vendredi 6 avril 2012

SYRIE : Le dialogue doit avoir lieu en Syrie et sous l’égide des Syriens..."les ultimatums et les délais artificiels sont rarement utiles",

....la communauté internationale s’est accordée tacitement sur trois points :
pas d’intervention militaire,
pas de renversement du régime par la force,
pas d’armement de l’opposition.
Le président Bachar al-Assad et ses alliés russes, iraniens et chinois ont imposé une nouvelle équation mondiale qui a mis les supporters de l’opposition armée, menés par l’Arabie saoudite et le Qatar, dans une situation peu enviable.....
Face à l’effarante entreprise de mystification qui dure depuis plus d’un an et qui a maquillé un terrorisme d’une cruauté jamais égalée sous les traits d’un mouvement de libération du peuple syrien, peut-on croire en un plan de paix qui fixe une date butoir à une semaine ? S’exprimant avant l’intervention de Kofi Annan, Sergueï Lavrov avait déclaré que "les ultimatums et les délais artificiels sont rarement utiles", est-il déraisonnable de penser qu’il savait qu’il ne serait pas entendu ? Sami Kleib nous dit : « Ce n’est pas par hasard que M. Kofi Annan a été choisi pour résoudre la crise syrienne. Il est attendu, de cet ancien Secrétaire général de l’ONU, qu’il incarne la convergence des intérêts », mais qui aujourd’hui pourrait situer les points de convergence entre toutes les puissances qui se disputent le contrôle de la région ?
D’ici que les lignes rouges soient définitivement fixées, les Syriens sont toujours dans l’œil du cyclone. Les circonstances actuelles font que leur « opposition », aussi légitime soit-elle, ne peut continuer à tergiverser. Le dialogue n’est certes pas souhaité par les soi-disant pays « Amis de la Syrie », et il n’est qu’un prétexte parmi d’autres pour ceux qui prétendent lui offrir les Lumières en la gratifiant des ténèbres noyées dans des flots de sang et d’horreur. Ce n’est plus à prouver…
Raison de plus pour cesser de rechercher des médiateurs supplémentaires. Le peuple syrien a suffisamment souffert et ce n’est que parce qu’il a résisté et a soutenu les autorités compétentes et son armée, qu’il a fait de son pays, tel qu’il est, un ami digne du soutien des pays du BRICS et des pays frères. La moindre des choses serait que tous les syriens l’admettent, le déclarent, et transforment la fausse exigence du dialogue, par ceux qui se sont autoproclamés « communauté internationale », en un atout pour la Syrie et les Syriens. (NdT - 04/04/2012)

La crise syrienne et ses dangers
Concernant la crise syrienne, la communauté internationale s’est accordée tacitement sur trois points : pas d’intervention militaire, pas de renversement du régime par la force, pas d’armement de l’opposition. Le président Bachar al-Assad et ses alliés russes, iraniens et chinois ont imposé une nouvelle équation mondiale qui a mis les supporters de l’opposition armée, menés par l’Arabie saoudite et le Qatar, dans une situation peu enviable.
Une année après le début de la crise syrienne, le climat a changé. Le régime a accompli des percées militaires et diplomatiques, et les 71 pays qui se sont réunis à Istanbul, hier, ne semblent pas pouvoir le faire chuter.
Et c’est sans doute parce que le climat a changé qu’un certain nombre de dirigeants arabes adressent leurs lettres confidentielles à Damas dans le but de rechercher des solutions. Des informations circulent sur une éminente personnalité saoudienne rapportant à ses interlocuteurs les remarques royales teintées d’une certaine irritation, suite aux déclarations de son ministre des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal. Il se dit que le roi Abdallah n’a jamais voulu de toute cette implication dans les affaires syriennes même si, comme beaucoup d’autres arabes, il ne souhaitait que mettre fin, et au plus vite, aux opérations militaires en Syrie.
D’autres informations concernent le Bahreïn qui a récemment envoyé des messages positifs à Damas ; certains de ces messages exprimant le souhait de la voir contribuer à calmer la situation au Bahreïn même. Des lignes sécuritaires s’étendraient ainsi de Manama à Damas, en direction de Téhéran.
Quant à la famille princière du Koweït, elle a fait savoir à Damas qu’elle n’a jamais oublié le soutien de feu le président Hafez al-Assad lors de l’invasion du Koweït par l’Irak, et que les pressions exercées par le Mouvement Islamique koweïtien n’ont pas empêché certaines personnalités au pouvoir de dire que la chute d’Al-Assad n’était pas de mise.
De leur côté, les Émirats arabes unis (EAU) ont commencé à réfléchir sérieusement aux moyens pouvant faciliter leur médiation entre l’Autorité et l’opposition intérieure syriennes. Un responsable qui n’est autre que l’un des fils du défunt Président Cheikh Zayed a déclaré : « Nous sommes conscients de l’impossibilité de la chute du régime syrien, nous voulons vraiment arrêter l’effusion de sang, nous considérons qu’il est impératif qu’un véritable dialogue s’instaure entre l’entourage d’Al-Assad et l’opposition de l’intérieur, parce que cela donnera des signaux importants vers l’intérieur et l’extérieur à la fois, et nous sommes prêts à y participer ».
Il est à noter que le ministre des Affaires étrangères des EAU s’est rendu à Téhéran fin Février, et que les discussions ont essentiellement porté sur le dossier syrien ; sans oublier la situation de de la communauté iranienne forte de 500 000 âmes et dont les investissements s’élèvent à plus de 300 milliards de dollars.
Le même responsable émirati cité plus haut a ajouté : « Il nous faut souligner que les déclarations intempestives des pays du Golfe au sujet de la Syrie n’ont commencé qu’après la flambée des problèmes au Bahreïn ; les Saoudiens mettant en avant des informations selon lesquelles le Hezbollah alimentait la crise à la demande de l’Iran et que Damas n’avait rien fait pour les freiner »... Or, il se trouve que jusqu’ici, les forces de sécurité des pays du Golfe, menées par l’Arabie saoudite, n’ont pas réussi à calmer la situation au Bahreïn. Par conséquent, là aussi il y a nécessité de médiation.
Récemment, et toujours dans la région du Golfe, sont entrés en ligne les affrontements verbaux entre le chef de la police de Dubaï, le lieutenant-général Dahi Khalfan, et le cheikh Yusuf Al-Qaradawi. Khalfan a délibérément pointé le doigt sur ​​la gravité de la progression des Frères Musulmans vers les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Il a été suivi en cela par le gouverneur de Charjah qui a vivement critiqué les Frères Musulmans et Al-Qaradawi. Il est donc certain que le Qatar n’entend pas d’une oreille satisfaite toutes ces voix golfiques qui s’expriment ouvertement contre ses alliés islamistes.
A tout ce qui précède, il faut ajouter l’attitude toujours implicitement positive du Sultanat d’Oman à l’égard de Damas et de Téhéran, et le fait que le 17 Février, le Premier ministre mauritanien a adressé à son homologue syrien un message insistant sur le sentiment fraternel et l’amitié entre les deux pays. Les Mauritaniens, qui n’ont pas bien accueilli l’émir qatari lors de sa dernière visite à Nouakchott, considèrent que le Qatar a contribué à alimenter l’opposition contre leur président Mohamed Ould Abdel Aziz, « l’un des soutiens fondamentaux de la résistance arabe ».
Si les positions de ces pays étaient ajoutées à celles de l’Egypte, de l’Algérie, de l’Irak, et d’autres… elles démontreraient que les positions des pays arabes envers la Syrie sont tout à fait différentes selon qu’elles sont considérées superficiellement ou en profondeur.

Sommet de Bagdad : un choc pour le Qatar et l’Arabie saoudite
La représentation réduite de l’Arabie saoudite au sommet de Bagdad, et les déclarations dangereuses du Premier ministre qatari concernant « la marginalisation des sunnites » en Irak permettent de conclure que Riyad et Doha voient dans le gouvernement de Nouri al-Maliki un allié indéfectible de l’Iran et de la Syrie et se doivent de le traiter en conséquence. Mais, le gouvernement et les oulémas irakiens dirigés par le Cheikh Khaled Abdul-Wahab Al-Mulla n’ont pas tardé à répondre d’une façon plutôt cinglante au Cheikh Hamad bin Jassem bin Jabor Al-Thani.
En conséquence et suite à l’absence d’une animosité unanime des arabes envers la Syrie, aux messages confidentiels de certains d’entre eux à Damas, et au règlement sous-jacent de la crise syrienne entre la Russie et les États-Unis ; il n’est pas surprenant de constater que le Sommet de Bagdad se soit soldé par une déclaration exempte de toute référence à la démission du Président Al-Assad et à la fourniture d’armes aux opposants. Les arabes ont reculé et ont accepté le plan de Kofi Annan en ses six articles, dont le premier souligne la nécessité d’« un processus politique global mené par les Syriens ». En d’autres termes, Bachar al-Assad est un élément essentiel du règlement de la crise syrienne !
Les prises de position internationales sont ressenties comme une grande trahison par l’Arabie saoudite et le Qatar. Eux, qui ont appelé lors d’une conférence de presse et par la voix de leurs ministres des Affaires étrangères à « armer l’opposition syrienne », se retrouvent dans une situation pas très confortable depuis que leurs alliés américains ont répondu par la négative. Washington est allé plus loin encore. Non seulement elle a accusé Al-Qaïda d’avoir infiltré l’opposition ; mais elle a aussi passé un accord avec l’hôte turc, M. Erdogan, l’invitant à se contenter de ne parler que de l’envoi de fournitures médicales et de certains équipements de communications dans différentes régions syriennes.

L’accord américano-russe
D’après un diplomate russe en relation étroite avec Damas : « Le récent sommet entre les présidents américain et russe a ouvert la voie à plusieurs nouvelles perspectives. De plus, lors d’une rencontre entre les deux présidents, Barack Obama aurait demandé à Dimitri Medvedev que Moscou calme le jeu jusqu’aux élections américaines et lui aurait promis, qu’après cette date, il se presserait pour réactiver ses principes politiques premiers annoncés pour son mandat en cours ; ceux qui consistaient à rechercher les solutions plutôt que les conflits face aux problèmes internationaux » [*]. Non seulement le problème du bouclier antimissiles, mais aussi les dossiers iranien, syrien…
Ce diplomate russe affirme qu’il n’y aura pas de guerre contre l’Iran, et que le projet de renverser le Président Al-Assad est parti pour ne plus jamais revenir : « Nous sommes à l’étape du règlement politique de la crise syrienne, mais maintenant le plus important est de convaincre l’opposition d’accepter un tel règlement ».
La logique russe veut que ce soient les Syriens eux-mêmes qui choisissent leur mode de gouvernance et le président qu’ils souhaitent. Et c’est exactement ce qu’a entendu M. Erdogan en Iran, où on lui a clairement dit que la Turquie avait adopté une option erronée car une proportion importante du peuple syrien estime toujours le président Al-Assad, et qu’il vaudrait mieux pour lui de s’en remettre aux résultats des urnes.
Ce n’est pas par hasard que M. Kofi Annan a été choisi pour résoudre la crise syrienne. Il est attendu de cet ancien Secrétaire général de l’ONU qu’il incarne la « convergence des intérêts » internationaux. Le veto russe a déjà interdit, et interdira encore, toute décision qui se limiterait à faire peser la responsabilité des violences sur le seul régime syrien, ou qui exigerait la chute du gouvernement de Bachar al-Assad.
Lors de sa rencontre avec le Président syrien, Kofi Annan a bien compris que le plan de la Ligue arabe s’était fracassé contre le rocher damascain. Al-Assad a clairement dit qu’il recevrait Annan en tant qu’émissaire international, non en tant que chargé d’une mission commune à l’ONU et Damas. Annan a accepté le principe. Juste avant le sommet de Bagdad, Damas a réitéré sa position par la voix de Jihad Makdisi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères : Damas n’a aucune obligation de respecter les décisions édictées par la Ligue arabe et ce, quelles qu’elles soient !
Il n’est plus question de revenir aux décisions de la Ligue arabe. Damas le refuse. Les responsables du gouvernement syrien considèrent que toutes les décisions prises par les arabes ont été dictées par la volonté du Qatar appuyé ensuite par l’Arabie saoudite, et que ce qui a été accepté avant l’entrée dans Baba Amr et Homs ne pouvait plus être accepté aujourd’hui. Al-Assad a dit explicitement à M. Annan qu’il est ouvert au dialogue avec l’opposition, mais que ce dialogue devait avoir lieu en Syrie et sous l’égide des Syriens.

Baba Amr : l’avant et l’après
La visite d’Al-Assad à Baba Amr avait trois buts essentiels : affirmer la puissance de l’Etat, défier ceux qui menacent la sécurité surtout après les attentats de Damas et d’Alep, et surtout s’adresser aux citoyens sunnites pour leur dire qu’une fois la sécurité revenue, il ne sera pas question de vengeance mais de « reconstruire en mieux ». C’était là un message important pour guérir un tant soit peu les blessures des batailles sectaires vécues par la ville de Homs.
Cette visite à Homs s’est poursuivie par des entretiens avec des chefs religieux druzes et une visite au village de Kanawat dans la région de Sweida ou le Président a présenté ses condoléances pour la mort du Cheikh Ahmed Salman Al-Houjari, l’un des trois cheikhs Akl druzes, et a reçu la visite de l’ancien député libanais druze, Daoud Fayçal, après celle de l’ancien ministre Wiam Wahab.
Ces jours-ci, celui qui visiterait Damas ne pourrait omettre de remarquer la grande confiance en soi des responsables syriens et leur inquiétude sensiblement atténuée quant à d’éventuels mouvements libanais dirigés contre eux. Certains Cheikhs du Nord-Liban dont le Cheikh Bilal Chaaban, qui ont visité Damas récemment, ont constaté la solidité de l’État syrien. Lorsqu’on les interroge sur Walid Joumblatt, leur réponse est concluante : « Il sait exactement ce qu’il a fait contre la Syrie l’année dernière et que ce faisant, il a mis la sécurité nationale en danger. Désormais, nos alliés du Hezbollah ont compris que le ramener en Syrie, comme ils l’ont déjà fait, n’est plus acceptable ».
Le Liban n’entre pas actuellement dans les calculs stratégiques de la Syrie. Il a été ramené dans la catégorie « espace de sécurité ». La priorité est désormais de mettre fin à la bataille militaire, et d’accélérer l’ouverture politique à l’occasion des prochaines élections. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera possible de s’intéresser à la situation au Liban, mais cette fois sur la base suivante : « certains ont contribué à l’effusion du sang syrien ».
BRICS et équilibres internationaux
Les Syriens s’intéressent de près aux pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et aux sommets organisés par le Président iranien avec les pays voisins : l’Afghanistan, le Tadjikistan et le Pakistan. Il se dit que l’expression « effacer l’Europe » de la carte, prononcée par le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, n’a pas été prononcée sous l’effet de la nervosité mais à la lumière des évolutions spectaculaires du monde vers la multipolarité.
Les pays du BRICS représentent 40% de la population mondiale, et entre 18% et 20% de la production mondiale. La Chine dépassera les USA avant 2020. L’Inde pourrait devenir le premier centre économique mondial dans moins de 30 ans. Le Brésil occupe la place de la Grande-Bretagne. Les USA pourraient reculer en troisième position mondiale, selon le « Wealth report ». Ce rapport indique aussi que la part de la contribution fondée sur le Produit National Brut passera de 41% en 2010 à moins de 18% en 2050 pour les pays d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale, alors que la contribution des pays d’Asie passera de 27% actuellement à plus de 49% en 2050.
Plus grave encore, l’intention des pays du BRICS de travailler à créer une monnaie unique après avoir institué leur Banque centrale. Ils refusent, implicitement, le monopole de New York sur les échanges des fonds Mondiaux, comme ils refusent la domination des USA sur l’ONU et les institutions financières internationales.
Par conséquent, si l’on intègre le fait que Barack Obama, en personne, demande au Président russe de calmer le jeu jusqu’aux prochaines élections et prépare des solutions pour le problème du bouclier antimissiles ; il devient clair que la scène internationale est plus qu’importante pour la résolution de la crise syrienne. Il ne faut pas oublier que Medvedev soutient la Syrie ainsi que le prochain président Vladimir Poutine, qui a déclaré en Novembre dernier que la Russie envisageait de déployer ses missiles dans la région de Kaliningrad limitrophe de la Pologne et de la Lituanie, et de les orienter vers les sites américains de défense antimissiles.
La Russie fait désormais partie intégrante de la campagne électorale américaine. Le président du sous-comité des forces stratégiques de la commission des forces armées près la Chambre des Représentants, Michael Turner, et le superviseur des systèmes de défense antimissiles ont mis en garde Barack Obama contre toute complaisance à l’égard des Russes ; ainsi que le candidat républicain Mitt Romney qui a considéré la Russie comme l’ennemi stratégique numéro un. Ce à quoi Medvedev a répondu en disant qu’il aurait besoin de réfléchir avant de parler.
L’internationalisation, sans doute et plus que jamais, a servi Al-Assad. Quant au Conseil National Syrien (CNS) qui, d’après les déclarations de Haytham Manna et Michel Kilo, a commis l’erreur grossière d’opter pour les armes et l’armement des opposants ; il paraît coincé entre les Arabes et les Turcs incapables d’avancer et le début des transactions américano-russes désormais indispensables.
Hier, les déclarations de M. Erdogan à Istanbul, le bégaiement de Nabil al-Arabi prononçant son discours, la déception de Bourhan Ghalioun, et l’absence de toute allusion du ministre des Affaires étrangères qatari au renversement d’Al-Assad et à l’armement de l’opposition, sont autant de preuves qui confirment que le jeu des nations a triomphé une fois de plus et que les Arabes, comme d’habitude, sont restés sur le bord de la route.
On pourrait penser qu’Al-Assad a gagné la bataille militaire et a réussi à ériger un bouclier diplomatique russe autour de lui, mais ses adversaires vont intensifier leur pression armée, les attentats et les assassinats ; et ceux qui sont lésés par sa victoire militaire et diplomatique vont aller encore plus loin dans les sanctions, pour étrangler économiquement la Syrie et ramener le dossier syrien devant le Conseil de sécurité ; d’où la nécessité d’initier une véritable réconciliation et d’élargir la base de la participation au pouvoir. Seule cette solution permettra de sauver l’avenir du pays. Celle de rechercher et multiplier les contacts pour convaincre l’opposition de l’intérieur de déclarer publiquement qu’elle accepte le règlement politique.
Michel Kleib
02/04/2012
Article proposé et traduit par Mouna Alno-Nakhal (Biologiste)
Sami Kleib, journaliste libanais de nationalité française, est diplômé en Communication, Philosophie du Langage et du Discours Politique. Il a été Directeur du Bureau du journal As-safir libanais, à Paris, et Rédacteur en chef du Journal de RMC-Moyen Orient. Responsable de l’émission « Visite spéciale » sur Al-Jazeera, il a démissionné en protestation contre la nouvelle orientation politique de cette chaîne.
Source : http://www.assafir.com/
[*] http://blogs.lesechos.fr/west-wing-2012/barack-obama-evoque-...
URL de cet article 16307 http://www.legrandsoir.info/le-dialogue-doit-avoir-lieu-en-syrie-et-sous-l-egide-des-syriens.html

IMMOLATION PAR LE FEU : Ces torches humaines qui ne parviennent pas à éclairer la nuit

....Elles sont entre autres un symptôme de la faillite de la politique. Quand on est non seulement frappés lourdement par la crise économique mais aussi méprisés par les autorités publiques et ignorés par les élites politiques, on se sent alors condamnés à l’insignifiance sociale, niés dans son être, privés de paarole. L’autodestruction est alors conçue, paradoxalement, comme l’unique manière de « prendre la parole » et tenter de l’imposer publiquement.......
Le 25 février dernier, un immigré tunisien dont on ignore tout –nom, biographie, destin -, s’immole par le feu à la gare de Brignole à Gênes. On peut imaginer, à partir d’une brève phrase rapportée par la presse, qu’il s’était retrouvé sans travail et sans logement.
Le suicide par le feu, on le sait, est un cri de protestation désespéré, une demande de respect et de dignité. C’est le recours ultime et spectaculaire des sans-pouvoir et sans –voix, pour briser le silence et attirer l’attention publique sur une injustice ou une humiliation, personnelle ou collective. Derrière chaque suicide, surtout si c’est par le feu, il y a une intention de communiquer et de remettre violemment en question un ordre relationnel et/ou social ressenti ou vécu comme injuste et annihilateur, donc insupportable.
Pour notre Tunisien sans nom, en revanche, l’acte consistant à se supprimer en public de la manière la plus atroce possible a été l’énième et ultime échec personnel. Défini hâtivement comme « clochard » ou plus pudiquement « SDF », il n’a eu droit qu’à quatre lignes de dépêche. Le quotidien gênois Il Secolo XIX a estime que même ces quatre lignes, c’était encore trop et il adonc repris l’information de manière encore plus concise, comme pour démontrer une fois de plus le peu de cas que l’on fait des derniers parmi les derniers mais aussi de la misère d’un certain journalisme.
Dans un autre cas, survenu à Turin le 8 mars 2012, sa nationalité italienne n’a pas valu à la victime beaucoup plus, si ce n’est la mention de son nom et de quelques rares autres détails : Gaetano Menale, maçon, 59 ans, père de trois enfants, désespérée d’vaoir perdu son travail, se donne la mort par le feu dans le parc de la Colletta, au cœur de la ville. Un jeune maçon marocain, lui aussi sans nom, aura droit à quelques lignes de plus : privé de son salaire depuis quatre mois, il se transforme en torche humaine à Vérone, devant la mairie, le 28 mars dernier. Mais que ceux qui mettent fin à leurs jours pour protester ou par désespoir soient des commerçants ou des petits entrepreneurs, de préférence italiens, étranglés par les dettes et l’avidité brutale des banques, et voilà les médias qui commencent à prêter attention à cette chaîne tragique de suicides.
Il faudrait plutôt parler d’une série de cas de gens suicidés, qui ont été tués non seulement par la crise économique et financière, mais avant tout par la manière dont celle-ci est « gouvernée » par les techniciens de la récession et de la boucherie sociale : masques impassibles et impitoyables [spietate dans l’original italien, NdT] au sens littéral du terme, autrement dit incapables de pietas [pitié en latin, NdT], prisonniers qu’ils sont de leur bunker de privilèges, obtus qu’ils sont, puisqu’incapables d’imaginer qu’en dehors de leur ghetto doré, au-delà des diktats des despotes de la finance, au-delà des conseils d’administration de la bourgeoisie et des intérêts des nababs, il existe un monde social fait de personnes en chaire et en os, avec leurs besoins matériels, leur exigence de dignité, les souffrances et leurs raisons de désespérer.
Le « SDF » tunisien de Gênes, le maçon turinois de nationalité italienne, le jeune maçon marocain n’ont pas été les premières torches humaines, ni les dernières, dans cette Italie frappée du fléau de la récession, du chômage, de la chute vertigineuse des salaires, et d’un processus dramatique de paupérisation qui parvient même à atteindre même les classes moyennes. Ils avaient été précédés, comme cela arrive souvent pour de nombreux phénomènes sociaux, par des personnes immigrées : à Palerme, le 10 février 2011, Noureddine Adnane, marchand ambulant marocain, s’immole par le feu en pleine rue, pour des raisons et dans des circonstances en tous points similaires à celles de Mohamed Bouazizi, « l’étincelle » de la révolution tunisienne ; le 16 mars 2011, à Vittoria, dans la province de Raguse (Sicile), Georg Semir, ouvrier agricole albanais, lui aussi privé de salaire depuis de longs mois, s’immole devant le théâtre muncipal. Tous deux mourront après quelques jours d’agonie. (lire ici)
Si les journalistes, les commentateurs, les “experts”, les chercheurs n’avaient pas une si courte vue, ils auraient compris que le phénomène croissant des auto-immolations de protestation qui traverse les pays du Maghreb et du Machrek est quelque chose qui nous parle à nous-mêmes, et de nous-mêmes. Ils auraient pu pressentir qu’il arriverait bientôt chez nous, et pas seulement sous les traits d’un quelconque pauvre immigré sans nom et sans importance. Il est curieux que même les moins balourds parmi ceux qui ont publié des commentaires sur cette tragédie sociale – je pense à Adriano Sofri *– n’aient pas pensé à la mettre en relation avec ce qui se passe sur l’autre rive de la Méditerranée. Là-bas, une révolution contre la dictature mafieuse de Ben Ali n’a pas suffi à avoir raison des fléaux économiques et sociaux engendrés par l’ultralibéralisme et par le diktat de la finance et des organismes internationaux à son service. Il faut bien plus que la chute d’un dictateur pour subvertir les mécanismes néolibéraux qui, associés à la prédation exercée par le régime, ont conduit certaines régions à des taux de pauvreté absolue et de chômage proche des 30%.
Les torches humaines en série de l’autre rive nous parlent aussi dans un autre sens. Elles sont entre autres un symptôme de la faillite de la politique. Quand on est non seulement frappés lourdement par la crise économique mais aussi méprisés par les autorités publiques et ignorés par les élites politiques, on se sent alors condamnés à l’insignifiance sociale, niés dans son être, privés de paarole. L’autodestruction est alors conçue, paradoxalement, comme l’unique manière de « prendre la parole » et tenter de l’imposer publiquement.

Mais il y a de fortes chances que même le cri d’une torche humaine, vox clamans in deserto (La voix de celui qui crie dans le désert), ne soit pas suffisant à attirer l’attention sur le gouffre vers lequel on est en train de nous précipiter.
*Adriano Sofri, 70 ans, ancien dirigeant du groupe révolutionnaire Lotta Continua, condamné en 2000 à 22 ans de prison pour l’accusation d’avoir commandité l’assassinat en 1972 – dont il s’est toujours proclamé innocent – du commissaire de police Luigi Calabresi, considéré comme responsable de la mort par défénestration de l’anarchiste en décembre 1969. Dans un article intitulé La Spoon River della crisi, paru dans La Repubblica du 30 mars 2012, il rapproche la longue série de suicides par le feu en Italie, de travailleurs surexploités, de chômeurs, d’artisans et de petits entrepreneurs, des auto-immolations de Tibétains. [NdT]
Annamaria rivera
Traduit par  Fausto Giudice فاوستو جيوديشي 
Source : TLAXCALA

jeudi 5 avril 2012

COLOMBIE : La lutte des classes

...La tâche du mouvement ouvrier, des travailleurs et du peuple colombien en général est de consolider les espaces d’articulation et d’unité pour lutter contre le fascisme et l’impérialisme au profit de la démocratie populaire....

C’est une question qui revient souvent sur la Colombie : pourquoi ce pays semble-t-il figé dans une guerre civile qui dure depuis plusieurs décennies ? Pourquoi un mouvement populaire et démocratique n’est-il pas parvenu à infléchir le cours de l’histoire politique comme dans tant d’autres pays d’Amérique latine, que ce soit de manière durable ou pas, par les armes ou par les urnes… En Colombie, la situation semble bloquée. Pour comprendre ce blocage, il est important d’avoir un bon aperçu de la configuration des rapports de classes dans ce pays. C’est ce que nous vous proposons ici, en préambule à notre dossier consacré à la Colombie.

En 2010, pour un total de 46 millions d’habitants, la Colombie compte 18,5 millions d’ouvriers et de travailleurs. Ils sont répartis comme suit dans les différents secteurs : 9 millions de travailleurs dans le tertiaire (services, banques, commerces), 4,5 millions dans le secteur industriel-manufacturier et 5 millions dans le secteur primaire (agriculture, pêche, bétail, exploitation minière).
 
Il est important de tenir compte du fait qu’en Colombie, 57% de ces ouvriers et travailleurs, soit 10 millions de personnes, travaillent dans des conditions précaires et de sous-emploi. A ceux-là s’ajoutent les 4 millions de chômeurs.
 
Bien qu’ils représentent la majorité de la population - face à 800.000 personnes issues de la grande bourgeoisie et des propriétaires fonciers - la classe ouvrière, les travailleurs et le peuple en général, ont souffert d’un processus de désarticulation. Leurs organisations et leurs luttes n’ont pas pu freiner les impacts du néolibéralisme. Elles n’ont pas pu construire un projet national révolutionnaire qui soit capable, dans des conditions objectives et subjectives, d’arriver au pouvoir.
 
Par exemple, sur les 8 millions de travailleurs du secteur formel, seuls 810.000 sont syndiqués. Ca s’explique notamment par la précarisation du travail et d’autres facteurs liés aux contrats qui tendent à réduire les coûts de la main d’œuvre. De plus, les assassinats systématiques, la répression exercée pendant le processus de fascisation, la législation du travail et la terreur ont produit une diminution des conventions collectives. Actuellement, parmi les ouvriers, seuls 124.000 sont syndiqués. Ca représente moins de 2% de la classe ouvrière. On doit encore ajouter à ce sombre constat la criminalisation des syndicats, la législation anti-grève et l’anti-syndicalisme présent dans la société colombienne.
 
Dans ces conditions, de nouvelles tendances réformistes et social-démocrates ont émergé au sein du mouvement ouvrier et syndical. Elles considèrent que le mouvement doit soutenir le régime de Santos car sa présidence est vue comme un « repos démocratique », après huit années de fascisme sous Alvaro Uribe. Ce courant se caractérise par le clientélisme et l’anti-démocratie syndicale en utilisant des postes dans l’appareil syndical comme des privilèges personnels et en limitant la lutte des ouvriers et des travailleurs au terrain strictement corporatif. De fait, ce nouveau courant empêche les masses d’entrevoir un projet politique et sociétal alternatif au modèle néolibéral.
 
Pour le reste du peuple colombien, les conditions sociales sont également précaires. Selon l’indice GINI des inégalités qui frôle les 0.6, la société colombienne est l’une des sociétés les plus excluantes. 20 millions de Colombiens vivent dans la pauvreté et 8 dans l’indigence. Les femmes et les jeunes sont les plus touchés.
 
Les femmes subissent différentes formes de violence et d’exclusion : violences sexuelles et assassinats de la part de l’armée, la police et les paramilitaires ; déplacements forcés ; chômage, emplois précaires…
 
Pour leur part, les jeunes qui représentent près de 25% de la population, soit 12 millions de personnes, subissent chômage, stigmatisation, difficulté d’accès aux études moyennes et supérieures…
 
Autres victimes : les paysans et les indigènes qui affrontent non seulement les propriétaires fonciers et l’Etat, mais aussi les monopoles impérialistes qui accaparent l’usufruit en s’appropriant des terres pour développer des mégaprojets agro-industriels miniers et énergétiques.
 
Cette situation a entraîné ces dernières années un accroissement des organisations de lutte regroupant femmes et jeunes contre les implications du modèle néolibéral et le processus de fascisation. Des luttes contre la violence de genre, la faim, pour l’emploi et l’éducation.
 
Après trois décennies de fascisation et de désarticulation, de nouvelles formes d’organisations politiques et sociales ont vu le jour pour construire un nouveau projet national révolutionnaire. Par exemple, le Congrès des Peuples et le Cabildo Patriotico por la Independencia, qui entre juillet et octobre 2010 ont convoqué des milliers de Colombiens, ont installé des formes d’organisation et d’articulation originales au niveau national et régional confluant avec d’autres secteurs dans la Coordination des Organisations et Mouvements Sociaux de Colombie.
 
Ce sont des expressions populaires caractérisées par une diversité de pensées et de positions. Elles cherchent à ouvrir des scénarios de participation sociale dans un processus complexe, elles cherchent à surmonter le sectarisme et l’hégémonisme. Pour finalement ouvrir des possibilités de constituer un front unique capable de faire face à l’impérialisme, de faire reculer le fascisme et de faire avancer la démocratie populaire et le socialisme.
 
Ces mouvements doivent cependant affronter le danger de cooptation du gouvernement de Santos. Il faut au contraire, face à ce gouvernement, adopter une attitude ferme de défense des intérêts du peuple.
 
La lutte des classes pendant ces 30 dernières années en Colombie
 
Pendant les trois dernières décennies, la société et la lutte des classes en Colombie ont été marquées par la contradiction existant entre d’une part l'impérialisme, principalement nord-américain, et les classes dominantes, et d’autre part la nation et le peuple colombien. Dans ce contexte, les forces réactionnaires ont développé un processus de fascisation de l'État et de la société en imposant dans de vastes secteurs de la population, outre des structures politiques antidémocratiques, une idéologie fasciste. Ce processus de fascisation a atteint son sommet sous la présidence de Álvaro Uribe Vélez (2002 - 2010). Pendant ces trois dernières décennies, et principalement sous les gouvernements d’Uribe, le pays a traversé une grave crise humanitaire, résultat du déplacement de 4 millions de paysans vers les villes, créant une base immense de semi-prolétaires.
Parallèlement à la fascisation, un modèle économique néolibéral a été imposé. Il a approfondi le néo-colonialisme et sapé profondément la souveraineté nationale en cédant des grandes richesses et des forces de production aux méga-monopoles impérialistes et à une poignée de groupes monopolistiques créoles principalement centrés sur des activités financières spéculatives et des activités minières et énergétiques.
De son côté, le peuple a connu pendant ces trente années un repli politique, suite à la guerre et à la répression. Ce repli a été marqué par un affaiblissement des organisations populaires et des projets politiques révolutionnaires : certains ont capitulé devant le fascisme ou se sont tournés vers des politiques réformistes et sociale-démocrates.
À partir de 2010, le président Juan Manuel Santos, légitime représentant de la grande bourgeoisie pro-impérialiste, a proposé un gouvernement néolibéral d'unité nationale qui poursuit sur la voie ouverte par le fascisme et les transformations économiques, politiques et culturelles opérées par celui-ci. Un contexte international de crise économique a exigé de la grande bourgeoisie qu'elle change de stratégie et mette Juan Manuel Santos à la place de Álvaro Uribe Vélez pour résoudre les contradictions parmi les classes dominantes engendrées par ce dernier, en favorisant l'approfondissement du modèle économique néolibéral, la négociation de nouvelles conditions de domination néocoloniale avec le gouvernement démocrate des États-Unis, la recherche de nouvelles alliances internationales, en surmontant le relatif isolement politico-diplomatique de l'ère Uribe. C’est pourquoi les forces réactionnaires ont besoin de ré-institutionnaliser et de légaliser le “désordre” généré par Uribe. Pour de vastes secteurs de la grande bourgeoisie, Uribe n'est plus nécessaire puisqu'il s'est déjà acquitté de son triple rôle : contre-insurrection pour frapper le secteur révolutionnaire, principalement armé ; investissement impérialiste ; et cohésion sociale. Les objectifs évoluent maintenant avec Santos : prospérité démocratique, c'est-à-dire, une plus forte croissance économique à partir du secteur minier et énergétique ; maintien de l'orientation vers la défaite de l'insurrection ; et mise en œuvre de la cooptation des dirigeants et des mouvements populaires. Le tout, sans démonter les éléments de fascisation hérités des 30 dernières années.
La tâche du mouvement ouvrier, des travailleurs et du peuple colombien en général est de consolider les espaces d’articulation et d’unité pour lutter contre le fascisme et l’impérialisme au profit de la démocratie populaire.
 
15 seminario Internacional texte PC-ml Colombie
Avec l’aimable participation de Nolasco Présiga correspondant du journal Voz Colombie et de l’Agence Bolivarienne de Presse en Belgique, Mayu Ruiz et l’équipe d’Intal Amérique latine.

COLOMBIE : Les multinationales au coeur du conflit

Carlos Olaya Rodriguez, syndicaliste colombien, explique comment les multinationales sont au cœur du conflit dans son pays. Il raconte comment les Etats-Unis et leurs vassaux ont développé le concept de guerre de basse intensité contre un mystérieux ennemi intérieur. Une cible pratique pour désigner toute personne qui se trouve sur le chemin des multinationales. Des milliers de civils ont ainsi été déplacés ou assassinés pour permettre l’exploitation des matières premières. Carlos Olaya Rodriguez attire également l’attention sur le fait que la Colombie est une véritable poudrière qui pourrait déstabiliser toute la région si une solution pacifique n’est pas apportée au conflit.
La Colombie est devenue un grand terrain d’expérimentation de la contre-insurrection ou ce qu’ils appellent une guerre de faible intensité. Les Etats-Unis avaient d’abord développé la théorie de la sécurité nationale. Ensuite, ils ont décidé de mener une guerre sale, une guerre de faible intensité de telle sorte que la Colombie allait devenir un champ d’expérience pour ce genre de conflit.
La guerre de faible intensité est caractérisée par le fait que l’ennemi est intérieur. Aujourd’hui, le mur de Berlin est tombé et on ne peut plus assimiler cet ennemi au communisme. On ne peut plus dire que tous les opposants colombiens sont des communistes, ça ne colle plus. Alors, ils ont mis au point ce concept d’ennemi intérieur en Colombie. D’abord pour désigner les narcotrafiquants, ensuite les terroristes. Et finalement, un ancien ambassadeur US en Colombie, Louis Tambs, qui avait déjà officié au Salvador quand ce pays était en guerre, a mis au point par un tour de passe-passe extraordinaire le concept de narcoterroriste pour définir les insurgés colombiens !
Ce concept s’étend en fait à tous les mouvements sociaux de protestation. La théorie de l’ennemi intérieur implique nécessairement la destruction de cet ennemi. Mais si vous analysez de près les stratégies nord-américaines, vous constaterez que l’ennemi intérieur ne va jamais disparaître. Au contraire, l’ennemi doit être maintenu et la guerre doit continuer pour poursuivre la répression et permettre aux multinationales de s’emparer des matières premières, des marchés, des infrastructures et des finances de la nation.
Si bien que les ennemis de l’intérieur ne sont pas nécessairement les insurgés. Ca peut être ceux qui ont la malchance de se trouver au mauvais endroit. Imaginons que j’habite près d’un puits de pétrole : je deviens un ennemi de l’intérieur et il faut me déloger. En Colombie, le comble du cynisme a été atteint puisque les gisements pétroliers et les mines sont déclarés « territoires supranationaux » : aucun Colombien ne peut pénétrer une zone que délimite une couronne de 5 km de profondeur tout autour du centre concerné.
70% de l’armée colombienne sont consacrés à garder les installations énergétiques, pétrolières et minières. Il y a donc eu l’idée d’instrumentaliser la guerre en Colombie. Cette guerre a débuté en 1948, pour la défense de la petite propriété agricole er des revendications agraires fondamentales. Ensuite, à partir de 1964, c’est devenu pour certains une guerre pour le socialisme et la libération nationale. Mais les forces réactionnaires ont fait de ce conflit une guerre contre-insurrectionnelle, une guerre menée contre les populations civiles dans le but de vider des territoires de leurs habitants pour mieux en contrôler les ressources.
Quels résultats ? Observons par exemple le cas d’Uraba ou celui de Catatumbo : des centaines de milliers de personnes ont été expulsées et des dizaines de milliers d’autres ont été assassinées. A Cesar, où se trouvent les mines de charbon les plus importantes, de milliers de personnes ont été déplacées.
Un autre exemple éloquent. La société Greystar devait exploiter des gisements à Santander. Mais la population a manifesté contre le gouvernement qui avait octroyé à la firme un permis pour saccager tout un haut plateau. Si bien que le gouvernement a dû faire marche arrière. Hélas, ce n’était qu’un leurre car au même moment, des groupes de paramilitaires ont pénétré dans la région. Ils ont menacé les leaders du mouvement de protestation et commis toutes sortes d’exactions. Une partie de la population a commencé à être déplacée. Ensuite, la Greystar qui avait officiellement annoncé se retirer du projet, est revenue à la charge sous un autre nom, à travers une filiale, et avec un nouveau projet d’exploitation : finalement, ce ne sera plus une mine à ciel ouvert mais une mine en profondeur !
La Colombie, poudrière de l’Amérique latine ?
Un autre élément important : la Colombie est la clé des Etats-Unis dans la région. Le niveau de militarisation est devenu tellement important que si un conflit régional devait éclater, il est probable que l’armée colombienne remporterait la victoire. Cette armée a 60 ans d’expériences, dispose de la technologie la plus avancée du monde et peut compter sur des conseillers US. De plus, il y a plus de 4000 militaires nord-américains sur le territoire.
Dans ce conflit qui traverse l’Amérique latine pour les contrôles des ressources, la Colombie joue un rôle central dans le déséquilibre régional. C’est pourquoi nous devons impérativement trouver des formules honorables pour imposer la paix en Colombie. Si nous ne trouvons pas de solution, il pourrait y avoir un conflit régional aux proportions immenses. Car les multinationales ne vont pas renoncer à des choses aussi simples que les 450 milliards de barils de pétrole situés dans le bassin vénézuelien de l’Orénoque et qui échappent aujourd’hui à leur contrôle. Elles ne vont pas renoncer aux 80 milliards de barils du Pré-Sal brésilien et pour lesquels les Brésiliens disent : « Pas touche ! ». Elles ne vont pas non plus renoncer au gaz naturel de la Bolivie.
Il y a donc un danger d’embrasement car la Colombie n’est pas viable. Certes, c’est un Etat fort qui repose sur une dictature militariste terrible. Mais en tant que nation, la Colombie reste faible tant qu’elle n’aura pas résolu les problèmes de la guerre. C’est pour quoi ramener la paix en Colombie est nécessaire pour apaiser les tensions qui traversent toute l’Amérique latine. Et beaucoup de gens sont intéressés pour trouver une solution à ce problème. Pour ma part, je ne demanderai pas que les gouvernements européens interviennent car ils soutiendraient les mauvaises personnes. Mais beaucoup de membres des organisations sociales, ici en Belgique ou ailleurs, peuvent jouer un rôle important en faveur de la paix en Colombie.
Sur les cartes ci-dessous, on peut voir que la localisation des grands projets des multinationales correspond avec l'implantation des groupes paramilitaires et les zones de déplacement des populations.

Avec l'aimable participation de Pedro Nolasco Présiga correspondant à Bruxelles (Belgique) de l’hebdomadaire VOZ
Traduit de l'espagnol par Manuel Colinas pour Investig'Action

Manifeste de la commune - Aux travailleurs des campagnes : La terre au paysan, l'outil à l'ouvrier, le travail pour tous.

....Aidez-le donc à triompher, et, quoi qu'il arrive, rappelez-vous bien ces paroles, - car il y aura des révolutions dans le monde jusqu'à ce qu'elles soient accomplies : La terre au paysan, l'outil à l'ouvrier, le travail pour tous..... 

 AUX TRAVAILLEURS DES CAMPAGNES.   
 
                                                                                                                                                         Frère, on te trompe. Nos intérêts sont les mêmes. Ce que je demande, tu le veux aussi : l'affranchissement que je réclame, c'est le tien.
Qu'importe si c'est à la ville ou à la campagne que le pain, le vêtement, l'abri, le secours manquent à celui qui produit toute la richesse de ce monde ?
Qu'importe que l'oppresseur ait nom : gros propriétaire ou industriel ? Chez toi, comme chez nous, la journée est longue et rude et ne rapporte pas même ce qu'il faut aux besoins du corps. A toi comme à moi, la liberté, le loisir, la vie de l'esprit et du cœur manquent. Nous sommes encore et toujours, toi et moi, les vassaux de la misère.
Cela n'est pas juste, frère paysan, ne le sens-tu pas ? Tu vois bien que l'on te trompe ; car s'il était vrai que la propriété est le fruit du travail, tu serais propriétaire, toi qui as tant travaillé. Tu possèderais cette petite maison, avec un jardin et un enclos, qui a été le rêve, le but, la passion de toute ta vie, mais qu'il t'a été impossible d'acquérir, ou que tu n'as acquise peut-être, malheureux, qu'en contractant une dette qui t'épuise, te ronge et va forcer tes enfants à vendre, aussitôt que tu seras mort, peut-être avant, ce toit qui t'a déjà tant coûté. Non, frère, le travail ne donne pas la propriété. Elle se transmet par hasard ou se gagne par ruse. Les riches sont des oisifs, les travailleurs sont des pauvres.  

Cela n'est pas juste. Et voilà pourquoi, Paris, que tu accuses sur la foi de gens intéressés à te tromper, voilà pourquoi Paris s'agite, réclame se soulève et veut changer les lois qui donnent tout pouvoir aux riches sur les travailleurs. Paris veut que le fils du paysan soit aussi instruit que le fils du riche, et pour rien, attendu que la science humaine est le bien commun de tous les hommes, et n'est pas moins utile pour se conduire dans la vie, que les yeux pour voir.  

Paris demande que tout homme qui n'est pas propriétaire ne paye pas un sou d'impôt ; que celui qui ne possède qu'une maison et son jardin ne paye rien encore ; que les petites fortunes soient imposées légèrement, et que tout le poids de l'impôt tombe sur les richards.  

Paris demande que ce soient les députés, les sénateurs et les bonapartistes, auteurs de la guerre, qui payent les cinq milliards de la Prusse , et qu'on vende pour cela leurs propriétés, avec ce qu'on appelle les biens de la Couronne, dont il n'est plus besoin en France. 

Paris demande que la justice ne coûte plus rien à ceux qui ont besoin, et que ce soit le peuple lui-même qui choisisse les juges parmi les honnêtes gens du canton. 

Paris veut enfin, écoute bien ceci, travailleur des campagnes, pauvre journalier, petit propriétaire que ronge l'usure, bardier, métayer, fermier, vous tous qui semez, récoltez, suez, pour que le plus clair de vos produits aille à quelqu'un qui ne fait rien : - ce que Paris veut, en fin de compte, c'est la terre au paysan, l'outil à l'ouvrier, le travail pour tous.  
 
La guerre que fait Paris en ce moment, c'est la guerre à l'usure  , au mensonge et à la paresse. Donc, habitants des campagnes, vous le voyez, la cause de Paris est la vôtre et c'est pour vous qu'il travaille, en même temps que pour l'ouvrier. Ces généraux qui l'attaquent en ce moment, ce sont les généraux qui ont trahi la France. Ces députés que vous avez nommés sans les connaître veulent nous ramener Henri V  . Si Paris tombe, le joug de misère restera sur votre cou, et passera sur celui de vos enfants. Aidez-le donc à triompher, et, quoi qu'il arrive, rappelez-vous bien ces paroles, - car il y aura des révolutions dans le monde jusqu'à ce qu'elles soient accomplies : La terre au paysan, l'outil à l'ouvrier, le travail pour tous. 
 






mercredi 4 avril 2012

FRANCE : Du 11 septembre à Mohamed Merah, la propagande a fait son œuvre.

....Car au-delà des élections présidentielles il y a le choc des civilisations. Pour quoi ? Pour terroriser non pas les terroristes mais les peuples, pour bloquer et empêcher toute révolte, tout changement de système qui proviendrait de ceux qui commencent à comprendre qu’ils ont été bernés depuis trop longtemps, que le système est truqué et que le capitalisme ne favorise pas les meilleurs mais les plus forts… Cette terreur qui se propage provient en réalité des dirigeants occidentaux, qui ont profité des terroristes pour créer une tension, des conflits, de la peur et de la haine entre les peuples.....

Du 11 septembre à Mohamed Merah, la propagande a fait son œuvre.
L’autre jour, monsieur Sarkozy a rapproché ce qu’on appelle désormais « l’affaire Merah » des évènements du 11 septembre 2001. Certains se sont bien sûr insurgés contre cet amalgame récupérateur, mais c’est négliger la finesse de celui qui le prononce : car si les deux évènements n’ont en apparence aucun lien direct, leur utilisation électoraliste et leurs conséquences ne sont pas si éloignées.

En effet, c’est depuis le 11 septembre qu’a été révélée au monde la nouvelle croisade des occidentaux qui, comme il y a plusieurs centaines d’années déjà, a permis d’exploiter les ressources et les hommes pour entretenir la « croissance » des monarchies d’alors, ou pour « lutter contre la crise » de l’époque. Car le 11 septembre est arrivé à un moment « propice » de l’Histoire, c’est-à-dire au moment même où la puissance des pays occidentaux était remise en cause par l’émergence de ceux qu’on appelait encore « pays en voie de développement ». Ce retournement du capitalisme, conséquence logique d’une course à la rentabilité à travers une mondialisation incontrôlable, a atteint les limites de l’idéologie de ce système et a contraint les dirigeants occidentaux à rechercher d’autres justifications de leur domination : les différences de valeur des « civilisations ». Et le 11 septembre est le point d’appui qui a servi au basculement de l’idéologie capitaliste à celle du « post-capitalisme », c’est-à-dire le retour à l’obscurantisme.

Puisque les règles du capitalisme ne suffisaient plus à asseoir l’hégémonie occidentale ni à justifier les injustices propre à ce système, il leur fallait trouver un autre moyen que celui économique pour continuer à dominer le monde. Et face à une contestation populaire qui s’exprime désormais internationalement pour lutter contre des injustices devenues flagrantes, les dirigeants lui opposent une vision autoritaire qui ne peut être acceptable que si un « ennemi » assez fort et assez diffus lui permet de le justifier. Cet ennemi, c’est la religion, l’Islam. Devenu par amalgames successifs islamisme puis terrorisme, cette religion est le truchement qui permet de rassembler dans un même terme tous les contestataires que l’on désire y mettre. Il permet d’introduire la civilisation dans les causes de l’état de délabrement du monde actuel, de diviser et d’opposer les peuples, de stigmatiser des boucs-émissaires, de faire accepter des mesures liberticides, d’installer la peur et la haine entre les hommes. En distinguant l’Islam des autres religions, les gouvernants occidentaux sont parvenus ainsi à établir les bases d’un nouveau régime sécuritaire fondé sur le repli sur soi, la fermeture des frontières, la peur de l’étranger, la suspicion et la haine.

La propagande qui s’est installée depuis le 11 septembre avec la prétendue volonté des musulmans (à travers ces amalgames) de détruire la « civilisation occidentale » a réussi à scinder le monde en deux entités ennemies, le « bien » contre le « mal », en confondant tour à tour la civilisation et la race, la culture et l’origine ethnique ou géographique, la religion et la politique. Elle a établi que même athée en France nous provenions tout de même d’une civilisation « judéo-chrétienne » (bien que nos ancêtres aient été pour la plupart païens), et qu’il fallait lutter contre celles des musulmans qui y serait opposée (ce qui est historiquement faux). Et elle a surtout permis le Patriot Act, Guantanamo, les invasions afghane et irakienne, prépare celles de l’Iran et la Syrie. Et ce que le 11 septembre a autorisé aux Etats-Unis, on veut nous le faire subir en France à l’occasion de drames comme celui de Toulouse. Car au-delà des élections présidentielles il y a le choc des civilisations. Pour quoi ?

Pour terroriser non pas les terroristes mais les peuples, pour bloquer et empêcher toute révolte, tout changement de système qui proviendrait de ceux qui commencent à comprendre qu’ils ont été bernés depuis trop longtemps, que le système est truqué et que le capitalisme ne favorise pas les meilleurs mais les plus forts… Cette terreur qui se propage provient en réalité des dirigeants occidentaux, qui ont profité des terroristes pour créer une tension, des conflits, de la peur et de la haine entre les peuples. Elle crée les conditions favorables à la mise en place effective d’une structure internationale et organisée du terrorisme, seul ennemi capable de justifier des attaques « préventives » et les sacrifices exigés en retour de ces mêmes peuples à qui on a fait peur, tout en leur permettant de créer une sorte de « nouvelle définition » du terrorisme susceptible d’englober n’importe quel opposant au système qui se met en place, qu’il soit musulman ou pas.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
URL de cet article 16272 http://www.legrandsoir.info/du-11-septembre-a-mohamed-merah-la-propagande-a-fait-son-oeuvre.html

CANADA : (QUEBEC) Grève étudiante : il y a de quoi être fier.... Non à la hausse ! Oui à la gratuité scolaire universelle !

....le peuple québécois devra choisir entre la servitude à l’ordre bourgeois anglo-saxon, ou la liberté....

Oui, il y a vraiment de quoi être fier, en regardant les jeunes étudiants québécois résister par dizaines de milliers aux dictats du gouvernement libéral en fin de parcours de Jean Charest, qui a fini, à force de se croire intouchable, par frapper une couche populaire qui refuse de se laisser marcher dessus ! Oui, il y a de quoi être tous vraiment fiers de nos étudiants, qui sont en train d’accomplir ce que personne au Québec n’avait jamais vraiment réussi à accomplir avant eux : faire plier le gouvernement libéral de Jean Charest et ses sbires !
Après la démonstration de force de plus de 200 000 québécoises et québécois (jusqu’à 250 000 selon certains), le gouvernement libéral est à court d’arguments pour essayer en vain de justifier l’injustifiable, alors c’est la répression qu’il a choisi pour répondre aux jeunes québécois porteurs d’espoir en un avenir meilleur. L’histoire s’en rappellera…
Les grimaces de mépris de la déshonorable ministre Line Beauchamps, qui nous démontre chaque jour qu’elle ne parle pas au nom du peuple, mais bien au nom de sa petite personne arrogante (même chose pour le reste du cabinet libéral), n’y changeront rien : plus le temps passe, plus le gouvernement est perdant dans ce conflit. Si la grève persiste encore un peu, disons un mois de plus, alors l’irresponsabilité du gouvernement libéral nous aura coûté plus cher que ce que nous aurions « économisé » avec la hausse, au prix de la perte majeure d’accessibilité aux études supérieures pour les classes les plus démunies de la société québécoise.
Les étudiants pleins aux as contre la grève et pour la hausse (ils s’en sacrent bien parce que papa et maman assurent toutes leurs dépenses scolaires supérieures, un privilège de l’aristocratie moderne), cette bande de perroquets sans envergure du gouvernement libéral, ont beau nous parler sans arrêt des prêts et bourses « bonifiés » (les statistiques démontrent que les refus pour les demandes de bourses ont doublé entre 2007 et 2010, sans parler des prêts qui ne sont rien d’autre que ça : des prêts de milliers de dollars devant être remboursés, donc payés plus tard) et de leur sacro-saint « droit individuel » libertarien égoïste, ils demeurent une minorité négligeable de libéraux, de libertariens et de gosses de riches égoïstes.
Leur dernier coup bas contre le mouvement étudiant a été porté à Alma, endroit symbolique puisque frappé par un conflit de travail important entre des travailleurs québécois et une multinationale étrangère, où un groupe d’étudiants profondément égoïstes et mauvais perdants sont allés jusqu’à obtenir une injonction contre la grève à leur collège (quelqu’un devrait dire à ce juge « sans jugeote » de la cour supérieure, que nous ne sommes pas en Colombie, au Chili ou au Honduras ici, mais bien au Québec, où les opposants à l’ordre capitaliste bourgeois sont encore supposés avoir des droits). Selon le bon sens logique, cette injonction a tout d’un bâillon (ou un SLAPP* diront les anglais) et n’a aucune légitimité démocratique. Si les étudiants d’Alma décident d’ignorer cette injonction aussi illégale que déshonorable, ils auront tout mon appui.
Le gouvernement libéral aime revenir encore et encore sur la prétendue « création de richesse » pour justifier ses politiques anti-peuple. Raymond Bachand a beurré cette expression néolibérale partout dans dernier budget, comme pour y appliquer un vernis superficiel de légitimité. Ce que ces mercenaires bourgeois ne peuvent comprendre, c’est que la plus grande richesse du monde, est celle incarnée par les générations futures et qu’en mettant ainsi des bâtons dans les roues des générations futures, comme les forcer à contracter des dettes vertigineuses pour pouvoir s’éduquer (l’éducation, une autre grande richesse de l’humanité), le gouvernement libéral fait ce qu’il sait le mieux faire : gaspiller la richesse collective québécoise.
Enfin, avec le printemps qui arrive, ce qui veut dire que nous sommes à moins d’un an des prochaines élections générales québécoises, le peuple québécois devra choisir entre la servitude à l’ordre bourgeois anglo-saxon, ou la liberté. Ce sera aussi simple que ça, nul besoin d’en rajouter…
Non à la hausse ! Oui à la gratuité scolaire universelle !
Gabriel Proulx, co-porte parole du PCQ
http://www.pcq.qc.ca/Dossiers/Modeles/index.html?id=Autres/A...