lundi 17 décembre 2012

L’armée syrienne, une force toujours populaire....Aujourd’hui, grâce à une bonne dose de désinformation inoculée chaque jour depuis 22 mois, les médias occidentaux ont réussi à réduire la réalité plurielle et ambivalente de cette armée à son expression la plus repoussante : tueuse d’enfants.

.....Pour cultiver la haine et le dégoût à son égard, nos médias ont boycotté toute image de cette armée, espérant ainsi étouffer toute compassion de l’opinion occidentale envers ses 12.000 martyres et son combat patriotique....

Grâce à une guerre de communication savamment orchestrée, nos gouvernements et leurs relais médiatiques tentent de nous faire croire que la rébellion a conquis les cœurs de l’entièreté du peuple syrien contre un « clan qui s’accroche au pouvoir ». Les messages de la rébellion et son drapeau inondent nos écrans tandis que les symboles du gouvernement se sont évaporés de même que les dizaines de milliers de soldats de l’armée. La grande muette syrienne, l’ombre d’elle-même ?
Durant mes visites en Syrie, du temps où les autorités m’y autorisaient, je croisais souvent de jeunes soldats en permission déambulant de manière insouciante dans les rues de Damas, Homs ou Alep.
Le contraste entre l’iconographie officielle glorifiant une armée syrienne invincible et ces jeunes hommes en treillis se baladant en se tenant par la main (une coutume fort répandue dans la société syrienne) ne manquait pas de me faire sourire.
Je ne doutais nullement de sa capacité à être brutale dans sa mission de défense de la patrie (comme d’ailleurs toute armée en guerre), mais en tant qu’armée de conscrits pouvant aligner plus de 300.000 femmes et hommes du peuple, elle était une institution fortement respectée voire fanatiquement défendue par des millions de citoyens comme on a pu le voir dans les cortèges gigantesques l’année dernière avant que le pays ne plonge dans le chaos.
Aujourd’hui, grâce à une bonne dose de désinformation inoculée chaque jour depuis 22 mois, les médias occidentaux ont réussi à réduire la réalité plurielle et ambivalente de cette armée à son expression la plus repoussante : tueuse d’enfants. Comme si les groupes terroristes ne s’en prenaient pas délibérément aux enfants en les égorgeant, en les envoyant au front comme chair à canon, en occupant des écoles, en faisant exploser des bus et des quartiers populeux.
L’attentat terroriste qui a ravagé hier le quartier de Qatana dans la banlieue de Damas en est une triste illustration :

Pour cultiver la haine et le dégoût à son égard, nos médias ont boycotté toute image de cette armée, espérant ainsi étouffer toute compassion de l’opinion occidentale envers ses 12.000 martyres et son combat patriotique.
D’ailleurs, face aux accusations qui l’accablent, l’armée n’a jamais de droit de réponse.
Pire, sur nos écrans, les soldats qui la composent n’ont ni visage, ni famille, ni sentiments, ni espoirs. Ils sont tenus collectivement responsables des actes de vengeance commis par certains soudards.
Pour avoir une idée du degré de censure que l’armée syrienne subit en Occident, osons une comparaison entre la couverture médiatique concernant la lutte syrienne contre le terrorisme et celle dont bénéficie l’État raciste d’Israël, bourreau du peuple palestinien.
Avant cela, il convient de rappeler que contrairement à Tsahal qui est une force d’occupation, l’armée syrienne est une institution légitime d’un État souverain qui défend son pays contre une agression étrangère dans le chef de mercenaires payés et entraînés par les forces de l’OTAN et les royaumes du Golfe.
Notons ensuite que les rares soldats israéliens qui meurent dans un combat inégal contre des Palestiniens soumis à une asphyxie et une terreur digne du ghetto de Varsovie (et que personne dans la région n’appelle à armer à l’exception de la Syrie, de la résistance libanaise et de l’Iran) ont droit à des obsèques retransmises dans le monde entier.
En revanche, jamais nos médias ne montrent les funérailles d’un soldat syrien tué. C’est à se demander s’il a une cause à défendre ou s’il existe vraiment. Est-ce vraiment un hasard que les seuls militaires syriens visibles sur nos écrans sont ceux qui brutalisent les opposants et ceux qui font défection ? Est-ce par pure coïncidence que nos journalistes ne sont « embedded » que dans le camp rebelle ? Tout porte à croire que nous ne verrons jamais l’envers du décor comme a osé le montrer le journaliste russe Alexander Pushin pour la chaîne Russia 24


Sur nos antennes, l’armée israélienne, elle, a droit à toutes les faveurs et toutes les flatteries. Même ses points presse les plus furtifs sont retransmis en direct et parfois dans leur intégralité. Les visages de ses hauts gradés sont connus et même familiers. Leurs objectifs aussi. Ils peuvent déblatérer à longueur de conférences de presse leur propagande terroriste et coloniale. Après avoir « phosphorisé » les enfants de Gaza, le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères Ygal Palmor se permettait de plaisanter avec les journalistes français présentant le JT. Ainsi, quand il s’agit d’Israël, le cynisme des médias, surtout français et américains, devient la norme. Imagine-t-on le porte-parole des affaires étrangères Jihad Makdessi ou le chef d’Etat-major Fahd Al Freij invités à parler en direct et plaisanter sur nos antennes ?
Il n’est pas exagéré d’affirmer que tout est calculé pour nous faire croire que l’armée syrienne est impopulaire et honnie.
Mais une fois encore, la réalité vient contredire les propagandistes de notre « Grande » presse.
L’armée syrienne, de plus en plus sollicitée par la population
Au quatre coins de la Syrie, les victimes de la rébellion se plaignent de l’absence de l’armée. Comme Georgia Jamal, la mère de Sari Saoud, ce petit enfant chrétien tué à Hayy al Bayada dans la ville de Homs alors qu’il mangeait des biscuits à la porte d’un petit magasin :


On objectera que ce drame date de l’année dernière. Mais l’année 2012 aussi a été marquée par l’appel à l’aide de foules prises en otages par la rébellion.
Parfois même des citoyens syriens en colère se sont plaints que Bachar n’était pas assez ferme contre le terrorisme et l’ont sommé de retourner à son ancien métier, celui d’ophtalmologue. « Bachar à la clinique, Maher à la direction du pays » (Bachar alal iyada, Maher alal qiyada) pouvait-on entendre dans certaines manifestations patriotiques.
Dans un article du 9 décembre 2012 intitulé « Syrie : Quand la révolution dérive », le Journal du dimanche (JDD) nous apprend que des civils dont de nombreux opposants au régime fuient les rebelles qui se comportent comme des pillards.
En mai dernier, soit il y a à peine six mois, l’agence chrétienne d’information Fides annonçait que des familles chrétiennes ont « abandonné le village de Dmeyneh, entièrement chrétien, se trouvant sur la route reliant Qusayr à Homs. (…) Le village est protégé par l’armée syrienne mais il a été touché ces jours derniers par des tirs de mortier effectués par des milices rebelles, tirs qui ont fait trois morts parmi les civils chrétiens : Hanna Skandafi, âgée de 60 ans, son petit-fils, George Skandafi, de 14 ans, et Jessica Layyous, 13 ans. »
Quelques jours plus tôt, la même agence annonçait que plusieurs familles chrétiennes chassées du village d’Al Borj Al Qastal, dans la province de Hama ont pu regagner leur village. « L’Armée syrienne a en effet pris le contrôle de la zone et les habitants chrétiens ont pu rentrer en possession de leurs maisons » ajoute Fides.
L’armée protège donc bien des civils contre des bandes armées pratiquant un terrorisme aveugle.
On objectera que l’armée ne défend que les minorités menacées par des fanatiques rêvant d’imposer l’Islam puritain à l’ensemble de la société syrienne.
Or, pas plus tard que cette semaine, des habitants de la ville de Tarik al Bab au Nord d’Alep majoritairement sunnite, sont descendus dans la rue pour réclamer la libération de leur ville par l’armée régulière aux cris de « ASL voleuse, nous voulons l’armée régulière » (Jaych al Hor harami, bedna jaych al nizami) et « (Nous formons) une seule main » (Iyd wahdé, iyd wahdé ». En voici les images :
Lorsque l’armée libère une zone, elle est souvent acclamée par une foule en liesse comme ce 8 décembre 2012 à Homs : http://www.liveleak.com/view?i=be7_1354969120
Cette fois, les « Allahu Akbar » saluent l’arrivée de l’armée…
Civils et militaires victimes de la désinformation
Chaque fois que nos yeux franchissent le mur de la censure qui nous sépare du camp loyaliste, nous découvrons une toute autre réalité, celle de civils ou de soldats doublement victimes, à la fois de la rébellion et de la propagande occidentale comme à Darayya, Houla ou à Jisr Al Choghour.
On se souviendra du reportage de Robert Fisk à Darayya dans lequel il expliquait que l’Armée syrienne libre (ASL) avait abattu de nombreux otages avant même l’entrée de l’armée dans la ville (How a failed prisoner swap turned into a massacre dans The Independent, 29 août 2012).
A Houla, 108 personnes dont 47 enfants périrent le 25 mai 2012 dans une opération « false flag » comme l’a révélé le journaliste russe d’ANNA-News Marat Musin. Ce massacre continue d’être arbitrairement attribué à l’armée syrienne et aux milices pro-régime.
A Jisr Al Choughour dans le Nord de la Syrie., 120 militaires loyalistes ont été massacrés les 6 et 7 juin 2011 après de violents incidents entre militants armés, soldats conjurés et forces de sécurité.
Les corps des militaires tués ont ensuite été enterrés dans des fosses communes aux abords de cette ville réputée être un bastion des Frères musulmans et du prédicateur anti-chiite Adnane Arour.
A l’époque, ce massacre avait été déguisé en « exécution de soldats refusant de tirer sur des manifestants pacifiques ». Le lieutenant-colonel félon Hussein Harmouche avouera plus tard avoir planifié l’opération de Jisr Al Choghour avant de fuir en Turquie. Selon de nombreux témoins oculaires, certains camps de réfugiés devant accueillir les familles des terroristes en territoire turc étaient déjà prêts avant l’attaque, notamment celui de Yayladagi ! (CNN, State TV : 120 security forces killed in Northern Syria, 6 juin 2011.)
Dans l’enregistrement téléphonique intercepté par les autorités et retransmis au JT de la chaîne nationale syrienne au début du mois de juin 2011, un certain Ahmad prévient son interlocuteur Assaad de « ne surtout pas dire aux médias que vous étiez armés pour ne pas que vous soyez dépeints comme des terroristes et des militants armés (sic) ».


Cette consigne sera donnée à tous les réfugiés interrogés par les médias dans les camps turcs installés dans la province du Hatay. Il faudra attendre dix mois avant que les premières langues ne se délient (Andrea Glioti, Secret from Jisr Al Shugour dans The Majalla, 5 avril 2012. Dans l’un de ces témoignages, il est question d’un massacre obscur de 15 ouvriers par les forces de sécurité ayant mis le feu aux poudres, un crime pouvant lui aussi avoir été perpétré par des terroristes revêtus d’uniformes militaires pour inciter les foules à l’insurrection).
Dans une autre conversation téléphonique, un inconnu prévient un certain Mohamed d’évacuer les familles vers la frontière turque. Mais Mohamed se veut rassurant et prévient que l’évacuation des familles est terminée (3 min. 37 sec.)
Dans un enregistrement suivant, une femme paniquée téléphone à Hussein Harmouche pour le prévenir que la télévision nationale a retransmis les enregistrements de ses appels téléphoniques compromettants. Elle le supplie de ne rien dire par téléphone. Il sera livré par des agents turcs à leurs homologues syriens dans une opération rocambolesque (9 min, 43 sec.).
Les incidents sanglants qui ont conduit au massacre de Jisr Al Choghour nous rappellent que dans le conflit syrien, il y a dès le début de la révolte une répression brutale des forces militaires mais également complot, ruse, sabotage et désinformation de la part de l’opposition armée et surtout des massacres de civils et de militaires injustement imputés à l’armée régulière.
Malgré les apparences, l’armée syrienne tente d’épargner la population civile
Faisant fausse route à la ligne éditoriale de son agence, un journaliste d’AFP égaré dans les lignes loyalistes nous apprend le 6 septembre 2012 que l’armée tente tout de même d’épargner la population civile de dommages collatéraux.
« Crâne dégarni, flegmatique, ce général de la garde républicaine, une unité d’élite, est chargé d’une partie des quartiers les plus difficiles de la ville. « Nous devons reprendre aux terroristes les secteurs qu’ils détiennent en évitant au maximum de détruire la ville et de toucher la population civile pour qu’elle reste de notre côté. Cela nécessite du doigté », explique cet officier supérieur de 53 ans. »
Si nous pouvons légitimement douter de l’efficacité de l’armée syrienne à épargner les civils et le patrimoine, sa volonté d’éviter un maximum de dommages collatéraux est en partie vérifiable à travers le nombre relativement faible de civils tués comparé à l’intensité des raids.
En effet, malgré l’utilisation systématique de l’armement lourd par l’armée régulière, le nombre de victimes civiles et rebelles reste relativement faible. Et très souvent, le nombre de soldats de l’armée syrienne tués est supérieur à celui du nombre de rebelles et de civils tués.
Lorsque l’on parle de 42.000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011, nos médias oublient souvent de nous dire que près du tiers des victimes est composé de militaires loyalistes dont 12.000 soldats et plusieurs milliers de miliciens pro-régime. Sans compter les milliers de victimes civiles loyalistes.
Deux raisons peuvent expliquer cet équilibre macabre :
La première est que l’aviation syrienne mène des frappes mais ne pilonne pas comme nos médias le disent.
Six mois de bombardements intensifs des zones urbaines n’auraient pas tué mille ni dix mille civils mais des centaines de milliers de civils.
La deuxième est que dans la plupart des cas, l’armée syrienne tente d’évacuer les civils avant d’entrer en action. Ce fut le cas l’an dernier à Baba Amr, le quartier de Homs occupé pendant plusieurs mois par les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) sans que l’armée régulière n’intervienne. Entre-temps, une filiale de l’ASL appelée « brigade d’enterrement » a profité de l’inaction de l’armée pour exécuter près de 300 personnes dans le quartier (cf. Ulrike Putz, The Burial Brigade of Homs in Der Spiegel, 29 mars 2012).
Il semblerait en outre que l’aviation dispose elle aussi d’un service de propagande qui s’adresse en particulier aux combattants étrangers et indirectement à la population civile. Avant d’entrer en action, les avions larguent des tracts en arabe où il est écrit :
« Réveillez-vous ! Vous, qui êtes venus chez nous en Syrie nous combattre au nom de l’islam, rentrez chez vous avant qu’il ne soit trop tard. Personne dans le monde ne viendra à votre secours. Vos amis brûlent même votre corps après votre mort (pour ne pas être identifiés comme combattants étrangers, NDT). Nous sommes sur nos terres et nous la défendrons jusqu’à la dernière goutte de notre sang (…) Les Américains et les sionistes se moquent de vous, de l’islam, des Arabes et de votre prophète. Ils veulent que vous vous entretuiez.
Votre place naturelle se trouve chez vous pour défendre votre pays s’il venait à être attaqué
 

Sans doute que ce type d’avertissements pousse les civils à évacuer les zones de combat et diminue de manière significative le nombre de victimes innocentes.
Idéalement, dans le meilleur des mondes, il aurait fallu que personne ne meure.
Mais notre monde tel qu’il est fait aujourd’hui ne permet pas à la Syrie de vivre en paix.
C’est à se demander à qui profite la destruction programmée du pays. Certainement pas aux Syriens…
Conclusion
Héritière de la guerre de libération nationale qui mit fin au colonialisme français, l’armée syrienne est malgré les innombrables exactions commises en son nom un acteur politique de poids jouissant d’un soutien populaire non négligeable.
Malgré les nombreuses défections et les revers militaires qu’elle a endurés, l’armée reste solide et continue de défendre les principales villes du pays. Il lui arrive encore de reconquérir des zones tenues par les rebelles comme certains quartiers d’Alep, de Maaret el Nomane, de Homs ainsi que certaines villes et villages entourant Idlib ou Deir Ezzor.
Nombreux sont les Syriens qui préfèrent rester sous la protection de l’armée car la stabilité leur assure des moyens de subsistance : un salaire, une retraite, des soins hospitaliers, une instruction.
La plupart des partisans du régime et même des rebelles savent que même si le président Bachar El Assad venait à être assassiné, la guerre ne finirait pour autant. Les journaux abondent de témoignages de commandants rebelles lucides avouant la difficulté de conquérir le pouvoir parce que, contrairement à la rumeur djihadiste et occidentale, celui-ci ne repose ni sur un individu, ni sur un clan, ni sur une « secte » mais sur des institutions capables de se régénérer.
Malgré ses succès militaires, la rébellion n’offre à court terme, aucune alternative viable pour la population qu’elle contrôle. Elle semble plus soucieuse d’imposer un mode de vie austère étranger aux Syriens que d’organiser une administration et d’offrir des services. Il y a quelques jours, de nombreux internautes syriens s’étaient indignés de voir les rebelles acheminer vers la Turquie des outils de forage pétrolier syriens, une usine de sucre et même des stocks de farine.
La Syrie est doté d’un tissu ethnique et social complexe où les « gentils » et les « méchants » ne sont séparés par aucune barrière étanche.
La guerre en cours est aussi inutile qu’absurde car elle offre au mieux une victoire à la Pyrrhus à l’un des deux camps.
Cette réalité doit nous pousser, nous citoyens du monde, à privilégier le dialogue inter-syrien pour éviter un maximum de souffrances à la population.
Bahar Kimyongür
Le 14 décembre 2012
Bahar Kimyongür est l’auteur de Syriana, la conquête continue, Ed. Investig’Action et Couleur Livres, Bruxelles/Charleroi, 2011, et porte-parole du Comité contre l’ingérence en Syrie - CIS
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dimanche 16 décembre 2012

Je ne suis qu’un caricaturiste qui a le devoir moral de parler (The Age)...En tant que caricaturiste, mon rôle n’est pas de défendre les dominants, les puissants, les riches et ceux qui sont bien armés parce que ces groupes n’ont aucun besoin de davantage de supporters, ni de soutien moral ni de compassion,..

Au bout du compte, il semble que les Palestiniens aient été massivement dépouillés et abusés et qu’ils soient engagés dans une lutte désespérée pour leur survie et leur libération. Israël, de son côté, semble mener une campagne impérialiste d’oppression, soutenu et armé par les nations les plus puissantes de la planète. Mon devoir et ma conscience de caricaturiste m’obligent à me concentrer sur les souffrances des opprimés, ceux à qui on s’intéresse le moins, ceux qui sont dépourvus de tout et qui souffrent cruellement.

Il y a plusieurs années, j’ai été invité à parler au Musée Juif de Melbourne sur le thème "Le caricaturiste en tant que conscience de la société". J’ai volontiers accepté l’invitation mais la semaine suivante le Musée m’a fait savoir que mon invitation avait été annulée à cause de mon opinion sur Israël. Bien qu’il me soit arrivé de critiquer la politique agressive du gouvernement israélien, je n’avais jamais publiquement pris position sur Israël et l’annulation m’a à la fois surpris et amusé tant il est ironique de se voir exclu d’un débat sur la conscience parce que justement je faisais mon travail avec conscience.

En y réfléchissant, je me suis dit qu’une querelle philosophique interne était peut-être à l’origine de cette bizarre annulation. Quoiqu’il en soit une porte m’avait été fermée.

Je raconte cela en toile de fond des récents évènements au cours desquels il a été publiquement suggéré que j’étais antisémite à cause d’un dessin* que j’ai fait pour exprimer ma consternation devant les épreuves et les souffrances des Palestiniens dans le récent bombardement de Gaza.

En tant que caricaturiste, mon rôle n’est pas de défendre les dominants, les puissants, les riches et ceux qui sont bien armés parce que ces groupes n’ont aucun besoin de davantage de supporters, ni de soutien moral ni de compassion, ils ont déjà les moyens les plus efficaces de diffuser leur point de vue et leur propagande de manière omniprésente.

Le travail d’un artiste est d’exprimer ce qui est réprimé et même de parler des souffrances inexprimées de la société. Et la tâche du caricaturiste n’est pas tant d’être équilibré que de rétablir l’équilibre, particulièrement dans des situations où le déséquilibre des pouvoirs est aussi important que dans le conflit israélo-palestinien. C’est une saine tradition qui remonte aux fous du roi et au delà : il s’agit d’être la voix discordante qui dit ce que les autres ne peuvent pas ou ne veulent pas dire.

Mon récent dessin, ("Quand ils sont venus chercher les Palestiniens...") était une lamentation inspirée par les fameux vers attribués au Pasteur Martin Niemoller**, qui met en lumière le fait que l’apathie et le silence craintif face à l’injustice constituent un manquement à notre devoir moral. Il est intéressant de noter que Niemoller était un supporter nazi zélé mais que, dix ans après la guerre, il était devenu pacifiste.

Bien que la culture juive contemporaine lui accorde une valeur particulière, le message du poème est universel et éternel ; il pourrait s’appliquer à n’importe quel groupe opprimé, y compris aux Palestiniens qui, en dépit de leurs relativement modestes roquettes, sont visiblement opprimés.

En dépit d’une rhétorique très élaborée pour justifier les actions d’Israël, plus le conflit dure, plus le monde comprend, intuitivement et du fond du coeur, ce qui se joue au plan moral. Au bout du compte, il semble que les Palestiniens aient été massivement dépouillés et abusés et qu’ils soient engagés dans une lutte désespérée pour leur survie et leur libération. Israël, de son côté, semble mener une campagne impérialiste d’oppression, soutenu et armé par les nations les plus puissantes de la planète. Mon devoir et ma conscience de caricaturiste m’obligent à me concentrer sur les souffrances des opprimés, ceux à qui on s’intéresse le moins, ceux qui sont dépourvus de tout et qui souffrent cruellement.

Je ne suis pas contre Israël, mais je m’oppose à ce que je considère comme une politique militaire contre-productive et avilissante qui n’est pas seulement excessivement meurtrière et traumatisante mais qui sème des graines de haine irréversible et ne permet pas à une paix durable de s’instaurer. On s’attend à mieux d’un pays démocratique prospère. On dirait que cette jeune nation, Israël, n’est pas encore parvenue à maturité tellement ses actions sont criminelles, irresponsables et insensées.

Je sais que la communauté juive de ce pays, est elle-même de plus en plus divisée sur la question. Je pense aussi que les supporters d’Israël les plus agressifs craignent le malaise moral et les doutes inexprimés d’une partie de la communauté et tout dessin ou commentaire qui pourrait encourager ces doutes les met très en colère. En dépit de ce que ces intimidateurs sans scrupules prétendent, je ne crois pas que ce soit la teneur soit disant "antisémite" de mes dessins qui les contrarie (il n’y en a pas), mais l’impact éventuel d’un dessin sur ceux qui doutent. Plus le dessin est de qualité, plus il doit être discrédité. Pour se faire, rien ne vaut la calomnie infamante d’antisémitisme.

Je ne sais pas si c’est légal d’accuser publiquement quelqu’un d’antisémite sans preuve, mais cela me semble bien être de l’incitation à la haine et c’est en tous cas un moyen très efficace de faire un très grand tort à quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous. C’est évidemment souvent la raison pour laquelle cette accusation est utilisée.

Je suis assez vieux pour savoir que je ne suis pas antisémite, pas même vaguement ni inconsciemment, mais il y en a qui le savent mieux que moi, comme c’est souvent le cas de calomniateurs. S’il y avait une sorte de test auquel je pouvais me soumettre pour clarifier la situation, mais cette minable accusation obsessionnelle n’a rien de scientifique. Elle est cynique, paresseuse et vise à effrayer. Elle est même stupide comme dans le cas des enfants qui crient au loup.

Au cours de ma carrière, j’ai été accusé d’être "un antisémite au seconde degré", "un antisémite du nouveau monde" et "un antisémite latent" et aussi d’être simplement un antisémite à l’ancienne, commun ou mondain. Je découvre maintenant, à ma grande surprise, que de comparer la politique israélienne à un comportement nazi est en soi un acte antisémite. Que reste-t-il de la liberté d’expression ? Je tiens à dire qu’à mes yeux, tous les pays qui passent leur temps à attaquer les autres, qui occupent des pays voisins et traitent leurs habitants avec un mépris humiliant et glacé, flirtent déjà avec les plus noirs côtés de l’âme humaine.

Les dessins m’ont déjà valu d’être qualifié de misogyne, blasphémateur, homophobe, royaliste, misanthrope et traître, entre autres choses. je résumerai tout cela en disant : Je suis un caricaturiste.

Michael Leunig

Michael Leunig est caricaturiste à Age.

Pour consulter l’original : http://www.theage.com.au/opinion/society-and-culture/just-a-...

Traduction : Dominique Muselet

Notes :
* Pour voir le dessin :
http://www.theage.com.au/opinion/society-and-culture/leunigs...
** « Je n’ai rien dit »… par Le pasteur Martin Niemöller :
Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas communiste
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas juif
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas catholique
Et, puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester


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samedi 15 décembre 2012

Printemps Arabe : Comment les islamistes ont profité des révolutions arabes pour s’installer au pouvoir.

....Comment expliquer alors l’arrivée au pouvoir des partis islamistes alors que les « révolutions » dans ces pays ont été guidées par Washington et ses alliés ? Tout simplement parce que les régimes islamistes n’ont jamais réellement été les ennemis de Washington....
Le Printemps arabe a vu l’arrivée au pouvoir en Tunisie, en Libye et plus récemment en Egypte des partis islamistes auparavant mis au ban de la vie politique. Le parti tunisien Ennahda ainsi que les Frères musulmans égyptiens, tous deux auparavant interdits par les régimes dictatoriaux de Ben Ali et de Moubarak, sont aujourd’hui les grands vainqueurs des élections législatives de leurs pays respectifs. Le cas libyen est un peu différent. En effet, le régime du colonel Khaddafi ne tolérait aucun parti, et le Conseil National de Transition libyen a dû être crée de toutes pièces suite à la révolution libyenne.
On connait aussi maintenant le rôle nettement intrusif des forces alliées de l’OTAN, auxquelles on peut ajouter le Qatar, l’ensemble chapeauté par le Pentagone, dans la chute des anciens régimes de ces pays.
Comment expliquer alors l’arrivée au pouvoir des partis islamistes alors que les « révolutions » dans ces pays ont été guidées par Washington et ses alliés ? Tout simplement parce que les régimes islamistes n’ont jamais réellement été les ennemis de Washington.
Comment pourraient-ils l’être au vu des relations qu’ils entretiennent avec leurs alliés du Golfe, qui sont des régimes non seulement islamistes mais ultra-rigoristes, notamment l’Arabie Saoudite. En réalité les valeurs de laïcité, de respect des droits de l’homme, de respect de la femme etc., n’importent plus lorsque des intérêts stratégiques ou commerciaux sont en jeu. Si tant est qu’ils aient un jour importé pour Washington…
La lutte contre le terrorisme qui sévit depuis les attentats du 11 septembre 2001 n’en est pas une, pas plus qu’elle n’est une lutte contre l’islamisme radical. Il s’agit tout simplement d’une opération de communication visant à permettre la mise en exécution d’un plan stratégique de géopolitique annoncé depuis le 15 septembre 2001 (juste après les attentats de New York et de Washington), lors d’une réunion à Camp David, durant laquelle l’administration Bush de l’époque avait planifié les attaques successives de l’Afghanistan et de l’Irak d’abord, ensuite la Libye et la Syrie, le Soudan et la Somalie, pour finir par l’Iran .
La lutte contre le terrorisme repose sur un symbole du terrorisme islamiste : Al Qaeda. Il est indispensable de clarifier le rôle de cette organisation terroriste : elle n’a jamais été l’ennemi de l’Occident, bien au contraire ! Al Qaeda, à l’origine le Maktab Al-Khadamat, était à l’origine une organisation de moudjahidines destinée à lutter contre l’invasion en 1979 de l’Afghanistan par l’URSS. Elle était financée et armée par Washington - qui décrivait ses membres comme des « combattants de la liberté » - dans le but d’enrayer la machine soviétique. Elle est ensuite devenue officiellement l’ennemi de l’Occident et organise une série d’attentats (New York et Washington en 2001, Madrid en 2004…) qui permettent à Washington de mettre en place son plan anti-terroriste qui consiste principalement en l’adoption, à l’intérieur du territoire des Etats-Unis, de véritables mesures de restriction des libertés relevant de l’Etat d’urgence, et, à l’extérieur du territoire, de la série de guerres qu’on a évoqué précédemment. Al Qaeda est aujourd’hui « redevenu » l’allié des Etats-Unis, comme le montre son rôle déterminant dans le renversement du régime libyen et dans le soulèvement contre Damas de l’Armée Syrienne Libre (ASL), organisation regroupant la plupart des membres d’Al Qaeda ayant auparavant combattu à Tripoli. C’est le cas notamment d’Abdelhakim Belhaj, leader historique d’Al-Qaïda en Libye installé au poste de gouverneur militaire à Tripoli par l’OTAN suite au renversement du régime du colonel Khaddafi, et aujourd’hui chef de l’Armée Syrienne Libre . C’est aussi le cas de Mehdi El-Harati, ancien membre d’Al-Qaida qui a démissionné de ses fonctions de n°2 du Conseil militaire de Tripoli pour aller encadrer l’Armée Syrienne Libre .
Al Qaeda n’a donc en réalité jamais été l’ennemi de l’Occident, et encore moins celui des Etats-Unis. C’est au contraire une organisation récupérée pour servir les intérêts de Washington.
A partir de là, on peut donc aisément comprendre que ce qui intéresse le Etats-Unis et ses alliés, c’est des régimes soumis à l’impérialisme, et ce peu importe les valeurs ou la religion de ces états.
Les partis islamistes arrivés au pouvoir dans les pays arabes offrent autant de garanties sinon plus que les anciens régimes, cependant il fallait bien que Ben Ali, Moubarak et consorts tombent sous la révolte pour lancer la chaine de dominos qui fera tomber la Syrie et l’Iran. C’est d’ailleurs dans cette optique que le Qatar, allié indéfectible des Etats-Unis, a financé l’accession au pouvoir des Frères musulmans en Egypte, et a récupéré le savant religieux musulman opérant sur la chaine qatarie Al Jazeera, le cheikh Yussef Al-Qaradawi, comme le symbole de la révolution égyptienne, et a organisé son retour triomphal sur la place Tahrir le 18 février 2011, 30 ans après son éviction d’Egypte. La Libye, qui faisait bien partie de la liste des objectifs du Pentagone, est, elle, déjà tombée…
Lahcen SENHAJI
URL de cet article 15784 http://www.legrandsoir.info/comment-les-islamistes-ont-profite-des-revolutions-arabes-pour-s-installer-au-pouvoir.html

Syrie : «Vous, les réactionnaires, vous avez échoué !»...Ce peuple ne pourra être vaincu ni par les médias diffusés, ni par la presse écrite, ni par tout autre outil au service de la désinformation.

L’histoire se répète encore plus cruelle que jamais et que ce discours de 1982 est encore plus d’actualité aujourd’hui ! Il est temps que ceux qui se sont laissés égarer par les spécialistes de la désinformation en prennent connaissance ou s’en souviennent. Ceux qui ont choisi délibérément la trahison pourront toujours ironiser et le dénigrer. Il n’empêche que le cours des événements démontre que le rappel de ce discours, en particulier, n’a rien à voir avec le culte d’une personnalité aussi méritante soit-elle, mais avec l’Histoire d’un peuple qui résiste à une agression féroce et sans précédent, dans l’indifférence générale de prétendus bien pensants. Inutile de revenir ici sur les exactions des Frères Musulmans en 1982, exactions réprimées dans la douleur pour tous les syriens et de quelque bord qu’ils soient ! Inutile de revenir sur les « foutaises » propagandistes qui voudraient nous resservir le plat des « armes à destruction massive », chimiquement réchauffé, pour intervenir militairement en Syrie comme si ce n’était déjà le cas depuis des mois et des mois. Inutile, car comme l’explique Robert Fisk, dans son dernier article, « plus gros est le mensonge, mieux c’est ! » [*].
Discours prémonitoire ? Certes. Cependant, la comparaison entre hier et aujourd’hui souffre d’un imprévu, là où le Président Hafez al-Assad parle d’une minorité ou de quelques individus qui s’étaient infiltrés dans le pays en 1982 « animés de motivations et de consciences étrangères à la Syrie »… Mais qui aurait pu imaginer que de telles hordes sauvages de terroristes, armés jusqu’aux dents, surgissent de toutes les frontières du pays et soient présentées au monde entier comme « révolutionnaires et démocratiques » par des dirigeants de pays civilisés ; lesquels, maintenant que la vérité est dévoilée, prétendent pouvoir et vouloir séparer le grain de l’ivraie ? Nous espérons que ce sera le seul imprévu de ce discours mémorable. Nous voulons croire qu’ils échoueront une fois de plus [NdT]. 
Vous, les réactionnaires, vous avez échoué. Nous ne nous perdrons pas, parce que nous avons une cause à laquelle nous tenons, parce que nous avons une patrie que nous aimons et à laquelle nous sommes attachés. Mais vous, vous n’en avez pas ! Vous n’avez pas de patrie. Votre patrie est là où se situent vos intérêts opportunistes, votre avidité. Votre patrie est là ou sévissent l’injustice et l’oppression, là où règnent la haine et l’exploitation.
Mes enfants. La patrie des réactionnaires est une mouvance qui n’a ni frontières ni stabilité. Elle flotte au dessus de l’humanité entière, écrase les crânes, assassine les valeurs, corrompt le climat de l’humain où et quand elle peut. Telle est la patrie des réactionnaires !
Mais, pour leur malchance et celle de leurs maîtres à Washington et à Tel Aviv, nous savons qu’ils ne sont qu’une minorité et que celui d’entre eux qui s’est infiltré, ici ou là, n’est que le représentant de quelques individus qui ont déposé en lui leurs motivations et leurs consciences étrangères à la patrie. En tout cas, ils ont vu par le passé, et ils en verront encore plus à l’avenir. Ils verront que le peuple est plus fort qu’ils ne le sont, plus fort que leurs maîtres, plus fort que ceux qui les financent ! Le peuple… ce sont, avant tout, les travailleurs, les ouvriers, les agriculteurs, les révolutionnaires cultivés, et les soldats qui ont foi en l’Unité, la Liberté, et le Socialisme.
Mes enfants. Le niveau de conscience de notre peuple est élevé. Cette conscience est le rocher indestructible sur lequel s’écrasent les prétentions de l’ennemi, le rocher indestructible devant lequel se fracassent les rêves des colonisateurs. C’est ainsi depuis toujours ! La conscience élevée de notre peuple a été la garantie de réussite de toute entreprise tout au long de l’Histoire de ce pays. Le colonialisme a échoué dans le passé. Il ne réussira toujours pas à égarer notre peuple, tout notre peuple.
Observez cette attaque médiatique frénétique, lancée par certains médias étrangers, notamment celle des médias partagés. Observez cette attaque psychologique enragée qui vise à ébranler la confiance de notre peuple en lui-même, la confiance de notre peuple en ses dirigeants. Mais notre peuple est grand et noble, grand par son ambition, grand par son entendement, grand par sa résistance !
Ce peuple ne pourra être vaincu ni par les médias diffusés, ni par la presse écrite, ni par tout autre outil au service de la désinformation. Quels que soient les moyens des colonisateurs, ils ne pourront vaincre ni sa fermeté, ni sa détermination !

Le Président Hafez al-Assad
? 1982
Texte transcrit et traduit par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca
Source : vidéo / YouTube
القائد الراحل حافظ الأسد- خسئتم ايها الرجعيون
http://www.youtube.com/watch?v=CIecn4UyTD8&feature=colike


 

SYRIE : Les nouvelles impostures...C’est le scénario inusable de celui qui, voulant noyer son chien, l’accuse de la rage.

« Doctes », les grandes puissances haussent le ton à l’encontre de la Syrie et les avertissements fusent à propos des présumées armes chimiques que détiendrait ce pays. Et de mettre Damas en garde contre leur utilisation contre… le peuple.

C’est le scénario inusable de celui qui, voulant noyer son chien, l’accuse de la rage. Cette façon de faire, récurrente, à l’encontre de pays n’entrant pas dans la logique des puissants, toute inadmissible qu’elle soit, est cependant le paravent qui permet toutes les forfaitures. En fait, ces accusations qui ne reposent sur aucune donne concrète, font partie, au même titre que les pressions et les sanctions, des intimidations à l’endroit de la Syrie attaquée depuis plus de vingt mois par une rébellion. Rébellion armée et financée par notamment le Qatar et les Etats-Unis. Les rebelles et les phalanges djihadistes massacrent les civils. Massacres systématiquement attribués par une presse et des médias complaisants au pouvoir syrien. Dès lors que ce dernier résiste et n’est toujours pas tombé, malgré l’armement sophistiqué fourni aux rebelles, la « communauté » dite internationale a vite fait de passer à un stade supérieur : prêter au pouvoir syrien « l’intention » de faire usage d’armes chimiques.
Depuis, c’est une véritable déferlante menée par les pays occidentaux, Etats-Unis en tête. Même le secrétaire général de l’ONU y est allé de sa condamnation avant même que le crime ne soit accompli. L’Otan menace aussi d’une « réaction immédiate ». Cela ne vous rappelle rien ? Que si ! Ce sont les Etat-Unis qui ont monté de toutes pièces l’accusation de détention par l’Irak, d’armes de destruction massive (ADM). Cela a justifié l’invasion du pays et sa destruction, le ramenant un siècle en arrière. Après coup, il s’est avéré qu’il n’en était rien, que l’Irak ne disposait que d’armes conventionnelles, la plupart d’entre elles, d’ailleurs, obsolètes. Certes ! Mais les Etats-Unis sont parvenus à leur fin : éliminer l’Irak du champ des futures batailles pour le remodèlement du Moyen-Orient.
Ces mensonges d’Etat sont devenus coutumiers de la part de pays voulant mettre au pas des nations trop indépendantes ou qui ne s’alignent pas. Hélas, il n’est pas toujours possible de se défendre contre de telles accusations, surtout lorsque même l’ONU – neutralisée et sans pouvoirs réels – fait chorus avec les va-t-en-guerre. Ces puissants affirment s’inquiéter de la vie des Syriens en butte au Dracula que serait devenu le chef de l’Etat syrien, Bachar Al Assad. La vie des Syriens ? Allons donc ! Quand les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne… l’ONU et l’Otan se sont-ils alarmés des massacres que commettait, que commet, au vu de tous, l’entité sioniste contre les Palestiniens et les Libanais ? Quand Washington a-t-il menacé de sanctions Israël qui n’a pas hésité à user d’armes prohibées par les Nations unies ? En 2006, dans la guerre contre le Hezbollah libanais, Israël a utilisé massivement des armes à sous-munitions et des armes au phosphore blanc, assimilées à des armes chimiques. Israël récidiva en août 2007 – après la capture par la résistance palestinienne du soldat israélien Gilad Shalit – en bombardant la bande de Ghaza avec ces mêmes armes interdites par les conventions internationales. Le service Mine Action des Nations unies a évalué à plus d’un million le nombre de bombes à fragmentation tirées, entre le 12 juillet et le 14 août 2006, contre le Liban. En tirant des bombes à fragmentation de fabrication américaine au Liban-Sud, Israël a, non seulement violé les accords sur les exportations d’armes, dans la mesure où Washington interdit leur utilisation contre des zones civiles, mais aussi commis des crimes de guerres qui pourraient être assimilés à des crimes contre l’humanité tel que l’estimait l’enquêteur de l’ONU, Richard Goldman, dans son rapport sur l’agression contre Ghaza de décembre 2008-janvier 2009. Notons que les Etats-Unis ont usé de ces même armes à Fallujah en Irak, en 2003-2004. En Irak, les Etats-Unis ont procédé en grandeur nature à l’essai de leurs nouvelles armes de mort. Israël en a fait de même contre les Palestiniens. Mais on n’a pas entendu ces âmes sensibles dirent leurs craintes pour la vie des Palestiniens et des Libanais. Saddam Hussein n’a jamais possédé les armes qu’ont lui prêtait.
Il est fort probable qu’il en est de même pour Bachar Al Assad. Mais dans un monde où les relations internationales ne sont plus fondées sur le droit international et un minimum de morale, « l’intention » prêtée aux uns est plus percutante car pervertie, par la réalité de ces faits chez d’autres. Ce n’est certes pas ceux auxquels on pense.
Noureddine Merdaci
http://www.lexpressiondz.com/edito/165525-les-nouvelles-impo...
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Le « Printemps » dévoyé (2e partie)...la classe ouvrière américaine n’a pas encore laissé éclater sa rage renfrognée, c’est qu’elle subit une répression fasciste terrible de la part de dizaines de corps policiers ostracisés, de divers services d’espionnage et de sécurité, de l’armée régulière et de l’armée de réserve, d’agences privées mafieuses et terroristes qui depuis des années

Les révisionnistes, les altermondialistes, les opportunistes, les gauchistes, les réformistes sociaux-démocrates et les nationalistes chauvins n’ont plus d’audience auprès de la jeunesse et de la gente étudiante, génération qu’ils disaient jusqu’à récemment apathique et apolitique. Totalement ignorants de la science matérialiste, tous ces pédants de la nouvelle gauche intellectuelle, incapables d’appréhender les changements économiques et sociaux subrepticement implantés dans nos sociétés éclatées, sont demeurés hébétés devant ces étudiant(e)s et ces jeunes désœuvrés qui ont vidé violemment les écoles et les facultés, qui ont occupé les places publiques, la bourse, et bloqué les ponts à toute circulation.

La semaine dernière (Première partie) nous avons revisité l’épopée des révoltes estudiantines et populaires de MAI-68 qui ont eu tant d’impact, en Occident notamment, sur les dernières années du XXe siècle décadent – les quarante années de la lente déchéance de l’impérialisme néocolonial occidental. Cette semaine, nous examinons les événements du crash boursier, financier et monétaire qui a débuté en 2008 par l’effondrement de la pyramide de Ponzi des « supprimes hypothécaires spéculatifs » montée par les banquiers étatsuniens de concert avec des banquiers européens et canadiens et la succession des révoltes arabes, étudiantes, ouvrières occidentales et orientales qui s’en suivit.

Mai 2008 – La classe ouvrière américaine (étatsunienne et canadienne)
Si la classe ouvrière américaine n’a pas encore laissé éclater sa rage renfrognée, c’est qu’elle subit une répression fasciste terrible de la part de dizaines de corps policiers ostracisés, de divers services d’espionnage et de sécurité, de l’armée régulière et de l’armée de réserve, d’agences privées mafieuses et terroristes qui depuis des années s’autorisent au commerce des assassinats ciblés préventifs aux États-Unis et partout ailleurs sur la planète. Si une ONG humanitaire telle Human Rights Watch (HRW) souhaitait faire œuvre utile elle devrait investiguer et étaler au grand jour les crimes et assassinats commis par tous ces nervis aux États-Unis plutôt que de servir de 5e colonne aux troupes étasuniennes en Orient et en Afrique.
La classe ouvrière américaine a du flair et elle sait d’instinct que le jour de l’insurrection il lui faudra frapper très fort, rapidement et très violemment et elle attend ce moment propice. Ce jour-là, HRW aura beaucoup à déplorer à propos des « crimes » révolutionnaires des révoltés de Chicago de Manhattan, de Détroit, de Los Angeles, de Montréal et de Toronto. En attendant, des lois antisyndicales (Michigan) lui retirent même ses acquis d’association et d’accréditation. La force de travail est toujours trop onéreuse pour les milliardaires industriels et financiers.
Les sénateurs étatsuniens et les députés canadiens le savent bien et ils sont aux abois pendant que la super puissance économique chinoise (bientôt première puissance économique mondiale) rôde dans l’antichambre de l’empereur à l’affût d’une proie à capturer, cette Chine impérialiste qui réinvente l’esclavage salarié. Récemment, la Chine proposait d’ouvrir une mine au Canada et d’y importer des milliers de prolétaires chinois à surexploiter afin de spolier le minerai canadien en négligeant d’opprimer les prolétaires canadiens, comme elle le fait en Afrique depuis un certain temps.
La conjoncture présente n’a rien à voir avec les perspectives triomphalistes occidentales de Mai-68. Mai-2008 marque bien la fin des accords de collaboration de classes et la mort de la soi-disant « trêve » et du contrat social signé entre l’aristocratie syndicale occidentale, la pléthore des employés de l’État tétanisés, la petite bourgeoisie surendettée-saquée-paupérisée et les représentants des Conseils des ministres des États policiers des banquiers, sur le dos des pauvres et des ouvriers aliénés d’Occident et des multiples peuples néo-colonisés opprimés et surexploités d’Orient et d’Afrique, dont les fils, et même les enfants-soldats, sont contraints de s’engager dans les services de sécurité privés terroristes (voir les activités de l’OTAN en Afghanistan, en Irak, au Yémen, au Soudan, en République du Congo et en Syrie notamment) (19).

Évolution du combat entre 1968 et 2008
Si en Mai-68, Cohn Bendit et Krivine surent mener à leur gré les ébats de la gente estudiantine de médecine, de droit, d’administration et de science po, aujourd’hui, les leaders étudiants dansent sur la corde raide et les troupes étudiantes, fils de prolétaires dans les collèges, filles d’ouvriers dans les facultés, ont rejeté l’entente de compromis signée par leurs estafettes devant l’éphémère Ministre de l’Éducation du Québec. Au Chili, même refus des étudiants de désarmer devant la répression du gouvernement de la « gauche » chilienne. En Tunisie et en Égypte les jeunes révoltés détroussés une première fois de leur « Révolution dévoyée » ne décolèrent pas et maintiennent leur combat contre les nouveaux pharaons sortis du giron des puissances impérialistes, et n’en déplaise aux « bobos », leur bataille acharnée n’est pas pour le droit à la « démocratie des riches » mais pour le droit de vivre dignement, de travailler, de se marier et de fonder un foyer.
En Libye rien n’a été dit, rien n’est fini. En Grèce, en Espagne, en Italie les ouvriers paupérisés refusent de rembourser les dettes des banquiers, des armateurs, des financiers et résistent le gourdin à la main. En Syrie la machine de guerre meurtrière de l’OTAN et de la Turquie sont mises en échec. En France et en Belgique, gauchistes, révisionnistes et opportunistes de tout poil ont d’immenses difficultés à endiguer la colère ouvrière vers les culs de sacs électoralistes. En Afrique du Sud les admirables damnés de la terre poursuivent la guerre de classe contre la collusion de leurs boss syndicaux. Depuis Mai-68, bien des choses ont changé aux pays des insurgés.
Les révisionnistes, les altermondialistes, les opportunistes, les gauchistes, les réformistes sociaux-démocrates et les nationalistes chauvins n’ont plus d’audience auprès de la jeunesse et de la gente étudiante, génération qu’ils disaient jusqu’à récemment apathique et apolitique. Totalement ignorants de la science matérialiste, tous ces pédants de la nouvelle gauche intellectuelle, incapables d’appréhender les changements économiques et sociaux subrepticement implantés dans nos sociétés éclatées, sont demeurés hébétés devant ces étudiant(e)s et ces jeunes désœuvrés qui ont vidé violemment les écoles et les facultés, qui ont occupé les places publiques, la bourse, et bloqué les ponts à toute circulation. Ces jeunes se battent pour sauver leur vie et non pas pour imaginer de fugaces paradis enfumés et autres fumisteries.
Depuis Mai 2008, les soulèvements en Orient (immenses grèves en Chine, guerre des partisans en Inde et au Népal) et les grèves étudiantes en Occident résistent aux hausses des droits de scolarité et à l’expulsion des enfants d’ouvriers des universités, au chômage endémique et à la paupérisation (dégradation du pouvoir d’achat) effrénée. Ne pas oublier que, où que ce soit dans le monde, ces droits de scolarité sont une portion des frais de reproduction de la force de travail que l’État capitaliste veut dorénavant mettre directement à la charge des fils et des filles d’ouvriers surendettés (dont une forte majorité travaille le plus souvent à plein temps). Il en est ainsi pour tous les autres services publics.
Ces hausses des droits de scolarité signifient l’expulsion de milliers d’étudiants originaires de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie paupérisée qui sont désormais persona non grata dans les universités aux ressources raréfiées, aux débouchés limités et dont la mission est plus que jamais de soutenir directement l’effort de compétitivité-productivité des monopoles impérialistes « nationaux » en guerre pour leur survie dans ce monde impérialiste où les hyènes impérialistes concurrencent les loups capitalistes.
Quelle fumisterie que de tenter de désorienter les révoltes étudiantes dans les marais de l’opportunisme contre la « marchandisation » de l’éducation au milieu de cette société capitaliste marchande financiarisée. Comme si l’université bourgeoise avait un jour été ou serait bientôt au service du peuple tout en demeurant sous la dictature des milliardaires.
Depuis deux ans les États récalcitrants font face non pas au raffut-étudiant petit-bourgeois mais au soulèvement de jeunes travailleurs-étudiants endettés-désœuvrés, sans perspective d’emplois ou de carrières, accomplissant des petits-bouleaux de misère. L’ascenseur social est en panne en même temps que l’appareil sur-productif capitaliste. Malheureusement, au Caire, à Athènes, à Londres, à Madrid, à Tunis, à Santiago, à Shanghai, à Johannesburg et à Montréal, aucune organisation révolutionnaire conséquente n’offre un leadership sérieux, crédible et expérimenté ; alors ces révoltes piétinent, s’essoufflent et à la fin sont récupérées dans les isoloirs et les bureaux de scrutin par les agents de la bourgeoisie infiltrés dans le mouvement populaire, étudiant et ouvrier.

En quête de Plus-value relative
À titre d’exemple, au Québec, pendant la grève étudiante, le gouvernement libéral a trouvé un milliard de crédits pour soutenir la recherche appliquée destinée à développer de nouveaux instruments et de nouveaux procédés de productivité afin de permettre aux impérialistes québécois de concurrencer leurs acolytes chinois, indiens, japonais et coréens. En effet, les monopoles impérialistes occidentaux en déclin ne peuvent concurrencer les oligopoles asiatiques sur le terrain de la production de la plus-value absolue (valeur des marchandises moins les salaires, bénéfices marginaux et déductions à la source). Il ne leur reste qu’à espérer les concurrencer sur le terrain de la plus-value relative (valeur ajoutée par la productivité engendrée par la surproduction conséquente de l’informatisation- automation- robotisation). Malheureusement, pour les capitalistes occidentaux sur le déclin, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde déploient également de fortes dépenses en recherche-développement (20).
C’est ici que se situe l’effort de tous les gouvernements occidentaux sur le déclin qui souhaitent inciter les entreprises monopolistes installées sur leur territoire national à hausser leur productivité et leur profitabilité (Contrat de productivité et déduction fiscale pour la compétitivité) pour le bénéficie de leurs actionnaires nationaux et internationaux assoiffés de plus-value et de surprofits, et cela pour tenter d’assurer la reproduction étendue de leur système capitaliste en décrépitude (21).

Le nationalisme économique sous le capitalisme
Chaque gouvernement des pays capitalistes assure la gouvernance des intérêts sociaux, économiques et politiques de ses oligarques nationaux. Chaque gouvernement supporte l’exploitation des ouvriers nationaux dans la guerre concurrentielle mondiale, ce qui comprend également la guerre par pays interposés comme en Libye, en Côte d’Ivoire, au Congo et en Syrie contre les pays capitalistes appelés « émergents » (Iran, Chine, Russie, etc.).
Dans ce contexte le nationalisme dont s’affuble la bourgeoisie de plusieurs pays (comprenant la France, la Belgique, le Québec et le Canada) n’est qu’un leurre visant à débaucher les ouvriers pour les embrigader à la défense des intérêts des capitalistes nationaux en concurrence avec les capitalistes étrangers. Le seul « bénéfice » qu’empochera l’ouvrier sera de travailler à plus forte cadence – plus stressé – plus en danger d’être accidenté sur une chaîne de montage endiablée ou sur un chantier de construction meurtrier jusqu’au jour où il sera blessé, tuer ou débaucher. Voilà le secret de la compétitivité allemande, suisse et suédoise, et de grâce oubliez les mirages islandais, argentin et équatorien qui s’écroulent tour à tour comme des fétus de paille.
En Mai-2008-2012, les étudiants en sciences sociales, en arts et en sciences humaines sont devenus superflus pour la caste capitaliste occidentale qui pense qu’ils devraient se chercher un emploi dans les mines du Nord, dans les forêts subarctique de l’arrière-pays, dans les plantations de monoculture africaines, dans la jungle amazonienne saccagée, dans les « sweat shops » des bidonvilles délabrés du Bengladesh, sur les plates-formes « offshores » polluantes ou encore dans un quelconque projet d’investissement gouvernemental pour saccager la Terre-mère.
Les jeunes arabes, les adolescents d’Amérique Latine, les occupants de Wall Street, les ouvriers européens et sud-africains, les esclaves mauritaniens ainsi que les jeunes québécois, chiliens, brésiliens et les chômeurs du monde entier, révoltés, ne cherchent pas à réinventer la société des loisirs, ni à vivre une sexualité débridée, non plus qu’à marcher dans les souliers d’Épicure. Leur révolte n’est ni individualiste, ni narcissique, mais collective et solidaire et elle vise à défendre leurs droits fondamentaux d’association, de grève, de manifestation, d’expression, d’éducation, droit au logement et au travail contre les attaques policières, judiciaires et gouvernementales, et contre l’individualisme forcené des briseurs de grève et des casseurs de manifestants. La violence c’est la misère faite aux pauvres, aux chômeurs et aux peuples paupérisés et non pas leur résistance enragée.
Les soulèvements étudiants, ouvriers et populaires sont de plus en plus fréquents car il ne reste à la grande bourgeoisie internationale aucune marge de manœuvre pour maintenir sa plus-value et ses profits et garantir son accumulation de capitaux et l’expansion d la reproduction étendue ; elle frappe donc mortellement les indigents, les ouvriers et les manifestants, tous ceux qui résistent. Les « bobos » et les petit-bourgeois le sentent confusément et déjà ils rechignent et se plaignent que la lutte des classes s’envenime et ne fait plus de quartier à quiconque se trouve sur son sentier en déni de la dictature des riches.
Ils ont peur et nous les comprenons, mais alors, amis « bobos », petits-bourgeois désœuvrés laissez passer les ouvriers et les « casseurs » et cessez de dévoyer les « Printemps » populaires par vos propos effrayés, vos requêtes de police à la télé et vos revendications de remédiation, d’équité, d’université socialiste en société capitaliste et de justice sociale impossible… cette société capitaliste ne saurait être sauvée.

Lutte de "libération nationale" sous l’impérialisme
Pendant que le pillage des ressources se réorganise au Nord du 49e parallèle et s’éternise au Sud des Tropiques, la question de la nationalité des voraces capitalistes transnationaux, spoliateurs des richesses et de la plus-value ouvrière, ne se pose nullement, sauf pour les hystériques nationalistes chauvins qui aimeraient transformer cette guerre de classe visant à renverser le système capitaliste en une crise constitutionnelle à la faveur de laquelle une fraction plutôt qu’une autre de la bourgeoisie néo-colonisée accaparerait les taxes et les impôts collectés auprès des populations en difficulté et s’assurerait du versement de la rançon des surprofits aux maîtres des néo-colonies.
Cette dispute de chiffonniers pour le partage des oripeaux nationaux n’offre aucun intérêt pour la classe ouvrière insoumise des divers pays ni pour les contingents d’étudiants conscients où que l’on soit sur ces continents spoliés.
Contrairement à Mai-68, aujourd’hui, en Europe et en Asie aussi bien qu’en Amérique et en Afrique, l’horizon idéologique s’est dégagé. Les « indignés âgés » de Mai 68, les révisionnistes, les « socialistes » et les opportunistes d’antan vaquent à leurs professions au sein de la hiérarchie de l’État providence déclinant, qui pour un temps leur a assuré une carrière bien payée à même les surprofits arrachés aux néo colonies. Ces temps sont finis et les mesures d’austérité frappent tous les contingents de la classe ouvrière occidentale et de nombreux bataillons de la petite bourgeoisie frustrée d’être délogée de ces « planques » reposantes.
Les petit-bourgeois doivent renoncer à réintégrer leurs caches sociales dévastées ; ils doivent renoncer à lutter pour recouvrer leur statut social du passé. Ils doivent impérativement accepter l’hégémonie de la classe prolétarienne pour mener et diriger la guerre de classes entamée. De grâce, petit-bourgeois fragilisés, oubliez votre passé doré, vos privilèges envolés et votre humanisme-pacifiste suranné ; les temps ont changé, la rose sanglante s’avance et celui qui s’en saisira devra danser comme un enragé pour gagner le droit d’exister. Il est possible que cette guerre de classe dégénère en guerre mondiale dans un dernier sursaut des riches pour préserver leur société de privilégiés.

Changement de perspective politique
Partout dans le monde, les soulèvements de la génération montante sont le fait de jeunes issus majoritairement de la classe ouvrière dont le pouvoir d’achat dégringole alors que les profits des monopoles s’envolent (ce qui n’empêche pas le mouvement de baisse générale du taux de profit). Mais attention, la contradiction fondamentale du système d’économie politique capitaliste n’est pas l’iniquité consacrée ni l’injustice distributive ce ne sont là que des symptômes et les conséquences de la crise et non pas ses causes profondes.
Les Partisans ouvriers n’ont rien à perdre, même pas leurs illusions « démocratiques », l’État providence en décrépitude les a poussés au chômage et dans des emplois précaires mal rémunérés d’où ils ne pourront s’extirper qu’en brisant l’étau du pouvoir qui les accable. C’est ici que nous les attendions. Obsolète, le réformisme et le révisionnisme n’ont plus leur place. Personne ne pourra « réparer » ou sauvegarder le carrosse capitaliste déglingué.
Si en Mai 68 les syndicalistes de la CGT, de FO et de la CFDT françaises et les renégats Communistes-révisionnistes se sont présentés à Grenelle pour réclamer trente deniers pour avoir cassé du mouvement ouvrier, en 2008-2012 le mouvement ouvrier recommence à bouger et affirme sa présence dans les manifestations et les tintamarres de casseroles dans les farandoles de moult métropoles et ceci malgré la trahison des révisionnistes, des socialistes et des opportunistes qui ont laissé tous ces stigmates dans la conscience ouvrière.
Ces trahisons passées ont désarmé idéologiquement le prolétariat et les groupes étudiants. C’est l’obstacle que les véritables organisations prolétaires doivent aujourd’hui surmonter. Comment, parmi la classe ouvrière, rétablir la confiance après tant d’outrances ?

Parti – idéologie – insurrection
S’agissant d’un parti politique formé de Partisans aguerris, rigoureusement organisé et solidement implanté dans la classe ouvrière et dirigé par une idéologie prolétaire, il n’y en a pas eu en Mai-68, il n’y en a pas eu pendant le printemps arabe, ni « érable », il n’y en a toujours pas aujourd’hui en 2012. Pourtant, sans un tel parti, il n’y aura jamais d’avenir pour une révolution victorieuse. Que ce soit les soulèvements des peuples arabes, les révoltes ouvrières en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Grande-Bretagne ou en Afrique du Sud, ou la révolte étudiante au Québec, au Chili, en Grande-Bretagne et en France ou tout autre mouvement « d’indignés », de grève générale ou de résistance populaire sur le front économique de la lutte des classes, ils ne pourront déboucher sur une insurrection politique victorieuse tant et aussi longtemps que l’avant-garde de la classe ouvrière ne sera pas regroupée et organisée dans un parti d’avant-garde mondiale dirigé par une théorie d’avant-garde.
Mai-68 fut l’exploit des fils et des filles de bourgeois qui aspiraient à de meilleures professions leur permettant de gravir les échelons sociaux dont l’horizon ne leur semblait pas au diapason de leurs ambitions.
Heureusement, dans le cours du mouvement de nombreux jeunes ont tenté de s’organiser pour transformer la société. Malheureusement, leur inexpérience, leur ignorance de la science révolutionnaire, leur origine de classe et leur direction petite-bourgeoise anarchisante, vacillante et pédante associé à la trahison révisionniste les ont fait buter aux premiers dangers ; et ces organisations « infiltrées » se sont finalement sabordées sur ordre de leur gourou de tutelle.
Nous observons présentement les mêmes tares et les mêmes comportements parmi les nouvelles organisations « progressistes » ressurgies comme des champignons sous la pluie gréviste à la faveur des révoltes populistes et ouvrières récentes. Ces « militants d’avant-garde » sauront-ils tirer les enseignements qui s’imposent de ces expériences lointaines pour se doter d’une conscience et d’une organisation de classe révolutionnaire (en soi et pour soi) visant l’établissement du pouvoir ouvrier hégémonique ?
Robert Bibeau
(1) Malgré les efforts de pacification des révisionnistes, opportunistes et des bureaucrates syndicaux la guerre de classe se propagea car rien ne peut éradiquer la résistance ouvrière.
(2) M. Marion. Conséquences et héritage de Mai 68 dans la société actuelle http://www.oboulo.com
(3) Cahiers du maoïsme. Revue Marxiste-Léniniste-Maoïste. Édition 2009. Paris. France.
(4) J.J. Servan-Schreiber. Le Défi Américain. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Servan-Schreiber
(5) http://www.oboulo.com À propos du Plan Marshall http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Marshall
(6) http://www.oboulo.com
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Bandung
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Indon%C3%A9sie#La_p.C3.A9riode_...
(9) http://www.alterinfo.net/Affluence-record-a-Teheran-et-defai...
(10) http://www.afriqueexpansion.com/depeches-afp/5189-afrique-du...
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Kenneth_Galbraith
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Huntington
(13) Les ouvriers n’ont pas signé cette « trêve » renégate et ils ont poursuivi leur résistance et leur lutte de classe mais confronté à de multiples difficultés.
(14) http://www.oboulo.com et Cahiers du maoïsme. Revue Marxiste-Léniniste-Maoïste. Édition 2009. Paris. France.
(15) Robert Bibeau (2012) http://les7duquebec.com/2012/09/05/lendemain-delection-limpo...
(16) Laurence Kotlikoff et Scott Burns, Bloomberg. Artgicle publié dans « Gulf News » le 10 août 2012. « Boston : Les républicains et les démocrates ont passé l’été dernier à débattre sur la meilleure façon d’économiser 2,1 trillions [?] de dollars au cours de la prochaine décennie. Ils sont en train de passer cet été à débattre sur la meilleure façon de ne pas économiser 2,1 trillions de dollars au cours de la prochaine décennie. L’année dernière, l’écart budgétaire du gouvernement étatsunien, vraie mesure de l’endettement du pays, a augmenté de 11 trillions de dollars. » http://gulfnews.com/business/opinion/us-debt-just-grew-by-11...
(17) Robert Bibeau. (2012) La crise économique dans tous ses méfaits. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-...
(18) http://topics.nytimes.com/topics/reference/timestopics/subje...
(19) La débâcle américaine en Afghanistan. http://www.mondialisation.ca/la-d-b-cle-am-ricaine-en-afghan...
(20) Vincent Gouysse (2012) 2011-2012 : Reprise de la crise ! http://www.marxisme.fr
(21) Robert Bibeau. (2012) La crise économique dans tous ses méfaits. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-...
Plus-value absolue et Plus-value relative
Imaginons qu’un ouvrier produit une unité de marchandise en une minute. Cette unité de marchandise vaut – toutes taxes comprises – 8 dollars $ = (VM). Le capital d’investissement constant (CC) totalise 4 $ par unité produite. Le capital variable (CV) c’est-à-dire la somme des salaires, bénéfices marginaux et déductions à la source – en d’autres termes le coût de reproduction de la force de travail – totalise 0,50 $ la minute. La plus-value absolue (PVA) serait de 3,50$ pour une unité. L’équation serait celle-ci :
(1) 1 Unité /minute = 8$ (VM) – 4$ (CC) – ,50$ (CV) = 3,50$ (PVA)
Si par l’accroissement des cadences ou en introduisant une innovation techno-robotique, l’industriel parvient à faire produire 2 unités de marchandise par minute aux ouvriers, main d’œuvre qu’il ne paiera pas plus cher mais desquels il obtiendra la plus-value absolue et la plus-value relative (PVR). L’équation devient celle-ci :
(2) 2 Unités /minute = 16$ (VM) – 8$ (CC) – ,50$ (CV) = 3,50$ (PVA) + 4$ (PVR)
Il est probable que l’industriel occidental ne pourra pas imposer à ses ouvriers des cadences plus infernales que celles imposées aux ouvriers chinois, indonésiens ou indiens mais il pourra certainement implanter une innovation techno-automate que ses concurrents asiatiques ne possèdent pas encore et il empochera ainsi la Plus-value relative. C’est ainsi que les capitalistes augmente la productivité et améliore leur compétitivité.

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Une boulimie d’information, au péril du sens ?...Cette adaptation est cependant soumise à une condition : l’économie du savoir doit amorcer le virage technologique. Elle doit s’adapter aux nouveaux modes d’appropriation des connaissances. Elle doit se numériser pour continuer à transmettre. Où se transmet le savoir ?


Après l’homo erectus, l’homo sapiens et l’homo sapiens sapiens, est venue l’ère de l’homo numericus ! Excessif ? Peut-être pas tant que ça. Il suffit, pour se convaincre du bond effectué par l’humanité en quelques années, d’observer avec quelle dextérité n’importe quel enfant de 5 ans se sert d’une tablette numérique ou d’un iphone... Qui ne s’est pas déjà senti vieillir d’un coup en voyant un bambin manipuler un tel engin et faire courir sur son écran tactile ses petits doigts dodus et agiles ?
Mais il faut le reconnaître, il n’est pas si loin le temps où la façon dont aujourd’hui nous travaillons, nous nous déplaçons, nous nous renseignons, nous nous rencontrons, nous communiquons, nous aurait semblé de la pure science-fiction. En l’espace de 15 ans, notre vie a été révolutionnée : nous ne vivons tout simplement plus notre quotidien comme avant. Pour le meilleur, mais peut être aussi pour le pire, diront les esprits chagrins. Car l’emprise des NTIC, des smartphones, de la réalité augmentée et autres réseaux sociaux évoque sans conteste le mythe de l’humanité devenue esclave de ses robots. Combien de fois vérifie-t-on son téléphone par jour ? 150 fois selon une étude, réalisée à l’occasion de la conférence Mobile Web Africa qui s’est tenue à Johannesburg en début d’année. Stupéfiant. Mieux : une étude de l’université de Chicago, Booth Business School, vient de dévoiler que les jeunes de 18-25 ans sont plus accrocs aux réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter qu’à l’alcool, au sexe ou même au tabac. Etonnant. Encore mieux : 3% des Australiens consulteraient Facebook durant une relation sexuelle. Renversant.
Etre joignable partout, répondre immédiatement, être ici et ailleurs en même temps, tout cela fait partie des usages des représentants de la nouvelle branche de la famille des « e-hominidés ». Les sondés d’une récente enquête menée par l’Observatoire annuel des modes de vie Ipsos reconnaissent « consulter et envoyer des SMS » (33 %) « des mails » (15 %), « téléphoner » (36 %), « aller sur des réseaux sociaux » (9 %) ou encore « jouer » (5 %) alors qu’ils sont... en conversation avec un tiers !
Le cerveau de l’homo numericus est ainsi soumis à un flux continu d’information qui finit par modifier sa façon de penser. Il zappe les informations, fonctionne par association, synthétise les données, les diffuse, les classe et la plupart du temps…les oublie ! Comme il n’a plus le temps d’attendre, il donne le sentiment qu’il n’a plus le temps de comprendre. Désormais, tout doit être instantané, résumé, mâché. Les journaux télévisés résument à outrance les situations et privilégient l’information brute au détriment de l’analyse. Une pensée est transmise instantanément par SMS, elle doit tenir en 140 signes (Twitter), elle doit faire mouche, elle doit buzzer. Sinon, elle n’existe pas.
Les champions de la communication politique l’ont bien compris. Ils jouent sur le réflexe plus que sur la réflexion, comme les héros de ces jeux vidéo qui développent la dextérité mais absorbent le temps libre des enfants… et des adultes qu’ils deviennent en grandissant. Or le temps libre, comme chacun sait, est aussi celui de la réflexion, de la contemplation, de l’introspection. C’est un temps utile pour se connaître et connaître le monde qui nous entoure.
On craint donc, d’une part, la noyade dans les tourbillons d’informations. De l’autre on s’inquiète de l’omniprésence et de la force d’attraction négative des écrans. LeTube, un reportage réalisé en 2001 par le réalisateur Peter Entell s’intéressait aux effets des écrans et montrait qu’ils déclenchaient dans notre cerveau des réflexes à la chaîne à l’origine d’un état quasi-hypnotique isolant du réel. Ceux qui se sont plongés des heures durant dans des parties de jeux en ligne ou se sont simplement perdus dans les méandres d’internet sans voir le temps passer sauront de quoi l’on parle. Même les sociétés numériques sonnent l’alarme. En Thaïlande, l’opérateur Dtac pointe du doigt, dans une publicité, un père sur le canapé du salon, plus absorbé par son BlackBerry que par sa fille dessinant à ses pieds. Et de leur côté, les éditeurs de jeux vidéo signalent les risques liés à l’addiction des loisirs qu’ils proposent comme les cigarettiers préviennent leurs consommateurs des méfaits du tabac.
Pour certains, la pensée se synthétise, pour d’autres, elle se rétrécit. L’homo numericus serait l’aboutissement naturel de l’évolution pour les premiers, une impasse pour les seconds. C’est selon les points de vue qui opposent depuis toujours les Anciens aux Modernes quand une nouvelle technologie vient bouleverser la vie de l’homme. Faut-il cependant rappeler les tombereaux de critiques qui furent déversés sur Gutenberg au moment l’invention de l’imprimerie ou la méfiance de Platon vis-à-vis de l’écrit ? « Nul homme sérieux, assurément, ne se risquera jamais à écrire sur des questions sérieuses et livrer ainsi sa réflexion à l’envie et à l’incompréhension des hommes » (Lettres, VII, 344 c 3), pensait l’élève de Socrate pour qui la pensée couchée sur le papier annonçait sa propre défaite. Depuis, l’encre a bel et bien coulé pour le plus grand bien des esprits ainsi irrigués par la connaissance. La culture va-t-elle se perdre dans les millions de kilomètres de fibres optiques qui parcourent le monde ? Assurément, non. On peut craindre le développement d’une forme d’ « autisme social », de déconnexion vis-à-vis de la réalité, une certaine perte de mémoire aussi mais, dans le même temps, nous accroissons notre capacité à traiter l’information et à l’optimiser en fonction de nos besoins. En un mot, nous nous adaptons, ce qui est à la base du génie de l’homme.
Cette adaptation est cependant soumise à une condition : l’économie du savoir doit amorcer le virage technologique. Elle doit s’adapter aux nouveaux modes d’appropriation des connaissances. Elle doit se numériser pour continuer à transmettre. Où se transmet le savoir ?
A l’école d’abord. Les travaux de la sociologue Dominique Pasquier (1) ou ceux de Fanny Georges, spécialiste en sémiotique des interfaces numériques (2) annoncent la suprématie du support numérique dans l’espace éducatif. Ce qui est associé à la culture scolaire, à commencer par le livre, subit une forte dépréciation chez les adolescents qui lui préfèrent la culture des mass média et celle transmise par les technologies de l’information et de la communication. Il en va de même pour le tableau noir, la craie et l’éponge mouillée qui nous semblent très familiers mais qui perdent du terrain de jour en jour au bénéfice du tableau numérique interactif (TNI) qui capte considérablement plus l’attention des élèves. Est-ce un mal si dans le même temps leur envie d’apprendre s’améliore ?
Dans les livres, ensuite. La page web est en train de remplacer la page de papier. Si cela permet à un public nouveau d’accéder à la lecture, c’est tant mieux. Les amoureux du papier et de l’odeur des livres n’en seront, de toute manière, pas privés. La dématérialisation des supports offre également une opportunité pour inventer de nouveaux modes de création, notamment pour les œuvres illustrées. Leur libre circulation n’est cependant pas sans danger pour la création. L’industrie musicale, qui n’a pas su anticiper le passage au numérique et ne s’est pas soucié de la question du prix de vente, l’a expérimenté à ses dépens. Afin d’éviter les écueils du piratage et de la concurrence déloyale des géants de l’internet, l’enjeu consiste dans le domaine de l’édition à « préserver le rôle de l’éditeur tout en valorisant la création » comme le rappelle couramment Arnaud Nourry, patron d’Hachette Livre, qui explique : « anticiper, c’est numériser toutes les nouveautés et les catalogues pour que les utilisateurs de tablettes, smartphones et liseuses trouvent de quoi alimenter leurs équipements avec une offre attractive ». En outre, le groupe français est devenu pionnier en permettant, en partenariat avec Google, la numérisation de « milliers d’œuvres épuisées, tant au bénéfice des auteurs que des universitaires, des chercheurs et du grand public en général. »
Dans les musées, enfin. Lieu de la culture par excellence, le musée craint la poussière plus que tout. Aujourd’hui, le grand défi qu’il doit surmonter est aussi celui de la numérisation comme condition de son accessibilité. Le « musée virtuel » est un continuum constitué par le site web et les catalogues en ligne, par des outils multimédias implantés dans l’espace muséal ou disponibles sur smartphones. Les dispositifs multimédias doivent être présents avant, pendant et après la visite physique. L’application iPhone du musée du Quai Branly pour découvrir les collections permanentes ou celle de l’exposition temporaire Monet sont ainsi les symptômes d’une culture qui assure sa propre survie.
Inutile donc de jouer les cassandres et de s’arracher les cheveux en hurlant que les nouvelles technologies vont tuer l’homme. « Ce qui fait l’homme, c’est sa grande faculté d’adaptation » disait Socrate. Boulimique d’information, l’homo numericus n’en échappe pas moins à la règle… encore faut-il qu’on lui en offre les moyens.
Amandine Guarini
Notes :
(1) Cultures lycéennes. La tyrannie de la majorité, Éditions Autrement (Coll. « Mutations » 235), 2005.
(2) Identités virtuelles. Les profils utilisateur du web 2.0, Librairie J. Vrin, 2010.
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