mardi 18 septembre 2012

Nous sommes Women Against Rape et Nous ne voulons pas que Julian Assange soit extradé (The Guardian)....Et ceux qui soutiennent son extradition vers la Suède se préoccupent-ils du risque qu’il soit extradé ensuite vers les Etats-Unis et torturé pour avoir révélé au grand public ce que nous avons besoin de savoir sur ceux qui nous gouvernent ?

....Qu’Assange soit coupable ou non de violence sexuelle, nous ne croyons pas que ce soit la véritable raison des poursuites engagées contre lui. Une fois de plus, la colère et la frustration des femmes devant le nombre de viols et autres violences sexuelles sont instrumentalisées par les pouvoirs politiques. Les autorités se préoccupent si peu des violences contre les femmes qu’elles manipulent les accusations de viol comme bon leur semble, généralement pour renforcer leurs pouvoirs, et dans le cas présent pour faciliter l’extradition d’Assange ou même sa restitution aux Etats-Unis....

Depuis des décennies, nous menons des campagnes pour que les violeurs soient arrêtés, inculpés et condamnés. Mais la poursuite d’Assange est politique.
Lorsque Julian Assange a été arrêté, nous avons été frappées par le zèle inhabituel avec lequel il a été poursuivi pour des allégations de viol.
A présent, il paraît encore plus évident les allégations ne sont qu’un écran de fumée derrière lequel un certain nombre de gouvernements tentent de sévir contre Wikileaks pour avoir audacieusement révélé au grand public leurs plans secrets de guerres et d’occupations et toutes les conséquences en matière de viols, d’assassinats et de destructions.
La justice pour un homme accusé de viol ne constitue pas un déni de justice pour ses accusatrices. Mais dans cette affaire, la justice est refusée à la fois aux accusatrices et à l’accusé.
La procédure judiciaire a été viciée. D’une part, les noms des femmes ont circulé sur Internet ; elles ont été calomniées, accusées d’organiser un piège et ont vu leurs accusations rejetées comme n’étant « pas un vrai viol ». D’autre part, Assange est traité par la plupart des médias comme s’il était coupable bien qu’il n’ait même pas été inculpé. Ce n’est pas à nous de décider si les allégations sont vraies ou fausses ni si les faits relèvent du viol ou de violence sexuelle – nous n’avons pas tous les éléments en main et tout ce qui a été dit jusqu’à présent est loin d’être probant. Mais nous savons que le droit des victimes de viol à l’anonymat et le droit des accusés à la présomption d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie sont tous deux indispensables pour un procès équitable.
Les tribunaux suédois et britanniques sont responsables de la façon dont les accusations des femmes ont été traitées. Comme dans chaque affaire de viol, ce ne sont pas les femmes qui sont en charge de la procédure, mais les autorités.
Qu’Assange soit coupable ou non de violence sexuelle, nous ne croyons pas que ce soit la véritable raison des poursuites engagées contre lui. Une fois de plus, la colère et la frustration des femmes devant le nombre de viols et autres violences sexuelles sont instrumentalisées par les pouvoirs politiques. Les autorités se préoccupent si peu des violences contre les femmes qu’elles manipulent les accusations de viol comme bon leur semble, généralement pour renforcer leurs pouvoirs, et dans le cas présent pour faciliter l’extradition d’Assange ou même sa restitution aux Etats-Unis. Que les Etats-Unis n’aient pas encore présenté de demande pour son extradition à ce stade de l’affaire n’est pas une garantie qu’ils ne le feront pas une fois qu’il sera en Suède ni qu’il ne sera pas torturé comme Bradley Manning ou de nombreux autres, femmes et hommes. Women Against Rape ne peut pas ignorer cette menace.
En plus de trente années de travail auprès de milliers de victimes de viol qui cherchent asile en raison de viols et autres formes de torture, nous nous sommes heurtées à l’obstruction systématique des gouvernements britanniques. A maintes reprises, ils ont accusé les femmes de mentir et les ont déportées sans se préoccuper de leur sécurité. Nous travaillons actuellement avec trois femmes qui ont été à nouveau violées après avoir été déportées – l’une d’elles est maintenant dans la misère, se battant pour survivre avec l’enfant né de son viol ; une autre a réussi à revenir en Grande-Bretagne et a gagné le droit de rester et une troisième a obtenu une indemnisation financière.
Assange a fait clairement savoir pendant des mois qu’il acceptait d’être interrogé par les autorités suédoises, en Angleterre ou via Skype. Pourquoi refusent-elles cette étape essentielle pour leur enquête ? De quoi ont-elles peur ?
En 1998, le dictateur chilien Augusto Pinochet a été arrêté à Londres suite à une demande d’extradition de l’Espagne. Sa responsabilité dans les meurtres et les disparitions d’au moins 3000 personnes, et la torture de 30 000 personnes, incluant des viols et des abus sexuels de plus de 3000 femmes souvent en utilisant des chiens, ne fut jamais mis en cause. En dépit d’une longue procédure judiciaire et de manifestations quotidiennes devant le parlement par les réfugiés Chiliens, y compris les femmes qui ont été torturées sous Pinochet, le gouvernement britannique a failli à son obligation envers la Justice espagnole, et Pinochet a été autorisé à rentrer au Chili. Assange n’a même pas été inculpé ; et pourtant la détermination de l’extrader est bien plus grande qu’elle ne l’a été avec Pinochet. (Baltasar Garzón, dont la demande d’extradatiion de Pinochet fut rejetée, représente Assange). Et il y a aussi un passé historique en Suède (et en Grande-Bretagne) qui ont déjà extradé des demandeurs d’asile qui risquaient de subir la torture aux Etats-Unis.
Comme les femmes en Suède et partout ailleurs, nous voulons que les violeurs soient arrêtés, inculpés et condamnés. Nous menons des campagnes dans ce but depuis plus de 35 ans, avec des succès limités. Il nous arrive même de devoir mener campagne pour défendre des victimes de viols qu’on accuse de mentir et qui sont emprisonnées. Deux femmes qui ont rapporté des attaques visiblement violentes par des étrangers ont écopé de deux et trois années de prison.
Mais qui croit réellement que l’extradition d’Assange servira la cause des femmes ? Et ceux qui soutiennent son extradition vers la Suède se préoccupent-ils du risque qu’il soit extradé ensuite vers les Etats-Unis et torturé pour avoir révélé au grand public ce que nous avons besoin de savoir sur ceux qui nous gouvernent ?
Katrin Axelsson, Lisa Longstaff
Traduction par Romane de l’article “We are Women Against Rape but we do not want Julian Assange extradited” paru dans The Guardian le mardi 23 août 2012.
Source : http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/aug/23/women-ag...
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jeudi 13 septembre 2012

SYRIE : Un été à Damas : la conjuration du "printemps arabe"...Qu’en est-il au juste de ces révoltes – « révolutions » – et insurrections dévoyées qui ont secoué les pays arabes des régions du Maghreb et du Machrek entre les années 2010 et 2012 ?

...Les prolétaires arabes et leurs alliés, ainsi que les prolétaires du monde entier et leurs alliés, doivent éradiquer l’impérialisme et la classe capitaliste monopoliste s’ils souhaitent simplement survivre comme espèce...
Les revendications légitimes de tous les peuples arabes et de toutes les minorités ethno-religieuses régionales, dans tout le sous-continent s’étendant du Maroc à l’Iran en passant par le Bahreïn, le Yémen, l’Égypte, le Liban, la Palestine occupée et la Syrie sont pourtant identiques : du pain, de l’eau, des logements, du travail, l’éducation des enfants, des soins pour les grands-parents et des conditions de vie humaines sans vilaines guerres « humanitaires » meurtrières. Bref, la satisfaction des conditions sociales de reproduction élargie de l’espèce humaine, ce que le système impérialiste moribond ne peut plus assurer et qu’il met en péril d’un point de vue simplement biologique et écologique....

Analyser le mouvement historique qui bouleverse depuis deux ans cette civilisation millénaire c’est comme d’étudier un organisme vivant – complexe – aux organes innombrables et aux fonctions multiples, inter reliées et interdépendantes. Une crise de croissance d’aussi grande ampleur ne peut être la résultante d’un seul facteur, d’un seul vecteur, ni ne peut provoquer une simple éviction immunitaire. Les variables qui orientent le « Printemps arabe » sont nombreuses et les conséquences multiples.
La civilisation arabe

Analyser le mouvement historique qui bouleverse depuis deux ans cette civilisation millénaire c’est comme d’étudier un organisme vivant – complexe – aux organes innombrables et aux fonctions multiples, inter reliées et interdépendantes. Une crise de croissance d’aussi grande ampleur ne peut être la résultante d’un seul facteur, d’un seul vecteur, ni ne peut provoquer une simple éviction immunitaire. Les variables qui orientent le « Printemps arabe » sont nombreuses et les conséquences multiples.
Qu’en est-il au juste de ces révoltes – « révolutions » – et insurrections dévoyées qui ont secoué les pays arabes des régions du Maghreb et du Machrek entre les années 2010 et 2012 ?
Le « Printemps arabe » ne s’est pas transformé en « Hiver salafiste » par mimétisme ou par atavisme. Aux forces sociales actives au sein des différentes sociétés nationales – ethniques – religieuses – tribales – néocoloniales peuplant ce sous-continent on imposa tout un processus de maturation, d’adaptation, de réaction et de récupération pour maintenir en place, sous une façade caméléon, la structure sociale antique-tétanisée correspondant au développement des forces productives capitalistes sous sujétion néocoloniales et aux rapports sociaux dégénérés qui perdurent dans ces différents pays sous-développés-dominés soumis aux puissances impérialistes (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, Russie, Chine).
Comme l’écrit cyniquement un agent secret français, porte-faix en partie responsable de cet état de fait : « Il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d’opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté (sic) allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d’un Internet auquel n’a accès qu’une infime minorité de privilégiés de ces sociétés. » (1).
Mais le « Printemps arabe » était-il une quête de démocratie électoraliste bourgeoise – une poursuite du crétinisme parlementaire ? De l’immolation désespérée d’un étudiant à Sidi Bouzid (17.12.2010) à la guerre mercenaire d’invasion de l’OTAN contre Damas et Alep (15.07.2012), l’organisme social appelé « Civilisation arabe » a été gros d’une révolution que les pétro-monarchies théocratiques du Golfe, assistées par leurs complices opportunistes, socialistes et chrétiens-démocrates, et autres intégristes fascistes turques, jordaniens, israéliens, libanais ; sous la houlette de leurs puissances impérialistes de tutelle, sont parvenues à contrer pour forcer l’accouchement d’un bébé mort-né – contraint de « voter pour choisir son potiche » – exterminant de ce fait – pensaient-elles ces puissances de tutelles – tout espoir de libération économique, politique et sociologique véritable des sociétés arabes.
Les puissances impérialistes de tutelle se trompaient cependant, car le mouvement social arabe (subsumant toutes disputes ethno-religieuses et claniques) trouve sa source directement dans les conditions économiques misérables des peuples de ces pays exsangues où se côtoient la misère dégradante, la famine humiliante, le bidonville crasseux, l’analphabétisme déprimant, le chômage endémique, le désœuvrement dépravant, le patriarcat rétrograde, l’impossibilité même pour les nouvelles générations de simplement s’accoupler pour se perpétuer biologiquement et sociologiquement.

Quand un peuple n’a plus rien à perdre

La source profonde de toutes ces révoltes arabes réside dans le désespoir qui porte tout naturellement la jeunesse puis le peuple tout entier à s’indigner, protester, quémander d’abord, puis à la fin exiger, non pas un bulletin de vote comme Hilary Clinton l’a insidieusement susurré, mais du pain, de l’eau, un logement et un avenir à partager pour en doter ses enfants.
Les contradictions insolubles et inéluctables du développement impérialiste mondial n’offrent aucun espoir aux prolétariats des pays dominants où la société de consommation des Trente Glorieuses commence à ressembler à un spectre évanescent – il n’y a que les « bobos » pour ne pas avoir remarqué que la crise économique récurrente détruit les fondements même de leur prospérité déclinante. Comment le développement capitaliste anarchique pourrait-il offrir un avenir aux prolétaires et aux travailleurs des pays arabes dominés-néo-colonisés ? Les révoltes arabes marquent la résurgence de ces mouvements de fond profonds qui bouleversent le monde impérialiste présent, tous continents confondus. Il est fort compréhensible que le maillon « arabe » faible de la chaîne d’oppression et de gouvernance impérialiste mondiale secoue le joug en avance.
N’ayez crainte cependant, en Europe, en Amérique, en Chine, en Inde et en Afrique les relais révolutionnaires s’accumulent et de grands cataclysmes sociaux se préparent. Regardez ce monde décadent trembler sur ses bases, terrifiant les possédants qui songent par instant à une guerre d’épuration raciale afin de trancher leurs différends, se repartager les marchés, les ressources minières, la biomasse, l’énergie et surtout les sources de plus-value pour davantage de profits et la reproduction élargie de leur système d’exploitation décadent.
Les révolutionnaires véritables seront-ils assez perspicaces et empressés pour préparer adéquatement leur « Printemps mondial » ? Saurons-nous anticiper le prochain épisode inéluctable de cette saga larvée afin de l’aider à survenir et à désintégrer ces sociétés paralysées ? Si nous faisons défaut d’orientation et d’organisation, nous nous condamnons à réécrire ce qui a déjà été écrit, convenu, vécu et perdu. La révolution empêchera leur guerre mondiale ou leur guerre universelle entraînera la révolution, c’est la seule solution.

Revendications légitimes insatisfaites

Les revendications légitimes de tous les peuples arabes et de toutes les minorités ethno-religieuses régionales, dans tout le sous-continent s’étendant du Maroc à l’Iran en passant par le Bahreïn, le Yémen, l’Égypte, le Liban, la Palestine occupée et la Syrie sont pourtant identiques : du pain, de l’eau, des logements, du travail, l’éducation des enfants, des soins pour les grands-parents et des conditions de vie humaines sans vilaines guerres « humanitaires » meurtrières. Bref, la satisfaction des conditions sociales de reproduction élargie de l’espèce humaine, ce que le système impérialiste moribond ne peut plus assurer et qu’il met en péril d’un point de vue simplement biologique et écologique. Les prolétaires arabes et leurs alliés, ainsi que les prolétaires du monde entier et leurs alliés, doivent éradiquer l’impérialisme et la classe capitaliste monopoliste s’ils souhaitent simplement survivre comme espèce.
La réponse des potentats arabes locaux a été partout la même : réprimer, matraquer, blesser, emprisonner, torturer et tuer sans vergogne, parfois, comme en Syrie, au motif avéré que l’opposition n’est qu’un ramassis de mercenaires assassins, criminels de guerre et terroristes soutenus par l’OTAN et exfiltrés de certains pays de « démocratures » (dictatures sorties des urnes par la magie des pétrodollars qataris et saoudiens). La voilà leur démocratie compradore adoubée par leurs maîtres dégénérés.

L’effroyable guerre de Syrie

La guerre de Syrie marque pourtant un tournant terrifiant. Depuis l’effondrement du social-impérialisme-soviétique en 1989, c’est la première guerre d’agression d’un peuple où les deux blocs impérialistes dominants s’affrontent indirectement pour le contrôle hégémonique d’un territoire déterminé et pour se jauger avant de se mesurer directement. Pour la première fois la Russie et ses alliés, l’Iran et l’Alliance de Shanghai tiennent tête à l’OTAN, aux américano-européens et à leurs sous-fifres du Golfe persique et du reliquat Ottoman.
Du résultat de cet affrontement inter-impérialiste dépend la suite des guerres d’agressions néocoloniales impérialistes. L’Iran et le Pakistan seront-ils les suivants, ou l’OTAN devra-t-elle revoir ses plans pour le réaménagement du Grand Moyen-Orient ? Cette question sera tranchée à Damas d’ici la fin de l’été (2). Ce que l’analyste Georges Stanechy a ainsi décrit : « Mis en perspective géopolitique, les vetos Russe et Chinois, contre l’invasion de la Syrie par les forces occidentales, n’ont donc rien à voir avec le maintien d’une base navale ou d’un marché quelconque pour leur commerce extérieur. C’est un coup de semonce à l’encontre d’une utopie géopolitique que la nomenklatura de l’Empire (Étatsunien NDLR), imbibée de mégalomanie, se refuse à entendre. » (3).
En tous lieux sur la terre arabe, incluant les zones ethnico-religieuses minoritaires et la terre palestinienne occupée-colonisée (l’appartenance religieuse étant dans ces pays sous-industrialisés et économiquement atrophiés un facteur identitaire retardataire), les puissances impérialistes mondiales ont joué leur va-tout déterminant au milieu de la tourmente, imposant ici un changement de la garde (Égypte-Tunisie-Yémen) ; requérant là des aménagements constitutionnels « démocratiques bourgeois démagogiques » ; montant parfois le chapiteau de la mascarade électorale propre à rasséréner les guignols-des-« in-faux » occidentaux ; s’en remettant souvent aux partis politiques intégristes salafistes-wahhabites-Frères musulmans – qui furent si longtemps gardés en réserve de la dictature républicaine – derniers remparts pour mâter la légitime vindicte populaire et ouvrière.
Washington, Paris, Berlin, Londres, Moscou et Pékin savent bien qu’il sera toujours possible de mettre fin à ces foucades électorales si jamais la situation se corsait ; ou de faire reprendre ad nauseam le vote aux insoumis ; ou alors qu’il sera toujours temps de rappeler l’armée aux commandes – cet État dans l’État, ce contre-pouvoir omnipotent – dans cette arabesque de néo-colonies spoliées.

Gauchistes et opportunistes pataugent dans le marécage électoral

Malheureusement, le passé et le présent de ces insurrections populaires larvées ont été écrits dans le sang versé par les forces révolutionnaires authentiques, qui partout dans ces pays de guerre ont été, par les années passées, systématiquement et soigneusement exterminées – éradiquées. Les groupuscules opportunistes, les malfrats révisionnistes et les pseudos socialistes ayant survécu aux razzias fascistes se sont récemment précipités vers les urnes, heureux d’embrasser ces autels de conspiration ouverts à leurs supplications serviles : « Nous obtiendrons bien quelques strapontins d’arrière banc législatifs », gémissent-ils tous en chœur trouvant là réconfort à poursuivre leur collaboration de classe dans l’indignité et la servilité consacrée.

Les tâches qui s’imposent

La tâche des véritables révolutionnaires arabes qui souhaitent changer l’ordre social existant et sortir définitivement leur classe sociale, leur peuple et leur nation de l’oppression néocoloniale impériale qui écrase ouvriers, paysans, étudiants, artisans, employés, fonctionnaires et leurs frères, est pourtant toute tracée.
Il leur faut patiemment et clandestinement reconstruire la solution de remplacement révolutionnaire qui s’est tapie sous le manteau de l’écheveau complexe des rapports inter-ethnico-religieux. L’ouvrier arabe, palestinien, druze, alaouite, chrétien, copte, sunnite et chiite est d’abord par sa praxis économique – comme instrument de la machine de production capitaliste – par son activité communautaire journalière – comme résident de son quartier de pauvreté – par sa pratique sociale quotidienne – comme aliéné un prolétaire exploité qui n’a que ses chaînes à perdre et tout un monde à conquérir. La liberté sociale de classe, désaliénée, n’est pas un slogan ou une marque de commerce et elle ne sera jamais l’aboutissement des urnes et des isoloirs ; c’est un objectif collectif radical que le prolétariat arabe devra conquérir par la lutte insurrectionnelle de classe.
Sans un parti révolutionnaire clandestin muni d’une conscience prolétaire et d’une science militaire dirigeant vigoureusement l’armée des enragés de ces pays arabes avancés (du point de vue de la praxis révolutionnaire du moins), alors ces peuples, ces ouvriers, sont condamnés à réécrire toujours semblable l’histoire de leurs espoirs asphyxiés (4). Le prolétariat arabe d’avant-garde a le devoir internationaliste de se poser en modèle révolutionnaire pour les prolétariats grecs, espagnols, italiens, britanniques, turcs, israéliens, français et américains.
Robert BIBEAU
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mercredi 12 septembre 2012

Misèreux de nos jours, misèreux de toujours...au pied du podium, tout un peuple se bat ne serait-ce que pour monter d’une marche.

...Les miséreux sont les premiers à lutter contre la misère, coincés dans les rouages et les engrenages d’une société mal huilée. Ils sont au front, comme un soldat à la guerre sans fusil. Ce sont des résistants avec comme seule arme leur courage. Et engagés dans la société, ils le sont, pour preuve la solidarité mutuelle dont ils font preuve, et sans laquelle ils ne pourraient pas survivre.....

Aujourd’hui encore, j’entends, comme me le faisait découvrir mon professeur de collège en m’apprenant la révolution française, les trois classes sociales universelles dans lesquelles la population, non seulement d’un état mais du monde, se retrouve. Donc, comme nous l’expliquent dans leur livre les Pinçonc-Charlot, selon Bernard Gensane, dans un article du Grand Soir paru le 9 septembre 2012 : « (...) le monde est divisé en trois classes : un prolétariat qui subit des formes d’exploitations de plus en plus brutales, des classes moyennes, précarisées, divisées et déboussolées par la prétendue « crise », et la classe dominante, celle qui a gagné – comme disait Warren Buffet – la « guerre » des classes parce qu’elle est solidaire, organisée (...) »
Fort malheureusement, subsiste une quatrième classe sociale... celle qu’on ne voit pas, pourrait dire un peu trop radicalement Sartre. Une quatrième étiquette... que même ceux qui en font parti ne pourraient pas compléter, parce que beaucoup d’entre eux ne savent pas écrire. Une quatrième catégorie : le sous-prolétariat, autrement dit le quart-monde, qui souvent vit la misère de génération en génération. Bref, toutes ces personnes et familles appelés plus couramment les marginaux.
Si le prolétariat subit des formes d’exploitations de plus en plus brutales, que dire du sous-prolétariat : il est loin d’être exploité, il est souvent ignoré. Car il est convenu, eux-mêmes le croient à force de se l’entendre dire, que ce qui leur arrive est de leur faute...
Ignorons donc ces asociaux ! Ne parlons pas d’eux ! Tout ce que je ne vais pas faire, quitte à prendre la parole à leur place, ce qui n’est pas très démocratique je vous l’accorde.
Finissons-en avec « les marginaux », avec ce terme. Vécue de génération en génération, il est évident que la misère désocialise bien plus qu’elle ne rend marginale. Le quart-monde est un peuple dont nous avons honte... à qui nous jetons la pierre... parce qu’à vrai dire, il nous fait bien des misères ce peuple d’indigents : il dévoile le véritable visage de notre société élitiste.
Bien que le terme de « quart-monde » fut employé la première fois par Joseph Wrésinski, fondateur d’ATD Quart Monde en 1956 avec des familles d’un bidonville de Noisy le Grand, ce n’est pas vraiment sa trouvaille. En 1789, Dufourny de Villier écrivait "Les cahiers du quatrième ordre." ( http://humanities.uchicago.edu/images/cahier/contents.html ) Cette année-là, un évènement extraordinaire, mais pas moins à la hauteur des Hommes pour autant, aurait pu... oui, aurait pu... changer vraiment le cours des choses... de notre vie ensemble, mais qui par malheur fut tronquer à cause d’un manque de concertation général. Car justement, comme le préconisait ce révolutionnaire de Dufourny, nous devons construire notre société à partir des très pauvres. À défaut de, nous les incluons (et encore), dans nos raisonnements pour le changement, mais sans leur reconnaître ni ce don de connaissance profonde qu’est l’exclusion sociale, que leur condition de miséreux leur offre... ni la légitimité de remettre en question une civilisation peu civilisée... car nous le répétons assez souvent : « C’est de leur faute si les marginaux en sont arrivés là où ils en sont ! » Et si nous tendons l’oreille un peu plus loin, l’écho de la voix de Saint-Pierre surgit des cieux : « Les pauvres ce n’est pas le Bon Dieu qui les a créé ! » Là où il est, Joseph Wrésinski doit le regarder dans les yeux avec un air sûr de lui : « La misère est l’oeuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire. »
Les miséreux sont les premiers à lutter contre la misère, coincés dans les rouages et les engrenages d’une société mal huilée. Ils sont au front, comme un soldat à la guerre sans fusil. Ce sont des résistants avec comme seule arme leur courage. Et engagés dans la société, ils le sont, pour preuve la solidarité mutuelle dont ils font preuve, et sans laquelle ils ne pourraient pas survivre.
Parmi nos nombreuses initiatives contre l’urgence quotidienne, avec de larges sourires pour que les bénéficiaires (tu parles d’un bénéfice) ne se sentent pas mal à l’aise, « Nous leur donnons des asiles. Nous leur donnons à manger. On les lave. Nous leur donnons tout ce qu’ils ont besoin », comme disait Balkany. D’un point de vu sarcastique, je dirais plutôt que c’est cultiver la misère. Et oui, « L’humanitaire est une bonne affaire » Monsieur Kouchner. Il y a de l’avenir dans l’initiative charitable : les miséreux y ont été hier... y vont aujourd’hui... et y retourneront demain.
Beaucoup de ces initiatives n’en sont plus, car de tous temps. Cette urgence quotidienne, n’en est plus une non plus... car par définition, l’urgence exige d’être réglé sans délai, et non remise du jour au lendemain. Alors, pour régler définitivement le problème, ne devons-nous pas arrêter, interdire même, les divers aides d’urgence et caritatives pendant plusieurs générations ? Ainsi les miséreux mourront, et il n’y aura plus de misère !
Mais non, le changement n’est pas pour maintenant ! Faudrait-il encore user nos réservoirs sans fond de bonne conscience.
Je ne mets pas tous les oeufs dans le même panier. Nombre de bénévoles, d’associations, d’ONG, voir même d’hommes politiques ou de fonctionnaires se battent, non pour l’intégration, mais pour l’intégrité des très pauvres. Souvent l’action culturelle permet, non seulement de redonner confiance en soi, mais de trouver les mots pour revendiquer ses Droits. Des Droits fondamentaux qu’ils ne savaient à peine exprimer ; par peur, par honte, tant les mots leur manquaient.
Bien-pensants du trio de tête des classes sociales, observons bien au pied du podium, tout un peuple se bat ne serait-ce que pour monter d’une marche. Quart-monde, miséreux, marginaux, asociaux, désocialisés, pouilleux... Faisons attention à ce que nous disons, soyons fair-play ; si ce n’est que pour le respect des vaincus. Pour le peu, bien-sûr, que nous arrêtons de les ignorer.
Fred Caude
URL de cet article 17693

CHILI - 11 Septembre 1973 : Salvador Allende, "président-martyr" du Chili, est renversé par un coup d'Etat

Salvador Allende, "président-martyr" du Chili, est renversé le 11 Septembre 1973 par un coup d'Etat organisé par un complot de la CIA s'appuyant sur l'armée aux ordres du général Pinochet. Bilan de la dictature : 2279 morts et disparus, 27.255 torturés, 150.000 prisonniers politiques. Ce sont les premiers pas du néolibéralisme.

VIDEO - LA DERNIERE INTERVENTION DE SALVADOR ALLENDE

mardi 11 septembre 2012

CHILI - 11 septembre 1973 - Mort d'Allende et répression sanglante - Une manoeuvre made in USA,SOUVENONS-NOUS ET N'OUBLIONS PAS !

IL Y A 46 ANS,COUP D'ETAT MILITAIRE AU CHILI,FORMENTE PAR LA CIA,CONTRE LE GOUVERNEMENT D'UNITE POPULAIRE.
SOUVENONS-NOUS ET N'OUBLIONS PAS !


Le 11 septembre 1973, le gouvernement socialiste du président Salvador Allende était brutalement renversé lors d'un coup d'État militaire mené par le général Augusto Pinochet. Ce jour-là, refusant toute reddition aux militaires putschistes, Salvador Allende, dernier représentant de la démocratie chilienne, trouvait la mort sous les assauts répétés de l'armée, lancée contre le palais présidentiel où, en compagnie de sa garde personnelle, le président a tenté de résister jusqu'à la fin. Les arrestations, la torture et les milliers d'assassinats qui suivirent la chute du gouvernement Allende firent de cette journée de septembre 1973 le début d'une série noire qui laissa, dans le cœur des Chiliens, une plaie qui peine à se refermer, aujourd'hui encore.

ALLENDE MEURT LES ARMES À LA MAIN

Retranché dans la Moneda, le palais présidentiel, le président chilien refuse toute offre d'asile. Il s'adresse une dernière fois à son peuple à la radio Magallanes et réaffirme son refus de céder. La Moneda est bombardée, puis prise d'assaut, et Salvador Allende tué d'une rafale de mitraillette. Le régime Pinochet parle alors d'un suicide. Beaucoup ont des doutes.

Le fil des événements

Tout a commencé la veille du 11 septembre 1973, quand des troupes d'infanterie de la marine chilienne, qui avaient passé la journée en mer en compagnie de bateaux américains, sont revenues au pays et ont coupé les communications dans la ville côtière de Valparaíso, où elles s'emparèrent de la ville. Tous les sympathisants du gouvernement Allende ont été emprisonnés sur des bateaux ancrés dans le port de la ville. L'armée, fidèle au général Augusto Pinochet, a gagné les villes du pays une à une sans rencontrer trop de résistance. Mais c'est à Santiago, capitale du pays, que tout devait se jouer.
Le 11 septembre au matin, le président Salvador Allende se retranche dans le palais présidentiel (la Moneda) en compagnie d'une quarantaine de soldats de la garde présidentielle. Ces hommes ont beau être bien armés et occuper une position forte, ils ne sont toutefois pas de taille contre les blindés et l'aviation de l'armée chilienne, désormais totalement sous le contrôle de Pinochet. Invité à se rendre et à fuir le pays par un vice-amiral de Pinochet, le président Allende refuse catégoriquement de céder le pays à la junte militaire. Quelques instants plus tard, le palais présidentiel est bombardé à la roquette par l'aviation chilienne. Puis les militaires donnent l'ordre aux blindés de prendre la Moneda. L'édifice est assiégé de toutes parts.
Deux heures plus tard, au terme d'une série d'attaques, le président Allende est retrouvé dans une pièce de la Moneda tué d'une rafale de mitraillette. Des versions contradictoires prétendront plus tard qu'il s'agissait d'un suicide tandis que d'autres prétendront qu'Allende aurait été tué par un commando de l'armée. À 14 h 40, le palais présidentiel est complètement investi par les troupes de Pinochet, qui devient, dès ce moment, maître absolu du pays.
Dans les semaines qui suivent le coup d'État, une véritable chasse aux sorcières est engagée par les militaires qui arrêtent, torturent et assassinent par centaines les sympathisants de Salvador Allende, les membres de la gauche et même de simples opposants à la dictature de Pinochet. En toute impunité et avec la bénédiction de Washington, la junte se « débarrassera » ainsi de plusieurs milliers de personnes afin de s'assurer que la gauche socialiste ne renaisse pas de ses cendres dans ce pays. Bien que, dans les années qui ont suivi, cette sanglante répression fut maintes fois dénoncée sur la scène internationale et que le régime fut l'objet de plusieurs sanctions internationales, la dictature fasciste du général Pinochet survivra à la tête de l'État chilien jusqu'en 1989.

Une manoeuvre made in USA

Commandité et soutenu par Washington par l'entremise de Henri Kissinger, directeur du Conseil de sécurité nationale, et de la CIA, ce coup d'État au Chili avait pour but premier d'éliminer le gouvernement socialiste d'Allende, premier et seul gouvernement de gauche à avoir vu le jour en Amérique latine à cette époque.

Craignant alors que les Soviétiques ne profitent de l'élection d'un gouvernement socialiste au Chili en 1970 pour installer un régime communiste dans le continent sud-américain, Henry Kissinger, John Mitchell et Richard Helms, du cabinet Nixon, avaient décidé d'agir secrètement avec la CIA pour tenter de renverser Salvador Allende et lui substituer un homme de droite fidèle aux principes de la doctrine américaine. Les principales ressources minières du pays comme le cuivre étant à l'époque contrôlées par des multinationales américaines, on craignait également aux États-Unis, avec la venue d'un président socialiste, la nationalisation de ces importantes ressources minières.


Choisis parmi les officiers de l'armée chilienne opposés à Allende, Augusto Pinochet et plusieurs autres officiers ont été commandités et soutenus en secret par Washington dans l'élaboration du coup d'État. Ne restait plus qu'à attendre le bon moment pour lancer l'opération. Les importantes grèves qui paralysèrent le pays à cette époque, dont celle des camionneurs en 1973, ont fourni aux militaires le climat politique et le prétexte qui leur manquaient pour lancer le renversement du gouvernement, entraînant les conséquences qu'on connaît.

lundi 10 septembre 2012

SYRIE : Quand l'ASL torture un citoyen - VIDEO extrêmement pénible à regarder. Mais ne doit-on pas avoir le courage de regarder la vérité en face ?

 Cette vidéo montrant les prétendus « combattants pour la liberté et la démocratie » – selon le vocabulaire de la presse internationale et des chefs d’État qui leur apportent un soutien financier et militaire – en train de torturer un citoyen syrien accusé d’être chiite et partisan de Bachar al-Assad.
Silvia Cattori
Source : Afrique Asie.fr