mercredi 21 mars 2012

SOUDAN : Histoire de sang et de Pétrole

Le conflit qui dure au Soudan depuis des décennies a été généré et voulu, comme ailleurs en Afrique, par les puissances mondiales au XIX°s, qui se sont réparti le continent en délimitant leur sphère d’influence et en dessinant les frontières de chaque pays de façon à favoriser les conflits ethniques, tribaux, religieux et économiques. Si on ajoute à cela les potentats qui ont été mis en place ou tolérés par ces mêmes pays pour éviter les velléités d’indépendance et de démocratie des populations et qui ont perpétué les divisions et les privilèges d’une caste, on en arrive à ce qui se passe au Soudan actuellement, où les conflits et la guerre durent depuis des décennies. La sécession du Sud-Soudan, qui possède 80% du pétrole national, est une aubaine pour les Etats-Unis, qui voyaient d’un très mauvais œil que la Chine domine l’exploitation de la manne pétrolière dans le pays. Hélas, ce référendum, sous haute surveillance extérieure et présenté comme ouvrant la voie à la fin des conflits et à l’instauration de la démocratie, n’est encore qu’une des fourberies de la “communauté internationale” menée à grand train par les USA. Voir ce qu’en dit l’article : “Sudan A tale of blood and oil in Africa”, d’Anne Talbot, publié par WSWS le 11 janvier 2011.
Histoire de sang et de pétrole au Soudan Les reportages sur le référendum pour déterminer si les provinces du Sud-Soudan doivent faire sécession ont pris des accents de réjouissances, et, cela, même avant la fin du scrutin à la fin de la semaine. Et c’est le même ton qu’emploie le président Barack Obama dans une tribune libre parue dans le New York Times.

Ce « scrutin historique est la mise en application d’un processus d’autodétermination de longue date, déclare-t-t-il, une victoire aux élections sera un motif de réjouissances et un pas en avant vers le long cheminement de l’Afrique sur la voie de la démocratie et de la justice”.

Ces propos sont mensongers. Il y a lieu, certes, de se réjouir d’une sécession du Sud dans l’espoir qu’un trait sera tiré sur la guerre civile qui dure depuis des dizaines d’années entre le nord et le sud. Deux millions de personnes sont mortes au cours du conflit qui a commencé sitôt après la déclaration d’indépendance du pays en 1956 et s’est poursuivi jusqu’en 2005, les 21 dernières années ayant été les plus dévastatrices. Il y a près de 4 millions de déplacés. Des générations entières ont grandi dans des camps de réfugiés. Mais ce référendum n’a rien à voir avec l’autodétermination, la paix ou la démocratie. Il est dicté par la volonté des Etats-Unis de prendre le dessus stratégique sur la Chine, qui domine l’industrie pétrolière au Soudan, dont 80% de la production est située dans le sud. Leur objectif est de mettre en place un état fantoche qui servira de tremplin à la domination des Etats-Unis dans toute la région. La sécession du Sud et la création d’un nouvel état capitaliste ne fera que pérenniser le conflit religieux et ethnique avec pour résultat probable la reprise de la guerre. Déjà plus de 30 personnes auraient été tuées dans des conflits le long de la frontière envisagée entre le nord et le nouvel état du sud. Les Etats-Unis sont parfaitement conscients d’une telle éventualité. Washington arme et entraîne l’’Armée populaire de libération du Sud-Soudan (l’APLS, en anglais : Sudan People’s Liberation Army/Movement – SPLA) pour la préparer à une éventuelle attaque contre Khartoum dans le Nord, soutenue par les Etats-Unis. C’est la menace qui sous-tend les avertissements voilés qu’adresse Obama au gouvernement d’Omar el-Bashir :

“Si vous remplissez vos obligations, et choisissez la paix, il sera possible d’établir des relations normales avec les Etats-Unis, à savoir, par exemple, que nous mettrons fin aux sanctions économiques et nous envisagerons, conformément aux lois US, de rayer le Soudan des listes des états qui soutiennent le terrorisme. En revanche, ceux qui transgresseront leurs obligations internationales devront subir davantage de pressions et d’isolement”.

Les quelque cinquante états qui existent actuellement en Afrique et leurs frontières sont tous marqués du sceau des intrigues historiques des anciennes puissances coloniales. Ce sont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, etc., qui ont défini les frontières actuelles pour délimiter leurs sphères d’influence par rapport à leurs rivaux, et qui en ont dessiné les contours précisément pour inciter et exploiter les conflits ethniques dans le cadre d’une stratégie de division, de conquête et de domination. C’est l’héritage de la « ruée vers l’Afrique » du XIX°s qui a eu des conséquences qui se sont répercutées jusqu’à aujourd’hui. La création d’un état tel qu’il a été proposé au Sud-Soudan n’est pas moins ignoble en substance que celle de la République du Biafra pendant la guerre civile au Nigeria. Comme au Soudan, les frontières du Nigeria avaient été définies à partir des revendications rivales des puissances impérialistes. A la suite de la proclamation de l’indépendance en 1960, le pays avait été déchiré par des conflits entre les états féodaux musulmans semi-autonomes dans le nord quasi désertique et les royaumes chrétiens et animistes au sud et à l’est, où se situent les réserves de pétrole du pays. En 1967, le gouvernement militaire au pouvoir dans la région de l’est proclamait l’indépendance du Biafra— ce qui déclenchait une guerre où 1 million de civils étaient tués jusqu’à ce le Biafra soit réintégré au Nigeria. La Grande-Bretagne, l’ancienne puissance coloniale, qui n’avait pas reconnu la république du Biafra, était restée insensible aux malheurs du peuple Ibo car elle était soucieuse de protéger les intérêts de la Shell Oil, qui étaient tributaires des relations entre Londres et le Nigeria. Washington avait également soutenu le Nigeria. La France, le Portugal, Israël, la Rhodésie, l’Afrique du Sud et le Vatican soutenaient, eux, les séparatistes du Biafra. Il faut également se rappeler le terrible passé d’intrigues qu’a connu également le Soudan. A partir des années 1880, la Grande Bretagne voulait s’emparer du Soudan pour empêcher la France d’annexer une région qui avait la mainmise sur les sources du Nil. Le Soudan est devenu une colonie britannique en 1898 à la suite du massacre systématique de soldats africains. La partition nord-sud actuelle est l’héritage de la domination britannique. La Grande-Bretagne dressait les groupes tribaux, ethniques et religieux les uns contre les autres. Obama suit les traces des Britanniques en renforçant ces divisions. Les dépêches diplomatiques publiées par WikiLeaks expliquent la façon dont les US ont fait parvenir clandestinement des armes au sud du pays tout en parlant de paix en public. Selon les d’accords de paix signés en 2005, qui mettaient un terme à la guerre civile, les Etats-Unis ont le droit de fournir du matériel non létal et des séances d’entraînement à l’’Armée populaire de libération du Sud-Soudan. WikiLeaks confirme que la cargaison de tanks, de lance-grenades et de fusils anti-aériens saisie par des pirates somaliens dans le Golfe d’Aden en 2008 était bien destinée au sud- Soudan, et non pas au Kenya comme l’avaient prétendu les Etats-Unis à l’époque. Cette cargaison d’armes faisait partie de la volonté d’armer l’APLS pour préparer le référendum actuel et la sécession. La politique US en Afrique est motivée par son hostilité vis-à vis de l’essor de la Chine dans la région. WikiLeaks a publié des déclarations de Johnnie Carson, le Sous-Secrétaire aux Affaires africaines sur la présence de la Chine en Afrique, où il a identifié ce qu’il a appelé des “tripwires” qui déclencheraient une riposte militaire US :

“Ont-ils signé des accords de base militaire ? Entrainent-ils les armées ? Ont-ils mis en place des services secrets ? Une fois que ces domaines se seront développés, les Etats-Unis pourront commencer à s’inquiéter”.

Carson poursuit : “La Chine n’est pas en Afrique pour des motifs altruistes. La Chine est en Afrique essentiellement pour la Chine.” Il en va de même, bien entendu, pour l’Amérique, et ce sont les Etats-Unis, pas la Chine, qui cherchent à déclencher un conflit militaire et qui fournissent des armes aux gouvernements sur tout le continent africain. Robert Gates, le Secrétaire américain de la Défense, a récemment exprimé ses inquiétudes quant au potentiel militaire chinois. Avant de se rendre à Beijing, Gates avait annoncé que les Etats-Unis augmenteraient leur puissance militaire en réponse à l’investissement militaire croissant de la Chine. “Nous devons réagir en conséquence selon nos propres programmes”, avait-il dit, d’un ton menaçant. Les Etats-Unis lancent une course à l’armement sur le continent africain, qui, grâce au pétrole et aux ressources en minéraux, est prêt à devenir un des champs de bataille stratégiques dans la lutte qui est menée actuellement pour une nouvelle répartition du monde. Les populations du Soudan et de tout le continent africain sont prises en otage par les desseins cupides des grandes puissances et des élites locales qui leur servent d’intermédiaires. Ce qu’il faut absolument à l’heure actuelle, c’est que se développe un mouvement politique de masse de la classe ouvrière et paysanne en Afrique qui militerait pour une libération socialiste du continent, conjointement avec les classes ouvrières des Etats-Unis, de l’Asie et de l’Europe et de l’Amérique latine.

Ann Talbot

Médias sociaux ou anti-sociaux ? "Si nous voulons changer l’humanité et la vie, il faut mettre fin au système capitaliste" - Evo Morales, président de la Bolivie

....Les Palestiniens continuent d’être occupés par un état colonisateur d’apartheid financé par les aides massives des contribuables étasuniens mais aucun miracle de l’internet, tweet ou autre, ne permet à cette information d’atteindre personnellement les célébrités et les millions de gens qui n’ont pas de vie à eux et qui suivent les célébrités.....
On nous ressasse en boucle que l’économie repart —une fois de plus— et cette fois pendant une campagne présidentielle qui coûte des milliards de dollars. Mince alors ! Les menaces de nouvelles guerres à l’étranger n’ont aucun rapport avec la politique, ni les signes de dépression physique et mentale de notre armée et d’ailleurs rien de tout cela ne doit nous inquiéter puisque l’économie repart ! Une fois de plus ! Malheureusement cette logique marchande optimiste domine encore notre conscience, mais la pensée critique gagne de plus en plus de sujets de ce système. Même si c’est parfois très lentement, comme lorsque des personnes honnêtes et droites sont emportées dans des tsunamis émotionnels par un outil de manipulation appelé média social.
Il y a eu récemment un buzz sur Internet à propos des Enfants Invisibles* qui a provoqué une tragédie dans les esprits invisibles de beaucoup d’adultes. Les mêmes médias sociaux qui contribuent à l’évolution de ceux qui cherchent la démocratie permettent aussi à la minorité qui s’y oppose de maintenir un contrôle anti-social. Grâce à de nouveaux outils de manipulation, ils peuvent semer la confusion chez beaucoup de monde par des contacts apparemment individuels qui se nourrissent de la culture consumériste centrée sur elle-même et obsédée par elle-même. Les messages personnels envoyés à des personnes en les suppliant de les partager sans limite peuvent se révéler plus convaincants que les méthodes anciennes de diffusion médiatique de masse. Mais les textos, les tweets, les mails, tout en rapprochant les gens d’une manière que les utilisateurs de moyens électroniques ne comprennent pas encore bien, offrent beaucoup d’opportunités aux contrôleurs du système qui prennent ainsi de plus en plus de pouvoir sur la planète et tous ses habitants. Il n’a jamais été plus nécessaire d’écouter Morales.
Les campagnes actuelles en faveur de l’intervention en Syrie et de l’attaque contre l’Iran sont les symptômes du stress d’une économie globale qui enrichit furieusement une toute petite minorité tout en réduisant la vaste majorité à l’endettement, la guerre et la misère. La confusion populaire n’est pas seulement due aux grands groupes médiatiques mais aussi à l’arme de désinformation et d’endoctrinement de masse constituée par les nouveaux médias sociaux. Et que ce soit en Orient ou en Occident, les souffrances augmentent pour que quelques personnes puissent vivrent dans le grand luxe.
Les Palestiniens continuent d’être occupés par un état colonisateur d’apartheid financé par les l’aide massive des contribuables étasuniens mais aucun miracle de l’internet, tweet ou autre, ne permet à cette information d’atteindre personnellement les célébrités et les millions de gens qui n’ont pas de vie à eux et qui suivent les célébrités.
En attendant, la soi-disant renaissance de l’industrie automobile aux Etats-Unis est entièrement due à des aides publiques payées par les contribuables à des entreprises privées qui ont embauché de nombreux travailleurs mais à moitié prix des anciens travailleurs. A Tel Aviv, Detroit ou Wall Street, c’est une aubaine pour la minorité des investisseurs mais c’est une catastrophe pour la majorité. Voilà comment il faut voir toutes les soi-disant menaces étrangères et les soi-disant redressements des marchés boursiers : Ils profitent à très peu de personnes tout en causant de grandes pertes à la majorité et, ce faisant, ils compromettent de plus en plus l’avenir de tous.
Les élections étasuniennes offriront aux électeurs le choix habituel du moindre mal, ce qui leur garantit la continuation de leurs maux ; les politiques sociales nécessaires pour transformer la réalité ne feront pas partie de leurs programmes. La demande pour des banques publiques, un salaire maximum, un impôt sur la richesse, la sécurité sociale pour tous, beaucoup plus de dépenses sociales et beaucoup moins de dépenses militaires, continuera à venir de l’extérieur de ce qu’on appelle les deux courants dominants de la politique mais qui sont en fait les deux ailes d’une seul parti entrepreneurial qui représente la minorité qui détient le capital. La majorité, dont on comprend la colère, est divisée entre les mouvements du tea-party et de Occupy et des groupes identitaires, et il faudrait qu’elle élabore en commun un projet de démocratie qui réponde aux besoins de la population toute entière et pas seulement à ceux d’une cabale de milliardaires. Mais une évolution vers une telle démocratie peut se révéler impossible à des gens qui ont été élevés dans l’inégalité, l’élitisme et le mépris des autres et qui dans leur grande majorité ne croient pas en la démocratie et ne la pratiquent pas. Ils soutiennent le pouvoir basé sur les doctrines du "peuple élu" ou de la "race supérieure", d’une minorité qui essaie de dissimuler la réalité de la république pervertie et de la religion patriarcale du libre marché capitaliste sous des éléments de langage cosmétiques.
La domination de l’opinion publique diminue même si ce n’est pas assez vite pour garantir un issue positive. Mais dès que les gens ont repris le contrôle de leur vie, de leur communauté et de leur environnement, le progrès est beaucoup plus rapide que la destruction réactionnaire dont on a mis si longtemps à comprendre les causes. Mais il ne faut pas que ceux qui aspirent à la démocratie se laissent séduire par des doctrines sociales terriblement nocives qui engendrent les divisions, les oppositions, les luttes au profit de minorités nationales et aux dépens de l’immense majorité.
La maladie de l’économie politique capitaliste a conduit l’humanité à un point de non retour mais elle offre aussi l’accès à un monde meilleur pour tous et pas seulement pour quelques uns. Il faudrait mettre en place une vraie démocratie dans notre pays non pas en assassinant des étrangers mais en s’organisant et en s’unissant avec nos compatriotes. Cela demande plus de respect mutuel que celui auquel notre éducation anti-sociale nous a habitués, mais une fois que nous aurons compris que la liberté individuelle n’est possible qu’en communauté et non dans l’isolement nous y parviendrons sûrement.
D’abord il faut faire taire les bruits de guerre avant qu’ils ne nous mènent vraiment à la guerre et il faut contrecarrer le pouvoir de la minorité financière sur la planète. Cela ne sera pas la conséquence des élections de Novembre et cela ne se fera certainement pas si on permet l’utilisation des médias sociaux à des fins anti-sociales, mais il faut que cela arrive vite.
Frank Scott
Frank Scott est un commentateur politique qui écrit pour le Coastal Post et The Independent Monitor et collabore au blog Legalienate.
Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2012/03/social-or-anti-social-medi...
Traduction : Dominique Muselet pour LGS
URL de cet article 16127 http://www.legrandsoir.info/medias-sociaux-ou-anti-sociaux-dissident-voice.html

mardi 20 mars 2012

Israël bombarde Gaza... en attendant l’Iran  ?N’oublions pas, enfin, que «  la  » violence n’a jamais cessé pour les Gazaouis...



 Contrairement à ce que prétendent analystes et journalistes losqu’ils parlent d’«  escalade meurtrière  » dans la Bande de Gaza, il n’y a pas d’équivalence entre les roquettes palestiniennes et les bombes israéliennes.
Vendredi 9 mars, l’armée israélienne exécute dans un raid aérien Zuhair al-Qaisi, secrétaire général des Comités de résistance populaire, et son escorte militaire Mahmoud Al-Hannani. Les Comités, qui regroupent notamment des militants issus des branches armées des diverses factions palestiniennes, ripostent quelques heures plus tard en tirant plusieurs dizaines de roquettes. L’armée israélienne procède alors à des bombardements sur la Bande de Gaza, qui tuent en quelques jours 25 personnes et en blessent plusieurs dizaines d’autres. Un scénario bien rôdé.
Les «  analystes  » ont rapidement ressorti de leurs cartons les expressions toutes faites, et vides de sens, du type «  cycle de la violence  » ou «  escalade meurtrière  ». Ces formules passe-partout avaient tout juste eu le temps de prendre la poussière depuis qu’elles avaient été utilisées lors de la dernière campagne israélienne de bombardements sur Gaza en août dernier (quatorze morts, dont deux enfants). En parfaite harmonie avec ce mauvais concert, le «  quartette pour le Proche-Orient  » (États-Unis, Russie, UE, ONU) exprimait de son côté sa «  grave inquiétude à propos de l’escalade récente  » et lançait un «  appel au calme  ».
108 Palestiniens tués en 2011
Mais de quoi parle-t-on exactement  ? D’un double assassinat, perpétré hors de toute légalité internationale, qui vient s’ajouter à la longue liste des exécutions extra-­judiciaires organisées par Israël. Et qui ne pouvait manquer de susciter une réaction chez les Palestiniens de Gaza.
Aurait-on en effet déjà oublié les conditions dans lesquelles vivent les Gazaouis  ? Malgré le (très) relatif desserrement du blocus côté égyptien, l’immense majorité des habitantEs de Gaza vit dans des conditions déplorables. Plus de la moitié de la population active est au chômage, plus des deux tiers des Gazaouis vivent sous le seuil de pauvreté, et près des trois quarts sont dépendants de l’aide alimentaire internationale. Depuis plusieurs semaines, la seule centrale électrique de la Bande tourne au ralenti, faute de carburant, et les coupures de courant durent entre 16 et 18 heures par jour, tandis que les ressources en eau potable s’amenuisent.
Dans de telles circonstances, l’assassinat d’un dirigeant de la résistance armée ne pouvait être sans conséquence. Quoi que l’on pense de l’efficacité des roquettes, on peut comprendre que les Comités de résistance populaire n’allaient pas rester sans réagir. C’était d’ailleurs, selon plusieurs journaux israéliens, le pari des autorités, qui estimaient avant l’exécution qu’elle entraînerait le tir d’une centaines de roquettes dans les 24 heures. Fallacieux prétexte, côté israélien, pour multiplier les exécutions et, côté international, pour tirer un trait d’égalité entre «  violences  » palestiniennes et «  violences  » israéliennes.
Est-il besoin de souligner l’inanité de cette équivalence, qui assimile des tirs venus de groupes armés depuis une zone assiégée et des bombardements perpétrés par l’armée régulière d’un État colonial  ? Est-il besoin de rappeler en outre que les tirs de roquettes ont tué trois personnes côté israélien depuis le 1er janvier 2009, tandis que les bombardements réguliers sur Gaza ont fait 108 morts pour la seule année 2011  ? N’oublions pas, enfin, que «  la  » violence n’a jamais cessé pour les Gazaouis, et ne cessera pas tant qu’ils ne seront pas libres, hors de la menace de l’armée israélienne, et que l’ensemble de leurs droits, y compris le droit au retour des réfugiés, ne seront pas satisfaits.
Israël prépare l’attaque de l’Iran
Derrière les faux prétextes se cache en réalité un tout autre dessein côté israélien. Il s’agit tout d’abord de pousser le Hamas à la «  faute  », alors qu’il acquiert une légitimité de plus en plus grande au niveau international («  réconciliation  » avec le Fatah, tournée des dirigeants du Hamas dans les pays arabes, etc.). Mais le Hamas n’a pas riposté militairement. Il s’agit également de poursuivre la campagne visant à légitimer de futurs bombardements sur l’Iran, en démontrant qu’Israël est «  en danger  », quitte à tricher avec la réalité et à sacrifier la vie de plusieurs dizaines d’êtres humains pour les besoins de la démonstration. Un cynisme et une morgue qui, s’ils ne sont guère surprenants, n’en sont pas pour autant moins inquiétants.
Julien Salingue
* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 140 (15/03/12).
Contrairement à ce que prétendent analystes et journalistes losqu’ils parlent d’«  escalade meurtrière  » dans la Bande de Gaza, il n’y a pas d’équivalence entre les roquettes palestiniennes et les bombes israéliennes.

Vendredi 9 mars, l’armée israélienne exécute dans un raid aérien Zuhair al-Qaisi, secrétaire général des Comités de résistance populaire, et son escorte militaire Mahmoud Al-Hannani. Les Comités, qui regroupent notamment des militants issus des branches armées des diverses factions palestiniennes, ripostent quelques heures plus tard en tirant plusieurs dizaines de roquettes. L’armée israélienne procède alors à des bombardements sur la Bande de Gaza, qui tuent en quelques jours 25 personnes et en blessent plusieurs dizaines d’autres. Un scénario bien rôdé.
Les «  analystes  » ont rapidement ressorti de leurs cartons les expressions toutes faites, et vides de sens, du type «  cycle de la violence  » ou «  escalade meurtrière  ». Ces formules passe-partout avaient tout juste eu le temps de prendre la poussière depuis qu’elles avaient été utilisées lors de la dernière campagne israélienne de bombardements sur Gaza en août dernier (quatorze morts, dont deux enfants). En parfaite harmonie avec ce mauvais concert, le «  quartette pour le Proche-Orient  » (États-Unis, Russie, UE, ONU) exprimait de son côté sa «  grave inquiétude à propos de l’escalade récente  » et lançait un «  appel au calme  ».
108 Palestiniens tués en 2011
Mais de quoi parle-t-on exactement  ? D’un double assassinat, perpétré hors de toute légalité internationale, qui vient s’ajouter à la longue liste des exécutions extra-­judiciaires organisées par Israël. Et qui ne pouvait manquer de susciter une réaction chez les Palestiniens de Gaza.
Aurait-on en effet déjà oublié les conditions dans lesquelles vivent les Gazaouis  ? Malgré le (très) relatif desserrement du blocus côté égyptien, l’immense majorité des habitantEs de Gaza vit dans des conditions déplorables. Plus de la moitié de la population active est au chômage, plus des deux tiers des Gazaouis vivent sous le seuil de pauvreté, et près des trois quarts sont dépendants de l’aide alimentaire internationale. Depuis plusieurs semaines, la seule centrale électrique de la Bande tourne au ralenti, faute de carburant, et les coupures de courant durent entre 16 et 18 heures par jour, tandis que les ressources en eau potable s’amenuisent.
Dans de telles circonstances, l’assassinat d’un dirigeant de la résistance armée ne pouvait être sans conséquence. Quoi que l’on pense de l’efficacité des roquettes, on peut comprendre que les Comités de résistance populaire n’allaient pas rester sans réagir. C’était d’ailleurs, selon plusieurs journaux israéliens, le pari des autorités, qui estimaient avant l’exécution qu’elle entraînerait le tir d’une centaines de roquettes dans les 24 heures. Fallacieux prétexte, côté israélien, pour multiplier les exécutions et, côté international, pour tirer un trait d’égalité entre «  violences  » palestiniennes et «  violences  » israéliennes.
Est-il besoin de souligner l’inanité de cette équivalence, qui assimile des tirs venus de groupes armés depuis une zone assiégée et des bombardements perpétrés par l’armée régulière d’un État colonial  ? Est-il besoin de rappeler en outre que les tirs de roquettes ont tué trois personnes côté israélien depuis le 1er janvier 2009, tandis que les bombardements réguliers sur Gaza ont fait 108 morts pour la seule année 2011  ? N’oublions pas, enfin, que «  la  » violence n’a jamais cessé pour les Gazaouis, et ne cessera pas tant qu’ils ne seront pas libres, hors de la menace de l’armée israélienne, et que l’ensemble de leurs droits, y compris le droit au retour des réfugiés, ne seront pas satisfaits.
Israël prépare l’attaque de l’Iran
Derrière les faux prétextes se cache en réalité un tout autre dessein côté israélien. Il s’agit tout d’abord de pousser le Hamas à la «  faute  », alors qu’il acquiert une légitimité de plus en plus grande au niveau international («  réconciliation  » avec le Fatah, tournée des dirigeants du Hamas dans les pays arabes, etc.). Mais le Hamas n’a pas riposté militairement. Il s’agit également de poursuivre la campagne visant à légitimer de futurs bombardements sur l’Iran, en démontrant qu’Israël est «  en danger  », quitte à tricher avec la réalité et à sacrifier la vie de plusieurs dizaines d’êtres humains pour les besoins de la démonstration. Un cynisme et une morgue qui, s’ils ne sont guère surprenants, n’en sont pas pour autant moins inquiétants.
Julien Salingue
* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 140 (15/03/12).

lundi 19 mars 2012

SYRIE : Amnesty International demande à la Russie d’autoriser les Etats-Unis et l’OTAN à commencer la ruine et le pillage de la Syrie

….Le monde a été clairement berné par les Nations Unies, le tribunal pénal international, le gouvernement des Etats-Unis, les gouvernements britanniques et français et bien sûr par l’OTAN dans sa mission de “responsabilité à protéger”. Autoriser le renouvellement de ces actes criminels qui ont ravagés la Libye serait inconcevable. C’est pourtant exactement ce que demande Amnesty International à la Fédération de Russie...

Alors que la Libye se fractionne en factions antagonistes et que des escadrons de la mort racistes et génocidaires chassent les “indésirables” à travers la nation, que des régions entières du pays se détachent comme des émirats de la terreur semi autonomes, qu’un patron d’institut pétrolier financé par BP, Shell et Total est installé comme premier ministre, chacun peut vérifier aujourd’hui que les dizaines de milliers de morts occasionnées par la campagne sponsorisée par les Etats-Unis et menée par l’OTAN dans cette nation souveraine d’Afrique du Nord est un échec total. A savoir, si la préservation de vies innocentes en étaient bien le but.

Quoi qu’il en soit, si le but était de fractionner la nation en micro états inefficaces et belligérants tout en installant un gouvernement fantoche à Tripoli afin d’autoriser les contrats donnés aux entreprises occidentales pour le pillage en règle de la richesse nationale, alors ce fut un succès retentissant.

Le monde a été clairement berné par les Nations Unies, le tribunal pénal international, le gouvernement des Etats-Unis, les gouvernements britanniques et français et bien sûr par l’OTAN dans sa mission de “responsabilité à protéger”. Autoriser le renouvellement de ces actes criminels qui ont ravagés la Libye serait inconcevable. C’est pourtant exactement ce que demande Amnesty International à la Fédération de Russie.

Avec une demande intitulée: “Russie, plus d’excuses, agissez contre le bain de sang en Syrie”, Amnesty tente de manière perverse, de retourner les violences et les troubles clairement fomentés par l’occident en Syrie, comme étant quelque part le résultat du refus de la Russie de capituler devant la perspective d’une autre intervention de l’OTAN. Une intervention, qui soit dit en passant, est certaine de créer encore plus de violence, de divisions ethniques et de bains de sang en Syrie, en même temps que le pillage par les entreprises occidentales avides de remplir le vide laissé quand l’establishment nationaliste syrien sera éliminé comme il le fut en Libye.

Le rapport d’Amnesty cite les statistiques de mortalité fabriquées par l’ONU et qui ne sont exclusivement basées que sur les rapports de l’opposition syrienne, avant de critiquer le positionnement des troupes syriennes et de son équipement autour de la ville de Homs, qui est reconnu depuis récemment comme la bases d’opérations de militants lourdement armés. Amnesty demande ensuite de manière rhétorique: “combien de victimes devront –elles souffrir avant que la Russie ne prenne une attitude décisive envers les crimes contre l’humanité commis en Syrie ?” On pourrait tout aussi bien répondre par cette question: combien de victimes doivent encore souffrir avant que le monde ne prenne l’attitude nécessaire contre Wall Street et la City de Londres dans leur carnage global perpétré de la Libye à la Syrie, en passant par l’Iran, l’Irak et les montagnes et villages d’Afghanistan ?

Amnesty conclut son ultimatum en demandant que la Russie arrête de vendre des armes à la Syrie, et ce alors même que les gouvernements occidentaux, par le biais de l’OTAN et ses clients des états arabes continuent eux à suppléer de manière constante des armes, des fonds et même des combattants étrangers au mouvement d’opposition syrien.

Amnesty est financée et gérée par le ministère des affaires étrangèrs américain et le gros business

D’aucun pourrait se demander pourquoi Amnesty International travaille clairement en contradiction avec son propre objectif de mission qui est de “protéger les personnes à qui on refuse la justice, la liberté, la vérité et la dignité où que ce soit”. Notre premier indice vient de qui en ce moment est le patron de l’association: Suzanne Nossel en est sa directrice exécutive.

Nossel a terminé une pige comme secrétaire assistante des organisations internationales auprès du ministère des affaires étrangères états-unien, avant d’avoir été nommée à la tête D’Amnesty International. Elle fut également vice-présidente des opérations stratégiques pour le Wall Street Journal et fut une consultante médiatique pour McKinsey & Co (membre fondateur corporatiste du Council on Foreign Relations – CFR -). La manipulation de l’opinion publique est une de ses spécialités, une qui est certainement pleinement utilisée en ce qui concerne la Syrie.



Nossel alors au ministère des affaires étrangères, parle du “printemps arabe” créé par les Etats-Unis et le rôle des Etats-Unis dans le soutien des groupes d’opposition. Elle parle au National Iranian American Council et elle cite spécifiquement la Brookings Institution pour bâtir le cas sur les abus des droits de l’Homme en Iran. On peut se demander si Nossel ne s’est pas négligemment inspirée de rapport de la Brookings “Which path to Persia”, qui conspire ouvertement pour renverser le régime iranien en soutenant une “révolution colorée”, en armant des groupes terroristes dûment répertoriés (tout comme les Etats-Unis le font maintenant en Syrie), et provoquer l’Iran dans une guerre dont elle ne veut absolument pas. Nossel continue de manière évidente son travail de déstabilisation de nations souveraines en utilisant comme levier la cause des droits de l’Homme au sein d’Amnesty International.

Comment Amnesty International peut-elle être considérée comme impartiale alors qu’elle est gérée par une femme qui représente clairement les intérêts américains, à la fois gouvernementaux et au travers de l’establishment industrio-financier, est quelque chose de complètement sidérant.

Le pire est qu’Amnesty International est également financièrement soutenue par le gouvernement et le monde des affaires international. Amnesty International reçoit des fonds du spéculateur de Wall Street George Soros et de son Open Society Institute ainsi que du département pour le développement international britannique, la commission européenne et d’autres fondations financées par la grosse industrie (page 8).

Amnesty International est compromise par un conflit d’intérêt conséquent qui voit son organisation être financée de manière disproportionnée et gérée par des représentants de Wall Street et de Londres. Il est très clair que non seulement Amnesty International est une organisation compromise, mais ils utilisent sans scrupule également comme levier, la noble cause des droits de l’Homme afin de perpétrer un agenda politique qui les sert, ce qui dans le cas de la Syrie veut dire, changement de régime en faveur de créer dans le pays un état client de l’occident.

Les troubles en Syrie sont soutenus en sous-main par les Etats-Unis et sont planifiés de longue date

La Syrie a été programmée pour un changement de régime depuis au moins 1991. En 2002, le secrétaire aux affaires étrangères John Bolton ajouta la Syrie à “l’axe du mal”. Il sera révélé plus tard que les menaces de Bolton contre la Syrie se concrétisèrent par un soutien et un financement des groupes d’opposition à l’intérieur de la Syrie et ce au cours des gouvernements d’à la fois Bush et Obama.

Dans un artice de CNN d’Avril 2011, le porte-parole du ministère des affaires étrangères Mark Toner déclara: “Nous n’essayons pas de miner le gouvernement de la Syrie. Ce que nous essayons de faire en Syrie, au travers de notre soutien à la société civile, est de construire le genre d’institutions démocratiques, que franchement nous essayons de construire dans bien des pays dans le monde. Ce qui est différent, je pense, dans cette situation est que le gouvernement syrien perçoit ce type d’assistance comme une menace sur son contrôle du peuple syrien.”

Les remarques de Toner arrivèrent juste après que le Washington Post ne fuite des câbles indiquant que les Etats-Unis avaient financé des groupes de l’opposition syrienne depuis au moins 2005 et qu’ils continuaient aujourd’hui.

Dans un rapport de l’AFP d’Avril 2011, Michael Posner, le secrétaire d’état auprès du ministère des droits de l’homme et du travail déclara que “le gouvernement des Etats-Unis a budgétisé 50 millions de dollars les deux dernières années pour développer des technologies nouvelles pour aider les activistes à se protéger contre les arrestations et les poursuites des gouvernements autoritaires.”

Le rapport en vint à expliquer que les “Etats-Unis organisent des sessions d’entraînement pour 5 000 activistes dans différentes parties du monde. Une session qui s’était tenue au Moyen-Orient six semaines auparavant avaient réuni des activistes de Tunisie, de Syrie, d’Egypte et du Liban, qui retournèrent dans leur pays avec pour objectif d’entraîner leurs collègues sur place”. Posner ajouta: “Ils s’en retournèrent et il y eut des ondes de choc en retour”. Cette “onde de choc” fut bien sûr le “printemps arabe” et dans le cas de la Syrie, l’origine des troubles coûtant menaçant de déstabiliser la nation et d’inviter à une intervention étrangère.”

Plus récemment, des révélations montrant que les militants syriens sont en fait armés, entraînés, financés et même rejoints sur les champs de bataille par le groupe islamique armé de Libye, une organisation listée comme terroriste par le ministère des affaires étrangères états-unien, ne fait que souligner d’autant plus la nécessité du gouvernement syrien du président Assad de tenter de restaurer l’ordre à tout prix. Le journal britannique le “Telegraph” rapportait en Novembre 2011 que le leader du groupe armé islamique libyen, Abdul Belhaj, avait rencontré les leaders de l’Armée Syrienne Libre sur la frontière turco syrienne. Il fut rapporté que Belhaj promettait des armes et de l’argent (qu’il reçoit tous deux de l’OTAN), ainsi que d’envoyer des combattants libyens pour entraîner et se battre aux côtés des militants syriens.

Le Réseau Voltaire confirmait les rôles de Belhaj et de son groupe islamique libyen non seulement à assister les militants syriens mais en fait les menant dans la déstabilisation en règle de la Syrie par l’OTAN.

A en juger par les dix ans de guerre globale dans laquelle les Etats-Unis sont engagés au nom de “combattre les terroristes”, on peut légitimement se demander pourquoi les Etats-Unis et Amnesty International protestent et non pas applaudissent les tentatives de la Russie de renforcer la position d’Assad contre les tentatives de déstabilisation de son pays par des terroristes d’origine étrangère comme cela est vérifié. Une fois de plus, comme en Libye, il apparaît que le monde est trompé par ce qui est de manière grandissante un cirque géopolitique compromis, forcené et illégitime centré autour de la City de Londres et de Wall Street.

Amnesty parle pour Wall Street et Londres et non pas pour les droits de l’Homme.

Qui va signer la pétition d’Amnesty pour soutenir leur demande envers la Russie ? Sera-ce le même groupe de personnes qui se laisse impressionner et berner dans l’escroquerie qui implose maintenant de “Kony 2012” ? De manière ironique, Amnesty International est sur le bateau qui coule depuis un moment, avec cette pétition adressée au président Obama intitulée “Mettons fin à l’utilisation des enfants soldats”, qui déclare dans une de ses parties: “Je commande le gouvernement des Etats-Unis d’assister les efforts pour l’arrestation de Joseph Kony….”

Amnesty a pris en compte la propagande de guerre de l’ONG Invisible Children, ne donnant pas seulement une excuse à AFRICOM (US Army Africa Central Command) pour établir une présence en Ouganda, mais d’avertir que tous les groupes armés “dans la région” peuvent être utilisés pour justifier une expansion d’AFRICOM sur le continent africain.

Il n’y a aucune raison pour laquelle la Russie devrait tenir compte des mots d’Amnesty International, qui a simplement remis au goût du jour les demandes et désirs de financiers et industriels de Wall Street et de la City de Londres, sous le déguisement de mauvais aloi de “préoccupations humanitaires”.

Article original en anglais : Amnesty International's Ultimatum to Russia US State Department-run Amnesty International demands Russia allow US & NATO to commence the ruination and plundering of Syria. Publié le 16 mars 2012.

Traduction par Résistance 71

Tony Cartalucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Tony Cartalucci publiés par Mondialisation.ca





19 Mars 1962 - 19 Mars 2012 : Il y a 50 ans,les accords d'Evian - La victoire de tout un peuple

......En somme, les accords d’Evian  c’est surtout  la réalisation des objectifs du FLN inscrits dans la Déclaration du Premier Novembre et la victoire de tout un peuple épris de liberté......
Les Accords d’Evian, le fruit de longues négociations difficiles et laborieuses, ont sonné le glas du colonialisme et mis fin à 132 ans d’occupation française en Algérie. Le 18 mars 1962  à 17 heures 30 minutes, le document de 93 pages paraphées une par une est signé pour le côté algérien par le défunt Krim Belkacem, ministre de l’Intérieur du GPRA, et Louis Joxe, chargé des Affaires algériennes, Robert Buron, ministre des Travaux Publics et des  Transports, et Jean de Broglie, secrétaire d’Etat chargé du Sahara pour la partie française.

En revenant 50 ans en arrière, on peut se poser cette question, mais que pouvait-il se passer dans l’esprit des signataires d’un côté comme de l’autre au moment d’apposer leur signature ? Que pouvait dire  en son for intérieur Krim, ce chef historique que l’on surnommait le lion des Djebels ? Dans  quel état d’esprit se trouvait-il, lui deux fois condamné à mort par des tribunaux français, le voilà en face de ministres de la  France, cette puissance coloniale réduite à négocier autour d’une même table avec  ceux qu’elle n’a cessé de traiter de fellagas.

Krim Belkacem devait avoir un sentiment de fierté de voir qu’il parle d’égal à égal avec celui qui pas plus tard que la veille était un ennemi… très intime. Krim devait savoir qu’on ne négocie pas avec les faibles. Seuls les forts ont leur mot à dire. A Evian, lui et tous les membres de la délégation avaient leur mot à dire. Ils savaient  que la France avait perdu la guerre et voulait une sortie honorable. En menant les négociations,  Krim savait qu’il était  porteur de l’espoir de tout un peuple.

Un espoir nommé Indépendance et pour lequel 1 million et demi de chouhada sont tombés au champ d’honneur. En ce moment même, les signataires français devaient se dire qu’en paraphant au bas du 93e feuillet du document ils allaient signer la fin d’un rêve qui a duré 132 ans. Ils savaient que cette signature signifiait  la souveraineté totale de l’Etat algérien sur toutes les richesses minières du sol et du sous-sol et que la Sahara ne sera jamais un territoire français.

En ce dimanche 18 mars 1962, c’était l’aboutissement de l’échec total et consommé de la politique française d’intégration ou d’assimilation du peuple algérien. Et un terme a été mis à huit années de guerre en Algérie par la reconnaissance au peuple algérien à son droit à l’indépendance et la définition de nouveaux rapports entre Alger et Paris. En somme, les accords d’Evian  c’est surtout  la réalisation des objectifs du FLN inscrits dans la Déclaration du Premier Novembre et la victoire de tout un peuple épris de liberté.

Nora Chergui   
  
El Moudjahid

dimanche 18 mars 2012

“Il n’y a plus de journalisme indépendant” : D’un ex journaliste d’Al Jazeera


Les chaînes de télévision se sont transformées en partis politiques, poussant l’agenda de forces extérieures, a dit à RT l’ancien correspondant de la chaîne Al Jazeera à Beyrouth, Ali Hashem. Hashem s’est vu être mis sous les feux de la rampe après avoir démissionné de la chaîne de télévision citant sa partialité dans la couverture de l’information.
Dans des courriers électroniques fuités par des hackers syriens, Ali Hashem laissait passer sa colère contre la couverture unidimensionnelle d’Al Jazeera sur la Syrie et son refus de couvrir les évènements de Bahreïn. Dans une interview exclusive avec RT, l’ancien corespondant à Beyrouth Hashem n’a pas voulu en dire plus sur sa démission, mais a insisté sur le fait que de nos jours, l’idée que les médias sont indépendants est un mythe.
“Il n’y a plus de médias indépendants. Tout est fait pour l‘agenda de ceux qui paient, financent le média”, a t’il dit. “La politisation des médias veut dire qu’aujourd’hui, ceux-ci sont des partis politiques. Tout le monde prend partie, se bat pour son point de vue et utilise tous les outils et moyens possibles à leur disposition afin que leur vue touche le plus grand nombre possible.”
C’est maintenant le travail de ceux qui s’informent de comparer les informations de plusieurs sources différentes et de tirer leurs conclusions eux-même, pense le journaliste. “Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’information open source – source libre – et tout le monde peut obtenir l’information qu’il désire.”
Hashem a dit que le problème de cet état de fait est que certains médias peuvent atteindre une audience bien supérieure à d’autres et “ce qu’ils disent pourra sembler être factuel alors que çà ne l’est pas.” A t’il dit.
Les médias de masse devraient être “immunisés”, impartiaux lorsqu’il s’agit de conflit, cela garantit alors la liberté de parole et d’expression, pense Ali Hashem.
“En 2006, Israël a bombardé la chaîne de télévision Al-Manar parce qu’ils disaient que celle-ci diffusait de la propagande contre Israël”, dit-il. “Al-Manar était d’un côté de la guerre et ils supportaient le Hezbollah, la résistance et la guerre contre Israël. Mais ceci donne t’il à Israël l’excuse de les bombarder ? Certainement pas.”
“En tant que journalistes, nous devrions, et ce quelque soit notre point de vue (parce qu’il est clair qu’il n’y a plus de journalisme indépendant), avoir le droit de dire ce que nous voulons en toute sécurité, sans avoir à être menacés de bombardement, ou tués, exécutés ou arrêtés”, a conclu Hashem.
Al Jazeera a subi récemment un exode du personnel clef de son bureau de Beyrouth: le correspondant Ali Hashem, le directeur de gestion Hassan Shaaban et le producteur Mousa Ahmad.
Tous ces professionnels ont mentionné la partialité dans la couverture de l’information sur le printemps arabe de la part de la chaîne, spécifiquement en ce qui concerne les évènements de Syrie et du Bahreïn, comme étant la cause de leur départ.
url de l’article original (avec vidéo de l’interview du journaliste en anglais):http://rt.com/news/hashem-al-jazeera-resignation-523/

Traduction de l'article par Résistance 71.

Principes de la propagande de guerre...Irak (1990), Kosovo (1999), Afghanistan (2001), Irak (2003), Libye (2011)….

Depuis la fin de l’Union soviétique, les interventions militaires de l’Occident se multiplient : Irak (1990), Kosovo (1999), Afghanistan (2001), Irak (2003), Libye (2011). [1]

Après chacune de ces guerres, il est apparu que les motifs invoqués pour les justifier étaient le plus souvent mensongers.
Ainsi, dans le cas de la Libye, la zone d’exclusion aérienne censée « protéger les civils » s’est métamorphosée en un bombardement de villes comme Tripoli ou Syrte où des centaines de civils ont trouvé la mort.
Or, nous devons faire un constat déroutant : la reconnaissance après coup de ces mensonges ne sert en rien de leçon.
Il suffit que télévisions et journaux se lancent dans une campagne d'opinion tout aussi mensongère à propos d’un nouveau pays que l’Occident cherche à déstabiliser pour que, dans sa majorité, la population adhère à la version des faits qui lui est proposée (ou plutôt imposée car, avec les grands médias, nous ne bénéficions pas du pluralisme de l’information).
Anne Morelli a écrit un excellent ouvrage [2] où elle dévoile certains principes de la propagande de guerre régulièrement mis en pratique. Quatre d’entre eux sont particulièrement représentatifs des guerres actuelles :
1 - LE DIRIGEANT DU PAYS AGRESSE EST UN MONSTRE SANGUINAIRE, UN
« NOUVEL HITLER »
2 - NOUS DEFENDONS UNE CAUSE NOBLE (LA DEMOCRATIE, LES DROITS DE L'HOMME, etc.)
Nicolas Sarkozy, Voeux aux Armées, 3 janvier 2012 :
« En Afghanistan, nos soldats combattent quotidiennement et payent un lourd tribut pour les valeurs universelles que la France défend. Au service de la liberté et de la démocratie, ils protègent les populations civiles et luttent contre le fanatisme religieux ».
3 - L’ENNEMI COMMET DES ATROCITES, NOUS, SEULEMENT DES « BAVURES »L'affaire des couveuses au Koweït :
En 1990, une jeune fille bouleversée témoigne devant le Congrès américain du meurtre de bébés koweïtiens par les soldats de Saddam Hussein. Ce témoignage renforcera le soutien de l'opinion publique à la première guerre contre l'Irak (1990-1991). En réalité, la jeune fille est la fille de l'ambassadeur koweïtien à Washington qui joue un numéro appris par coeur. Le meurtre des bébés était une invention.

4 - L’ENNEMI UTILISE DES ARMES INTERDITES
La fiole d'anthrax de Colin Powell :
Le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Colin Powell présente des informations « sûres et fiables » justifiant d'après lui une attaque sur l'Irak.
Pour appuyer ses affirmations sur la présence d'armes de destruction massive dans ce pays, durant plus d'une minute, il agite une petite fiole supposée contenir de l'antrax, un poison hyper actif. La fiole contient en réalité une inoffensive et banale substance blanche composée de silicone. C'était un coup médiatique.

Une fois le pays envahi et largement détruit, les Américains n'ont jamais pu produire les armes de destruction massive dont ils avaient garanti la présence.
Une revue italienne a caractérisé ces procédés de propagande d’« utilisation stratégique du faux » qui consiste à discréditer l’adversaire le temps d’atteindre les objectifs militaires visés.
On peut aussi appliquer à ces procédés la phrase qu'Adolf Hitler aimait répéter à ses proches durant la dernière guerre mondiale : « Personne ne nous demandera des comptes quand nous aurons vaincu ».
[1] Grâce à la fermeté de la Russie et de la Chine, il semblerait que la Syrie ait échappé à un scénario « à la libyenne ». Dans le même temps, les menaces  d’un bombardement des installations nucléaires de l’Iran s’accumulent.
[2] Anne Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre, Ed. Aden, 2010. Docteure en histoire, Anna Morelli est directrice adjointe du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité de l'Université libre de Bruxelles (ULB), université où elle enseigne également la critique historique, les contacts de culture, l'histoire des religions et la didactique de l'histoire.
Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr