mardi 1 mai 2012

Le Premier Mai - C’est un joli nom Camarade !

Camarade,
ceux qui monopolisent les moyens de production, les moyens de distribution et de diffusion,
ceux qui s’emparent des ressources de la nation,ceux qui pillent les biens publics privant chacun de ses droits ne devraient plus gouverner.
 
ILS ONT TOUT ACCAPARÉ, ILS NE DEVRAIENT PLUS GOUVERNER
Camarade, ceux qui monopolisent les moyens de production, les moyens de distribution et de diffusion ;
ceux qui s’emparent des ressources de la nation ;
ceux qui pillent les biens publics privant chacun de ses droits ne devraient plus gouverner.
Camarade, ceux qui spolient la plus-value et s’emparent des profits qu’ils thésaurisent en quantité phénoménale pour spéculer à la bourse, soudoyer le fonctionnaire et comploter avec le gestionnaire ne devraient plus gouverner.
Camarade, ceux qui asphyxient tes rêves raisonnables ne fêtent pas ce Premier Mai que nous célébrons à ta gloire – à ta résistance – à tes luttes et à l’avenir de l’humanité.
SI L’ÉCHO DE NOS LUTTES FAIBLIT, NOUS PÉRIRONS
Chaque Premier Mai succède au précédent et lui ressemble étrangement.
Il est vingt-trois heures à Tokyo, la manifestation est terminée et les camarades se sont dispersés.
À Shanghai, les camarades ont fermé l’usine où les briseurs de grève tentaient de s’infiltrer.
À Pékin, les dazibaos dénoncent la corruption ; alors qu’à Bombay la manifestation s’ébranle, immense, pour venger le paysan « suicidé » par la pauvreté.
Au même instant, à Dacca les travailleurs des ateliers de la terreur ont ameuté tout le quartier suite au dernier incendie meurtrier.
Les ouvriers immigrés de Tel-Aviv commencent à se rassembler pour manifester pendant que les camarades opprimés de la Palestine-occupée préparent leurs affiches pour dénoncer.
Il est seize heures et les camarades du Caire se regroupent Place Tahrir, la mascarade « démocratique bourgeoise » a assez duré.
Ceux de Tunis jurent qu’on ne les y reprendra pas,
alors que les camarades d’Athènes, n’ayant pas rangé leurs banderoles, sont déjà prêts pour le défilé des enragés.
Il est quinze heures à Rome et le cortège est déjà imposant ;
à Paris, le muguet de la journée viendra parer les révoltés.
Il est quatorze heures à Londres et le Tube est bondé de camarades pressés de crier leur rage contre le chômage.
À New-York, le soleil est levé sur les indignés allongés sur la chaussée des « boursiers » ; ils sont venus chahuter leurs complicités.
À Montréal, le centre-ville est jonché des séquelles de l’émeute de la veille, en ce soir du Premier Mai ce sera pareil ; les camarades étudiants ne décolèrent pas.
À Alma les « lockoutés » à qui on avait tout promis tiennent vigie devant l’usine paralysée.
Dans quelques heures les camarades de Toronto, puis ceux de San Francisco prépareront leurs cortèges au soutien d’un florilège de revendications.
Camarade, le Premier Mai est la journée pour se compter – apprécier ses forces – jauger l’ennemi de classe, l’affronter et en découdre avec les autorités.
ILS PILLENT LE NORD
Camarade, entends-tu au nord du Nord les gémissements de la terre-mère nourricière, par-delà le 49e septentrion que leurs routes déchirent sans ménagement, que leurs voies ferrées traversent affreusement, que leurs puits perforent impitoyablement, que leurs barrages inondent inexorablement, que leurs machines meurtrissent cruellement et que les « suicides » endeuillent – les jeunes « sauvages » particulièrement – tristement ? J’enrage, camarade.
Camarade, comme à toi il y a longtemps, ces usurpateurs ont promis des investissements et garanti des emplois, et comme à toi au présent, ils offriront exploitation et spoliation, et notre avenir n’en sera que plus languissant.
Camarade autochtone, ceux de ta tribu bloquent les routes et repoussent ces intrus, derniers « occupants » avides venus du Sud avec leurs lourds équipements, destructeurs du pergélisol fragile qui retient les gaz aux effets de serre, et que les premiers occupants n’avaient jamais perturbé. Camarade autochtone, ceux-là ne sont pas tes invités sur la terre de l’hospitalité.
Camarade, en ce Premier Mai n’as-tu point convenu avec ton frère amérindien de barrer le chemin à tous ceux venus du Sud et des confins de la Terre piller la terre-mère et ses richesses pour tenter de raccommoder leur système en déclin ?
ILS DÉTRUISENT L’ENFANCE
Camarade, ce Premier Mai, vois-tu l’enfant soldat enrôlé – contre son gré – se muter meurtrier ? Les capitalistes miniers prennent l’or, extirpent le diamant, extraient le minerai, colonisent l’arrière-pays, puis s’enfuient, laissant la misère mortifère recouvrir la terre-mère d’un linceul amer après avoir détruit l’enfance et sa conscience.
Camarade, as-tu chanté avec l’étudiant chassé de l’université, outragé, humilié, que ni métier ni carrière ni salaire, que rien n’attend hormis l’endettement et le désœuvrement ?
Camarade, as-tu entendu le chauvin crier haut et fort son refrain à propos de « la nation en danger », son antienne du pays puissant, haïssant l’autre – l’immigrant différent – si pareil pourtant, dans sa misère et ses tourments ?
ASSEZ, C’EST ASSEZ
Camarade, ce Premier Mai, nous sommes des milliers de milliers à marcher, à manifester, à hurler, révoltés. Ceux-là doivent s’effacer maintenant qu’ils ont tout saccagé, tout raflé ce que leur système pourri pouvait engendrer de richesse outrageante, ne léguant que pauvreté humiliante, détresse affligeante, misère infamante et famine dégradante au milieu de guerres horrifiantes.
Du Levant au Couchant, des pôles à l’équateur, leur monde tremble sur ses bases. Ce n’est pas encore la lutte finale mais ça ne saurait tarder. Camarade, c’est le Premier Mai et nous les confrontons, notre courage dans une main notre drapeau dans l’autre, et nous comptons qu’un jour ce sera l’éruption de la fin...
Assez de découragement, assez de craintes, assez de compromis, assez d’attente vaine. Ils n’ont rien à offrir. Alors que font-ils à la tête du gouvernement, que font-ils à l’administration des banques, que font-ils à la direction des usines, que font-ils à la gestion des services ? Ils ont eu tout le temps voulu pour sortir de la crise et faire fonctionner leur système d’exploitation et d’oppression ; qu’ils se retirent, avant qu’on ne les récuse.
Toi camarade, fossoyeur de cet univers de guerre, de pauvreté, de haine et de famine ; toi l’accoucheur d’un monde nouveau de paix, de fraternité et de prospérité, qu’attends-tu ? Le Premier Mai est parmi nous…c’est un joli nom camarade aux cent fleurs du mois de Mai !
Robert BIBEAU
URL de cet article 16564 http://www.legrandsoir.info/c-est-un-joli-nom-camarade.html

lundi 30 avril 2012

Pourquoi j’ai peur....Pourquoi sommes-nous aussi passifs et résignés : C’est à cause de la peur....

......Au sommet il y a ceux qui méritent leur place et progressivement nous descendons vers la base où une multitude lèvent les yeux et quémandent les miettes du festin pantagruélique dont se gavent les puissants. Mais si la base refuse de porter sur ses épaules le fardeau, la pyramide s’écroule. La base n’est pas consciente de son pouvoir, alors que le système repose entièrement sur ses efforts ! Il est temps de se débarrasser de ces pseudos élites sans morale qui régentent la planète pour leur seul profit égoïste.....
Pourquoi sommes-nous aussi passifs et résignés, pourquoi acceptons-nous facilement certaines injustices et pas d’autres, pourquoi acceptons-nous de vivre dans un monde dominé par les forces de l’argent, pourquoi acceptons-nous d’être gouvernés par des gens sans scrupules, pourquoi sommes-nous arrogants et prétentieux devant les faibles et soumis et domestiqués devant les forts, pourquoi sommes nous désemparés devant la mort et le chaos !
C’est à cause de la peur qui nous habite tous, la peur d’un autre monde, la peur de l’inconnu, la peur de perdre nos repères, peur de manquer, peur de la misère, peur de la solitude, peur du vide et du changement. C’est cette peur qui a servi à inventer la sorcellerie, la magie et une toute puissance divine. La peur, est un instrument puissant du pouvoir. La peur nous maintient dans l’incertitude du lendemain et fixe des barrières à nos espérances, en distillant en nous la peur sociale, la peur de l’autre ou la peur écologique.
Le monde est tel qu’il est car il est conforme aux clivages habituels auxquels l’on nous a conditionnés. L’on nous a fait croire que nos valeurs reposent sur la prédation et la domination de son prochain. Nous sommes programmés pour penser qu’un monde pyramidal est le meilleur. Au sommet il y a ceux qui méritent leur place et progressivement nous descendons vers la base où une multitude lèvent les yeux et quémandent les miettes du festin pantagruélique dont se gavent les puissants. Mais si la base refuse de porter sur ses épaules le fardeau, la pyramide s’écroule. La base n’est pas consciente de son pouvoir, alors que le système repose entièrement sur ses efforts ! Il est temps de se débarrasser de ces pseudos élites sans morale qui régentent la planète pour leur seul profit égoïste.
Un éveil des consciences est essentiel pour le devenir de l’humanité. Nous ne pouvons pas continuer à laisser faire. Nous ne pouvons plus nous permettre uniquement quelques réformes. Nous devons réfléchir à d’autres alternatives. Nous devons redéfinir la manière de vivre ensemble. Nous ne pouvons plus accepter le diktat d’une classe de privilégiés au seul dire que les rôles sont distribués ainsi « parce qu’ils le valent bien », il est grand temps de prendre conscience « qu’ils ne valent rien » !
Le Capitalisme ne sert qu’une poignée d’individus, et devant leur soif insatiable de richesses et de pouvoir, il devient un monstre incontrôlable. On nous fait croire qu’il n’existe aucune alternative à ce modèle sociétal, c’est faux. Il faut seulement oser, mais la peur du changement, la fameuse peur inscrite au plus profond de nos gènes refait surface. Alors que la seule solution à tous nos problèmes passe inévitablement par une redistribution des richesses, nous cherchons des raisons pour ne rien faire. Nous dépendons de ce système depuis tellement longtemps que nous n’osons pas en imaginer un autre. Pour nous en persuader, nous répétons docilement ce que l’on nous a appris : on ne peut pas faire autrement, c’est de l’utopie !
Mais si nous ne changeons pas, nous sommes condamnés à servir nos maitres pour l’éternité. Évidemment que ce n’est pas facile, mais la Liberté se mérite, des peuples se sont saigner pour l’obtenir, c’est un manque de respect envers eux et surtout envers nos anciens qui se sont battus pour nous. Nous ne pouvons condamner les générations futures à l’esclavage en restant immobile. Osons !
Jean Pierre ACASOCA
http://2ccr.unblog.fr/2012/04/13/pourquoi-j-ai-peur/
URL de cet article 16551 http://www.legrandsoir.info/pourquoi-j-ai-peur.html

samedi 28 avril 2012

FRANCE : Choisir entre le candidat de la xénophobie et celui de la République !.....Désormais, le face-à-face n'est plus entre l'UMP et le PS, mais bien entre le candidat de la xénophobie et celui de la République.

L'histoire devra retenir que Nicolas Sarkozy aura été le premier président français à avoir légitimé le discours du Front National. Mais il a fait pire. D'une phrase et avec la légèreté qui le caractérise, il a voulu balayer plus d'un demi-siècle de combats contre l'extrême droite.

Le second tour de l'élection présidentielle du 6 mai prochain a pris un nouveau visage. À mes yeux, et je le dis ex abrupto, ce duel politique, n'opposera plus un candidat de droite à un candidat de gauche. Désormais, le face-à-face n'est plus entre l'UMP et le PS, mais bien entre le candidat de la xénophobie et celui de la République.
 
En franchissant les lignes jaunes, les unes après les autres, en pénétrant sans état d'âme dans les zones grises, en piétinant la bienséance républicaine, en stigmatisant les syndicats, ces affreux "corps intermédiaires", pourtant nécessaires dans toute démocratie qui se respecte, en opposant un prétendu "vrai travail" aux travailleurs et aux chômeurs, en désignant les Français d'origine étrangère et l'immigration comme bouc-émissaire et sources de problèmes à venir, en montrant du doigt l'islam, en le caricaturant et en le présentant comme un danger pour la "civilisation française", en faisant tout simplement dans la xénophobie et le discours nauséeux, Nicolas Sarkozy n'est plus le candidat de la droite républicaine, qu'il a lui-même enterrée, mais celui d'une droite extrême, beaucoup plus proche du Front national que du gaullisme ou de la droite chiraquienne.

Qui peut aujourd'hui douter, non pas de cette droitisation du discours, mais de son extrême droitisation? Les mêmes propos, les mêmes proses, les mêmes ressorts idéologiques, s'ils avaient été utilisés par Marine Le Pen, auraient, en d'autres temps, suscité un tollé général, y compris à droite. Mais aujourd'hui, par sectarisme, par calcul politique, par lâcheté aussi, beaucoup préfèrent ce silence infâme à une nécessaire dénonciation de cette logique jusqu'au-boutiste choisie par un candidat qui n'hésite plus à susciter les haines, les peurs et les divisions dans l'unique but de se faire réélire. Au lieu de prendre le risque de perdre l'élection dignement, le président sortant préfère prendre le risque de perdre à la fois l'élection et son honneur. Peu chères à ses yeux, les valeurs de la République pour qu'elles soient ainsi bradées contre l'espoir de recueillir quelques dizaines de milliers de voix!

Et d'autre part, ou sont les Juppé, Baroin et Borloo, et tant d'autres, devant cette cascade de discours ayant comme colonne vertébrale la xénophobie? Où sont tous ceux qui, hier encore, se réclamaient du gaullisme et de la droite chiraquienne, bien plus respectables que tous ces adeptes du sarkozysme, les Morano, Luca et Vanneste, qui tentent de justifier l'injustifiable.
 
Elle est décidément bien laide cette France de Sarkozy qui ne sait plus défendre les valeurs qu'elle prétend incarner. Elle est bien laide cette France représentée par ces petits politiciens à la petite semaine, plus soucieux de leur devenir personnel que des valeurs universelles, transformées en simple slogan par les adeptes du sarkozysme. Elle est bien laide cette France qui, comme si elle devenait amnésique, se fait oublieuse des conséquences qu'ont engendré dans un passé, pas si lointain, des saillies similaires à celle de Sarkozy.
 
L'histoire devra retenir que Nicolas Sarkozy aura été le premier président français à avoir légitimé le discours du Front National. Mais il a fait pire. D'une phrase et avec la légèreté qui le caractérise, il a voulu balayer plus d'un demi-siècle de combats contre l'extrême droite.
 
Ne nous y trompons pas, lorsque ce candidat affirme que "Marine Le Pen n'est pas incompatible avec la République", il ne parle pas, car les mots en un sens, de la participation de cette dernière aux élections présidentielles. Sauf à croire que le président de la France ne maîtrise guère les nuances d'une langue qu'il ne cesse pourtant de vanter, à juste titre d'ailleurs, et qui offre la possibilité d'exprimer une pensée avec exactitude; sauf à penser, dis-je, qu'il aurait du mal avec la langue de Voltaire, si sa volonté n'était pas de légitimer le Front National, il aurait pu dire, tout simplement, que "la candidature de Marine Le Pen est compatible avec le droit".
 
En réalité, Nicolas Sarkozy, rompu à la tactique politicienne, voulait tout simplement, avec une sortie plus qu'inopportune, banaliser le Front National, banaliser les idées de ce courant politique afin qu'il puisse, par ailleurs, banaliser son propre discours et espérer ainsi draguer presque naturellement les électeurs de la candidate frontiste.
 
Affirmer que "Marine Le Pen serait compatible avec la République", c'est affirmer, en d'autres termes, car cela ne veut pas signifier autre chose, que l'extrême droite serait compatible avec les valeurs de la République. Cette dernière, la République, précisons-le tout de même en ces temps brumeux, n'est pas un simple mot, une idée vague ou une notion abstraite, mais un corpus idéologique qui renferme des valeurs, une morale, un mode de vie, une philosophie. Et à bien examiner ce corpus, l'on s'aperçoit que celui-ci ne s'accommode guère d'idées extrémistes, tant s'en faut.

En effet, depuis quand les idées défendues par l'extrême droite, aujourd'hui défendues, pour certaines, par Sarkozy, sont-elles compatibles avec la République? Le populisme le plus hideux, celui qui divise la société, celui qui oppose les élites au peuple, celui qui désigne les bouc-émissaires et l'ennemi, serait-il compatible avec la fraternité? Le repli sur soi, la peur de l'autre, la logique de stigmatisation sont-ils consubstantiels à la République? Ce discours détestable qui nous parle de "préférence" nationale ou européenne, ce propos qui joue sur les frustrations serait-il vraiment conforme à l'idée que nous nous faisons de la République et de l'égalité? Ce propos infâme qui présente les "étrangers" comme des "profiteurs" et des "assistés" serait-il devenu, par la volonté de l'UMP, conforme aux valeurs républicaines?
 
Au nom de la République, Nicolas Sarkozy joue avec le feu et banalise la xénophobie, enrobant cette approche dans un pseudo débat sur l'immigration. Une autre escroquerie intellectuelle, s'il en est, qui ressemble à cette autre qui avait, par sa volonté, opposé l'immigration à l'identité nationale. Sarkozy est en train de prendre Marianne en otage pour lui faire dire ce qu'elle n'a jamais dit et pour lui faire dire ce qu'elle ne veut surtout pas dire. Ce candidat est en train de violer la République en prétextant qu'il le fait par amour pour elle. Et pendant ce temps, certains se réclamant pourtant des idéaux de celle-ci applaudissent dans la joie et l'allégresse!
 
Oui, je crois vraiment que l'heure du choix est arrivée. Oui je crois que les Français doivent se déterminer entre la xénophobie et la République. Des associations ou des personnalités de la société civile ont déjà publiquement exprimé leur position. Et il faut saluer leur courage.
 
Désormais, le silence et la retenue ne sont plus possibles. La société civile, dans son ensemble, doit se manifester. Les républicains se doivent d'assumer leurs responsabilités, car la situation est beaucoup plus grave que celle qui avait prévalu en 2002.
 
À l'époque, Jean-Marie Le Pen n'avait aucune chance de remporter l'élection. Aujourd'hui, la xénophobie risque vraiment de se retrouver à l'Élysée sous les allures d'un candidat de droite et, ensuite, à l'Assemblée Nationale, sous les couleurs de l'UMP et du FN, les deux pôles d'une même haine.
 
Mohamed Sifaoui
Huffington post
Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-choisir-entre-le-candidat-de-la-xenophobie-et-celui-de-la-republique--104184861.html

jeudi 26 avril 2012

FRANCE : PERCEE DU FRONT NATIONAL - UNE SONNETTE D'ALARME POUR L'AFRIQUE.....cette montée fulgurante de l'extrême droite doit inquiéter..

En votant pour Marine Le Pen, près d'un quart des électeurs français ont du même coup adressé un message clair aux immigrés. C'en est fini de la "douce France", de la patrie des droits de l'homme qui aura, pendant longtemps, été une terre d'accueil pour tous ceux qui sont en quête de liberté et d'un minimum de fraternité. Certes, le bloc de gauche retrouve son meilleur niveau depuis 1988, avec 44 % des votes. On avance même que [le candidat socialiste] François Hollande pourrait l'emporter avec 54 % des voix. Mais c'est surtout la candidate frontiste qui a créé la surprise avec un score (17,90 %) qui a soulevé l'enthousiasme dans son camp. Cette poussée, qualifiée d'historique, est le meilleur résultat jamais réalisé par le Front national au premier tour d'une présidentielle.
 
Les militants du FN, parti aux funestes ambitions, n'ont cure du sang versé par les Africains [pendant la Seconde Guerre mondiale] pour libérer l'ancienne Gaule des griffes de l'envahisseur, et faire triompher la liberté et la démocratie. Jour après jour, leur discours atteint sa cible. Les résultats des consultations électorales le montrent clairement. Il n'y a point besoin d'un interprète pour décoder ces messages du FN qui crachent sur ceux qui, un jour, ont tout simplement choisi la France comme terre de transit, d'accueil, de travail ou de résidence. Les Africains le comprendront-ils une bonne fois pour toutes ? Le dépit et la colère l'emportent aujourd'hui, d'autant que les dirigeants des grands partis traditionnels de France paraissent eux-mêmes désemparés face à cette montée fulgurante du parti de la famille Le Pen. Comme encouragés dans leurs élans sectaires, les militants de l'extrême droite française ne font rien pour dissimuler leurs prises de position. Elles sont, bien entendu, aux antipodes d'un monde qui voudrait faire du troisième millénaire celui de l'ouverture et de la tolérance.
 
A la bienveillante complicité des partis traditionnels français s'ajoute le silence coupable des dirigeants africains qui voient pourtant se faner la fleur qui avait éclos à la faveur des grandes luttes de libération auxquelles ce continent avait bien contribué. La position des dirigeants africains demeure aussi ambiguë que révoltante. N'est-il pas temps, en effet, que l'on débatte ouvertement de ces questions qui fâchent : le mauvais traitement infligé à la diaspora, le sempiternel problème des visas, l'accueil réservé aux voyageurs, etc. ? Pour avoir voulu rogner des voix dans le camp de l'extrême droite, les partis traditionnels sont finalement presque tous tombés dans le piège de l'intolérance. Les Africains déchantent donc de plus en plus. Mais seront-ils seuls à le faire demain ?
  
Les derniers résultats du FN pourraient se justifier par la crise qui sévit en Europe et qui discrédite les partis traditionnels. Ceux-ci ne parvenant pas à cristalliser les peurs, la xénophobie née de la crise tend inévitablement à gagner du terrain. Avec son discours sur " La France aux Français", Marine Le Pen aura donc réussi ce tour de force : séduire près du quart des Français. Pour autant, le FN ira-t-il jusqu'à prendre le pouvoir un jour ? On ne peut jurer de rien.
 
Vue d'Afrique, même si elle peut paraître illusoire, cette montée fulgurante de l'extrême droite doit inquiéter. Car le prochain combat se tiendra à l'Assemblée où l'adoption d'éventuels projets de lois, émanant de cette droite raciste, pourrait bien nuire aux intérêts des Africains en particulier, des immigrants en général. De nouveau, et avec encore plus d'acharnement, on pourrait bien entendre : " Non aux immigrants !"  Même si Sarkozy, qui a presque adopté cette chanson, en a payé le prix en mordant presque la poussière au premier tour ! En tout cas, le discours que tient la droite ainsi que ses pratiques quotidiennes tendent à le confirmer. Reste à savoir, après deux avertissements consécutifs de l'électorat, comment vont se comporter désormais les dirigeants des autres partis.
 
Auront-ils tendance à se conformer - ou non - aux opinions et directives contenues dans le discours de l'extrême droite ? Et ces dirigeants d'Afrique, comment se sentiront-ils dans leur "peau" de sujets de plus en plus marginalisés dans l'Hexagone ? Travailleront-ils enfin à donner le bonheur à leurs ressortissants ? Pour un grand nombre d'Africains, conscients de l'évolution de la situation, il est plus que probable que la sonnette d'alarme doit être tirée.
 
Le Pays-Burkina

lundi 23 avril 2012

Bahreïn, une bombe à retardement - Le Bahrein ne connait pas une seule nuit sans émeutes depuis plus d'un an.

...Afin de justifier son extrême brutalité dans la répression ayant entrainé plus d'une centaine de morts, un millier de blessés et deux mille prisonniers politiques, le pouvoir ne cesse de brandir, sans avancer de preuves, la menace d'un complot de l'Iran chiite. Décidément, cette menace iranienne est devenue la carte blanche idéale et un laisser-passer sans limite pour justifier toutes sortes d'exactions....

L'annonce, le 13 avril dernier du maintien au Bahreïn du circuit du Grand Prix de Formule 1 le 22 avril prochain, vise à annoncer une prétendue normalisation et du "business as usual" dans ce minuscule petit État du golfe persique plus petit que Manhattan. Cette initiative qui vise à occulter le clivage entre les deux communautés sunnites et chiites ne doit pas faire oublier la réalité de terrain.

Ce pays ne connaît pas une seule nuit sans émeutes depuis plus de un an et la prétendue "paix sociale" n'a pu être instaurée qu'à coup de matraquage de la population par des troupes saoudiennes invitées par le pouvoir sunnite à y rétablir l'ordre. Les mêmes troupes y campent, un an après, sous des tentes au beau milieu de la ville véhiculant l'image d'un pays sous occupation étrangère. Or, l'explosion d'une bombe le 9 avril dernier dans le village chiite de Al-Akar visant les forces de sécurité exclusivement sunnites marque un dangereux rappel du durcissement des positions des protagonistes. La normalisation est loin d'être au rendez-vous.

 
Afin de justifier son extrême brutalité dans la répression ayant entrainé plus d'une centaine de morts, un millier de blessés et deux mille prisonniers politiques, le pouvoir ne cesse de brandir, sans avancer de preuves, la menace d'un complot de l'Iran chiite. Décidément, cette menace iranienne est devenue la carte blanche idéale et un laisser-passer sans limite pour justifier toutes sortes d'exactions.
Ce petit pays est dirigé par une minorité sunnite qui a instauré une sorte d'apartheid au détriment de la vaste population chiite majoritaire à 80 pour cent. Il héberge la 6e flotte américaine et semble marquer la ligne rouge aux yeux du pouvoir sunnite et de leurs alliés saoudiens. En effet, les pays arabes du golfe persique essaient de tout faire pour éviter, qu'après l'Iraq où les chiites sont également majoritaires, le Bahreïn tombe entre les mains de sa population chiite.

En effet, si les chiites sont minoritaires dans l'Islam, ils sont majoritaires sur les sites des gisements miniers d'hydrocarbures. Ainsi la totalité du pétrole saoudien est produite dans les provinces dites de l'Est où la population est à 90% chiite. Or l'Arabie Saoudite et le Bahreïn ne sont séparés que par une courte distance et reliés par un pont opportunément qualifié de "Causeway". Aux yeux des Saoudiens il s'agit de tout faire pour empêcher un risque de contagion des revendications des chiites du Bahreïn aux chiites saoudiens. Le pouvoir Bahreïni se présente comme un bastion de résistance contre ce que les pétromonarchies du golfe-persique perçoivent comme l'inexorable avancée de l'Iran dans le monde arabe.
 
Pendant cette répression où torture et arrestation arbitraire sont monnaie courante, le pouvoir Bahreïni a tenté de véhiculer un sentiment d'État de droit en chargeant une commission d'enquête dite 'Baissiouni' de faire un état des lieux et de proposer des remèdes. Les travaux de cette commission, dirigée par un Avocat égyptien du même nom, ont conclu au recours à toute sorte d'exaction par le pouvoir sunnite allant de l'usage régulier de la torture et du viol en passant par des assassinats et des arrestations politiques. En particulier, le rapport préconise toute une série de mesure dont l'arrêt de la torture et des emprisonnements injustifiés ainsi que la mise en cause des autorités responsables de ces abus. Il suggère également un rééquilibrage confessionnel des membres des forces de sécurité, aujourd'hui exclusivement composé de sunnites.
  
Bahreïn, en effet, est une bombe à retardement. La majorité chiite, d'après tous les observateurs, y est malmenée, et c'est un euphémisme, vivant dans une sorte d'apartheid institutionnalisé. Même si la loi martiale est théoriquement abrogée, le bruit de bottes résonne encore et les quartiers chiites sont quadrillés par des troupes en tenue de combat. Plus de mille prisonniers politiques continue de pourrir dans les geôles du pouvoir. Le très populaire et aimé militant des droits de l'homme, Abdulhadi Alkhawaja, continue de croupir en prison avec une grève de la faim qui dure depuis le 8 février. Toutes les demandes internationales en vue de sa libération sont restées lettres mortes. Aux yeux du pouvoir, il a commis le crime de lèse-majesté pour avoir demandé une égalité entre chiite et sunnite.
 
Il ne peut y avoir de voie de sortie de crise en l'absence d'un partage de pouvoir plus équilibré entre les deux communautés et l'introduction d'une forme de démocratie même à dose homéopathique. Le maintien du Grand Prix est une invitation à plus de confrontation. Le mouvement de la "Jeunesse révolutionnaire du 14 février", rappelant la date de la répression de la place Perle, rasée depuis, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne saurait être tenu pour responsable des débordements à même de se produire à l'occasion de ce circuit.
 
Le désamorçage de cette bombe à retardement est loin d'avoir commencé.
 
Ardavan Amir-Aslani  
Huffington post

dimanche 22 avril 2012

Bahreïn : la formule 1 au service de la tyrannie...Le sport au service du despotisme !

Dans « Répression et résistance à Bahreïn », nous avons écrit : « Le soulèvement populaire à Bahreïn est le produit de décennies d’injustices, d’oppression et d’humiliations. On peut le réprimer, voire l’écraser, mais il renaîtra, tel un phénix, de ses cendres. Car il est né et a grandi sur le sol du despotisme et de l’arbitraire » (1). Puisque cet arbitraire et ce despotisme perdurent, la résistance du peuple de Bahreïn se poursuit malgré une terrible répression. L’organisation du Grand Prix de Formule 1 dans ce petit royaume ne fait que renforcer la détermination « des révoltés de la Perle » à poursuivre le combat contre un régime suranné mais soutenu par les monarchies du Golfe et bien sûr par les États-Unis et l’Europe.
Le monument de la Perle, symbole de la résistance à la dictature des Al Khalifa, a été détruit. Il est remplacé par les chars de l’armée saoudienne qui encerclent toute la place. Les mosquées et les minarets n’ont pas échappé à cette folie destructrice. Les routes et les autoroutes de ce petit royaume sont littéralement quadrillées. Les forces antiémeutes, surarmées, sont omniprésentes et n’hésitent pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Les commissariats de l’archipel sont transformés en centre de torture. Les tribunaux militaires jugent et condamnent des civils. Les blessés ne sont plus soignés au mépris de toutes les conventions internationales.
La dynastie des Al Khalifa, au pouvoir depuis plusieurs siècles, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) dominé par l’Arabie Saoudite, l’impérialisme américain et européen sont satisfaits. Ils pensent que les aspirations du peuple de Bahreïn à la dignité et à la démocratie sont, comme le soulèvement qui les concrétise, définitivement enterrées. La dictature, les privilèges, les intérêts des uns et des autres sont sauvés. Il faut maintenant annoncer et exposer, à la face du monde entier, que la situation est normale et que l’émirat est un pays paisible. Le spectacle du Grand Prix de Formule 1 peut alors commencer. « Je connais les gens qui y vivent, c’est très calme et paisible » disait platement Bernie Ecclestone, homme d’affaires et patron de cette fameuse course. Le sport au service du despotisme !
L’exploitation politique du sport ne date évidemment pas d’aujourd’hui. L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, deux faces hideuses du capitalisme, ont déjà instrumentalisé cette activité pour donner une certaine légitimité à leur pouvoir. L’Italie mussolinienne (1934) et l’Allemagne hitlérienne (1936) avaient organisé respectivement la seconde Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. La FIFA, elle, avait confié l’organisation du « Mundial » de 1978 à l’Argentine de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le grand Prix de F1 se déroulait régulièrement en Afrique du Sud en plein régime d’Apartheid. Le cas de Bahreïn s’inscrit donc dans cette « tradition » où l’activité sportive est utilisée par les pouvoirs pour asseoir leur domination de classe.
Pendant ce temps-là, dans l’indifférence quasi-générale, sans les médias occidentaux ni Al Jazeera, le peuple de Bahreïn poursuit son combat contre cette dictature d’un autre âge (2). Des manifestations quotidiennes sont organisées, dans des conditions difficiles, pour protester contre cette nouvelle humiliation que constitue le Grand Prix de Formule1ou comme l’appellent les bahreïnis « Formule du sang ». Samedi 21 avril 2012, les manifestants ont laissé un des leurs, tué par la police du pouvoir, s’ajoutant ainsi à la liste déjà longue des martyrs du peuple de Bahreïn. Pour prévenir toute contestation lors du Grand Prix, les autorités non seulement ont quadrillé tout le pays, mais ont procédé aussi à des dizaines d’arrestations des militants du mouvement de contestation (3). Le mutisme des médias bourgeois sur cette répression et cette résistance est édifiant. Il faut que la contestation du régime en place se passe à huis clos.
Le contraste entre le silence sur Bahreïn et l’hystérique propagande contre la Syrie par exemple de ces mêmes médias est éloquent. Il faut dire que les très « démocratiques » dynasties des Al Khalifa, des Al Saoud de l’Arabie Saoudite ou celle encore d’Al Thani du Qatar qui désirent ardemment installer la démocratie en Syrie, sont « nos amis » ; car elles nous sont totalement soumises. Il faut donc les protéger et les mettre à l’abri des tentations et des aspirations du peuple à la liberté et à la démocratie. Le CCG, l’impérialisme américain et européen savent pertinemment que la victoire du peuple sur la dictature dans un pays (Tunisie et Égypte), suscite d’immenses espoirs et encourage les autres peuples dans le monde arabe à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans.
Pendant que les émirs de Bahreïn assistent au spectacle de Formule 1, et les médias occidentaux sont occupés à transmettre les performances des pilotes du Grand Prix, un militant des droits de l’Homme, Abdel Hadi Al Khawaja, arrêté et condamné à la perpétuité est entre la vie et la mort. Il mène une grève de la faim depuis le 8 février 2012 contre sa détention arbitraire. Sa résistance et sa détermination sont celles de tout un peuple qui se bat quasiment seul contre une tyrannie soutenue par les monarchies du Golfe et par toutes les « démocraties » capitalistes.
Mohamed Belaali
(1) http://www.legrandsoir.info/Repression-et-resistance-a-Bahre...
(2) http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Mo... Voir également les communiqués du Centre de Bahreïn pour les droit de l’Homme http://www.bahrainrights.org/en/node/5192
(3) http://af.reuters.com/article/sportsNews/idAFJOE83H03K201204...

mercredi 18 avril 2012

Canada : Cinquante mille manifestants ca change le monde !...une seule revendication : LE GEL DES DROITS DE SCOLARITÉ POUR LE DROIT À L’UNIVERSITÉ....

...Espérons que ce combat se poursuive avec la même unité et la même fermeté qu’auparavant, démontrant que c’est par la lutte dans la rue, la voie de la démocratie populaire directe, et non par celui du parlement discrédité, que le combat pour transformer ce monde décadent peut être engagé et remporté....
Samedi 14 avril 2012, près de cinquante mille manifestants déterminés prenaient d’assaut les rues de Montréal ensoleillé. Le mouvement de grève étudiant ne faiblit pas, ses supporteurs et alliés ne décolèrent pas : Mouvement populaire contre la tarification des services publics, nombreux syndicats d’enseignants, associations de parents et de retraités de la génération des contestataires de naguère – ceux qui ont fait reculer les différents gouvernements précédents.
LE PRINTEMPS ÉTUDIANT
Samedi 14 avril 2012, près de cinquante mille manifestants déterminés prenaient d’assaut les rues de Montréal ensoleillé. Le mouvement de grève étudiant ne faiblit pas, ses supporteurs et alliés ne décolèrent pas : Mouvement populaire contre la tarification des services publics, nombreux syndicats d’enseignants, associations de parents et de retraités de la génération des contestataires de naguère – ceux qui ont fait reculer les différents gouvernements précédents – sont venus appuyer la vague de résistance présente, déterminée, que l’on ne peut qu’admirer. Les jeunes d’aujourd’hui affrontent courageusement l’appareil étatique répressif ligué contre eux dans une belle unanimité dévoyée (1).
Samedi matin, 14 avril, les journaux plastronnaient, complaisant pour leur ministre de l’Éducation menaçante : « On ne cèdera pas à l’intimidation ! On ne négociera pas sous la pression ! ». Qui intimide qui, qui menace qui, madame la Ministre ?
Depuis le début du mouvement de résistance étudiante, ce gouvernement accroit la menace de la police lourdement casquée, masquée, armée (matraques, bombes sonores, gaz lacrymogène, poivre de cayenne, révolver Teaser, cravaches, chevaux et chiens enragés). Les arrestations et les contraventions pleuvent contre les garçons et les filles (la semaine dernière, des manifestants ont reçu des contraventions de 500.00$), pendant que les universités multiplient les injonctions d’intimidation contre les grévistes. Au même moment le gouvernement force les institutions à dispenser les cours malgré la grève votée à forte majorité, et la Ministre de l’Éducation, ses recteurs et directeurs poltrons, grassement rémunérés, brandissent la menace d’annulation des sessions. Voilà que ce même gouvernement a l’outrecuidance de se poser en défenseur du droit et de la justice contre « l’intimidation » perpétrée par de méchantes adolescentes et des étudiantes infirmières déterminées mais nullement armées, ni intimidées !
Quelques insignifiants ont même lancé le mouvement de contestation contre l’expression « grève étudiante » – allègrement adoubé par les hyènes hurlantes des médias bien-pensants, propriétés de trois grands monopoles milliardaires largement subventionnés : Gesca-Desmarais, Quebecor-Péladeau et Astral-Bell Média –.
LE PIÈGE GROSSIER
La Ministre de l’ignorance désolante a tardé à afficher son poisson d’avril. Quinze jours de retard pour la fée du Complexe « G » avant de sortir un lapin de sa casquette d’estafette. Dimanche dernier, la voici qui propose une rencontre de pourparlers à une et une seule association étudiante (Fédération étudiante universitaire du Québec). Pourparlers fumeux, ridicules, inutiles, à propos d’une commission d’enquête à possiblement instituer sur la mauvaise gestion et les prévarications de ses recteurs d’universités apeurés, ses alliés surpayés.
La manœuvre est grossière, elle vise à isoler cette association (FEUQ) des deux autres organisations et du mouvement étudiant tout entier. Facile d’imaginer qu’une fois les « discussions préliminaires » et oiseuses entamées la Ministre exigera – de ceux qui sont à « discutailler » de l’éventuel mise sur pied d’une commission d’enquête avortée sur la mauvaise gestion des universités – qu’ils rentrent en classe pour témoigner de leur bonne volonté et saluer l’avancée de ces billevesées. Une fois le mouvement de grève brisé, les pourparlers « bonbons » se termineront en queue de poisson comme ils auront commencé. La prévarication et la mauvaise gestion ne se « négocient » pas dans les bureaux feutrés du Complexe « G ». Le scandale de la gestion universitaire est l’affaire du Ministère de la Justice et de la police, pas celle des étudiants témoins impuissants de ces malversations (2).
Du même souffle la Ministre a sorti un second lapin de son chaudron : pour avoir le droit de palabrer les leaders de l’association la CLASSÉ doivent préalablement se désolidariser de leurs partisans, les dénoncer et s’en dissocier, s’isolant eux-mêmes du mouvement militant (3). Évidemment, les leaders étudiants lucides et compétents ont retourné la Ministre à son chaudron et à ses potions : la résistance étudiante n’est pas à vendre ; ce n’est pas celui qui défend son droit à l’éducation – que nous leur avons légué – qui viole la loi populaire ; c’est à celle qui s’en prend au droit à l’enseignement universitaire pour les fils et les filles d’ouvriers de se justifier.
TROIS ASSOCIATIONS, UNE SEULE REVENDICATION
Jusqu’à présent les trois associations étudiantes ont su manœuvrer avec circonspection et dextérité au milieu de cette échauffourée parsemée de coups fourrés assénés par ce gouvernement apeuré. Elles sont trois associations, unies, autour d’une seule revendication : LE GEL DES DROITS DE SCOLARITÉ POUR LE DROIT À L’UNIVERSITÉ, Tant qu’elles se retrouveront autour de ce slogan qui fait la quasi-unanimité parmi leurs commettants, elles demeureront unifiées. Tôt ou tard Charest devra céder devant cette revendication qui a de nouveau manifesté sa popularité samedi dans les rues de Montréal survoltée.
Refuser la hausse des droits de scolarité, c’est s’opposer au rejet de la crise économique sur le dos des fils et des filles d’ouvriers, des employés de l’État et des enfants du peuple surtaxé, mais c’est surtout s’opposer à les voir expulsé de l’université, le véritable objectif que poursuit la troïka Charest-Bachand-Beauchamp, ainsi que les valets des multinationales qui réclament plus d’ouvriers mal payés au Nord du 49e parallèle, sur les terres des autochtones annexées pour le bradage de leurs ressources dilapidées.
CHAREST LE PÈLERIN MALANDRIN
Complètement indifférent au sort de milliers d’étudiants, Charest le laquais poursuit son pèlerinage à Brasilia pour quémander l’aumône des impérialistes brésiliens qui se font prier pour piller les mines du Nord canadien. Ces brésiliens ont déjà tant à piller sur les terres expropriées aux indiens amazoniens que le bradage proposé des terres et des mines amérindiennes peut bien attendre, pensent les capitalistes brésiliens presque repus de tous ces biens à spolier, d’autant que la crise économique tarde à se résorber.
LA VÉRITABLE INTIMIDATION
Que dire de l’intimidation des entreprises multinationales – Aveos, Electrolux, Quebecor, Rio Tinto Alcan, SNC-Lavalin, Air Canada, entreprises pharmaceutiques, et du Gouvernement fédéral – qui intimident les travailleurs avec leurs avis de lock-out et leurs mises à pied par milliers de travailleurs et travailleuses qui n’ont que leur force de travail à offrir, pour vivre et survivre et pour payer leurs traites et leur loyer, ainsi que pour payer les droits de scolarité de leurs enfants déjà lourdement endettés, taxés et imposés (80 pour-cent des étudiants universitaires sont des employés exploités mal payés) –.
La résistance étudiante persistante et sa colère montante, en réponse aux répressions et aux intimidations de l’appareil d’État et de ses amis des médias, agissent comme autant de révélateurs de l’obsolescence de ce gouvernement et de la déconnexion hallucinante de ces polichinelles enfermés dans leurs tours à bureaux altiers qui ne savent que s’agenouiller aux pieds des puissants qui les ont placés à ces postes de complicité pour les récompenser de leur duplicité.
Dans ces moments de lutte populaire les masques tombent devant le devoir de service sans réserve des porte-faix politiques de la classe capitaliste. Cette résistance étudiante devant l’injustice affiche avec évidence la servilité des « élus » envers les compagnies aux énormes profits. Elles montrent du doigt le rôle de la police, de la justice et des légistes qui, dans le système capitaliste, persistent à réprimer les fils d’ouvriers et leurs alliés et à concocter de nouvelles lois pour mieux imposer les dictats de la minorité possédante sur la majorité paupérisée.
Le mouvement étudiant et le combat exemplaire qu’il mène depuis dix semaines contre la hausse des frais de scolarité ET CONTRE L’EXPULSION DES UNIVERSITÉS constituent une expérience de lutte politique dont chacun doit s’enrichir pour l’avenir. Espérons que ce combat se poursuive avec la même unité et la même fermeté qu’auparavant, démontrant que c’est par la lutte dans la rue, la voie de la démocratie populaire directe, et non par celui du parlement discrédité, que le combat pour transformer ce monde décadent peut être engagé et remporté.
Ouvriers, travailleurs, professeurs, appuyons la résistance étudiante.
Saluons les étudiants du secondaire qui ont joint
 le mouvement étudiant.
Non à l’intimidation de l’appareil d’État.
Soutenons leur mobilisation.
Robert Bibeau
URL de cet article 16427 http://www.legrandsoir.info/cinquante-mille-manifestants-ca-change-le-monde.html