mardi 14 août 2012

SYRIE : De l'intervention militaire : qui croire, BHL ou Jalili ?....« Je trouve extrêmement pénible que n’importe quel intellectuel de bistrot dans le monde exige l’engagement de soldats sans jamais avoir à rendre des comptes par la suite »...

Généralités
Nous avouons à nos lecteurs que nous ne savons pas quel éditorial écrire aujourd'hui. La guerre impérialiste contre la Syrie s’intensifie et les masques tombent. Le représentant spécial de l'ONU pour résoudre le conflit syrien, Kofi Annan, a démissionné [1] après avoir offert aux conjurateurs un temps précieux pour qu’ils renforçassent leurs rangs et lançassent une nouvelle vague d’ « attentats catastrophiques » dans les villes syriennes. Drôle de coïncidence, la secrétaire d’État des États-Unis, Hillary Clinton, avait proféré, quelques jours auparavant, des menaces au gouvernement syrien, précisément au président Assad, pour qu’il démissionnât afin d’éviter un « assaut catastrophique » [2] ; ce qui pose un point d’interrogation sur le vrai rôle que joue l’Empire étatsunien dans la soi disant « révolution syrienne ». Pour sa part, le président étasunien, Barack Obama, a signé un document secret autorisant l'aide étatsunienne aux groupes armés syriens [3].
Par d’ailleurs, vous connaissez suffisamment les responsables de la Sainte-Alliance arabo-atlantique pour saisir le ridicule de leur discours sur la liberté, la justice, la démocratie et les droits de l’homme. Je comprends, dans ce sens, qu'en Arabie saoudite notamment, les femmes n’aient pas le droit de conduire ; je comprends bien que jusqu’à présent les émirs et sultans arabiques règnent arbitrairement, sans constitution aucune [4], et que leur « sérail est dans le désordre, et qu’il est rempli de querelles et de divisions intestines » [5] ; je comprends aussi que les nouveaux califs d’Istanbul, qui dénoncent la « violation » des droits de l’homme en Syrie, n’hésitent pas à souffler le feu de la haine chauviniste et religieuse contre les minorités kurde et alaouite locales, en premier lieu, et contre la minorité chiite dans le monde musulman entier, en deuxième lieu ; je comprends clairement comment à un certain moment historique les grandes valeurs fondamentales de l’Occident sur la liberté, la démocratie et la loi s’amalgament avec celles du despotisme obscurantiste arabique et de l’islamisme califal turc, pour créer ainsi une Sainte-Alliance contre la Syrie.
Pourtant, ce que je ne comprends pas dans cette comédie burlesque intitulée « Printemps arabe », c’est que le principal acteur n’est pas un arabe, évidemment, mais un philosophe prosaïque et fastidieux, connu sous le nom de Bernard-Henri Lévy, désormais BHL. Derrière BHL il y a  cependant à nouveau un comité secret qui pousse à la roue et oblige plus ou moins ce mousquetaire « printanier » à jouer le rôle que l’on sait.
BHL : fantaisie, dandysme et bombardement aérien
Le philosophe « humaniste », BHL, considère qu'il est temps que le chef de l'État français, François Hollande, prenne exemple sur Nicolas Sarkozy dans sa gestion du conflit libyen. Le cœur brisé, BHL ne peut plus cacher son mécontentement du président Hollande qui, selon lui, a oublié les promesses qu’il avait faites pendant sa campagne électorale. BHL en rappelle le président Hollande, en lui demandant d’être assez courageux pour prendre une décision ferme et historique et pour donner le feu vert au bombardement de la Syrie, en suivant le scénario libyen. Après un long soupir, BHL enfin exprime sa déception : « Je suis déçu par Hollande », déclare-t-il dans une interview avec Le Parisien [6].
Selon notre intellectuel « universaliste », si les belles paroles et les discours ne sont pas suffisants à convaincre les Russes et les Chinois à abandonner le président syrien Assad, « les plans d'attaque sont prêts », admet-il. À vraiment dire, pendant quelques instants, j’ai eu l’impression que c’était l’amiral Kornilov [7] qui parlait à son état-major à la forteresse de Sébastopol, et non pas BHL au Parisien. Notre philosophe « prit une physionomie pensive, se pinça les lèvres et conserva cette attitude jusqu’à la fin de la partie » [8]. De sa manière habituelle à vulgariser de grands thèmes, BHL simplifie le conflit en Syrie en une simple bataille entre les mousquetaires de la liberté et le despote de Damas. En plus, BHL présente sa vision d’une solution concrète, mais ferme, à la crise syrienne ; il vulgarise plutôt la solution : « Il ne faut pas grand-chose, chacun le sait, pour donner le coup de grâce au régime. Il manque juste un pilote dans l'avion. Et, même si les avions sont turcs, le pilote peut et doit être français ». [9]
BHL continue, avec son dandysme habituel, à présenter ses plans militaires, sa « vision » d’un nouveau Moyen-Orient où la démocratie et la liberté (sic.) règneraient : « ça voudrait dire acter l’échec lamentable des Nations unies. Et forger une alliance ad hoc avec la Ligue arabe et cette fois les Turcs » [10]. Autrement dit, ce philosophe « humaniste, universaliste, en soutien de toutes les victimes de toutes les oppressions sans exception » [11], appelle à la formation d'une Sainte-Alliance comprenant sous sa robe blanche la démocratie bourgeoise occidentale, l’islamisme califal turc et le despotisme obscurantiste arabique.
« Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, sur un âne, le petit d'une ânesse » [12].
En fermant à demi l’œil droit, BHL s’interroge si le scénario libyen a donné du bon fruit pourquoi ne semer pas les mêmes graines en Syrie ? Nous nous souvenons encore des temps heureux où BHL jouait Lawrence d’Arabie en Libye. Dans une émission d’autrefois – l’émission « Revu et Corrigé » de Paul Amar sur France 5, puis sur Europe 1, le 20 mars 2011 [13] – BHL revenait sur les derniers jours, les dernières heures décisives qui avaient amené le conseil de sécurité de l’ONU à voter la résolution 1973 : « la communauté internationale rend simplement possible la reconquête de la Libye par les libyens libres», dit BHL. En plus, monsieur BHL évoque aussi les perspectives d’une démocratie sortie des ruines du kadhafisme : « un pouvoir de transition assez démocratique s’est institué (…) je crois à ces grands emballements révolutionnaires » [14]. En tout cas, ce dont monsieur BHL est certain c’est que tout sera mieux que l’ordre terroriste qui était instauré par Kadhafi, ce terrorisme d’État. Kadhafi, c’était un terroriste contre ses civils, et un terroriste contre le monde entier. Tout sera mieux que cela » [15].
Pourtant, les équations de la « métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie » [16] de monsieur Panglos [17], appliquées ici par BHL, ont malheureusement entrainé la destruction totale de la Libye et le retour de ce pays à l’âge de la pierre [18]. En dépit de l’emploi des mots qui raisonnent – transition, démocratique, emballements, révolutionnaires – notre philosophe noble se soumet avec la plus grande bonhomie du monde à l’ennuyeuse forme discursive démocratique occidentale pour moquer sous cette forme, et dans une langue fluide et aisée, la démocratie et les valeurs démocratiques de l’Occident dans leur ensemble. En effet, au grand dam et au grand dépit de monsieur BHL, les « mousquetaires de la liberté » du Conseil national de transition libyen (CNT), après qu’ils avaient pris le pouvoir, ont adopté la sharia islamique comme une constitution [19]. Pourtant, monsieur BHL insiste à prouver « qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles » [20], le château de monseigneur le « Conseil national de transition » libyen était le plus beau château, et madame la « Sainte-Révolution » syrienne la meilleure des baronnes possibles [21].
À plus forte raison, la principale erreur de BHL est sa certitude de la victoire. Il est si sûr de son affaire qu’il croit tout réglé par une bombe sur le palais présidentiel à Damas.
Jalili : l’Iran ne permettra pas que l'axe de résistance soit brisé
Une chose est certaine : si nous laissons complètement de côté la « talentueuse solution » de monsieur BHL, les chefs atlantiques savent bien qu’une intervention militaire en Syrie ne sera jamais une promenade, et que ce « pilote dans l’avion » dont parle BHL, une fois sa « mission » aura été accomplie, il retournera à sa base militaire, suivi d’une pluie de missiles balistiques à longue portée, en provenance de la Syrie, du Liban et de l’Iran, c'est-à-dire de l’ « axe de la résistance ». La preuve en est que l’adjoint du chef de l’état-major des forces armées iraniennes, le général Massoud Jazayeri, a déclaré que l’Iran « ne permettra pas à l'ennemi d’avancer » en Syrie. Il a ajouté que « pour l'instant il n'est pas nécessaire que les amis de la Syrie entrent en scène et notre évaluation est qu'ils n'auront pas besoin de le faire » [22]. Quelques jours plus tard, monsieur Saïd Jalili, l'émissaire du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a répété les déclarations de Jazayeri en confirmant, à l’occasion de sa réception à Damas par le président syrien Assad, que « l’Iran ne permettra pas que l’axe de résistance, dont la Syrie est un élément essentiel, soit brisé en aucune façon » [23].
Franchement, en tant que chercheur, je trouve que les déclarations de monsieur Jalili et du général Jazayeri sont plus fiables pour mes recherches que les fantaisies de monsieur BHL.
Il suffit de faire le parallèle avec ce que le quotidien israélien Haaretz avait rapporté en février dernier. Selon Haaretz, le commandant des forces spéciales de la Garde révolutionnaire iranienne, Kassam Salimani, était arrivé à Damas pour prendre sa place parmi les membres de l’état-major du régime syrien [24]. Haaretz ajoute que les forces spéciales iraniennes, baptisées Force al-Quds, comptent 15, 000 combattants. Si ce rapport est correct, cela entraine à dire que les déclarations continues des responsables iraniens à propos de la Syrie sont plus sérieuses que nous le croyons, et que Téhéran considère la Syrie comme une partie intrinsèque de sa sécurité nationale. Cela veut dire aussi que si le « pilote dans l’avion », dont parle BHL ci-devant, bombarde Damas, les Iraniens réagiront comme s’il avait bombardé Téhéran.
De surcroît, selon une source exclusive au quotidien libanais al-Akhbar, monsieur Jalili, lors de sa dernière visite à Damas, a confirmé au président syrien que la sûreté de la Syrie fait partie de « la sûreté nationale, régionale et internationale de l’Iran ». Monsieur Jalili ajoute que « si la situation s’aggrave, nous ne nous tiendrons pas les bras croisés. Nous réagirons contre toute intervention militaire une fois une force étrangère aura franchi la frontière syrienne. À l’intérieur, nous sommes confiants que vous reprendrez contrôle de la situation et que vous dépasserez la crise » [25] (T.d.A).  
De Maizière : l’intellectuel de bistrot ne décide pas de la guerre
Quelqu’un pourrait protester, le poing levé, en disant que « les Iraniens ne sont que des haut-parleurs », et qu’une intervention militaire en Syrie mènera certainement à une victoire totale contre le régime de Damas. Dans ce cas, nous ne pouvons que nous reculer quelques mois en arrière, laissant l’arène à ceux qui croient encore et se font croire à l’intervention militaire, pour jeter un coup d’œil sur ce qu’un responsable atlantique disait d’une telle intervention.
Le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a critiqué, dans une interview au quotidien allemand Die Tageszeitung, les voix qui appelaient à une intervention militaire en Syrie : « Je trouve extrêmement pénible que n’importe quel intellectuel de bistrot dans le monde exige l’engagement de soldats sans jamais avoir à rendre des comptes par la suite » [26] (T.d.A). Il a ajouté aussi que « la xyloglossie [27] répandue par des personnes qui n’ont aucun sens de responsabilité crée de grandes espérances dans des régions comme la Syrie, ce qui entraîne plus tard à des désappointements » [28] (T.d.A).
À ce jour, monsieur de Maizière ne change pas de position. Dans une interview au journal Welt am Sonntag, il s'est opposé, une nouvelle fois, à l’intervention militaire : « L’échec de la diplomatie ne doit pas automatiquement mener au début de l’option militaire » [29]. Il souligne qu’une zone d’interdiction aérienne ne suffirait pas à pacifier le pays mais que des dizaines de milliers de soldats étrangers devraient être envoyés sur place. Une option qui n’est pas envisageable logistiquement et politiquement pour monsieur de Maizière.
La selle de Djeha-Hodja Nasreddin
Djeha-Hodja Nasreddin perdit sa selle dans la ville où il s'arrêta pour passer la nuit. Il dit alors aux gens du village :
- Ou vous trouvez ma selle ou je sais ce que je ferai.
Alarmés par ces propos, les paysans cherchèrent partout, sans rien trouver. Ils revinrent à l'hôtel de Djeha-Hodja Nasreddin et le virent en train de seller son âne. Avant qu'il ne quitte la ville, ils lui demandèrent :
- Qu'aurais-tu fait si ta selle n'avait pas été retrouvée ?
- J'ai une vieille sacoche à la maison, répondit-il. Je l'aurais découpée et j'en aurais fait une nouvelle selle.
En guise de conclusion, il reste à dire que depuis le début de la guerre impérialiste contre la Syrie, les chefs de la Sainte-Alliance arabo-atlantique ne cessent pas de proférer des menaces au président syrien Assad :
- Ou tu démissionnes ou nous interviendrons !
- Et si je ne démissionne pas, que feriez-vous ? répond Assad.
- Nous t’avertirons de nouveau, ou tu démissionnes ou nous interviendrons !
- Et si je ne démissionne pas ? répond Assad ; ainsi de suite, jusqu’à la fin des jours !
Fida Dakroub, Ph. D
Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est écrivaine et chercheure, membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario. Elle est militante pour la paix et les droits civiques.
Pour communiquer avec l'auteure : http://bofdakroub.blogspot.com/

Syrie - Vidéo montrant la barbarie de l’ASL : Corps de postiers jetés depuis le toit d’une poste (Attention, images très dures).

De quelle « résistance » parle-t-on ? Dans quel pays démocratique des hommes armés, jetant des postiers du toit d’un immeuble et hurlant des slogans religieux seraient-ils tolérés et qualifiés d’« opposants », de « révolutionnaires », de « résistants » ?

Les règles de la propagande de guerre

Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.

1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.

Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.
La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :
1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.
De tout cela, zéro bilan.
Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.
L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent – la Russie, l’Iran et surtout la Chine – et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée… Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.

Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.
- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).
- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.
- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.
- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.
- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.
- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.
Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.

Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.
En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.
En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.
En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.
En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.
En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc…). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.
En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.
La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.

Règle N° 4. Organiser l’amnésie.
Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.
Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand laBBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.
Source : michelcollon.info

SYRIE : L’ingérence est le moteur de la descente du pays aux enfers... La destruction de la Syrie bat maintenant son plein

Ce qui avait commencé comme un soulèvement populaire il y a 17 mois est maintenant une guerre civile totale alimentée par des puissances régionales et mondiales et qui menace d’engloutir l’ensemble du Moyen Orient.

Le soutien des pays occidentaux et du Golfe aux combattants rebelles n’apporte pas la libération aux Syriens mais une escalade de conflits sectaires et la guerre.
La destruction de la Syrie bat maintenant son plein. Ce qui avait commencé comme un soulèvement populaire il y a 17 mois est maintenant une guerre civile totale alimentée par des puissances régionales et mondiales et qui menace d’engloutir l’ensemble du Moyen Orient.
Alors que la bataille pour l’antique cité d’Alep continue à la détruire et que les atrocités se multiplient des deux côtés, le danger que le conflit déborde par delà les frontières de la Syrie grandit.
La défection du premier ministre Syrien est le coup le plus spectaculaire d’un programme financé [par des puissances extérieures] même s’il est peu probable qu’il signale un effondrement imminent du régime. Mais la capture de 48 pèlerins iraniens, -ou Gardiens de la révolution selon la version que vous croyez- le risque d’une attaque turque dans les régions kurdes de Syrie et d’un afflux de plus en plus grand de combattants djihadistes, donne une idée de ce qui est en jeu aujourd’hui.
L’interventionnisme régional et occidental est à la base de l’escalade du conflit. Ce n’est pas l’Irak, bien sûr, avec des centaines de milliers de soldats au sol, ou la Libye avec des bombardements aériens dévastateurs. Mais la forte augmentation ces derniers mois de livraisons d’armes, de financements ainsi que le soutien technique fourni pas les Etats Unis, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et d’autres pays, a donné un coup de fouet considérable aux moyens d’action des rebelles, et accru le nombre de victimes.
Barack Obama a jusqu’ici résisté aux demandes des faucons néo-conservateurs et libéraux qui veulent une intervention militaire directe. Au lieu de cela, il a autorisé des formes plus traditionnelles de soutien militaire clandestin apporté par la CIA aux rebelles syriens dans le style de ce qu’ils ont fait au Nicaragua. Les Etats-Unis, qui avaient soutenu le premier coup d’Etat en Syrie en 1949, financent depuis longtemps des organisations d’opposition.
Il y a quelques mois, Obama a donné un ordre secret autorisant un soutien clandestin (ainsi qu’un soutien ouvert, financier et diplomatique) à l’opposition armée. Ce qui comprend les paramilitaires de la CIA sur le terrain, le « commandement et le contrôle » ainsi que l’assistance en matière de télécommunications, l’acheminement des livraisons d’armes du Golfe via la Turquie pour des groupes de combattants syriens partenaires.
Après le blocage le mois dernier par la Russie et la Chine de sa dernière tentative pour obtenir l’appui des Nations Unies pour un changement de régime par la force, l’administration américaine a fait savoir qu’elle allait maintenant intensifier le soutien aux rebelles et coordonner avec Israël et la Turquie des plans de « transition » pour la Syrie.
« Vous remarquerez que ces deux derniers mois, l’opposition a été renforcée, » a déclaré un haut fonctionnaire américain au New York Times vendredi dernier. « Maintenant nous sommes prêts à accélérer. » Ne voulant pas être en reste, William Hague, se vantait que la Grande-Bretagne était aussi en train d’accroître sont soutien « non-létal » aux rebelles. Les Etats autocratiques d’Arabie Saoudite et du Qatar apportent l’argent et des armes, comme l’a reconnu cette semaine le Conseil National Syrien (CNS) soutenu par l’Occident, tandis que la Turquie, membre de l’OTAN, a mis en place la logistique et la formation de base pour l’Armée Syrienne Libre (ASL) à l’intérieur ou à proximité de la base aérienne américaine d’Incirlik.
Pour les Syriens qui veulent la dignité et la démocratie dans un pays libre, la prise en rapide et multiforme de leur soulèvement par l’aide étrangère est un désastre plus grand encore que celui qu’à connu la Libye. Après tout ce sont désormais des officiels du régime dictatorial et sectaire d’Arabie Saoudite qui choisissent quels groupes armés obtiendront de l’argent, et non pas des Syriens. Ce sont des agents secrets des États-Unis, le pays qui parraine l’occupation israélienne du territoire syrien et des dictatures dans la région, qui décident quelles unités rebelles auront des armes.
Les militants de l’opposition insistent pour affirmer qu’ils vont préserver leur autonomie, fondée sur un soutien populaire profondément enraciné. Mais il est clair que la dynamique du soutien externe risque de transformer les organisations qui en dépendent en instruments de leurs commanditaires, et non pas de ceux qu’ils veulent représenter. Les financements du Golfe ont déjà aiguisé le sectarisme religieux dans le camp des rebelles, tandis que les informations sur la désaffection de l’opinion vis-à-vis des combattants rebelles à Alep illustrent les dangers de groupes armés étrangers qui s’appuient sur des gens venus de l’étranger plutôt que sur leurs propres communautés.
Le régime syrien est bien entendu soutenu par l’Iran et la Russie, comme il l’est depuis des dizaines d’années. Mais une meilleure analogie pour comprendre l’implication des pays occidentaux et du Golfe dans l’insurrection syrienne serait si l’Iran et la Russie sponsorisaient une révolte armée, disons, en Arabie Saoudite.
Pour les médias occidentaux, qui ont largement traité du soulèvement syrien comme étant une lutte unidimensionnelle pour la liberté, les preuves aujourd’hui inévitables de tortures et d’exécutions de prisonniers par les rebelles – ainsi que de kidnappings par des organisations du genre Al-Qaïda, qui une fois de plus se retrouvent dans une alliance avec les Etats Unis – semblent avoir été comme un choc.
En réalité, la crise syrienne a toujours eu plusieurs dimensions correspondant aux lignes de faille les plus sensibles de la région. C’était au début un authentique soulèvement contre un régime autoritaire. Mais il a évolué de plus en plus vers un conflit sectaire dans lequel le régime Assad dominé par les alaouites a pu se présenter lui-même comme le protecteur des minorités – alaouite, chrétienne et kurde – contre une marée d’oppositions dominée par les sunnites.
L’intervention de l’Arabie Saoudite et d’autres autocraties du Golfe, qui ont essayé de se protéger d’un bouleversement arabe plus large en jouant la carte anti-chiite, a pour objectif évident une société sectaire, pas une société démocratique. Mais c’est la troisième dimension – alliance de la Syrie avec Téhéran et le mouvement de résistance chiite libanais, le Hezbollah – qui a transformé la lutte en Syrie en guerre par procuration contre l’Iran et en un conflit global.
Beaucoup d’opposants syriens diront qu’ils n’avaient d’autre choix que d’accepter le soutien de l’étranger pour se défendre eux-mêmes contre la brutalité du régime. Mais comme le soutient le leader de l’opposition indépendante Haytham Manna, la militarisation du soulèvement a réduit sa base populaire et démocratique tout en augmentant considérablement le nombre de victimes.
Il y a donc le danger que la guerre puisse se répandre hors de Syrie. La Turquie, qui a une importante population alaouite chez elle ainsi qu’une minorité kurde réprimée depuis longtemps, a revendiqué le droit d’intervenir contre les rebelles kurdes en Syrie après le retrait par Damas de ses troupes des les villes kurdes. Des affrontements provoqués par la guerre en Syrie se sont intensifiés au Liban. Si la Syrie devait se fragmenter, tout le système post-ottoman des frontières et des Etats du Moyen Orient pourrait être remis en question avec elle.
Cela pourrait se produire aujourd’hui indépendamment de la durée de survie d’Assad et de son régime. Mais l’intervention en Syrie revient à prolonger le conflit plutôt que de donner un coup fatal au pouvoir.
Seule la pression pour un règlement négocié, que l’Occident et ses amis ont si vigoureusement bloqué, peut maintenant donner aux Syriens la possibilité de déterminer leur propre destin et stopper la descente du pays aux enfers.
Seumas Milne - The Guardian (UK) 7 août 2012
Traduit de l’anglais par Djazaïrimounadil.wordpress.com
mondialisation.ca

dimanche 12 août 2012

Monde Arabe : Le Qatar, l'Arabie Saoudite et les autres dictatures arabes

Il y a deux ans, on m'aurait annoncé que le Qatar et l'Arabie Saoudite seraient un jour les promoteurs officiels de la démocratie dans le monde arabe, j'aurais cru à une blague grotesque et improbable.

 Pourtant, c'est à ce jeu de haute voltige que s'exerce la diplomatie de ces deux pays depuis plus d'un an et demi en prenant comme cibles idéales des régimes arabes autocratiques avec lesquels elle avait déjà eu quelques différends à régler.
Les relations entre les présidents et les monarques arabes n'ont jamais été au beau fixe. Et cette tension était perceptible surtout à l'occasion de sommets de la ligue arabe que l'actualité leur imposait.
Le citoyen arabe restait tout pantois devant ces spectacles kafkaïens et désolants auxquel il assistait impuissant lors desquels un Kadhafi, un Hamad Ben Khalifa Al Thani ou un Abdallah ( la liste est longue) échangeaient des mots d'oiseau, se faisaient des menaces explicites ou sortait carrément leurs flingues comme de vulgaires gangsters.
Généralement, un ou deux chefs d'état exaspérés finissent par claquer la porte. On met fin au sommet avant l'heure. L'incident est clos. Chacun regagne son bled et en principe tout rentre dans l'ordre. Mais les ressentiments, eux, restent.
L'avènement du "Printemps arabe" a brouillé toutes les cartes et a réveillé de vieux démons. La naissance de troubles dans certains pays ont fait en effet le bonheur de certains chefs d'état, en particulier celui de l'émir Hamad Ben Khalifa Al Thani et à moindre mesure celui du Roi Abdallah Ben Abdelaziz Al Saoud.
C'était l'occasion rêvée pour mettre à exécution leurs vengeances. L'émir du Qatar, par exemple, s'était toujours senti mal aimé par ses pairs arabes en raison de la manière indigne par laquelle il avait accédé au pouvoir en montant un coup d'état blanc contre son propre père qui se trouvait alors en visite privée en Suisse.
Le Roi Abdallah d'Arabie Saoudite, lui, représentait pour la majorité de ses pairs l'image du traître par excellence en raison de sa promiscuité plus que douteuse avec Washington. Avec l'émir du Qatar, il forme un binôme de larbins de service pour la Maison Blanche, tout juste bons à exécuter les basses besognes.
Dans ce "Printemps arabe" pré-fabriqué et taillé sur mesure, l'émir et le roi ont joué des rôles décisifs dans l'abandon du pouvoir par Moubarrak , dans les départs de Ben Ali et d'Ali Abdallah Saleh , et enfin dans la déroute de leur ennemi commun: Kadhafi.
Les Assad père et fils ont quant à eux toujours été mis à l'écart dans le monde arabe en raison de leur appartenance à cette minorité alaouite qui prône un islam proche du chiisme iranien, en complète opposition avec le wahhabisme sunnite diffusée par la monarchie saoudite qui a engendré 14 des 19 terroristes impliqués dans les attentats du 11 Septembre.
L'action du Qatar et de l'Arabie Saoudite contre les autres régimes arabes n'est pas uniquement une affaire de vengeance ou de différence religieuse. Elle s'inscrit aussi dans un vaste projet de démocratisation du monde arabe initié par Georges Bush et les néo-conservateurs, et complété par Obama.
L'Arabie Saoudite et le Qatar représentent eux-mêmes les pires dictatures du monde arabe. Comme de vulgaires indics à la solde des USA, ils ont activement collaboré à la chute de plusieurs régimes arabes. Mais ce qu'ils ne savent pas ou plutôt feignent de ne pas savoir c'est que viendra le jour où ils subiront eux aussi le même sort.

Telle est la volonté américaine. Tous les moyens sont bons pour l'accomplir. L'objectif ultime de l'administration américaine est de se débarrasser de tous les despotes arabes afin d'instaurer la démocratie et de lutter contre le terrorisme. Mais en armant des groupes salafistes elle prend le risque qu'un jour ces mêmes armes se retournent contre elle. Sur mon blog du Monde: http://ahfir.blog.lemonde.fr/2012/08/12/le-qatar-et-larabie-saoudite-ou-la-guerre-des-dictatures/  Par Rachid Barbouch Source : MEDIAPART

Syrie : La performance honteuse des médias occidentaux (américains, britanniques, français et autres) sur le conflit syrien est tout à fait honteuse.

La performance des médias occidentaux (américains, britanniques, français et autres) sur le conflit syrien est tout à fait honteuse. On n'attend pas grand chose des médias américains. Des éditorialistes et des correspondants étrangers mal informés et la lâcheté politique en ont fait des outils de la politique étrangère des Etats-Unis. C'est particulièrement vrai quand il s'agit de la couverture du Moyen Orient, où un supplément de courage politique et un niveau singulier de connaissance et d'expertise sont plutôt rares, bien que ce soit des éléments essentiels pour contester la politique étrangère US. Mais au sujet de la Syrie, les médias britanniques - y compris le libéral Guardian qui a souvent courageusement dénoncé les politiques étrangères et les guerres de l'occident - sont sur la même ligne que les médias américains.

Ces médias ont floué leurs lecteurs à maints niveaux. Leurs manquements peuvent être résumés comme suit :
1. Avoir recours à des méthodes de documentation qui ne sont jamais acceptées pour la couverture du "conflit arabo-isaélien", comme s'appuyer sur des témoignages, par Skype et par email, de gens dont les noms ne sont pas obtenus par un processus aléatoire, et la dépendance aux agences de presse saoudiennes et quataris.

2. Se cacher derrière le cliché que "le gouvernement syrien n'autorise pas les journalistes à entrer" pour justifier les florilèges variés d'erreurs contenues dans les articles. De nombreux journalistes ont soit été autorisés à entrer ou se sont arrangés pour entrer en douce ; l'exonération générale de responsabilité utilisée quotidiennement dans le New York Times est donc inexacte et induit les lecteurs en erreur. Une telle exonération n'est jamais utilisée contre Israël, qui impose des formes strictes de censure aux reportages sur Israël, en particulier quand il perpètre ses crimes de guerre et massacres habituels.

3. Le recours aux comptes-rendus de l'opposition syrienne en exil sans aucun examen ni scepticisme sain.

4. L'hypothèse que les organes médiatiques financés par les Saoudiens ou par les Qataris ne véhiculent pas les programmes de ces gouvernements.

5. Obscurcir exprès le rôle lourd des Frères musulmans dans l'opposition syrienne en exil dans le but de projeter l'image trompeuse d'une opposition laïque.

6. Le rôle que la plupart des journalistes et correspondants occidentaux ont joué sur Twitter pour mener la claque de l'Armée syrienne libre et l'opposition syrienne en exil. La prétention à l'objectivité est abandonnée.

7. Le recours constant (en particulier dans la presse états-unienne) à des "experts" de l'Institut sioniste de Washington pour la politique du Proche-Orient comme s'il n'avait pas de programme de lobby idéologique. La référence à cet Institut n'informe les lecteurs que sur son orientation politique - et c'est un euphémisme.

8. La distorsion délibérée et la fausse représentation d'un camp dans le conflit.

9. L'insistance à affirmer que Bashar al-Assad n'a pas de base de pouvoir en Syrie - en dehors de la communauté alaouite - quand l'endurance montrée par le régime requiert davantage que le recours à la force brutale, pour laquelle le régime est bien connu.

10. L'écart entre la couverture passée de la Syrie, qui a négligé les violations des droits de l'homme par le régime Assad pendant ses années d'entente avec les gouvernements occidentaux et la soudaine découverte de la brutalité du régime.

11. L'obsession des préoccupations israéliennes : les médias couvrent effrontément l'histoire de provenance israélienne sur des armes chimiques syriennes sans jamais mentionner l'énorme arsenal israélien d'armes de destruction massive.

12. Le manque de vérification des informations publiées.

13. Brouiller les lignes entre la politique éditoriale et les articles - ceci a été vrai même dans The Economist - un des meilleurs échantillons du journaliste moderne.

14. Couvrir l'histoire de la Syrie depuis d'autres capitales, à commencer par Beyrouth, où les journalistes sont largement dépendants des services, suggestions et même instructions du bureau de presse Hariri (l'ancien chef du bureau de CNN travaille maintenant pour la famille Hariri).

15. La peur de s'inscrire en faux vis-à-vis des hypothèses et orientations de la politique occidentale.

16. L'absence d'ironie dans les articles sur le soutien qatari et saoudien à la lutte démocratique en Syrie.

17. Couvrir les crimes de guerre et autres méfaits de l'Armée syrienne libre.

18. La réticence à écrire sur les combattants jihadistes étrangers en Syrie jusqu'à ce que le gouvernement US admettent leur présence.

19. La tendance à reprendre les mêmes informations.

20. L'absence d'hésitation à rapporter les mensonges et les fabrications tant qu'ils servent la cause des gouvernements occidentaux et tant qu'ils nuisent à la cause du régime syrien ennemi.

21. Le mépris pour le contexte politique de certains des opposants de dernière minute au régime syrien. Les médias occidentaux n'ont toujours pas écrit sur ces personnalités qui furent des partisans du régime syrien et qui ont prétendu qu'ils étaient des opposants au régime lorsque c'est devenu politiquement et financièrement opportun.

22. Le recours à des journalistes qui ne connaissent pas l'arabe et ne connaissent pas la région continue. Le New York Times continue d'envoyer des reporters qui ont couvert la politique américaine ou les rondes de la police à NYC pour couvrir la région du Moyen Orient.

Personne n'a à rendre compte et il est peu vraisemblable qu'un livre sorte sur les manquements et les échecs des médias occidentaux, qui ont également commercialisé l'histoire de la Libye et qui n'ont jamais eu à rendre compte des mensonges qu'ils ont colportés à son sujet.
Source : Al Akhbar
Traduction : MR pour ISM
Par As'ad AbuKhalil

jeudi 9 août 2012

Egypte - Sinaï : à qui profite le crime ? - Qui donc se cache derrière cette attaque terroriste ? Quel est le parti que bénéficiera le plus de l’agression dans le Sinaï ?

Je peine à exprimer ma colère et le choc terrible ressenti après le crime commis dans la nuit de dimanche contre les soldats égyptiens dans le Sinaï. Dix-sept soldats ont perdu la vie et beaucoup d’autres ont été blessés.
Peu importe les résultats attendus de l’enquête qui se déroule actuellement, cet acte brutal affecte les Égyptiens, les Palestiniens et tout le monde arabo-musulman.
Qui donc se cache derrière cette attaque terroriste ? Quel est le parti que bénéficiera le plus de l’agression dans le Sinaï ?
Dans les grandes lignes, je vais main dans la main avec le scénario selon lequel Israël est le cerveau de l’inhumaine opération qui comme d’habitude a été attribuée aux Palestiniens.
Plusieurs arguments attestent qu’Israël est le plus susceptible d’être à l’origine de cette attaque et qu’il tire tous les avantages de la détérioration des relations palestino-égyptiennes :
1. L’objectif est de déstabiliser le système de sécurité de l’Égypte et maintenir le statu quo en paralysant les projets de développement promis par le nouveau président de l’Égypte, et en particulier dans le Sinaï.
2. Israël est mécontent de l’évolution des relations du Hamas de Gaza et du nouveau gouvernement égyptien. Récemment, lors d’une visite historique, Morsi a chaleureusement accueilli le Premier ministre du gouvernement de Gaza, Ismaël Haniyeh. L’Égypte avait alors clairement déclaré qu’elle mettrait fin au blocus de Gaza ou du moins l’atténuerait.
3. Au cours des six dernières années, Israël s’est efforcée de propager et maintenir une fausse image de la bande de Gaza, la dépeignant comme dirigée par « une bande islamiste radicale " (ce qui n’a jamais été prouvé dans les faits). Ainsi, Israël peut justifier son blocus illégal sur la bande de Gaza en prétextant la nécessité de maintenir et de resserrer le blocus sur la bande de Gaza.
1. Le mouvement de protestation sociale à l’intérieur d’Israël a rapidement élargi ses demandes de « justice sociale » au sein de la société israélienne. Au cours des dernières semaines, un certain nombre de citoyens israéliens se sont immolés par le feu, ce qui constitue une menace réelle pour le gouvernement de droite de Netanyahou. Grâce à l’émergence de menaces à la sécurité (fabriquées par Israël) à la frontière égypto-israélienne, ce mouvement populaire est le plus susceptible de diminuer.
Avant même que soit révélée l’identité des auteurs du crime, il y a certaines évidences doivent être prises en considération établissant qu’Israël est responsable de cette agression. Israël a alerté et a demandé à ses citoyens de quitter le Sinaï immédiatement et de retourner en Israël. Des sources palestiniennes ont signalé que le personnel du point de passage de Kerem Shalom s’est vu intimé l’ordre d’évacuer le passage les heures qui ont précédé l’attaque.
Les 1,7 millions de Palestiniens vivant à Gaza ont totalement condamné l’agression irresponsable et anti-islamique. La société gazaouie dans sa totalité a exprimé sa solidarité avec tout le peuple égyptien pour la perte de 17 de ses fils. Les habitants de Gaza vivent depuis six années sous un siège drastique qui a rendu leur vie littéralement impossible. Ils ne bénéficie en rien de ce qui s’est passé, bien au contraire. Quelle que soit l’identité de ceux qui ont perpétré cette agression, qu’ils soient palestiniens ou égyptiens, il y a un consensus général selon lequel cet acte est anti-islamique, anti-arabe, et anti-palestinien.

* Ayman T. Quader peut être joint à :ayman.quader@gmail.com
Consultez son blog à : http://peaceforgaza.blogspot.com/20... 
Source : Info-Palestine