monde, je regarde la télévision. Sur Al Jazeera et Al Arabiya, j’ai vu ce que subissaient mes frères en Syrie, surtout les enfants. J’en pleurais tellement cela me faisait mal », a-t-il raconté. C’est ce qui l’a décidé à rejoindre les groupes terroristes qui opèrent en Syrie. Mais sur place, rapporte l’AFP, « il ne retrouve pas les horreurs qu’il a vues à la télévision » !
Le témoignage de Djamel Amer Al-Khedoud est une dénonciation du rôle joué par les médias arabes pro-terroristes qui utilisent des montages d’images pour diffuser des mensonges et fanatiser les musulmans pour les inciter à aller en Syrie grossir les rangs des groupes terroristes. Djamel Amer al-Khedoud a été arrêté par les autorités syriennes et emprisonné en attendant qu’il passe en justice pour « entrée illégale en Syrie en possession d’une arme ». Un journaliste de l’AFP a été autorisé à lui rendre visite et a recueilli son récit. Il apparaît que son voyage de Marseille jusqu’en Syrie a bénéficié de la complicité évidente des autorités françaises et turques qui ne pouvaient ignorer qu’il allait se joindre à l’action de déstabilisation de la Syrie. Ses propos confirment l’appui apporté par la Turquie aux terroristes. C’est dans un camp situé en territoire turc qu’il a suivi un entraînement militaire « rudimentaire ». « Une nuit, on m’a donné une kalachnikov et nous sommes entrés en territoire syrien », confie-t-il à l’AFP. Mais en deux semaines, il ne se passe rien, « hormis le fait de courir vers la forêt à l’approche des hélicoptères ». Il décide de regagner la Turquie puis la France. « J’ai rendu mon arme, pris mon sac à dos et quitté le groupe pour rejoindre seul la Turquie. C’est en chemin que j’ai été arrêté et conduit en prison », ajoute-t-il. La vérité sur ce qui se passe en Syrie est dans les paroles du directeur d’un pseudo « Centre des études stratégiques de la révolution syrienne », un certain Dr Yacoub Hussein. « Nous nous acheminons, prétend-il, vers l’établissement du khalifat en Syrie, après la déception causée par le « printemps arabe » en Egypte, en Tunisie et en Libye. » Sera-t-il parmi les « opposants » que Laurent Fabius réunit aujourd’hui à Paris ?
Karim Bouali
http://www.algeriepatriotique.com
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Bahreïn : (VIDEO) - L’arrestation brutale d’une activiste bahreïnie Zahra Al-Shaikh.


L’arrestation, vendredi dernier, par les forces de sécurité bahreïnie de Zahra Al-Shaikh, une activiste qui participait à une manifestation contre le régime, a suscité une vague d’indignation au sein d’une partie de la population du royaume. En effet, comme on peut le voir sur ces deux documents amateurs qui circulent en ligne (ici et ici), ce sont plusieurs dizaines de policiers en tenues anti-émeute qui ont été déployés pour procéder à l’interpellation de la jeune femme. Des images qui montrent une arrestation particulièrement brutale au cours de laquelle Al-Shaikh a reçu plusieurs coups au visage et où son hijab lui a été arraché malgré les tentatives infructueuses de quelques passants de s’interposer entre les agents et la jeune activiste.
Des clips très largement relayés sur la Toile et qui ont choqué de nombreux internautes du pays qui se sont donc tournés vers les réseaux sociaux pour exprimer leur colère.
Des internautes qui diffusent également des photos de la jeune femme, la bouche en sang.


lundi 28 janvier 2013

Le Panafricanisme est-il mort dans les sables du Sahel ?......les islamistes sont les alliés objectifs de l’Occident. Ils sont leurs amis en Libye et en Syrie, leurs ennemis au Mali et en Afghanistan,...

L’opération « Serval » lancée par l’armée française pour chasser les islamistes du Nord-Mali sera-t-elle couronnée de succès ? Au-delà de l’unanimisme de façade qui marque en général le commencement de telles opérations, l’honnêteté recommande d’admettre que la tournure prise par les événements signe une des défaites les plus accablantes du panafricanisme.

Qui pourra encore continuer à défendre l’idée selon laquelle l’Afrique doit – et peut – résoudre elle-même ses problèmes politiques et tout ce qui touche aux enjeux de sécurité collective ? Comme dans un film de guerre, la communication impériale française captive les esprits, repousse les objections, transforme nos chefs d’Etat en midinettes serviles – le pompon revenant au Béninois Yayi Boni, se déclarant « aux anges » sans avoir la moindre amertume quant à l’incompétence notoire de l’Union africaine, dont il est le président en exercice !
Recolonisation cha cha ! N’importe quoi !
Bien entendu, nous entendons déjà les zélés porte-flambeaux du « réalisme », toujours partisans de la loi du plus fort et du fait accompli, nous demander avec agacement : « Vous proposez quoi alors ? Vous voulez vivre sous le règne des barbus ? On vous aide et vous n’êtes pas content ! Vous n’êtes que d’horribles dogmatiques du panafricanisme fanatique ! »

Au moment de la guerre de Libye, il aurait juste fallu un peu de courage…

A ceux-là, nous répondons qu’il est profondément malhonnête de mettre en place les conditions du pire pour se réjouir par la suite de mener la moins mauvaise des politiques du pire. Comment en sommes-nous arrivés à ce point ? Comment le Mali pacifique est-il devenu la menaçante poudrière que nous regardons tous, les yeux écarquillés ?
Tout est parti de l’organisation, sous couvert de « révolution arabe », de l’invasion de la Libye par des hordes d’islamistes fanatisés et soutenus à tous points de vue par un Occident déchaîné. A l’époque, il suffisait d’un peu de courage pour conjurer la malédiction qui se déploie devant nos yeux impuissants. Si la CEDEAO et l’Union africaine, prenant leur courage à deux mains, s’étaient opposées à la virée catastrophique de l’OTAN en Libye, jamais la résolution 1973 des Nations unies – mère de tous les malheurs ! – n’aurait été votée. Et les rebelles du CNT auraient pris une déculottée, face à une armée libyenne bien plus « consistante » que la pitoyable troupe malienne…
Plus cyniquement, l’on peut dire que même en cas de guerre de longue durée entre laïcs et salafistes (comme celle qui a cours en Syrie), le centre de gravité de l’affrontement serait demeuré un peu plus haut un peu plus longtemps. Ce qui aurait permis aux pays d’Afrique de l’Ouest de se préparer… Mais à quoi avons-nous eu droit à l’époque ?
A la lâcheté.
A la couardise.
A l’attentisme.
A la discorde et aux trahisons.
Aux obscures hésitations de Jacob Zuma, qui a dit « oui » et « non » en une fraction de seconde aux projets de l’OTAN.
Au lâchage de ces pays sahéliens longtemps subventionnés par Kadhafi, qui n’était pas non plus un saint, mais qui était leur allié objectif dans ce contexte précis.
Au « laissez les Blancs faire, ils trouveront toujours une solution ».
Et ce qui devait arriver arriva !

Une menace encore plus grande…

Personne ne nous empêchera de penser que les islamistes sont les alliés objectifs de l’Occident. Ils sont leurs amis en Libye et en Syrie, leurs ennemis au Mali et en Afghanistan, mais ils sont toujours le prétexte idéal à une remilitarisation du monde dont ne profiteront que les nations occidentales, en raison de leur supériorité militaire évidente, qui compense très opportunément leur déclassement économique.
Et maintenant ? Alors que les youyous enthousiastes empêchent une réflexion prospective, nous nous faisons un devoir de gâcher l’ambiance. Quel sera le prix de l’intervention française au Mali, car en diplomatie il n’y a pas de service gratuit ? Les Maliens à la reconnaissance dégoulinante nous casseront-ils les tympans si au sortir de cette opération, la « métropole » choisit leurs dirigeants, prend possession de leurs ressources et se rembourse avec le taux d’intérêt qu’elle aura choisi ?
Que dira l’Afrique si cette guerre du « Sahelistan » fournissait aux Américains le prétexte idéal pour étendre encore plus leur domination militaire, économique et politique ? Quand les occupants du Nord-Mali seront dispersés par les frappes de la France, où iront-ils ? Quels sont les pays africains susceptibles d’être ébranlés par quelques colonnes de 4X4 surmontés de lance-roquettes ? Le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Tchad, la Centrafrique, voire la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Cameroun… sont-ils préparés à un harcèlement tous azimuts ? La France pourra-telle protéger tout le monde tout le temps ? N’est-il pas urgent que l’Union africaine, dont le Conseil de paix et de sécurité (CPS) est aux abonnés absents, se réveille de son long sommeil et mette en place aussi vite que possible une vraie force de réaction rapide au commandement unifié pour protéger les Etats qui la constituent ?
N’est-il pas temps que l’Afrique se joigne aux autres puissances qui le souhaitent pour dénoncer le rôle sournois du Qatar et de l’Arabie saoudite, meilleurs amis de la France officielle, et dénonce leur soutien aux forces obscures qui agressent le continent ? Pour cela, il faudrait renoncer à l’esprit de facilité et aux pétrodollars ensanglantés des wahhabites ! Tout un programme !
 
INVESTIG'ACTION

Fanon, l’homme qui toujours nous interroge.............فرانز فانون.. الرجل الذي يسائلنا دائماً

« O mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge! “ ! C’est une des dernières phrases d’un homme qui toujours interroge. Qui toujours nous interroge ! Plus de cinquante ans après sa mort, le 6 décembre 1961, à quelques mois du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie, le 19 mars 1962, prélude à l’indépendance, Franz Fanon continue à interroger des Algériens et des Africains et à leur donner des instruments et des clefs pour décoder le présent.

L’Algérie officielle a organisé, à l’occasion du cinquantenaire, des cérémonies et des colloques, qui semblent avoir été u confinés dans une sorte de fixation passéiste. Comme pour éviter de regarder le présent, avec les yeux de Fanon. C’est que ce passé où Fanon était présent, physiquement, en combattant de l’indépendance de l’Algérie et de l’Afrique, en moudjahid, un combattant de la liberté et de la justice, est glorieux. Les textes que cet homme, disparu si jeune, à la veille de l’indépendance de l’Algérie, étaient une déconstruction indignée et lucide d’un ordre du monde injuste, barbare et une défense de l’élan révolutionnaire. Mais, parsemés dans ses textes, on peut retrouver, déjà, des constats et des intuitions analytiques, sur des évolutions postindépendances marquées par le reniement et une reproduction de l’ordre ancien avec de nouveaux servant dans les anciens pays colonisés. Ce sont des aspects perturbants de la pensée Fanon, des intuitions analytiques qui éclairent un présent, parfois sinistre, où les indépendances sont réduites à des apparences et où la libération de l’homme reste toujours à faire. Ce Fanon qui interroge, les servants de l’ordre établi, en Algérie comme ailleurs, tentent de l’enfermer dans une commémoration « historique » destinée à en gommer la charge particulièrement subversive et critique. On tente de « momifier » une pensée qui perturbe. Pour ceux qui n’ont jamais quitté la pensée de Fanon et qui revisitent régulièrement ses textes, son actualité n’a rien de surprenant. Cinquante après la mort de Fanon et les indépendances africaines, le monde arabe, l’Algérie, l’Afrique, ne sont pas devenus des paradis. Derrière, les drapeaux des indépendances, les thèmes qui traversent avec une vitalité pleine d’indignation les textes de Fanon sont toujours là : dépossession, aliénation, injustice, écrasement des femmes et des hommes par les puissants restent toujours de mise. La pensée de Fanon n’est pas un témoignage du passé. Elle parle encore du présent. Elle parle d’un monde dont les structures ont évolué sans changer fondamentalement. Surtout dans les pays anciennement colonisés. On comprend aisément pourquoi les tenants de l’ordre établi dans les « anciennes colonies » essaient, en le confinant dans « l’histoire » de neutraliser Franz Fanon. Cet homme interroge toujours. Et les jeunes qui s’approprient cette œuvre vivante d’un révolté qui n’a jamais transigé se mettent, nécessairement, à gratter sans pitié le vernis des indépendances et du rétablissement des drapeaux pour mettre à jour la permanence de l’ordre de la domination, de l’exploitation et de l’injustice. Les indépendances africaines sont devenues des fictions après que les combats pour la libération eurent été détournés dans une reproduction « adaptée » de l’ordre ancien. C’est pour cela que Fanon, qui nous a quittés très tôt, à l’âge de 36 ans, après avoir laissé des écrits qui ne vieillissent pas, ne peut être enfermé dans le musée des idées. C’est en Tunisie, où il activait dans le journal de la révolution Algérienne « El Moudjahid », que Franz Fanon, a observé, dans les premiers pas de la République de Bourguiba, ce que seront les indépendances et la reproduction néocoloniale. « La bourgeoisie nationale qui prend le pouvoir à la fin du régime colonial est une bourgeoisie sous-développée. Sa puissance économique presque nulle, et en tout cas, sans commune mesure avec la bourgeoisie métropolitaine à laquelle elle entend se substituer. Dans son narcissisme volontariste, la bourgeoisie nationale s’est facilement convaincu qu’elle peut facilement remplacer la bourgeoisie métropolitaine. Mais l’indépendance qui la met littéralement au pied du mur va déclencher chez elle des réactions catastrophiques et l’obliger à lancer des appels angoissés en direction de l’ancienne métropole. … Elle est toute entière canalisée vers des activités intermédiaires. Etre dans le circuit, dans la combine, telle semble être sa vocation profonde. La bourgeoisie nationale a la psychologie d’un homme d’affaire non de capitaines d’industrie. … ».
En lisant cet extrait du chapitre « Les Mésaventures de la conscience nationale» du livre « Les Damnés de la Terre » publié en 1961, l’année même de sa mort et alors que l’indépendance étaient encore « fraiches », on est saisi par la profondeur de la prévision analytique. Un demi-siècle après les indépendances, le bilan est sinistre : les indépendances sont remises en cause, les Occidentaux et leur bras armé, l’Otan, interviennent directement pour contrôler physiquement les ressources (Irak, Libye), les peuples n’ont pas été libérés de l’oppression qui les aliène ni de la misère, de l’injustice et de l’abandon. Les sociétés sont toujours orphelines d’Etat digne de ce nom. Et comme le devinait Fanon, les élites se sont le plus souvent transformées en supplétifs et en servant du néocolonialisme. Mais la relecture de Fanon n’est pas qu’une manière de faire des constats critiques. Elle est, à l’heure des reflux militants, un appel à l’action. A redonner un contenu politique, celui de la citoyenneté, de la justice sociale et des libertés, aux indépendances. « La libération de l’individu ne suit pas la libération nationale. Une authentique libération nationale n’existe que dans la mesure où l’individu a amorcé irréversiblement sa libération » écrivait Fanon. Il s’agit bien de sortir de la caricature de l’indépendance formelle et de lui donner un contenu politique et humain. Alors que les élites croupions ont fini jusqu’à remettre en cause les indépendances formelles, les messages de Fanon sont des appels à la défense des libertés publiques et privées, la primauté de l’intérêt général, la réduction des inégalités, la reddition de comptes par les élus et la souveraineté du Droit. Car, et c’est là un autre message, pour Fanon, il n’y a pas de fatalité de l’échec et le drame et les souffrances ne sont pas le mode de vie inéluctables de nos peuples. Ils peuvent inventer leur bonheur, le créer. Comment ne pas sentir la présence vigoureuse d’un homme si aimant et si violemment espérant ! « Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est-à-dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme, où qu’il se trouve ». Fanon est parti très jeune. Il a manqué à nos indépendances détournées. Sa dernière phrase alors qu’il livrait son ultime combat contre la maladie, est d’une beauté poignante : « O mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge! “. Et il nous interroge toujours, Fanon, notre frère… Il nous éclaire en ces temps de confusion.

FONDATION FRANTZ FANON

آه يا جسدي، اجعل منّي انساناً يسائل دائماً!”. كانت تلك إحدى آخر العبارات لرجلٍ يسائل دائماً… رجل يسائلنا دائماً! بعد أكثر من 50 عاماً على وفاته، في السادس من كانون الأول/ديسمبر 1961، قبل بضعة أشهر من اتفاق وقف إطلاق النار في حرب الجزائر (19 آذار/مارس 1962)، الذي مهّد لاستقلال البلاد، لا يزال فرانز فانون يسائل الجزائريين والأفارقة، ويزوّدهم بالأدوات والمفاتيح المناسبة لتفكيك رموز الحاضر.
وقد نظّمت السلطات الجزائرية، لمناسبة مرور 50 عاماً على رحيل فانون، احتفالات وندوات اقتصرت على طابع ماضوي، وكأنّ الهدف من ذلك هو تفادي النظر إلى الحاضر بعيون فانون. كل ذلك لأنّ ذلك الماضي، الذي كان فانون موجوداً فيه جسدياً كمحارب من أجل استقلال الجزائر وأفريقيا، وكمجاهد، يقاتل من أجل الحرية والعدالة، هو ماضٍ مجيد. إنّ النصوص التي تركها لنا ذلك الرجل الذي رحل وهو لا يزال يافعاً، عشية استقلال الجزائر، هي كناية عن تفكيك ساخط ومتبصّر لنظام عالم ظالم وبربري، ودفاعٍ عن الروح الثورية. ولكن، بإمكاننا العثور على خلاصات ورؤى تحليلية منتشرة في جميع كتاباته حول تطور مراحل ما بعد الاستقلال، المهورة بالتنكر وبإعادة إنتاج النظام القديم مع خدم جدُد في البلدان الخاضعة سابقاً للاستعمار. إنها جوانب في فكر فانون تثير الاضطراب، وهي تمثل حدساً تحليلياً ينير حاضراً هو أحياناً كارثي، حيث تمّ اختصار إنجازات الاستقلال بالمظاهر، ولا يزال تحرير الانسان مهمة تنتظر التحقيق.
يميل خدم النظام القائم، في الجزائر وخارجها، إلى سجن فانون، ذاك الذي لا يتوقف عن طرح الأسئلة، في إطار إحياء ذكرى “تاريخية” بهدف محو الطاقة النقدية والتحريضية التي يختزنها. يميل هؤلاء إلى “تحنيط” فكر مُزعج للنظام القائم. بالنسبة للأشخاص الذين لم يفارقوا أبداً فكر فانون، ولا يزالون يستعيدون نصوصه بشكل دوري، فإنّ راهنيته ليست بالأمر المفاجئ. فبعد مرور 50 عاماً على وفاة فانون، لا تزال الدول الأفريقية المستقلة والعالم العربي والجزائر وأفريقيا، بعيدين عن أن يكونوا جنَّات. وخلف أعلام الاستقلال، لا تزال القضايا التي تخترق بحيوية ساخطة نصوص فانون، راهنة جدّاً اليوم: النهب والاستلاب والظلم وسحق النساء والرجال على أيدي المتنفّذين، جميعها مسائل لا تزال حاضرة بقوة. ليس فكر فانون شهادة عن الماضي فحسب، بل هو يفيدنا عن الحاضر أيضاً. إنه يفيدنا عن عالم تطوّرت بُناه من دون أن تتغير بشكل جذري، خصوصاً في البلدان التي كانت خاضعة للاستعمار. نفهم بسهولة لماذا يحاول الممسكون بزمام النظام القائم في “المستعمرات السابقة”، تحييد فرانز فانون من خلال حصره في “التاريخ”. هذا الرجل لا يزال يطرح الأسئلة، وجيل الشباب الذين يتبنّون الميراث الحي لهذا الثائر الذي لم يساوم يوماً، ينكبّون بالضرورة، ومن دون رحمة، على النقر في القشرة الرقيقة التي تغلف الدول المستقلة المزهوة بأعلامها الخاصة، وذلك بهدف الكشف على استمرارية نظام الهيمنة والاستغلال والظلم. لقد تحوّلت استقلالات الدول الأفريقية إلى مجرّد أوهام بعدما تم تحوير النضالات من أجل التحرير إلى إعادة إنتاج “مكيَّفة” للنظام القديم.
ولهذه الأسباب، يستحيل سجن فانون، الذي غادرنا بشكل باكر جداً عن عمر لم يتجاوز ال36 عاماً، بعدما ترك لنا كتابات لا تشيخ… يستحيل سجنه في متحف الأفكار. وقد شاهد فانون في تونس، حيث كان ينشط في صحيفة الثورة الجزائرية، “المجاهد”، في الخطوات الأولى لجمهورية بورقيبة، المآل الذي ستنتهي إليه الدول المستقلة وإعادة إنتاج الحقبة النيو – كولونيالية فيها.
“إنّ البورجوازية الوطنية التي تتسلّم السلطة في نهاية النظام الكولونيالي، هي بورجوازية متخلّفة. وقدرتها الاقتصادية تكاد تكون معدومة، وهي بجميع الأحوال لا تقارن بقدرات البورجوازية في بلدانها الأم، والتي تفترض أنها يمكنها الحلول مكانها. لقد اقتنعت البورجوازية الوطنية سريعاً، بسبب نرجسيتها الإرادوية، بأنها قادرة بسهولة على الحلول مكان البورجوازية في البلدان الأم. لكن الاستقلال الذي يضعها حرفياً أمام مواجهة الصعوبات، سيثير داخلها ردود فعل كارثية، وسيرغمها على إطلاق نداءات قلقة باتجاه بلد المستعمِر القديم. (…) هذه البورجوازية موجَّهة بكاملها نحو نشاطات وسيطة. ويبدو أن مصيرها لا يتجاوز التواجد في حركة النظام (العالمي) وفي التركيبات. البورجوازية الوطنية تتصرف وفق نفسية رجل الأعمال وليس كقباطنة الصناعة…”.
بقراءة هذا الجزء من فصل “سوء طالع الوعي الوطني” من كتاب “المعذبون في الأرض” المنشور عام 1961، وهو العام نفسه الذي شهد وفاته، وبينما كانت حقبة الاستقلال لا تزال “طازجة”، يأخذنا عمق التوقعات التحليلية. وبعد مرور نصف قرن على استقلال الدول المستعمَرة، تبدو الحصيلة كارثية: يعاد النظر بالاستقلالات. والغربيون، ومعهم ذراعهم العسكرية، أي حلف شمال الأطلسي، يتدخلون بانفسهم من أجل السيطرة المباشرة على الموارد (العراق وليبيا)، والشعوب لم تتحرر من القمع الذي كان يستلبها ولا من البؤس والظلم ومن تركِها لمصيرها. لا تزال المجتمعات محرومة من دولة يليق بها هذا المصطلح. ومثلما توقّع فانون، أخذت النخب تتحوّل غالباً إلى دور مساعد وخادم للاستعمار الجديد.
لكن إعادة قراءة فانون لا تقتصر على كونها وسيلة لاستنتاج الخلاصات النقدية، فهي، في زمن الانحسار النضالي، دعوة للفعل ولإعادة تزويد الاستقلال عن الاستعمار مضموناً سياسياً يتعلق بالمواطنة والعدالة الاجتماعية والحريات. ويقول فانون “إن تحرير الانسان لا يتبع التحرير الوطني. ويستحيل إنجاز تحرير وطني أصيل إلا بمقدار بدء الفرد رحلة تحرير نفسه بطريقة لا عودة فيها إلى الخلف”. يتعلق الأمر بالخروج من كاريكاتور الاستقلال الشكلي، وإعطائه مضموناً سياسياً وإنسانياً. وبينما انتهى الأمر بالنخب الرديفة إلى التشكيك بالاستقلال الرسمي، فإنّ رسائل فانون هي نداءات للدفاع عن الحريات العامة والخاصة، وعن أولوية المصلحة العامة، والتخفيف من التفاوتات الاجتماعية، ولمساءلة المنتخَبين وسيادة القانون. كل ذلك لأنّه بالنسبة لفانون، ليس هناك حتمية للفشل. والمأساة والعذابات ليست نمطاً اجبارياً لحياة شعوبنا، بل هي قادرة على اختراع سعادتها، خلق تلك السعادة. وهذه رسالة أخرى من رسائل فانون.
بعد كل ذلك، كيف يمكننا ألا نشعر بالحضور القوي لمثل هذا الرجل المحب للغاية، والممتلئ أملاً! “يجب ألا تتحكم الآلة يوماً بالانسان. ويجب أن يزول استعباد الانسان للانسان إلى الأبد، أي استعبادي أنا من قبل شخص آخر. فليُسمَح لي باكتشاف الانسان أينما وُجد، وبالشوق إليه”.
لقد رحل فانون باكراً جداً. استقلالنا المحوَّر يفتقده. وخلال صراعه الأخير مع المرض، أطلق عبارة أخيرة جمالها مؤثِّر: “آه يا جسدي، اجعل مني شخصاً يسائل دائماً!”، وها هو لا يزال يسائلنا دوماً. فانون شقيقنا… إنه ينيرنا في هذه الأوقات المرتبكة.
 * كاتب من الجزائر

samedi 26 janvier 2013

Des héros libyens de la liberté, terroristes au Mali ?...Terrorisme-Usa : l’arroseur arrosé !

On connaît l’exclamation de Joseph Prudhomme, personnage ridicule d’Henri Monnier : « Ce sabre est le plus beau jour de ma vie ! ».
On connaît moins la suite, tout aussi désopilante : « Avec lui, je jure de soutenir, de défendre nos institutions et au besoin de les combattre. »

C’est certainement ce genre de promesses qu’ont dû proférer les rebelles libyens, hier parangons de vertus et combattants de la liberté en recevant de la France et de ses alliés des tombereaux d’armes braquées aujourd’hui contre les soldats français au Mali.

LGS
Clinton confirme devant le Congrès que « des armes venant de Libye sont aux mains d’islamistes en Algerie Syrie et Mali. »
Les terroristes qui ont attaqué le site gazier d’In Amenas, la semaine dernière, ont utilisé des armes qui provenaient de Libye, a déclaré la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton.
« Il n’y a aucun doute que les terroristes algériens avaient des armes provenant de Libye », a-t-elle déclaré mercredi devant le Sénat. Mme Clinton a ajouté que les éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui se battent au Mali se servent aussi d’armes provenant de Libye.
Mme Clinton témoigne devant un comité sénatorial concernant l’attaque de la mission américaine à Benghazi, en Libye, en septembre dernier. L’ambassadeur Christopher Stevens et trois autres membres du corps diplomatique ont été tués dans cette attaque.
La secrétaire d’État américaine ajoute que les États-Unis ne peuvent permettre que le nord du Mali se transforme en un refuge pour les rebelles islamistes. Mme Clinton estime que ces islamistes pourraient devenir une menace directe aux intérêts américains.
« Les révolutions arabes ont bouleversé l’équilibre des forces dans toute la région [et] l’instabilité au Mali a créé un refuge pour des terroristes qui cherchent à étendre leur influence et à perpétrer davantage d’attaques du genre de celle de la semaine dernière en Algérie », a déclaré Mme Clinton.
La guerre au Mali et la prise d’otages en Algérie ont renforcé les craintes américaines sur une déstabilisation de l’Afrique du Nord. Les « inquiétudes face au terrorisme et à l’instabilité en Afrique du Nord ne sont pas nouvelles », a reconnu Mme Clinton. « Mais après Benghazi, nous avons accéléré notre campagne diplomatique pour augmenter la pression sur Aqmi et d’autres groupes terroristes dans la région. »
« Nous participons à la lutte, mais c’est une lutte nécessaire. Nous ne pouvons permettre que le nord du Mali devienne une zone de sécurité [pour les islamistes] », a-t-elle souligné.
Des avions militaires américains ont aidé au transport de troupes françaises et de leur équipement au Mali afin de soutenir le déploiement de la mission de 2150 soldats français. Les États-Unis soutiennent également la mission en entraînant et en équipant la force africaine de la CEDEAO qui sera déployée au Mali.
Les autorités américaines insistent toutefois sur le fait qu’ils n’enverront pas de troupes au Mali.
L’affaire Benghazi
Mme Clinton avait dû reporter son témoignage devant le Sénat prévu pour le 20 décembre dernier en raison d’ennuis de santé. Bien que plusieurs sénateurs lui aient rendu hommage pour son travail et sa ténacité, ils ne l’ont pas pour autant ménager sur l’attaque du consulat américain le 11 septembre dernier à Benghazi.
Des sénateurs ont reproché à l’ambassadrice à l’ONU, Susan Rice, d’avoir tenté de camoufler la vérité aux Américains en prétendant que l’attaque était attribuable à « des manifestants en colère » plutôt qu’à des « terroristes ». Mme Clinton a nié que son gouvernement ait tenté d’étouffer l’affaire de l’attentat. Frappant du poing sur la table, Mme Clinton a tonné que « rien ne pouvait être plus éloigné de la vérité ».
« Quelle différence est-ce que ça fait ? », a demandé Mme Clinton au sujet de l’attribution de l’attaque à un groupe ou à un autre. « Des gens tentaient de recueillir la meilleure information possible en temps réel », a défendu Mme Clinton. Plusieurs sénateurs lui ont reproché d’avoir ignoré les demandes de renforcement de la sécurité autour du consulat de Benghazi.
Émue, Mme Clinton a relaté son rôle dans le rapatriement des corps des victimes. « Je me tenais aux côtés du président Obama pendant que les Marines portaient les cercueils drapés du drapeau américain lors de leur arrivée à l’aéroport Andrews. J’ai passé mon bras autour des épaules des mères et des pères, des sœurs et des frères, des fils et des filles [des disparus]. »
Hillary Clinton faisait ainsi sa dernière apparition devant le Sénat américain à titre de Secrétaire d’État. Elle doit quitter son poste dans quelques jours alors qu’elle se trouve au sommet de sa popularité. Elle est pressentie pour briguer la présidence américaine lors des élections de 2016.
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jeudi 24 janvier 2013

Etats-Unis : L’institutionnalisation de la tyrannie...Les républicains, incluant ceux du parlement et du sénat, sont satisfaits du gouvernement qui initie des guerres sans la déclarer ou sans même l’accord du congrès ; assassiner des citoyens de pays avec lesquels Washington n’est pas en guerre, n’est pas une guerre.

Les républicains et les conservateurts américains sont toujours en train de combattre le gouvernement omniscient sous sa forme d’état-providence. Apparemment, ils n’ont jamais entendu parler de la forme de l’état policier militarisé qu’a prise le gouvernement omniscient, ou s’ils en ont même entendu parler, ils sont confortables avec celui-ci et n’ont aucune objection à formuler.

Les républicains, incluant ceux du parlement et du sénat, sont satisfaits du gouvernement qui initie des guerres sans la déclarer ou sans même l’accord du congrès ; assassiner des citoyens de pays avec lesquels Washington n’est pas en guerre, n’est pas une guerre. Les républicains ne contestent pas que les agences de “sécurité” américaines espionnent les citoyens américains sans autorisation légale et enregistrent chaque courrier électronique, sites internet visités, écrits sur Facebook, coups de téléphones cellulaires passés ou reçus et achats au moyen d’une carte de crédit. Les républicains du congrès des Etats-Unis ont même voté pour le financement de cette gigantesque structure dans l’Utah dans laquelle les informations sont emmagasinées.
Mais que les cieux ne permettent pas que le gouvernement omniscient et omniprésent fasse quoi que ce soit pour un pauvre.
Les républicains ont combattu le concept de sécurité sociale depuis que Franklin D. Roosevelt la signa en loi dans les années 1930 et ils ont combattu le Medicare depuis que le président Lyndon Johnson le signa en loi en 1965 comme partie intégrante des initiatives de la Grande Société.
Les conservateurs accusent les libéraux d’ “institutionnaliser la compassion”.Dans le numéro de Février 2013 de Chronicles, John C. Seiler Junior, voue aux gémonies cette Grande Société de Johnson comme étant “une force majeure pour tourner une nation ayant encore un brin de liberté républicaine en un état centralisé, bureaucratisé, dégénéré et en banqueroute que nous avons à subir aujourd’hui.”
Il ne vient pas du tout à l’idée des conservateurs qu’en Europe, démocratie, liberté, avantages sociaux, personnes riches et services nationaux de santé coexistent, mais que quelque part la liberté américaine est si fragile qu’elle peut-être mise sens dessus-dessous par un programme limité de santé publique qui n’est accessible du reste qu’aux personnes âgées.
Cela ne vient pas non plus à l’idée des républicains conservateurs qu’il est bien préférable d’institutionnaliser la compassion que d’institutionnaliser la tyrannie.
L’institutionnalisation de la tyrannie est le résultat des régimes Bush/Obama de ce début de XXIème siècle., Ceci, et non pas la Grande Société, est la grande rupture avec la tradition américaine. Les républicains de Bush ont détruit presque toutes les protections constitutionnelles de la liberté établies par les pères fondateurs. Les démocrates d’Obama ont codifié le démantèlement organisé de la constitution par Bush et ont enlevé la protection aux citoyens de ne pas être assassinés par leur gouvernement sans autre forme de procès. Une décennie fut assez de temps pour deux présidents pour que le peuple américain devienne le moins libre de tous les pays développés, voire peut-être même de toutes les nations. Dans quel autre pays le chef de l’exécutif a t’il le droit de tuer ses propres citoyens sans aucune procédure légale ?
Cela nous retourne l’estomac d’écouter les conservateurs geindre sur la destruction de la liberté par compassion tandis qu’ils institutionnalisent la torture, la détention indéfinie en violation du principe légal du habeas corpus, l’assassinat de citoyens sur la seule suspicion et accusation infondée, la violation totale et complète de la vie privée, l’interférence avec le droit de voyager par l’existence d’innombrables listes de personnes mises sur la liste “interdiction de vol” et les barrages routiers, la brutalisation des citoyens et ceux qui exercent leur droit de manifester par la police, les souricières pour faire taire les critiques et la réduction drastique de droit de parole.
En Amérike aujourd’hui (NdT : Roberts utilise volontairement l’orthographe “Amerika” afin de germaniser le mot…), seule la branche exécutive du gouvernement fédéral bénéficie d’une certaine vie privée. La vie privée est institutionnelle et non pas personnelle, demandez à l’ancien directeur de la CIA David Petraeus. Tandis que la branche exécutive détruit la vie privée de tout le monde, elle insiste sur le privilège de la sienne. La sécurité nationale est invoquée pour masquer les activités criminelles de la branche exécutive du gouvernement. Les procureurs fédéraux mènent des procès contre des défendants pour lesquelles les preuves les soi-disant incriminant sont “secret d’état” et ne sont pas accessibles ni aux accusés ni à leurs avocats… Des avocats comme Lynne Stewart ont été emprisonnés pour ne pas avoir suivi les ordres des procureurs fédéraux de violer le privilège de la relation avocat-client.
Les conservateurs acceptent un état policier monstrueux qui a été érigé, parce qu’ils pensent que cela les sécurise du “terrorisme musulman”. Ils n’ont même pas la présence d’esprit de noter que maintenant ils sont exposés au terrorisme de leur propre gouvernement.
Considérez par exemple le cas du soldat Bradley Manning (NdT : le soldat qui a fuité vers Wikileaks les vidéos du massacre de civils irakiens par un hélicoptère américain, ces vidéos ont fait le tour du monde sur la toile…). Il est accusé d’avoir fuité des informations confidentielles qui révèlent des activités criminelles du gouvernement, ses crimes de guerre et ce malgré le fait qu’il est de la responsabilité de tout militaire de rapporter tout crime de guerre dont il a été témoin. Chacun des droits constitutionnels de Manning a été violé par le gouvernement des Etats-Unis. Il a été torturé dans un effort de le forcer à admettre les accusations portées à son encontre d’être impliqué dans les fuites vers Wikileaks et Julian Assange. Manning a vu ses droits pour l’obtention d’un procès juste et rapide violés ayant maintenant passé près de 3 ans en détention préventive et ayant subi des ajournements de procès par décisions des procureurs. Maintenant la juge Colonel Denis Lind, qui arrive à cette position venant du bureau des procureurs et non pas comme juge impartiale, a décrété que Manning ne peut pas utiliser comme preuve le rapport même du gouvernement stipulant que les fuites d’information n’ont eu aucune influence néfaste sur la sécurité nationale. Lind a aussi jeté par dessus bord le principe légal du mens rea en déclarant que le motif de Manning pour fuiter l’information au sujet des crimes de guerre des Etats-Unis, ne peut pas être présenté comme preuve à son procès.http://www.armytimes.com/news/2013/01/ap-judge-limits-motive...
Mens rea dit qu’un crime requiert une intention criminelle. En faisant fi de ce principe légal, Lind a empêché Manning de montrer que son motif d’action n’était que de faire son devoir de par le code militaire sous lequel il travaille en révélant les preuves de crimes de guerre. Ceci permet maintenant aux procureurs de retourner un acte conforme à la déontologie en un crime de donner assistance à l’ennemi en révélant des informations classifiées.
Bien entendu, rien de ce que Manning a révélé n’a aidé l’ennemi en quoi que ce soit, car l’ennemi, ayant souffert de crimes de guerre, était déjà parfaitement au courant de leur existence.
Les démocrates d’Obama ne sont pas plus perturbés que les républicains conservateurs à l’idée qu’un jeune soldat américain faisant son devoir, se retrouve au banc des accusés à cause de sa conscience morale. Dans le procès Manning, la définition de victoire du gouvernement n’a absolument rien à voir avec une quelconque idée que la justice prévale. Pour Washington, la victoire veut dire piétiner la conscience morale et protéger le gouvernement corrompu afin que ses crimes de guerre ne soient pas divulgués au grand jour de l’opinion publique.
Paul Craig Roberts
Article original : http://www.paulcraigroberts.org/2013/01/18/the-institutional...
Traduit de l’anglais par Résistance 71 http://resistance71.wordpress.com/2013/01/22/nouvel-ordre-mo...

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Guerre au Mali - De chair et de sang.....Le pyromane ne met jamais le feu chez lui, il le met chez les autres, puis il accourt proposer son aide.

C’était une bonne nouvelle. La Banque mondiale annonçait une croissance économique en hausse pour l’Algérie, 3.2% pour 2013, et elle prévoyait 4.3% pour 2015. L’économie, c’est connu, aime la sécurité et la stabilité. Certes l’Algérie mérite mieux, peut faire mieux, doit faire beaucoup plus pour émerger réellement économiquement. Et là, il reste à faire l’essentiel : une véritable concorde nationale, une transition pacifique vers une vraie démocratie.
La nouvelle était donc réconfortante pour qui aime ce pays en dehors de tout esprit partisan. Et voilà que survient une nouvelle intervention française, sur nos frontières, avec immédiatement l’affaire d’In Amenas et les signes avant-coureurs de nouveaux drames. Personne ne s’y trompe en Algérie et chacun est inquiet.
Il n’y a que le président François Hollande qui peut affirmer, sûr de lui et tranquille, que "ce qui se passe en Algérie justifie encore davantage la décision de venir en aide au Mali (déclaration du 17 janvier). C’est l’exemple même d’une perversion de la logique, à travers une logique rétroactive qui veut justifier un évènement par celui d’après. Le pyromane ne met jamais le feu chez lui, il le met chez les autres, puis il accourt proposer son aide.

LA SOUVERAINETÉ
La première intervention militaire française en Libye avait déstabilisé la région. Le Président français a aujourd’hui le front d’en justifier une deuxième et de chercher à nous y entraîner.
Si l’Algérie a pu malgré tout progresser, c’est qu’il y a eu jusqu’à présent chez nous, quelles que soient les opinions, les divergences profondes, les déchirements internes, un consensus sur le principal acquis de la guerre d’indépendance : la souveraineté nationale. Sans souveraineté, il n’y a pas de liberté pour un peuple. C’est une valeur politique et morale, mais aussi une valeur économique, dans le sens au moins qu’elle est indispensable à la souveraineté sur nos richesses. C’est la ligne rouge que personne ne peut franchir sans se mettre en dehors de la communauté nationale et qui distingue nos vrais amis des faux.
Lorsque le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius "balance" et révèle, apparemment innocemment, que l’Algérie a permis le survol de son territoire aux avions français, il fait ainsi d’une pierre deux coups : d’une part il révèle une faille de cette souveraineté car une décision véritablement souveraine est assumée au grand jour et n’a pas à être cachée, et d’autre part il implique déjà l’Algérie, à son corps défendant, dans la guerre du Mali. Dans les deux cas le consensus national, et par conséquent le pays, s’en trouvent fragilisés. L’objectif de cette révélation faite par le ministre français n’est pas seulement technique-faciliter l’action militaire de la France- il est aussi politique, celui d’intervenir dans la vie politique algérienne, comme la vive polémique actuelle autour de la question de la souveraineté nationale le prouve. Ce survol du territoire algérien par l’aviation militaire française est décidément un drôle de cadeau, pour ce cinquantième anniversaire de la libération nationale. Rien n’obligeait à le faire. Les autorités françaises semblent d’ailleurs en avoir été surprises et ravies.
Quand on défend la souveraineté nationale, il faut la défendre sur toute la ligne. On ne peut s’en réclamer sur l’affaire des otages et y être moins sourcilleux quand il s’agit de l’ouverture de l’espace aérien algérien à des forces militaires étrangères.
Dans le cadre des rapports historiques particuliers entre l’Algérie et la France, la moindre concession sur la souveraineté risque d’être un retour à des relations de type colonial. La crise malienne en offre l’illustration parfaite. La France se trouve jusqu’à présent seule dans son expédition. Les pays européens, et notamment les plus importants d’entre eux, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, font preuve, pour le moins, d’une mauvaise volonté à répondre aux appels de la France à la rejoindre. "Elle a commencé seule, qu’elle continue seule", semblent-ils dire. On peut y voir l’indication que les autres pays européens évaluent cette intervention militaire comme allant dans le sens des intérêts seuls de la France, et non des intérêts généraux de l’Occident. C’est donc signifier, par là même, que c’est une expédition du type de celles des temps passés où chaque pays occidental se taillait un empire à son seul profit, bref une expédition de type colonial. Preuve en est la France n’a pu y attirer, pour l’essentiel, que les pays africains de son pré carré colonial. Cela rappelle le temps de ces tirailleurs africains qu’on appelait à mourir pour la France, pour une cause qui n’était pas la leur. Il n’est pas concevable que l’Algérie puisse paraître, un instant, comme faisant partie de ce pré carré, que des algériens puissent de nouveau "mourir pour la France". Or c’est exactement ce qui se passerait si l’Algérie se laissait entraîner dans cette guerre.
Les préventions des autres pays occidentaux à l’égard de l’intervention militaire française semblent avoir augmenté suite au drame d’In Amenas. Les paroles froides prononcées à ce sujet par le Président François Hollande ont été interprétées, par ces pays, comme de l’indifférence vis à vis des victimes occidentales non françaises, et une preuve supplémentaire de l’état d’esprit de la France dans son aventure malienne.
En Algérie, des voix se sont élevées pour reprendre la thèse française qu’au Mali, il n’y a que le choix "entre la barbarie terroriste et l’intervention militaire". Dans un nationalisme trop bruyant pour ne pas être creux, ces voix vont jusqu’à dire que c’était à l’Algérie, "en tant que puissance régionale d’intervenir" et "qu’il ne faut donc pas en faire le reproche à la France qui, elle, a le mérite d’avoir une position conséquente". Ce sont les mêmes voix qui avaient défendu l’intervention militaire en Libye. Toute honte bue, après le désastre libyen, les mêmes récidivent en soutenant encore une intervention française.
Cette complicité dans laquelle la France officielle veut entraîner l’Algérie ne peut se faire qu’au prix du renoncement aux idéaux de Novembre.
L’intervention militaire actuelle au Mali produit déjà son cortège de larmes, et de sang. Des dépêches annoncent déjà des exécutions sommaires de maliens du nord "soupçonnés d’intelligence" avec les rebelles (journal "Le Monde", 15 janvier 2013). Les réfugiés se pressent par milliers aux frontières "fermées" de l’Algérie. La guerre au Mali a déjà causé des dommages collatéraux en Algérie.

LA TRAGÉDIE
Il faut parler là de la tragédie humaine absolue qu’a représentée la prise d’otages à la base d’In Amenas. Qu’on nous permette de l’aborder uniquement d’un point de vue moral, d’un point de vue humain, d’un point de vue général, et donc en dehors de tout point de vue étroitement politique et de surenchère nationaliste, car c’est une question qui dépasse l’Algérie et tout pays. Nous nous devons de le faire, si ce n’est à la mémoire et par respect de toutes les victimes. Les étrangers, pris en otage, étaient venus travailler et vivre avec nous. Ils étaient là parfois depuis des décennies comme ces techniciens japonais de la société JGC. Leur prise en otage est déjà un crime inqualifiable. Leur mort est une tragédie absolue, une impasse humaine totale.
C’est d’un point de vue général, chaque fois la même horreur renouvelée, le même sentiment qui nous étreint la gorge tous, sur la surface de la terre, à chaque prise d’otages. Nous sommes certainement des centaines de millions à penser ainsi, à nous interroger ainsi : Quoi ! N’y aurait-il pas d’autre solution que de poser froidement le problème uniquement en termes d’"efficacité", que de clamer que "céder au chantage ne fait qu’encourager les preneurs d’otages", que de mettre en avant la raison glacée de la raison d’Etat ? N’y a-t-il pas d’autre alternative, plus humaine, moins désespérante pour l’Homme ? Faudrait-il toujours, pour satisfaire cette raison d’Etat, que l’otage lui soit sacrifié comme on faisait avant des sacrifices humains pour apaiser les divinités ? S’agit-il finalement de le punir de s’être fait prendre, de le punir d’avoir été otage ? Chacun de nous penserait-il ainsi s’il s’agissait d’un fils ou d’une fille, d’un père ou d’une mère, d’un parent, d’un ami, non pas une abstraction mais un être concret, fait de chair, de sang, de sentiments et de souvenirs ? Comment ne pas penser, en ce moment, à d’autres otages, aux otages Algériens de Gao. On nous dit que " la lutte contre le terrorisme exige de ne pas avoir d’état d’âme ". Mais justement, le monde a besoin d’une âme. En quoi la mort d’un otage a-t-elle fait quelque part, une fois seulement, avancer le monde, instaurer la justice, régler un problème quelconque. Faut-il ressembler à ce point aux preneurs d’otages que d’envisager, comme eux, la mort pour ces otages ? La peine de mort n’a-t-elle pas été supprimée dans des sociétés parce que, justement, elles ont finalement compris qu’elles ne pouvaient, elles aussi, tuer comme les assassins, même légalement, et qu’elles se sont mises à douter de l’efficacité de la peine de mort ? Toutes ces questions s’imposent. Certes, nous savons que ce sont des questions difficiles ; nous n’en avons pas encore la réponse, mais nous ne pouvons indéfiniment les fuir. Il faudra bien un jour les affronter. On ne peut simplement s’en débarrasser sur ceux qui, eux, doivent faire face et gérer des situations terriblement tendues, vivre eux-mêmes de tels cas de conscience, prendre ou obéir à des décisions dont on imagine la difficulté humaine. Ces questions nous concernent tous.
Il neige, ce 20 janvier 2013, en France. Les télévisions françaises diffusent des images de carte postale. La guerre, elle, est exportée à des milliers de kilomètres… Une guerre de chair et de sang.
Djamel LABIDI
Paru dans le quotidien d’Oran du 24 Janvier 2013 http://www.lequotidien-oran.com/index.php

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