jeudi 29 mars 2012

LA DISTRIBUTION DE LA RICHESSE ET LE CAPITALISME..L’inégalité entre les classes ne peut être abolie qu’en se débarrassant pour de bon de la classe capitaliste et du système d’exploitation sur lequel est bâtie toute son obscène richesse.

...Il est urgent de tenter d’infléchir le déclin absolu des conditions du prolétariat et des opprimés. Le combat contre l’accroissement de cette inégalité obscène doit se poursuivre et s’intensifier....
 Le point central, c’est que l’inégalité dans la distribution découle du système de production en faveur du profit. Où, comme le disent les marxistes, les relations de distribution découlent des relations de production. C’est la propriété privée des moyens de production et les services qui déterminent la distribution de la richesse sociale. Aucune quantité de la redistribution de la richesse sous le capitalisme, via les dépenses du gouvernement, les accords syndicats ou toute autre méthode ne peut surmonter l’inégalité de classe qui découle du droit des capitalistes à posséder non seulement les moyens de production, mais aussi tout les produits issus de la production.

Le point central, c’est que l’inégalité dans la distribution découle du système de production en faveur du profit. Où, comme le disent les marxistes, les relations de distribution découlent des relations de production. C’est la propriété privée des moyens de production et les services qui déterminent la distribution de la richesse sociale. Aucune quantité de la redistribution de la richesse sous le capitalisme, via les dépenses du gouvernement, les accords syndicats ou toute autre méthode ne peut surmonter l’inégalité de classe qui découle du droit des capitalistes à posséder non seulement les moyens de production, mais aussi tout les produits issus de la production.
 
À ce propos, une analyse rédigée par Karl Marx en 1847 est très utile. Marx essayait de démystifier l’argument prétendant que le monde du travail et le capital ont un intérêt commun dans le développement du capitalisme. L’essai « Travail salarié et capital » a été rédigé en se basant sur des conférences adressées à des travailleurs allemands conscients de leur classe qui avaient commencé par s’organiser. Marx écrivait :
« Nous avons donc constaté : Même la situation la plus favorable pour la classe ouvrière, l'accroissement le plus rapide possible du capital, quelque amélioration qu'il apporte à la vie matérielle de l'ouvrier, ne supprime pas l'antagonisme entre ses intérêts et les intérêts du bourgeois, les intérêts du capitaliste. Profit et salaire sont, après comme avant, en raison inverse l'un de l'autre.
« Lorsque le capital s'accroît rapidement, le salaire peut augmenter, mais le profit du capital s'accroît incomparablement plus vite. La situation matérielle de l'ouvrier s'est améliorée, mais aux dépens de sa situation sociale. L'abîme social qui le sépare du capitaliste s'est élargi.
« Enfin : Dire que la condition la plus favorable pour le travail salarié est un accroissement aussi rapide que possible du capital productif signifie seulement ceci : plus la classe ouvrière augmente et accroît la puissance qui lui est hostile, la richesse étrangère qui la commande, plus seront favorables les circonstances dans lesquelles il lui sera permis de travailler à nouveau à l'augmentation de la richesse bourgeoise, au renforcement de la puissance du capital, contente qu'elle est de forger elle-même les chaînes dorées avec lesquelles la bourgeoisie la traîne à sa remorque. »
 
Un bonne partie de l’essai de Marx tend à montrer que, quelle que soit le condition relative des travailleurs sous le système de l’exploitation capitaliste – qu’ils soient mieux ou plus mal rémunérés – et même s’ils sont dans une bonne position pour négocier du fait que le patron a besoin d’eux afin de poursuivre l’expansion de la production, les travailleurs perdent constamment du terrain par rapport aux capitalistes, dont la richesse s’accroît immensément. Ainsi, l’accroissement systématique de l’inégalité entre les classes repose sur le système de l’exploitation même. En outre, la classe ouvrière, au mieux, en est réduite à jamais à tenter « de forger elle-même les chaînes dorées avec lesquelles la bourgeoisie la traîne à se remorque ».
Marx poursuit alors en montrant que la prétendue prospérité des travailleurs est un mensonge, parce que les patrons recourent à n’importe quelle méthode pour réduire les salaires, même dans les époques prétendument fastes.
Le capitalisme à l’âge de la révolution technologico-scientifique et de la mondialisation impérialiste a pris de l’expansion et a évolué à pas de géants depuis l’époque de Marx. Les classes ouvrières des pays impérialistes ont emprunté un cours descendant et leurs salaires chutent. Elles perdent du terrain non seulement en valeur relative mais aussi en valeur absolue.
 
Les travailleurs ne progressent plus d’un pouce dans leur niveau de vie, alors que les capitalistes courent de l’avant. Les salaires diminuent. Les conditions se détériorent sans cesse. Les patrons ont manigancé une compétition salariale à l’échelle mondiale entre les travailleurs des centres du capitalisme et les centaines de millions de travailleurs des pays à bas salaires. Les patrons ont recouru à la délocalisation, en même temps qu’à la technologie et à l’exploitation des travailleurs immigrés pour promouvoir cette compétition. L’armée de réserve mondiale des chômeurs compte aujourd’hui des centaines de millions de personnes. Les travailleurs sont sous pression dans chaque continent.
 
Aux États-Unis, les salaires n’ont cessé de diminuer depuis les années 1970. (Perry L. Weed, « Inequality, the Middle Class & the Fading American Dream » [L’inégalité, la classe moyenne et la lente disparition du rêve américain]) L’inégalité flagrante que nous voyons aujourd’hui provient de l’absolu déclin des salaires. La part du lion de la nouvelle richesse va aux financiers et aux propriétaires de sociétés sous forme de quantités croissantes de plus-value, c’est-à-dire sous forme d’argent.
 
Il est urgent de tenter d’infléchir le déclin absolu des conditions du prolétariat et des opprimés. Le combat contre l’accroissement de cette inégalité obscène doit se poursuivre et s’intensifier.
 
La richesse des sociétés crée une richesse personnelle extrême
 
Mais il est important de faire remarquer que l’inégalité obscène dans les revenus personnels a l’air bien pâle si on la compare à la richesse des sociétés qui est contrôlée, non pas par le 1 %, mais par une infime fraction de ce 1 %, celle qui siège dans les conseils de direction des banques et des gigantesques sociétés transnationales. C’est ce que Lénine appelait le capital financier – le petit groupe de sociétés qui contrôle les milliers de milliards de dollars de la richesse des sociétés ainsi que le plus gros de la production de la richesse mondiale.
 
Une étude récente montre que 147 sociétés dominent 40 pour 100 de la richesse des sociétés du monde entier. (« Financial world dominated by a few deep pockets » [ Le monde financier est dominé par quelques poches très profondes], ScienceNews, 24 septembre 2011). La propriété privée et le contrôle de l’immense richesse des sociétés et de la finance par les hautes sphères de la classe dirigeante, voilà ce qui se terre derrière la richesse personnelle démesurée distribuée aux PDG de Fortune 500 et aux nantis de la planète – les administrateurs, actionnaires et détenteurs d’obligations du capital et de la finance.
 
La question est donc : Allons-nous nous arrêter dans le combat afin de réduire l’inégalité sous le capitalisme, allons-nous nous battre pour contribuer à « forger nous-mêmes les chaînes dorées avec lesquelles le capital » traîne le monde du travail à sa remorque, où allons-nous mener le combat contre l’inégalité jusqu’à son ultime conclusion et lutter pour rompre complètement les chaînes de la domination de classe ? L’inégalité entre les classes ne peut être abolie qu’en se débarrassant pour de bon de la classe capitaliste et du système d’exploitation sur lequel est bâtie toute son obscène richesse.
 
Source originale : workers world
Traduit de l'anglais par Jean-Marie Flémale pour Investig'Action
Source: michelcollon.info

L’art de la guerre : Soudan du Sud : fiction et réalité (Il Manifesto)

Après la scène avec George Clooney aux manettes, tournée devant l’ambassade nord-soudanaise à Washington, c’est Hillary Clinton qui est venue sur le plateau, les larmes aux yeux, pour exprimer la profonde préoccupation des Etats-Unis sur la crise humanitaire et ses nombreuses victimes dans la partie méridionale du Soudan. Scènes touchantes de la fiction washingtonienne, destinée au plateau mondial. Toute autre la véritable histoire. Pendant des décennies les Etats-Unis et Israël ont soutenu les forces sécessionnistes du Sud Soudan jusqu’à ce que, en 2005, le Nord et le Sud aient signé un accord, considéré par l’administration Bush comme un véritable triomphe en politique extérieure. L’administration Obama en a récolté les fruits : le 9 juillet 2011 le Sud Soudan s’est autoproclamé indépendant. Un nouvel Etat est ainsi né, avec une superficie de plus de 600 mille Km2 (plus que la France, le double de l’Italie) et à peine 8-9 millions d’habitants. En se séparant du reste du pays, le Sud Soudan est entré en possession de 75% des réserves pétrolières soudanaises. C’est par contre le Nord qui possède l’oléoduc, à travers lequel le pétrole du Sud est transporté vers la Mer Rouge pour être exporté. D’où le contentieux entre les deux gouvernements sur la partition des revenus pétroliers, avivé par l’affrontement pour le contrôle de zones de frontières le long des plus de 1.500 Kms de confins, affrontement mené aussi à travers des groupes armés locaux. Dans tout cela, les Etats-Unis continuent à jouer un rôle clé. Le Sud Soudan est de plus en plus inséré dans le programme Imet (International Military Education and Training), géré par le Commandement Afrique avec des fonds du Département d’état : c’est là que sont formés chaque année 10mille « leaders militaires et civils » africains, qui suivent des cours dans 150 écoles militaires étasuniennes. Simultanément, sous la régie de Washington, on est en train de mettre au point le projet d’un nouveau corridor énergétique qui, formé d’un oléoduc, d’une autoroute et d’un ligne de chemin de fer, permettra de transporter le pétrole depuis le Sud Soudan jusqu’au port kenyan de Lamu. Les avantages pour Washington seront multiples. D’une part, en se débarrassant de l’oléoduc nord-soudanais, assèner un coup dur au pays, déjà affaibli par la perte des deux tiers des réserves pétrolifères, de façon à provoquer l’écroulement du gouvernement de Khartoum. D’autre part, marginaliser les compagnies chinoises qui, avec quelques compagnies indiennes et malaisiennes, extraient le pétrole soudanais : la majeur partie pourra ainsi être contrôlée par des compagnies étasuniennes et britanniques.
Et le Sud Soudan n’a pas que du pétrole, mais aussi de riches gisements d’or, argent, diamants, uranium, chrome, tungstène, quartz qui restent à exploiter ; et auxquels il faut ajouter environ 50 millions d’hectares de terres cultivables en utilisant l’abondante eau du Nil. Des affaires en or pour les multinationales, dont les intérêts sont assurés par le nouveau gouvernement de Juba dont la fiabilité est garantie non seulement par Washington mais aussi par Tel Aviv. Fait significatif : le Sud Soudan ouvrira son ambassade à Jérusalem, en la reconnaissant ainsi comme capitale, et Israël « formera » des milliers de réfugiés sud-soudanais avant de les rapatrier. Tandis que le gouvernement de Juba, parmi ses premiers actes, choisit l’anglais et non l’arabe comme langue officielle et demande à entrer dans le Commonwealth britannique. Aux ex vieilles colonies s’en ajoute une de type néocolonial.
Manlio Dinucci
Edition de mardi 27 mars 2012 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
URL de cet article 16215 http://www.legrandsoir.info/soudan-du-sud-fiction-et-realite-il-manifesto.html

La malhonnêteté d’Al Jazeera

Au nom de la liberté d’expression et du droit à l’information, les citoyens arabes se sont accommodés de la chaîne Al Jazeera, propriété de l’émir du Qatar. Son intrusion dans le paysage médiatique a permis d’avoir un regard autre sur le Monde arabe, et particulièrement sur les régimes dictatoriaux et rétrogrades qui le dirigent. On suivait avec attention les débats organisés avec les oppositions arabes et sur l’absence de démocratie dans cette région du monde. Al Jazeera a même réussi le tour de passe-passe de nous faire oublier que son patron est un émir obscurantiste, qu’elle est domiciliée dans un pays où la liberté est considérée comme une invention judéo-chrétienne impie, que le Qatar avec l’Arabie Saoudite et le sultanat de Brunei sont les seuls pays au monde où le sport est strictement interdit aux femmes. Nous n’avons pas oublié que son prêcheur vedette est un certain Al Qaradhaoui, qui a fait l’apologie du terrorisme islamiste en Algérie et qui continue à faire du mal aux peuples arabes, il distille des prêches venimeux.
Mais hier, la chaîne qatarie a dépassé les limites de la lâcheté et de la malhonnêteté. Elle a, en effet, annoncé sa décision de diffuser les horribles vidéos des tueries commises par le jeune Français Mohamed Merah à Toulouse. Mal lui en prit. Nicolas Sarkozy est intervenu en personne pour interdire à la chaîne, en la menaçant, la retransmission du document. Elle qui a toujours méprisé les remarques arabes sur son comportement partisan, se plie par contre devant les injonctions françaises. Son porte-parole ose même prétendre qu’elle agit ainsi «conformément à son code d’éthique». Et on apprend au détour de cette déclaration qu’elle s’est transformée en indic de la police française à laquelle elle a refilé des vidéos intitulées «Al Qaîda attaque la France».
La chaîne de l’émir de Qatar n’a eu aucun scrupule et aucune pudeur à diffuser des vidéos du GIA représentant des scènes de décapitation et de torture de jeunes Algériens par les terroristes islamistes du FIS. Elle n’a jamais pensé à respecter la douleur de la mère algérienne, poursuivant avec une froideur criminelle sa propagande pour l’islamisme. Elle vient de révéler ce qu’elle est : une officine mercenaire à la solde des puissants.
Tayeb Belghiche
El Watan

mercredi 28 mars 2012

Les empires d’hier et d’aujourd’hui - comme Rome et l’empire britannique, étaient exploiteurs. Ces empires réussirent parce que la valeur des ressources et des richesses tirée des territoires conquis excédait le coût de la conquête et de la gouvernance des terres conquises.

Les grands empires, comme Rome et l’empire britannique, étaient exploiteurs. Ces empires réussirent parce que la valeur des ressources et des richesses tirée des territoires conquis excédait le coût de la conquête et de la gouvernance des terres conquises. La raison pour laquelle Rome n’a pas étendu plus avant son empire à l’Est en Allemagne n’a rien eu à voir avec les prouesses militaires des Germains mais tout à voir avec le calcul fait par Rome que le coût de la conquête excéderait la valeur des ressources exploitables.

L’empire romain s’est effondré parce que les Romains épuisèrent leurs ressources humaines et naturelles dans des guerres civiles, se déchirant entr’eux pour la conquête du pouvoir. L’empire britannique a échoué parce que celui-ci s’est épuisé à combattre l’Allemagne dans deux guerres mondiales. Dans son livre “La règle des empires”, publié en 2010, Timoty H. Parsons remet en perspective le mythe de l’empire civilisateur avec la vérité de l’empire exploiteur. Il décrit le succès des Romains, du califat d’Umayyad, des Espagnols au Pérou, de Napoléon en Italie, des Britanniques en Inde et au Kenya, succès dû à l’extraction des ressources. Pour baisser le coût de gouverner le Kenya, les Britanniques ont développé une conscience tribale et inventé des coutumes tribales qui favorisaient la gouvernance britannique.

Parsons n’examine pas l’empire américain, mais dans son introduction au livre, il se demande si l’empire américain est vraiment un empire dans la mesure où les Américains ne semblent pas tirer profit de l’exploitation faite. Après huit ans de guerre et une tentative d’occupation de l’Irak tout ce que Washington a reçu pour ses efforts ne sont que quelques milliers de milliards de dollars de dette supplémentaire et pas de pétrole irakien. Après 10 ans et une lutte ayant également coûté plusieurs milliers de milliards de dollars contre les Talibans en Afghanistan, Washington n’a rien à montrer si ce n’est de manière possible, quelques parts dans le commerce de la drogue qui est utilisé pour financer les opérations secrètes de la CIA.

Les guerres de l’Amérique sont très coûteuses. Bush et Obama ont doublé la dette nationale et le peuple américain n’en a tiré absolument aucun bénéfice. Aucune richesse, aucun pain et aucun jeu n’abondent pour les Américains des guerres de Washington. Alors pourquoi ? de quoi s’agit-il ?

La réponse est que l’empire de Washington exploite les ressources du peuple américain lui-même pour le pur bénéfice des intérêts personnels de quelques groupes qui régissent les Etats-Unis. Le complexe militaro-industriel, Wall Street, l’agro-business et le lobby d’Israël utilisent le gouvernement pour pomper les ressources des Américains tout à leur profit et soif de pouvoir. La constitution des Etats-Unis a été pompée pour les intérêts de l’état policier et les revenus des citoyens ont été redirigés dans les poches du 1%. Voilà comment fonctionne l’empire américain.

Le nouvel empire est différent. Il existe sans avoir à conquérir. La force militaire américaine n’a pas conquis l’Irak et a été obligée de quitter le pays par un gouvernement fantoche que Washington avait elle-même installé. Il n’y a pas de victoire en Afghanistan et après une décennie de guerre, l’armée américaine ne contrôle toujours pas le pays.

Dans le nouvel empire, le succès des guerres n’est plus important. L’exploitation se produit par le fait d’être en guerre. Des sommes énormes d’argent des contribuables ont été siphonnées dans les industries de l’armement et une énorme partie du pouvoir absorbée par la Sécurité de la Patrie (NdT: Roberts fait ici référence au DHS, Department of Homeland Security, la Stasi, Securitate du pays du goulag levant). L’empire américain ne fonctionne qu’en privant, volant les citoyens de leur richesse et de leur liberté.

Voilà pourquoi la guerre ne peut pas prendre fin, ou si l’une s’arrête, une autre doit commencer. Rappelez-vous lorsqu’Obama est arrivé à la Maison Blanche et qu’on lui demanda ce qu’était la mission américaine en Afghanistan ? Il répondît alors qu’il ne savait pas en quoi elle consistait et qu’il fallait définir cette mission.

Obama n’a jamais défini cette mission. Il a renouvelé la guerre en Afghanistan sans jamais en établir le but. Obama ne peut pas dire aux Américains que le but de la guerre est de renforcer le pouvoir et les profits du complexe militaro-industriel aux dépends des citoyens américains.

Cette vérité ne veut pas dire que les objets de l’agression militaire américaine n’ont pas de prix. Un très grand nombre de musulmans ont été bombardés et assassinés, l’économie de leur pays et les infrastructures complètement détruites, mais pas afin de pomper leurs ressources.

Il est ironique de constater, que sous le nouvel empire, ses citoyens sont siphonnés de leur richesse et de leur liberté afin de détruire les vies des populations étrangères ciblées. Tout comme les musulmans bombardés et assassinés, les Américains sont les victimes de leur propre empire.

Article original en anglais : Empires Then and Now
Traduction par Résistance 71

Dr. Paul Craig Roberts économiste, il était l’assistant secrétaire au trésor de l’administration Reagan (secrétaire d’état aux finances chez nous), éditeur associé au Wall Street Journal, Senior Research Fellow de la Hoover Institution, Stanford University, il tînt la chaire William E. Simon Chair de Politique Economique, Center for Strategic and International Studies, Georgetown University.

Il est l’auteur et le co-auteur de neuf livres et a témoigné devant des commissions d’enquête du congrès américain en trente différentes occasions.

Paul Craig Roberts est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Paul Craig Roberts publiés par Mondialisation.ca

Fabrication de preuves pour attaquer l’Iran? Israël utilise une base permanente dans le Kurdistan irakien pour lancer des missions de renseignement transfrontalières afin de trouver des preuves tangibles que l’Iran fabrique une ogive nucléaire.

Un reportage publié le 25 mars dans le Sunday Times indique qu’« Israël utilise une base permanente dans le Kurdistan irakien pour lancer des missions de  renseignement transfrontalières afin de trouver des preuves tangibles que l’Iran fabrique une ogive nucléaire ». (Israeli spies scour Iran in nuclear hunt, The Sunday Times, 25 mars 2012.)


Des sources occidentales ont dit au Times qu’Israël surveillait « la radioactivité et la magnitude de tests d’explosifs [et que] des forces spéciales utilisaient des hélicoptères Black Hawk pour transporter des commandos déguisés en membres de l’armée iranienne et utilisant des véhicules militaires iraniens sur le terrain ». Les sources croient que les « Iraniens tentent de cacher des preuves révélant des tests d’ogive afin de préparer une possible visite de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] ». (Cité dans Report: Israeli soldiers scour Iran for nukes, Ynet, 25 mars 2012.)

Selon cet article, le nombre de missions du renseignement israélien à la base militaire de Parchin en Iran s’est accru dans les derniers mois. Durant cette période, Téhéran négociait avec l’AIEA, qui avait demandé de visiter Parchin. Selon le représentant permanent iranien de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, les deux parties s’étaient entendues au début de février pour que la visite ait lieu en mars. (Gareth Porter, Details of Talks with IAEA Belie Charge Iran Refused Cooperation, IPS, 21 mars 2012.)

L’AIEA a demandé de visiter Parchin à la fin janvier ainsi qu’à la fin février, après avoir accepté une visite en mars. L’Agence a donc demandé à voir le complexe militaire au moment même où Israël intensifiait ses opérations secrètes dont le but présumé est de chercher une preuve, un « pistolet fumant » (smoking gun).

Il y a quelques années, on a suggéré qu’Israël était la source de faux renseignements concernant le présumé programme nucléaire iranien, à savoir un ordinateur portable volé. Le New York Times a publié un reportage en 2005 sur ce qui devait représenter « la preuve la plus solide » indiquant que l’Iran fabriquait des armes nucléaires :

Des représentants du renseignement étasunien ont invité les chefs de l’agence internationale de l’inspection atomique (sic) sur le toit d’un gratte-ciel de Vienne dominant le Danube et ont révélé le contenu de ce qu’ils ont présenté comme étant un ordinateur portable iranien volé.

Ils ont déclaré que les documents représentaient la preuve la plus probante que l’Iran, bien qu’il insiste sur le caractère pacifique de son programme nucléaire, tentait de développer une ogive compacte adaptée à son missile Shahab, lequel peut atteindre Israël et d’autre pays du Moyen-Orient. (William J. Broad and David E. Sanger Relying on Computer, U.S. Seeks to Prove Iran's Nuclear Aims - New York Times, 13 novembre 2005.)

En 2010, une enquête journalistique a suggéré que ces documents étaient faux :

L’ogive représentée dans les schémas avait la forme familière de « bonnet d’âne » du missile nord-coréen No Dong original, acquis par l’Iran au milieu des années 1990 […]

Les documents du portable illustraient la réingénierie du mauvais corps de rentrée […]

Il se peut qu’il n’y ait jamais de preuves concluantes sur l’origine des documents du portable, toutefois les preuves accumulées indiquent qu’Israël en serait la source. Dès 1995, le chef  de la division de recherche et d’évaluation du renseignement militaire des Forces de défense israéliennes, Yaakov Amidror, a tenté sans succès de persuader ses homologues étasuniens que l’Iran prévoyait « se nucléariser ». Selon des sources israéliennes citées par un service de presse pro-israélien, à partir de 2003-2004, les rapports du Mossad sur le programme nucléaire iranien étaient perçus par les hauts représentants de la CIA comme une tentative de faire pression sur l’administration Bush afin qu’elle envisage une action militaire contre des sites nucléaires iraniens. (Gareth Porter, Exclusive Report: Evidence of Iran Nuclear Weapons Program May Be Fraudulent, Global Research, 18 novembre 2010.)

Le fait que des agents du renseignement israélien étaient en mission secrète à Parchin, déguisés en soldats iraniens et conduisant des véhicules militaires iraniens au moment où l’AIEA faisait pression sur Téhéran pour visiter ce lieu précis soulève de sérieuses questions. Le but affiché de ces missions secrètes est la recherche de preuves tangibles, d’un « pistolet fumant ». Les allégations de « pistolet fumant » relatives aux armes de destruction massive en Irak on démontré que de telles preuves peuvent être fabriquées et utilisées  pour lancer des guerres soi-disant préemptives.

Julie Lévesque

Julie Lévesque est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca

France : Que fera le Front de Gauche de la dynamique Mélenchon ? "PRENEZ LE POUVOIR !"

« Prenez le pouvoir ! »
Jean-Luc Mélenchon connaît une réelle dynamique dans sa campagne électorale. Mais que fera le Front de Gauche de celle-ci ? Ira-t-il au gouvernement ? Quelles revendications souhaite-t-il avancer ? Le débat est bien entendu relancé à la suite du succès de la manifestation du 18 mars à la Bastille.
Médias et instituts de sondage ne cessent de le souligner, la campagne du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, connaît un certain engouement. Le co-président du Parti de Gauche atteindrait désormais les 14 % dans les intentions de vote selon les dernières enquêtes d’opinion. Cet enthousiasme semble se vérifier par une affluence croissante dans ses meetings. Dimanche 18 mars, il rassemblait plusieurs dizaines de milliers de personnes entre Nation et Bastille (entre 100 et 120 000 personnes selon la direction de la Front de Gauche). La dynamique de Jean-Luc Mélenchon est le fruit d’un mécontentement social envers les politiques d’austérité, mais également du reflux social qu’a connu le pays à la suite de la défaite revendicative sur le mouvement des retraites, en raison de la politique des directions syndicales confédérales qui ont tout fait pour bloquer la progression vers la grève générale qui aurait permis de faire reculer Sarkozy. Cette dynamique électorale existante, qui exprime donc le déplacement sur le terrain électoral de la permanence de la crise sociale latente que vit l’Hexagone, est-elle cependant synonyme d’une réelle défense des intérêts de notre classe ? Que propose Mélenchon pour « changer les choses » ? Analysons les perspectives stratégiques de son orientation électorale.
Si cette dynamique est réelle, il est néanmoins nécessaire de l’apprécier à sa juste valeur. Les candidatures issues du PCF, de la mouvance trotskiste et du mouvement social représentaient 11,23% en 1988 ; 13,94 % en 1995 ; 13,81 % en 2002 et 9 % en 2007. La faiblesse du score de 2007 s’explique par l’impact de la pression pour le vote utile dans un électorat de gauche toujours traumatisé par le syndrome du 21 avril et l’enlisement de la campagne de Ségolène Royal dont la présence au second tour n’était pas assurée. Les sondages accordaient 11 à 12 % au total Besancenot + Arthaud + Mélenchon, jusqu’au retrait de la candidature du premier d’entre eux en mai 2011. L’essentiel de la « dynamique » Mélenchon repose donc sur l’absorption par le candidat du Front de Gauche de l’espace politique de l’extrême-gauche accompagné, semble-t-il d’une mobilisation de l’électorat traditionnel du PCF et des jeunes. Jean-Luc Mélenchon succède ainsi à Arlette Laguiller en 2002 et à Olivier Besancenot en 2007 dans le rôle du candidat le plus « populaire » à la gauche du PS. Le soutien de l’appareil du PCF lui permet d’atteindre des scores que la candidate historique de LO et le facteur de l’ex-LCR n’ont pas pu obtenir. Par ailleurs c’est évidemment regrettable que l’espace électoral à gauche du PS, qui auparavant a été occupé par des représentants de l’extrême gauche et extérieurs au jeu politique institutionnel tels qu’Arlette Laguiller ou Olivier Besancenot, le soit aujourd’hui par un ancien ministre PS ! Néanmoins, le vote pour Mélenchon est-il davantage l’adhésion à un discours politique que le vote pour l’extrême-gauche aux élections précédentes ? Seuls les événements politiques des prochains mois nous permettront de le déterminer. Il sera notamment question de la capacité des dirigeants du Front de Gauche de dépasser le cadre strictement électoral, en surmontant leurs contradictions internes pour aller vers une structure politique plus pérenne.
Intéressons-nous maintenant aux perspectives politiques de Jean-Luc Mélenchon. Quel débouché politique envisage-t-il de donner à cette embellie électorale ? Clémentine Autain, membre du Comité de campagne de Jean-Luc Mélenchon, nous donne un premier élément de réponse : « Ce n’est pas pareil d’être une force rassemblée : un bon score émietté entre 3 ou 4 partis ne pèse rien. Seul et rassemblé, on devient une force politique et un interlocuteur reconnu. » Un interlocuteur reconnu ? Auprès de qui ? S’il ne s’agit que d’être reconnu auprès de la base, une implication militante et une participation aux espaces médiatiques ouverts en temps de campagne électorale devrait suffire. Cette reconnaissance est-elle la même que celle que recherche Bernard Thibault pour s’asseoir à la table des négociations ? Le Front de Gauche aurait-il besoin d’être reconnu auprès d’un parti puissant pour ouvrir des négociations gouvernementales ?

Ambiguïtés gouvernementales

Ne tournons pas davantage autour de la question. Le parti puissant auprès duquel le Front de Gauche veut être « un interlocuteur reconnu », c’est le Parti Socialiste. Pourtant, Jean-Luc Mélenchon a précisé à maintes reprises dernièrement, de façon beaucoup plus explicite que par le passé, qu’il ne participerait pas à un autre gouvernement que celui qu’il dirigerait. Nos soupçons de ministérialisme seraient donc infondés ? D’autres déclarations sont plus ambigües. Ainsi, sur France 5, le 11 mars, invité de l’émission C Politique, interrogé sur une éventuelle participation à un gouvernement Hollande, le candidat du Front de Gauche répond : « Déjà, moi, je n’irai pas ». Cela signifierait-il que quelqu’un d’autre irait à sa place ? Un second qui cautionnerait la politique gouvernementale en laissant le panache de la pureté au leader ? Des représentants du PCF ?
Les propos de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au JDD montre que cette hypothèse est en cours de discussion : « C’est la qualité des projets qui déterminera cela. S’il y a une vraie rupture avec les politiques d’austérité, on examinera la question. ». Si François Hollande répète les propos qu’il a tenus au Bourget selon lequel l’adversaire est « le monde de la finance », le PCF irait-t-il au gouvernement en espérant très fort qu’il ne déclare pas exactement l’inverse quelques semaines plus tard à la City ?

Des ministres Front de Gauche dans le prochain gouvernement Hollande ?

Ces ambiguïtés ne sont pas propres au Parti Communiste. Eric Coquerel, membre du Bureau National du Parti de Gauche, la plus haute instance dirigeante du parti de Jean-Luc Mélenchon, a ainsi déclaré à propos de François Hollande : « Il ne peut pas s’adresser à la fois au MoDem et à toute la gauche. Ce sera Bayrou ou nous ». S’adresser à Bayrou ou « à nous » ? Pour quoi faire ? S’il s’agit uniquement de discussions, chacun peut converser avec qui bon lui semble. Ce type de déclarations, « Bayrou ou nous », avaient également été tenues par Jean-Luc Mélenchon à la veille des élections régionales. Le résultat avait été la fusion entre les deux tours des listes du Front de Gauche et du Parti Socialiste dans 10 régions. Si on ajoute, à celles-ci, les 6 régions dans lesquelles le PCF s’était présenté dès le 1er tour sur les listes du Parti Socialiste, le Front de Gauche participe aujourd’hui à 16 des 22 exécutifs régionaux de France métropolitaine. On a déjà vu mieux en termes « d’indépendance » par rapport aux « sociaux libéraux ». Aussi, si le Front de Gauche fait, avant les présidentielles, les mêmes déclarations qu’avant les élections régionales, qu’est-ce qui l’empêcherait de participer à l’exécutif national s’il participe déjà à des exécutifs régionaux ? Si le Front de Gauche n’a pas de complexes pour subventionner, depuis les Conseils Régionaux, des entreprises qui licencient, participer à la précarisation de la fonction publique territoriale, voter des budgets à la baisse pour l’éducation secondaire, etc., pourquoi aurait-il des complexes à cautionner les plans d’austérité d’un prochain gouvernement socialiste ?
Il est donc tout à fait envisageable que des seconds couteaux du Front de Gauche entrent dans un gouvernement Hollande par rapport auquel Jean-Luc Mélenchon resterait extérieur. L’ancien ministre de Lionel Jospin ayant déclaré qu’il ne participerait qu’au gouvernement qu’il dirigerait, des journalistes d’i>Télé lui ont évoqué, le 7 mars dernier, cette hypothèse : que serait un gouvernement Mélenchon ? « Nous aurons des alliés : qui voulez-vous que ce soit ? Il n’y en a pas cinquante : les écologistes, les socialistes », a répondu le candidat du Front de Gauche. Qu’il semble lointain, le temps où le tribun du Parlement Européen voulait en priorité rassembler « l’autre gauche » (NPA compris). Aujourd’hui, l’occupation du terrain électoral de l’extrême-gauche semble lui suffire. Ainsi, les propositions du Front de Gauche pourraient être appliquées par des dirigeants du PS. Comment Jean-Luc Mélenchon pourrait-il augmenter le SMIC à 1 700 € brut avec un ministre des Finances tel que Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande et ancien bras droit de Dominique Strauss-Kahn ? Comment Jean-Luc Mélenchon pourrait-il régulariser les travailleurs sans-papiers avec un Ministre de l’Intérieur tel que Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande ?

Trois scénarios pour une trahison

En cas de victoire de François Hollande, trois scénarios se posent à la direction du Front de Gauche. Le premier est celui de la Gauche Plurielle de 1997 à 2002, celui d’une intégration au gouvernement dès l’investiture de François Hollande. Ce scénario semble exclu pour l’heure. Le traumatisme du 21 avril 2002 et la relégation pour la première fois du candidat du PCF, Robert Hue à l’époque, en dessous de la barre des 5 %, derrière Arlette Laguiller et Olivier Besancenot rend cette idée inapplicable aux yeux des militants du Front de Gauche. Durant cinq ans, les ministres du PCF et Jean-Luc Mélenchon, alors ministre délégué à l’Enseignement professionnel, ont cautionné l’ensemble des privatisations menées par le gouvernement Jospin (France Télécom, Air France, les Autoroutes du Sud etc.), l’intervention militaire au Kosovo et en Afghanistan, les plans de licenciements à Danone, Marks&Spencer, Michelin…pour lesquels l’Etat « ne pouvait pas tout » comme le disait, à l’époque, Jospin. Les cheminots se retrouvaient confrontés à la politique de Jean-Claude Gayssot, ministre PCF des transports, qui séparait le réseau ferré (RFF) et le transport ferroviaire (SNCF), prélude à toute tentative de privatisation de ce secteur. Aujourd’hui, aucun groupe de travail PS/PCF ne se réunit pour préparer l’éventualité d’un accord gouvernemental.
Le second scénario est celui de la victoire de l’Union de la Gauche en 1981. A l’époque, le PCF avait attendu l’élection de ses députés pour rejoindre le gouvernement de Pierre Mauroy. C’est le scénario qui semble privilégié par la direction du PCF. Les cadres intermédiaires ou certains élus locaux plaident pour cette option. Pierre Laurent a d’ailleurs déclaré à Mediapart que « les majorités politiques se constituent au moment des législatives. C’est à ce moment-là qu’on tranchera, et pas avant. Comme en 1981 ». Le hic, c’est qu’après deux ans de « redistribution des richesses », le gouvernement Mauroy sera le premier à appliquer l’austérité néo-libérale en France. Nous en arrivons alors au troisième scénario, celui que le PCF avait appliqué en 1983 ou encore durant le Front Populaire en 1936, celui du soutien sans participation au gouvernement. Dans ce scénario, le Front de Gauche apporterait son soutien parlementaire au gouvernement Hollande, s’abstenant, si besoin est, dans l’Hémicycle (ce qui revient à voter pour) mais sans participer pour autant au gouvernement. Ce choix pourrait être pris si François Hollande s’obstine à ancrer sa campagne au centre et à ne rien vouloir négocier de son programme. De son côté, le Front de Gauche est prêt à conclure un accord de désistement en vue de constituer une majorité parlementaire. Les trois scénarios apportent chacun des nuances dans la politique à suivre mais ils se situent tous les trois dans le cadre d’une stratégie de pression sur le Parti Socialiste et son futur gouvernement et aucun ne s’engage sur la nécessaire opposition frontale que nous devrons mener aux politiques d’austérité du prochain gouvernement, qu’il s’assume de droite ou qu’il se prétende de gauche. C’est ce dont témoigne cette interview de Clémentine Autain, porte-parole du candidat du Front de Gauche où elle affirme : « Plus notre score sera élevé, plus nous pèserons en faveur de la victoire de la gauche et en faveur d’une politique de transformation sociale et écologique. François Hollande ne pourra pas continuer à nous mépriser et à regarder au centre si nous apparaissons dans les urnes comme une force de premier plan. Voter pour le Front de gauche, c’est la garantie que la gauche réussisse si elle accède aux responsabilités. […] La dynamique autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon produit déjà ses effets. Quand François Hollande s’en prend au monde de la finance au Bourget, ou quand il propose une taxe pour les hyper-riches, il vient sur nos terres. C’est heureux. Plus notre influence grandira, plus nous avons des chances de faire bouger le candidat socialiste. » [1]
Mélenchon et le Front de Gauche sont donc à l’opposée d’une alternative des travailleurs indépendante, ils se situent au contraire comme la patte gauche du gouvernement qui tentera de faire payer la crise aux travailleurs. En ce sens il n’est pas inutile de rappeler que dans ses débuts en politique, M. Mélenchon était un fervent défenseur de M. Mitterrand et qu’il continue à défendre jusqu’à nos jours l’héritage de ce gouvernement qui a tout simplement inauguré toutes les politiques libérales en France.

Le vieux visage du réformisme derrière un discours radical

Cette pratique ouvertement conciliatrice se conjugue avec une rhétorique très radicale. L’affiche de campagne est à ce titre très révélatrice. Le slogan « Prenez le pouvoir » semble des plus gauchistes. Les titres du blog de Mélenchon sont de la même teneur : le 11 mars, il titrait « L’insurrection, c’est maintenant » ; le 16, « Avant l’assaut ! ». Bigre ! Le candidat du Front de Gauche serait-il en train de préparer le renversement du capitalisme dans les jours à venir ? Un premier élan nous pousserait à dire : chiche, camarade, prenons le pouvoir, organisons-nous dans les entreprises et convainquons les travailleurs de la nécessaire insurrection pour renverser brutalement le capitalisme et exproprier le grand capital. Puis, le réveil sonne et nous nous rappelons que celui qui nous demande de « prendre le pouvoir » est seulement en train de nous appeler à voter pour lui à l’élection présidentielle à venir ; que « l’insurrection » à laquelle nous sommes invités n’est qu’un référendum pour la VIème République et que l’ « assaut » programmé n’est que l’organisation d’une majorité parlementaire avec le Parti Socialiste. Pourquoi dès lors utiliser un tel vocabulaire outrancier qui va nettement au-delà de revendications telles que l’interdiction de tous les licenciements collectifs ou l’augmentation de tous les revenus de 300 €, revendications pour lesquelles Jean-Luc Mélenchon refuse de se prononcer ? Le vocabulaire outrancier est la condition pour qu’un tel dinosaure de la politique institutionnelle puisse apparaître comme une alternative nouvelle et radicale et sert au bout du compte à canaliser la colère populaire, le mécontentement social vers un projet inoffensif pour les structures de l’économie de marché et dans le cadre du régime politique.
Inoffensif pour les classes dominantes, Jean-Luc Mélenchon tient à apparaître comme tel dans les journaux de la presse économique. Dans une interview donnée au journal Les Echos, datée du 16 mars, Mélenchon tenait à rassurer les capitalistes : « les investisseurs n’ont aucune raison d’avoir peur de mon programme ». Ainsi, la hausse du SMIC à 1700 euros net n’interviendrait qu’à la fin de son mandat. Pour Mélenchon, la question des augmentations de salaire d’ailleurs n’est pas conçue du point de vue de la lutte entre capital et travail pour renverser le rapport de force mais pour soi-disant relancer la consommation dans l’intérêt du patronat. Dans le même entretien, le candidat du Front de Gauche affirme que « son programme va relancer l’activité et redynamiser tout le tissu industriel » assurant que « les entreprises y trouvent leur compte ». Mélenchon ne remet pas en cause les lois dévastatrices de la concurrence capitaliste internationale.
Au-delà des effets rhétoriques radicaux, Jean-Luc Mélenchon se positionne comme un loyal serviteur de l’Etat. Ainsi, lors de son discours à la Bastille, le 18 mars, il n’a pas hésité une seconde à finir son discours par un vibrant « Vive la France ! ». La France, cette puissance impérialiste, le candidat du Front de Gauche en fait l’objet d’une passion patriote ravivant les plus bas instincts chauvins. Cette envolée lyrique de la place de la Bastille, où on voyait le drapeau rouge mêlé au drapeau tricolore, ne doit rien au hasard. Dans son manifeste, Qu’ils s’en aillent tous, Jean-Luc Mélenchon souhaite le rattachement de la Wallonie à la France [2] et se plaint que « la France a donné à l’Europe 5 milliards d’euros de plus qu’elle n’en a reçu » [3]. Il se félicite que son cher pays soit « la cinquième puissance du monde » [4] « la première population de l’Union dans quinze ans, premier territoire par l’étendue, deuxième PIB du Vieux Continent, puissance nucléaire » [5], une « patrie républicaine » [6]. Jean-Luc Mélenchon ne milite pas pour l’internationalisme des peuples et des travailleurs mais veut défendre le pays dans lequel il vit pour qu’il soit « le peuple le plus éduqué du monde » [7].
Ce chauvinisme forcené conduit le député européen du Front de Gauche a une posture ouvertement réactionnaire à l’égard des peuples colonisés ou ex-colonisés. Lorsqu’il parle « des pays de la façade maghrébine », comme de pays avec qui la France a « une histoire liée, des parentèles et l’usage commun d’une langue » [8] , il ne dit pas un mot des crimes commis par l’Empire français. Au meeting place de la Bastille, il n’a pas hésité à nommer comme « terres françaises », « la Polynésie, la Guyane, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie », oubliant par-là le droit à l’autodétermination des peuples. Le peuple de Nouvelle-Calédonie se prononcera entre 2014 et 2019 sur son indépendance ou son maintien au sein de la République française. Ne préjugeons pas de son résultat mais surtout ne nous faisons pas complices des siècles de massacres, d’humiliations et d’occupation commis par la France dans ce territoire. Faut-il voir le même manque d’internationalisme, lorsqu’il votait, au Parlement Européen, une résolution à propos de la Libye approuvant la zone d’exclusion aérienne et ouvrant ainsi la voie à la guerre que l’on sait ?
Aux trois scénarios de la collaboration plus ou moins proches avec le Parti Socialiste et à la stratégie de pression sur celui-ci, nous en opposons une autre, celle de l’opposition de classe franche et massive à tous les reculs que ne manqueront pas de tenter d’imposer le prochain gouvernement, quel qu’il soit. En privilégiant la voie institutionnelle, Jean-Luc Mélenchon demeure prisonnier de son jeu d’alliances avec le PS pour accéder à des postes divers (conseillers régionaux, députés, sénateurs, ministres..). Un gouvernement dans le cadre de l’économie capitaliste est le protecteur de l’ordre social. Y participer, c’est, à terme, cautionner les politiques de répression sociale et s’interdire de renverser l’ordre établi. Mélenchon reste un homme politique du système, à aucun moment il ne le remet en cause dans sa nature même d’exploitation et de domination.
21/03/12
Romain Lamel
Source : Courant Communiste Révolutionnaire du NPA

MAROC : Détenus politiques dans la prison Ain Kadous - à l’opinion publique nationale et internationale

...Nous saluons toutes les militantes et tous les militants des associations de droits de l’homme, de l’association des enchômagés des cadres supérieurs, du mouvement du 20 février, des militants au niveau national et international, qui se solidarisent avec nous et soutiennent notre bataille, la bataille des gens libres et nobles et des révolutionnaires, bataille en dernier recours du peuple marocain...
Détenus politiques dans la prison Ain Kadouss , Fès ,Maroc
Mohamed Ghaloud, Mohamed Zeghdidi, Mohamed Fetal, Ibrahim SAîdi.

le 28 février 2012
À l’opinion publique nationale et internationale,
Le régime au Maroc a échoué de briser les prisonniers politiques au Maroc en grève de la faim. Il a utilisé différentes méthodes y compris la transfusion et les injections et des promesses pompeuses. Notre bataille subit aussi des complots et des mesquineries. Notre combat victorieux a réussi à dévoiler et à faire connaître le dossier des prisonniers politiques au plan national et international. Les masses populaires ont adopté notre combat. Le régime et ses collabos se sont précipités et utilisent tous les moyens pour briser la grève. Celle ci a permis de démasquer la nature meurtrière du régime et ses étendards démagogiques : respect des droits de l’Homme, rupture avec le passé etc.
Nous , Mohamed Ghaloud, Mohamed Fetal, Mohaled Zeghdidi, Ibrahim Saîdi, détenus politiques dans la prison Ain kadouss à Fès, nous entamons la grève de la faim depuis le 23 février 2012.
Mohamed Ghelat, détenu politique dans la prison de Taza est en grève de la faim depuis le 23 janvier 2012.
Trois autres détenus politiques dans la prison locale à Errachidi ont rejoint le combat. Ils observent la grève de la faim depuis le 22 février 2012.
Ezedine Erroussi est en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011 dans la prison de Taza. Son état de santé est très détérioré. Il est au bord du martyre.
Dans ce contexte, le régime ne peut que manœuvrer pour sortir de son isolement et œuvrer pour briser notre combat et limiter ses conséquences.
Dimanche 26 février une caravane de solidarité s’est déplacée vers Taza. Au cours de cette manifestation de soutien, des agents de renseignement se sont déguisés en militants de droits de l’Homme et ils ont tenté d’intimider et d’influencer le papa d’Ezedine Erroussi. Ils lui tenaient des propos suivants : « quelques-uns exploitent ton fils et bénéficient de la grève de la faim, ils le poussent au sacrifice et à l’aventure de mourir. Ton fils met sa santé et sa vie en cause pour rien, lui qui n’a que quelques mois de détention à tenir. Ezedine doit réfléchir à ses intérêts personnels. Réveille-toi et assume ta responsabilité pour sauver ton fils… »
Beaucoup d’autres avaient des plans et ont tenu des discours de campagne contre la bataille du camarade Ezedine, contre la bataille des étudiants et contre les militants de la voie démocratique basiste.
Et pour éclairer l’opinion publique nationale et internationale, ainsi que les nobles militantes et militants, toutes et tous les camarades, nous les détenus politiques dans la prison Ain Kadouss à Fès, nous vous informons que :
Le 27 février 2012, à sa demande, nous étions en dialogue avec le procureur général. Il nous a sollicité de suspendre la grève de la faim pendant une semaine en attente d’une réponse à nos revendications. Le procureur nous a avancé des promesses, surtout il nous a promis notre libération au plus tard le mois de mai ou juin prochain ! Selon le procureur général, « des discussions à haut niveau ont eu lieu pour solutionner le dossier des prisonniers d’opinion…etc »
Bine évidemment on a rejeté la demande de suspendre la grève de la faim et nous avons réitéré notre demande de satisfaire nos revendications et celles des prisonniers politiques, en premier lieu la libération.
Quelques minutes avant les négociations avec le procureur général, le directeur de la prison Ain Kadouss et soi-disant « responsable de l’administration régionale des prisons » nous ont annoncé qu’ils détiennent des informations sures et que Ezedine Erroussi a arrêté la grève de la faim et de soif , il est de notre devoir et responsablité , selon eux, de ne pas rater l’occasion des négociations avec le procureur général pour arrêter la grève et mettre fin à nos souffrances !!
Autre point qui illustre l’ampleur du piège et du complot organisé contre nous, sans doute par le régime : Dimanche dernier, des gens suspects se sont rapprochés de la famille de notre camarade Ezedine Erroussi et ont propagé des contrevérités et des mensonges pour l’atteindre moralement et faire pression sur Ezedine. Lundi , juste avant notre rencontre avec le procureur, le directeur de la prison Ain Kadouss et le nommé « responsable régional » ont fait circuler la murmure de la fin de la grève de la faim à Taza.
Organiser cette rencontre en ce moment même et dans ces conditions n’est pas du au hasard.
Il s’agit bien d’un plan clair de traits qui est organisé contre la bataille des détenus politiques, contre les masses des étudiants en mouvement dans le bastion Dher EL Mehraz à Fès, victimes des violations et agressions des baltajis (collabos) du régime et contre les étudiants en grève à Taza victimes des interventions répressives des forces de l’ordre.
Contrairement à ces plans abjects des agents et des collabos sous enseigne de « droits de l’homme », nous déclarons qu’Ezedine Eroussi continue sa grève de faim et de soif. Nous même, le détenu politique Mohamed Ghelat et les camarades détenus dans la prison d’Errachidia, nous continuons également la grève de la faim. Nous disons aux comploteurs et aux traitres que notre bataille est forte et nos convictions sont solides. Le chemin du sacrifice et du martyre que nous empruntons en toute conscience est le fossoyeur de vos tombes. Notre bataille ne peut qu’évoluer et s’intensifier et vos masques tomberont.
Nous saluons toutes les militantes et tous les militants des associations de droits de l’homme, de l’association des enchômagés des cadres supérieurs, du mouvement du 20 février, des militants au niveau national et international, qui se solidarisent avec nous et soutiennent notre bataille, la bataille des gens libres et nobles et des révolutionnaires, bataille en dernier recours du peuple marocain. Nous accueillons toutes initiatives pour développer notre cause, la cause du peuple marocain. Nous confirmons notre attachement aux valeurs et principes de la lutte. Nous dévoilons et confrontons avec force toute tentative de surenchère, d’opportunisme, de compromission sur le dos des sacrifices des détenus politiques,leurs familles et des martyrs et des souffrances du peuple.
Nous saluons nos familles et à travers elles toutes les familles résistantes et combattantes des détenus politiques .
Nous saluons nos camarades de la voie démocratique basiste, les masses des étudiants et tous les détenus politiques
Nous saluons également tous les nobles militant(e )s au Maroc et au niveau international
Nous condamnons toutes les conspirations du régime en place et ses caudataires contre les détenus politiques, leurs familles , les masses des étudiants, la voie démocratique basiste, les masses populaires et leurs fidèles militants .
Liberté pour les détenus politiques
La bataille jusqu’à la victoire ou le martyre
Ni paix ni résignation … la lutte en avant.
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