jeudi 9 août 2012

Prisonniers palestiniens en grève de la faim « Nous exhortons la communauté internationale à intervenir auprès d’Israël pour la défense de ces détenus avant que leur état ne se détériore encore davantage. »...

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont publié ce mercredi une déclaration commune condamnant les « mauvais traitements scandaleux », dont des agressions physiques, appliqués aux prisonniers palestiniens en grève de la faim.
« Nous sommes indignés par les mauvais traitements et les attaques violentes sur les prisonniers palestiniens en général, et en particulier dans les cas des grévistes de la faim, en situation si fragile », a déclaré un communiqué de presse conjoint de l’organisation de soutien aux prisonniers Addameer et des organisations de défense des droits de l’homme, Al-Haq et Physicians for Human Rights -Israël (PHR-IL).
« Nous exhortons la communauté internationale à intervenir auprès d’Israël pour la défense de ces détenus avant que leur état ne se détériore encore davantage. »
Les médecins et avocats des organisations qui ont pu visiter les prisonniers dans le centre médical de la prison de Ramleh ont exprimé une préoccupation particulière pour la vie de deux détenus administratifs, Samer Al-Barq et Hassan Safadi, qui ont fait l’objet de mauvais traitements systématiques de la part de l’IPS (administration pénitentiaire israélienne).
« Dans le proche avenir, la santé des deux grévistes va se détériorer encore plus, et donc leur état requiert une attention particulière et une surveillance étroite », a déclaré un médecin de PHR-IL à la suite de sa visite aux prisonniers.
Les deux détenus refusent à présent les vitamines et sels minéraux, afin de protester contre « les traitements humiliants et violents par le personnel de l’IPS ». Le même médecin a demandé que les patients soient examinés une fois par semaine par un médecin impartial, sans la nécessité d’une ordonnance du tribunal.
Les médecins de PHR-IL ont également signalé que la petite cellule de 1,5 sur 1,8 mètre, partagée par les deux prisonniers, n’avait pas un espace suffisant pour les fauteuils roulants dont ils ont besoin pour leurs activités quotidiennes, comme aller aux toilettes et à la douche.
Selon les organisations, Samer Al-Barq, qui est actuellement à son 78e grève de sa seconde grève de la faim - après avoir déjà accompli une grève de la faim de 30 jours - « a été violemment tabassé lors de son transfert » de Ramleh vers le tribunal militaire d’Ofer le 31 juillet.
Les forces spéciales IPS sont réputées pour leur traitement particulièrement brutal des prisonniers pendant les transferts.
Hassan Safadi, qui est maintenant à son 48e jour de grève de sa seconde grève de la faim - après une première grève de la faim de 71 jours - a fait état de mauvais traitements similaires de la part du personnel de l’IPS qui effectue régulièrement des fouilles violentes dans leur cellule.
Dans un de ces raids « ils l’ont insulté et roué de coups sur tout le corps », le laissant avec une jambe blessée.
En juin, Israël a rompu un accord conclu avec le comité des prisonniers palestiniens et qui mettait fin à une grève de la faim de masse, en renouvelant la détention de Hassan Safadi pendant encore six mois.
Hassan Safadi est emprisonné depuis le 29 juin 2011 (sans procès ni même accusation) et le renouvellement de sa détention administrative constitue une violation de l’accord entre le comité des prisonniers et les responsables israéliens des prisons.
La grève de la faim de masse de plus de 2000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes plus tôt cette année, était une protestation contre la cruelle politique israélienne de détention administrative, ainsi que contre les conditions difficiles qui leur sont imposées pendant leur emprisonnement.
La grève avait pour but de faire pression sur Israël pour abandonner la détention administrative, mais l’État juif n’a pas répondu aux demandes de changement de sa politique vis à vis des prisonniers.
Cette loi remonte à l’époque du mandat britannique sur la Palestine historique et permet à Israël de détenir les Palestiniens sans inculpation pendant des périodes de six mois renouvelables, sans limite de temps.
Amnesty International et Human Rights Watch ont déjà condamné cette politique comme étant une violation du droit international humanitaire.
Deux autres prisonniers politiques palestiniens sont en grève de la faim : Ayman Sharawna et Samer Al-Issawi, depuis respectivement 38 et 7 jours. Les deux ont été libérés en octobre dernier suite à un échange de prisonniers, et par la suite kidnappés à nouveau.
Israël a été accusé de mettre en œuvre une véritable politique d’apartheid envers les Palestiniens autochtones.
8 août 2012 - Al-Akhbar - Vous pouvez consulter cet article à : http://english.al-akhbar.com/conten...
Traduction : Info-Palestine.net - Al-Mukhtar

Entre l’élu et la rue...La dé­mo­cratie est une phrase....La rue, un moyen d’expression de la… ma­jo­rité silencieuse..

La dé­mo­cratie est une phrase
Le vote aux quatre ans n’est qu’un des mo­ments de la démocratie.
La dé­mo­cratie est comme une phrase dans la­quelle le vote est l’équivalent du point final. Le plus im­por­tant est tout ce qui pré­cède. Le sujet (les ci­toyens), le verbe (les ac­tions) et les com­plé­ments (la dis­cus­sion, longue et nuancée, des en­jeux de la so­ciété).
La dé­mo­cratie est d’abord consti­tuée des dé­bats pu­blics qui se dé­roulent entre les élec­tions. Ces dé­bats sti­mulent la par­ti­ci­pa­tion des ci­toyens à la re­cherche de so­lu­tions communes.
Parmi les moyens dont dis­posent les ci­toyens pour par­ti­ciper à ce débat per­ma­nent, les ma­ni­fes­ta­tions sont lé­gi­times. Mettre au ban ces moyens-là, en­traîne un ré­tré­cis­se­ment de l’espace politique.
La rue, un moyen d’expression de la… ma­jo­rité silencieuse
On ne peut pas op­poser la rue à la ma­jo­rité si­len­cieuse. Car la rue est un moyen d’expression de la ma­jo­rité silencieuse.
La di­ver­sité qui ca­rac­té­rise dé­sor­mais nos so­ciétés plu­ra­listes et moins consen­suelles, for­mées de ci­toyens plus sco­la­risés, plus in­formés, plus libres et plus au­to­nomes, rend la gou­verne de plus en plus com­plexe. Prendre la meilleure dé­ci­sion po­li­tique de­vient un sport ex­trême. Il est de­venu im­pos­sible d’imposer uni­la­té­ra­le­ment une dé­ci­sion du­rable. De­puis quelques dé­cen­nies, il est ap­paru, par­tout dans le monde, que la bonne gou­ver­nance in­clut aussi des mé­ca­nismes so­phis­ti­qués de consul­ta­tion et de par­ti­ci­pa­tion pu­blique. La dé­mo­cratie re­pré­sen­ta­tive a be­soin d’être com­plétée par la dé­mo­cratie participative.
Ainsi, est-il vain d’opposer l’élu et la rue. Car en dé­mo­cratie, nous avons be­soin des deux.
extrait d'un article de  
Nouveaux Cahiers du Socialisme

mercredi 8 août 2012

SYRIE : L’avenir " libérée " : Nettoyage ethnique religieux et génocide (Countercurrents)... l’Armée Syrienne Libre n’est pas le fruit d’une révolution populaire - mais de l’argent et des armes de l’Arabie Saoudite - il fallait que la guerre pour abattre le gouvernement syrien soit une guerre ethnique et religieuse...

...Comme l’Armée Syrienne Libre n’est pas le fruit d’une révolution populaire - mais de l’argent et des armes de l’Arabie Saoudite - il fallait que la guerre pour abattre le gouvernement syrien soit une guerre ethnique et religieuse. L’Arabie Saoudite se sert depuis longtemps du Wahhabisme, une forme rare d’extrémisme de l’Islam sunnite, comme d’une outil politique, en l’exportant dans les pays dont elle veut renverser les gouvernements...

Un revirement fascinant s’est opéré dans les médias-systèmes étasuniens : Au bout d’un an de propagande anti-syrienne et de mensonges, des bribes de la vérité commencent à être révélées au public. Il se peut que ce soit trop peu et trop tard : le pays se débat dans un cauchemar de nettoyage ethnique religieux et de massacres.
Après avoir incité à la guerre sans discontinuer, le New York Times s’est donné une seconde pour essuyer le sang de ses mains avant de se mettre à décrire le véritable état des choses en Syrie. Apparemment, les reportages précédents affirmant que l’armée syrienne massacrait sans discrimination les citoyens de Homs n’étaient qu’un mensonge qui tournait en boucle dans les médias.
Il apparaît maintenant que c’était exactement le contraire.
En réalité, beaucoup des réfugiés qui se sont enfuis de Homs étaient des chrétiens persécutés, attaqués par des membres de l’Armée Syrienne Libre qui ont aussi assassiné des membres de minorités religieuses dans le but de recruter des Sunnites radicaux en Syrie pour mener une guerre religieuse contre l’état laïque syrien.
Le contexte
Comme l’Armée Syrienne Libre n’est pas le fruit d’une révolution populaire - mais de l’argent et des armes de l’Arabie Saoudite - il fallait que la guerre pour abattre le gouvernement syrien soit une guerre ethnique et religieuse. L’Arabie Saoudite se sert depuis longtemps du Wahhabisme, une forme rare d’extrémisme de l’Islam sunnite, comme d’une outil politique, en l’exportant dans les pays dont elle veut renverser les gouvernements.
Les Etats-Unis soutiennent depuis longtemps les efforts de l’Arabie Saoudite dans ce sens dans une dynamique qui a progressivement donné naissance aux Talibans et à Al Qaeda. Les Etats-Unis refusent de renoncer à cette stratégie parce qu’elle est incroyablement efficace pour renverser des gouvernements "hostiles", ce qui n’empêche pas de maintenir de grandes parties du Moyen-Orient dans l’Islam traditionnel qui exerce un bon contrôle des activités politiques de la classe laborieuse, d’autant plus qu’en Arabie Saoudite les manifestations, les syndicats et les droits civils sont illégaux.
Les minorités religieuses persécutées de Homs considéraient le gouvernement syrien comme leur allié contre les "libérateurs" de l’ASL, les chéris des médias étasuniens et les marionnettes au service de la politique étrangère de l’Arabie Saoudite.
La persécution des minorités
Un article d’opinion du New York Times (*) a décrit les faits mieux qu’aucun reportage précédent :
"L’opposition [l’armée Syrienne Libre] armée et financée par l’Arabie Saoudite a "nettoyé" la province de Homs de 80 000 chrétiens en les chassant de chez eux... en mars et ces chrétiens ont petit à petit abandonné l’espoir de rentrer chez eux un jour".
"Le nettoyage ethnique perpétré par les rebelles [l’Armée Syrienne Libre] a conduit une partie des Sunnites qui au départ soutenaient les rebelles et des Syriens qui hésitaient entre les deux camps à se rallier à Assad. Beaucoup de gens qui auparavant considéraient le régime comme une kleptocratie, le voient maintenant comme le meilleur défenseur du pluralisme [ethnique et religieux] en danger. "
La complicité des Etats-Unis
Cette soudaine volte-face révèle des faits qui sont connus depuis longtemps par le gouvernement et les médias étasuniens. Le New York Times ajoute :
"Washington est conscient de l’ampleur du problème [fanatisme religieux et persécution des minorités]. Déjà en juin 2011, Robert Stephen Ford, l’ambassadeur étasunien en Syrie, avait prévenu ses homologues à Damas de ce qu’Al Qaeda avait infiltré les forces de l’opposition. En s’entêtant à soutenir la tentative de l’Arabie Saoudite pour déstabiliser la Syrie, Washington, loin d’aider Israël ou d’affaiblir l’Iran, contribue a créer une crise humanitaire qui reviendra hanter les Etats-Unis.
En résumé : les politiciens étasuniens des deux partis politiques ont menti au public sur la vraie nature du conflit en Syrie parce que le spectacle d’un pays non allié des Etats-Unis détruit par de barbares luttes ethniques et religieuses leur donnait un avantage politique.

Un dernier extrait de l’article du New York Times :
"L’indifférence apparente de la communauté internationale à la dégradation de la situation des minorités religieuses syriennes -et le fait que les gouvernements occidentaux unis contre Assad n’aient quasiment jamais critiqué les forces d’opposition- nourrit un profond sentiment anti-étasunien parmi les Syrien laïcs qui voient les Etats-Unis s’aligner sur l’Arabie Saoudite, le berceau du Wahhabisme [sunnisme extrémiste], contre l’état le plus résolument laïc du monde arabe."
Voilà. il a fallu plus d’un an, mais tout à coup, tout n’est plus blanc ou noir dans la guerre syrienne, ce n’est plus les bons contre les méchants. Il n’est pas question de porter le gouvernement syrien aux nues, mais la dévastation infligée au pays l’a été sur de fausses prémices à l’instigation de puissances étrangères -l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis- qui voulaient à tous prix annihiler le pays pour isoler l’Iran et faciliter le renversement de ce dernier.
 Prétendre que cette entreprise meurtrière est une avancée de la démocratie -comme l’ont fait les politiciens et les médias étasuniens- n’est pas seulement un sommet d’hypocrisie ; cela rentre dans la catégorie réservée à ceux qu’on appelle des criminels de guerre.
Shamus Cooke
Shamus Cooke est assistant social et syndicaliste, et il écrit pour Workers Action (www.workerscompass.org).
Note : * Lien de l’article en question : http://www.nytimes.com/2012/08/04/opinion/syrias-crumbling-p...
Pour consulter l’original : http://www.countercurrents.org/cooke050812.htm
Traduction : Dominique Muselet
URL de cet article 17389 http://www.legrandsoir.info/l-avenir-de-la-syrie-liberee-nettoyage-ethnique-religieux-et-genocide-countercurrents.html

mardi 7 août 2012

الاوراق الاميركية الجديدة ضد سوريا : مفضوحة و ساقطة ايضاً العميد امين حطيط Syrie : États-Unis et terrorisme international… nouvelles cartes… même combat !

Il arrive un moment où les mots les plus simples traduisent  les situations les plus compliquées parce qu’elles finissent par ne plus prêter à discussion : toutes les guerres sont sales, mais la guerre non déclarée à la Syrie par 133 pays plus ou moins directement concernés est la plus sale de toutes, progrès oblige ! Reste à savoir quelles sont les catégories réellement responsables du pilonnage médiatique immonde, mis à part les dirigeants politiques qui n’osent même pas invoquer les raisons de leur acharnement à détruire toujours plus en invoquant leur « Responsabilité De Protéger », alors qu’ils ne semblent pas pouvoir protéger leurs propres populations des menaces  qui s’accumulent à l’horizon [1]… Une guerre groupée tellement sale et inavouable qu’elle a mobilisé la soi-disant fine fleur de leurs médias, journalistes, intellectuels, experts, et prétendus amis… non seulement pour lobotomiser tous ceux qui sont en situation de leur donner un blanc seing ou qui ne se sentent pas concernés, mais aussi pour faire taire ceux qu’ils agressent au cas ou la lobotomie serait imparfaite. Comment parler autrement de la non-condamnation des attaques criminelles menées bombes battantes  contre des journalistes syriens qui ne font rien d’autre que tenter de lever le voile sur leurs mensonges au prix de leur propre vie ?  Propagande nous dira-t-on ! Dans ce cas, un récent exemple suffira peut-être à réviser leur accusation, celui du présentateur journaliste de la télévision syrienne Mohamed al-Saeed dont l’enlèvement, à Damas à la mi-juillet, a pourtant été signalé par « Reporters sans frontières » [2] ! Le 4 Août, al-Nusra émanation du réseau al-Qaïda a revendiqué son meurtre et posté sa photo prise avant sa mort… est-ce que la corporation des journalistes de France, de Navarre, ou d’ailleurs s’en est offusquée et a cessé de mentir ? Cet homme le voici dans son environnement naturel [3], la Syrie, pays certainement imparfait mais où l’on assassine un mode de vie, un multiculturalisme, une multiethnicité harmonieuse depuis des siècles malgré des épisodes de zizanie semés par toutes sortes d’envahisseurs et de croisades, mais qui est devenu un danger menaçant les plans successifs de partition du Moyen-Orient, comme si les conséquences de celle réalisée par les accords de Sykes-Picot en 1916 n’avaient pas assez fait de dégâts et de malheurs pour en ajouter une seconde couche ! Le colonialisme déclaré n’est plus acceptable par des sociétés a priori civilisées ? Qu’à cela ne tienne, reste la solution du colonialisme déguisé… déguisé par les médias des sociétés civilisées [4] !  Mais la Syrie se défend et résiste comme nous l’explique le Général Hoteit, et quelles que soient les rumeurs allégrement colportées par l’Armada de journalistes engagés, bon gré mal gré, depuis bientôt un an et demi…  [NdT].
Il n’aura pas fallu plus de deux jours aux USA  pour jeter de nouvelles cartes dans ce qu’il est convenu d’appeler « la crise syrienne » : d’abord celle de la démission  de Mr Kofi Annan,  puis celle de la résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU sur la base d’un projet dicté aux saoudiens [5], suivies de leur décision déclarée et explicite d’armer la soi-disant opposition syrienne… [6]. Certains observateurs pourront toujours se dispenser de faire le lien entre ces trois cartes ;  nous pensons qu’elles relèvent du même jeu, répondent pratiquement aux mêmes raisons, et sont censées mener aux mêmes objectifs. 
Pour commencer, il nous faut rappeler ce que nous avons précédemment dit quant à l’étroite collusion de Mr Annan avec l'administration américaine pendant et après l’exercice de ses fonctions au poste de Secrétaire général de l’ONU. J’en ai moi-même fait l’expérience  en 2000 [Israël se retire du Liban sud mettant fin à 22 ans d’occupation… Mr Annan propose ses bons offices pour la certification du retrait israélien… NdT] où j’ai pu constater l’ampleur de sa stricte obéissance  aux ordres des USA, même lorsqu’ils étaient donnés au détriment de la justice et de l'équité. Dès lors, sa nomination en tant que représentant du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies en Syrie n'a pu se faire que par leur volonté, d’autant plus que  Ban Ki-moon - le Secrétaire général actuel -  est le plus inféodé de tous ses prédécesseurs, au point que beaucoup le considèrent comme un simple « fonctionnaire US » rattaché à cette organisation. C’est pourquoi nous disons que la démission de Mr Annan a été au minimum planifiée collectivement dès le départ ou, et c’est plus probable, a été exécutée sur ordre décrété par les USA tout comme la dernière résolution adoptée par l'Assemblée générale de l’ONU qui a nécessité le paiement de trois milliards de pétrodollars saoudiens et qataris pour obtenir une majorité de votants, aussi maigre soit-elle.
Ce qui est remarquable est que ces prises de position sont arrivées au cours de  la semaine suivant les opérations menées par l'Armée syrienne pour parer au coup fatal du plan mis au point par les États-Unis et baptisé " volcan à Damas… séisme en Syrie », plan qui a mobilisé d’énormes moyens pour, selon eux, mettre à genoux Damas et Alep, puis détruire la Syrie et renverser son gouvernement ! Mais le plan a échoué à Damas où l’Armée a réussi à contrecarrer l'agression en empêchant les terroristes de prendre les commandes dans neuf quartiers nettoyés de leur présence en un temps record, avant de se diriger vers Alep pour traiter le problème comme il se doit par une confrontation décrite comme la  « bataille décisive » ou la « bataille finale » de la crise syrienne…
Cette évolution sur le terrain a déclenché la mobilisation d’une agressivité médiatique paroxystique « internationale » devant le simple fait que les autorités syriennes aient décidé de nettoyer Alep des agresseurs entrés pour propager le terrorisme US… Une décision que les USA ont jugée menaçante pour la réussite de leur plan d’attaque à partir du moment où ils ont réalisé que sa mise à exécution n’était plus qu’une question de temps, fonction  des moyens adéquats permettant le minimum de pertes possibles. C’est donc quasi immédiatement que les USA ont jeté leurs nouvelles cartes dans la bataille et c’est ainsi que nous avons assisté à une démission, suivie d’une résolution de l'Assemblée générale de l’ONU, puis du soutien présidentiel déclaré aux terroristes et confié pour exécution à  la  CIA !  Ce qui nous amène à aborder les objectifs visés par ce dernier jeu de cartes US, tout en notant  que la démission de Kofi Annan est probablement formelle puisque la nomination d’un remplaçant ne pose pas problème et que la résolution votée par l'Assemblée générale des Nations unies n'a pas de valeur juridique contraignante, d’autant plus qu’elle a été adoptée par un groupe de pays US contre un autre groupe de pays qui rejette la politique US, consacrant la division de la communauté internationale sur la crise syrienne ; ce qui n’a rien changé à la donne mise à part la décision US d’armer des terroristes ! Ceci dit, ce n’est pas nouveau puisque les États-Unis sont les donneurs d’ordre aux serviteurs du Qatar, de l'Arabie saoudite et de la Turquie ; les maitres qui ont exigé jusqu’ici le financement de toutes les fournitures d’armes aux terroristes, ce qui n’a pu échapper à n’importe quel observateur doué de raison. Par conséquent nous pouvons dire que ces trois cartes n’auront pas modifié le fond de l’affaire !
Il n’en demeure pas moins qu’il est important de passer en revue  les objectifs attendus  par ce nouveau jeu de cartes US : 
1. Mettre la pression sur les autorités syriennes pour qu’elles s’abstiennent d’entrer  dans la bataille de nettoyage d'Alep tout en donnant aux terroristes une chance supplémentaire pour compenser leurs pertes à Damas,  et surtout renforcer leurs positions dans l'espoir de la convertir en une nouvelle Benghazi syrienne ; la ville d’Alep étant devenue, de leur point de vue, le centre principal d’une bataille qu’il n’est pas concevable de perdre alors qu’une intervention militaire directe pour la sauvegarde des terroristes est toujours impossible. Les trois nouvelles cartes auraient pu être autant d’atouts pour y parvenir, mais ça n’a pas fonctionné…
2.  Rendre les autorités syriennes seules  responsables de l'échec de la mission de paix de Kofi Annan, faire pression sur les Russes et les Chinois pour qu’ils  changent de comportement au sein du Conseil de sécurité, et réussir à mettre la Syrie sous tutelle en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Nous n'avons pas été surpris par le discours de Mr Annan expliquant le processus de transition… suite à sa démission. Il correspondait aux concepts développés par les USA après la Conférence de Genève pour exiger encore une fois la destitution du Président Bachar al-Assad ; ce qui avait été rejeté le jour même par le ministre russe des Affaires étrangères, et ce qui semble toujours hors d’atteinte étant donné la division de la communauté internationale sur le sujet.
3. Remonter le moral des terroristes, après l'effondrement qui a poussé l’un des   chefs  de cette "Armée libre du terrorisme US " à déclarer qu’ils allaient se retirer des villes en raison de leur incapacité à poursuivre la confrontation, un message destiné à ceux qui sont concernés par le maintien du terrorisme vu qu’une solution pacifique à la crise syrienne est désormais totalement incompatible avec le plan US et que le seul moyen de le sortir de l’impasse passe par des agressions armées successives nécessitant un  recrutement  maximum de moyens pour pouvoir se poursuivre.
4. Pousser le groupe des « prétendus amis de la Syrie » et « les oppositions syriennes rivales » à la cohésion souhaitée pour renforcer les forces attaquantes,  surtout après les conflits apparus au grand jour pour toujours plus d'argent et de pouvoir.
Il n’empêche que ce constat est arrivé dans des circonstances qui permettent à tout observateur de déduire des vérités que les USA et son « Axe agresseur de la Syrie » ont voulu dissimiler ou falsifier  depuis près d'un an et demi :
1. Leur propre conviction que la Syrie est encore forte et solide de par  son peuple et son armée et que malgré toute la violence de leur attaque il leur a été impossible d’atteindre leurs objectifs.
2. La solidité des prises de position du front régional, international, et stratégique du camp clairement opposé à l'agression US quels qu’en soient les prétextes et sous n’importe quelles conditions.
3. L’échec et l’effet contraire du marché de dupe attendu par la soi-disant mission de paix - déclarée morte avant même d’être née - de Kofi Annan dont la démission les a ramenés devant l’Assemblée générale des nations unies pour ne déboucher que sur la décision US d’armer les oppositions syriennes qui n’en ont jamais voulue ; ce qui confirme que Mr Annan n’était qu’un « cheval de Troie » qui n’a réussi ni à tromper les Syriens, ni à convaincre leurs alliés de céder à l’exigence première du plan US :  la destitution du Président syrien pour faire main basse sur la Syrie. Mr Annan a donc démissionné non sans essayer de masquer la responsabilité de l’Occident dans  l’échec de sa mission par la résolution de l'Assemblée générale de l’ONU.
En revanche, les mêmes cartes jetées dans cette guerre ouverte contre la Syrie lui ont permis ainsi qu’à ses alliés de réaliser des bénéfices non négligeables :
1. Prouver la complicité et la scandaleuse servitude de l'Arabie saoudite devant l’occupation israélienne de deux de ses iles depuis 1967 sans coup férir pour les libérer, son unique souci se résumant à travailler à l’intervention militaire étrangère en Syrie pour la détruire ; ce qui a été clairement dénoncé par le délégué permanent syrien auprès des Nations Unies, Mr Bachar al-Jaafari.
2. Amener les USA à se dévoiler en tant que vrais parrains du terrorisme mondial puisque après avoir confirmé devant le monde entier que l’organisation d’al-Qaïda était grandement responsable des actes terroristes infligés à la Syrie, ils ont publiquement annoncé leur volonté d’armer ce terrorisme et par décision présidentielle de surcroit ; ce qui signifie qu’ils reconnaissent qu’USA et al-Qaïda mènent un même combat !
3. Confirmer la légitimité du combat de la Syrie face au terrorisme armé ; ce qui fait échec à toutes les calomnies passées ou futures à cet égard.
Dr Amin Hoteit
Article original : Al-tayyar
الاوراق الاميركية الجديدة ضد سوريا : مفضوحة و ساقطة ايضاً 
http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/amine-heteit-hh-9125.htm
Article traduit  de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca.
Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.


La Syrie, théâtre "décisif" de lutte des "Grands" Vers la fin de l’unilatéralisme par l’échec du stratagème « Nouveau Moyen-Orient » ?

Le terrorisme est devenu aussi bien une arme qu’utilisent des organisations ou groupes contre un pouvoir en place pour imposer les changements que l’on souhaite instaurer qu’un instrument de guerre de déstabilisation des pays dans l’objectif de renverser les régimes hostiles. Cette violence consiste à semer le trouble au sein des populations par des attentats, des assassinats et des sabotages pour affaiblir et mieux dominer.
En effet, dans les désordres économiques et moraux actuels que traverse le monde et, plus particulièrement le Grand Capital, avec ses crises structurelles dues à la rapine et à la spéculation comme devant l’impasse à trouver des solutions adéquates - qui exigent des réformes de fond du système capitaliste - on croit avoir trouver une issue en faisant supporter ses crises, récurrentes et sauvages, aux pays faibles militairement mais riches en matières premières en s’employant à les spolier par la force des armes sinon en suscitant le désordre pour mieux recomposer et asseoir son hégémonie.
Susciter le désordre ou le « chaos » étant la solution la moins coûteuse, on a inventer l’artifice le plus ignominieux et le plus immoral qui consiste à se servir de groupes, composés de préférences d’autochtones corrompus et endoctrinés, que l’on entraîne, arme, finance, encadre, pour aller fomenter, chez eux, des révoltes « au nom du peuple » réclamant des droits légitimes et des changements dans le mode de gouvernance.
La tactique, bien pensée dans les ‘officines’ de la manipulation et de la subversion, consiste d’abord à susciter des manifestations que l’on détournera en « volonté populaire » de faire chuter un « pouvoir dictatorial » qui riposterait par « les armes contre son peuple », dans le but de convaincre les opinions publiques de ce pays et surtout internationale à admettre le caractère « pacifique et légitime » de leurs actions et leur faire accepter la nécessité d’une « intervention militaire internationale », en fait leur intervention, sous le fallacieux prétexte « humanitaire ».
Le monde sait maintenant qu’il s’agit d’une tromperie puisqu’il a été découvert et prouvé par l’image, par plusieurs observateurs et analystes politiques et militaires, que la « riposte par les armes » est en réalité un acte prémédité et planifiée par les stratèges de ces ‘officines du mal’, exécuté par des « agents spéciaux » engagés pour tirer sur les manifestants et filmer les scènes de tueries, afin de les présenter comme preuves d’actes « diaboliques » d’un régime « assassinant son peuple » pour se maintenir au pouvoir. Leurs médias dits « mainstream », visuels et écrits, feront le reste par la propagande puisqu’ils sont intégrés dans la stratégie d’endoctrinement et de manipulation.
La Syrie était bien inscrite comme étape essentielle et déterminante dans le stratagème baptisé « Nouveau Moyen-Orient » - pour casser surtout l’Iran, devenu puissance régionale incontournable, sous le prétexte de développement de « l’arme atomique » – ayant pour objectif de dominer cette région en maintenant Israël force supérieure. La « sécurité d’Israël » étant l’argument, trompeur et sournois, permettant de légitimer toutes leurs actions guerrières.
Mais le monde évolue toujours dans le sens de l’équilibre et de la justice, jamais définitivement dans la direction de la domination permanente et de la cupidité. Les alliances se font et se défont en fonction bien-sûr des intérêts, mais surtout des intérêts "stratégiques" qui eux s’érigent sur le long terme sur des bases sûres et équilibrées.
L’unilatéralisme américain qui a dominé jusque-là les relations internationales, après la chute du « bloc soviétique », n’a engendré que plus d’injustices, de désolation et de chaos. Tous les analystes et stratèges indépendants ou non s’accordent à considérer que « l’objectif syrien » visant à maintenir la suprématie de l’Occident, en fait de l’Amérique, sur le monde sera le théâtre "décisif" qui tranchera sur soit la conservation soit la fin de cet unilatéralisme ; c’est précisément dans cette région que la Russie et la Chine montreront et démontreront que le monde compte de nouveaux pôles de décisions pour plus d’équilibre et de justice et ce, en conformité avec leur doctrine. La Syrie est donc, selon ces analyses, « un symbole fort du retour de la puissance russe et de sa capacité à s’opposer à l’unilatéralisme occidental, via le levier de l’Otan ». L’ONU et ses organisations dans leur perversion actuelle servant à produire des « alibis », la CPI pour « menace r », le FMI pour « ruiner et gager » les pays, l’OTAN pour « agresser », l’AIEA pour garder le monopole du nucléaire, la Ligue des « États arabes » cet « attrape-nigaud » pour neutraliser les arabes, la presse pour tromper et manipuler etc… ne resteront plus ces instruments entre les mains de ces lobbies qui décident seuls de ce qui est bon ou mauvais dans le monde au risque de se voir mis au banc des accusés voire agressé pour « non-conformité » par leur « communauté internationale ».
L’évolution des choses, sur ce « théâtre syrien », au plan militaire et diplomatique préfigure déjà le « nouveau rapport de force » qui se dessine avec les pays du "BRICS" qui s’élargit à l’Iran, la Syrie, le Venezuela et bien d’autres non encore déclarés. La Syrie constitue un élément clé dans cette géopolitique russe et chinoise dont le triple veto doublé, décidé sans aucun doute sur des analyses géostratégiques objectives, exprime d’une part une antinomie d’intérêts et donc un rejet de cette politique américaine dans le monde, mais aussi le retour sur la scène internationale d’acteurs qui comptent désormais par leur puissance économique, politique et militaire d’autre part. Selon leurs déclarations, même exprimées diplomatiquement, on peut déduire que toute éventuelle action, en dehors du cadre légal qui est le Conseil de sécurité, sera interprétée comme acte belliciste au regard du droit international. Selon P. Dortiguier, les russes et les chinois se sentent « directement menacés par l’offensive actuellement menée contre la Syrie … C’est déjà un bras de fer mondial dans la mesure où un recul de chacun des 2 camps sur cette question conditionne l’évolution de la situation géopolitique planétaire ». Dortiguier constate aussi que l’Occident s’est pris dans le « piège syrien » qui l’empêche de toute offensive contre l’Iran et que « … la marche arrière de cette croisade vers Téhéran en passant par Damas, débutée en 2011 dans l’euphorie et la tromperie de la jeunesse musulmane égarée par de faux-prêcheurs qui ont deux mains, une pour prier, l’autre pour s’atteler aux États-Unis, a déjà commencé et sera menée à son terme par le véto agrandi des États indépendants ».
Nous avons donc, dans ce Moyen-Orient, un affrontement entre deux conceptions du monde : l’une unipolaire et l’autre multipolaire. La Syrie se trouvant être - avec l’Iran, le Liban et les palestiniens - l’un des redoutables remparts à l’hégémonie américaine sur la région où Israël est désigné suzerain. Tous les autres arguments d’inspiration « humanistes » contre la Syrie, relatifs aux « libertés », « démocratie », « droits de l’homme » cachés dans des « révolutions spontanées des peuples arabes » sous les titres mielleux de « printemps arabes », pour justifier le « changement de régime » pour en installer un autre plus docile, ne sont que propagandes, mensonges et manipulations entrant dans le cadre de la « guerre psychologique » qui consistent à transmettre « … des informations sélectionnées et des indicateurs à des auditoires étrangers pour influencer leurs émotions, leurs motivations, le raisonnement objectif et, ultimement, le comportement des gouvernements étrangers, organisations, groupes et individus [dans le but]… d’induire ou de renforcer les attitudes et les comportements favorables étrangers aux objectifs de l’initiateur » selon un document du Département américain de la Défense. La même tactique a été appliquée en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan, au Soudan et en Libye. On s’emploie à l’appliquer maintenant contre la Syrie après son échec en Iran. Leurs ingérences en Égypte, en Tunisie et au Yémen ou leur silence sur ce qui se déroule en Arabie Saoudite et au Bahreïn avaient, par contre, pour but soit de récupérer les « révoltes authentiques » pour réinstaller des « régimes convenables » soit de maintenir en l’état les « régimes alliés ». Par cette « expédition syrienne » tous les États ont été obligés de se « mettre à nu » en se positionnant sur cette « question ». D’où cette "décantation" qui montre que le monde est divisé selon deux axes : l’axe "Atlantiste" qui regroupe une partie de l’Europe, la Turquie, les pétromonarchies du Golfe, certains États arabes alliés, autour des américano-sionistes et l’axe « BRICS » qui regroupe aussi l’Iran, la Syrie, l’Irak, certains pays arabes non déclarés autour de la Russie et de la Chine.
La stratégie « Nouveau Moyen-Orient » à laquelle s’intègre le projet israélien « Yinon » destiné à assurer la supériorité d’Israël, a pour objectif de reconfigurer le Moyen-Orient de son « environnement géostratégique » grâce à une « balkanisation des états du Moyen-Orient et des pays arabes » pour en faire des « petits états » sans puissance. Elle préconise le démembrement ou morcellement de la Syrie, de l’Irak, du Liban, de l’Iran, mais aussi de la Turquie et du Pakistan. Elle prévoie la partition de l’Afrique du Nord en commençant par l’Égypte puis de l’étendre à la Somalie, au Soudan, à la Libye, au Mali et au reste de la région. Au final, cela consiste à diviser le monde arabo-musulman pour le rendre impuissant et amorphe. La Syrie, pièce maîtresse dans ce "jeux", était prévue pour être divisée en plusieurs mini-états selon les identités sectaires et religieuses pour les sunnites, les chiites, les chrétiens et les druzes.
La guerre directe étant coûteuse et hasardeuse, au vue de la crise économique que traverse l’Occident et du nouveau rapport de force qui s’installe, les stratèges américains ont vite trouvé la solution démoniaque qui permet de la faire par les arabo-musulmans contre eux-mêmes avec leurs argents, leurs hommes et leurs médias ! Leur rôle se limitant aux orientations, aux tactiques, aux techniques de propagandes et aux aides ‘logistiques’ c’est-à-dire les armes. Ils ne peuvent pas trouver meilleurs alliés que l’Arabie Saoudite et le Qatar pour le financement, l’endoctrinement et les recrutements de mercenaires/terroristes arabes (surtout des djihado- salafo-wahabistes d’al Qaida) ainsi que la Turquie d’Erdogan, la Jordanie et leurs soutiens anti syriens du Liban pour installer les bases-arrières aux offensives et aux replis abritées dans les camps dits de « réfugiés ». L’Association internationale des « Frères musulmans » a vite montré son vrai visage, dans ce désordre arabe, en prenant fait et cause pour les thèses Occidentales dans la déstabilisation de certains États arabes soit faute de vision politique lucide, incompétence soit pour cause de corruption et fourberie.
Dans cette lutte d’influence des « Grands », les américains soutiennent être dans le « juste » en aidant des peuples pour leur « émancipation » dans le cadre des « droits et devoirs humains », alors que les russes et les chinois soutiennent qu’il appartient aux peuples seuls, et sans ingérences, de choisir leur destin sans se voir dicter la forme et les moyens par des forces « extérieures ». Chacun applique sa tactique selon ses alliances et sa force ! Tout le reste des acteurs, dans cette lutte, ne sont que des pions ou des "marionnettes", qui trouvent leurs intérêts chez l’un ou l’autre.
Lors d’une rencontre avec des jeunes, à Damas, Bachar al-Assad a déclaré « Le peuple syrien est confronté à une avalanche de complots, pour avoir dit non aux États-Unis… Le pays surmontera la crise actuelle et déjouera les complots, les uns après les autres. A ce moment-là, les pays arabes présenteront leurs excuses au peuple et au gouvernement syriens, pour leurs positions anti-syriennes ».
Les médias ainsi que leurs auxiliaires des « droits de l’homme » dont l’OSDH du mystérieux et invisible jordano-suédois Rami Abdel Rahman de Londres qui dépend directement de Washington et aussi de Human Rights Watch qui est affilié aussi à A l’AJC (American Jewish Committee) ou l’entrée intempestive en scène de la Sud-africaine N. Pillay, Madame “droits de l’Homme” de l’ONU, pour préparer les « accusations », ne sont que des outils d’appuis engagés dans cette guerre. Ces médias peuvent être les leurs, appelés médias « mainstream », ou bien engagés par corruption, mais une bonne partie des médias arabes ont suivi par endoctrinement, revanche ou incompétence. Les russes ont révélé que certains de leurs journalistes ont perçu des sommes importantes d’argent du Qatar en échange d’articles anti-Assad. On peut donc tout déduire sur certains médias et « journalistes » arabes pour leurs soutiens aux thèses occidentales dans cette vague des "Printemps arabes". Nous avons bien suivi leurs articles, depuis l’agression de la Libye, par lesquels ils affichent bien leur parti pris en faveur des thèses de l’Otan, du Qatar et de l’Arabie Saoudite et leur appui à ceux qu’ils affublent de « thouars » (révolutionnaires). Ils soutiennent subséquemment ce que fomente ce sinistre philosophe du mal, ce sioniste notoire Franco-israélien, contre les arabes. Ils sont donc bien des relais de cette propagande en reprenant, tels des perroquets, les informations des agences de presse et des télés engagées dans la « guerre médiatique » telles Reuters, l’AFP, Aljazeera, Alarabia, CNN, BBC et France 24 en particulier.
Où en est-on donc en Syrie ? Après 18 mois où tous les moyens politiques, économiques et de désinformation - même les plus ignominieux que condamne les lois et la raison - ont été utilisés pour déstabiliser ce pays et le mettre dans leur giron, cette Syrie résiste en y faisant face avec des succès, malgré la complexité des complots, et ce grâce à son armée, son peuple et ses institutions. Malgré quelques défections de félons, par corruption, et l’assassinat de quatre hauts dirigeants militaires qui devait engendrer, selon leurs calculs, un effondrement de l’armée, rien de cela n’est arrivé. Cette institution est restée intacte dans sa force et sa doctrine. Mieux, ce n’est que maintenant (et même pas dans l’opération de Baba Amr où tous les groupes terroristes lancés ont été anéantis en quelques jours) dans ces batailles de Damas et d’Alep que des unités de l’armée ont été engagées en appuis aux unités spéciales habituelles. Résultat : la 1ère s’est soldée par la déroute totale des groupes en une semaine ; l’opération se poursuit contre les "résidus", quant à la seconde, il fallait d’abord déplacer les populations civiles pour bien cerner les groupes. Selon les premières informations leur sort est celé sans aucune possibilité de survie au point où leurs ‘sponsors’ ou leurs commanditaires - qui crient déjà au « massacre » ou « tragédie » en préparation - appelle l’ONU, font diversion sur de prétendues risques d’« utilisation d’armes chimiques » et autres mensonges et diversions dans le but d’empêcher, bien-sûr, l’armée d’exterminer leur « AS L » qui déterminera le nouveau rapport de force. La Russie par la voix de Serguei Lavrov évoque en effet une « possible tragédie », en expliquant qu’il « n’est pas réaliste d’espérer attendre d’un gouvernement de rester passif pendant qu’une opposition armée occupe des villes » et de préciser que « nos partenaires occidentaux avec certains voisin de la Syrie soutiennent et dirigent une lutte armée contre le régime. Le prix en est toujours plus de sang ». Toutes ces réactions sont en fait des signes de leur échec en Syrie, qu’ils ont dû prévoir, sachant parfaitement les capacités et la puissance de l’armée syrienne dans la région et surtout face à Israël considéré premier bénéficiaire dans cette déstabilisation de la Syrie comme le montre leur soutien déclaré à cette ‘rébellion’ ou les déclarations, dans un article publié dans Yediot Ahranot, de Efraim Halevy, l’ancien chef du Mossad, qui a estimé que « … si la paix se rétablie en Syrie, et si le monde accepte la survie du régime d’Assad dans le berceau Téhéran, et si la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne accepte d’appliquer le plan d’Annan, nous connaîtrons alors la défaite stratégique la plus cuisante depuis la création d’Israël ». Dans ces soutiens, il est toujours instructif de rappeler certaines déclarations en l’occurrence celles de ce manipulateur sioniste franco-israélien à l’Université de Tel Aviv « si nous réussissons à faire tomber Kadhafi ce sera un message pour Assad » et celle, par affront, lors d’une réunion du CRIF « c’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques » ou encore celle de Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur d’Israël à Washington, que rapporte ‘The International Herald Tribune’ du 19-20 novembre 2011 « George W. Bush désirait renverser Bachar al Assad  » en 2005 ajoutant « qu’Israël veut en finir avec les dirigeants qui soutiennent le Hezbollah au Liban et le Hamas en Syrieprofondément préoccupé par la menace iranienne, Israël pense qu’enlever la brique syrienne du mur iranien pourrait déboucher sur une nouvelle phase de la politique régionale »
Les américains ne peuvent pas ne pas savoir que la partie est perdue avec un ramassis hétéroclite de « combattants » composés de terroristes/ mercenaires bon marché, de gueux, de criminels, de canailles, de frustrés, mais aussi de faux bigots - qui ne savent même pas pour qui ils ‘roulent’ - contre une telle armée redoutée par Israël même.
De cette logique on ne peut que reprendre notre constat fait dans un autre article et qui se vérifie à la lecture de certaines analyses de la situation en Syrie : « À bien observer ses tenants et aboutissants, cette « bataille » s’apparente à une opération visant, non pas à conquérir Damas, mais à « effacer » tous les éléments qu’ils ont été engagés et qui ont échoué, surtout les éléments étrangers notamment des Libyens, des saoudiens, des afghans, des égyptiens, des jordaniens…des desperados. Les syriens ne constituant plus des éléments…déterminants dans la mesure où la majorité s’est livrée …Il serait stupide de croire que les planificateurs de cette « bataille » de Damas avaient dans l’esprit de la gagner, comme il est aussi stupide de croire que les services de renseignements syriens… n’étaient pas au fait de cette « opération »… Le résultat ne s’est pas fait attendre si bien qu’en moins d’une semaine…Damas a été totalement "nettoyée" de ces groupes… D’autres villes, plus particulièrement les banlieues de Hallab, Idlib, Homs et Hama, seraient en cours de "nettoyage"….Cette « bataille de Damas » a dû être bien étudiée, tactiquement, par les « services » de l’armée syrienne pour réussir à mettre en déroute, militairement et moralement, une bonne partie de l’ASL…. ». En effet, les stratèges américains sont assez perspicaces pour prévoir faire d’une « défaite » un « succès » en envisageant faire éliminer par l’armée syrienne, en les engageant et rassemblant, le maximum de terroristes islamistes, leurs ennemies de toujours, s’ils échouent. Il n’y a pas meilleur occasion. Quant à l’échec de cette aventure, le pragmatisme américain, qui ne cherche que l’intérêt, saura retirer « ses billes », comme il les a discrètement misées, sans trop de conséquences, le moment venu en autorisant le « dialogue » de sortie de crise.
Une observation sur l’Égypte. Nous avons trouvé curieux que les « Frères musulmans » n’aient pas pris, à ce jour, position contre le « régime de Bacha ». Est-ce pour ne pas devoir supporter seuls la cause palestinienne, leur crédo qui détermine leur existence, qu’ils ne peuvent dans la situation actuelle prendre en charge ? Est-ce aussi pour se préserver une issue vers un éventuel repositionnement sur l’autre axe en cas de difficulté ?
L’avenir proche nous donnera plus de détails sur les tenants et aboutissements de cette « objectif Syrie » avec ses conséquences sur les plans géopolitiques et politiques intérieures des pays impliqués dans cette région ; surtout les monarchies d’Arabie Saoudite et du Qatar, qui ont mis en "enjeu" leur dynastie, mais aussi la Turquie d’Erdogan qui doit être le "dindon de la farce" otanesque dans cette expédition anti-syrienne. Si cet « objectif syrien » n’aboutit pas à un renversement de ce « régime de Damas », la lecture politique serait donc de considérer comme définitif la « défaite » de cette OTAN anachronique qui annoncerait la fin de l’unilatéralisme américain sur le monde. Et les deux monarchies moyenâgeuses riches, à la dépravation jusqu’à déstabiliser des États, qui assoient, par les plus méprisables manières, leur prétendue domination économique, politique et religieuse dans le monde arabe voire en Occident - avec pour le Qatar, son mythe de « l’eldorado qatari » - qui ne profite, en fait, qu’aux princes, à une minorité d’autochtones ou aux naturalisés bien sélectionnés ainsi qu’aux Occidentaux et autres arabes opportunistes, doivent disparaitre pour des États plus modernes et plus vertueux .
Comme les guerres actuelles sont faites plus de désinformation, de propagande, de subversion, de manipulation mentale et de virtuel, il est bon de terminer en rappelant quelques éléments de la « guerre psychologique » qui montrent bien qu’ils ont été appliqués sur la Syrie pour réussir leur plan de recomposition du Moyen-Orient.
On cite cinq types de techniques pour le contrôle de l’individu et de la société dont l’objectif est de susciter le manque de confiance, le sentiment de culpabilité et d’infériorité, la peur, le choc traumatique, ainsi que certains rêves afin de les rendre vulnérables : de "planification", "psychologiques", "de propagande", "de désinformation", "d’actions ciblées". Les moyens les plus efficaces utilisés sont surtout les médias audio-visuels et le net qui touche directement la cellule familiale. On peut consulter la “stratégie des maîtres du monde” de Sylvain Timsit qui définit 10 points pour la manipulation et le conditionnement des masses.
Chaque État doit donc se prémunir et protéger ses citoyens en se dotant des moyens - adéquats et de qualité en utilisant des compétences - pour contrer ou faire face à la manipulation et à la subversion. En comprenant les stratégies des manipulateurs, il est aisé de développer des stratégies de « contre-manipulation ». Le but étant de briser cette propagande par la vérité et la réalité des choses tout en éveillant l’esprit critique. « Bien informés les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets » (Alfred Sauvy).
Au sujet précisément de la désinformation, terminons en citant, à titre d’exemple, un intéressant rapport fait par deux centres de recherche français publié en janvier 2012 intitulé « Syrie, une libanisation fabriquée ». Il s’agit du CF2R (Centre français de recherche sur le renseignement) et du CIRET-AVT (Centre international de recherches et d’études sur le terrorisme & l’aide aux victimes du terrorisme). Dans son chapitre consacré à la désinformation, intitulé « Les techniques de désinformation à l’œuvre », citons cet extrait :
(…) « Les techniques de désinformation à l’œuvre » (Ch. 5, p. 33)
La rédaction d’Al-Jazeera a fait un travail très précis de sélection d’éléments de langage (wording) destiné à cibler le pouvoir syrien et à légitimer les manifestations, y compris les actes de violence et de terrorisme :

  • technique de généralisation : on ne cite pas telle ou telle localité, on parle toujours de « la Syrie » ou d’un « pays occupé par une famille » ;
  • technique de labellisation : on ne parle pas de « groupes salafistes », mais de « l’armée syrienne libre » ou des « forces de la résistance » ;
  • technique d’abolition du temps : on antidate les événements, on annonce des affrontements avant qu’ils n’aient lieu.
  • technique de falsification : plusieurs chaîne satellitaires arabes ont diffusé des images d’Egypte ou du Yémen (anciennes de plusieurs semaines à plusieurs mois), affirmant qu’elles avaient été tournées en Syrie. Souvent, ces prises de vue ne correspondaient ni à la saison, ni à la météo du jour, montrant des individus défilant en manteaux en plein été 2011.



Les reportages sont rarement « sourcés ». A la manière de Fox-News, le commentaire parle de « l’opposition » et de « la résistance ». Les expressions – « certains pensent que… », « en ville on raconte que…  » ou « des habitants ont vu que… » – reviennent souvent.
On cite, la plupart du temps, des « témoins oculaires » en mentionnant rarement le nom ou la qualité des victimes. Les lieux et la datation restent souvent approximatifs et les images d’archives ne sont pratiquement jamais citées comme telles.
Dans les médias, divers individus se présentant comme des « activistes syriens » sont régulièrement interviewés, sans que les spectateurs obtiennent la moindre preuve de leur qualité. Un cas précis a permis d’identifier que le pseudo témoin était en fait un journaliste libanais vivant aux Pays-Bas.
Plusieurs correspondants de télévisions françaises, « témoins oculaires de massacres », ont pu être identifiés comme vivant à Dubaï, en Jordanie et au Koweït.
Enfin, l’une des principales sources des médias occidentaux au sujet des exactions du régime syrien et du nombre de morts dus à la répression est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), reconnu par l’Union européenne, qui prétend reprendre les chiffres de Comités locaux de coordination recensant les victimes sur le terrain. Mais sa légitimité apparaît plus que discutable.
L’Observatoirea en effet été créé par des Frères musulmans vivant en exil à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, avant de s’installer à Londres. Son dirigeant, l’avocat Al-Maleh, 81 ans, président de la Commission syrienne des droits de l’Homme, a été emprisonné pendant huit ans pour appartenance à la Confrérie. Il n’est sorti de prison qu’en 2010.
Surtout, la chaîne qatarie Al-Jazeera consacre depuis 5 mois près de 70% de son temps d’antenne à la crise syrienne - est-ce que ce pays justifie objectivement une telle couverture ? Comme en Libye, on peut légitimement se demander au service de quel agenda politique, cette chaîne met autant d’insistance à déployer un travail qui s’apparente davantage à une couverture militante qu’à de l’information.
Nombre d’exemples de manipulations médiatiques peuvent être cités :
  • A Lattaquié, le 11 septembre 2011, Al-Jazeera et Al-Arabiya annoncent sur leur antenne des tirs à 2h du matin. Or ceux-ci ne commenceront que deux heures plus tard, à 4 h du matin…
  • A Damas, le 23 septembre 2011, les deux mêmes chaines font état d’importantes manifestations sur la place des Abbassides… qui n’auront lieu que le samedi suivant.
  • A Douma, en novembre 2011, Al-Jazeera et Al-Arabiya annoncent à 1 h 30 qu’un centre de sécurité syrien a été attaqué et bombardé. La TV syrienne envoie une équipe sur place à 2 h 30 pour montrer qu’il ne se passe rien. Néanmoins, ce centre sera bien attaqué… à 3 h 00 !
  • Régulièrement, les queues d’attente de taxi particulièrement longues sur la place Umawiyeen, en raison des embouteillages, sont présentées comme des manifestations contre le régime.
  • A Homs, début décembre 2011, une manifestation a eu lieu pour réclamer le départ du gouverneur « qui ne protège pas efficacement la population contre les insurgés ». Elle a été présentée par les médias étrangers comme une « manifestation contre le régime » (…)




Djerrad Amar
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Le dogme de l’infaillibilité démocratique...D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntes d’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté..

Comme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.
D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntes d’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire (Irak, Soudan, Libye).
Dès que vous questionnez l’innocence de vos dirigeants (sur des sujets comme le 11-Septembre, l’Irak, la Libye, la Syrie) qui incarnent, semble-t-il, à eux seuls, la démocratie et ses valeurs supposées, les défenseurs de ce dogme lâchent contre vous leurs inquisiteurs chargés de le faire respecter (de BHL à Botul et de Botul à Bernard-Henri Lévy). Ainsi, prêter aux démocraties occidentales de mauvaises intentions dans les relations internationales, c’est contester ce dogme et s’exposer à faire l’objet d’un lynchage médiatique. Se poser des questions sur les arrières pensées de ses dirigeants, c’est remettre en cause ce dogme et risquer de se faire diffamer (vous devenez un paranoïaque, un révisionniste, un antisémite, un anti-américain, etc.). Penser que ses élites puissent commettre des crimes contre l’humanité de manière répétée, c’est manquer de respect à l’égard de ce dogme et s’attirer les mauvaises grâces du pouvoir et de ses gardiens.
L’opinion publique occidentale qui baigne, sans nécessairement le savoir, dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, est prompte à prendre la défense de l’inquisiteur en qui elle voit l’honnête homme, le défenseur des vertus démocratiques, celui qui porte la règle et sa légitimité. L’effronté qui oserait, par exemple, jeter toute la force de sa réflexion contre ce dogme dans les conflits libyen et syrien et qui mettrait en avant l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à l’origine du chaos politique, économique, social et humanitaire que connaissent ces deux pays, se verrait accusé immédiatement de soutenir les dictateurs massacreurs de leur peuple. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun défenseur du dogme que l’on puisse honnir les dictateurs laïques tout autant que ceux qui veulent les faire tomber afin de les remplacer par mille tyrans wahhabites et islamistes au service d’élites occidentales massacreuses d’innocence et fauteuses de guerre. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun lecteur assidu du Monde, du Guardian ou du New York Times de douter de la présentation des événements par ces quotidiens qui dépeignent les insurgés syriens sous les traits des combattants de la liberté, alors que la quasi-totalité d’entre eux ne sont pas Syriens (mais Jordaniens, Irakiens, Libyens, etc.), qu’ils tentent d’imposer la charia par le terrorisme de masse, qu’ils défendent le salafisme façon wahhabite et sa vision obscurantiste de l’Islam, qu’ils massacrent systématiquement tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue ou appartiennent aux minorités religieuses, qu’ils répondent à des donneurs d’ordres basés en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis et, enfin, qu’ils portent les couleurs d’Al-Qaïda.
Le citoyen occidental ne veut ou ne peut pas croire que ses dirigeants et ses médias puissent à ce point le manipuler et lui cacher la vérité. Cette pensée est au-dessus de ses forces ou de ses défenses immunitaires psychologiques et contraire au dogme qui est encré dans son cerveau de bourgeois cultivé depuis sa plus tendre enfance. Car s’il devait admettre qu’une telle manipulation était possible, il viendrait immanquablement à perdre ses repères, à douter de la nature réellement démocratique de son régime politique et il verrait, alors, toutes ses croyances dans les vertus de son système s’effondrer sur leur base. Reconnaître les crimes de nos élites, qu’il s’agisse de crimes politiques ou des crimes médiatiques, requiert de se projeter hors de soi et de son ethnocentrisme occidental pour penser que ‘l’autre’ n’est pas nécessairement un ‘barbare’ et pour effleurer l’idée que ses dirigeants, pourtant élus démocratiquement, puissent être des démocrates aux mains sales.
Les inquisiteurs du dogme ne peuvent pas s’élever au-dessus de leur aveuglement sans perdre leur foi dans leur système, sans perdre aussi tous les bienfaits personnels qu’ils peuvent tirer de leur position au sein de la hiérarchie des défenseur du dogme. Ne vous attendez donc pas à ce que les profiteurs du dogme répondent aux arguments soigneusement étayés que vous pourriez développer, ils ne détestent rien tant que la réalité. Ils n’ont, par ailleurs, pas plus de conscience morale que les profiteurs de guerre et ne méritent sans doute pas que nous engagions avec eux un dialogue courtois : ce sont, à vrai dire, les mêmes. Mais qui sont-ils au juste ? Ils ont un nom : on les appelle les Atlantistes.
Ce qui unit les élites politiques, culturelles, financières occidentales, c’est cette idéologie atlantiste qui ne souffre la contestation qu’à la marge. Si les hommes politiques ou les journaux de droite et de gauche peuvent s’étriper à loisir sur le droit à l’avortement ou l’abolition de la peine de mort, ils retrouvent toujours la voie de l’unanimisme lorsqu’il s’agit de défendre l’atlantisme dans ses fondements : ils seront ainsi unanimes pour défendre les traités européens qui ne font qu’entériner la doctrine libérale imposée par Washington ; ils seront unanimes également pour laisser l’Occident s’allier avec l’islamisme radical afin d’orienter les Printemps arabes selon les intérêts particuliers de leurs élites tout en prétendant, en même temps, défendre les valeurs des Lumières.
Pour tout démocrate sincère, celui qui croit davantage aux valeurs démocratiques qu’au système qui est sensé les mettre en œuvre, il est impératif de s’attaquer avec force à ce dogme parce qu’il est l’un des plus meurtriers qui soit : il permet, avec une impunité déconcertante, les actions les plus criminelles de la part des démocraties occidentales qui sont, si on y prête bien attention, les régimes les plus violents et les plus meurtriers de la planète depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de la menace communiste.
Il est nécessaire de s’acharner contre les bases de ce dogme pour le faire crouler avant qu’ils ne nous emporte tous, démocrates d’ici ou d’ailleurs, dans le chaos sans fin d’une guerre des peuples et des civilisations voulue par une élite indigne de gouverner nos destinées. Les dogmes, comme les dictatures et leurs représentants, sont faits pour être renversés. Et comme le Krak des Chevaliers, cette forteresse imprenable en terre syrienne, ils ont leurs failles.
Guillaume de Rouville
auteur de La Démocratie ambiguë, Éditions Cheap, juillet 2012
http://lidiotduvillage.org/2012/08/06/le-dogme-de-linfaillib...
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lundi 6 août 2012

PALESTINE : Il est temps de déclarer le blocus de Gaza terminé !...L’Égypte a réellement diminué les restrictions sur la frontière de Rafah, mais n’a pas explicitement déclaré que ce blocus de 6 ans est terminé.

Le passage frontière de Rafah est le seul passage pour les 1,7 millions Palestiniens qui vivent dans l’enclave de la la bande de Gaza.

Ce point de passage relie le territoire assiégé avec l’Égypte et le monde extérieur. L’ouverture de la frontière n’est pas seulement une nécessité humanitaire, mais aussi une responsabilité morale et éthique.
L’ouverture du passage de Rafah est un exigence essentielle dans les relations entre les deux voisins. Sous le régime pro-américain de Moubarak, ce point de passage n’avait pas un fonctionnement normal, à cause de prétendues « raisons de sécurité », sans même définir ce que signifiait la sécurité. Il est bien connu qu’à travers l’Histoire, la bande de Gaza était le fer de lance de l’Égypte en même temps qu’une garantie de sa sécurité face à Israël. L’Égypte n’est liée par aucun accord pour imposer un blocus draconien sur la bande de Gaza, ni pour restreindre la liberté de circulation de 1,7 millions de personnes.
Après la chute de l’ancien régime en Égypte en février 2011, les Palestiniens de la bande de Gaza étaient plein d’espoir et d’enthousiasme, attendant que le nouveau système politique égyptien mette un terme à l’épopée du seul point de passage de Gaza. La fermeture de la frontière de Rafah a été très coûteuse pour les civils de Gaza. Plus de 600 Palestiniens ont perdu la vie après avoir été empêchés de quitter Gaza pour une hospitalisation à l’extérieur. Les étudiants ont été privés d’accès aux écoles et universités à l’étranger. Une grave pénurie de produits de base empêche de répondre aux besoins essentiels. Et par-dessus tout, les Palestiniens, ont été laissés sans aucune possibilité de se mettre à l’abri pendant le massacre dans Gaza, l’hiver 2008-2009.
L’Égypte a réellement diminué les restrictions sur la frontière de Rafah, mais n’a pas explicitement déclaré que ce blocus de 6 ans est terminé. Il est vrai que les Palestiniens sont autorisés à sortir librement pour la première fois en quatre ans. Il y a cependant toujours des restrictions concernant le flux de matériaux de construction, les produits alimentaires et le commerce. Il convient également de mentionner que les Palestiniens sont incapables de recevoir des amis d’autres nationalités, librement et sans certaines conditions. Alors que l’humanité est passée dans le 21e siècle, les étrangers doivent passer par d’humiliants tunnels entre Gaza et l’Égypte pour rencontrer leurs homologues dans la bande de Gaza.
L’Égypte est toujours l’objet d’un processus révolutionnaire et le nouveau-né du système politique égyptien devrait aller main dans la main avec la volonté du peuple égyptien pour mettre fin à la souffrance quotidienne des Palestiniens dans la bande de Gaza.
L’Égypte devrait apporter son soutien à la bande de Gaza. Il convient d’abandonner ce siège injuste, et de mettre fin à l’humiliation délibérée aux passages frontières et dans les aéroports. Le nouveau président Morsi devrait prendre une décision historique et humaine en ouvrant le passage de Rafah, sans conditions ni restrictions tous les jours et toute l’année pour les personnes et les biens.
L’ouverture du passage de Rafah est un véritable test pour le succès de la révolution égyptienne et la volonté de changement et de réforme exigée en Égypte et par tous les révolutionnaires arabes.
* Ayman T. Quader peut être joint à :ayman.quader@gmail.com
Consultez son blog à : http://peaceforgaza.blogspot.com/20... 
Source : Info-Palestine