dimanche 6 janvier 2013

SYRIE 06/01/2013 - VIDEO 57mn - Discours complet du Président syrien BACHAR AL ASSAD en arabe الخطاب الكامل للسيد الرئيس بشار الأسد

Bachar el-Assad a affirmé que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60 000 morts, n'opposait pas « le pouvoir et l'opposition, mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins », ajoutant que certains voulaient la partition de la Syrie.

 
 
Le président syrien Bachar el-Assad s'est exprimé publiquement, ce dimanche 6 janvier, depuis la Maison de la culture et des arts, dans le centre de Damas. Ce discours, retransmis en direct par la télévision officielle syrienne, est le premier depuis sept mois. Le président syrien a notamment affirmé que le conflit meurtrier en Syrie n'opposait pas son régime à l'opposition, mais la Syrie à ses ennemis, qui souhaitent, selon lui, la partition du pays.

Dans son premier discours public en sept mois, Bachar el-Assad a affirmé que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60 000 morts, n'opposait pas « le pouvoir et l'opposition, mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins », ajoutant que certains voulaient la partition de la Syrie.
Le président a en outre appelé à un « dialogue national », pour lequel il a affirmé ne pas avoir trouvé de « partenaire ».
Mais ce dialogue, a-t-il précisé, ne s'ouvrira qu'à plusieurs conditions. « Les pays impliqués doivent s'engager à arrêter de financer l'armement et les hommes amés doivent arrêter les opérations terroristes, nos forces cesseront ensuite immédiatement les opérations militaires, tout en conservant le droit de répliquer », a-t-il affirmé. Et ce n'est qu'après ces étapes, que se tiendra « une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties », a-t-il poursuivi.
Si ce dialogue ne s'est pas ouvert jusqu'à présent, « ce n'est pas parce que nous ne voulons pas d'une solution politique, mais parce que nous n'avons pas trouvé de partenaire », a-t-il ajouté.
Le président syrien s'exprimait sur la scène de la Maison de la culture et des arts, dans le centre de Damas, où il est arrivé sous les applaudissements nourris de centaines de personnes qui ont scandé « Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi ». Derrière lui s'affichait un immense drapeau syrien composé d'une multitude de visages.


samedi 5 janvier 2013

La tragédie des Palestiniens en Syrie, et la centralité du Droit au retour..Tant qu’Israël continuera à se moquer du droit international, les millions de Palestiniens réfugiés demeureront prisonniers de rivalités régionales où ils sont politiquement exploités, ou considérés comme un problème démographique, ou pire encore, comme une menace..

Des centaines de Palestiniens ont été tués en Syrie. Ils ont été soit entraînés dans le conflit sanglant entre le gouvernement syrien et l’opposition, soit délibérément pris pour cible sous un prétexte ou un autre. L’épisode violent le plus récent, qui a presque vidé le camp de Yarmouk, a débuté le 14 décembre quand des militants islamistes ont, semble-t-il, attaqué les Palestiniens fidèles au gouvernement syrien du Président Bashar Assad.


Cela devait être en 2007, bien que je ne puisse pas me rappeler la date précise. Je me souviens avoir perdu beaucoup de temps à trouver où était le siège du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies à Rome. S’y tenaient une réunion d’ONGs et une sorte d’Assemblée Générale à laquelle participaient plusieurs ambassadeurs de l’ONU et consacrée à « la question de la Palestine ». J’avais été invité à y participer au nom d’une ONG. Timidement, j’avais accepté.

Sachant à l’avance comment ce genre de réunions se concluent le plus souvent - reprendre d’anciennes déclarations, rabâcher de vieux textes, réaffirmer ceci et cela - j’y participais néanmoins. Le sujet de la discussion était les réfugiés Palestiniens, lesquels pour la grande majorité des Palestiniens - excepté l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas - représentent toujours le noyau de n’importe quelle solution équitable à la lutte palestinienne vieille de plusieurs décennies, pour la liberté et les droits. Je me sentais poussé par une grande sensation d’urgence sur la nécessité de répéter et reconfirmer le texte officiel des Nations Unies. Quelques jours plus tôt à Londres, j’avais reçu un appel téléphonique qui m’avait bouleversé.
Celui qui m’appelait était un jeune Palestinien nommé Hossam, échoué à la frontière entre la Jordanie et l’Irak. Deux de ses frères avaient été tués en Irak ces derniers mois. L’un assassiné dans le quartier de Baladiat à Bagdad, où vivaient principalement des réfugiés Palestiniens, et l’autre aassassiné par des militaires américains.
Avant l’invasion par les États-Unis en 2003, une petite communauté de 35 000 Palestiniens vivait en Irak. Ils étaient intentionnellement tenus à l’écart de n’importe quelle participation à la vie politique dans le pays, et à la différence des Palestiniens réfugiés au Liban, ils étaient bien traités. Mais après l’invasion américaine, ils sont devenus des cibles faciles pour différentes milices, les forces occupantes et les bandes criminelles. Beaucoup ont été tués, particulièrement ceux qui n’avaient pas les moyens de payer les lourdes rançons imposées au hasard par les gangs armés. La plupart des réfugiés se sont enfuis, cherchant refuge ailleurs dans le pays et quand cela n’était plus possible, jusque dans les pays voisins.
Permettre à des Palestiniens d’entrer dans les pays Arabes n’est pas aussi simple. Des milliers d’entre eux se sont donc retrouvés bloqués dans des camps de réfugiés nouvellement construits aux frontières de la Jordanie et de la Syrie. Ils ont survécu, certains pendant des années, affrontant les dures conditions du désert et grâce aux aides des Nations Unies. Pour finir, un bon nombre de ces réfugiés ont été dirigés vers divers pays non-arabes. C’était encore une fois le spectacle pitoyable d’une trahison des Palestiniens par les régimes arabes. Plus un de ces régimes parlera avec passion de la Palestine, moins il se préoccupera de la situation difficile et réelle des Palestiniens. L’Histoire a de tous temps été cruelle à cet égard.
Hossam voulait simplement rentrer en Jordanie. Il y était né et y avait grandi, mais son permis de résidence fut arbitrairement supprimé, comme c’est souvent le cas quand les Palestiniens réfugiés augmentent en nombre et finissent par poser un souci démographique au pays d’accueil. Il m’a donc demandé de l’aider, m’expliquant que sa mère était très âgée et qu’il était le seul fils qui lui restait.
Naturellement, j’étais, et je reste, impuissant. Cependant, quand je me suis vu invité à la réunion de Rome où il était question des réfugiés, j’ai alors pensé que ce serait une plate-forme appropriée pour que les difficultés de Hossam soient exposées dans un contexte politique d’urgence. Ce ne fut cependant pas le cas, les habituelles déclarations prenant le pas sur les préoccupations actuelles apparemment jugées insignifiantes.
Les Palestiniens réfugiés en Irak avaient le droit de revenir en Palestine. Ceux ayant le courage moral de s’exprimer ainsi, comme les ambassadeurs des Nations Unies à Rome, n’ont cependant aucun pouvoir excepté celui de faire d’ardents discours. Ceux capables de proclamer les résolutions des Nations Unies, depuis longtemps négligées et qui insistent sur le Droit au retour pour les Palestiniens réfugiés, sont cependant dociles face aux pressions des États-Unis et à la détermination disraélienne à nier ce droit à la population indigène. La Résolution 194 des Nations-Unies, qui date du 11 décembre 1948, n’est encore aujourd’hui que de l’encre sur du papier.
Tant qu’Israël continuera à se moquer du droit international, les millions de Palestiniens réfugiés demeureront prisonniers de rivalités régionales où ils sont politiquement exploités, ou considérés comme un problème démographique, ou pire encore, comme une menace. Et les États-Unis s’assurant qu’aucune mesure significative n’est prise pour alléger la souffrance des réfugiés, des milliers d’entre eux continueront à s’agglutiner aux frontières, faisant la queue pour la nourriture et défendant leur cause devant quiconque est disposer à les écouter.
La Syrie est maintenant le dernier épisode de cette longue tragédie, qui s’est développée comme jamais depuis la guerre civile libanaise (1975-1990) et les invasions israéliennes du Liban (1978 et 1982). Il y a douze camps de réfugiés en Syrie. Neuf d’entre eux sont officiellement enregistrés en tant que camps par l’UNRWA [UN Relief and Works Agency] et ils hébergent une population de plus de 496 000 réfugiés. Le camp de Yarmouk à lui seul, près de Damas, héberge près de 150 000 réfugiés. Ce camp a été régulièrement la cible de différents groupes militants et des forces syriennes. D’autres camps ont également été visés dans ce violent conflit, dont notamment Dera’a, Husseinieh et Neirab.
Des centaines de Palestiniens ont été tués en Syrie. Ils ont été soit entraînés dans le conflit sanglant entre le gouvernement syrien et l’opposition, soit délibérément pris pour cible sous un prétexte ou un autre. L’épisode violent le plus récent, qui a presque vidé le camp de Yarmouk, a débuté le 14 décembre quand des militants islamistes ont, semble-t-il, attaqué les Palestiniens fidèles au gouvernement syrien du Président Bashar Assad. Une contre-attaque incluant un raid aérien a frappé le camp, faisant beaucoup de morts et de blessés. Un exode s’en est suivi et un nouveau chapitre de l’odyssée palestinienne était écrit par la force, accompagné de sang et de souvenirs encore plus atroces. Des dizaines de milliers de réfugiés se sont sauvés. Certains se sont rendus dans les camps palestiniens déjà surpeuplés du Liban. D’autres s’en sont vus refuser l’entrée, et ils campent à présent dans les parcs de Damas, faisant une fois de plus la queue pour obtenir les aides des Nations Unies. Le Programme alimentaire mondial semble avoir la responsabilité de nourrir les réfugiés. Dans une déclaration récente, l’UNICEF [agence des Nations Unies pour l’enfance] coordonne ses efforts avec l’UNRWA, le Croissant Rouge Arabe syrien [SARC], et le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNHCR).
Aucun mot ne peut réellement décrire la si pénible situation des millions de réfugiés syriens innocents entraînés dans un jeu de pouvoir régional qui n’a aucune sorte de respect pour les trois millions de réfugiés déplacés à l’intérieur du pays ou dans les pays limitrophes. Mais la situation pour les Palestiniens, en Syrie et ailleurs, continue à être une particularité encore pire, toutes les fois que des conflits éclatent dans un pays arabe - comme dans le cas de la Jordanie, du Liban, du Koweït, de l’Irak, de la Libye et maintenant de la Syrie. C’est toujours la même vieille histoire qui se répète et qui devrait une bonne fois pour toutes, être traitée comme une crise humanitaire et politique et non pas simplement comme une question conjoncturelle.
La Direction palestinienne porte une grande part de responsabilité, puisqu’elle a relégué au second plan la question des réfugiés - c’est-à-dire le Droit au retour - la réduisant à une question à traiter d’une manière ou d’une autre lors de négociations avec Israël pour un statut final. Ces discussions n’ont naturellement jamais eu lieu, et selon les documents révélés au grand jour, il s’avère que l’Autorité palestinienne avait totalement abandonné les réfugiés à leur sort, lors d’entretiens tenus secrets avec des officiels israéliens.
La plupart des Palestiniens réfugiés en Syrie ont été chassés de Palestine en plusieurs étapes. La première vague est arrivée en 1948, venant en grande partie de Safad, de Haïfa et de Yaffa. Le deuxième vague est arrivée après l’occupation par Israël des Hauteurs du Golan en 1967, et la troisième pendant la guerre civile au Liban et les guerres lancées par Israël contre ce même pays. C’est une tragédie à plusieurs niveaux et qui dure dans le temps. En vérité, cela exige de doubler les efforts pour protéger et prendre soin des réfugiés, mais cela exige également un réexamen sérieux de l’attitude méprisante de la communauté internationale envers ces mêmes réfugiés. Ceux-ci ne peuvent être réduits à une multitude fuyant des conflits arabes ; ils représentent par eux-mêmes une crise politique et morale grave qui exige une action immédiate sous l’égide des droits des Palestiniens, tels qu’ils sont reconnus par le droit international.
Paradoxalement, c’est l’ambassadeur israélien aux Nations Unies, qui a replacé le Droit au retour dans un contexte politique, dans sa son réponse à la désapprobation manifestée face à l’expansion des colonies juives à Jérusalem par les membres du Conseil de Sécurité. Le 20 décembre, Prosor a affirmé que ce n’était pas l’expansion des colonies - toutes illégales au regard du Droit international - qui devait être considérée comme un obstacle à la paix, mais plutôt l’insistance des Palestiniens à revendiquer leur Droit au retour. Son argumentation était à la fois biaisée et dépourvue de sensibilité. Tandis qu’Israël continue son nettoyage ethnique de la Palestine pour faire de la place aux colons juifs, les réfugiés en Syrie et au Liban luttent pour la survie comme l’ont fait trois générations de réfugiés durant les 64 dernières années. D’une certaine manière, exiger que soient respectés les droits d’enfants effrayés et de mères implorantes - selon le droit international - représente une menace majeure pour la version israélienne de la paix.
Si la tragédie des réfugiés en Irak semblait insuffisante pour rappeler le rôle central de la crise des réfugiés palestiniens et le droit inaliénable de ces réfugiés, la véritable calamité qui leur arrive en Syrie ne devrait laisser aucun doute sur le fait que la question des réfugiés est une partie intégrante de la narration palestinienne, comme cela devrait être le cas dans n’importe quel discours politique digne de ce nom..
Le Droit au retour n’est pas simplement l’étude rétrospective d’une histoire émouvante faite de souvenirs d’une génération en train de disparaître. Ce droit mérite d’être traité comme une priorité politique extrêmement urgente avec une dimension humanitaire également pressante. Les Palestiniens une fois de plus meurent sur les routes et toutes les actions entreprises doivent viser à aider ces réfugiés à faire face au conflit en Syrie et à rentrer dans leur patrie : la Palestine.
Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net)
Source : Info-Palestine

IRAK - Noël : Les Enfants de Falloujah… Pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l’Irak en cendres ?...

"Retour à l’âge de pierre" : mission accomplie.

Les enfants sacrifiés de FallujahTout récemment, décembre 2012, le Lieutenant Colonel Marion Carrington, patron du 1st Battalion - 508 th Parachute Infantry Regiment en Afghanistan, a déclaré publiquement que parmi les “mâles” en âge de porter les armes ("military-age males"), les enfants sont considérés comme des menaces potentielles. En conséquence, sont nommément désignés en tant que cibles : les "enfants au potentiel d’intention hostile" ("children with potential hostile intent").


Un conte de Noël ?...

Il était une fois…
Un pays, qui avait à sa tête un dictateur : l’Irak.
Ni pire, ni meilleur, que les pires autocrates féodaux et corrompus des pétromonarchies du coin, reçus en permanence avec tapis rouge et accolades dans nos "vertueuses démocraties".
Mais, il avait eu le tort d’entrer en conflit avec ses protecteurs qui l’avaient installé au pouvoir. Alors, comme dans les films de gangsters, ils ont décidé de le remplacer par des marionnettes interchangeables et plus dociles.
Pétrole oblige…
"Apporter la Liberté et la Démocratie", affirmaient-ils, la main sur le cœur.
Ils avaient une obsession, toutefois : "renvoyer le pays à l’âge de pierre", disaient-ils. On ne comprenait pas bien : pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l’Irak en cendres ?...
Ils on tout rasé. Méthodiquement.
Pas simplement les installations militaires : toutes les infrastructures civiles. Tout ce qui est interdit par les Conventions de Genève et leurs Protocoles Additionnels, ces « Traités internationaux qui contiennent les règles essentielles fixant des limites à la barbarie de la guerre. »
Tout : centrales électriques, stations d’épuration d’eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d’automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d’élevage. Tous les ministères, sauf celui du pétrole !
"Retour à l’âge de pierre" : mission accomplie.
Jusqu’aux musées et sites archéologiques, pillés à l’exemple dusac du palais d’été des empereurs en Chine, en 1860, par les troupes françaises et les britanniques… Pillage, à l’époque, qui avait scandalisé Victor Hugo, et de nombreux intellectuels. Alors qu’aujourd’hui…
Détruire, massacrer, piller… Autres temps, mêmes mœurs.
Le plus curieux : ils se sont acharnés sur les femmes et les enfants.
Pourquoi ?
Pourquoi interdire, sous prétexte d’embargo, l’importation des produits pharmaceutiques, tout particulièrement ceux relevant de la pédiatrie ou de l’obstétrique ? En quoi la protection sanitaire, des enfants de la naissance aux premiers pas, de l’accouchement aux soins élémentaires, encourageait-elle la prolifération des armes de destruction massive, chimiques ou bactériologiques ?...
Il est vrai que les fonctionnaires de l’ONU, chargés de superviser l’opération « pétrole contre nourriture », s’amusaient à interdire cahiers et crayons… Probablement, au cas où les enfants survivants auraient envie d’aller à l’école.
Nous avions été poliment, froidement prévenus, reconnaissons-le. Impossible de l’oublier. Madeleine Albright, responsable des affaires étrangères des USA au moment des faits l’avait publiquement signifié.
Nous nous souvenons tous de sa réponse à une question, dans un entretien télévisé, sur les ravages de l’embargo infligé à la population Irakienne avant son écrasement sous les bombes. La mort “par embargo” de 500.000 enfants de moins de 5 ans, était le prix à payer pour “libérer” l’Irak : « Worth it »…

Le Massacre des Innocents

En fait, dans les guerres actuelles menées par l’Occident, femmes et enfants sont des objectifs d’éradication stratégiques. Les plus sérieux et honnêtes des analystes, observateurs, démographes, économistes, géopoliticiens, l’admettent. Plus ou moins ouvertement et, dans tous les cas, en privé uniquement. Aucun ne l’exprimant publiquement par crainte de perdre fonctions et sinécures, crédits de recherche et dotations, subventions et “sponsoring”, accès aux médias et publications…
Très rares sont les articles publiés sur cette cible démographique, au cœur de toutes les planifications et opérations guerrières actuelles. Quand ils le sont, ce ne peut être que dans des médias non occidentaux, du fait de la censure. (3)
Résurgence d’une pratique ancestrale aux effets démultipliés par les nouvelles technologies. Avec pour objectif de casser, inverser même, la courbe démographique des populations du Moyen-Orient et du monde musulman, en général, composé de peuples non arabes (dont Pakistan, Afghanistan, Iran, etc.). Il s’agit d’un génocide programmé et méticuleusement appliqué.
Mais, le terme “génocide” serait réservé, parait-il. Comme une “appellation contrôlée” pour un vin ou un saucisson.
On ne parle donc que de "dégâts collatéraux". Terme générique présentant, de plus, beaucoup d’avantages : plus anodin, presque une norme, une fatalité…. C’est "la faute à pas de chance"… Personne n’est responsable. Fêtes de mariages et de naissances, aux fortes concentrations de femmes et d’enfants, sont, ainsi, systématiquement « traités » comme des objectifs militaires à anéantir.
La banalisation de cette pratique est telle que ce qu’on pensait appartenir à un autre siècle est repris dans les comportements, manuels de combat, et procédures de commandement, des troupes d’invasion occidentales au quotidien.
Tout récemment, décembre 2012, le Lieutenant Colonel Marion Carrington, patron du 1st Battalion - 508 th Parachute Infantry Regiment en Afghanistan, a déclaré publiquement que parmi les “mâles” en âge de porter les armes ("military-age males"), les enfants sont considérés comme des menaces potentielles. En conséquence, sont nommément désignés en tant que cibles : les "enfants au potentiel d’intention hostile" ("children with potential hostile intent"). (4)
Mais, que veut dire, ou comment identifier, un "enfant au potentiel d’intention hostile" ?... Sous couvert de concepts fumeux et de cabrioles rhétoriques, ce n’est que la justification hypocrite de tout massacre d’enfants, arbitraire et impuni.
Hôpitaux, cliniques, centres médicaux, où se rassemblent femmes et enfants pour obtenir des soins sont évidemment des objectifs militaires, dans toutes les opérations des troupes de l’OTAN. Ce qui s’est passé en Irak se produit en permanence en Afghanistan, et ailleurs. L’accès aux soins des femmes et des enfants, doit être empêché à tout prix. Les comédies humanitaires pour Journaux TV, destinés à endormir les opinions publiques, ne sont que les paravents de ces massacres et destructions sauvages et systématiques.
Exemple ? Au début de ce mois, décembre 2012, les troupes d’invasion de l’OTAN, dénommées ISAF en Afghanistan, ont fait irruption à l’hôpital de Sewak, dans la province de Wardak, au centre du pays. L’occupant pendant trois jours, s’en servant comme prison pour “interroger” des suspects. La soldatesque a tout cassé, en plein hiver : portes, fenêtres, lits, matériel médical, placards et étagères, même les murs…
Mais, ces soudards sont mal tombés, pour une fois. Le directeur de ce centre hospitalier relevant d’une ONG suédoise [Swedish Committee for Afghanistan - SCA], Andreas Stefansson, loin d’être intimidé, en a été révolté et a pu donner l’alerte en Europe. En dépit de l’inévitable censure médiatique. Dans une déclaration officielle du 6 décembre 2012, il qualifie cette action comme une : « … violation absolument inacceptable de toutes les Conventions internationales… » (5)
Illustrations des violences guerrières directes ou indirectes dont la palette mortifère est employée dans son intégralité : embargos, bombardements, guerres civiles et chaos organisés. Permettant de sabrer, ainsi, des générations entières de femmes et d’enfants porteurs des développements démographiques des pays visés par ces actions.
Car, ce n’est pas le seul potentiel militaire des pays musulmans qui préoccupe les "stratèges" occidentaux, mais leur croissance démographique, accompagnée de celui de l’enseignement et de la maitrise des techniques. Le progrès économique et technologique qui en serait la conséquence engendrerait inéluctablement l’enracinement d’une irréversible indépendance politique, face aux visées hégémoniques de l’Occident et à ses entreprises de pillage.
On comprend mieux l’acharnement à pulvériser, démembrer, déchirer : Somalie, Irak, Pakistan, Afghanistan, Soudan, Lybie. Syrie, à présent. Le prochain chaos programmé étant l’Iran.
Sans oublier la Palestine, encore et toujours. Depuis plus de soixante ans…
On sait combien les enfants Palestiniens sont spécifiquement visés et méassacrés. L’enclave de Gaza étant le symbole de cet acharnement sanguinaire. Bombardements allant de pair avec un embargo particulièrement implacable, et tout aussi illégal. Puisqu’il relève de la décision unilatérale des forces d’occupation, soutenues par les pays occidentaux dont elles sont l’émanation.
Cet embargo constitue un authentique "Crime contre l’Humanité", du fait qu’une population civile est prise en otage et massacrée au bon vouloir d’une armée coloniale. Selon périodicité, intensité, procédé, qui lui conviennent. Avec deux modalités récurrentes : violences armées (tirs, bombardements, assassinats, internements arbitraires et tortures, etc.), ou blocages d’accès aux soins médicaux et à l’alimentation (de l’eau potable aux produits alimentaires de base).
Les images de l’assaut meurtrier par des commandos, dans les eaux internationales, des bateaux acheminant de l’aide humanitaire pour Gaza sont encore dans toutes les mémoires.
Toutefois, ce blocus maritime, hyperviolent, n’est pas le seul instrument de d’étouffement par “embargo”. Il est renforcé par l’édification d’un mur sous-terrain constitué de palplanches en acier pour empêcher la population de creuser à la main des tunnels vers l’Egypte, et s’y procurer un minimum de médicaments et denrées de premières nécessités.
Notons que la France s’associe au plus haut niveau de l’Etat à ce "Crime contre l’Humanité".
Une preuve de cette implication, parmi d’autres : le général Benoit Puga est, depuis le 5 mars 2010, “chef d’état-major particulier” de nos présidents de la République. D’abord de Sarkozy, puis de Hollande qui l’a maintenu à son poste. Après avoir exercé les plus hautes fonctions dans nos armées (directeur du renseignement militaire, professeur au Collège interarmées, patron des opérations spéciales, corédacteur du Livre Blanc de la Défense Nationale, et tutti quanti…).
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit en toutes lettres dans Wikipedia… Figure, dans ses glorieux états de service, une mention aussi révélatrice qu’atterrante (6) : « En 2009, le général Puga est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur de séparation en acier entre l’Égypte et la bande de Gaza. »
On se pince pour y croire…
« … Venu personnellement inspecter… ». En 2009… Alors que Gaza, immense camp de concentration enfermant 1,5 millions de personnes, venait de subir durant plusieurs semaines parmi les plus atroces bombardements de population, et de massacres d’enfants, imaginés par les plus hallucinés des criminels…
Quelle est l’impératif stratégique de la France, pour que les plus hauts responsables de nos forces armées, au budget pharaonique égal à la moitié de celui de la Chine, se rendent sur place, afin « d’inspecter », de s’assurer de la profondeur et de l’épaisseur du mur sous-terrain en acier asphyxiant la population civile de Gaza ?
En quoi, contrôler, superviser, que la population de Gaza, dont ses enfants, crève lentement mais sûrement de faim, de manque de soins, et de désespoir, est-il une obligation de notre état-major ?...
Où résident intérêt, urgence, pour notre « Défense Nationale », notre « Souveraineté Nationale », de s’associer en permanence à des "Crimes contre l’Humanité", à l’encontre de populations à des milliers de kilomètres de chez nous, qui ne nous ont rien fait et ne nous menacent en rien ?...
Le degré d’abjection, d’infamie, de trahison, de notre caste gouvernementale et militaire, en termes de reniement de toute éthique, mais aussi d’avilissement dans la servilité à l’égard d’intérêts, idéologies et diktats de pays et « milieux » qui nous ont vassalisés, rendent pathétique de grotesque cette éternelle référence de nos politiciens et médias à une France mythique des Droits de l’Homme et des Lumières…
Dans le style des incantations mégalomaniaques d’Alexis de Tocqueville, autre féroce raciste colonial :
« Il y a des entreprises que seule la nation française est en état de concevoir, des résolutions magnanimes que seule elle ose prendre.
Seule elle peut prendre en main un certain jour la cause commune de l’humanité et vouloir combattre pour elle. » (7)
Avec une « élite » de cette trempe, la France n’est, et ne sera, qu’un pitoyable polichinelle…

Falloujah : Laboratoire de l’Horreur

Enfants Palestiniens Afghans ou Irakiens : mêmes massacres.
Une ville en Irak restera dans l’Histoire une des grandes hontes de l’Humanité, qui en connaît une pléthore : Falloujah. Elle a résisté à l’invasion avec le plus grand courage. Elle en a été châtiée d’autant, avec un rare acharnement dans les atrocités guerrières : multiples bombardements, encerclements et pilonnages d’artillerie, sièges et batailles de rue, maison par maison, étage par étage...
Dès 1991, les occidentaux s’étaient amusés à bombarder le marché de la ville par surprise, attendant qu’il soit rempli," l’heure de pointe" comme disent les commerçants, lieu de concentration de femmes et d’enfants accompagnant leurs mères ou leurs sœurs. Officiellement recensés : 1360 civils tués. Certainement, plus du triple.
Lors de la destruction de l’Irak, les forces occidentales ont utilisé à profusion des armes nouvelles, à base d’uranium. Il existe un minimum de 40 sites fortement irradiés, mais Falloujah est le pire de tous.
Personne ne s’en inquiète, ou ne l’évoque. Ni les Belles Ames, politiciens et “journalistes d’investigation”, spécialisées dans l’histrionisme humanitaire. Encore moins, l’agence de l’ONU en charge du contrôle de la non prolifération des armements nucléaires, l’AIEA (Prix Nobel de la Paix 2005…), et ses rocambolesques “limiers-infatigables-chercheurs-d’atome-iranien”.
Toutes les enquêtes, recherches, sont interdites aux Irakiens, par les autorités d’occupation. Nos médias ne traitant le sujet que pour en atténuer l’impact, lorsque l’information fait ou refait surface, par les procédés habituels de la désinformation. Ce qu’on appelle le "contre-feu" (8) :

=> forme interrogative dans le titre : “L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ?”,

=> et, en dernière ligne, ou conclusion, le démenti officiel américain : “La seule réponse fournie sur ce sujet par le département d’Etat américain : il n’existe aucune preuve scientifique de la dangerosité de l’uranium appauvri sur la santé”...

Mais, les faits sont têtus et l’uranium met des milliers d’années avant de disparaître… Lors des mitraillages et bombardements, de 2004 surtout, balles et éclats d’obus ont truffé tous les bâtiments, murs et chaussées de la ville réduite en ruine.
Le professeur Christopher Bubsy, scientifique britannique, est le directeur de Green Audit, et secrétaire scientifique du comité européen sur les risques liés aux radiations [European Committee on Radiation Risks]. C’est un des plus éminents spécialistes des phénomènes d’irradiation et des ravages de l’uranium sur les populations et l’environnement. Avec courage, malgré obstacles, menaces et agressions (campagnes de diffamation par la propagande, en particulier), pour lui et ses collaborateurs, il s’est intéressé au destin tragique de cette ville.
D’après ses recherches et analyses, même sans explosion de bombe atomique, l’effet des munitions à base d’uranium est dévastateur (9) :
« La situation dans Falloujah est effrayante et affreuse, c’est encore plus dangereux et pire qu’à Hiroshima et à Nagasaki... »
« […] L’uranium est introduit dans le sang par la digestion et la respiration. Les quantités extrêmement élevées d’uranium auxquelles les gens de Falloujah ont été soumis expliquent l’élévation vertigineuse des cancers des ganglions, des poumons, des seins et du système lymphatique chez les adultes. »
Il s’est particulièrement penché sur les déformations congénitales dont la multiplication fulgurante atteste que Falloujah a servi de “Laboratoire de l’Horreur”. Parmi celles qui se sont multipliées (10) :
=> enfants nés sans yeux
=> enfants avec deux et trois têtes
=> enfants nés sans orifices
=> enfants nés avec des tumeurs malignes au cerveau et à la rétine de l’œil
=> enfants nés avec l’absence d’organes vitaux
=> enfants nés avec des membres manquants ou en trop
=> enfants nés sans parties génitales
=> enfants nés avec de graves malformations cardiaques.

Constats et conclusions du professeur Christopher Bubsy sont effrayants : l’emploi de munitions à base d’uranium avait un objectif à long terme, bien au-delà de la simple destruction de la ville. Ce sont les enfants qui ont été visés, avec des effets durables et multiplicateurs sur plusieurs générations. Extraits (11) :
« Le taux de leucémie d’enfant est 40 fois plus élevé, depuis 2004, que pendant les années qui précédent. »
« Le taux de mortalité infantile pour Falloujah est de 80 enfants en bas âge sur 1000 naissances (80 pour 1000), alors que pour le Koweït ce taux est de 9 enfants en bas âge sur 1000 (9 pour 1000). »
« La troisième génération affiche des malformations génétiques comprenant des maladies chroniques (cancer, cœur, etc.) à un taux 50 fois supérieur à la normale. »
La population des enfants « mâles » étant particulièrement ravagée (11) :
« Avant 2003 naissaient à Falloujah, 1050 bébés de sexe masculin pour 1000 bébés de sexe féminin. En 2005, il y a eu la naissance de seulement 350 garçons pour 1000 filles, ce qui signifie que les bébés de sexe masculin ne survivent pas. »
« En raison du code génétique des enfants en bas âge de sexe masculin (manque de chromosome X), ceux-ci risquent plus de mourir à la naissance, et les enfants en bas âge de sexe féminin ont plus de chance de survivre à la naissance avec de fortes déformations. »
« Quant aux bébés de sexe féminin, les radiations provoquent des changements au niveau de l’ADN, ce qui signifie que ces même enfants de sexe féminin, s’ils survivent et s’ils se reproduisent plus tard, donneront naissance à des filles génétiquement déformées et à des bébés de sexe masculin mort-nés. »
Le Massacre des Innocents…
Comment l’oublier à Noël ?… Noël, fête de la Nativité, des enfants… Célébration de la naissance de Jésus… A présent, celle du culte du Veau d’Or de la Consommation.
Mais, que pèsent les enseignements de Paix et de Fraternité de Jésus face aux mugissements de la Bête ?
Quant au respect des enfants, Lui, Le non-violent qui, dans une de ses exceptionnelles colères froides, fustigeant ceux qui les persécutent, les tourmentent, les enferment dans la violence et le désespoir... Jusqu’à souhaiter les voir jetés à la mer. Une meule au cou…
Comment l’oublier ?...
Enivrons-nous des carillons et clochettes, assis hilares, entre bonhommes bottés aux fausses barbes, glissant dans des traineaux tirés par des rennes en caoutchouc, sur de la neige en polystyrène…
Joyeux Noël !… Merry Christmas !… Feliz Navidad !... Frohe Weihnachten !... Buon Natale !... Vrolijk Kerstfeest !... Glædelig Jul !... Wesołych Świąt Bożego Narodzenia !...
Loin des regards silencieux des Enfants de Falloujah…
Regards qui vrillent notre “âme”. Mais, nous en reste-t-il une ?...
A l’exemple de ces criminels pervers de sadisme, ces héritiers de Josef Mengele, qui ont conçu et exécuté ces atrocités, les perpétuant implacablement, conscience en paix avec leurs complices, politiciens et médias, réunis en famille autour du sapin…
Entourés de leurs petites têtes blondes dénouant les paquets cadeaux, bourreaux repus et attendris, se délectant de chorales enfantines et grelots…
Mélodieuses vibrations de la magnificence de notre "Civilisation" :

« Petit Papa Noël… ♪♪♪…
Quand tu descendras du Ciel… ♪♪♪…
Avec tes jouets par milliers… ♪♪♪… »

George Stanechy

http://stanechy.over-blog.com/article-noel-les-enfants-de-fa... 
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jeudi 3 janvier 2013

Pour qui sonne le glas en Syrie ? En 2013, la tragédie géopolitique numéro un sera sûrement la même que celle de 2012 : le viol de la Syrie.

De la même manière que je relis de temps en temps mes passages préférés d'Hemingway, ces derniers temps j'ai re-visionné quelques images du souk d'Alep - le plus extraordinaire de tous les souks du Moyen-Orient - que j'ai tournées il y a des années. C'est comme si on m'avait tiré dans le dos ; j'adorais autant son architecture que ses gens et ses commerçants. Il y a des semaines, la majeure partie de ce souk - le poumon d'Alep pendant des siècles - a été incendiée et détruite par les « rebelles » de la soi-disant Armée Syrienne Libre (ASL).

Dans cette tragédie syrienne, il n'y a pas de jeune héros comme dans Hemingway, pas de Robert Jordan dans les Brigades Internationales qui combattaient aux côtés des guérilléros républicains contre les fascistes durant la Guerre Civile espagnole. Dans la guerre civile syrienne, les brigades internationales sont essentiellement constituées de mercenaires salafistes-djihadistes, adeptes de la décapitation et des attentats-suicides à la voiture piégée. Et les (quelques) jeunes USAméricains sur place sont essentiellement des agents high-tech dans une partie jouée par le club rapace OTANCCG (l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et ses marionnettes arabes du Conseil de Coopération du Golf).

La tragédie continue. L'Etat syrien et son appareil politique et de sécurité militaire maintiendront leurs mini-blitzkriegs - sans le moindre état d'âme pour les « dommages collatéraux ». Dans le camp opposé, les chefs « rebelles » parieront sur un nouveau Conseil Militaire Suprême encouragé par les Saoudiens et les Qataris.

Les salafistes et les salafistes-djihadistes du Front al-Nousra - des fanatiques du VIIe siècle, fervents de la décapitation et des attentats-suicides, qui mènent l'essentiel des combats - n'étaient pas invités. Après tout, le Front al-Nousra a été qualifié d' « organisation terroriste » par Washington.

A présent, examinez la réaction d'une grosse légume des Frères Musulmans, le contrôleur des finances adjoint Mohammed Farouk Tayfour, originaire de Hama ; il a dit que cette décision était « trop précipitée ». Et examinez la réaction du nouveau dirigeant de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, lors d'une réunion des « Amis de la Syrie » au Maroc : cette décision doit être « réexaminée ». Pratiquement tous les groupes « rebelles » ont déclaré publiquement leur flamme pour les durs d'al-Nousra.

Donc, avec les fanatiques d'al-Nousra qui cachent probablement leurs barbes islamiquement correctes sous une prosaïque cagoule, il faut s'attendre à beaucoup d'autres avancées « rebelles » sur Damas - malgré deux raclées majeures (essuyées en juillet dernier et ce mois-ci) grâce aux contre-offensives du gouvernement syrien. Après tout, l'entraînement prodigué par les Forces Spéciales US, britanniques et jordaniennes doit générer quelques résultats, sans mentionner les cargaisons d'armes encore plus létales fournies par ces parangons de la démocratie du Golfe Persique. Soit dit en passant, le Front al-Nousra contrôle des quartiers entiers d'Alep dévastée.

La haine sectaire règne en maître

Ensuite, il y a la toute nouvelle Coalition Nationale orwellienne des Forces Syriennes d'Opposition et Révolutionnaires - une coproduction Washington/Doha. Rencontrez le nouveau patron, identique à l'ancien patron (minable), qui était le Conseil National Syrien (CNS). C'est juste de la rhétorique ; la seule chose qui compte pour la « Coalition Nationale » est d'obtenir plus d'armes létales. Et ils adorent al-Nousra, même si Washington ne l'aime pas.

Le Qatar a déchargé des tonnes d'armes « comme des bonbons » (selon la formule d'un marchand d'armes US) dans la Libye « libérée ». Ce n'est qu'après le retour de manivelle de Benghazi que le Pentagone et le Département d'Etat se sont réveillés en comprenant que l'armement des rebelles syriens pourrait bien ouvrir la voie à d'autres déculottées. Traduction : le Qatar continuera à décharger des tonnes d'armes en Syrie. Les USA continueront à «tirer les ficelles».

Attendez-vous à plus de massacres sectaires horribles comme celui qui s'est déroulé à Aqrab.[Ici, vous trouverez la version la mieux informée de ce qui s'est passé à Aqrab (en anglais)] Cela prouve une fois encore que la guerre que les « rebelles » de l'OTANCCG sont en train de gagner, c'est la guerre sur YouTube. Attendez-vous donc à des vagues plus massives et incessantes de manipulation et de propagande - avec les grands médias occidentaux vantant et soutenant les « combattants de la liberté » syriens, sans commune mesure avec leur soutien au Djihad des années 1980 en Afghanistan.

Attendez-vous à plus de distorsions majeures du contexte, comme lorsque le vice-ministre russe des Affaires étrangères a dit : « Les combats vont s'intensifier et [la Syrie] perdra des dizaines de milliers et, peut-être, des centaines de milliers de civils. [.] Si un tel prix pour déposer le président vous semble acceptable, qu'y pouvons-nous ? Bien sûr, Pour notre part, nous considérons bien sûr cela comme absolument inacceptable. »

Par conséquent, la Russie essaye de tout faire pour empêcher que cela se produise. Et si les « rebelles » de l'OTANCCG mettent à exécution leurs menaces d'attaquer les ambassades russe et ukrainienne à Damas, ils feraient bien de tondre leurs barbes et de de se mettre à l'abri des Spetnatz - les Forces spéciales russes (qui ne rigolent pas !).

Attendez-vous à plus de haine sectaire, comme avec le Cheikh sunnite et vedette d'al-Jazeera, Youssouf al-Qaradawi, qui a nonchalamment émis une fatwa légitimant le massacre de millions de Syriens, qu'ils soient militaires ou civils, tant qu'ils sont alaouites ou chiites.

La haine sectaire règnera en maître, avec le Qatar à sa tête, suivi par les Saoudiens aux portefeuilles bien garnis et les islamistes jusqu'au-boutistes assortis. Ordre du jour : guerre contre les Chiites, les Alaouites, les laïques, et même contre les modérés, non seulement en Syrie mais dans tout le Moyen-Orient.

Face-à-face Patriot contre Iskander

La nouvelle stratégie de l'Armée syrienne se résume à un retrait majeur des villages et des bases isolées, en concentrant ses troupes dans les grandes villes.

Attendez-vous à ce que la stratégie d'ensemble du club OTANCCG reste plus ou moins la même : enliser l'Armée syrienne dans autant de zones que possible, la démoraliser et continuer à préparer le terrain pour une possible intervention de l'OTAN (le battage autour des armes chimiques et les chicaneries incessantes à propos d'une « catastrophe humanitaire » font partie du package des opérations psychologiques).

L'Armée syrienne a peut-être les armes lourdes, mais lorsqu'elle est confrontée à un tsunami de mercenaires et de salafistes-djihadistes bien entraînés et bien armés par le club OTANCCG, toute cette affaire pourrait prendre des années, à la façon de la guerre civile libanaise. Cela nous conduit à la deuxième « meilleure » option - qui est en fait un sous-produit : la mort de l'Etat syrien par un millier, disons un million, d'entailles.

Ce qui est certain est que la « coalition des volontaires » contre la Syrie n'aura aucun problème à se défaire une fois la fin de partie atteinte. Washington parie sur un régime post-Assad dirigé par les F[rères] M[usulmans]. Il ne faut pas s'étonner que la le roitelet Playstation de Jordanie ait la pétoche : il sait que les Frères prendront aussi la Jordanie et l'expédieront faire du shopping permanent chez Harrods.

Ces parangons de la démocratie - les pétromonarchies médiévales du Golfe Persique - ont aussi la pétoche : elles craignentla popularité des F[rères] M[usulmans] comme la peste. Le Kurdistan syrien - à présent définitivement en route vers l'autonomie totale et, au bout du compte, la liberté - fait déjà paniquer Ankara. Sans parler de la future perspective d'un tsunami de salafistes-djihadistes au chômage joyeusement installés à la frontière syro-turque et prêts à se lâcher.

Et puis il y a les relations complexes entre la Turquie et l'Iran. Téhéran a déjà mis en garde Ankara en des termes sans équivoque sur le bouclier anti-missiles de l'OTAN qui doit être déployé incessamment.

Cela va être la pièce maîtresse de la novalangue de la fin 2012. Le porte-parole du Pentagone George Little a été catégorique sur le fait que « les USA ont soutenu la Turquie dans ses efforts pour se défendre. [contre la Syrie] ».

D'où le déploiement de 400 soldats US en Turquie pour fservir deux batteries de missiles Patriot, afin de « défendre » la Turquie contre les « menaces potentielles émanant de Syrie ».

Comprendre : cela n'a rien à voir avec la Turquie, tout cela se rapporte à l'armée russe en Syrie. Moscou a non seulement donné à Damas des missiles sol-sol hypersoniques Iskander très efficaces (quasiment immunisés contre les systèmes anti-missiles) mais aussi le système de défense surface-air à cibles multiples Pechora 2M, un cauchemar pour le Pentagone si jamais une zone d'exclusion aérienne est imposée à la Syrie.

Bienvenue dans le face-à-face Patriot contre Iskander. Et juste dans la ligne de tir nous trouvons le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan - un égocentrique démesuré nourrissant un complexe d'infériorité profond vis-à-vis des Européens - qui se retrouve isolé dans le plan d'ensemble de l'OTAN.

Le talon d'Achille de la Turquie (en dehors des Kurdes) est le rôle qu'elle s'est auto-attribuée de carrefour énergétique entre l'Est et l'Ouest. Le problème est que la Turquie dépend des approvisionnements énergétiques à la fois de l'Iran et de la Russie ; avec sa politique syrienne confuse, elle se met imprudemment et simultanément à dos les deux pays.

Tous ce que j'entends est sinistre et catastrophique

Comment résoudre cette tragédie ? Personne ne semble écouter le vice-président syrien Farouk Al-Sharaa. Dans son interview accordée au journal libanais al-Akhbar, il insiste sur « la menace que pose la campagne actuelle pour détruire la Syrie, son histoire, sa civilisation, son peuple [.] Avec chaque jour qui passe, la solution s'éloigne un peu plus, tant sur le plan militaire que politique. Nous devons être en position de défendre l'existence de la Syrie ».

Il n'a pas de « réponse claire sur ce qui pourrait être une solution ». Mais il a une feuille de route :


Aucun règlement, qu'il commence par des pourparlers ou des accords entre les capitales arabes, régionales ou étrangères, ne peut exister sans une solide fondation syrienne. La solution doit être syrienne, mais à travers un règlement historique qui inclurait les principaux pays de la région et les membres du Conseil de Sécurité de l'Onu. Ce règlement doit inclure la cessation de toutes formes de violence et la création d'un gouvernement d'unité nationale disposant de pouvoirs étendus. Cela devrait s'accompagner de la résolution de dossiers sensibles liés à la vie [quotidienne des Syriens] et à leurs exigences légitimes.

Ce n'est pas ce que veut le conglomérat OTANCCG - alors même que les USA, la Grande-Bretagne, la France, la Turquie, le Qatar et l'Arabie Saoudite sont tous engagés dans leurs propres agendas politiques divergents. Ce que la guerre OTANCCG a déjà accompli est un objectif très similaire, soit dit en passant, à l'Irak en 2003 : elle a complètement mis en lambeaux le fragile tissu social syrien.

C'est le capitalisme du désastre en action, phase 1 : le terrain est déjà préparé pour une "reconstruction" juteuse de la Syrie, une fois qu'un gouvernement turbo-capitaliste pro-occidental malléable sera installé.

Mais, en parallèle, le retour de manivelle œuvre de façon mystérieuse : des millions de Syriens qui ont initialement soutenu l'idée d'un mouvement pour la démocratie - des classes d'hommes d'affaires de Damas aux commerçants d'Alep - sont venus maintenant grossir les rangs de la base de soutien du gouvernement pour contrer l'épouvantable nettoyage ethnico-religieux encouragé par les « rebelles » du type al-Nousra.

Mais, avec l'OTANCCG d'un côté et l'Iran et la Russie de l'autre, les Syriens ordinaires pris dans ce tir croisé n'ont nulle part où aller. Rien n'arrêtera l'OTANCCG pour façonner - dans le sang - une entité douteuse allant d'un émirat pro-US à une « démocratie » pro-US dirigée par les Frères Musulmans. Il n'est pas difficile de voir pour qui sonne le glas en Syrie ; il ne sonne pas pour toi, comme dans John Donne*, mais pour la catastrophe, la morosité, la mort et la destruction.

Source: http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/NL22Ak03.html
Date de parution de l'article original: 22/12/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8922

mercredi 2 janvier 2013

Syrie : l’ASL continue de briller comme une étoile morte....Privée de points d’ancrage l’ASL n’a plus aucune perspective devant elle, tandis que Washington et Moscou se préparent à sonner la fin de la partie.

Alors que la presse française annonce plus que jamais la « chute imminente » de la Syrie et la « fuite de Bachar el-Assad », la réalité sur le terrain s’est complètement retournée. Si le chaos s’est étendu sur la plus grande partie du territoire, les « zones libérées » ont fondu comme neige au soleil. Privée de points d’ancrage l’ASL n’a plus aucune perspective devant elle, tandis que Washington et Moscou se préparent à sonner la fin de la partie.

Le compte à rebours est commencé. Dès que la nouvelle administration Obama sera confirmée par le Sénat, elle présentera un plan de paix pour la Syrie au Conseil de sécurité. Juridiquement, bien que le président Obama se succède à lui-même, son ancienne administration n’est habilitée qu’à expédier les affaires courantes et ne peut prendre d’initiative majeure. Politiquement, Barack Obama n’avait pas réagi lorsque, en pleine campagne électorale, certains de ses collaborateurs avaient fait échouer l’accord de Genève. Mais il a procédé au grand nettoyage dès l’annonce de sa réélection. Comme prévu, le général David Petraeus, architecte de la guerre en Syrie, est tombé dans le piège qui lui a été tendu et a été contraint à la démission. Comme prévu, les patrons de l’OTAN et du Bouclier antimissile, réfractaires à un accord avec la Russie, ont été mis sous enquête pour corruption et contraints au silence. Comme prévu la secrétaire d’État Hillary Clinton a été mise hors jeu. Seule la méthode choisie pour l’éliminer a surpris : un grave accident de santé qui l’a plongée dans le coma.
Côté ONU, les choses ont avancé. Le département des opérations de maintien de la paix a signé un protocole avec l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) en septembre. Il a supervisé en octobre au Kazakhstan des manœuvres de l’OTSC simulant un déploiement de « chapkas bleues » en Syrie. En décembre, il a réuni les représentants militaires des membres permanents du Conseil de sécurité pour leur présenter la manière dont ce déploiement pourrait avoir lieu. Bien qu’opposés à cette solution, les Français et les Britanniques se sont inclinés devant la volonté états-unienne.
Cependant, la France a tenté d’utiliser le représentant spécial des secrétaires généraux de la Ligue arabe et de l’ONU, Lakdhar Brahimi, pour modifier le plan paix de Genève en fonction des réserves qu’elle avait émises le 30 juin. En définitive, il s’est prudemment abstenu de prendre position, se contentant de transmettre des messages entre les différentes parties au conflit.
C’est que sur le terrain, le gouvernement syrien est en position de force. La situation militaire s’est inversée. Les Français eux-mêmes ont cessé d’évoquer les « zones libérées » qu’ils aspiraient à gouverner via un mandat des Nations Unies. Ces zones n’ont cessé de se réduire, et là où elles persistent, elles sont aux mains de salafistes peu présentables. Les troupes de l’ASL ont reçu instruction d’abandonner leurs positions et de se regrouper autour de la capitale pour un assaut final. Les Contras espéraient soulever les réfugiés palestiniens, majoritairement sunnites, contre le régime pluriconfessionnel, à la manière dont les Hariri tentèrent au Liban de soulever les Palestiniens sunnites du camp de Nahr-el-Bared contre le Hezbollah chiite. Comme au Liban ce projet a échoué parce que les Palestiniens savent très bien qui sont leurs amis, qui se bat vraiment pour la libération de leur terre. Concrètement, dans la récente guerre israélienne de 8 jours contre Gaza, ce sont des armes iraniennes et syriennes qui ont fait la différence, tandis que les monarchies du Golfe ne bougeaient pas le petit doigt.
Quelques éléments du Hamas, fidèles à Khaled Mechaal et financés par le Qatar, ont ouvert les portes du camp de Yarmouk à quelques centaines de combattants du Front de soutien aux combattants du Levant (branche syro-libanaise d’Al-Qaida), également liés au Qatar. Ils se sont battus principalement contre les hommes du FPLP-CG. Le gouvernement syrien a demandé par SMS aux 180 000 habitants du camp de quitter les lieux au plus vite et leur a offert des hébergements provisoires dans des hôtels, des écoles et des gymnases de Damas. Certains ont préféré rejoindre le Liban. Dès le lendemain, l’armée arabe syrienne a attaqué le camp à l’arme lourde et en a repris le contrôle. 14 organisations palestiniennes ont alors signé un accord proclamant le camp « zone neutre ». Les combattants de l’ASL se sont retirés en bon ordre et ont repris leur guerre contre la Syrie dans la campagne environnante, tandis que les civils rejoignaient leurs maisons. Ils ont retrouvé un camp dévasté où les écoles et les hôpitaux ont été systématiquement endommagés.
En termes stratégiques, la guerre est déjà terminée : l’ASL a perdu le soutien populaire dont elle a un moment joui et n’a plus aucune chance de l’emporter. Les Européens pensent toujours qu’ils peuvent changer le régime en corrompant des officiers supérieurs et en provoquant un coup d’État, mais ils savent qu’il ne le pourront pas avec l’ASL. Des Contras continuent à arriver, mais le flux d’argent et d’armes se tarit. Une grande partie du soutien international s’est arrêté bien qu’on n’en voit pas encore les conséquences sur le champ de bataille, un peu comme une étoile peut continuer à briller longtemps après sa mort.
Les États-Unis ont clairement décidé de tourner la page et de sacrifier l’ASL. Ils lui donnent des instructions stupides qui envoient les Contras vers la mort. Plusieurs milliers ont été tués le dernier mois. Simultanément, à Washington, le National Intelligence Council annonce cyniquement que le « jihadisme international » va prochainement disparaître. D’autres alliés des États-Unis devraient maintenant se demander si la nouvelle donne ne suppose pas qu’on les sacrifie aussi.
Thierry Meyssan
Source : voltairenet.org

samedi 29 décembre 2012

VIDÉO. Barheïn, la gifle d'un policier qui choque le monde arabe " LA VIDEO DE LA GIFLE "

Cette vidéo de quelques dizaines de secondes, scène de l’arbitraire quotidien

Deux claques cinglantes rougissent la joue d’un citoyen ordinaire du Bahreïn, et c’est la dignité humaine qui est piétinée par la cruauté et la toute-puissance policière. 

Deux ans après Mohammed Bouazizi, le jeune vendeur de légumes qui s’était immolé après une gifle de policière, déclenchant le vent des révolutions arabes, c’est une autre gifle qui circule de manière virale sur les réseaux sociaux arabes.
 
 
Une bavure policière agite les réseaux sociaux du monde arabe cette semaine. comme le rapporte Global Voices Online, la scène s'est déroulée le 23 décembre dans le village d'Aali, en plein cœur du Barheïn, émirat au quotidien rythmé par les soulèvements et la répression depuis plus d'un an maintenant. Publié le 25 décembre dernier, l'article de Global Voices Online a été repéré ce vendredi 28 décembre par le site Rue89.
Dissimulé derrière ce que l'on imagine être une vitre, un homme filme une scène en apparence ordinaire: un homme tenant un enfant dans les bras en train de discuter avec un policier.
Mais la discussion triviale dérape lorsque l'agent de police demande la carte d'identité de son interlocuteur. Celui-ci ne l'a pas sur lui. Furieux, l'agent le somme de baisser le ton avant de l'insulter. Puis le gifle à deux reprises, alors qu'il a son enfant dans les bras. L'un des coups a manqué ce dernier de justesse. L'homme tente même de lui cacher les yeux pour qu'il cesse d'assister à l'humiliation. (voir la vidéo en haut de l'article)
Au Barheïn, l'émotion est vive et la séquence fait scandale. Les internautes l'ont rapidement baptisée "la vidéo de la gifle". Rapidement devenue virale, elle a été visionnée près de 465.000 fois en 5 jours.
En réaction, le ministère de l'Intérieur a concédé avoir arrêté le policier pour le traduire devant un tribunal militaire.
Source : Le HuffPost

Moyen-Orient : un « point de non-retour » pour nos pitoyables clichés....Combien étaient heureux les optimistes du Moyen-Orient à la mi-2012.

Avec des rebelles syriens perpétuellement « sur le point de l’emporter », nous devrions être rendus plus circonspects...

Rappelez-vous les jours où nous avons pensé que le chemin de l’Égypte vers la démocratie était une affaire réglée ? Mohamed Morsi, validé par l’Occident, avait invité le peuple à venir le rencontrer dans l’ancien palais présidentiel de Hosni Moubarak, les vieux dandys militaires du « Conseil Suprême des Forces Armées » avaient été mis à la retraite et le Fonds Monétaire International attendait à la porte pour accorder certains de ses cadeaux empoisonnés à l’Égypte, pour la préparer à être soumise à notre bienveillance financière. Combien étaient heureux les optimistes du Moyen-Orient à la mi-2012.
À la porte d’à côté, la Libye donnait la victoire au gentil, matérialiste et pro-occidental Mahmoud Jibril, promettant la liberté, la stabilité, un nouveau paradis pour l’Occident chez un des producteurs de pétrole les plus prolifiques du monde arabe. C’était un endroit où même les diplomates américains étaient censés pouvoir se balader sans protection.
La Tunisie pouvait avoir un parti islamiste dominant son gouvernement, mais il s’agissait d’une administration « modérée » - en d’autres termes, nous avons pensé qu’elle ferait ce que nous voudrions - tandis que les Saoudiens et l’autocratie du Bahraïn, avec l’appui bouche-cousue de MM. Obama et Cameron, liquidaient tranquillement ce qui restait du soulèvement chiite qui menaçait de nous rappeler à nous tous, que la démocratie n’était pas vraiment la bienvenue parmi les états arabes les plus riches. La démocratie, c’est pour les pauvres.

Sur le point de ...

Il en va de même en Syrie. Au printemps de l’année dernière, le commentaire en vogue en Occident éliminait purement et simplement Bachar Al-Assad. Celui-ci ne méritait pas « de vivre sur cette terre », selon le Ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius. Il doit « se démettre », « être mis sur la touche ». Son régime n’avait plus que quelques semaines à vivre, peut-être seulement quelques jours... C’était le « point de non-retour ».
Puis d’ici l’été, quand le « point de non-retour » était arrivé puis avait disparu, on nous a dit qu’Assad était sur le point d’employer les gaz « contre son propre peuple ». Ou que ses stocks d’armes chimiques pouvaient « tomber dans de mauvaises mains » (les « bonnes mains » étant toujours vraisemblablement celles d’Assad).
Les rebelles de la Syrie « s’approchaient de plus en plus » chaque jour - de la conquête de Homs, puis de Damas, puis d’Alep, puis de Damas encore. Et l’Occident soutenaient les rebelles. L’argent et les armes viennent à présent à foison du Qatar et d’Arabie Saoudite, en même temps que l’appui moral d’Obama, de Clinton,du pathétique la Haye, de Hollande, de toute cette fabrique de bons sentiments... Mais il s’est avéré inévitablement que les rebelles comprenaient beaucoup de salafiste, de bourreaux, de tueurs sectaires et, dans un cas précis, même un adolescent coupeur de têtes, qui se sont plutôt comportés de la même façon que l’impitoyable régime qu’ils combattent. L’usine à bons sentiments a dû inverser le fonctionnement de certaines de ses machines. Les États-Unis soutenaient toujours les bons rebelles laïques, mais considéraient maintenant les horribles rebelles salafistes comme une « organisation de terroristes ».
Et le pauvre vieux Liban, inutile de le dire, était sur le point d’éclater en guerre civile pour la seconde fois en moins de 40 ans, et cette fois parce que la violence de sa voisine la Syrie « se déversait » chez lui.
Le Liban n’a-t-il pas la même division sectaire que la Syrie ? Le Hezbollah libanais n’était-il pas un allié d’Assad ? Les sunnites du Liban ne soutenaient-ils pas les rebelles syriens ? Tout cela est vrai. Mais les Libanais ne sont pas obligés de se conformer aux « groupes de réflexion », aux journaleux et « experts » sur-payés, car bien qu’assaillis par des tueurs à la solde des services syriens du renseignement, ils étaient trop intelligents et instruits pour vouloir retourner au chaos des années 1975-90. L’Iran, naturellement, était sur le point d’être bombardé parce que c’était - ou serait sur le point de devenir - un fabricant d’armes nucléaires, ou pourrait - « pourrait » - fabriquer des armes nucléaires dans un mois, ou une année, ou une décennie.

Terreur

Obama ne pouvait pas bombarder l’Iran, il ne le voulait pas vraiment, mais - attendez - « toutes les options » étaient « sur la table ». Et ainsi en était-il naturellement avec Israël, qui voulait bombarder l’Iran parce qu’il pouvait, ou pourrait, fabriquer des armes nucléaires ou était en train de le faire, ou pourrait le faire dans six mois, ou dans une année, ou plusieurs années. Mais - là encore - « toutes les options » étaient « sur la table ». La possibilité de le faire pour Netanyahu se fermerait, nous a-t-on dit, à l’élection présidentielle américaine. Et cette absurdité a continué jusque… et bien... jusqu’à l’élection présidentielle américaine, et jusque là nous avons été abreuvés de cris d’alarme selon quoi l’Iran produisait, ou pouvait, ou pourrait produire une arme nucléaire.
Israël a également menacé le Liban parce que le Hezbollah avait des milliers des missiles, et menacé Gaza parce que les Palestiniens avaient des milliers de missiles. Et beaucoup de journalistes israéliens - avec leurs clones américains - ont préparé leurs lecteurs à ces deux guerres contre la « terreur ». Toujours est-il que le Liban est resté non-bombardé tandis qu’un conflit très frustrant (du point de vue d’Israël) éclatait entre Israël et le Hamas, et qui s’est terminé quand Morsi - l’allié supposé de l’Occident - a persuadé les Palestiniens de se conformer à un cessez-le-feu que Netanyahu alors a dû alors tristement accepter. Il a ainsi renforcé le prestige de Khaled Meshal qui a plus tard annoncé que la Palestine devra un jour à nouveau s’étendre complètement depuis le fleuve Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée. En d’autres termes, il n’y aura plus d’Israël. Alors que le Ministre israélien des affaires étrangères, Avigdor Lieberman [sur le point de devoir démissionner] et ses copains avaient dit bien avant qu’Israël devait exister de la mer et jusqu’au fleuve Jourdain. En d’autres termes, plus de Palestine... Ce qui a permis de dire au courageux - et très vieillissant - Uri Avnery, que si chacun des deux camps voyait son souhait exhausser, il ne resterait qu’une tombe ouverte entre le fleuve et la mer.

Une langage qui n’a plus de sens

Ainsi la fin de l’année, l’amical et câlin Mohamed Morsi « se la jouait » Moubarak et ramenait à lui tous les vieux pouvoirs autoritaires disponibles, tandis qu’une constitution très controversée mettait le feu à la population laïque, dont les Musulmanes et Chrétiens que Morsi avait pourtant promis de servir. En Libye, naturellement, les États-Unis se sont avérés avoir plus d’ennemis qu’ils ne l’imaginaient ; l’ambassadeur a été assassiné par une milice du type Al-Qaïda - et un jury doit tirer au clair ce qui s’est passé en dépit des dissimulations de la Clinton.
En effet, c’est l’organisation Al-Qaïda elle-même - politiquement en faillite avant le meurtre d’Osama bin Laden par un commando américain d’assassins en 2011 - qui a été quasiment remise en selle par la Maison Blanche avant la réélection d’Obama. Ces desperados du wahabisme ont acquis cette habitude si appréciée dans les films d’horreur, de ressuscitert sous diverses formes en différents endroits Le Mali a remplacé l’Afghanistan, comme la Libye a remplacé le Yémen et comme la Syrie a remplacé l’Irak.
Un conseil, donc, pour les potentats et dictateurs du Moyen-Orient, les présentateurs de télévision et les journaleux frimeurs en Occident. En 2013, évitez d’employer les mots ou les expressions qui suivent : modérés, démocratie, se démettre, mis sur la touche, tomber dans de mauvaises mains, cerner, renverser, les options sur la table ou la terreur, la terreur, la terreur, la terreur... Est-ce trop demander ? Certainement. Nous aurons assurément une nouvelle dose de bons vieux poncifs pour remplacer ceux qui ont déjà rempli leur fonction.
 Robert Fisk
* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.
24 décembre 2012 - The Independent - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.independent.co.uk/voices...
Traduction : Info-Palestine.eu - al-Mukhtar