mercredi 18 juillet 2012

PSA : 8000 emplois supprimés,mais des profits pour les actionnaires,déja 40% des bénèfices dans la finance

Grâce au travail des dizaines de milliers d’ouvriers et de cadres, aujourdhui "remerciés",  PSA a pu accumuler un capital lui permettant de se lancer dans la finance.

Les usines d’assemblage d’automobiles ne sont qu’une partie du groupe fondé par Peugeot. Au sein de cette structure, la banque PSA a rapporté 40% des bénéfices pour seulement 3% du chiffre d’affaires. Voilà qui illustre le glissement du capital européen de l’industrie vers la finance.

Dans l’histoire de ces 30 dernières années, La Réunion a vu disparaître ses derniers usiniers. Les groupes réunionnais qui dominaient la société de plantation se sont reconvertis dans d’autres secteurs sans doute plus productifs de leur point de vue. C’est ainsi que l’usinier est passé de l’industrie sucrière à la grande distribution avant de poser le pied dans le cœur même du capitalisme : la finance. Dans cette industrie, il n’y a pas de grèves, pas de jours fériés, et beaucoup moins de risque que de planter de la canne ou produire du sucre, car l’argent est là, et il s’agit d’en tirer des bénéfices. Les taux de productivité sont donc considérables, surtout lorsque l’on constate que c’est la finance qui est la première bénéficiaire des aides versées par les États depuis le début de la crise économique.
Des forges à la finance
Dans l’économie mondialisée, force est de constater que les Occidentaux ont lancé depuis déjà de nombreuses années la délocalisation de leurs industries vers d’autres pays, où le coût de production est beaucoup moins élevé. Mais à l’image des usiniers réunionnais, le capital de ces groupes industriels ne s’est pas volatilisé, il est parti vers l’industrie de la finance.
Les Réunionnais ont déjà entendu parler du Groupe Marine-Wendel. Cette société financière était un important actionnaire d’AOM-Air Liberté avant sa faillite. À l’origine de cette société financière, il y avait Wendel, un groupe industriel spécialisé dans la sidérurgie qui a migré vers la finance. Et aujourd’hui, les Forges de Wendel ne produisent plus d’acier.
Recul de l’industrie automobile en Europe
La semaine dernière, le groupe PSA a annoncé la suppression de 8.000 emplois dans sa filière industrielle. La lecture de ses comptes montre que la crise touche de plein fouet son cœur de métier, la construction de véhicules.
Par contre, dans ses filiales transport et accessoires (FAURECIA), les bénéfices augmentent. À elle seule, la banque PSA, avec 3% du chiffre d’affaires, réalise 40% du résultat opérationnel.
Tout cela permet au groupe d’obtenir un résultat net de 2,64 euros par action.
Dans ses perspectives, PSA prévoyait pour 2012 une baisse de 5% de la vente d’automobiles en Europe, et de 10% en France tandis que la progression se ferait en Chine, en Amérique latine et en Russie.
La semaine dernière, PSA a annoncé la suppression de 8.000 emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois. Ces résultats ne sont pourtant pas catastrophiques, car le groupe a dégagé plus d’un milliard de profits l’an passé.
Ces fermetures vont encore accroître la part de la finance dans les bénéfices avec comme perspective la majorité des profits effectués par la division bancaire du groupe.
Ce glissement progressif se fait au détriment de l’emploi en Europe, alors que c’est justement grâce au travail de ces dizaines de milliers d’ouvriers et de cadres que PSA a pu accumuler un capital lui permettant de se lancer dans la finance.
Les travailleurs ne laisseront pas faire cette injustice, mais dans quelle mesure le pouvoir politique soutiendra-t-il cette lutte ?
M.M.
Témoignage.re

mardi 17 juillet 2012

Syrie : La situation doit questionner l'Occident ?....Comment se fait-il qu'aux yeux de nos gouvernants, quelques centaines de manifestants à Derra ou à Hama et une poignée d'internautes « suffisent » à incarner « le peuple » syrien ?

Cet article se propose de revenir sur l'usage « à géométrie variable », fait par les États occidentaux, des concepts de « Peuple », « Terrorisme » et « Démocratie » ; qu'ils dissertent de la Syrie ou de leurs propres pays. Adopter pareil angle de vue permet de questionner non seulement notre positionnement sur les événements qui bouleversent une zone stratégique du Moyen-Orient mais surtout l'état de notre propre démocratie.
Comme une traînée de poudre, le « printemps arabe » a atteint et embrasé la Syrie... À propos de ces événements, l'argumentaire occidental s'articule en trois temps.

Les USA et l'UE soutiennent les mobilisations populaires et pacifiques visant à renverser Bachar Al Assad.
C'est pour se protéger de la répression exercée par le régime que le peuple syrien use de violence.
Quelle qu'en soit la forme, la révolte en Syrie se justifie puisqu'il s'agit d'un combat pour la démocratie.

Cet article invite à la réflexion autour de ces diverses propositions...

Quand le peuple se lève...

L'Occident « soutient les mobilisations populaires et pacifiques... ». À elle seule, cette assertion mérite de susciter une première réaction... de suspicion.

Un détail ? Au sujet de la Syrie, force est de constater que la cohérence n'est pas ce qui caractérise le discours européen, qui s'essaie plutôt au maniement du « deux poids, deux mesures »... Mille personnes la nuit à Homs, c'est le peuple syrien, mais pas un million de « pro-Bachar » dans les rues de Damas... Passons.

L'intérêt soudain porté par l'Occident à la Syrie découlerait de la situation dramatique vécue par la population de ce pays. Dès les premières heures de la révolte, les Vingt-Sept, menés par la France, ont choisi leur camp. À l'unisson, les États membres défendent le peuple syrien qui, courageusement, se lève, se bat pour la démocratie, exige de quoi vivre, a soif de libertés, manifeste et dit : « Non ! »...

Une remarque accessoire ? C'est bizarre comme cette phrase sonne faux dès lors que l'on y modifie un simple mot : « L'UE soutient les peuples européens qui se lèvent, se révoltent, revendiquent, crient : ''Assez !'' ». Cette formule n'a aucun sens...

Indignez-vous !

Rien que ces douze derniers mois, des millions de personnes se sont mobilisées pour marquer leur opposition aux programmes d'austérité expérimentés à travers l'Europe, sans que leur voix ne soit jamais entendue. Ce constat doit nous encourager à tempérer la confiance que nous accordons à la posture « pro-révolutionnaire » mimée par l'UE au sujet de la Syrie.

Quelle attitude adoptent, en effet, les « amis » belges ou français de la Syrie, les protecteurs du peuple syrien, dès qu'il s'agit de leurs propres populations ?

Sans la moindre considération envers les millions de manifestants et de grévistes français, Sarkozy fait passer en force sa « réforme des retraites ». Comme de la crasse, Cameron balaye les jeunes -« ces casseurs, ces bandits »- qui s'enflamment dans les quartiers défavorisés d'Angleterre. Équipé de balles en caoutchouc, l'exécutif espagnol éparpille les Indignés à Barcelone et Madrid. En accusant les syndicats de mener le pays vers l'abîme, Di Rupo lance son programme de « rigueur budgétaire ». En Grèce...

Victimes d'une grave intoxication... médiatique

Aussi, peut-il paraître surprenant que si peu de citoyens s'étonnent du soutien inopiné apporté par l'Occident aux Syriens. Comment se fait-il qu'aux yeux de nos gouvernants, quelques centaines de manifestants à Derra ou à Hama et une poignée d'internautes « suffisent » à incarner « le peuple » syrien ? De quelles vertus spécifiques ce dernier est-il porteur, pour soulever une telle indignation auprès de nos responsables politiques ?

« Il faut sauver le peuple syrien », martèlent les dirigeants occidentaux depuis mars 2011. Leur attitude à l'égard des peuples qu'ils administrent et leur refus de prendre la mesure des mouvements populaires qui secouent leurs propres pays, laissent transparaître un double discours. Analyser les propos opposés tenus par nos élus, qu'ils s'intéressent au peuple syrien ou bien à leurs propres concitoyens, doit donc nous pousser au scepticisme, à la plus grande méfiance quant à leur positionnement sur les questions relatives à « l'international ».

Pointer ces contradictions, cette hypocrisie, doit nous conduire à douter sérieusement du fait que ceux qui, chez nous, s'évertuent à taxer toute manifestation populaire de « réactionnaire », ceux qui n'ont de cesse de refuser « d'être pris en otage » par les grèves, ceux qui font tout pour présenter « un bris de vitre » de banque ou un « coup à agent » comme de la criminalité en bande organisée... on peut douter que ceux-là manifestent une compassion sincère envers le peuple syrien en lutte.

Une autre chose consiste à remarquer que l'Occident soutient... tout qui entend renverser Bachar Al Assad.

Révolu, le temps des révolutions ?

Le Peuple uni, jamais ne sera vaincu ? On devrait se réjouir du fait que nos gouvernants, poussés dans le dos par un vent chaud remontant depuis le sud de la Méditerranée, soient contraints de fredonner ce refrain (A). Car l'appui accordé par toutes les chancelleries occidentales à des peuples qui se rebellent a de quoi nous donner des idées en Europe... devrait nous encourager à suivre l'exemple arabe.

« Van Rompuy, dégage ! »

En effet, ne ressent-on pas le même désarroi terrible, la même rage sourde, dans l'immolation de Mohamed Bouazizi, le jeune Tunisien qui a déclenché le « printemps arabe », et dans le suicide, en avril dernier, de Dimitris Christoulas, un pensionné athénien (B) ?

« Merkel, dehors ! »

Dès lors, pourquoi n'aurions-nous pas la même légitimité que le peuple syrien ou que les Égyptiens à nous emparer des rues, à crier notre colère, à prendre la liberté de revendiquer des droits, à construire l'Europe des peuples...

À faire résonner aux « Ben Ali, dégage ! », en écho, des « Monti, t'es fini ! » ?

Violence économique ? Demandez aux ouvriers licenciés à Opel, à Carsid... s'ils ne la ressentent jusqu'au plus profond de leur chair. Violence institutionnelle ? Questionnez les mille chômeurs exclus ce mois-ci par l'ONEm, ils vous en diront des nouvelles. Insécurité, violence sociale ? Interrogez les pensionnés, les allocataires du CPAS qui survivent sous le seuil de pauvreté. Zones de non-droit ? Donnez la parole aux détenus entassés à Forest, aux sans-papiers parqués à Vottem, ils vous en toucheront deux mots...

« Barroso, dégage ! »

L'Europe, la grande faucheuse

L'UE... Elle m'a fauché mon fric, elle m'a fauché la vie...

Vu la situation qu'ils nous font endurer, vu la vie qu'ils nous imposent, nos mandataires politiques méritent que l'on ne tire de la situation en Syrie qu'une seule leçon essentielle : nous aussi, nous avons le droit, le devoir, de nous révolter.
Être cohérent, c'est choquant : si les Belges ne devaient retenir du « printemps arabe » qu'un seul slogan, ce serait le suivant...

« Di Rupo, dégage ! »

Dépasser les évidences

Quotidiennement, les gouvernements occidentaux réaffirment leurs positionnements à propos de la violence qui dévaste la Syrie. Afin de discuter de cela, il paraît utile d'introduire un certain nombre d'éléments dans la réflexion...

Rappel : quelques fondamentaux de la guerre contre le terrorisme

Tout le monde s'en souvient : fin mars 2012, en assassinant sept personnes, dont trois militaires et trois enfants juifs, Mohamed Merah faisait irruption dans nos foyers par la lucarne télévisée. On connaît sa fin... La menace était maximale !

Entrée en action de l'État français : « Plan écarlate », « raid » armé, isolement et élimination de la cible verrouillée. Affaire Merah, on connaît la suite : perquisitions et arrestations de complices potentiels dans les milieux de « l'islam radical », renforcement du contrôle des imams, discours électoralistes pointant le « péril islamiste » et amalgamant « musulmans » et « djihadistes en puissance », volonté du président-candidat Sarkozy de renforcer l'arsenal antiterroriste, en punissant notamment « l'apologie du terrorisme » et les internautes visitant des sites « extrémistes ».

Dieu est grand !

En Syrie, pour qui se donne la peine de s'informer, force est de constater qu'il n'y a pas un, comme en France, mais des centaines et des centaines de djihadistes actifs. Cette réalité est reconnue par toutes les parties au conflit : revendiquée par al Qaïda et confirmée par les USA. Quant à l'État syrien, il justifie son action par la nécessité de réprimer des gangs armés qui terrorisent la population.

Ce n'est plus un secret : « l'Armée syrienne libre » n'est pas uniquement composée de déserteurs refusant de massacrer les civils, comme le résument les séquences de JT. Depuis des mois, des Syriens, partisans des Frères musulmans, prennent les armes (convoyées via les pays limitrophes) et des salafistes entraînés en Libye ou rompus à la pratique de la « guerre sainte » en Irak se regroupent, affluent pour combattre les mécréants au pouvoir en Syrie (C).
Aucunes révélations ici : on est loin des Brigades internationaleset des pays tout à fait antidémocratiques comme le Qatar soutiennent les insurgés financièrement, matériellement, militairement et médiatiquement (via Al Jazira).

Les attentats à la voiture piégée à Damas ou à Alep se multiplient, les témoignages relatifs à des assassinats de chrétiens, d'Alaouites (D) ou de personnes favorables au régime, partout dans le pays, sont légion. Même Human Rights Watch s'est ému de certaines exactions commises par « l'opposition ».

La France aime les terroristes... quand ils s'attaquent à la Syrie

Il existe au moins trois manières distinctes de mettre en perspective « l'affaire Merah » et celle des « djihadistes » syriens.

Premièrement, on peut être frappé par certaines similitudes dans les deux situations. Deux États, la France et la Syrie, détenteurs du monopole de la violence légitime sur leur territoire, luttent contre le terrorisme.

Il faut le reconnaître : en France, par exemple, « l'opinion publique » est d'avis, à la suite de Sarkozy ou Hollande, que l'État doit afficher la plus grande fermeté à l'encontre du terrorisme, que mettre Mohamed Merah et ses pairs hors d'état de nuire est une nécessité, tout comme la guerre livrée par les États occidentaux contre al Qaïda et le fondamentalisme islamiste.

Or en Syrie, ce n'est pas à deux ou trois reprises, mais presque quotidiennement, que des intégristes tuent soldats et civils. Ne peut-on pas en déduire qu'une partie de la population syrienne pourrait réagir à la façon des Français, en réclamant plus de sécurité ?

Plus : si, comme la Syrie, jour après jour, semaine après semaine, la France était frappée par des attentats commis par des « fous de Dieu », comment l'État réagirait-il ? Jusqu'où serait relevé le niveau de vigilance et d'alerte ? De quelle couleur serait le plan antiterroriste, en pareilles circonstances ?

Les habitants des quartiers alaouites de Homs qui voient s'abattre sur leur immeuble, sur leur école, sur leur famille, les obus tirés par les rebelles n'ont-ils pas la même valeur que les autres victimes de la violence aveugle ? Il faut être cohérent : si on s'oppose au terrorisme salafiste en France, il faut être contre ce même terrorisme quand il martyrise la Syrie.

Pour qui défend, par principe, la « guerre contre le terrorisme » afin d'assurer, aux quatre coins du monde, la sécurité des populations, il est impossible d'expliquer comment un « terroriste djihadiste » devient un « combattant de la liberté » dès qu'il franchit la frontière syrienne. Si on combat al Qaïda en France, en Afghanistan ou en Irak, il faut également s'y attaquer en Syrie.

À bien y réfléchir, on pourrait même remarquer que réprimer, user de violence contre des « terroristes », constitue la fonction essentielle de tout État. Il y a bien évidemment une différence (importante) d'intensité dans la répression en Syrie et en France, mais pas de nature.

Dès lors, de quel droit un État comme la France s'arroge-t-il le pouvoir d'exercer une répression féroce contre le terrorisme mais dénie ce même pouvoir à l'État syrien ?

En fait, en poussant la logique de « la guerre contre le terrorisme » jusqu'à son paroxysme, on se rend compte que Nicolas Sarkozy, en affichant la plus grande clémence, voire un soutien, à l’autoproclamée « Armée syrienne libre », s'est rendu passible de prison, puisqu'il se place sous le coup de sa propre loi contre « l'apologie du terrorisme ».

Sarkozy veut s'attaquer au terrorisme.
Sarkozy soutient « l'Armée syrienne libre » au sein de laquelle se battent des djihadistes.
La position de Sarkozy sur la Syrie le rend passible de prison pour « apologie du terrorisme ».
 
Terrorisme intellectuel

Ainsi, on peut percevoir toute l'incohérence du discours véhiculé par les dirigeants occidentaux quand on compare leurs commentaires sur le « terrorisme islamiste » : inflexibles et catégoriques quand il touche la France ou d'autres pays, compréhensifs voire bienveillants quand il frappe la Syrie.

En tout cas, ces argumentaires « sécuritaires », parce qu'ils sont empreints de paradoxes, rendent moins crédible la volonté affichée par l'Occident de lutter sincèrement, sans arrière-pensées, contre le terrorisme. Cette réflexion nous amène donc à la possibilité d'interpréter les situations française et syrienne décrites précédemment, d'une deuxième manière.

Autre chose est, en effet, de dénoncer l'attitude de tous les États (américain, français, syrien, russe ou israélien...), dits « démocratiques » ou non, qui se sont fait une spécialité d'utiliser la « guerre contre le terrorisme » pour délégitimer et réprimer ceux qui s'opposent à l'ordre (spécifique) que ces États ont établi et défendent, réduisant de la sorte des problèmes politiques à des questions de banditisme.

Dans ce miroir, j'ai vraiment la tête à Bachar !

En fait, adopter cette deuxième perspective « plus attachée aux libertés » permet de jouer de « l'effet miroir », la situation en Syrie nous éclairant sur la répression à l'œuvre au sein de notre propre régime politique. On pourrait, en effet, se demander si les dérives liberticides, consécutives à l'exploitation politique - à la récupération - de la menace terroriste (E), ne constituent pas une problématique plus brûlante en Occident que celle de l'islamisme radical.

Car c'est au nom de « la guerre contre la terreur » que l'Occident a mis en place un contrôle généralisé de sa population et restreint les libertés d'opinion, d'expression et d'association (F).

Surveillance du web, mises sur écoute, appels à la délation, caméras panoramiques, fichages systématiques, manifestations interdites, « Il faut plus de flics »... Chez nous aussi, l'arsenal « contre le radicalisme » s'étoffe à l'infini.

Et s'il est évident que, contrairement à ce qui se passe en Syrie, on ne risque pas sa vie quand on manifeste en Belgique, il paraît cependant nécessaire de formuler, quitte à complexifier le raisonnement et à susciter la polémique, une série de remarques supplémentaires...

Terrorisme d'État
 
Faut-il se bercer d'illusions pour imaginer que les dirigeants occidentaux, pourfendeurs du terrorisme d'État syrien, iront jusqu'au bout de la logique.

Qui s'en étonnera encore ? Quand les « amis de la Syrie » se retrouvent pour « comploter ouvertement » contre le régime syrien, Hillary Clinton est « main dans la main » avec les bouchers d'Ankara qui bombardent les populations kurdes dans l'Est anatolien et au nord de l'Irak ; Reynders, Juppé ou Fabius sont « bras dessus, bras dessous » avec les potentats « intégristes sunnites » du Golfe. D'ailleurs, hurler très fort contre « Bachar, le Syrian killer », semble particulièrement approprié pour rendre inaudible le cliquetis des chenilles des chars de la monarchie « de droit divin » saoudienne -sponsor officiel de la Charia -, intervenant contre la majorité chiite révoltée à Bahreïn...

On pourra encore se questionner longtemps... Pourquoi nos chefs d'État ne s'offusquent-ils pas du terrorisme israélien ? Et pourquoi ne délivrent-ils pas, de toute urgence, un mandat d'arrêt international à l'encontre de Rasmussen, le secrétaire général de l'OTAN ? Pourquoi ne le traduisent-ils pas devant le TPI, en tant que chef d'une organisation terroriste, pour les massacres perpétrés en Afghanistan et en Libye ?

L'Europe, ce n'est quand même pas la Syrie !

Comment, dans ce cadre, interpréter la dénonciation occidentale des massacres commis par le régime syrien ? Tancerait-on uniquement le manque de cohérence de Marlboro, si cette firme réalisait un spot publicitaire pour le dépistage du cancer ?

En réalité, s'il semble salutaire de s'insurger contre la répression du régime syrien, il s'avère primordial, si l'on veut vraiment être cohérents, de nous mobiliser contre nos propres représentants, les pompiers pyromanes, qui mènent cette action à l'échelle internationale.

C'est vrai, on torture en Syrie ! L'objet de cet article n'est pas de nier d'horribles évidences mais plutôt d'apporter la précision suivante. Pour être complet, autant dire toute la cruelle vérité : pour l'Occident, « le clan Assad » n'est qu'un simple sous-traitant ! Après le 11 septembre 2001, non contente de sévir à Abou Ghrahib et Guantanamo, l'armée US a délocalisé une partie de son département « torture » dans des pays comme... la Syrie.

C'est exact, on tue en Syrie. Mais ce n'est pas faire preuve de cynisme que de le souligner : c'est au nom de « la guerre contre le terrorisme » que les États-Unis, suivis par l'Europe, ont tué des centaines de milliers de personnes en Afghanistan et en Irak.

L'Occident, adepte des barbudos et des barbus ?

Le peuple armé, jamais ne sera écrasé... Comment appréhender le nouveau refrain entonné par les pays européens, qui louent les techniques de guérilla des déserteurs syriens ?

« Bien évidemment », on n'entamera ici aucun débat sur la possibilité d'user d'une quelconque violence chez nous (G). Mais à tout le moins, si la situation en Syrie encourage nos autorités à estimer que la violence - même aveugle ? - peut être justifiée quand il s'agit du peuple qui se protège et combat l'oppression (un peu à la manière de la Résistance, taxée de « terroriste » par l'occupant allemand), il faut alors qu'elles regardent les « terroristes » kurdes en Turquie ou palestiniens en Israël, le Hezbollah ou les FARC sous un autre angle... celui de la lutte révolutionnaire ou de la guerre de libération.

À présenter le problème de la sorte, on constate tout de suite diverses limites au raisonnement.
Il est peu probable que les « hommes de principes » qui définissent le terrorisme comme une menace stratégique essentielle se muent en partisans acharnés de la « lutte armée ». « Au mieux », mettent-ils parfois sur un pied d'égalité les missiles à guidage laser tirés par les hélicoptères de Tsahal et les roquettes artisanales du Hamas.
De même, il est peu vraisemblable qu'ils prennent un jour en considération les combattants irakiens ou les talibans. Pour preuve, la manière dont Sarkozy, récusant d'avance toute explication aux actes posés par « le tueur de Toulouse » (qui voulait protester contre la guerre en Afghanistan et contre les meurtres commis au nom du sionisme), préconisait une lutte sans pitié contre « tous ces monstres, contre tous ces Mohamed Merah ».

Séance de gymnastique mentale
 
Quel principe privilégier, au final ? Celui relatif à l'ordre et à la sécurité publique ou bien celui qui renvoie à la libération des peuples ? En fait, s'il peut être opportun d'en faire primer l'un ou l'autre, en fonction des situations, il semble que nos politiciens soient passés maîtres dans l'art de la jonglerie. De la sorte, ils arrivent à démontrer pourquoi tuer et terroriser des civils innocents est un acte de terrorisme en France, une bavure en Afghanistan et un acte de résistance en Syrie.

S'il paraît malaisé pour quiconque de justifier que des Alaouites se fassent égorger en Syrie et ce, même si l'on considère que le régime syrien, dirigé par un Alaouite, est une dictature, la rhétorique occidentale ne s'embarrasse pas de ces contradictions, jugées secondaires. Elle n'hésite pas à réaliser un grand écart, en prenant un troisième angle de vue sur les situations française et syrienne de départ.

Dans ce dernier cas, nos maîtres à penser expliquent que les actions collectives, aussi violentes soient-elles, sont un moyen justifié... par une noble fin : la défense de la démocratie.
Cette violence est, par contre, illégitime en Occident puisque nous, nous vivons en démocratie...

En Europe, le double discours est bien rôdé, surfe sur l'évidence... Des personnes en armes dans la banlieue d'Alep, ce sont des libérateurs ; mais les banlieusards des quatre coins des capitales européennes, qui s'émeuvent de l'assassinat des leurs par la police, sont toujours appelés « émeutiers ».

La cohérence démocratique en quatre leçons

6 mai 2007 : même les premiers instants du mandat de Sarkozy ont témoigné de son profond mépris envers l'action sociale. « Rentrez chez vous ! Ici, c'est la démocratie. », avait-il asséné aux milliers de jeunes rassemblés sur les places de Nantes, Rennes ou Bordeaux pour protester contre son élection. Avec 53,6 % des voix (et un taux de participation de 83,97 % des électeurs inscrits), le président estimait que le mouvement social n'avait aucune légitimité puisque le peuple venait de s'exprimer dans les urnes.
Résumons : vote > mouvement (H)

Cinq ans plus tard, alors qu'il briguait (en vain) un second mandat, Sarkozy-candidat annonçait qu'il soumettrait, s'il était réélu, toutes ses grandes décisions à l'avis du peuple via référendum...
Synthétisons : référendum > vote > mouvement

Hasard du calendrier, presque au même moment, fin février 2012, l'État syrien organisait un référendum à propos d'une modification de la constitution en vigueur, ouvrant notamment la porte au multipartisme. Le « oui » a récolté 89,4 % des suffrages exprimés et le taux de participation a atteint 57,4 %... Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères de l'ancienne puissance colonisatrice de la Syrie, a néanmoins qualifié ce scrutin de « mascarade » et a encouragé le peuple syrien à poursuivre son combat.
Récapitulons : mouvement > référendum

Sur base de ces trois situations, on peut se demander où se cache la cohérence de la position française au sujet de la démocratie ? Quels sont donc, selon l'État français - fer de lance de la démocratie en Syrie -, les éléments constitutifs décisifs de la démocratie ? Le vote ? L'action sociale ? Les deux ?

Aucun des deux ! Par référendum, 54,68 % des Français ont dit : « Non ! » à la constitution (libérale) européenne. Qu'à cela ne tienne, quelque temps plus tard, Nicolas Sarkozy a dit : « Oui ! » au nom de la France, par des moyens détournés.

En réalité, comme avec les notions de « peuple » ou de « terrorisme », quand l'Occident mobilise la question de la « démocratie », il s'agit plus de propagande - afin de mettre en œuvre ses propres desseins - que de principes à défendre ou de dialectique à élaborer. Car les dirigeants européens se préoccupent autant de la démocratie que W. Bush s'intéressait à l'ONU.

Deux exemples récents en vrac : Retrait de souveraineté au profit de l'UE, de la BCE, du FMI et bain de sang social en Grèce. Passation de pouvoir du gouvernement élu à un gouvernement d'experts afin d'expérimenter la misère sociale à l'échelle de l'Italie...

La démocratie est grande !

C'est indubitable, la Belgique, ce n'est pas la Syrie. Chez nous, la propagande officielle est vraiment au point... au point de nous faire tourner la tête. Au point de cacher sous des appels à la démocratisation de la Syrie, le fait que nos dirigeants démantèlent les conquêtes démocratiques, chez nous. Au point de nous faire avaler qu'en attaquant nos droits et libertés, nos mandataires protègent la démocratie...
 
Nous, les Occidentaux, nous aimons la démocratie ! Il semble que nous l'aimions tellement que nos représentants ont déposé un copyright sur le concept. Au nom de la démocratie, que ne serions-nous capables de réaliser ? Sous cet étendard, tel un seul homme, nous nous sommes rangés derrière nos chefs, partis en croisade en Libye (combien de morts ? À quels camps ont servi les armes belges ? Qui peut citer le nom de la région qui veut désormais faire sécession ?).
 
Chaque jour, le travail se poursuit inlassablement, démontrant tout le savoir-faire du système auquel nous sommes assujettis, détenteur d'une expertise incomparable en matière de lavage de cerveau. Depuis la chute du Mur, combien de centaines de milliers de personnes l'Occident a-t-il tuées... au nom de la démocratie ? (I)

La Syrie dans le viseur...

Aujourd'hui, c'est au tour de la Syrie de se trouver dans notre ligne de mire.
Sanctions, embargo, soutien logistique aux opposants, transferts d'armes aux insurgés, bombardement à l'uranium appauvri... L'Occident dispose de multiples procédés pour déstabiliser le régime en place à Damas et ne se prive pas pour en utiliser déjà certains à son encontre.

Le film que BHL rêve de tourner...

On a pu se rendre compte, en live, de l'étendue des dégâts causés par la campagne « Choc et effroi » mise sur pied par les USA afin d'exporter par la force, en tant que dealer exclusif, la démocratie en Irak. Pourtant, on arrive toujours à se persuader qu'il faut créer, au plus vite, des « corridors humanitaires » en Syrie. Faut-il être à ce point « kouchnerisé », pour continuer à penser qu'armer les opposants à Bachar Al Assad ou lui faire directement la guerre va réduire le nombre de victimes civiles du conflit !

Bruxelles-Damas, aller-retour

En opérant un va-et-vient entre situations syrienne et européenne et en les confrontant aux récits qui leur donnent sens en Occident, cette contribution avait plusieurs ambitions.

D'abord, en observant la Syrie comme un reflet déformé de nous-mêmes, d'une part, prendre du recul par rapport à « nos » États, qui organisent un système économique mondialement injuste et le protègent par la propagande la plus insidieuse comme par la plus disproportionnée des violences. D'autre part, fournir la démonstration exemplaire de la puissance du peuple en mouvement, comme force sociale capable d'amener le changement.

Ensuite, pour dépasser la version occidentale en noir et blanc, pour appréhender ce pays dans sa complexité, offrir quelques clés de lecture originales à propos de la Syrie.
Il faut être de bon compte : les défauts des sociétés occidentales ne doivent pas nous empêcher de dénoncer des injustices ailleurs dans le monde. D'ailleurs, bon nombre d'intellectuels de tous bords se chargent déjà de cette mission à l'égard de la Syrie. Cependant, n'en déplaise à ceux qui entendent offrir une vision simpliste du conflit, il ne faut pas être un spécialiste du Moyen-Orient pour constater qu'il existe une convergence d'intérêts entre fondamentalistes religieux et fondamentalistes du marché (J), afin de déstabiliser un État syrien qui se présente comme « laïc, semi-socialiste et panarabe » (K).
Le « printemps arabe » nous a également appris cela : il ne faut pas négliger le fait que des forces (internes et externes) réactionnaires jouent un rôle de premier plan au sein des mouvements populaires... un rôle déterminant quant à la direction qu'ils emprunteront en Syrie.

Enfin, car tout ceci a été dit, rappeler que les solutions à la crise syrienne ne passeront jamais par une intervention des États occidentaux.
 

"Vous sentez-vous plus arabe ou plus américaine ?" : l’histoire de deux femmes détenues et interrogées à Ben-Gourion....Je ne savais pas que le nom arabe de mon père ferait de moi une coupable jusqu’à preuve du contraire. "Quelques instants" se sont transformés en 14 heures de cauchemar à l’aéroport Ben Gourion, à Tel Aviv.

...Nous n’avions commis aucun crime. Notre seul pêché était d’être nées de parents arabes. C’est alors que nous avons réalisé quelle vie protégée nous avions vécue. Nous avions bien sûr lu sur le profilage racial et entendu des témoignages de membres de nos familles et d’amis au collège, mais nous ne l’avions jamais vécu nous-mêmes....
Je suis citoyenne américaine. J’ai fréquenté des écoles américaines toute ma vie, je suis diplômée d’une université américaine et je travaille comme architecte à New-York. Pourquoi ceci m’est-il arrivé ? Tout a commencé par une simple question. "Quel est le nom de votre père ?" "Bassam."
"Ok, attendez quelques instants dans la salle d’attente, là-bas, s’il vous plaît."
Je ne savais pas que le nom arabe de mon père ferait de moi une coupable jusqu’à preuve du contraire. "Quelques instants" se sont transformés en 14 heures de cauchemar à l’aéroport Ben Gourion, à Tel Aviv.
J’espérais qu’ils ne me sépareraient pas de mon amie Sasha, avec qui je voyageais. Nous avions été prévenues qu’il pourrait y avoir quelques interrogatoires et contrôles de sécurité mais on nous avait rassurées, nous étions jeunes, travaillant à New-York, nous avions des passeports américains, l’entrée en Israël ne devrait pas poser de problème. C’était ma troisième visite, et la première pour Sasha.
Sasha a été appelée pour être interrogée par une employée blonde décolorée et enceinte et a été conduite dans un petit bureau à gauche de notre salle d’attente. Vingt minutes ont passé avant que Sasha ne sorte, revenant rapidement à son siège.
Elle a essayé de me rassurer. "Ça va aller. Ils veulent juste voir si nous mentons sur quelque chose." Mais elle était à l’évidence troublée.
Maintenant c’était mon tour.
"Najwa, venez."
"Vous sentez-vous plus arabe ou plus américaine ?" m’a-t-elle demandé. J’avais répondu aux dix questions précédentes très calmement, mais à cette question, j’ai regardé l’agent de sécurité avec trouble et irritation. Elle ne devait pas être beaucoup plus âgée que moi - son tailleur et son expression sévère ne masquaient pas sa jeunesse.
- Je ne sais pas, je me sens les deux. Pourquoi ? Est-ce que ça a une incidence sur ma possibilité d’entrer ?
Elle a ignoré ma question. "Vous vous sentez sûrement un petit peu plus arabe, vous avez vécu dans beaucoup de pays du Moyen-Orient."
Je n’ai pas vu le lien. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de choisir. "Oui bien sûr, mais j’ai aussi vécu aux États-Unis ces sept dernières années, et j’y suis née, alors je me sens les deux." Ma réponse n’a rien fait pour la convaincre.
"Hmm. Irez-vous à Al-Aqsa ?"
"Oui, peut-être."
"Irez-vous aussi voir des sites juifs ?"
"Oui, pourquoi pas ? Nous voulons tout voir."
"Mais vous êtes déjà venue ici deux fois. Pourquoi venez-vous maintenant pour la troisième fois ? Vous pouvez aller au Vénézuela, au Mexique, au Canada. C’est bien plus près de New-York, et bien moins cher !"
J’ai réalisé que la conversation ne menait nulle part. "C’est vrai, mais je voulais revenir ici. N’avez-vous pas des touristes qui reviennent plus d’une fois ?"
"Ici c’est moi qui pose les questions," a-t-elle répondu mécontente.
"D’accord, nous allons maintenant faire quelque chose de très intéressant !" Son visage est passé d’un regard sévère à un petit sourire. Elle s’est mise à taper "http://www.gmail.com/" sur son ordinateur et a tourné le clavier vers moi. "Connectez-vous", a-t-elle demandé.
"Quoi ? Vraiment ?" J’étais choquée.
"Connectez-vous."
J’ai tapé mon nom d’utilisateur et mon mot de passe, complètement incrédule. Elle a commencé sa recherche intrusive : "Israël", "Palestine", "Cisjordanie", "International Solidarity Movement".
En y réfléchissant maintenant, je me rends compte que je n’aurais pas dû me connecter. J’aurais dû savoir que quoique je fasse à ce moment-là, rien ne pouvait changer ma situation, et que c’était une intrusion dans ma privée. Pourtant, toutes les questions, le sentiment que je devais me défendre parce que je voulais simplement entrer dans le pays, et le regard imperturbable des agents de sécurité m’ont donné l’impression que je n’avais pas le choix. J’étais inquiète, je laisserais Sasha tomber si je refusais et ce serait la raison de nos deux dénis d’entrer dans le pays.
Elle a passé ma boîte de réception au crible, lisant chacun des e-mails avec ces mots-clés. Il a lu des phrases à haute voix à sa collègue, rejouant de façon ironique et se moquant de vieilles conversations sur Google entre Sasha et moi sur notre futur voyage à Jérusalem. Je me tortillais sur mon siège.
Les autorités israéliennes ont une réputation notoire de déni d’entrée aux Palestiniens de toutes citoyennetés, et j’avais reçu toutes sortes d’avis, sollicités ou non, sur la façon de gérer le problème. L’agent de sécurité a ouvert l’e-mail d’un ami qui vit à Jérusalem, qui m’avait conseillé de me retirer des recherches sur internet. "Ils se sont mis récemment à googleliser les noms à l’aéroport," avait-il écrit. "Vois si tu peux t’enlever, c’est pas essentiel mais ça peut être utile."
Elle a trouvé ça particulièrement hilarant. En riant, elle a appelé sa collègue blonde et a relu la phrase d’un ton narquois. "Vous pouvez dire à votre ami que non seulement on vous googlelise, mais on lit aussi vos e-mails !"
J’étais on ne peut plus mal à l’aise, me demandant de quelle autre façon ils essaieraient de m’humilier. "Ok, je pense que vous avez assez lu !" ai-je dit. "Est-ce que vous faites est seulement légal ? Pouvez-vous s’il vous plait vous déconnecter maintenant ?"
L’agent de sécurité est devenue encore plus défensive. "Vous pouvez me demander de me déconnecter, mais vous savez ce que ça veut dire, d’accord ? Dites-moi de me déconnecter," m’a-t-elle nargué.
J’étais sans voix. Je me sentais complètement impuissante, furieuse et épuisée ; j’étais alors dans ma quatrième heure d’interrogatoire.
Après avoir lu plusieurs autres courriels, ils ont noté tous les noms de contacts, e-mails et numéros de téléphone qu’ils pouvaient trouver. Enfin, l’enquêtrice a dit, "Ok, vous pouvez sortir." Mais avant que j’ai pu éprouvé le plus petit sentiment de soulagement, elle a ajouté, "Bonne chance pour votre entrée en Israël."
Trois autres heures ont passé. Un homme grand et chauve s’est finalement approché de nous, tenant nos passeports. "Venez avec moi," a-t-il ordonné. Nous avons traversé le hall pour une autre salle d’attente, en face de deux petits bureaux.
"Là immédiatement, votre entrée en Israël est refusée." Malgré le pressentiment que j’avais en sortant de la pièce d’interrogatoire que mes heures dans ce pays étaient comptées, les mots m’ont quand même atteinte, avec déception, frustration et colère.
Sasha elle aussi. "D’accord, je veux un avocat," a-t-elle dit. "Et je veux appeler l’ambassade américaine, maintenant."
Nos demandes n’ont pas ébranlé le garde. "Oui, oui, appelez qui vous voulez, après la procédure." Et il est parti.
Nous avons observé ce qui se passait dans le bureau. Une grosse femme en uniforme, d’environ cinquante ans, prenaient des photos et les empreintes digitales d’un homme assis en face d’elle. Sasha a ensuite été appelée. La femme lui a dit de s’asseoir en face de l’appareil de photo.
"Attendez, avant que vous preniez ma photo, pouvez-vous me dire pourquoi vous le faites ?" a demandé Sasha.
"C’est la procédure. C’est comme ça que nous faisons en Israël", a répondu la femme, se retournant vers l’appareil photo.
"Vous me traitez comme une criminelle ! Je ne veux pas que vous preniez la photo," a dit Sasha. "On nous a déjà interdites d’entrée. Pourquoi faites-vous ça ?"
"Nous faisons la photo et ensuite vous attendrez dans un établissement jusqu’à votre vol."
Sasha insiste. "Quel établissement ? Notre vol est dans neuf jours ! Pourquoi nous interdit-on d’entrer ? Il faut que nous appelions l’ambassade maintenant !"
"Vous appellerez après la photo. Je ne sais pas pourquoi l’entrée vous est refusée. Mon boulot, c’est juste de faire la procédure. Quand je vais en Amérique, la même chose m’arrive. On me refuse l’entrée en Amérique," affirme la femme.
"Non," a répondu Sasha, "on ne vous la refuse pas."
Après qu’elle ait pris nos photos, nous nous sommes senties officiellement comme des criminelles. Et le fait que deux nouvelles gardiennes aient été maintenant affectées à notre surveillance constante n’a pas vraiment aidé à dissiper ce sentiment. Le plus humiliant était que chaque gardienne n’avait pas plus de vingt ans. Où que nous allions, elles étaient derrière nous. Même lorsque Sasha est allée aux toilettes, la garde de sécurité y est allée avec elle. Environ 30 minutes après, six autres gardes de sécurité nous ont entourées pour nous accompagner jusqu’à une autre pièce dans l’aéroport. C’était comme si tous les bergers étaient venus chercher deux petites brebis.
Nous n’avions commis aucun crime. Notre seul pêché était d’être nées de parents arabes. C’est alors que nous avons réalisé quelle vie protégée nous avions vécue. Nous avions bien sûr lu sur le profilage racial et entendu des témoignages de membres de nos familles et d’amis au collège, mais nous ne l’avions jamais vécu nous-mêmes.
Sasha et moi allions et venions anxieusement pendant qu’on nous faisait attendre dans le couloir. A un moment donné, j’ai tourné la tête et j’ai remarqué que les gardiennes montraient nos vêtements et admiraient le pantalon de Sasha. Et ça m’a frappé alors, pour la première fois, que ces gardes étaient en fait des filles jeunes, intéressées par la mode, comme nous. Dans d’autres circonstances, aurions-nous pu être amies ?
Elles nous ont conduit dans une autre pièce, peinte en blanc et avec une grosse machine de "détection des explosifs" intimidante. Les gardes ont commencé à ouvrir nos bagages et ont tout sorti, chaque vêtement, chaque tube de maquillage. Elles ont inspecté mon ordinateur portable et l’Ipad de Sasha, ont essuyé chaque élément avec un chiffon et les ont mis dans la machine. Tout a été passé aux rayons X et scanné, deux fois.
Après qu’elles se soient occupées de chaque élément de nos affaires, la fouille au corps a commencé. J’ai été emmenée à l’arrière de la pièce avec trois officiers de sécurité, un homme et deux femmes. La pièce était plus petite et fermée par un rideau. La femme plus âgée semblait former la plus jeune. Elle murmurait des instructions en hébreu tandis que la plus jeune me palpait. L’homme est resté juste devant le rideau à moitié ouvert. Elles ont scanné mon corps avec un détecteur de métal, et les boutons de mon jeans ont fait bipper l’appareil. "Enlevez votre pantalon," m’a dit immédiatement la plus âgée.
J’ai perdu ce qui me restait de sang-froid. "NON," ai-je répondu. "Nous sommes déjà interdites. Vous avez tout fouillé. Pourquoi faut-il que j’enlève mon pantalon après que vous m’ayez interdite d’entrée ? Je ne l’enlèverai pas."
"C’est comme ça que nous faisons en Israël," a répondu la femme sèchement. "Vous devez l’enlever."
"Et si je ne le fais pas ?"
"Alors quelqu’un le fera pour vous." Et ils sont tous sortis de la pièce.
Je me suis mise à pleurer et à trembler, un million de cauchemars différents me passant à l’esprit. Est-ce qu’ils allaient chercher davantage de gens pour me maîtriser ? Qu’est-ce qui allait bien pouvoir nous arriver ? Je voulais voir Sasha et ne pas rester seule une minute de plus, mais j’avais trop peur des conséquences si je quittais la pièce.
Les gardiennes sont revenues quelques minutes après avec un short pris dans ma valise. "Très bien," ont-elles dit, "Mettez ça."
Je l’ai enfilé, le visage plein de larmes. J’étais honteuse et mortifiée pendant qu’elle me palpait à nouveau tout le corps. Je ne me suis jamais sentie aussi humiliée, aussi avilie et aussi violée.
A la fin de la "fouille de sécurité", j’ai remis mon jeans et je suis revenue dans la pièce blanche. Ce fut au tour de Sasha d’être fouillée.
Lorsque ce fut fini, deux hommes des services de l’immigration sont arrivés, portant nos passeports.
"Maintenant on va vous emmener dans un établissement."
"Un établissement ? Vous voulez dire une prison ? Vous nous arrêtez ? Combien de temps allons-nous y rester ?"
"Ce n’est pas une prison. C’est un établissement. C’est là que vont les gens dont l’entrée dans l’État d’Israël est refusée."
Ils ont pris tous nos bagages et nos téléphones et nous ont conduit à environ 5 minutes de l’aéroport, dans un immeuble blanc avec une barrière. Toutes les fenêtres avaient des doubles barreaux et aucune des portes n’avait de loquet. Nous avons traversé les couloirs sombres et nous sommes passées devant des pièces ouvertes avec des lits superposés.
"Vous pouvez appeler vos parents depuis mon téléphone, pas les vôtres. Laissez vos téléphones ici. Mais si c’est un appel international, utilisez les vôtres. Votre vol de retour est à 8h demain matin," nous a dit le gardien.
Nous avons appelé nos parents, puis il nous a emmenées au deuxième étage dans une pièce où il y avait dix lits superposés, quatre femmes endormies, un évier, une salle de bains et une douche.
Nous avons fixé les lits pendant une minute avant de nous étendre. Les matelas semblaient faits de ruban adhésif, la pièce sentait l’urine et il y avait un drap gris et rêche sur chaque lit. Nous avons plié mon pull en deux pour en faire un oreiller et nous nous sommes allongées ensemble sur le lit de 90cm de large, regardant le fond de la couchette au-dessus de nous. "PALESTINE LIBRE, je reviendrai. Maryam, 2006" et "21 activistes pacifiques de Gaza détenus" étaient gribouillés sur le bois. Lire et relire ces phrase m’a donné un étrange sentiment de paix, et nous avons dérivé dans un sommeil agité.
Vers 5h du matin, le gardien est venu réveiller une Espagnole, dans le lit à côté du nôtre. "Lavez-vous la figure," lui a-t-il dit. Elle s’est levée d’un bon, s’est aspergée le visage d’eau et a attendu qu’il revienne et déverrouille la porte. Nous nous sommes assises avec anxiété sur le lit, en attendant que ce soit notre tour de partir.
A 6h15, un gardien est arrivé et nous a dit que l’ambassade des États-Unis nous appelait au téléphone. Mes parents les avaient appelés depuis la Virginie après nos deux minutes de conversation pour les informer de ce qui nous arrivait. Sasha a répondu. "Oh, Dieu merci, vous avez essayé d’entrer en contact avec nous ! C’est Sasha. Nous en avons vu des vertes et des pas mûres, ces dernières heures."
"Comme je l’ai dit hier aux parents de votre amie, nous ne pouvons pratiquement rien faire. Je suis quand même contente que vous puissiez prendre le prochain vol," a dit la femme tranquillement.
"C’est ridicule. Ils ont ouvert les courriels de mon amie. C’est légal ?"
"Eh bien, ils font ce qu’ils veulent. Nous ne pouvons rien faire. Ils sont dans leur pays, et ils ont leurs propres règles."
"Si seulement vous pouviez voir dans quelles conditions nous sommes. J’aimerais que vous veniez et que vous sentiez la pièce."
"Oh, je suis vraiment désolée, mais au moins vous allez prendre le prochain vol," d’une voix fâcheusement monocorde.
"Je n’arrive pas à croire que vous financiez ce système. Je comprends la relation spéciale qu’il y a entre l’Amérique et Israël, mais il y a clairement quelque chose qui ne va pas dans la manière dont nous sommes traitées."
"Eh bien, il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans beaucoup de systèmes." Il était clair qu’elle n’allait pas nous aider.
"Vous avez raison. Nous devrions tous juste nous asseoir ici et faire preuve de complaisance, comme vous. Bon, merci de nous avoir appelées." Et Sasha a raccroché.
Nous avions attendu cet appel désespérément, et la somme de frustration que nous avons éprouvée après l’avoir reçu était massive. Nous avions exigé plusieurs fois de pouvoir parler à l’ambassade américaine, espérant que le fait d’être Américaines nous donnerait une sorte de protection ou un peu de sécurité. Il n’y a pas de différence entre les citoyens en Amérique, pensions-nous naïvement. Certainement que l’ambassade des États-Unis allait venir à notre secours et exiger que nous soyons traitées comme des êtres humains. Certainement qu’ils vont chapitrer les Israéliens pour leurs pratiques révoltantes et exiger qu’ils agissent comme une démocratie qu’ils prétendent être.
Si nous avions été deux citoyennes américaines dans un "établissement" syrien ou iranien, la réaction de l’ambassade américaine aurait-elle été la même ? Obama lui-même n’aurait-il pas fait immédiatement une déclaration exigeant notre libération ? Si nous avions été des Américaines d’origine polonaise ou chinoise, aurions-nous été traitées de cette manière ? Les citoyens américains obtiennent habituellement un visa de trois mois dès leur arrivée. Pourquoi avons-nous été une exception ? Beaucoup de choses ne vont pas bien dans beaucoup de systèmes, mais quand nous finançons quelqu’un avec des milliards de dollars de nos impôts, cela veut dire que nous le soutenons.
Une heure après, qui nous a semblé une éternité, le gardien s’est montré. Il était maintenant 7h30, seulement 30 minutes avant notre vol. Cela n’a posé aucun problème puisque nous avons été conduites directement à la passerelle de l’avion. Nos passeports ont été remis au commandant du vol Air France. Lorsque nous sommes arrivées en France, trois policiers nous attendaient à la porte de l’avion, le commandant leur a donné nos passeports, et nous a conduites directement de l’avion à leur voiture de police.
"Est-ce que ça arrive souvent ?" a demandé Sasha.
"Tous les jours," a répliqué l’officier.
Najwa Doughman, Sasha Al-Sarabi
Source : Mondoweiss http://mondoweiss.net/2012/06/do-you-feel-more-arab-or-more-...
Traduction : MR pour ISM http://www.ism-france.org/temoignages/-Vous-sentez-vous-plus...
URL de cet article 17238 http://www.legrandsoir.info/vous-sentez-vous-plus-arabe-ou-plus-americaine-l-histoire-de-deux-femmes-detenues-et-interrogees-a-ben-gourion.html

Lettre ouverte d’un prêtre arabe de Syrie à Mr François Hollande....pourquoi vous faut-il assassiner et détruire des peuples entiers, pour qu’ISRAËL SEUL puisse enfin vivre et survivre ? ...

" Mr le Président, Il est aussi une question capitale, que je me dois, en tant que citoyen arabe de Syrie, de vous poser, ainsi qu’à tous les "leaders" occidentaux : « Pourquoi vous faut-il systématiquement assassiner les peuples arabes et musulmans ? "

Pressenza Damas, 7/9/12 Aussi ai-je tenu à vous écouter de bout en bout, hier soir 29 Mai, lors de votre interview sur TV5. Je nourrissais le vague espoir de voir définitivement tournée, la politique de cirque de votre burlesque prédécesseur. À vous écouter, je me suis rapidement surpris à m’interroger sur le bienfondé de mon attente. Il m’a fallu vite déchanter. Je restais ébahi devant votre visage bon enfant, pendant que vous vous permettiez de prononcer des jugements péremptoires, sur tout et sur tous, sans la moindre nuance ni hésitation.
Mais quand je vous ai entendu parler de la Syrie et de son Président, j’ai bien cru entendre la voix même des Maîtres qui vous ont juché sur ce premier poste de France, dans l’unique but de mener à bien le projet de destruction de la Syrie, que votre prédécesseur a été incapable de conduire jusqu’au bout.
Pour une première à la Télévision, c’en était bien une ! Je vous attends de pied ferme, lors des tout proches désenchantements des français. Pour ma part, vieux connaisseur de la France et des français, je me suis surpris à me dire : quelle dégringolade depuis le départ du Général de Gaulle !
Mr le Président, Avant de poursuivre, il est une coïncidence historique que je me dois de vous signaler, et que vous ignoriez sans aucun doute. Sinon vous auriez évité de vous laisser interviewer un 29 Mai ! En effet, il est un autre 29 Mai, au cours duquel la France s’est misérablement déshonorée.
C’était en 1945. En ce jour même, la France "MANDATAIRE", s’est permis de bombarder le Parlement Syrien à Damas, pour ensuite laisser ses soldats noirs, assassiner les 29 gendarmes en poste dans ce haut-lieu de la démocratie. Le saviez-vous ?
Mr le Président, N’est-il pas temps pour la France, et donc pour vous-même, de réfléchir pour de bon sur cette ignoble politique qui, depuis 1916, année des accords aussi secrets que honteux, appelés depuis "Accords Sykes-Picot", la conduit sur les ordres du Sionisme, à détruire la Syrie et le Monde Arabe ? N’y avait-il de clairvoyant et de noble, dans toute la France d’alors, que Mr Aristide Briand, Ministre des Affaires Étrangères, pour avoir donné à votre Consul Général à Beyrouth, Mr Georges Picot, en date du 2 Novembre 1915, en prévision de ces accords, cette consigne claire et perspicace : "Que la Syrie ne soit pas un pays étriqué… Il lui faut une large frontière, faisant d’elle une dépendance pouvant se suffire à elle-même" ?
Pour une Syrie "se suffisant à elle-même", et telle que l’avait déjà tracée en 1910, une carte géographique émanant de ce même Ministère des Affaires Étrangères, vous devez savoir ce qu’il en fut, après qu’elle fût amputée, au Nord-Ouest de la Cilicie, au Nord-Est de la région de Mardine, dans ce qui est l’Irak actuel, de Mossoul, à l’Ouest du Liban, au Sud de la Jordanie et de la Palestine, pour être décapitée en 1939, d’Antioche et du Golfe d’Alexandrette, offerts en cadeaux à la Turquie !
[...]
Mr le Président, Il est aussi une question capitale, que je me dois, en tant que citoyen arabe de Syrie, de vous poser, ainsi qu’à tous les "leaders" occidentaux : « Pourquoi vous faut-il systématiquement assassiner les peuples arabes et musulmans ? »
Vous l’avez déjà fait en dressant, entre 1980-90, l’Irak contre l’Iran, cet Irak, dont le malheureux Saddam Houssein se faisait traiter de "Grand ami", tant par Donald Rumsfeld que par Jacques Chirac ! Ce fut aussitôt après, le guet-apens du Koweït, entraînant la guerre contre l’Irak, suivi d’un blocus de (13) ans, qui a causé à lui seul, d’après les rapports américains mêmes, la mort de 1.500.000 enfants irakiens ! Ce fut ensuite la chevaleresque "guerre contre le terrorisme"… en Afghanistan ! Aussitôt suivie d’une nouvelle guerre contre l’Irak.
Quant à l’immortelle épopée de l’Otan en Lybie, conduite par "le général-philosophe" Bernard Henri Lévy, elle vint à nouveau compléter ces horreurs, sous prétexte de protection des droits de l’homme ! Et voici que depuis 15 mois, tout l’Occident s’acharne contre la Syrie, oubliant une infinité de problèmes très graves, à commencer par le Conflit israélo-arabe, qui menacent réellement la survie de l’humanité !
Or toutes ces tragiques politiques occidentales, vous les pratiquez sans honte et sans vergogne, sous couvert de tous les mensonges, de toutes les duplicités, de toutes les lâchetés, de toutes les contorsions aux Lois et Conventions Internationales. Vous y avez en outre engagé ces Instances Internationales, que sont les Nations-Unies, le Conseil de Sécurité et le Conseil des droits de l’homme, alors qu’elles n’ont existé que pour régir le monde entier vers plus de justice et de paix !
Seriez-vous donc, en Occident, en train de nourrir l’espoir stupide de mettre fin de cette façon à l’Islam ? Vos savants et vos chercheurs ne vous ont-ils pas fait comprendre que vous ne faites que provoquer un Islam outrancier, que vous vous obstinez d’ailleurs à financer, à armer et à lâcher avec nombre de vos officiers, un peu partout dans les pays arabes, et surtout en Syrie ? Ne vous rendez-vous pas compte que ce faux islam se retournera tôt ou tard contre vous, au coeur de vos capitales, villes et campagnes ?
Pour tout cela, laissez-moi vous rappeler, moi simple citoyen de Syrie, que cet islam que vous armez et dressez contre le Monde Arabe en général, et la Syrie en particulier, n’a rien à voir avec le véritable Islam, celui-là même que la Syrie a connu, lors de la Conquête arabe, ainsi que l’Égypte et enfin l’Espagne. Faut-il vous rappeler que les historiens occidentaux, dont des historiens juifs, ont dû reconnaître que l’Islam conquérant s’est révélé être le plus tolérant des conquérants ?
Ou ne seriez-vous, leaders occidentaux, dans vos différents pays, repus d’opulence et de "grandeur", que les vils exécuteurs des projets sionistes, depuis ces fameux Accords Sykes-Picot, et l’ignominieuse "Promesse Balfour", jusqu’à ce jour, et pour longtemps, semble-t-il, toujours empressés d’apporter à Israël, tous les soutiens possibles, connus et secrets, à tous les niveaux, aussi bien politiques et diplomatiques, que militaires, financiers et médiatiques ?
Oui, pourquoi vous faut-il assassiner et détruire des peuples entiers, pour qu’ISRAËL SEUL puisse enfin vivre et survivre ? Est-ce de la sorte que vous cherchez à réparer votre terrible complexe de culpabilité vis-àvis des juifs, dû à un antisémitisme plus que millénaire et proprement occidental ? Vous faut-il le faire au prix de l’existence même de ces peuples arabes et musulmans, au milieu desquels les juifs avaient mené une vie quasi normale, faite de cordialité, voire de riche collaboration ?
Si mes interrogations vous paraissent exagérées ou outrancières, permettez-moi de vous prier de lire ce qu’ont écrit sur l’emprise du Sionisme aux États-Unis, des hommes comme John Kennedy et Jimmy Carter, et des chercheurs courageux et connus, comme Paul Findley, Robert Dole, David Duke, Edward Tivnan, John Meirsheimer, Stephen Walt, Franklin Lamb, et surtout Noam Chomsky.
Pour ce qui concerne l’emprise du Sionisme en Europe, je m’en tiens aujourd’hui à la France seule. Vu la responsabilité qui est la vôtre, vous est-il permis d’oublier ou d’ignorer ce qu’ont, si courageusement, écrit : Roger Garaudy, Emile Vlajki, Pierre Leconte, Régis Debray, et surtout les juifs Michel Warshawsky, Stéphane Hessel, Serge Grossvak et le Professeur André Noushi ?
Si par impossible, tous ces noms ne vous disaient rien, laissez-moi vous rappeler quelques noms si connus en Israël même, qu’il serait malhonnête de les ignorer et d’ignorer ce qu’ils ont osé dire depuis quarante, voire cinquante ans, et certains bien avant la "création" d’Israël : Martin Buber, Albert Einstein, Yshayahou Leibowitz, Israël Shahak, Susan Nathan, Tanya Rheinhart.
Pour finir, laissez-moi vous rappeler un texte trop connu pour passer inaperçu. Il date du mois de février 1982. À lui seul, il constitue et condense l’implacable dictat sioniste, imposé depuis des dizaines d’années, à toute la politique occidentale. Il a paru dans la revue sioniste "KIVOUNIM", publiée à Jérusalem. Il s’agit d’un article intitulé "Stratégie d’Israël dans les années 1980", et il porte la signature de Mr Oded Yinon. Je me contente d’en citer un seul paragraphe, reproduit (p.62) dans un livre récent, intitulé "Quand la Syrie s’éveillera…", paru à Paris, chez Perrin, en 2011. Ses auteurs sont Richard Labévière et Talal El-Atrache. On y lit textuellement :
« La décomposition du Liban en cinq provinces, préfigure le sort qui attend le monde arabe tout entier, y compris l’Égypte, la Syrie, l’Irak et toute la péninsule Arabe. Au Liban, c’est un fait accompli. La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces États. La Syrie va se diviser en plusieurs États, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un État alaouite chi’ite ; la région d’Alep un État sunnite ; à Damas, un autre État sunnite hostile à son voisin du nord ; les druzes constitueront leur propre État, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hourân et en Jordanie du Nord. Cet État garantira la paix et la sécurité dans la région, à long terme : c’est un objectif qui est maintenant à notre portée. »
[...]
Mr le Président, Pour finir, laissez-moi vous prier vivement de chercher à vous rendre personnellement compte, de tout ce dossier, et à mesurer la responsabilité que vous y assumez, avant qu’il ne soit trop tard.
Un ami, prêtre français, fin connaisseur de la Syrie, le Père Jean-Paul Devedeux, vient de vous écrire en ce jour même. Sa lettre est une invitation pressante qu’il vous adresse, pour une meilleure connaissance des arabes en général, et de la Syrie en particulier. L’enjeu est de taille.
Veuillez donc vous libérer du "rôle" que vous êtes en droit de rechercher, et surtout de celui que l’on cherche immanquablement à vous imposer.
La Syrie, "seconde patrie de tout homme civilisé" comme l’a si bien dit votre grand savant "André Parot", et terreau de toutes les civilisations, mérite une visite. Elle ne manquera pas de vous étonner, et même de vous captiver. Ayez le courage de la connaître de près. Vous en reviendrez porteur d’un projet de politique nouvelle, clairvoyante et juste, faite d’équilibre humain, qui repose sur les droits et devoirs de TOUS à l’égard de TOUS ! La vie, la liberté et la dignité sont pour TOUS !
Nouveau Président de la France, Je vous souhaite d’en prendre l’initiative. Vous n’y serez pas perdant autant que vous l’êtes en ce moment, et moins que vous le serez demain, si vous vous défilez !
Mr le Président, En vous confiant cet espoir, je vous dis mon respect.
Pr. Elias ZAHLAOUI Église Notre-Dame de Damas Koussour – Damas
http://pressenza.com/npermalink/lettre-ouverte-dxun-pretre-a...
URL de cet article 17253 http://www.legrandsoir.info/lettre-ouverte-d-un-pretre-arabe-de-syrie-a-mr-francois-hollande.html

lundi 16 juillet 2012

Déclaration de Caracas : XVIII Rencontre du Forum de Sao Paulo....Les peuples du monde unis contre le néolibéralisme et pour la paix

1. La XVIIIe rencontre du Forum de Sao Paulo, qui s’est tenue à Caracas les 4, 5 et 6 juillet 2012, s’est déroulée dans un contexte de crise structurelle profonde du capitalisme conjuguée à une lutte pour le contrôle d’espaces géopolitiques et géostratégiques, à l’émergence de nouveaux pôles de pouvoir, à des menaces pesant sur la paix mondiale et à l’agressivité militaire et interventionniste d’un impérialisme tentant d’enrayer son déclin.
 
A la crise économique s’ajoute une crise environnementale, énergétique et alimentaire, ainsi qu’une crise des systèmes de représentation politique. Cette situation appelle une réponse déterminée de la part des peuples latino-américains et caribéens et une action efficace des forces progressistes, populaires et de gauche.
2. La crise économique mondiale est loin d’être maîtrisée. Les responsables à la tête des institutions financières internationales restent embourbés dans le dogme néolibéral. L’effet de la récession aux Etats-Unis et de la paralysie du moteur européen est déjà perceptible dans de vastes régions, y compris en Chine, malgré le dynamisme de l’économie. La zone latino-américaine et caribéenne n’échappe pas aux répercussions négatives du marasme mondial, même si les politiques économiques et sociales d’une grande partie des gouvernements de la région ont permis d’éviter un impact majeur.
3. Tandis qu’en Europe et aux Etats-Unis, par exemple, le néolibéralisme demeure le fondement idéologique de la politique économique, qui se traduit par des mesures d’austérité permanente et par la primauté du capital, en Amérique latine, les forces progressistes et de gauche au pouvoir dans de nombreux pays prennent des initiatives qui ont permis – dans une certaine mesure – de sortir de la « longue nuit néolibérale » en lançant des plans sociaux de grande envergure, en obtenant des succès indiscutables dans la lutte contre la pauvreté et en insufflant une dynamique sans précédent au processus d’intégration. Tout l’enjeu consiste à poursuivre ces politiques et à approfondir ces changements dans le contexte actuel d’aggravation de la crise.
4. La droite et le camp impérialiste répondent de diverses manières au développement des forces démocratiques, populaires, progressistes et de gauche en Amérique latine et dans les Caraïbes, notamment à travers l’agression systématique du gouvernement des États-Unis, la manipulation et la criminalisation des revendications sociales dans le but de provoquer des affrontements violents et une contre-offensive putschiste.
5. En Bolivie, on retiendra les deux tentatives de coup d’Etat et celle de magnicide, ainsi que la mutinerie policière récemment mise en échec par l’intervention des mouvements sociaux. Mais d’autres pays ont également connu des épisodes putschistes : en 2002, le Président Chavez a été destitué pendant 48 heures, et en juin 2009, son homologue hondurien a été chassé du pouvoir ; en septembre 2010, c’est l’Equateur qui échappe à un coup d’Etat grâce à la mobilisation immédiate du peuple équatorien et à l’intervention rapide de la communauté internationale. Il y a seulement quelques semaines, Fernando Lugo, le Président du Paraguay, a été renversé. Cet événement, à l’instar du putsch hondurien, démontre que la droite est prête à user de méthodes violentes et/ou à recourir à la manipulation des voies institutionnelles pour se débarrasser des gouvernements qui ne servent pas ses intérêts.
6. De même, la droite a lancé une vaste campagne médiatique pilotée à l’échelle internationale par de puissants consortiums de communication. L’attitude de ces derniers constitue un thème récurrent de l’agenda politique régional. Les grandes corporations déploient des plans de déstabilisation et agissent comme des organes de pouvoir plus influents que les gouvernements émanant du suffrage universel. Jour après jour, les grandes entreprises médiatiques défient la démocratie et ses institutions. En conséquence, la démocratisation de la communication représentera sans doute à l’avenir l’un des principaux enjeux pour les pouvoirs de gauche.
7. Parallèlement, des victoires électorales significatives ont récemment été remportées, comme celles de Dilma Rousseff au Brésil, de Daniel Ortega au Nicaragua, de Cristina Fernandez de Kirchner en Argentine ou de Danilo Medina en République dominicaine : des succès indiscutables qui reflètent l’avancée des forces progressistes et de gauche.
8. Il y a quelques jours, les Présidentes Dilma Rousseff et Cristina Fernandez de Kirchner et le Président José Mujica ont décidé d’expulser du Mercosur le gouvernement putschiste du Paraguay jusqu’à ce que la démocratie soit restaurée, et ont approuvé dans le même temps l’admission du Venezuela comme membre de plein droit du principal groupement politique et économique de cette partie du monde.
9. Il est probable que l’Equateur intègre le Marché commun du Sud à plus ou moins court terme, ce qui établirait une réalité nouvelle en offrant à l’organisation un débouché sur le Pacifique après avoir assuré l’ouverture vers les Caraïbes grâce à l’admission du Venezuela.
10. Dans le même temps, les chefs d’Etat des pays formant la Communauté andine des nations s’efforcent de s’engager plus avant sur la voie de l’intégration, même s’ils devront pour cela surmonter des difficultés de taille.
11. Par ailleurs, l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) met en place des politiques économiques communes telles que le SUCRE, le Fonds de réserve et le Pétrocaribe, et les Présidents ont récemment décidé de créer une zone économique ALBA, ce qui marque une nouvelle étape dans la volonté d’intégration d’Antigua-et-Barbuda, de la Bolivie, de Cuba, de l’Equateur, de la Dominique, du Nicaragua, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et du Venezuela.
12. Les efforts déployés par l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) sont à la fois surprenants et encourageants. Un ensemble d’initiatives d’intégration ont été mises en oeuvre, à l’instar de la définition d’une politique de défense commune caractérisée notamment par le développement et le maintien de l’Amérique latine comme zone de paix dépourvue d’armes nucléaires. Parallèlement, des progrès sont réalisés dans la construction d’une nouvelle architecture économique fondée sur la complémentarité, la coopération, le respect de la souveraineté et la solidarité.
13. La réunion constitutive de la Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), qui s’est tenue à Caracas en décembre 2011, constitue un point d’inflexion dans le processus d’intégration. L’accord conclu marque le début d’un programme de travail destiné à trouver des éléments de convergence et à souligner la nécessité de s’unir, tous les Etats reconnaissant que les grands problèmes communs ne peuvent être résolus que par l’intégration.
14. Par ailleurs, face à l’échec de la ZLEA et à la réussite limitée des traités de libre-échange bilatéraux, les puissances impérialistes cherchent à affaiblir les mécanismes latinos et sud-américains d’intégration en développant l’Alliance du Pacifique.
15. L’intégration, qui repose sur une base politique, répond à une réalité changeante et se fonde notamment sur les éléments matériels que sont les forces productives et les ressources naturelles abondantes et diverses (forêts, pétrole, minéraux de tous types, terres rares, gaz, vastes surfaces consacrées à l’agriculture et à l’élevage), mais surtout sur la diversité culturelle et humaine de plus de 500 millions d’individus. Le processus d’intégration doit rechercher des politiques communes de gestion et d’exploitation souveraines des ressources naturelles, y compris en matière d’accès à l’eau, lequel doit être reconnu comme un droit humain.
16. La nécessité de s’appuyer sur une politique commune de développement durable, sur les sciences et technologies et sur le développement humain inclusif – en accordant la priorité aux femmes, aux enfants et aux jeunes – fera partie des thèmes centraux de l’agenda du Forum de Sao Paulo.
17. Compte tenu de la grande richesse de notre région en termes de ressources naturelles renouvelables et non renouvelables, nous devons renforcer la défense de l’environnement, entreprendre un développement industriel, technologique et scientifique de grande envergure, et faire respecter les droits des peuples autochtones, notamment celui d’être consultés.
18. La droite tente de faire sien, sur le plan symbolique, le discours en faveur de la défense de l’environnement en occultant les politiques néolibérales prédatrices dans ce domaine et la dette écologique du capitalisme envers la planète. Il existe une lutte acharnée pour le contrôle de ces richesses.
19. Les partis de gauche, populaires, progressistes et démocratiques du Forum de Sao Paulo réaffirment leur soutien aux relations d’amitié, de fraternité, de coopération solidaire, d’intégration et de respect absolu de la souveraineté de chaque pays promues par le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela. A cet égard, ils récusent fermement les accusations infondées d’interventionnisme formulées par le gouvernement illégitime du Paraguay à l’encontre du chancelier Nicolas Maduro.
20. Pour être à la hauteur des enjeux tactiques et stratégiques considérables du Forum de Sao Paulo, nous comptons sur les forces présentes dans le cadre de cette XVIIIe rencontre, à laquelle participent 800 délégués issus de 100 partis et organisations de 50 pays répartis sur les 5 continents.
21 Au cours des 4, 5 et 6 juillet, cette importante délégation a réalisé de nombreuses activités, parmi lesquelles se sont distinguées : les réunions des Secrétaires Régionaux du Cône Sud, Andin Amazonien, d’Amérique Centrale et Caraïbes, les ateliers thématiques des descendants« Afro-américains » ; Autorités Locales et Sub nationales ; Défense ; Démocratisation de l’information et de la communication ; Fondations, Écoles ou Centres de formation ; Environnement et Changement Climatique, Migrations ; Mouvements syndicaux ; Mouvements Sociaux et pouvoir populaire ; Peuples autochtones, Sécurité Agroalimentaire ; Sécurité et Narcotrafic ; Travailleurs des Arts et de la Culture, Union et intégration latino américaine et Caraïbes. Rassemblement des Femmes, le IVè rassemblement des Jeunesses, le Second Séminaire sur les gouvernements progressistes et de gauche et le Séminaire sur la paix, la souveraineté nationale et la décolonisation.
22 Le compte rendu de chacune de ces réunions et activités, les résolutions respectives, le Document Base ainsi que les motions et la Déclaration Finale seront publiés dans les Annales de cette XVIIIè Rencontre. Parmi ces résolutions il y a quelques thèmes que nous voudrions souligner.
23 Les partis membres du Forum de Sao Paulo, de gauches, progressistes et anti-impérialistes reconnaissent que : la présence et participation des femmes dans les différents secteurs de la société, y compris dans les partis, est indispensable pour leur renforcement, leur développement et leur croissance. Il n’est pas possible de construire le socialisme (ou une société socialiste, juste et équitable) si on ne modifie pas les rôles et schémas traditionnels qui ont été assignés et assumés historiquement de manières différentes par les hommes et les femmes, si on ne crée pas les conditions nécessaires pour déraciner les bases de la discrimination contre les femmes et que les deux parties participent à conditions d’égalité, tant dans la sphère publique que privée. L’intégration d’un véritable éclairage sur le genre et sur l’agenda des femmes de gauche et révolutionnaires en politique, programmes et actions qui se dessinent dans la lutte contre la droite et le capitalisme déprédateur et patriarcal, et la construction du socialisme, restent toujours un défi.
24 Depuis la naissance même du Forum, la reconnaissance de la souveraineté de la République Argentine sur les Malouines est évidente et indiscutable. La XVIIIè Rencontre soutient la demande d’ouverture de négociations diplomatiques entre l’Argentine et le Royaume Uni et réitère la protestation latino américaine contre les actions entreprises par le gouvernement britannique dans une zone déclarée libre d’armes nucléaires. De même, le FSP condamne la situation de colonialisme dans laquelle se trouvent plusieurs nations latino américaines et caribéennes. Nous refusons également les tentatives de recolonisation.
25 Le FSP soutient la revendication du peuple et du gouvernement de Bolivie pour un accès souverain à l’Océan Pacifique.
26 Les Partis et mouvements regroupés au Forum et autres mouvements sociaux avons la tâche de déployer toutes les initiatives possibles pour que le thème de l’indépendance de Puerto Rico devienne un point essentiel de l’agenda des Nations Unies. Il est inconcevable que persistent,au XXIè siècle, des enclaves coloniales dans notre espace régional et dans le monde. Nous nous unissons à la demande de libération du prisonnier politique portoricain Oscar López Rivera, qui a été emprisonné dans les geôles des États-Unis depuis plus de 31 ans, pour le seul « délit » de lutter pour l’indépendance de sa patrie.
27 Cette Rencontre doit fomenter de nouvelles activités et un plan d’action commun contre le blocus nord américain de Cuba et pour la libération des cinq héros, emblème commun de toutes et tous.
28 Le Forum de Sao Paulo exprime son soutien au peuple du Nicaragua et à son gouvernement face à la menace d’un embargo financier qui signifierait de la part du gouvernement des États-Unis le refus de la dispense qu’il adjuge ou refuse chaque année, comme un instrument de chantage arbitraire, par l’utilisation de son pouvoir de veto dans les organismes multilatéraux, la prétention nord-américaine étant d’imposer des décisions politiques qui sont de la compétence exclusive des Nicaraguayens dans l’exercice de leur souveraineté.
29 Le Forum de Sao Paulo exprime son soutien au peuple bolivien et à son président et camarade Evo Morales Ayma, dans la défense de la démocratie et le profond processus de changement qu’il mène aux côtés des mouvements sociaux et des secteurs populaires.
30 Le Forum de Sao Paulo exprime son soutien et active solidarité au peuple paraguayen, au Front Guasú et au Front pour la Défense de la Démocratie, ainsi qu’au mouvement paysan mobilisé, en refusant de reconnaître le gouvernement de fait dirigé par le putschiste Federico Franco et annonce des actions au niveau du continent en faveur de la démocratie, du respect de la volonté populaire exprimée en Avril 2008 et pour l’unité et l’intégration des peuples et gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes.
31 Le Forum de Sao Paulo exprime sa solidarité avec le peuple haïtien, dans sa lutte pour la reconquête de sa dignité et de sa souveraineté nationale. Seule la consolidation de ses structures étatiques permettra à Haïti de surmonter la crise qu’elle est en train de vivre, le succès de ce processus exige l’appui des gouvernements de gauche et des peuples latino américains et des Caraïbes, comme le retrait programmé des forces étrangères du territoire haïtien. Le dépassement de cette situation de crise que vit Haïti exige notre appui technologique, humanitaire et matériel.
32 Le Forum de Sao Paulo exprime son soutien au processus de paix en Colombie, où reste en vigueur la lutte pour une solution politique au conflit armé, la paix avec la justice sociale et pour un nouveau modèle économique et social qui garantisse le respect des droits de l’Homme et la protection de la nature, et décide de former une commission représentative des mouvements et partis politiques du Forum de Sao Paulo qui, d’un commun accord avec les partis et mouvements colombiens, visitera le pays et proposera un agenda d’étude, de contacts et d’appui pour des propositions unitaires.
33 Le Forum de Sao Paulo manifeste sa solidarité avec le Frente Amplio du Guatemala en tant que référence de la gauche guatémaltèque, et salut la conviction des partis membres- WINAQ, ANN y URNG- de continuer le travail pour l’unité de la gauche guatémaltèque et pour la recherche d’alliance avec les forces démocratiques et progressistes. Par ailleurs, elle condamne l’usage de la force répressive de la part du gouvernement guatémaltèque contre la population.
34 Le Forum de Sao Paulo exprime sa solidarité avec la lutte du peuple hondurien, pour le respect des droits de l’Homme et octroie son appui total à la camarade Xiomara Castro de Zelaya comme candidate du consensus des forces de résistance pour la Présidence de la République de Honduras.
35 Le Forum de Sao Paulo exprime son total soutien et sa solidarité avec la lutte du peuple sahraoui dans la défense de son autodétermination, sa souveraineté et son indépendance nationale.
36 Le Forum de Sao Paulo exprime son soutien à la lutte pour la souveraineté et autodétermination de la Palestine et son entrée aux Nations Unies comme membre de plein droit.
37 Nous nous opposons rigoureusement à toute intervention armée externe en Syrie et en Iran et invitons les forces progressistes et de gauche à défendre la paix dans la région.
38 Au cours des prochains mois il y aura plusieurs processus électoraux, comme celui de novembre 2012 qui, au Nicaragua, convoquera des élections municipales. En février 2013 il y aura des élections générales en Équateur où le Président Rafael Correa est proposé pour sa réélection et le Forum de Sao Paulo lui exprime son engagement, sa solidarité et son soutien total.
39 Le Forum de Sao Paulo appelle aussi à la défense de la démocratie au Mexique. Une fois de plus, la droite mexicaine a eu recours à la manipulation médiatique avec l’aide d’enquêtes truquées, à l’achat massif de votes et d’autres types de fraudes qui ont dénaturé l’élection présidentielle du 1er juillet. Tout cela pour tenter d’imposer un candidat opposé aux meilleurs intérêts du peuple mexicain. Le FSP se prononce sur ce sujet pour que les dénonciations présentées par les partis progressistes soient l’objet d’une profonde enquête.
40 L’enjeu central des prochains mois est la bataille électorale qui se déroulera au Venezuela le 7 octobre. La campagne a commencé avec de puissantes mobilisations populaires en soutien à la candidature de Chávez et au programme qu’il a présenté. Tous les sondages d’opinion indiquent clairement un avantage de 20 points en faveur du candidat Hugo Chávez sur le candidat de la droite. À quelques mois des élections, la droite considère comme certaine la victoire de Chávez. Pour cette raison, la droite participe au processus électoral mais prépare les conditions pour contester le résultat auprès du Conseil National Électoral. Face à cette situation, le Forum de Sao Paulo convoque les forces progressistes et de gauche à soutenir la démocratie vénézuélienne et à rejeter les tentatives de déstabilisation de la droite.
41 La XVIII Rencontre du Forum de Sao Paulo conclut en appelant les peuples à lutter contre le néolibéralisme et les guerres, à construire un monde de paix, de démocratie et de justice sociale. Un autre monde est possible et nous sommes en train de le construire : un monde socialiste.
Traduit de l’espagnol par Frédérique Rey et Philippe Ogonowski (Pôle traduction du Parti de Gauche)
URL de cet article 17236 http://www.legrandsoir.info/les-peuples-du-monde-unis-contre-le-neoliberalisme-et-pour-la-paix.html