Le mouvement de la résistance de Gaza progresse et obtient des résultats sans
précédent dans sa lutte contre la machine de guerre israélienne qui s’est une
fois de plus déchaînée contre lui. Personne ne fera rendre grâce à la résistance
gazaouie.
Ca a été un moment vraiment historique quand les Israéliens - et non les
pauvres habitants de Gaza- ont été obligés de courir vers les abris lorsque les
sirènes ont annoncé l’arrivée des missiles Farj dans le centre de Tel Aviv. Les
Israéliens en avaient perdu l’habitude pendant la longue période de paix et de
sécurité qui avait précédé l’assaut.
Leurs leaders n’ont jamais hésité à perpétrer massacre après massacre chez
les Palestiniens - faisant exploser des corps d’enfants avec leurs missiles,
leurs bombes et leurs fusils. Le meurtre des élèves de l’école primaire Bahr
al-Baqar en Egypte et celui des réfugiés du camp de Jénine en Cisjordanie font
partie de la longue liste de leurs crimes.
Au cours des 40 dernières années - ce qui correspond au tiers environ de
toute l’histoire d’Israël - ce pays a joui de la sécurité, de la tranquillité et
de la richesse grâce à l’ancien Secrétaire d’Etat étasunien, Henry Kissinger,
qui avait réussi à convaincre l’ancien président d’Egypte, Anwar Sadat,
aujourd’hui décédé, de prendre ses distances avec les pays arabes musulmans et
de signer les accords restrictifs de Camp David.
Mais la révolution égyptienne a changé la situation et les restrictions de
Camp David sont remises en cause l’une après l’autre - graduellement mais avec
détermination.
L’Egypte retrouve sa fierté et sa dignité et le prouve en envoyant son
Premier Ministre à Gaza à la tête d’une large délégation pour apporter deux
messages : le premier, un message de solidarité au peuple assiégé et affamé de
l’enclave ; et le second, un avertissement à Israël que l’Egypte ne se
contentera pas d’assister à nouveau sans rien faire à l’agression de Gaza.
Le vol incessant des jets de combat au dessus de Gaza n’a pas affolé le
mouvement de la résistance et n’a pas empêché différents groupes de tirer des
dizaines de missiles vers Israël en représailles pour les morts qu’Israël a fait
pendant cette nouvelle agression ; notamment le meurtre du chef de la branche
armée du Hamas, Ahmad al-Jabari.
Les missiles de Gaza ont tué quatre Israéliens et en ont blessé sept jusqu’à
maintenant.
Peu importe qui envoie ces missiles - les Brigades Qassam [Hamas], les
Brigades Al-Quds [Islamic Jihad], les Brigades Abu Ali Mustafa [the People’s
Front] -, tous ces groupes sont désormais réunis sous un seul drapeau : la
Résistance.
Les missiles gazaouis ont réussi à percer le bouclier anti-missiles
israélien, le Dôme d’Acier, et l’ont ridiculisé comme la résistance libanaise
avait ridiculisé les tanks israéliens Merkava pendant l’agression israélienne du
sud Liban en 2006.
Les Israéliens espéraient que le succès du Dôme d’Acier inciterait de
nombreux pays, y compris des pays arabes, à acheter leur système, leur
rapportant ainsi des milliards de dollars étasuniens, mais les missiles Fajr
tirés de Gaza ont sonné le glas de leurs espérances.
Un des missiles Fajr a frappé une maison construite par des colons israéliens
illégaux à Ashdod. Puisse cela leur rappeler le crime qu’ils ont commis en
volant la terre sur laquelle leur maison est construite, après avoir chassé ses
vrais propriétaires !
Netanyahu menace d’intensifier la guerre et de tuer encore plus de gens à
Gaza, mais tout le monde sait qu’il ne peut pas commettre de plus grand crime
que son prédécesseur, Ehud Olmert, et son ministre des Affaires Etrangères,
Tzipi Livni, ne l’ont fait pendant l’hiver 2008/2009.
Olmert et son ministre de la Défense, Ehud Barak, ont envoyé leurs tanks et
leurs avions tirer des missiles au phosphore blanc sur Gaza pour détruire les
missiles de la résistance. Trois ans après cette agression, Olmert est parti
ainsi que Tzipi Livni, et Barak les suivra bientôt, mais les missiles gazaouis
continuent à pleuvoir sur les colonies israéliennes.
C’est une honte que la Ligue Arabe n’envisage même pas de fournir des armes à
Gaza. Ils ont peur de le faire, parce que les armes qu’ils enverraient tueraient
des Israéliens, pas des Arabes ni des Musulmans et cela enragerait Hillary
Clinton, la Secrétaire d’Etat étasunienne, qui se prend pour une prophétesse
envoyée pour instaurer la démocratie et faire respecter les droits humains dans
les pays arabes.
Les ministres des Affaires Etrangère européens, en particulier le Britannique
William Hague, accusent la résistance palestinienne d’être responsable de cette
dernière escalade. Ils ont aussi justifié le massacre commis par Israël en
disant que c’était une sorte "d’auto-défense".
C’est incroyable que, dans ce monde, un pays puisse avoir le droit d’acquérir
400 têtes nucléaires, des milliers de tanks et d’avions et les armes
étasuniennes les plus avancées, tout cela étant utilisé pour occuper un autre
pays, assiéger deux millions de personnes pendant 10 ans, mener des raids
aériens quotidiens contre elles et tuer des gens innocents sous prétexte
"d’auto-défense."
De telles déclarations donnent le feu vert à Israël pour assassiner et à
détruire. Il est intéressant de constater que ces déclarations viennent de pays
qui ont toujours promis aux Arabes et aux Palestiniens qu’ils leur assureraient
la paix et un état indépendant à condition que les Arabes renoncent au
"terrorisme" et participent à des négociations de paix.
Mais quand les Arabes ont fait ce qu’on leur demandait, tout ce qu’ils ont
obtenu en échange, c’est plus de colonies israéliennes et plus de morts.
La faiblesse des Arabes a permis aux pays européens de refuser de soutenir la
demande de l’Autorité Palestinienne à l’ONU de reconnaître un état illusoire qui
n’existe que sur la papier.
Mais toute la région arabe est en train de se métamorphoser, et la première
chose qui va changer, c’est qu’elle va cesser d’avoir peur des Etats-Unis et
d’Israël.
Les missiles de Gaza vont avoir raison de la faiblesse et de la mendicité
arabes et faire naître de nouvelles stratégies pour libérer Jérusalem après
cette longue période de domination des Etasuniens et des Israéliens, assistés de
leurs alliés arabes, sur la politique régionale.
Le destin du peuple de Gaza est d’accepter le sacrifice d’autres martyrs pour
défendre la dignité et les valeurs de la nation arabe. Ce peuple ne se dérobera
pas à son destin et ne reculera pas devant son devoir.
Hier j’ai appelé des membres de notre peuple à Gaza pour les saluer et avoir
des nouvelles. Je les ai trouvés aussi pleins de courage et de force que
d’habitude. Ils ont parlé surtout de l’unité et de la solidarité qui les lie les
uns aux autres et ont juré de résister de toutes leurs forces à l’agression.
Mais le plus notable est que cette fois ils n’ont pas demandé : Mais où sont
les dirigeants arabes ?
Abdel Bari Atwan
Rédacteur en chef du journal Editor Alquds Alarabi
Depuis deux jours, des dizaines de martyrs palestiniens de Gaza sont tombés suite à des bombardements israéliens aveugles contre la population civile de cette région sous blocus.
Israël est en train de commettre de massacres contre les civils de Gaza.
Cet Etat, qui pratique un terrorisme d’Etat, poursuit ses attaques contre les enfants de Gaza.
Cet Etat hors la loi et criminel extermine les Palestiniens de Gaza.
Cet Etat d’apartheid profite du silence complice de cette communauté internationale officielle.
Cet Etat colonial continue de bombarder Gaza tandis que le monde se tait.
Cet Etat qui se moque de toutes les pays du monde poursuit son escalade militaire contre la bande de Gaza.
L’armée la plus lâche du monde attaque, bombarde les maisons des familles palestiniennes innocentes, et le monde entier ne se décide pas à réagir.
L’armée de l’occupation a annoncé sa guerre contre Gaza.
Combien de martyrs palestiniens doivent ainsi tomber avant que le monde bouge?
Combien de civils palestiniens doivent ainsi mourir pour que la communauté internationale officielle se mobilise?
Quelle quantité de sang palestinien doit couler avant que quelqu’un de l’extérieur ne dénonce ces actes cruels ?
Quelques soient les massacres israéliens, Gaza résiste oursuit son escalade militaire contre la bande de Gaza.
L’armée la plus lâche du monde attaque, bombarde les maisons des familles palestiniennes innocentes, et le monde entier ne se décide pas à réagir!
En dépit de toute agression israélienne, Gaza persiste !
Malgré tous ses martyrs, avec tous ses martyrs, grâce à tous ses martyrs, Gaza existe, Gaza existera toujours !
* Ziad Medoukh, professeur de français à l'université d'Al-Aqsa, à Gaza.
LES ENFANTS DE GAZA, VICTIMES DES GENOCIDES SIONISTES,DEVANT L'INDIFFERENCE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE.
Un appel Gazaoui désespéré à une communauté internationale Complice .
Cet appel est adressé par un simple citoyen palestinien de Gaza à la communauté internationale officielle qui ne se décide pas à réagir afin de mettre fin à l’agression israélienne poursuivie contre la population civile de Gaza , agression qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, en majorité des civils. Je sais bien que cet appel ne sera pas entendu par ces pays et par ces organisations internationales, qui ferment les yeux devant les attaques israéliennes permanentes contre les enfants et les femmes de Gaza. Mais, devant le sang de nos enfants et de nos femmes qui continue de couler sur la terre de Gaza, Mais, devant les corps déchiquetés de ces civils palestiniens innocents, tombés suite à des bombardements israéliens aveugles, Mais, au nom des Palestiniens de Gaza qui souffrent de cette escalade militaire israélienne, je m’adresse : Au Conseil de sécurité qui prétend assurer la sécurité dans le monde : à Gaza, les habitants ne trouvent d’abris pour échapper aux raids israéliens intensifs lancés toutes les cinq minutes sur des maisons appartenant à des civils, elle est où cette sécurité ? Aux Nations-Unies qui essayent d’assurer la paix dans le monde entier : jusqu’à quand l’impunité de cet Etat israélien hors la loi, qui agresse les Palestiniens tous les jours, et qui assassine la paix au mépris de toutes les décisions internationales ? Aux Etats-Unis, le plus grand pays du monde : jusqu’à quand va-t-il soutenir l’état d’Israël dans toutes ses violations des droits des Palestiniens ? A l’Europe, au nom des droits de l’homme et la démocratie : c’est vous qui avez encouragé cet Etat agressif à continuer sa politique coloniale, cet Etat qui bafoue les droits les plus fondamentaux des Palestiniens. Au lieu de sanctionner cet Etat d’apartheid, vous êtes en train de défendre et de justifier ses attaques. Aux pays du Printemps arabe, au nom de vos révolutions et de votre nouveau pouvoir basé sur le changement : pourquoi laissez-vous les Palestiniens de Gaza seuls et abandonnés dans leur prison à ciel ouvert, face à la lâcheté et la barbarie de cette armée aveugle ? Puisque vous ne bougez pas, puisque vous ne réagissez pas, puisque vous n’arrivez ni à dénoncer ni à critiquer Israël, cet Etat colonial va poursuivre ses attaques, et sa guerre contre les civils de Gaza. Vous avez perdu votre crédibilité, et vous êtes en train de laisser notre région à l’arbitraire de cet état qui se moque de vous et de vos décisions. Heureusement, qu’en ce monde, il y a des personnes de bonne volonté et une société civile consciente qui se mobilisent pour que cesse la violence israélienne contre Gaza et contre la Palestine. Halte aux massacres israéliens à Gaza, et halte à cette communauté internationale impuissante.
"...Les préjugés et la malhonnêteté qui caractérisent la couverture de l’oppression palestinienne par les médias occidentaux ne sont pas nouveaux ; ceci a été amplement documenté. Pourtant, Israël continue à commettre des crimes contre l’humanité avec l’assentiment total et le soutien moral, financier et militaire de nos gouvernements, que ce soit les Etats-Unis, le Canada ou l’Union Européenne...."
Tandis que les nations d’Europe et d’Amérique du Nord commémoraient, le 11
novembre, les pertes militaires de guerres passées et présentes, Israël ciblait
des civils. Le 12 novembre, à l’orée d’une nouvelle semaine, les lecteurs
étaient inondés, pendant leur petit-déjeuner, de comptes rendus déchirants
relatant les pertes humaines militaires passées et actuelles. Cependant, on
semblait taire le fait essentiel selon lequel les pertes humaines les plus
importantes lors des conflits armés contemporains touchent les populations
civiles. Le matin du 12 novembre était également marqué par une absence criante
d’information relatant les attaques militaires sur Gaza qui se sont poursuivies
pendant tout le week-end. Une recherche superficielle confirme cette omission
sur le réseau de télévision canadien Canadian Broadcasting Corporation
(CBC) et les journaux canadiens dont le Globe and Mail, la Gazette de
Montréal et le Toronto Star. De même en ce qui concerne le New
York Times et la BBC.
Selon le rapport du Centre palestinien pour les droits de l’homme daté du 11
novembre, cinq civils palestiniens, dont trois enfants, avaient été tués dans la
Bande de Gaza dans les 72 heures précédentes, en plus de deux membres de la
sécurité palestinienne. Quatre de ces décès étaient dus à des tirs d’obus de
Tsahal sur des enfants jouant au football. De plus, 52 civils ont été blessés,
dont six femmes et 12 enfants. (Depuis que nous avons commencé à rédiger ce
texte, le nombre de victimes palestiniennes a d’ailleurs augmenté et continue de
croître.)
Les articles qui rapportent les meurtres commis se concentrent en grande
majorité sur l’élimination des membres de la sécurité palestinienne. Par
exemple, un article de l’Associated Press (AP) publié par la CBC le 13
novembre, intitulé Israel mulls resuming targeted killings of Gaza militants
(« Israël réfléchit à la reprise des éliminations ciblées de militants de
Gaza ») ne fait aucune mention des morts et des blessés parmi la population
civile. Il caractérise les meurtres « d’assassinats ciblés ». Le fait que les
pertes humaines soient dans une large mesure des victimes civiles, indique
qu’Israël n’est pas tant engagée dans des meurtres « ciblés » que dans des
assassinats « aveugles », commettant ainsi à nouveau le crime de punition
collective. Un autre article de l’AP paru au bulletin d’informations de la CBC
le 12 novembre et intitulé Gaza rocket fire raises pressure on Israel government
(« Des tirs de roquettes mettent la pression sur le gouvernement israélien »)
est accompagné de la photo d’une femme israélienne regardant un trou dans le
plafond de son salon. Et là encore, aucune image, ni aucune mention des
nombreuses victimes et des cadavres à Gaza. Dans le même ordre d’idées, la BBC
titrait, le 12 novembre, Israel
hit by fresh volley of rockets from Gaza (« Israël frappée par une
nouvelle pluie de roquettes tirées depuis Gaza »). La même tendance se retrouve
dans les grands journaux européens.
La couverture des premiers moments de la présente exacerbation insiste
principalement sur les roquettes tirées depuis Gaza, dont aucune n’a causé de
blessés ni de morts. Ce qu’on ignore sciemment, ce sont les bombardements
touchant la bande de Gaza qui, eux, ont causé de nombreuses victimes, dont des
morts et plusieurs blessés graves. Nul besoin d’être un expert en science des
médias pour comprendre qu’on a affaire au mieux à des reportages bâclés et
biaisés, et au pire à une désinformation pure et simple, basée sur une mauvaise
foi délibérée et qui vise à déformer les faits pour tromper les lecteurs.
De plus, les articles mentionnant les victimes palestiniennes à Gaza
rapportent systématiquement que les opérations militaires israéliennes était en
représailles à des tirs de roquettes et à deux soldats blessés. Cependant, si
l’on examine la chronologie des événements, la flambée de violence actuelle a
débuté le 5
novembre dernier quand un innocent âgé de 20 ans et souffrant apparemment de
troubles mentaux, Ahmad al-Nabaheen, a été tué alors qu’il déambulait près de la
frontière. Les médecins ont dû patienter pendant six heures avant d’être
autorisés à le secourir, et ils pensent que son décès est très certainement dû à
cette attente. Puis, le 8
novembre, un garçon âgé de 13 ans qui jouait au football devant sa maison a
été tué par les Forces d’occupation israéliennes qui avaient fait une incursion
dans le territoire de la Bande de Gaza avec des chars d’assaut et des
hélicoptères. Le fait que quatre soldats israéliens aient été blessés à la
frontière le 10 novembre faisait donc partie d’une série d’événements incluant
la mort de civils de Gaza, et n’en constituait en aucun cas l’élément
déclencheur.
Nous, les signataires de ce texte, sommes récemment rentrés d’un séjour dans
la Bande de Gaza. Certains d’entre nous sommes en contact direct avec des
palestiniens vivant à Gaza à travers les réseaux sociaux. Pendant deux nuits
d’affilée, le 10 et le 11 novembre, les palestiniens de Gaza ont été privés de
sommeil à cause du survol incessant de drones et d’avions F16 et de
bombardements aveugles de leur territoire densément peuplé. L’objectif de ces
opérations semble clair : il est de terroriser la population, objectif atteint
d’ailleurs, comme nous pouvons l’affirmer grâce aux témoignages de nos contacts
sur place. S’il n’y avait pas eu de messages affichés sur Facebook, nous
n’aurions pas conscience de l’envergure des bombardements et du degré de terreur
ressenti par les civils palestiniens ordinaires de Gaza. Ceci contraste vivement
avec ce que le monde sait du choc ressenti par les citoyens israéliens victimes
des tirs de roquettes.
Selon un rapport non officiel envoyé le 11 novembre par un médecin canadien
qui se trouvait à Gaza et qui a apporté son aide au service d’urgences de
l’hôpital de Shifa durant le week-end, « les blessés étaient tous des civils
présentant de multiples blessures de perforation provenant d’éclats d’obus :
lésions cérébrales, blessures au cou, hemo-pneumothorax, tamponnade
péricardiale, rupture de la rate, perforations intestinales, membres
déchiquetés, amputations traumatiques. Tout ceci sans aucun écran de contrôle,
avec peu de stéthoscopes, une seule machine à ultrasons… Plusieurs victimes
souffrant de blessures graves mais n’engageant pas leur pronostic vital ont été
renvoyées chez elles avant d’être examinées de nouveau le lendemain matin à
cause du nombre considérable de blessures graves à traiter. La profondeur des
blessures dues aux éclats d’obus donnait froid dans le dos. De petites blessures
au demeurant, mais avec des dégâts internes massifs… Et tout cela avec très peu
de morphine disponible pour atténuer la douleur. »
Apparemment, ce genre de scènes n’est pas digne d’être rapporté par le New
York Times, la CBC ou la BBC.
Les préjugés et la malhonnêteté qui caractérisent la couverture de
l’oppression palestinienne par les médias occidentaux ne sont pas nouveaux ;
ceci a été amplement documenté. Pourtant, Israël continue à commettre des crimes
contre l’humanité avec l’assentiment total et le soutien moral, financier et
militaire de nos gouvernements, que ce soit les Etats-Unis, le Canada ou l’Union
Européenne. Benyamin Netanyahu est en ce moment même en train de recueillir le
soutien diplomatique des pays occidentaux en vue d’attaques à venir sur Gaza, ce
qui nous fait craindre qu’une nouvelle opération du même type que « Plomb
durci » se profile à l’horizon. En fait, les événements les plus récents
confirment qu’une telle escalade est déjà en état de marche, tel que le montre
le décompte des morts aujourd’hui. L’absence d’indignation populaire massive
face à ces crimes est une conséquence directe de la dissimulation systématique
des faits et de la manière distordue dont ces crimes sont rapportés.
Nous souhaitons exprimer notre indignation concernant la couverture
médiatique scandaleuse de ces événements dans les grands médias. Nous appelons
les journalistes du monde entier travaillant pour des antennes de ces grands
médias à refuser d’être instrumentalisés à travers cette politique systématique
de manipulation. Nous appelons également les citoyens à s’informer en consultant
les médias indépendants et à laisser leur conscience s’exprimer ouvertement de
la manière qu’ils jugent la plus efficace et appropriée.
Hagit Borer, Grande Bretagne Antoine Bustros, Canada Noam Chomsky,
USA David Heap, Canada Stephanie Kelly, Canada Máire Noonan,
Canada Philippe Prévost, France Verena Stresing, France Laurie Tuller,
France
En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous.
Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet.
Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l'on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits. Spams, escroqueries, attaques d'ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l'image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes. Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s'affrontent.
Des personnages hauts en couleurs comme " Captain Crunch " qui inventa le piratage informatique dans les années 70 ou les frères Badir, trois Palestiniens non-voyants, qui ont infiltré les systèmes de Tsahal, l'armée d'Israël en sont les protagonistes. Ce film montre d'abord comment, grâce à Internet, l'industrie clandestine du logiciel malveillant accumule un arsenal d'armes de perturbation massive et ensuite explique pourquoi ceux qui contrôleront ces armes seront en mesure de décider de l'issue de la prochaine guerre.
Israël possède des armes chimiques, bactériologique et nucléaires ainsi que des sous marins lanceurs d'engins. Israël est une vraie menace pour le Proche Orient et pour le monde.
Le 1er septembre 1986, un journaliste du Sunday Times est contacté par Mordechai Vanunu. Ce technicien nucléaire a découvert qu'Israël avait développé dans le plus grand secret des armes nucléaires dans la base de Dimona. En échange de la protection du Sunday Times et d'une forte somme d'argent, il accepte de révéler son histoire au monde entier. Dès lors, le Mossad se lance à sa poursuite pour le ramener en Israël et le faire juger pour trahison.
Israël est le seul pays qui refuse de signer le Traité de non-prolifération nucléaireMordechaï Vanunu : "Avant de s’en prendre à l’Iran il faut s’en prendre à Israël"
Après avoir passé 18 ans en prison, pour avoir révélé en 1986 qu’Israël possédait secrètement deux cent bombes atomiques, Mordechaï Vanunu n’est toujours pas autorisé à quitter Israël comme il le souhaite. Soumis à des restrictions depuis sa libération en 2004, Israël lui interdit de quitter le pays et de parler à des journalistes. Ce qu’il nous disait dans ce remarquable entretien datant de 2005 au sujet de l’Iran, un pays qu’Israël menace depuis plus de 20 ans, demeure d’actualité.
Silvia Cattori : Quel était votre travail en Israël, avant votre enlèvement par des agents du Mossad à Rome, en octobre 1986 ?
Mordechaï Vanunu : Depuis neuf ans, je travaillais au centre de recherches en armements de Dimona [1], dans la région de Beer Sheva. [2] Juste avant de quitter ce travail, en 1986, j’avais pris des photos à l’intérieur de l’usine, afin de montrer au monde qu’Israël cachait un secret nucléaire. Mon travail, à Dimona, consistait à produire des éléments radioactifs utilisables pour la fabrication de bombes atomiques. Je savais exactement quelles quantités de matières fissiles étaient produites, quels matériaux étaient utilisés et quelles sortes de bombes étaient fabriquées.
Silvia Cattori : Révéler au monde – seul – que votre pays était secrètement détenteur de l’arme nucléaire…, n’était-ce pas là prendre un très grand risque ?
Mordechaï Vanunu : Si j’ai décidé de le faire, c’est parce que les autorités israéliennes mentaient. Elles se répandaient, répétant que les responsables politiques israéliens n’avaient nullement l’intention de se doter d’armes nucléaires. Mais, en réalité, ils produisaient beaucoup de substances radioactives ne pouvant servir qu’à cette seule fin : confectionner des bombes nucléaires. Des quantités importantes : j’ai calculé qu’ils avaient déjà, à l’époque – en 1986 ! – plus de deux cents bombes atomiques. Ils avaient aussi commencé à fabriquer des bombes à hydrogène, très puissantes. Aussi ai-je décidé de faire savoir au monde entier ce qu’ils tramaient dans le plus grand secret. Et puis, aussi, je voulais empêcher les Israéliens d’utiliser des bombes atomiques, afin d’éviter une guerre nucléaire au Moyen-Orient. Je voulais contribuer à apporter la paix dans cette région. Israël, détenant déjà des armes surpuissantes, pouvait faire la paix : il n’avait plus à redouter une quelconque menace palestinienne, ni même arabe, car il possédait tout l’armement nécessaire à sa survie.
Silvia Cattori : Vous étiez préoccupé par la sécurité de toute la région ?
Mordechaï Vanunu : Oui. Absolument. Bien entendu, ce n’est pas pour le peuple israélien que j’ai fait ce que j’ai fait. Les Israéliens avaient élu ce gouvernement, et ce gouvernement avait décidé de les doter d’armes nucléaires. Vous savez, tous les Israéliens suivent de très près la politique du gouvernement israélien… Mais, en ce qui me concerne, je réfléchissais à partir du point de vue de l’humanité, du point de vue d’un être humain, de tous les êtres humains vivant au Moyen-Orient, et aussi de tous les êtres humains, dans le monde entier. Parce que ce qu’Israël avait fait, beaucoup d’autres pays pourraient le faire.
Aussi ai-je décidé, dans l’intérêt de l’humanité, de faire connaître au monde entier le danger que représentaient les armes nucléaires secrètes d’Israël. En 1986, on était en pleine Guerre froide et les armes nucléaires proliféraient. Elles étaient en train de se répandre dans plusieurs pays encore non-nucléaires, comme l’Afrique du Sud, et d’autres. Le danger représenté par les armes nucléaires était réel. De nos jours, ce danger a diminué.
Silvia Cattori : Saviez-vous à quoi vous vous exposiez ? Pourquoi était-ce vous, en particulier, qui deviez prendre un si grand risque, et personne d’autre ?
Mordechaï Vanunu : Bien entendu, je savais ce que je risquais. Mais ce que je pouvais faire, personne d’autre que moi n’aurait pu le faire. Je savais que j’aurais eu affaire au gouvernement israélien. Ce n’est pas comme si j’avais été quelqu’un qui s’en serait pris à des intérêts privés ; je savais que je m’en prenais directement au gouvernement israélien et à l’État juif israélien. Je savais donc qu’ils pouvaient me châtier, qu’ils pouvaient me tuer, qu’ils pouvaient faire de moi absolument tout ce qu’ils voulaient. Mais j’avais la responsabilité de dire la vérité au monde. Personne d’autre que moi n’était en mesure de le faire : il était donc de mon devoir de le faire. Quels qu’aient été les risques.
Silvia Cattori : Votre famille vous a-t-elle, alors, soutenu ?
Mordechaï Vanunu : Les membres de ma famille ont été incapables de comprendre ma décision. Pour eux, le plus dérangeant fut de découvrir que je m’étais converti au christianisme. Pour eux : c’était plus dommageable, plus douloureux que le fait que j’ai révélé les secrets nucléaires d’Israël… Je les respecte, ils respectent ma vie. Nous sommes restés en bons termes, mais nous ne nous fréquentons plus.
Silvia Cattori : Vous sentez-vous seul ?
Mordechaï Vanunu : Oui. Bien sûr, je suis seul, ici, à la cathédrale Saint-Georges. Mais j’ai beaucoup d’amis, qui me soutiennent.
Silvia Cattori : Dans quelles conditions avez-vous été jugé et emprisonné ?
Mordechaï Vanunu : Mon procès a été tenu dans le secret le plus absolu. J’étais seul, avec mon avocat. J’ai été condamné pour espionnage et trahison. Les autorités israéliennes se sont vengées sur moi en me maintenant en isolement cellulaire durant toute la durée du procès. Elles n’autorisaient personne à me voir ni à me parler, et m’interdisaient de m’adresser aux médias. Elles ont publié beaucoup de désinformation à mon sujet. Le gouvernement israélien a utilisé tout son pouvoir médiatique pour faire un lavage de cerveau de l’opinion publique. Pour laver le cerveau des juges, aussi, au point de les convaincre de la nécessité de me mettre en prison. Ainsi, mon procès a été tenu secret et les médias n’ont pas pu accéder à la vérité ; ils n’ont pas pu m’entendre.
Les gens étaient convaincus que j’étais un traître, un espion, un criminel. Il n’y eut pas un atome de justice, dans ce jugement. Mais il n’y avait pas que le procès : le plus cruel fut de m’isoler, en prison. Ils m’ont puni non seulement par l’emprisonnement, mais aussi en m’isolant totalement, en m’épiant en permanence, au moyen de mauvais traitements particulièrement vicieux et cruels : ils ont essayé de me faire mettre en colère, ils ont essayé de me faire regretter ce que j’avais fait. J’ai été maintenu au secret, dix-huit années durant, dont onze années et demie en isolement total. La première année, ils ont mis des caméras dans ma cellule. Ils ont laissé la lumière allumée trois années d’affilée ! Leurs espions me battaient sans cesse, ils m’empêchaient de dormir. J’ai été soumis à un traitement barbare ; ils ont tenté de me briser. Mon objectif était de tenir, de survivre. Et j’ai réussi !…
Silvia Cattori : Par chance, on ne vous a pas pendu haut et court, comme le voulait pourtant le ministre de la Justice d’alors, Tommy Lapid. Vous avez tenu bon, et vous avez été relâché le 21 avril 2004. Vous aviez tout juste 50 ans !
Mordechaï Vanunu : S’ils m’ont relâché, c’est parce que j’avais purgé les dix-huit ans de prison auxquels ils m’avaient condamné. Ils voulaient me tuer. Mais, en fin de compte, le gouvernement israélien a décidé de n’en rien faire.
Silvia Cattori : En avril 2004, les télévisions ont montré votre sortie de prison. Le monde a alors découvert ce qui vous était arrivé. Vous êtes apparu heureux, déterminé, combatif : tout le contraire d’un homme brisé…
Mordechaï Vanunu : Sortir de prison, aller parler au monde entier, fêter ça… après dix-huit ans de captivité, d’interdiction de tout :… ce fut un grand moment…
Silvia Cattori : Vos geôliers n’ont donc pas réussi à vous briser mentalement ?
Mordechaï Vanunu : Non ; absolument pas. Mon objectif était de sortir, et de parler au monde entier, de faire comprendre aux autorités israéliennes qu’elles avaient échoué. Mon but était de survivre, et cela a été ma plus grande victoire sur toutes ces organisations d’espionnage. Ils ont réussi à me kidnapper, à me traîner devant leur tribunal, à me maintenir en prison, au secret, pendant dix-huit ans… et j’ai survécu à tout ça. J’ai souffert, certes ; mais j’ai survécu. Malgré tous leurs crimes, je suis toujours vivant, et je suis même en excellente santé ! Je suis de forte constitution ; c’est sans doute grâce à çà, que j’ai surmonté l’épreuve.
Silvia Cattori : Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir ?
Mordechaï Vanunu : Ma fermeté. Le fait de continuer à être convaincu que j’avais eu raison de faire ce que j’avais fait. La volonté de leur faire comprendre que, quoi qu’ils fassent pour me châtier, je continuerais à rester en vie.
Silvia Cattori : Quel est le plus grand obstacle auquel vous ayez à faire face, actuellement ?
Mordechaï Vanunu : On m’interdit de quitter Israël. J’ai été libéré de prison, mais ici, en Israël, je suis dans une grande prison. Je voudrais quitter ce pays, aller jouir de la liberté dans le vaste monde. J’en ai marre du pouvoir israélien. L’armée peut venir m’arrêter à tout instant, me punir. Je sens que je suis à leur merci. J’aimerais tellement vivre loin, très loin d’ici…
Silvia Cattori : Quand Israël vous laissera-t-il quitter le pays ?
Mordechaï Vanunu : Je n’en sais rien. Ils m’ont interdit de quitter Israël pendant une année. Un an ayant passé, ils ont renouvelé l’interdiction pour une nouvelle année, qui prendra fin en avril prochain. Mais ils peuvent encore prolonger l’interdiction, aussi longtemps qu’il leur plaira…
Silvia Cattori : Quel regard portez-vous sur le Traité de non-prolifération nucléaire quand, dans le cas d’Israël, on tolère « l’ambiguïté nucléaire », alors qu’on met constamment sous pression l’Iran – un pays qui, lui, se soumet aux inspections ?
Mordechaï Vanunu : Tous les pays devraient être ouverts aux inspections internationales et dire la vérité sur ce qu’ils sont en train de faire, secrètement, dans toutes les installations nucléaires dont ils disposent. Israël n’a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire. Ce sont près de cent quatre-vingt pays qui l’ont fait, dont tous les pays arabes. L’Égypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Jordanie… : tous les pays voisins d’Israël ont ouvert leurs frontières aux inspections de l’AIEA. Israël est le pire exemple. C’est le seul pays qui ait refusé de signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Les États-Unis et l’Europe devraient commencer par régler le cas d’Israël ; Israël doit être considéré à l’instar de n’importe quel autre pays. Nous devons en finir avec l’hypocrisie, et obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Il faut imposer à Israël le libre accès des inspecteurs de l’AIEA au centre de Dimona.
Silvia Cattori : L’Iran, qui remplit ses obligations et accepte les inspections de l’ONU, est pourtant menacé de sanctions. Israël, qui est doté de l’arme nucléaire et refuse toute inspection de l’AIEA, ne fait l’objet d’aucune poursuite. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » de la part des États-Unis, mais aussi de l’Europe ?
Mordechaï Vanunu : Oui ; c’est même encore pire que ce que vous dites : non seulement on ne s’en prend pas à Israël, mais on aide même ce pays en secret. Il y a une coopération secrète entre Israël et la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis. Ces pays ont décidé de contribuer à la puissance nucléaire d’Israël afin de faire de ce pays un État colonial, dans le monde arabe. Ils aident Israël, parce qu’ils veulent que ce pays soit à leur service, en tant que pays colonialiste contrôlant le Moyen-Orient, ce qui leur permet de s’emparer des revenus pétroliers et de maintenir les Arabes dans le sous-développement et les conflits fratricides. Telle est la principale raison de cette coopération.
Silvia Cattori : L’Iran n’est-il pas, comme l’affirment Israël et les États-Unis, une menace ?
Mordechaï Vanunu : Étant sous le contrôle des inspecteurs de l’AIEA, l’Iran ne représente aucun danger. Les experts occidentaux savent parfaitement quelle est la nature du programme nucléaire iranien. Contrairement à Israël, qui ne laisse personne accéder à ses installations nucléaires. C’est la raison pour laquelle l’Iran a décidé d’aller de l’avant et de dire au monde entier : « Vous ne pouvez pas exiger de nous plus de transparence, alors que vous continuez à fermer les yeux sur ce qui se passe en Israël ! » Tous les Arabes voient, depuis quarante ans, qu’Israël a des bombes atomiques et que personne ne fait rien contre ça. Tant que le monde continuera à ignorer les armes atomiques d’Israël, il ne pourra pas se permettre de dire quoi que ce soit à l’Iran. Si le monde est vraiment préoccupé, et s’il veut sincèrement mettre un terme à la prolifération nucléaire, qu’il commence donc par le commencement, c’est-à-dire : Israël !…
Silvia Cattori : Vous devez être agacé, quand vous entendez Israël, qui n’est pas en règle, dire qu’il est prêt à bombarder l’Iran, qui, à ce stade, n’a enfreint absolument aucune règle !
Mordechaï Vanunu : Oui ; cela me met hors de moi. Nous n’avons rien à reprocher à l’Iran : avant de faire quoi que ce soit contre un quelconque autre pays, il faut s’occuper du cas israélien. Si quelqu’un veut s’en prendre à l’Iran, il doit, préalablement, s’en prendre à Israël. Le monde ne peut ignorer ce qu’Israël fait, en la matière, depuis plus de quarante ans… Les États-Unis devraient obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Et il est grand temps, aussi, pour l’Europe, de reconnaître officiellement qu’Israël possède des bombes atomiques. L’ensemble du monde arabe devrait être extrêmement inquiet en entendant tous ces discours qui incriminent l’Iran, qui ne possède aucune arme atomique, et qui continuent à ignorer Israël.
Silvia Cattori : Quels sont les États qui ont coopéré avec Israël ?
Mordechaï Vanunu : Israël a aidé la France et la Grande-Bretagne dans leur campagne contre l’Égypte, en 1956. Après l’opération de Suez, la France et la Grande-Bretagne ont commencé à coopérer au programme nucléaire israélien, afin de remercier Israël pour le soutien qu’il leur a apporté, durant cette guerre.
Silvia Cattori : L’Afrique du Sud n’a-t-elle pas aidé Israël, jusqu’en 1991 ?
Mordechaï Vanunu : C’est effectivement en Afrique du Sud, dans le désert, qu’Israël a procédé à ses essais nucléaires…
Silvia Cattori : Dans les années soixante, le président Kennedy aurait, semble-t-il, demandé qu’il y ait des inspections à Dimona, en Israël. Voyez-vous un lien entre cette demande et son assassinat ?
Mordechaï Vanunu : Je pense qu’à l’époque de Kennedy, les États-Unis étaient opposés au programme nucléaire israélien. Kennedy a tenté d’arrêter Israël, en la matière, mais son assassinat ne lui en a pas laissé le temps… Pour moi, le mobile de l’assassinat de Kennedy est lié à la diffusion d’armes nucléaires en Israël et dans d’autres pays. Ceux qui l’ont assassiné étaient des gens qui étaient favorables à la dissémination nucléaire. Grâce à l’élimination du gêneur Kennedy, la prolifération a pu continuer. De fait, les présidents Johnson et Nixon [qui ont succédé à Kennedy, ndt] n’y voyaient aucun inconvénient : ils ont laissé faire Israël. Constatons simplement que c’est bien un changement allant en ce sens qui s’est manifesté, après l’assassinat de Kennedy…
Silvia Cattori : Votre dénonciation n’a pas empêché Israël de maintenir taboue cette question : il a réussi à ne pas se mettre les grandes puissances à dos. Sa stratégie de l’opacité se serait-elle donc avérée efficace ?
Mordechaï Vanunu : Force est bien de reconnaître que oui. Israël est un cas d’école. Comment un petit pays peut-il défier le monde entier et poursuivre une politique agressive, sans le moins du monde se préoccuper des autres ? Les Israéliens ont réussi à le faire, à l’époque, oui… Mais aujourd’hui, le monde a changé. La Guerre froide est terminée, le communisme est défait, le monde s’oriente vers la paix : on le voit, des armes nucléaires n’aideront Israël en rien. Maintenant qu’Israël doit montrer qu’il désire la paix, et de quelle manière il entend y contribuer, pour ce pays, de quelle utilité pourraient bien être des armes nucléaires ? La politique nucléaire israélienne était possible, dans le contexte de la Guerre froide. Mais aujourd’hui, nous devons obtenir d’Israël qu’il adopte une nouvelle politique, qu’il démontre au monde entier qu’il veut la paix et qu’il reconnaisse qu’il n’a nul besoin d’armes atomiques.
Silvia Cattori : Dans les années cinquante, Israël disposait déjà d’un armement considérable. Quelle raison avait-il alors de se doter de l’arme nucléaire ?
Mordechaï Vanunu : Un pays aussi petit qu’Israël n’a aucune raison valable de détenir un nombre aussi énorme d’armes atomiques. C’est un peu comme si le programme d’armement nucléaire d’Israël lui était monté à la tête. On ne peut en aucun cas utiliser d’arme atomique dans la région : toute bombe atomique qui serait utilisée contre la Syrie, l’Égypte ou la Jordanie aurait des effets radioactifs et rendrait la vie impossible en Israël également. Toute bombe endommagerait Israël même. Jusqu’ici, les Israéliens n’ont pas même le droit de discuter de cette question entre eux. Néanmoins, ce problème occupe tous les esprits. Nous attendons la réponse d’Israël sur cette question.
Silvia Cattori : Pour Israël, ne s’agit-il pas d’une arme qui lui permet de maintenir le statu quo ? D’un instrument de chantage politique ? Pour pouvoir discuter d’égal à égal avec les grands – États-Unis en tête – et ne rien concéder aux Arabes, qu’Israël a spoliés et qui sont faibles militairement ?
Mordechaï Vanunu : Oui. C’est tout à fait cela. Israël utilise la puissance des armes nucléaires afin d’asséner ses politiques. Israël a beaucoup de pouvoir, il écrase l’ensemble de ses voisins de son arrogance. Les États-Unis – même eux ! – ne sont pas en mesure de dire aux Israéliens ce qu’ils doivent faire. Aujourd’hui, l’Europe voit à quel point Israël est puissant. Même sans utiliser la bombe atomique, même sans brandir la menace qu’ils le feraient, les Israéliens peuvent imposer leur pouvoir, ils peuvent faire absolument tout ce qu’ils veulent : ils peuvent ériger leur muraille, ils peuvent édifier des colonies en Palestine…, personne n’est en mesure de leur dire qu’ils n’ont pas le droit de le faire, parce qu’ils sont extrêmement puissants.
C’est là le résultat de leur utilisation des armes atomiques à des fins de chantage politique. Ils peuvent utiliser des bombes atomiques contre tout pays qui voudrait stopper leur politique agressive à l’encontre des Palestiniens. Telle est la situation, aujourd’hui. Le monde entier le sait, tout le monde le sait. Et il y une autre raison, pour laquelle ni les États-Unis ni l’Europe ne font strictement rien : c’est qu’ils savent à quel point Israël est puissant. Par conséquent, la meilleure manière de contrer Israël consiste à faire savoir la vérité au monde et à étudier ce qui s’y passe, dans le domaine de l’armement atomique, jusqu’à ce qu’il y renonce.
Silvia Cattori : Israël a-t-il envisagé de recourir à l’arme nucléaire contre ses voisins arabes, en 1973 ?
Mordechaï Vanunu : Oui. En 1973, Israël était prêt à utiliser des armes atomiques contre la Syrie. Et contre l’Égypte.
Silvia Cattori : Pour avoir révélé un secret d’État, vous avez énormément souffert. Finalement ; pour quel résultat ?
Mordechaï Vanunu : Tout d’abord, le monde a maintenant la preuve qu’Israël possède des armes atomiques. Personne, désormais, ne peut plus ignorer la vérité en ce qui concerne le projet nucléaire d’Israël. Après ça, Israël s’est trouvé dans l’impossibilité totale d’avoir recours à ces armes. Un autre résultat de mon action, c’est le fait que le monde a pris conscience de ce que ce petit État juif a fait, dans le plus grand secret. Et le monde a découvert, aussi, sur quels mensonges et sur quelle désinformation cet État a été édifié. Le fait de savoir qu’un si petit pays ait été capable de fabriquer secrètement deux cents bombes atomiques a contribué à alerter l’opinion publique mondiale sur son comportement. La peur qu’un autre petit pays puisse faire la même chose et fabriquer des armes atomiques a incité le monde à se mettre à réfléchir à la manière de stopper la prolifération nucléaire et d’empêcher Israël d’aider d’autres pays à utiliser ces armes, à l’avenir. Quand le monde a découvert ce qu’Israël a fait dans le plus grand secret, la peur de la prolifération nucléaire s’est manifestée. Le monde a pris conscience du pouvoir d’Israël et il a commencé à exercer des pressions sur ce pays afin de le contraindre à faire la paix avec les Palestiniens et avec le monde arabe. Israël n’avait plus aucune raison d’affirmer qu’il redoutait ses voisins arabes, dès lors qu’il disposait, depuis la fin des années cinquante, de suffisamment d’armes pour assurer sa sécurité.
Silvia Cattori : Pour quelles raisons Israël continue-t-il de vous persécuter ?
Mordechaï Vanunu : Ce que j’ai fait contrarie tellement toutes les attitudes politiques israéliennes ! Les Israéliens ont dû changer leurs plans. La politique nucléaire secrète d’Israël est l’œuvre de Shimon Pérès. Et voilà que cette politique consistant à fabriquer des armes atomiques clandestinement s’est effondrée ! À cause de cette révélation, Israël a dû emprunter une nouvelle direction, définir de nouveaux plans et ce à quoi nous assistons aujourd’hui est la conséquence de mes révélations. Ils ont dû inventer de nouvelles sortes d’armes. Aujourd’hui, ils construisent leur muraille, leurs check-points, leurs colonies et ils se sont arrangés pour rendre la société juive plus religieuse, plus nationaliste, plus raciste. Au lieu d’aller dans une autre direction, au lieu de comprendre qu’il n’y a pas d’autre solution que la paix, au lieu de reconnaître aux Palestiniens des droits égaux et de mettre un terme au conflit. Israël ne veut pas mettre fin au conflit. Ce qu’Israël veut, c’est continuer à construire sa muraille et ses colonies !…
Silvia Cattori : Vous avez accompli un véritable exploit !
Mordechaï Vanunu : En tant qu’être humain, j’ai fait quelque chose pour la sécurité et le respect de l’humanité. Tout pays a le devoir de nous respecter, tous, en tant qu’êtres humains, quelle que soit notre religion, que l’on soit juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes… Israël a un gros problème : ce pays ne respecte pas les êtres humains. Ce que ce pays a pu faire, parce qu’il ne considère pas les autres humains comme des égaux, est absolument terrible. Le résultat est dévastateur, pour l’image d’Israël ; l’État d’Israël n’est en aucun cas une démocratie. L’État juif est raciste. Le monde devrait savoir qu’Israël met en pratique une politique d’apartheid : si vous êtes juif, vous avez le droit d’aller où vous voulez et de faire ce que bon vous semble ; si vous n’êtes pas juif, vous n’avez aucun droit. Ce racisme est le véritable problème auquel Israël est confronté. Israël est bien incapable de prouver qu’il est une démocratie. Personne ne peut accepter cet État raciste ; ni les États-Unis, ni les pays européens. Les armes nucléaires israéliennes, ils pourraient, à la rigueur, les accepter… Mais comment pourraient-ils justifier cet État d’apartheid fasciste ?
Silvia Cattori : Vous semblez refuser de reconnaître la légitimité de cet État ?
Mordechaï Vanunu : Bien sûr. C’est ce que j’ai dit, à ma sortie de prison : nous ne devons pas accepter cet État juif. L’État juif d’Israël est le contraire de la démocratie ; nous avons besoin d’un État pour tous ses citoyens, sans égard pour leurs croyances religieuses. La solution, c’est un État unique, pour tous ses habitants, de toutes les religions, comme c’est le cas dans des démocraties comme la France ou la Suisse, et non pas seulement un État pour les juifs. Un État juif n’a absolument aucune raison d’être. Les juifs n’ont pas besoin d’un régime fondamentaliste comme celui qui règne en Iran. Les gens ont besoin d’une véritable démocratie, qui respecte les êtres humains. Aujourd’hui, dans la région du Moyen-Orient, nous avons deux États fondamentalistes : l’Iran, et Israël. Mais Israël est très en avance, en matière de fondamentalisme, même sur l’Iran !…
Silvia Cattori : À vos yeux, Israël est-il donc une plus grande menace que l’Iran ?…
Mordechaï Vanunu : Bien entendu : nous savons ce que les Israéliens font subir au peuple palestinien, depuis plus de cinquante ans ! Il est grand temps, pour le monde, de s’en souvenir et de se préoccuper de l’holocauste palestinien. Les Palestiniens ont tellement souffert, et depuis tellement longtemps, à cause de toute cette oppression ! Les juifs ne les respectent absolument pas, ils ne les considèrent pas comme des êtres humains ; ils ne leur accordent aucun droit, et ils continuent à les persécuter, à mettre en danger la vie présente des Palestiniens, et par conséquent leur propre avenir, aussi.
Silvia Cattori : Que dites vous à mon pays, la Suisse, qui est dépositaire des Conventions de Genève ?
Mordechaï Vanunu : La Suisse devrait condamner très clairement et à haute voix la politique raciste d’Israël, c’est-à-dire toutes les violations des droits des Palestiniens, tant musulmans que chrétiens. Tous les pays doivent exiger du gouvernement israélien qu’il respecte les non-juifs, en tant qu’êtres humains. De fait, je n’ai pas le droit de vous parler, je ne suis pas autorisé à parler à des étrangers ; si je m’exprime quand même, c’est à mes risque et périls. Israël a utilisé des dédommagements de l’Holocauste pour fabriquer des armes, pour détruire des maisons et des biens palestiniens. Je serai très satisfait si votre pays me donne un passeport et m’aide à quitter ce pays, Israël. La vie est très dure, ici. Si vous êtes juif, vous n’avez aucun problème ; si vous ne l’êtes pas [ou plus], on vous traite sans le moindre respect.
Silvia Cattori
(*) Entretien réalisé en anglais par Silvia Cattori, en octobre 2005. Traduction : Marcel Charbonnier
[2] Né le 13 octobre 1954 Vanunu commence à travailler à Dimona en 1977. Après ses révélations en 1986 il est kidnappé par des agents du Mossad. Condamné à 18 ans de prison (en 1988) il sort de prison en 2004
Ayant refusé toute mesure de clémence
ou de grâce, Louise Michel ne rentra en France qu’en 1880, après une loi
d’amnistie complète pour tous les Communards. Son exil lointain dura sept ans. À
l’occasion de la diffusion de son téléfilm sur Louise Michel en 2009, Solveig
Anspach déclara : « J’ai l’impression que la Commune et Louise Michel résonnent
très fort aujourd’hui. Elle dit des choses qui font écho à ce que vivent
aujourd’hui les gens au quotidien, pas seulement les femmes, mais les gens dans
la misère, les ouvriers, les travailleurs ou les sans-papiers. ».
Ici l’hiver n’a pas de prise, Ici les bois sont toujours
verts ; De l’Océan, la fraîche brise Souffle sur
les mornes déserts, Et si profond est le silence Que l’insecte qui se balance Trouble seul le calme
des airs.
Le soir, sur ces lointaines plages, S’élève parfois un doux
chant : Ce sont de pauvres coquillages Qui le
murmurent en s’ouvrant. Dans la forêt, les lauriers-roses, Les fleurs nouvellement écloses Frissonnent d’amour
sous le vent.
Viens en sauveur, léger navire, Hisser le captif à ton
bord ! Ici, dans les fers il expire : Le bagne
est pire que la mort. En nos coeurs survit l’espérance, Et si nous revoyons la France, Ce sera pour
combattre encor !
Voici la lutte universelle : Dans l’air plane la Liberté ! A la bataille nous appelle La clameur du
déshérité !... ... L’aurore a chassé l’ombre épaisse, Et le Monde nouveau se dresse A l’horizon
ensanglanté !