vendredi 21 décembre 2012

La lutte contre l’impérialisme et le sionisme : une nécessité de notre temps..C’est d’ailleurs en vertu des valeurs démocratiques que l’impérialisme, étatsunien ou occidental, justifie ses interventions à travers le monde. Nos efforts doivent converger dans la lutte contre ce monstre ; elle ne pourra être réalisée qu’en mobilisant les masses et en s’appuyant sur elles...

...Différents dans leur essence, l’impérialisme et le sionisme sont pourtant égaux dans l’ignominie. Les peuples du monde n’ont besoin ni de l’un, ni de l’autre. L’impérialisme et le sionisme n’ont aucune raison d’être.

La dangerosité de l’État d’Israël apparaît comme une évidence. Les exactions commises soit directement par lui, soit par des alliés ou des mercenaires nous le rappellent quotidiennement. La presse du régime, dans une vaste entreprise de diversion, ne cesse de mettre en avant le programme nucléaire iranien, sans dire que Téhéran a toujours manifesté son intention de ne pas détenir l’arme atomique… mais sans dire non plus que l’État sioniste détient, lui, quelque quatre-vingts têtes nucléaires (rapport 2009 du SIPRI) et que sa capacité de production de matières fissiles ne cesse d’être développée.
En l’état actuel des connaissances militaires, on estime à 2.000 km la portée des missiles (classiques) que détient la République islamique, alors que celle des missiles d’Israël est estimée à 4.500 km. Toute l’Europe (excepté l’Islande), l’Afrique jusqu’à l’Angola et le Mozambique, et une grande partie de la Russie, de la Chine et des pays de l’Extrême-Orient se trouvent ainsi directement à portée des missiles de Tsahal. Paris, Londres, Rome, Berlin, Moscou, Delhi et même Bangkok pourraient ainsi être potentiellement détruits. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreux États (et pas forcément ceux dont la presse occidentale fait ses choux gras) entament des recherches sur l’atome. Avoir l’arme atomique ne signifie pas bien évidemment l’utiliser, mais donne par rapport à celui qui en est privé un indéniable instrument de chantage. Pour le moment, seuls le continent américain et l’Australie semblent être hors de portée des missiles atomiques. Mais on peut légitimement se demander jusqu’à quand les États-Unis vont tolérer que leur allié sioniste, connu de surcroît comme étant très capricieux vis-à-vis de Washington, accroisse encore et encore la puissance et le rayon d’action de ses armes nucléaires. Inutile en revanche d’atteindre une quelconque réaction de la part des bourgeoisies européennes : elles sont bien trop lâches pour le faire.
Les liens qui unissent les États-Unis à l’État d’Israël sont étroits. Il est vrai que la présence dans le monde bancaire et la finance d’un grand nombre de juifs très puissants assure à Israël de nombreux avantages, bien que la haute finance n’ait traditionnellement pas de patrie.
Israël est un pays trop petit pour être économiquement viable. Il doit donc étendre son territoire au détriment des autres, d’où son impérialisme particulièrement virulent. Il a besoin, en outre, d’un continuel apport extérieur. Des problèmes ne tarderaient pas à surgir par exemple si les États-Unis étaient contraints, du fait de la crise, de réduire le montant des aides.
Israël n’est pas vraiment le cœur du système capitaliste. C’est un laboratoire où on expérimente des solutions politiques et militaires extrêmes, où on fait le sale travail que les États-Unis et les autres puissances occidentales préfèrent déléguer. L’État hébreu a aussi le « devoir » d’expérimenter de nouvelles armes sur le dos des Palestiniens ou des Libanais, sans que d’ailleurs l’indignation et le discrédit ne s’abattent sur les fabricants de mort. Les États-Unis, mais aussi la France, la Grande-Bretagne et l’Italie ne manquent décidément pas d’air.
Dans le passé, Israël avait pour mission d’empêcher l’unification des pays arabes qui pouvait se réaliser autour de l’Égypte de Nasser et de rendre impossible la consolidation des régimes laïcs et nationalistes, favorisant concomitamment la montée des courants confessionnels et portant à leur paroxysme les conflits religieux. L’État juif remplaça opportunément les puissances colonialistes anglaise et française sur le déclin.
Ces « fonctions » sont très importantes pour la bourgeoisie mondialiste, mais ne suffisent pas à faire d’Israël le cœur du capitalisme. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les plus importantes places financières se trouvent à Wall Street et à la City et pas à Tel-Aviv.
L’adversaire numéro un du mouvement ouvrier reste l’impérialisme étasunien, parce qu’il est depuis des décennies en mesure d’intervenir militairement et quasiment n’importe où (mais pour combien de temps encore ?) pour mâter tout mouvement révolutionnaire qui ne courberait pas l’échine devant lui. Cette tâche contre-révolutionnaire par excellence était auparavant accomplie au temps de Marx par la Russie tsariste, au temps de Lénine par l’Angleterre et durant les soixante dernières années par les États-Unis.
L’impérialisme est un phénomène commun à tous les pays capitalistes qui ont atteint un certain niveau de « maturité financière », et concerne principalement ceux qui réussissent à maintenir une façade démocratique, en premier lieu les États-Unis. C’est d’ailleurs en vertu des valeurs démocratiques que l’impérialisme, étatsunien ou occidental, justifie ses interventions à travers le monde. Nos efforts doivent converger dans la lutte contre ce monstre ; elle ne pourra être réalisée qu’en mobilisant les masses et en s’appuyant sur elles.
Cela ne signifie pas qu’on doive sous-estimer l’impérialisme israélien. Et c’est en mettant d’ailleurs en évidence la nature impérialiste de l’État d’Israël et en mettant à mal ses mythes fondateurs qui consistent à substituer au Dieu d’Israël ce même État qu’on démasquera le sionisme. Quand Moshe Dayan écrit le 10 août 1967 dans le Jerusalem Post : « si l’on possède la Bible, si on se considère comme le peuple de la Bible, on devrait également posséder les terres bibliques, celles des Juges et des Patriarches, de Jérusalem, d’Hébron, de Jéricho et d’autres lieux encore », il estime que son pays n’existe que comme l’accomplissement d’une promesse faite par Dieu Lui-même. Il serait donc logiquement ridicule de demander des comptes à Israël sur sa légitimité. C’est là le cœur de la théorie sioniste.
Là où l’impérialisme étasunien met en avant la déesse démocratie pour asservir, opprimer et anéantir les peuples, l’État hébreu brandit le drapeau du Dieu d’Israël pour voler les terres palestiniennes, pratiquer une politique inique de colonisation et assassiner en toute impunité. Différents dans leur essence, l’impérialisme et le sionisme sont pourtant égaux dans l’ignominie. Les peuples du monde n’ont besoin ni de l’un, ni de l’autre. L’impérialisme et le sionisme n’ont aucune raison d’être.
Capitaine Martin
http://www.resistance-politique.fr/article-la-lutte-contre-l...

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Palestine : Gaza (La Jornada)...La soi-disant communauté internationale, existe t-elle ? N’est-elle qu’un club de marchands, de banquiers et de guerriers ?

Pour se justifier, le terrorisme d’État fabrique des terroristes : il sème la haine et cueille des alibis. Selon ses auteurs, cette boucherie de Gaza veut terminer avec les terroristes, mais tout indique qu’elle finira par les multiplier.

Depuis 1948, les Palestiniens sont condamnés à l’humiliation perpétuelle. Ils ne peuvent même pas respirer sans autorisation. Ils ont perdu leur pays, leur terre, leur eau, leur liberté, leur tout. Ils n’ont même pas le droit de choisir leurs dirigeants. Lorsqu’ils votent pour celui qu’ils ne devraient pas voter, ils sont punis. Gaza est en train d’être punie. Elle est devenue un piège sans issue depuis que le Hamas a remporté les élections en 2006. Quelque chose de semblable s’est passé en 1932, lorsque le Parti Communiste a remporté les élections au Salvador. Baignés dans le sang, les Salvadoriens payent sa mauvaise conduite et vivent depuis sous des dictatures militaires. La démocratie est un luxe que tout le monde ne mérite pas.
Fils de l’impuissance ces roquettes artisanales que les militants du Hamas, retranchés dans la bande de Gaza, tirent maladroitement sur les terres qui avaient été palestiniennes et que l’occupation israélienne a usurpé. Et la détresse, au bord de la folie suicidaire, est la mère des bravades qui nient le droit à l’existence d’Israël, des cris sans aucune efficacité, alors que la guerre d’extermination très efficace nie depuis des années le droit d”existence de la Palestine. La Palestine est déjà faible. Petit à petit, l’Israël l’efface de la carte.
Les colons envahissent, et derrière eux les soldats corrigent la ligne de frontière. Les balles rendent sacrée la dépossession, au nom d’une légitime défense du territoire. Il n’y a pas de guerre agressive qui ne se proclame pas comme une guerre défensive. Hitler envahit la Pologne pour empêcher la Pologne d’envahir l’Allemagne. Bush a envahi l’Irak pour empêcher l’Irak d’envahir le monde. Dans chacune de ses guerres défensives, l’Israël a avalé un nouveau morceau de la Palestine, et les déjeuners continuent. La dévoration est justifiée par les titres de propriété donnés par la Bible, par les deux mille ans de persécution que le peuple juif a souffert, et par la panique générée par la chasse aux palestiniens.
L’Israël est le pays qui ne respecte jamais les recommandations et les résolutions de l’ONU, qui ne respecte pas les décisions des tribunaux internationaux, qui ne subit pas les jugements du droit international, il se moque des lois internationales et il est aussi le seul pays qui a légalisé la torture des prisonniers. Qui lui a donné le droit de refuser tous les droits ? D’où vient l’impunité avec laquelle l’Israël exécute le massacre de Gaza ? Le gouvernement espagnol n’a pas pu bombarder impunément le pays basque pour finir avec la ETA ou le gouvernement britannique n’a pas pu dévaster l’Irlande pour liquider l’IRA. Est ce que l’Holocauste implique une politique d’impunité éternelle ? Ou le feu vert provient du pouvoir que l’Israël a sur le plus fidèle de ses vassaux ?
L’armée israélienne, la plus moderne et sophistiquée du monde, est en connaissance de cause de celui auquel elle s’attaque. Elle ne tue pas par erreur. Elle tue par abjection. Les victimes civiles sont appelées dommages collatéraux, selon le dictionnaire des autres guerres impériales. À Gaza, trois sur dix sont des dommages collatéraux. Reste à ajouter des milliers de mutilés, victimes de la technologie de mutilation humaine que l’industrie militaire teste avec succès dans cette opération de nettoyage ethnique.
Et comme d’habitude, toujours la même chose : à Gaza, cent contre un. Pour chaque cent Palestiniens tués, un Israélien mort.
Les personnes dangereuses préviennent un autre bombardement, en charge de la gestion des moyens massifs de manipulation. Ils nous invitent à croire qu’une vie israélienne vaut autant qu’une centaine de vies palestiniennes. Et les médias nous invitent aussi à croire qu’elles sont humanitaires les deux cents bombes atomiques d’Israël, et finalement qu’une puissance nucléaire appelé l’Iran a anéanti Hiroshima et Nagasaki.
La soi-disant communauté internationale, existe t-elle ? N’est-elle qu’un club de marchands, de banquiers et de guerriers ? Est-ce quelque chose, mis à part du nom artistique qu’utilisent les États-Unis lorsqu’ils font du théâtre ?
Face à la tragédie de Gaza, l’hypocrisie mondiale brille à nouveau. Comme toujours, l’indifférence, les discours vides, les déclarations creuses, les déclamations sonores, les positions ambiguës, rendent hommage à l’impunité sacrée.
Face à la tragédie de Gaza, les pays arabes se lavent les mains. Comme toujours. Et comme toujours, les pays européens se frottent les mains.
La vieille Europe, tant capable de la beauté et de la perversité, verse une larme tout en célébrant secrètement ce coup de maître. Parce que le chasse des Juifs a toujours été une tradition européenne, mais depuis un demi-siècle cette dette historique est encaissée par les Palestiniens, qui sont aussi des sémites et qui ne l’ont jamais été, ni antisémitistes non plus. C’est eux qui payent avec le sang, un compte qui leur appartient pas.
 
Cet article est dédié à mes amis juifs tués par les dictatures latino-américaines sous la tutelle d’Israël.
Eduardo Galeano
publié dans le quotidien mexicain La Jornada, le 28 novembre 2012 http://www.jornada.unam.mx/2012/11/28/mundo/034a1mun
traduction, Kei Tanikawa et Fréquences Latines

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jeudi 20 décembre 2012

"Les Arabes ne comprennent que la force brutale"...le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays.

......  le capitaine Montagnac, déclarait : «  Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe (...). Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants (…), les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens.  »...

Depuis le début de la conquête les pouvoirs français ont considéré les Algériens comme des sous-hommes.

Dès le début de la conquête, en 1830, les crimes de guerre furent une constante de l’armée coloniale. Pour le pouvoir français, les indigènes étaient des sous-hommes.
Alger 1957. Le port. Ballottés par la houle, des corps flottent. Ce sont les « crevettes-Bigeard ». Cadavres d’Algériens raflés par les parachutistes. À ces meurtres collectifs et à tant d’autres, il est encore répondu : c’était la guerre, ses dérives, ses bavures. Inévitables. Les crimes du 3e régiment de parachutistes coloniaux (RPC) et plus largement de l’armée coloniale étaient-ils le lot commun de toute guerre ?
L’histoire du colonialisme en Algérie montre en réalité que les crimes de guerre ont été une constante de l’armée coloniale. À cet égard le RPC, responsable de la disparition de Maurice Audin, de l’exécution de Larbi Ben M’hidi, de l’assassinat d’Ali Boumendjel et de milliers de patriotes algériens, n’est-il pas le digne héritier des Colonnes infernales du général Bugeaud, adepte de «  la guerre totale jusqu’à extermination  » ? Digne héritier aussi des Voltigeurs de la mort, dont le chef, le capitaine Montagnac, déclarait : «  Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe (...). Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants (…), les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens.  » Les politiques, à l’image de Tocqueville, théoricien adulé de la démocratie, n’étaient pas en reste : «  Le second moyen en importance, après l’interdiction du commerce, est le ravage du pays (…), le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays.  » Absolu d’un idéal totalitaire, la guerre de conquête coloniale a détruit les êtres, les villes, les écoles, l’agriculture, le commerce. Au final une société et un peuple asservis, décivilisés par un implacable processus de spoliation, de paupérisation, de régression socioculturelle et de terreur existentielle.
De 1954 à 1962, pour casser l’insurrection nationale et l’aspiration profonde des Algériens à la liberté, l’armée française n’aura aucun mal à renouer avec les violences de l’armée d’Afrique, celle-là même qui participa au meurtre de 30 000 communards à Paris, entre le 21 et le 28 mai 1871.
Pourquoi ces violences, ces crimes de guerre ? Pour le système colonial (que des historiens et des politiques français, toute honte bue, qualifient de «  système injuste  »), les Algériens étaient des sous-hommes. Pour maintenir leur asservissement, la puissance coloniale se dotera d’une administration militaire et civile mortifère. Celle-ci mettra en pratique les théories sur les races, nécessaire lubrifiant idéologique pour la cohésion de la colonie de peuplement.


À ce sujet, comme le notait l’historien algérien Mostefa Lacheraf, le mérite des Européens d’Algérie qui ont combattu ce système «  est énorme  ». «  Ils sont, à leur manière, des hors-la-loi, ayant opté pour la dignité humaine, contre l’aberration et le meurtre collectif.  » Ils le paieront de leur vie. Comme Maurice Audin. L’Algérien.
 
Smaïl Hadj Ali
http://www.humanite.fr/monde/les-arabes-ne-comprennent-que-l...
(1) Pierre de Castellane, officier de l’armée d’Afrique.

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La rue égyptienne : une véritable arène d’expression.

« la voix des martyrs te demande de te réveiller … Leurs noms sont répétés comme on égrène un chapelet. Enumère leurs noms sur tes doigts … Khaled … Ahmad … Magued … Mina, des martyrs qui viennent de quitter Maspero pour se rendre à la rue Mohamad Mahmoud », fredonne le groupe Eskinderella. Cette troupe musicale ambulante semble être la voix de la révolution dans la rue.



Cette rue joue aujourd’hui plusieurs rôles : un Parlement populaire qui reflète toutes les tendances, une scène de bataille contre la police et même contre l’armée, des expositions à ciel ouvert composées de graffitis qui relatent l’histoire de toute une révolution, un théâtre ambulant et des tribunes qui ont permis à tous les citoyens de s’exprimer.

 

Syrie : Quelles sont les véritables intentions des États-Unis ? (Sham Times)


Tout observateur qui s’intéresserait au comportement des États-Unis, pour en déduire leurs véritables intentions à l’égard de la Syrie, se heurterait à une série d’indications contradictoires.

En effet :

I. D’un côté, ils poussent à la poursuite des opérations terroristes tout en empêchant le dialogue avec les autorités légitimes du pays dont ils voudraient changer radicalement les personnalités et les orientations politiques. C’est pourquoi, ils ont travaillé à :
1. Remplacer à la hâte le « Conseil d’Istanbul » [ou CNS] par une prétendue « Coalition de l’opposition syrienne », concoctée par Washington et clairement dominée par les Frères Musulmans à tous ses échelons.
2. Officialiser cette Coalition créée de novo comme représentante légitime du peuple syrien en oeuvrant à sa reconnaissance par les pays alliés ; ce qui est désormais chose faite, suite à la réunion des « Ennemis de la Syrie » à Marrakech.
3. Former un « Haut conseil militaire » pour garder une mainmise sur les opérations déstabilisatrices en faisant, là aussi, pencher la balance du côté des Frères Musulmans par l’exclusion de deux catégories de combattants irréguliers : la première désignée comme « terroristes de la mouvance d’Al-Qaïda », la seconde constituée de « ceux qui se méfient des Frères musulmans et refusent l’idée de leur domination sur la Syrie ».
4. Revenir sur leur décision publique de ne pas armer les groupes d’opposants pour s’engager, tout aussi publiquement, à les financer et à les armer directement à partir des USA et de l’Europe.
5. Multiplier les rencontres des soi-disant « Amis du peuple syrien », le fameux forum politique rassemblant tous ceux qui ont consenti à marcher avec les USA pour démolir la Syrie indépendante et y installer un gouvernement aux bottes de l’Occident, lui-même inféodé aux USA.
6. Faire déployer les missiles Patriot à la frontière syrienne, histoire de signifier que seule la solution militaire est retenue et que l’OTAN est fin prête à intervenir.
7. Encourager les bandes armées à intensifier leurs opérations terroristes sur le terrain et ainsi réussir à radicaliser l’opposition contre les autorités syriennes.
II. D’un autre côté, ils laissent à penser qu’ils sont désormais prêts à envisager une solution politique qui n’écarterait aucun des protagonistes, y compris les autorités légitimes du pays, sous l’égide du Président Al-Assad qu’ils ont été incapables de disqualifier malgré bientôt deux années de provocations, de manœuvres et d’agressions. Et les voilà partis pour de prétendues négociations pacifiques parmi lesquelles nous notons :
1. La dernière réunion tripartite tenue le 9 Décembre à Genève entre le ministre des Affaires étrangères adjoint de la Russie, Mikhail Bogdanov, le secrétaire d’État adjoint américain, William Burns, et le représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi ; laquelle s’est soldée par un communiqué de ce dernier stipulant « qu’une solution politique à la crise est encore possible et qu’elle se réalisera sur la base de l’accord de Genève du 30 Juin dernier ».
2. L’engagement pris pour charger des experts russes et américains de travailler à la recherche des modalités opérationnelles pour une telle solution pacifique.
3. La distinction des groupes armés opérant en Syrie entre « terroristes » que les USA ne cautionneraient pas et « opposants » qu’ils soutiendraient ; suivie le 11 décembre par la décision d’inscrire le groupe « Jabhat al-Nusra », ayant prouvé son « leadership » ravageur, sur la liste des organisations terroristes internationales.
4. La réduction du niveau de la représentativité US à la quatrième réunion des « Ennemis de la Syrie » le 12 Décembre à Marrakech, ne serait-ce que par l’absence d’Hillary Clinton.
5. Le laxisme apparent dans la mise en place des missiles Patriot, lesquels seront finalement positionnés à distance de la frontière syrienne.
6. Le recul sur les allégations mensongères quant au recours à l’usage d’armes chimiques prétendument envisagé par les autorités syriennes, pour absence de preuves concluantes en faveur d’une telle intention.
7. L’assurance réitérée que ni les États-Unis, ni l’Occident en général, n’avaient pris la décision d’une intervention militaire en Syrie.
III. Ces contradictions, qui n’ont pas manqué de susciter l’indignation du ministre russe des Affaires étrangères, M. Sergueï Lavrov, surtout quand ils ont déclaré reconnaitre la « Coalition de l’opposition syrienne » comme la représentante légitime du peuple syrien [déclaration d’Obama la veille de la Conférence de Marrakech lors d’une interview sur la BBC] et ont invité son président fraichement élu à se rendre à Washington, soulèvent la question de savoir quelles sont leurs véritables intentions, ou plutôt quels sont les moyens dont ils pourraient encore disposer pour arriver à leur fin. Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de rappeler les fondamentaux établis suite à 21 mois d’une agression incessante contre l’État et le peuple syriens :
1. L’incapacité des États-Unis et de tous leurs alliés à renverser le gouvernement syrien, à moins d’une intervention militaire directe devenue quasi impossible, ou de la poursuite de la guerre indirecte par terrorisme interposé et mené par des groupes armés, financés et entraînés par des forces qui leur sont inféodées.
2. L’épuisement des cibles syriennes à détruire, maintenant que la machine infernale US a tué et détruit tout ce qu’elle pouvait atteindre comme infrastructures économiques et sociales ; ce qui a échappé étant immunisé et relativement hors de portée.
3. La combativité, l’unité, la discipline et l’endurance de l’Armée syrienne capable de poursuivre son combat défensif et d’empêcher les groupes armés de garder leurs positions prétendument libérées.
4. Le rejet des insurgés et des terroristes par le peuple syrien, dont certaines catégories sont arrivées jusqu’à réclamer et à obtenir des armes pour la défense de leur terre contre ces « étrangers » ; raison supplémentaire qui rend difficile, voire impossible, le maintien des groupes armés dans les régions momentanément occupées ou à occuper.
IV. De tout ce qui précède, nous pouvons comprendre et imaginer la position des USA face à ladite « crise syrienne », position fondée sur les éléments suivants :
1. La conviction que le gouvernement syrien restera sur ses positions quelle que soit l’intensification criminelle(occidentale) de « leur machine à tuer », et que la poursuite de l’action armée n’aboutira qu’à plus de morts et de destructions sans rien changer aux résultats politique ou stratégique.
2. L’absence de garantie quant au maintien futur des alliances actuelles anti-syriennes, surtout si l’incendie se propageait dans une région correspondant en grande partie à leurs zones d’influence, à commencer par les pays du Golfe et la Turquie. Le Prince Talal bin Sultan n’a-t-il pas déclaré que l’Arabie saoudite serait la prochaine victime du « prétendu printemps arabe » ? Et Davudoglou n’a-t-il pas renchéri, à la Conférence de Marrakech, que la situation syrienne est une menace pour les pays voisins ? Par conséquent, les dirigeants US devraient avoir bien compris que ce qu’ils pourraient obtenir par la négociation aujourd’hui, leur échapperait en grande partie s’ils s’en remettaient à plus tard !
3. La nécessité de continuer à travailler avec les Frères Musulmans en tant qu’alliés préférentiels, drapés de bannières islamiques, mais soumis à leurs diktats.
C’est pourquoi, nous ne voyons pas de contradictions dans le comportement des Etats-Unis, mais plutôt une certaine complémentarité qui leur permettrait de jeter les bases d’une solution momentanément satisfaisante, puisqu’ils sont désormais condamnés à négocier.
Ce serait de réussir à mettre en place un nouveau pouvoir réservant des postes clés à des Frères musulmans, puisqu’il s’avère difficilement réalisable qu’une majorité du peuple syrien leur permette de le monopoliser par les urnes. Ainsi, disposant de leur droit de veto, les USA pourraient, au minimum, désactiver n’importe quelle décision future qui irait à l’encontre de leurs intérêts. D’où l’utilité de la « Coalition des frérots opposants » et du Haut commandement militaire des mêmes frérots… Autant se partager un pouvoir qu’on ne peut exclusivement s’accaparer dans l’immédiat !
Par conséquent, nous disons tout simplement que la « solution négociée » voulue par les dirigeants US est de passer outre la volonté d’une grande majorité du peuple syrien et de la sacro-sainte démocratie ; une solution qui garantirait aux Frères Musulmans le pouvoir décisionnel, même si les urnes en décidaient autrement.
Pour y arriver, les USA ne sont pas prêts à lâcher ni pressions politiques, ni opérations militaires criminelles et ce, dans un délai qui semble avoir été fixé jusqu’au printemps prochain sans révision aucune !
Dr Amin Hoteit
Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
Article original : Sham Times http://shamtimes.net/news_de.php?PartsID=1&NewsID=5550
URL de cet article 18705

Armes de désinformation massive contre armes de destruction massive...un moyen de propagande et d’intox, car là, la Syrie continue de faire la une de l’actualité internationale.

..Hé bien la chanson des ADM aura réussi, non pas les Armes de Destruction Massive, c’est-à-dire chimiques, mais les Armes de Désinformation Massive qu’utilisent les USA pour réduire à zéro tout un pays, tout un peuple...

Il est très difficile de quitter la région du Moyen-Orient au regard de ce qui s’y passe comme évènements. Je reste malgré moi dans cette région qui se trouve en pleine ébullition et figurez-vous qu’avec l’histoire des prétendues menaces de frappes chimiques contre les rebelles et la population syrienne par Bachar El Assad et la réaction américaine qui menace d’intervenir sous peu, je me suis souvenu d’évènements qui ont eu lieu au début des années 2000 en Irak et qui ont été à l’origine de l’invasion de ce pays et de sa ruine.
Voilà, les ADM (armes de destruction massive) sont actuellement à la mode, mais sont malheureusement devenues des Armes de Désinformation Massive, un moyen de propagande et d’intox, car là, la Syrie continue de faire la une de l’actualité internationale. Ainsi, ces jours-ci, Mme Hillary Clinton, partante de son poste de secrétaire d’Etat, fait son show, et Obama veut mobiliser le monde avec la complicité de la Turquie et leurs alliés de ce qui est appelé « conseil national syrien » et son « armée libre syrienne ». Même William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, « aurait des preuves suggérant l’intention de recourir aux armes chimiques ».
A vrai dire, ce conseil national syrien est composé de gens qui ne vivent pas en Syrie et qui veulent faire croire au monde entier, notamment à ceux qui les soutiennent et les arment, que Bachar El Assad va utiliser des armes chimiques contre la rébellion et même contre sa propre population.
Du déjà vu, du déjà entendu, cette histoire des ADM va revenir dix ans après ce qui s’est produit en Irak contre Saddam Hussein et où, en fin de compte, rien n’a été trouvé. Ceci a également été essayé avec Maamar Kadhafi et pourrait être une autre raison pour que les GI’s américains, et toujours eux, débarquent et interviennent militairement en Syrie. Et là, il est aussi fort probable que cette tâche soit confiée à Israël, la Turquie ou à l’OTAN.
En effet, depuis près de deux années, la Syrie fait l’objet d’un complot international soutenu, financé et armé par le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie, pour on ne sait quelles raisons, même si ces raisons sont tellement évidentes, Printemps arabe exige, démocratie, etc. Ce complot a pour objectif la déstabilisation de tout ce qui est stable et de tout ce qui s’oppose à Israël et au projet d’un nouveau Moyen-Orient tel que défini par les USA.
Ainsi, ces cinq pays, en plus de la France et de nombreux autres pays alliés occidentaux, Angleterre, Canada, etc. mènent une guerre sans merci contre Bachar El Assad et son régime en utilisant des mercenaires de toutes les nationalités, notamment les islamistes « récupérés » des différents maquis, particulièrement européens et arabes.
Avec tout ça, le monde s’apprête à accepter une intervention militaire américaine pour « protéger » les populations syriennes. Incroyable mais vrai, les Américains envoient leur armée et viennent toujours « protéger » les pauvres populations désarmées pour ensuite faire la pluie et le beau temps pendant une vingtaine d’années, comme ce fut le cas en Irak, un pays riche devenu pauvre, un pays uni, découpé en tranches, comme c’est toujours le cas en Afghanistan, pays ruiné par la guerre, désarticulé et qui ne pourra presque jamais relever la tête avec les problèmes qu’il connaît depuis près de trente années.
La Syrie fait l’objet d’une crise de démocratie créée de toutes parts, avec un conflit entre Kurdes et régime, entre sunnites et chiites, entre pro et anti je ne sais pas quoi. Et là, les bonnes âmes interviennent, veulent imposer leur diktat et leur vision de tout, et quand ils ne parviennent pas, intérêts obligent, poussent à l’extrême et soufflent sur le brasier qu’ils ont préparé. On a déplacé des populations civiles en leur faisant peur de se faire étriller. Ses villes et villages ont été détruits pendant cette période de rébellion, son patrimoine séculaire est menacé, son économie est en perdition, sa population civile vit le martyre éparpillée pour les uns dans des camps de refugiés, d’autres ont choisi l’exil et d’autres résistent contre vents et marées aux chants des sirènes en refusant de quitter leur pays. Et que leur reste-t-il ? Hé bien figurez-vous que les Américains veulent descendre chez eux pour les protéger du méchant loup. Et là, ils feront la chasse à l’armée syrienne régulière, aidés par l’armée libre, ils poursuivront Bachar El Assad, comme ils l’ont fait pour Saddam, mais ils détruiront la Syrie, créeront une fédération kurde, laisseront le Golan aux Israéliens qui pourront investir à Damas, à Alep, à Daraa, à Dir Ezzour, etc.
Hé bien la chanson des ADM aura réussi, non pas les Armes de Destruction Massive, c’est-à-dire chimiques, mais les Armes de Désinformation Massive qu’utilisent les USA pour réduire à zéro tout un pays, tout un peuple, grâce à l’agenda élaboré par Obama 1er lors de la fameuse réunion du Caire du temps où Moubarak se prenait pour un pharaon sans savoir qu’il figurait sur cet agenda et qu’il sera remercié pour services rendus. Et là, il a été remplacé par un autre pharaon avec l’aval d’Israël, lequel veut mener le bateau Egypte loin des rivages pour sombrer dans les eaux profondes. Ne souhaitons pas cela au grand peuple d’Egypte qui peut faire fuir ce deuxième pharaon et réussir sa vrai Révolution, pas celle de Youcef El Qaradhaoui, mais celle de Cheikh Imam et des opprimés qui vivent toujours dans la misère et qui ne sont pas près de s’en sortir avec le marasme dans lequel est plongé leur pays.
Pour revenir à la Syrie, souhaitons que le Conseil de sécurité ne retombe pas une deuxième ou une énième fois dans les erreurs de l’aval à l’intervention américaine ou des forces de l’OTAN, comme ce fut le cas pour l’Irak et la Libye, pour que les ADM ne soient pas encore une fois une raison pour enfreindre les logiques. Sachons que le peuple syrien n’a pas fait appel à qui que ce soit pour le libérer, son seul souhait c’est que se taisent les armes, que la raison et le dialogue entre Syriens l’emportent. Ils ont intérêt à ce que cela se concrétise pour que la Syrie redresse la tête et retrouve sa place sur la scène mondiale et arabe, pour qu’ils fassent la différence entre leurs vrais ennemis et leurs vrais amis. Et là, les faux ADM ne seront pas les prétextes des Armes de Désinformation.
Bachir Bennadji
http://lavoixdelasyrie.com/data/?p=8864
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mercredi 19 décembre 2012

SYRIE : Dans les rues de Damas (Countercurrents)..."Le peuple syrien n’oubliera pas la campagne étasunienne pour nous soumettre en nous affamant et ne pardonnera jamais aux Etats-Unis," lisait-on sur une pancarte.

... le seul but des sanctions était le changement de régime. En faisant souffrir la population au point que des émeutes éclatent dans les longues queues devant les boulangeries, etc..., les Etats-Unis espérent que le peuple se retournera contre Bashar Assad. De même les gens d’ici pensent que les sanctions contre l’Iran ont aussi pour but le changement de régime et pas du tout le désir de Washington de voir l’Iran abandonner son programme nucléaire parfaitement légal...

"Pour qui cette horrible femme se prend-elle ?" s’est exclamé "Viktor", un membre du personnel du service médiatique de l’Ambassade de Russie à Damas, un complexe massif et sans fenêtres de style soviétique protégé par de grands murs.
Notre charmant hôte, un Sheik Membre du Parlement syrien qui le connaissait, avait invité Viktor à nous rejoindre à la table que nous occupions dans le restaurant "la Dame de Damas" (“sitt a cham”) situé dans le quartier Shalam où vit la classe moyenne. Ce gentleman, après avoir commenté sans mâcher ses mots une nouvelle sans doute contrariante, reposa son téléphone portable d’un air furieux. Ce qui avait mis en colère Viktor c’était les récentes déclarations de la porte-parole de la Secrétaire d’Etat étasunienne, Victoria Nuland, et notamment ses déclarations blessantes et condescendantes contre la Russie, l’allié de la Syrie, en interprétant de travers, selon Viktor, les paroles récentes de l’envoyé russe au Moyen-Orient, Mikhail Bodganov. Le 13/12/12, Bodganov, avait répondu à une question en ces termes : " Il faut regarder les choses en face... Malheureusement, rien ne dit que l’opposition syrienne ne gagnera pas." Bodganov avait aussi noté que le gouvernement syrien "perdait le contrôle de toujours plus de territoire."
Viktor nous a expliqué que ce qui avait exaspéré les Russes et ses collègues de l’Ambassade ici c’était les paroles arrogantes de Nuland, une personne connue pour ses positions pro-sionistes, anti-syriennes, anti-russes, anti-arabes et anti-musulmanes :"Nous félicitons le gouvernement russe de s’être enfin rendu à l’évidence et d’avoir admis que les jours du régime sont comptés."
Viktor a ajouté : "Bodganov n’a rien dit de nouveau. Et nous allons clarifier les choses rapidement. Tout le monde sait que théoriquement les rebelles soutenus par l’étranger peuvent gagner. Ca n’a rien de neuf et c’est toujours le cas dans un soulèvement. Mais Madame Nuland sait certainement que le gouvernement syrien a été obligé de se retirer de certains espaces ruraux où il n’y pas quasiment pas d’habitants, pour concentrer ses forces autour des endroits peuplés et protéger la population. C’est, de tous temps, la base de la stratégie militaire. En Anglais, cela s’appelle si je ne me trompe "retraite stratégique" ou "redéploiement stratégique". C’est très mal de la part des médias du Golfe et occidentaux de se servir des déclarations de nos envoyés au Moyen-Orient pour mener une guerre psychologique à base de mensonges. Nous avons bien évidemment des plans d’urgence pour évacuer nos citoyens si nécessaire. C’est tout à fait normal et nous avons, comme les autres pays, des plans pour évacuer l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, les pays du Golfe et la Palestine entre autres. Le soutien de la Russie à la Syrie n’a pas diminué et penser que c’est le cas est une erreur d’interprétation de plus de la part de Washington."
Et de fait, quelques heures plus tard, le porte-parole du ministre des Affaires Etrangères, Alexander Lukashevich, un ami de Viktor, a fait une déclaration : "Nous aimerions porter à la connaissance du public que Bodganov n’a fait aucune déclaration ni donné d’interview à des journalistes dernièrement. Nous confirmons la position de principe de la Russie sur le fait que la seule solution à la crise en Syrie est une solution politique."
Après avoir dit ce qu’ils pensaient de Nuland, Viktor et d’autres autour de la table ont critiqué les déclarations faites par le Secrétaire Général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, à des reporters de Bruxelles après un entretien avec le premier ministre hollandais au quartier général de l’OTAN : "Je pense que le régime de Damas va bientôt s’effondrer ; je crois que ça n’est plus qu’une question de temps."
Le membre du parlement syrien a expliqué que Rasmussen n’avait plus aucune crédibilité après tous les mensonges qu’il avait raconté à propos de l’OTAN en Libye et la manière dont les 9000 bombardements "avaient protégé la population civile" alors qu’en réalité tous ceux qui y étaient à l’époque (dont l’auteur de cet article) savent très bien que, de mars 2011 à la mi-octobre, l’OTAN était la principale menace pour la population libyenne. De Sorman à Sabna, les forces de l’OTAN ont semé la mort au hasard dans la population civile libyenne et le président russe qui doit rencontrer Obama en février a reproché aux Etats-Unis et à l’OTAN d’avoir menti à la Russie et à la communauté internationale sur leurs véritables objectifs. Viktor a ajouté que son pays craint que la même chose n’arrive en Syrie.
Les habitants de Damas sont tendus et maussades à cause des récents évènements et ce que beaucoup d’entre eux considèrent comme des actes terroristes commis par les soi-disant "rebelles", mais ils ne paniquent pas.
Selon les étudiants des universités et des collèges que je rencontre toujours avec plaisir, leur président Bashar Assad, jouit toujours du soutien de la majorité de la population. Beaucoup d’entre eux, comme le gouvernement d’Assad, acceptent les Propositions de Genève d’avril 2012. Cette initiative propose d’établir un gouvernement de transition grâce au dialogue en attendant l’élection de 2014 qui serait ouverte à tous les candidats. cela permettrait au peuple syrien de choisir son prochain président démocratiquement.
Tamara, étudiante à l’université, a expliqué que l’intimidation des étudiants par les rebelles, les kidnappings, l’occupation des maisons et les vols de voitures affectaient l’éducation mais que presque toutes les écoles et universités fonctionnaient.
Il est évident ici à Damas que la principale inquiétude de la population porte sur les nombreux problèmes posés par les sanctions étasuniennes généralement considérées ici comme illégales et immorales.
L’auteur de ces lignes a mené une enquête avec un petit groupes d’étudiants universitaires sur les effets des sanctions imposées par les Etats-Unis sur la population civile. Quasiment tous ceux qui se sont exprimés étaient d’avis que le seul but des sanctions était le changement de régime. En faisant souffrir la population au point que des émeutes éclatent dans les longues queues devant les boulangeries, etc..., les Etats-Unis espérent que le peuple se retournera contre Bashar Assad. De même les gens d’ici pensent que les sanctions contre l’Iran ont aussi pour but le changement de régime et pas du tout le désir de Washington de voir l’Iran abandonner son programme nucléaire parfaitement légal.
Voici les résultats de l’enquête des étudiants dans les épiceries de Damas qui s’est achevée le 12/12/12 : elle montre l’augmentation des prix de la nourriture dans un contexte de chômage qui touche, selon les économistes, entre 40 et 60% de la population.
Enquête des étudiants de Damas : Augmentation des prix de la nourriture entre mai 2011 et décembre 2012.
(Le taux de change officiel est 80 livres syriennes pour un dollar étasunien)
Le mouton est passé de 500 livres syriennes (ls) à 750, le poulet de 200 ls à 450, le litre de lait de 40 ls à 95, le riz de 40ls à 100, 30 oeufs moyens de 160 ls à 300, le litre d’huile de cuisine de 30 ls à 60, le kilo de sucre de 40 ls à 85, le paquet de 10 pains plats de 20 ls à 55 à Damas mais à 220 à Alep où, comme à Homs, Hama et dans l’est, une grande crise humanitaire se propage rapidement.
La Russie a promis du blé à la Syrie. Mais le temps presse. Dans la plupart des endroits les plus démunis de Syrie il n’y a pas d’ONG pour distribuer des produits de base.
Le prix des bouteilles gaz pour faire la cuisine est passé de 500 ls à 1000, et il devient de plus en plus difficile d’en trouver dans la banlieue de Damas.
Le fuel pour se chauffer est passé de 100 ls à 250 et on en trouve difficilement. Même des hôtels 5 étoiles de Damas ont été obligés de réduire le chauffage et l’eau chaude à cause du manque de mazout sauf entre 7 et 10 heures du matin et 20 et 22 H le soir. La Russie aurait promis un tanker de fuel mais il serait dangereux de le faire venir par la route car, selon les étudiants bénévoles du Croissant Rouge et d’autres organisations humanitaires, les forces rebelles volent et détruisent de plus en plus de convois d’aide humanitaire et ravagent la campagne.
Les étudiants ici à Damas ont l’intention de publier une liste plus détaillée de produits de consommation tous les 15 jours. Hier des étudiants ont manifesté devant l’Ambassade étasunienne pour protester contre les sanctions. "Le peuple syrien n’oubliera pas la campagne étasunienne pour nous soumettre en nous affamant et ne pardonnera jamais aux Etats-Unis," lisait-on sur une pancarte.
Il semble à l’auteur de ces lignes que les sanctions illégales et immorales imposées à la population civile de Syrie sous l’égide des Etats-Unis - et qu’il faudrait de toute urgence contester à la Haye - ont l’effet opposé à celui souhaité par leurs sinistres concepteurs. L’accumulation des sanctions donne de la crédibilité au gouvernement d’Assad qui, tout en s’employant à contenir sans beaucoup de succès la hausse des prix, a beau jeu d’accuser les ennemis sionistes et étasuniens de la Syrie d’en être responsables. La grande majorité des étudiants et des habitants de Damas sont de son avis.
Franklin Lamb
Franklin Lamb fait de la recherche à Damas. On peut le joindre à : fplamb [a] gmail.com
Pour consulter l’original : http://www.countercurrents.org/lamb151212.htm
Traduction : Dominique Muselet

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