jeudi 30 août 2012

EGYPTE : Morsi est le premier civil à accéder à la magistrature suprême depuis le renversement de la monarchie par les Officiers libres en 1952....des militaires en coulisses et en poste

« Vous savez, le président dans ce pays, pour les 50 ans à venir, doit être un militaire. Les dirigeants de la guerre priment sur les autres », ainsi aurait confié l’ancien président Anouar Al-Sadate [président de 1970 à 1981] à l’écrivain Hassanein Heikal. Les militaires régnaient déjà depuis un quart de siècle sur le pays. Mais lors de cette conversation qui a eu lieu en 1975, Sadate faisait la distinction entre les militaires de Juillet 1952 et ceux d’Octobre 1973. Aussi aurait-il dit : « La génération de Juillet n’est plus adéquate et il est temps pour elle de remettre les rênes à la génération d’Octobre ».

En mettant à la retraite le ministre de la Défense, le maréchal Hussein Tantaoui, et le chef d’état-major, Sami Anan, le tout nouveau président Mohamad Morsi a mis fin au rôle de cette génération d’Octobre à qui Sadate avait remis les rênes. Morsi est, en effet, le premier civil à accéder à la magistrature suprême depuis le renversement de la monarchie par les Officiers libres en 1952, et il semble bien qu’il y ait eu des négociations entre la présidence et les militaires à propos de ces changements à la tête de l’armée.
Dans la foulée de la révolution qui a fait tomber Moubarak, successeur de Sadate, et tout au long des 18 mois de la transition, les Egyptiens révoltés scandaient « à bas le pouvoir militaire », appelant les militaires à remettre le pouvoir aux civils. Ces mots allaient au-delà d’une simple protestation contre une transition mal gérée. Ils donnent une description précise de la situation en Egypte depuis que l’armée est arrivée au pouvoir avec la révolution de Juillet. Une élite militaire qui n’est pas rentrée aux casernes comme le désirait le premier président Mohamad Naguib [1952-1954, présidence 1953-1954]. Au contraire, les Officiers libres et leurs héritiers se sont solidement implantés en occupant les postes les plus importants au sein de l’Etat. Et à chaque fois qu’un général partait à la retraite, il se voyait attribuer un poste dans un appareil administratif de l’Etat. La discussion que Sadate a eue avec Heikal s’achève par le choix de Hosni Moubarak comme vice-président. Durant les trois décennies que ce dernier passera à la tête de l’Etat, les militaires sont au premier rang des institutions étatiques, une stratégie.
Le remaniement initié par Morsi apparaît donc comme une décision historique, puisque pour la première fois, depuis la création de l’Etat égyptien moderne, des chefs militaires sont limogés par une autorité civile élue. C’est également la première fois que la légitimité des urnes prend le dessus sur la légitimité des victoires militaires. La légitimité de Naguib et Nasser [1954-1970] était le putsch de 1952, celle de Sadate était la guerre d’Octobre contre Israël [1973]. Quant à Moubarak, il a basé sa légitimité sur l’attaque aérienne qui a servi de couverture aux troupes égyptiennes pour traverser le Canal de Suez et dont il était l’architecte. Morsi, lui, tire sa légitimité de la volonté de la rue, des citoyens qui ont voté pour lui en mai dernier.
Le remaniement initié par Morsi au sein de l’armée a été pourtant vu comme une étape pour « frériser » le pays, c’est-à-dire renforcer la main des Frères musulmans dont il est issu. Les dirigeants militaires limogés n’ont pas été remplacés par des membres de la confrérie et ont d’ailleurs été honorés. Tantawi a reçu le très prestigieux Ordre du Nil qui lui vaut d’être traité comme un chef d’Etat, et Anan a reçu l’Insigne de la République. Les autres dirigeants remplacés se sont vu attribuer des postes importants au sein de l’administration comme celui de PDG de l’Organisme du Canal de Suez.
Ce changement à la tête de l’Etat, suivi d’un autre à la tête de l’armée, ne met pourtant pas fin au pouvoir des militaires.
Selon le professeur de sciences politiques, Rabab Al-Mahdi, « c’est vrai que l’institution militaire n’est plus à la tête de l’exécutif, mais cela ne signifie pas la fin de son rôle politique. Elle continue à jouer un rôle dans les coulisses ».
Et sur scène, ils sont déjà très présents dans l’administration et dans l’économie. Fait révélateur, 16 des 27 gouvernorats d’Egypte sont dirigés par des généraux ou colonels. Et 13 des 25 chefs de quartier du Caire sont des militaires sans compter les municipalités.
On les trouve dans des ministères comme l’Environnement et le Transport, dans les compagnies d’eau et de pétrole.
Les officiers à la retraite dirigent trois secteurs très importants, à savoir l’agriculture, l’urbanisation et le tourisme. Ils dirigent également des usines de pâte, d’huile et d’eau minérale. L’historien Mohamad Al-Gawadi parle d’un changement de rôle et non d’un rôle affaibli de l’armée, et base sa vision sur les activités économiques des forces armées qui restent d’ailleurs un tabou. Ces activités représenteraient entre 25 et 40 % de l’économie. On ne sait pas comment les décisions se rapportant aux projets d’investissement géants sont prises au sein de l’armée, combien coûtent ces projets et qui en récolte les bénéfices, car l’armée s’applique à dissimuler toutes les informations ayant trait à ses intérêts, ce qui fait d’elle un Etat dans l’Etat, surtout que ses activités échappent à tout contrôle de l’exécutif.
Il semble donc exagéré de parler de la fin des militaires, selon Seifeddine Abdel-Fattah, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire. « L’armée continuera à jouer un rôle politique et continuera aussi à soulever des questions », conclut-il.
Article publié dans Al-Ahram le 22 août 2012

Maria Alekhina des Pussy Riot : “Je n’ai pas peur de vous”...Le pouvoir en rougira, et pas qu’une fois, et il en aura honte. Chacune de ses étapes est la quintessence de l’arbitraire.


Après plus de six mois passés dans une cellule, j’ai compris que la prison, c’était la Russie en miniature. C’est la même verticale du pouvoir, où le règlement du moindre problème passe par la décision exclusive et directe du chef....
...Et je n’ai pas peur de vous. Je n’ai pas peur du mensonge, je n’ai pas peur de la fiction, je n’ai pas peur de cette mystification mal fagotée, je n’ai pas peur du verdict de ce soi-disant tribunal. Parce que vous ne pouvez me priver que d’une soi-disant liberté. C’est la seule qui existe sur le territoire de la Fédération de Russie. Ma liberté intérieure, personne ne pourra me l’enlever.Elle vit dans le verbe, elle continuera à vivre quand elle parlera grâce aux milliers de gens qui l’écouteront. Cette liberté continue dans chaque personne qui n’est pas indifférente et qui nous entendent dans ce pays.

Voici le texte écrit par Maria Alekhina une des Pussy Riot, lu à son procès par son avocate. Avec Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, elle a été condamnée à deux ans de prison. Les Inrockuptibles, solidaires des Pussy Riot.

Ce procès est exemplaire. Le pouvoir en rougira, et pas qu’une fois, et il en aura honte. Chacune de ses étapes est la quintessence de l’arbitraire. Comment notre démarche, à l’origine une action modeste et plutôt farfelue, s’est-elle muée en cet immense malheur ? Il est évident que, dans une société saine, ce serait impossible. La Russie, en tant qu’Etat, apparaît depuis longtemps comme un organisme rongé par la maladie. Et cet organisme réagit de manière maladive dès qu’on effleure l’un de ses abcès purulents. D’abord il passe longuement cette maladie sous silence. Ensuite, il trouve une solution en dialoguant. Et voici ce qu’il appelle un dialogue. Ce tribunal n’est pas simplement une mascarade grotesque et cruelle, il est le « visage » du dialogue tel qu’il se pratique dans notre pays. Au niveau social, pour aborder un problème par le dialogue, il faut une situation – une motivation. Ce qui est intéressant, c’est que notre situation a été, dès l’origine, dépersonnalisée.
Parce que, lorsque nous parlons de Poutine, ce n’est pas Vladimir Vladimirovitch Poutine que nous avons en vue ; c’est Poutine en tant que système créé par lui-même, cette verticale du pouvoir où pratiquement toute la gestion s’effectue à la main.
Et cette verticale ne prend pas en compte, ne prend absolument pas en compte, l’opinion des masses. Et, c’est ce qui m’inquiète le plus, l’opinion des jeunes générations. Et cela dans tous les domaines.
Dans ce dernier mot, je veux dire ma propre expérience, ma propre confrontation avec ce système. L’éducation, là où commence la formation de la personne sociale, ignore ce qui constitue cette personne. Mépris de l’individu, mépris de l’éducation culturelle, philosophique, mépris des connaissances élémentaires qui font une société civile. Officiellement, toutes ces matières sont au programme. Mais elles sont enseignées sur le modèle soviétique. Résultat : la marginalisation de la culture dans l’esprit de chaque individu, la marginalisation de la réflexion philosophique, et le sexisme érigé en stéréotype. L’homme-citoyen est un idéal balancé au fond du placard.
Toutes les institutions en charge aujourd’hui de l’éducation s’efforcent avant tout d’inculquer aux enfants les principes d’une existence automatique. Sans tenir compte de leur âge et des questions propres à cet âge. Elles inoculent la cruauté et le rejet de toute idée non conformiste. Dès l’enfance, l’homme doit oublier sa liberté.
J’ai une certaine expérience de l’hôpital de jour psychiatrique pour les mineurs. Je peux affirmer que tout adolescent qui, de manière plus ou moins active, fait preuve d’anticonformisme peut être aussitôt interné. Dans ces établissements échouent nombre d’enfants qui viennent d’orphelinats. Oui, dans notre pays, il est normal de placer en hôpital psychiatrique un enfant qui a voulu fuir l’orphelinat. Et de lui administrer des tranquillisants comme l’aminazine, qui était utilisée dans les années 70 pour mater les dissidents soviétiques.
Dans ces établissements, c’est la répression qui est privilégiée et non l’accompagnement psychologique. Le système est basé exclusivement sur la peur et sur la soumission inconditionnelle. Ces enfants deviennent inévitablement des enfants cruels. Beaucoup d’entre eux sont illettrés. Et personne ne fait quoi que ce soit pour y remédier. Bien au contraire. Tout est fait pour briser, tout est fait pour étouffer la moindre aspiration, le moindre désir de progresser. Ici, l’être humain doit se fermer et perdre toute confiance dans le monde.
Voilà ce que je veux dire : une telle conception de l’homme interdit la prise de conscience des libertés individuelles, y compris religieuses, et cela touche toute la population. La conséquence de ce processus, c’est la résignation ontologique, c’est-à-dire la résignation ontique socialisée. Ce passage, ou plutôt cette fracture, est remarquable en ceci que, si on l’examine dans un contexte chrétien, on s’aperçoit que les significations et les symboles se substituent en significations et en symboles exactement inverses. Ainsi, aujourd’hui, la résignation, qui est l’une des catégories essentielles du christianisme, est entendue ontologiquement non plus comme moyen de purifier, d’affermir et de conduire à la libération définitive de l’homme mais, au contraire, comme moyen de l’asservir. On peut dire, en citant Nikolai Berdiaiev : « L’ontologie de la résignation — c’est l’ontologie des esclaves de Dieu, non des enfants de Dieu. »
En ce qui me concerne, c’est quand je me suis lancée dans la lutte écologique pour la forêt de Krasnodar que j’ai pris conscience de la liberté intérieure comme fondement de l’action. Ainsi que de l’importance, et l’importance immédiate de l’action en tant que telle.
Je ne cesse de m’étonner que dans notre pays il faille rassembler plusieurs milliers de personnes pour faire cesser l’arbitraire d’un ou d’une poignée de fonctionnaires.
La réaction de milliers de gens de par le monde à ce procès est en est la preuve éclatante. Nous sommes toutes trois innocentes. Nous sommes innocentes, le monde entier le dit. Le monde entier le dit pendant les concerts, le monde entier le dit sur Internet, le monde entier le dit dans la presse et dans les parlements.
Les premiers mots que le Premier ministre britannique a adressé à notre président n’ont pas concerné les Jeux olympiques mais il lui a demandé : « Pourquoi trois jeunes femmes innocentes sont-elles en prison ? C’est une honte. »
Mais ce qui m’étonne davantage encore, c’est que les gens ne croient pas qu’ils puissent influencer le pouvoir de quelque manière que ce soit. Alors que nous organisions piquets et meetings pour défendre la forêt de Krasnodar, alors justement que je récoltais les signatures pour les pétitions, beaucoup de gens me demandaient, et avec un étonnement tout à fait sincère, qui ça pouvait intéresser… Oui, peut-être, d’accord, c’était la dernière forêt séculaire de Russie, mais qu’est-ce que ça pouvait bien leur faire, cette forêt dans la région de Krasnodar ? Ce bout de terre paumé. C’est vrai, qu’est-ce que ça pouvait leur faire que la femme de notre Premier ministre Dmitri Medvedev ait l’intention d’y faire construire une résidence ? Et de détruire l’unique réserve de genévriers de Russie ?
Voici comment réagissent les gens… Voici encore une preuve que les gens dans notre pays ont cessé de considérer que le territoire appartenait à ses citoyens. Ils ont cessé de se considérer comme des citoyens. Ils se considèrent tout simplement comme des masses automatisées. Ils ne comprennent pas qu’une forêt leur appartient même si elle ne se trouve pas à proximité immédiate de leur domicile. J’en viens même à douter qu’ils aient conscience que leur propre maison leur appartient. Si une excavatrice s’approche de l’entrée de leur immeuble, que l’on demande aux gens d’évacuer les lieux et qu’on leur dise : « Excusez-nous, nous allons démolir votre maison pour y construire la résidence d’un fonctionnaire », ils ramassent leurs affaires, leurs sacs et ils quittent leur maison. Et ils resteront là, dans la rue, en attendant tranquillement que le pouvoir leur dise ce qu’il faut faire. Ils sont absolument amorphes, c’est très triste.
Après plus de six mois passés dans une cellule, j’ai compris que la prison, c’était la Russie en miniature. C’est la même verticale du pouvoir, où le règlement du moindre problème passe par la décision exclusive et directe du chef.
En l’absence d’une répartition horizontale des fonctions et des attributions qui faciliterait considérablement la vie de chacun. En l’absence également de toute initiative individuelle. Ici, c’est le règne de la délation. De la suspicion mutuelle. En prison, de la même façon que dans le reste du pays, tout est basé sur la dépersonnalisation et sur l’assimilation de l’individu à sa fonction. Qu’il s’agisse d’un employé ou d’un détenu. Le règlement sévère de la prison, auquel on s’habitue rapidement, ressemble au règlement de la vie qu’on impose à chacun dès sa naissance. Dans le cadre de ce règlement, les gens commencent à s’attacher aux choses insignifiantes. En prison, c’est par exemple une nappe ou de la vaisselle en plastique qu’on ne peut se procurer qu’avec la permission du chef. Dehors, l’équivalent, c’est le statut social, auquel les gens sont particulièrement attachés. Ce qui m’a toujours beaucoup étonnée.
Il y a aussi quelque chose d’important, c’est le moment où l’on prend conscience de ce régime en tant que spectacle. Qui, dans la réalité, se traduit par le chaos, mettant à nu la désorganisation et la non-optimisation de la majorité des processus. Cela ne favorise pas le bon fonctionnement politique. Au contraire, les gens sont de plus en plus désorientés, y compris dans le temps et dans l’espace. Le citoyen, où qu’il se trouve, ne sait pas où s’adresser pour régler tel ou tel problème. C’est pour ça qu’il s’adresse au chef de la prison. Hors de prison, ce chef s’appelle Poutine.
Nous sommes contre le chaos poutinien qui n’a de régime que le nom. Nous donnons une image composite de ce système où, d’après nous, presque toutes les institutions subissent une mutation, tout en gardant leur apparence extérieure. De ce système qui détruit cette société civile qui nous est si chère. Nos textes, s’ils recourent au style direct, ne réalisent rien directement. Nous considérons cela comme une forme artistique. Mais la motivation, elle, est identique. Notre motivation reste identique dans une expression directe. Cette motivation est très bien exprimée par ces mots de l’Evangile : « Car quiconque demande, reçoit ; et qui cherche, trouve ; et à celui qui frappe à la porte, on ouvrira. » Et moi, et nous tous, nous croyons sincèrement qu’on nous ouvrira. Aujourd’hui, hélas, on nous a enfermées. En prison.
C’est très curieux que les autorités, en réagissant à nos actions, ne tiennent absolument pas compte de l’expérience historique passée des manifestations d’hétérodoxie, d’anticonformisme. “La simple honnêteté est perçue dans le meilleur des cas comme de l’héroïsme. Et dans le pire, comme un trouble psychique », écrivait dans les années 70 le dissident Boukovski. Il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps et pourtant tout le monde fait comme si la Grande Terreur n’avait jamais existé, ni les tentatives de s’y opposer. Je considère que nous sommes accusées par des gens sans mémoire. Nombre d’entre eux disaient : « Il est possédé du démon, et Il a perdu le sens ; pourquoi l’écoutez-vous ? » Ces paroles, ce sont les juifs qui ont accusé Jésus Christ de blasphème qui les ont prononcées. Ils disaient : « Nous vous lapidons pour un blasphème » (Jean 10.33).
Il est remarquable que c’est précisément ce verset auquel fait référence l’église orthodoxe russe pour exprimer son avis sur le blasphème. Cet avis est dûment certifié sur un document versé à notre dossier criminel. En émettant cet avis, l’église orthodoxe russe se réfère à l’Evangile comme à une vérité religieuse immuable. L’Evangile n’est plus considéré comme un livre révélé, ce qu’il fut pourtant dès l’origine. L’Evangile est considéré comme un bloc de citations qu’on peut tirer et fourrer où bon vous semble. Dans n’importe quel document et à toute fin utile. Et l’église orthodoxe russe ne tient même pas compte du contexte dans lequel est employé le mot « blasphème ». En l’occurrence, il était appliqué à Jésus Christ.
Je considère que la vérité religieuse ne doit pas rester immobile. Qu’il est indispensable de saisir les voies immanentes pour l’évolution de l’esprit. Que les expériences de l’homme, ses dédoublements, ses fissurations doivent être pris en compte. Qu’il faut avoir vécu toutes ces choses pour se construire. Que c’est uniquement après avoir vécu tout cela que l’homme peut atteindre quelque chose et continuer à avancer. Que la vérité religieuse est un processus, et non un résultat définitif qu’on peut fourrer où bon vous semble. Et toutes ces choses dont j’ai parlé, ces processus, sont pensés par l’art et la philosophie. Y compris par l’art contemporain.
Une situation artistique peut, et se doit selon moi, comporter un conflit intérieur. Et je suis particulièrement irritée par toute cette « soi-disance » qui émaille les paroles de l’accusation lorsqu’elle mentionne l’art contemporain.
Je tiens à remarquer que les mêmes termes ont été employés lors du procès du poète Brodsky. Ses vers étaient désignés comme des « soi-disant » vers, mais les témoins ne les avaient pas lus. Comme une partie des témoins de notre procès, qui n’étaient pas présents lors de notre action, mais qui ont regardé le clip sur Internet. Il est probable que nos excuses soient également présentées par l’esprit généralisateur de l’accusation comme « soi-disant ». C’est une insulte. C’est un préjudice moral. C’est un traumatisme. Parce que nos excuses étaient sincères. Vous n’imaginez pas à quel point je regrette que tant de paroles aient été prononcées et que vous n’ayez toujours rien compris. Ou alors vous rusez, quand vous dites que nos excuses n’étaient pas sincères. Je ne comprends pas ce que vous voudriez encore entendre. Pour moi, c’est ce procès qui est un soi-disant procès.
Et je n’ai pas peur de vous. Je n’ai pas peur du mensonge, je n’ai pas peur de la fiction, je n’ai pas peur de cette mystification mal fagotée, je n’ai pas peur du verdict de ce soi-disant tribunal. Parce que vous ne pouvez me priver que d’une soi-disant liberté. C’est la seule qui existe sur le territoire de la Fédération de Russie. Ma liberté intérieure, personne ne pourra me l’enlever.
Elle vit dans le verbe, elle continuera à vivre quand elle parlera grâce aux milliers de gens qui l’écouteront. Cette liberté continue dans chaque personne qui n’est pas indifférente et qui nous entendent dans ce pays. Dans tous ceux qui ont trouvé en eux les éclats de ces processus, comme autrefois Franz Kafka et Guy Debord. Je crois, que c’est justement l’honnêteté et la puissance de la parole, et la soif de vérité qui nous rendront tous un peu plus libres. Cela, nous le verrons.
Maria Alekhina, 8 août 2012,
traduction Helmut Brent
Source : PRESSE-TOI A GAUCHE

SYRIE : Des armes chimiques en provenance de Libye aux mains des « opposants » syriens ?

Début août, l’agence Reuters annonçait : « Les rebelles d’Alep sont, désormais, dotés d’armes chimiques, armes qui se trouvent, à foison, en Libye ».

Cette nouvelle a été ensuite retirée de son site. Comme ont également été retirées les images montrant des combattants salafistes en train de manier des masques à gaz fabriqués aux États-Unis.

Un autre journaliste de Reuters basé à Amman a lui aussi évoqué peu après l’existence à Alep d’armes chimiques en provenance de Libye : « On croyait ces armes détruites, après la chute de Kadhafi, or, il n’en est rien. Ce sont des armes au gaz moutarde et sarin ».

La crainte d’un usage d’armes chimiques par les groupes armés, soutenus par les pays occidentaux et les monarchies du Golfe, grandit parmi les Syriens qui envers et contre tout font front uni avec le gouvernement de Bachar el-Assad ; ils sont conscients que ces pays hostiles à Damas sont déterminés à tout pour contourner les vétos russes et chinois, peu importe les moyens et les crimes pour y arriver.

L’usage d’armes chimiques par les groupes armés - crime qui sera tout de suite imputé à Damas - pourrait servir de prétexte pour intervenir militairement en Syrie.

Israël, qui est formellement en guerre avec la Syrie - depuis la guerre des six jours et l’occupation du plateau du Golan syrien en 1967 et son annexion illégale en 1981 par l’Etat hébreu - n’attend que cela...

Silvia Cattori


Amérique Latine : Pouvoir, élections et libération nationale en Amérique Latine : Qui détient le pouvoir ?...Peut-on prendre le pouvoir au moyen d’élections ? Lorsque l’on accepte de jouer à un jeu, il faut aussi accepter ses règles.

...Et s’il s’agit des élections, nous savons déjà que les intérêts qui contrôlent les médias et le financement des partis politiques sont les vrais gagnants. Le "supporter" - pour ainsi dire - l’électeur, ne reste pas avec le joueur, mais le club qui paie le plus. Parce-que dans ce jeu, les dés sont truqués.
Le pouvoir n’est jamais individuel, tout pouvoir a une base sociale sur laquelle s’appuyer. L’individu qui l’exerce, soi un monarque ou un président, est seulement le chef visible, la personnification du pouvoir. Si le roi meurt il est substitué par un autre roi, mais le féodalisme ne disparaît pas pour autant. Alors, pour savoir qui a le pouvoir politique, il faut voir quels intérêts sont derrière celui-ci, en d’autres mots, il faut chercher ses bases sociales.
Bismarck disait que “tout homme est aussi grand que la vague qui déferle sous ses pieds”. Il est dangereux de ne pas prêter attention aux vagues qui déferlent dans la société, car celles-ci au lieu de se placer au-dessous des nos pieds peuvent nous passer au-dessus de la tête.
C’est précisément cela qui arriva à De La Rúa quand il a du fuir en hélicoptère en décembre 2001*. Et nous voyons que le pouvoir, non seulement n’est pas individuel, mais il ne se trouve pas non plus dans un lieu spécifique, palais présidentiel, parlement ou caserne, mais dans la société même. Et il n’y a pas non plus de “pouvoir civil” et “de pouvoir militaire” : cette position naïve mène à la conclusion de ce que “le problème sont les militaires”.
Le pouvoir est exercé par une classe ou plusieurs classes sociales sur d’autres, et les antagonismes qui existent dans une société répercutent sur toutes ses couches, y compris l’armée. Si non, comment expliquer qu’aient existé des militaires nationalistes, comme Perón, et d’autres au service de l’impérialisme, comme Videla ? Il ne faut pas s’imaginer naïvement qu’avoir le pouvoir politique s’est d’être assis au bon endroit, comme un chauffeur qui est assis derrière le volant d’un véhicule et décide comment le conduire. S’il n’y a pas de “moteur social”, pour autant que nous soyons assis derrière le volant, la voiture n’ira nulle part !
Les deux choses sont nécessaires : les leviers gouvernementaux et “le moteur social”.
L’État
Selon Marx, l’État est un organe de domination de classe, un organe d’oppression d’une classe par l’autre, c’est la création de l’’ordre" qui légalise et garantit cette oppression, en amortissant les chocs entre les classes.
Il l’est uniquement bien sûr si la société est divisée en classes et le même État cessera d’exister dans une société socialiste.
Mais tant que les bases sociales ne changent pas il continuera d’être un organe d’oppression. Et dans le cas d’une semi-colonie, une double oppression, parce que c’est en même temps l’oppression d’une classe sur l’autre, et l’oppression d’une nation (ou de plusieurs) sur une autre nation.
Le jeu électoral
En considérant les arguments ci-haut mentionnés, peut-on prendre le pouvoir au moyen d’élections ? Lorsque l’on accepte de jouer à un jeu, il faut aussi accepter ses règles. En général les règles ont été créées par l’inventeur du jeu ou par celui qui s’est acheté le brevet et le moule à son goût.
Et s’il s’agit des élections, nous savons déjà que les intérêts qui contrôlent les médias et le financement des partis politiques sont les vrais gagnants. Le "supporter" - pour ainsi dire - l’électeur, ne reste pas avec le joueur, mais le club qui paie le plus. Parce-que dans ce jeu, les dés sont truqués. Cependant, à la lumière des certains événements historiques, on peut me faire l’objection suivante : Perón, Chavez et Evo Morales sont arrivés au pouvoir grâce à des élections. Nous pourrions répondre ceci : les mouvements nationaux qu’ils représentaient - ou qu’ils représentent dans le cas du Venezuela et de la Bolivie - avaient déjà acquis un poids dans la société. Et dans ce sens le vote a été plutôt une formalité de confirmation du changement social qui s’était dans une certaine mesure déjà produit.
Parce que si un mouvement national acquiert de la force, il peut accepter “de jouer aux dés” : la force déjà acquise lui offre la possibilité d’exiger que les dés en question ne soient pas truqués. Et c’est à ce moment là que les forces réactionnaires, après avoir perdu le pouvoir, montrent leur vrai visage et font ou essaient de faire un coup d’État. C’est pourquoi le pouvoir est toujours acquis d’abord dans la société.
Cela peut être positif qu’il y ai des élections, mais elles ont l’énorme défaut de créer l’illusion que quelque chose peut être gagné à travers elles sans une lutte sociale préalable. Ceci n’est jamais vrai.
La lutte sociale et la création d’un front national anti-impérialiste sont indispensables.
Par la suite, que la prise du pouvoir se fasse grâce à un mécanisme électoral ou autrement, dépendra des circonstances, et cela, l’histoire le décide.
Pablo Rivera
pour Izquierda Nacional
http://www.izquierdanacional.org
*Fernando de la Rúa a été président de l’Argentine entre 1999 et décembre 2001, il dut fuir le palais présidentiel lors d’une révolte populaire contre ses politiques néolibérales.
URL de cet article 17555 http://www.legrandsoir.info/pouvoir-elections-et-liberation-nationale-en-amerique-latine-qui-detient-le-pouvoir.html

mercredi 29 août 2012

الحسابات التركية الخاطئة: طابـــــــخ الســـــــــم آكــــــلــه ؟... Syrie : Les erreurs de calcul de la Turquie !

عندما قررت تركيا أن تلعب دور القيادة الاقليمية للاستعمار الجديد تحت عنوان «العثمانية الجديدة» أو الخلافة الاسلامية العصرية «ظنت أن الطريق مفتوح امامها في ظل فراغ استراتيجي عربي،
وحصار غربي لايران، وتراجع في الدور او القدرات الاسرائيلية، ترافق مع تقلب في الطروف الاقليمية الى درجة تحول دون قيام اسرائيل بالدور الذي تصدت له يوم أطلق شمعون بيرس «فكرة الشرق الاوسط الكبير» أو «الجديد» والقائم حسب نظرياته على «الفكر الصهيوني» والمال العربي».‏
ظنت تركيا أن الطريق الافضل لانشاء قيادة تركية للمنطقة أولاً وللعالم الاسلامي ثانياً أمر تتيحه لها، قدراتها الاقتصادية وعلاقاتها مع اكثر من شعب في دولة مستقلة في آسيا الوسطى، كما وتاريخها الاسلامي، معطوفا على حاضرها الذي اظهر قدرة «الاسلاميين» فيها على الامساك بتلابيب الدولة وتخطي عقبة الجيش «حارس العلمانية» الاتاتوركية.‏
وبهذا التصور اطلقت تركيا – حزب العدالة والتنمية استراتيجية «صفر مشاكل» ظناً منها بأنها ستسقط الحدود في الجوار وانها ستتجاوز التاريخ المأساوي مع اكثر من شعب ودولة في المنطقة، وان هذا سيمكنها من الانطلاق السريع نحو الحلم الامبراطوري الجديد، ثم «اقتحمت» القضية الفلسطنية المعتبرة القضية المركزية للعرب والمسلمين (أعني الشعوب ولا أشمل الانظمة التي هي حراس للغرب ولإسرائيل)، ثم انطلقت في نسج علاقات أو التمهيد لبناء علاقات استراتيجية مع دول في المنطقة مبتدئة بسورية الجار الاقرب وذي الخصوصية المميزة. وكان داوود اغلو مهندس استراتيجية «صفر مشاكل» قد رأى في سورية المدخل الآمن الى العمق الاستراتيجي التركي (في كتابه الذي اصدره العام 2001) ولا يمكن لتركيا ان تحقق احلامها الا انطلاقا من تميز في الموقع داخل سورية.‏
وهنا لا بد من ان نسجل بأن سورية استجابت للسياسة التركية الجديدة، وشعرت بارتياح شديد لاقامة علاقات استراتيجية معها في نهجها الجديد – و هي الدولة الاطلسية ذات العلاقات المميزة مع اسرائيل» - لان مثل هذه العلاقات ستؤدي في الحد الادنى الى تحييد القوة التركية في الصراع مع العدو الصهيوني مع قابلية الاستفادة منها في اكثر من وظيفة تكون تركيا قادرة على القيام بها في اطار الصراع اقله التراجع عن الدعم الفظ لاسرائيل.‏
لكن تركيا لم تكن امينة وصادقة في مسعاها، بل كانت تضمر خلاف ما تظهر. إذ ما إن اندلع العدوان الغربي على سورية تنفيذا لخطة اميركية اعتمدت «استراتيجية القوة الناعمة الذكية»، حتى انبرت تركيا للعب دور المدير الميداني للعدوان، مبتدئة تدخلها بلعب دور «المعلم الأستاذ» لسورية واجازت لنفسها ان تخاطب سورية بلغة استعمارية استعلائية، وتصرفت كما لو ان سورية ما زالت احدى ولايات السلطنة العثمانية، وهنا كان المظهر الاول من سوء التقدير التركي حيث اصطدمت النزعة العثمانية الجديدة بعنفوان عربي سوري منع استعادة الماضي وأكد على السيادة والكرامة لسورية، ما جعل الامر ينعكس حنقاً وحقداً تركياً على سورية ترجم فورا بالانخراط في العمل الميداني ضدها.‏
وفي المرحلة الميدانية لعبت تركيا دور المتدخل المتآمر على سورية وعلى صعيدين:‏
فعلى الصعيد السياسي رعت جمعاً من عملاء المخابرات الاجنبية و فئات من حاقدين او متعطشين الى السلطة و انشأت منهم مجلساً سمي زوراً بأنه «مجلس وطني سوري»، في حين ان حقيقته كانت خدمة المصالح الاجنبية في سورية، و قد ظنت تركيا ان مجلسها الصنيعة سيكون بديلاً للسلطة الشرعية في سورية، وهنا كان سوء التقدير الثاني حيث إن هذا المجلس كما نشأ دمية استمر دمية تتآكل الى الحد الذي اصبحت جثة نتنة تزكم الانوف وبات عبئاً على صانعيه وتركيا في مقدمتهم.‏
أما على الصعيد العسكري فقد جعلت تركيا من نفسها قاعدة الانطلاق والتحشيد الارهابي ضد سورية، تمهيداً لتنفيذ عملية دولية واسعة تكون هي رأس حربتها وتحصد هي مكسبها –كما ظنت– وتتحول سورية الى حديقة خلفية للامبروطورية التركية المتجددة. وهنا كان سوء التقدير في وجه جديد، حيث إن العمل العسكري الدولي تأكدت استحالته وبات الحديث فيه مضيعة وقت، ما جعل تركيا تركز على العمل العسكري الداخلي المنفذ بوسائل إرهابية اجرامية.‏
لقد عولت تركيا على الارهاب ضد سورية أيما تعويل وتصورت ان سورية ستسقط في غضون أسابيع وستفتح أبواب دمشق للسلطان العثماني الجديد، وهنا كان وجه آخر من سوء التقدير التركي، حيث إن سورية بكل مكوناتها الوطنية من رسمية وأهلية صمدت وكسرت المد الارهابي ما وضع تركيا أمام واقع مر يبدو انها لم تتحسب له.‏
لقد ظنت تركيا ان الدفاع الذي مارسته سورية وحلفها الاقليمي المتماسك ضمن محور المقاومة، والمتناسق مع جبهة دولية ناشئة، ظنت ان هذا الدفاع لن يقوى على المواجهة، وفي احسن الاحوال لن تحترق اصابعها من ناره، وهنا كان الوجه الاخطر من سوء التقدير التركي، إذ إن الميدان والمسرح عاكست تركيا وأحلامها وهنا نتوقف عند العناصر الاساسية التالية:‏
1) عجز تركي نهائي عن ربح المعركة الارهابية التي انخرطت تركيا فيها الى جانب جبهة العدوان على سورية، وقناعة تركية ضمنية بأن ما عولت عليه من اسقاط للنظام السوري هو حلم عقيم و أمل يستحيل تحققه، فالشعب السوري وحده هوالذي يقرر لنفسه ولا يقرر له حد.‏
2) عجز تركي عن التدخل العسكري المباشر و بالقوات العسكرية الذاتية لمعالجة الاخفاق والفشل الذي تحقق، حيث إن تركيا تعلم ان كل ما تقوله من مناطق آمنة وممرات انسانية و مناطق عازلة و ما اليه من عناوين تتحد حول فكرة التدخل العسكري الاجنبي في سورية، كل ذلك غير ممكن التنفيذ في ظل صلابة سورية وحزم ايراني وثبات روسي على فكرة رفض مثل هذ التدخل حتى ولو اقتضى الأمر المواجهة العسكرية الدولية الشاملة، وتركيا وحلفاؤها غير مستعدين لذلك.‏
3) خوف تركي جدي وحقيقي من مستقبل العمل الارهابي الذي قادته ضد سورية باشراف وتوجيه أميركي، وهنا نتذكر ظاهرة «الأفغان العرب» الذين تحولوا الى عبء ومشكلة للدول التي انطلقوا منها لمحاربة الاتحاد السوفييتي، اذ ما إن خرجت القوات السوفييتية من افغانستان حتى تحول هؤلاء الى «مقاتل عاطل عن العمل» وباتت دولهم تستشعر خطرهم وحال تركيا اليوم ليس بعيداً عن هذا. ولأجل ذلك سارعت تركيا للاستغاثة باميركا للمساعدة في الامر، وكان الاجتماع العسكري الأمني الأخير بين الدولتين خلافا لما روج له وقيل بأنه من أجل اعداد خطط التدخل العسكري في سورية، بل كانت حقيقته إعداد خطط الدفاع الأمني عن تركيا التي باتت تخشى من العصف المضاد والمرتد عليها من القلعة السورية التي صمدت في وجه الاعصار الارهابي العدواني.‏
4) رعب تركي من فتح ملفات باتت قيد الانفجار في وجهها وهي التي حاولت ان تخفيها في سياق ما زعمته من سياسة «صفر مشاكل» والتي انقلبت الى واقع «صفر أصدقاء» والأخطر في هذا الامر ان العداوة المتجددة لصيقة بالشعوب اكثر منها بالانظمة، ونذكر هنا الملفات الاساسية الأربعة التي تمس جوهر الكيان التركي وتؤرق العين التركية:‏
أ‌) الملف الطائفي: ظنت تركيا أن اضرام نار طائفية في سورية، ستحرق سورية فقط، ونسيت ان مجتمعها غير متجانس مذهبيا ودينياً وان الاتصال الجغرافي يجعل من اثر النار في الجوار ينتقل حتما الى داخل الدار وهذا ما باتت تستشعره تركيا الآن.‏
ب‌) الملف القومي: ظنت تركيا انها تملك القوة الدائمة لمنع التحرك الكردي المؤلم ضدها، وهنا كان وجه من وجوه سوء التقدير ايضاً، حيث ان التحرك الكردي الذي ارتقى الى مستوى مؤلم وفاعل بات يقض مضاجع الاتراك ويلزمهم باعادة النظر الجدية بكامل الملف.‏
ت‌) الملف السياسي: ظنت تركيا ان استنادها الى الحلف الاطلسي سيمكنها من تخطي مواقف الدول الاقليمية و يمكنها من فرض سياسيات تناسبها، وإذ بها تدخل نفسها رويداً رويداً في عزلة سياسية قاتلة، حيث ان من كانت تعول على صداقتهم في سياستها العدوانية ضد سورية باتوا يبتعدون عنها خشية من طموحاتها ومن كانت ترى في عدواتهم منفعة لها لأنها قادرة على سحقهم وإملاء أوامرها عليهم اظهروا من الصمود والقوة ما اذهلها. و انقبلت في ذلك الى حال «صفر أصدقاء».‏
ث‌) الملف الأمني: رغم كل ما تحاول تركيا ان تنكره حول التراجع الامني في نطاقها، فان الامر بات حقيقة مؤلمة وخاصة للاقتصاديين وأكثر تحديداً في المجال السياحي حيث ان تركيا خسرت في الاشهر الستة الاخيرة اكثر من 50% من العائدات العادية.‏
لكل ذلك باتت تركيا تلهث وراء اميركا تتوسلها لاخراجها من الورطة التي دخلت فيها، حيث انها لم تخسر في الهجوم العدواني على سورية فحسب، ولم تكشف حقيقتها وزيف ادعاءاتها فقط، بل انها غير مطمئنة لحفظ ما بيدها من اوراق، وباتت التظاهرات في انطاكية والمطالبات الارمنية، والهجمات الكردية، و أصوات المعارضة و الاحزاب السياسية التركية المناوئة لسياسة أردغان واحجام دول المنطقة عن الثقة بها او التعامل الآمن معها، باتت تتحشد لتولد اعصارا تكون ريحه في غير ما تشتهي سفن أردوغان وأوغلو، وتذكرهم بالقول المأثور: طابخ السم آكله.‏
        Dr Amin Hoteit
  Source : THAWRA ON LINE                                                                                                     * أستاذ جامعي وباحث استراتيجي‏  
http://www.thawraonline.sy/index.php/site-word/8693-2012-08-27-08-12-18


Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.


 

IRAN : 16ème Sommet des Non-Alignés - Affluence record à Téhéran et défaite des USA/UE au sommet des non-alignés

LA DÉFAITE DIPLOMATIQUE CINGLANTE DE WASHINGTON ET DU CAMP EURO-ATLANTISTE SE CONFIRME AVEC LA PRÉSENCE SUPPLÉMENTAIRE DE VLADIMIR POUTINE, EVO MORALES, RAFAEL CORREA, HUGO CHAVEZ ET DES SECRÉTAIRES GÉNÉRAUX DE L'ONU, DE LA LIGUE ARABE, DE L'OCI ET DE L'OUA.

Alors que ce 16ème Sommet des Non-Alignés vient de s'ouvrir (pour l'instant au niveau des délégations), ce succès se confirme de façon encore plus importante que prévue.

110 ÉTATS REPRÉSENTÉS, DONT 50 AU PLUS HAUT NIVEAU POLITIQUE
En effet, dès le 1er jour, des délégations représentant 110 des 120 États membres du Mouvement des Non-Alignés sont déjà arrivées à Téhéran.
En outre, selon les toutes dernières annonces présentées par le ministère iranien des affaires étrangères, 50 de des 110 États seront représentés au plus haut niveau :   - 29 États seront représentés par leur chef d'État en personne
[ 27 Présidents, 1 Sultan (Oman) et 1 Émir (Qatar) ]
  • - 9 États seront représentés par leur Vice-Président de la République
  • - 7 États seront représentés par le Premier ministre, chef du gouvernement C'est d'ailleurs souvent le véritable chef de l'exécutif, comme c'est le cas du Premier ministre indien Manmohan Singh.
  • - 5 États seront représentés par un envoyé spécial




Tous les autres États sont représentés au niveau de leur ambassadeur à Téhéran et/ou par des délégations de hauts-fonctionnaires mandatés par leurs gouvernements.

Plusieurs surprises de dernière minute contribuent à faire de ce XVIe Sommet des Non-Alignés un très grand succès diplomatique pour Téhéran, et une défaite cinglante pour les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et Israël, qui avaient exercé les plus fortes pressions possibles pour tenter d'isoler l'Iran.
Ces surprises sont la venue à Téhéran, les 30 et 31 août :
a)- du Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon Le camp euro-atlantiste avait pourtant tout fait pour le dissuader de s'y rendre, car sa présence, même si elle est présentée comme critique, comporte un effet de symbole considérable.
b)- des Président et Secrétaires généraux de trois autres grosses organisations internationales, qui sont moins connues que l'ONU mais qui n'en jouent pas moins un rôle important dans la diplomatie mondiale :
  • - la Ligue Arabe, pourtant très divisée sur le cas de la Syrie et majoritairement hostile au régime de Damas,
  • - l'Organisation de la Conférence Islamique ( OCI ),
  • - et l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).




c)- du président russe Vladimir Poutine. C'était d'autant moins prévisible que la Russie ne fait pas partie du Mouvement des Non-Alignés et qu'elle l'est donc cette année à titre de nation invitée.
d)- des présidents latino-américains Hugo Chavez ( Venezuela ), Evo Morales ( Bolivie ), Rafael Correa ( Équateur ) et de Michel Temer, vice-président du Brésil
Ce n'est pas vraiment une surprise, compte tenu de la ligne politique des trois premiers dirigeants, mais leur présence n'allait quand même pas de soir et n'avait pas été annoncée préalablement par le ministère iranien des affaires étrangères.La surprise est plus importante venant du gouvernement de Brasilia, qui se fait représenter par le vice-président de la République en personne alors que le Brésil n'est pas membre du Mouvement des Non-Alignés mais seulement "observateur".
e)- du Vice-Premier ministre d'Arabie saoudite et de l'Émir d'Umm al-Quwain, envoyé spécial du gouvernement des Émirats Arabes Unis : Ce sont des surprises totales ( qui n'avaient pas été annoncées auparavant ), compte tenu de l'alignement de ces régimes sur les États-Unis et de leur hostilité latente à l'égard de l'Iran.
Je relève que, le Premier ministre irakien, le Sultan d'Oman et l'Émir du Qatar faisant aussi le déplacement, de même que les Ministres des affaires étrangères du Koweït et du Bahreïn, cela signifie que tous les pays riverains du Golfe Persique font donc le déplacement de Téhéran. L'Iran est ainsi le seul pays au monde à pouvoir actuellement rassembler des dirigeants de cette zone ô combien stratégique pour l'économie et la paix du monde.
f)- par ailleurs, il faut relever que le représentant du Hamas à Gaza, M. Ismaïl Haniyeh, n'a finalement pas été invité, mais cela fait suite à un imbroglio qui montre les dissensions extrêmes des Palestiniens. Cette absence permettra la présence du président de l'Autorité Nationale Palestinienne, M. Mahmoud Abbas, qui avait menacé de ne pas venir dans le cas contraire.
g)- enfin, je note que l'Australie a accepté de figurer à côté de la Russie comme "nation invitée". Le gouvernement de Canberra ne se fait, certes, représenter qu'au niveau de son ambassadeur à l'ONU, mais le geste est pour le moins inattendu de la part d'un État occidental traditionnellement inféodé à Washington.

LES PERSONNALITÉS POLITIQUES VENUES DU MONDE ENTIER
  • Afghanistan : Hamid Karzai - Président de la République
  • Afrique du sud : Maite Nkoana-Mashabane - Ministre des affaires étrangères
  • Arabie Saoudite : Abdulaziz bin Abdullah Al Saud - Vice-Premier ministre
  • Azerbaïdjan : Elmar Mammadyarov - Ministre des affaires étrangères
  • Bahreïn : Khalid bin Ahmed Al Khalifa - Ministre des affaires étrangères
  • Bangladesh : Sheikha Hasina - Premier ministre
  • Bénin : Yayi Boni - Président de la République
  • Bhoutan : Ugyen Tshering - Ministre des affaires étrangères
  • Birmanie : Wunna Maung Lwin - Ministre des affaires étrangères
  • Bolivie : Evo Morales - Président de la République
  • Cambodge : Hun Sen - Premier ministre
  • Cuba : Raul Castro - Président du Conseil d'État
  • Corée du Nord : Kim Yong-nam - Président du Présidium de l'Assemblée populaire suprême
  • Égypte : Mohamed Morsi - Président de la République
  • Émirats Arabes Unis : Saud bin Rashid Al Mu'alla - Envoyé spécial, Émir de l'Émirat de Umm al-Quwain
  • Équateur : Rafael Correa - Président de la République
  • Gabon : Ali Bongo Ondimba - Président de la République
  • Jordanie : Fayez al-Tarawneh - Premier ministre
  • Inde : Manmohan Singh - Premier ministre
  • Iran : Mahmoud Ahmadinejad - Président de la République
  • Irak : Nouri al-Maliki - Premier ministre
  • Indonésie : Boediono - Vice-Président de la République
  • Koweït : Muhammad Sabah Al-Salem Al-Sabah - Ministre des affaires étrangères
  • Liban : Michel Suleiman - Président de la République
  • Lesotho : Mohlabi Tsekoa - Ministre des affaires étrangères
  • Libye : Ashour Bin Khayal - Ministre des affaires étrangères
  • Malaisie : Anifah Aman - Ministre des affaires étrangères
  • Mauritanie : Mohamed Ould Abdel Aziz - Président de la République
  • Maroc : Abdelillah Benkirane - Premier ministre
  • Namibie : Marco Hausiku - Ministre des affaires étrangères
  • Népal : Baburam Bhattarai - Premier ministre
  • Pakistan : Asif Ali Zardari - Président de la République
  • Philippines : Jejomar Binay[34] Vice President
  • Oman : Qaboos bin Said al Said - Sultan
  • Qatar : Hamad bin Khalifa Al Thani - Emir
  • Sénégal : Macky Sall - Président de la République
  • Serbie : Tomislav Nikolić - Président de la République
  • Sri Lanka : Mahinda Rajapaksa - Président de la République
  • Soudan : Omar al-Bashir - Président de la République
  • Swaziland : Lutfo Dlamini - Ministre des affaires étrangères
  • Syrie : Faisal Mekdad - Vice-Ministre des affaires étrangères
  • Tanzanie : Mohamed Gharib Bilal - Vice-Président de la République
  • Territoires palestiniens : Mahmoud Abbas - Président de l'Autorité Nationale Palestinienne
  • Thaïlande : Surapong Tovichakchaikul - Ministre des affaires étrangères
  • Tunisie : Rafik Abdessalem - Ministre des affaires étrangères
  • Turkménistan : Gurbanguly Berdimuhamedow - Président de la République
  • Venezuela : Hugo Chavez - Président de la République
  • Vietnam : Nguyen Tan Dung - Premier ministre
  • Zimbabwe : Robert Mugabe - Président de la République
Observateurs
  • Arménie : Serzh Sargsyan - Président de la République
  • Brésil : Michel Temer - Vice-Président de la République
  • Tadjikistan : Emomali Rahmonov - Président de la République
Nations spécialement invit
  • Australie : Gary Quinlan - Ambassadeur d'Australie à l'ONU
  • Russie : Vladimir Poutine - Président de la République
Organisations représentées
  • Organisation de l'Unité Africaine (OUA) : Yayi Boni - Président
  • Ligue Arabe : Nabil el-Araby - Secrétaire général
  • Organisation de la Coopération Islamique (OCI) : Ekmeleddin İhsanoğlu - Secrétaire général
  • Organisation des Nations Unies (ONU) : Ban Ki-moon, Secrétaire général
DANS SON DISCOURS D'OUVERTURE, LE MINISTRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGERES RAPPELLE ET SOUTIENT LA DEMANDE DES NON-ALIGNES DE L'INTERDICTION MONDIALE DES ARMES NUCLÉAIRES.
Les sanctions occidentales contre l’Iran et d’autres pays, une réforme de l’ONU, la crise en Syrie ou le soutien à la cause palestinienne sont au menu de discussions ministérielles ouvertes hier pour préparer leur 16e sommet. Les représentants des 120 membres de ce mouvement, dont quelque 70 ministres des Affaires étrangères, doivent examiner pendant deux jours le projet de document final de ce sommet.
Le document de 200 pages soumis aux ministres condamne fermement les sanctions, pressions et menaces « unilatérales » dont plusieurs pays de l’organisation font l’objet de la part des Occidentaux et de leurs alliés.
Le document aborde également de nombreux autres thèmes traditionnels au Mouvement des non-alignés, créé en 1961 par les principaux pays émergents pour contrebalancer l’hégémonie des États-Unis et de l’URSS. Il réclame ainsi à nouveau une « démocratisation » du Conseil de sécurité de l’ONU visant à y réduire l’influence des grandes puissances, États-Unis en tête, accusées implicitement d’utiliser cette instance pour défendre leurs intérêts politiques. Il réaffirme aussi le soutien des non-alignés à la création d’un État palestinien dans les frontières internationales de 1967 afin de parvenir à une « paix juste » au Proche-Orient, et la condamnation de l’occupation israélienne de territoires palestiniens. Le sommet devrait renouveler son appel au désarmement et à la création de zones dénucléarisées, notamment au Moyen-Orient où Israël, seule puissance nucléaire de la région, est directement visé.

lundi 27 août 2012

VIDEO - LE MASSACRE DE JENINE,LE FILM INTERDIT PAR ISRAEL, HD - Interdit en Israël, un document-choc, tourné à chaud et dédié au producteur Iyad Samudi, tué par les soldats israéliens quelques jours après la fin du tournage.

Quelques jours après l'invasion de Jénine par l'armée israélienne, un vieil homme se fraye un chemin parmi les décombres des habitations du camp de réfugiés et implore Allah. Dans cette petite enclave palestinienne mise à feu et à sang, des hôpitaux ont été éventrés sous les bombardements aériens et un nombre important d'habitants dont des enfants, des femmes, des vieillards et des handicapés ont été touchés par l'offensive de l'armée israélienne. Choqués par la densité du drame, des résidents témoignent des atrocités et des massacres commis; ils expriment leur révolte contre l'oppression et contre les humiliations subies. Les traumatismes liés à l'agonie d'enfants et à la mort d'innocents s'ajoutent aux ambitions, aux espoirs et aux rêves annihilés. Impuissant, le peuple palestinien crie sa souffrance et sa colère au reste du monde. Interdit en Israël, un document-choc, tourné à chaud et dédié au producteur Iyad Samudi, tué par les soldats israéliens quelques jours après la fin du tournage. Prix du meilleur film au Festival international du film de Carthage en 2002, Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen 2003.