samedi 17 mars 2012

SYRIE - UNE DECLARATION DE GUERRE CONTRE LA SYRIE !

Communiqué du Parti Communiste Syrien (Unifié):
.....Vous, combattant d'une supposée armée, vous devez garder en tête que vous n'êtes rien d'autre que l'essence et le bois utilisés pour mettre un feu qui sert une fin qui vous dépasse. Ceux qui ont des doléances devraient tenter de les résoudre par l'action politique. Vous devez comprendre que ceux qui vous attisent, qu'ils soient Arabes ou étrangers, ne roulent pas pour la liberté et la démocratie du peuple Syrien.
Ils veulent en réalité plonger la Syrie dans un état de guerre civile et ethnique, et la diviser pour servir les besoins et les exigences avant tout d’Israël et des États impérialistes qui le soutiennent....
Les appels enflammés à une intervention étrangère contre la Syrie, certes pas nouveaux, ont quelque peu changé, au vu du stade atteint par la lutte contre les groupes armés et les puissances impérialistes qui les soutiennent pour faire s'écrouler l’État Syrien, considéré comme le seul obstacle restant en mesure de faire échec aux plans visant à imposer leur hégémonie sur le Moyen-Orient, enjeu tant par sa position stratégique que par ses ressources.
Puisque les efforts pour condamner la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU ont échoué, grâce aux amis Chinois et Russes entre autres, ils en ont entamé d'autres pour préparer le lancement d'une offensive militaire de l'OTAN contre la Syrie, semblables à celles qui ont ravagé la Yougoslavie, l'Irak ou la Libye. Les plans prévus ont été suspendus non pour des raisons morales ou humanitaires, mais parce que les agresseurs ont reçu des signaux très clairs qu'ils ne seraient pas en mesure de supporter le coût d'une offensive contre la Syrie, offensive menée par l'Occident en général, et par la Turquie, les émirats du Golfe et Israël en particulier.
Ces efforts durent depuis plus d'une année, ils ont été constants, acharnés et inlassables, accompagnés d'un élargissement du spectre des actions criminelles, fournissant en secret à des groupes criminels et terroristes des sommes colossales, ainsi que de l'équipement et des mercenaires en Syrie même et à l'étranger.  
Toutes leurs tentatives ont échoué. Leurs instigateurs n'ont jusqu'à présent pas atteint leurs objectifs. Ils ne sont parvenus qu'à toucher les citoyens Syriens, à s'en prendre à leurs médicaments, à leur nourriture et à leurs réserves d'essence, tout en semant le chaos aux quatre coins du pays. Il leur était donc nécessaire d'avoir recours à une nouvelle méthode qui épargnerait à ces puissances le risque d'un intervention militaire directe, ce en comptant sur des appareils locaux qui, pensaient-ils, seraient capable d'accomplir exactement la même mission.
La soi-disant « Conférence des amis de la Syrie » tenue en Syrie, le 17 février 2012, est un nouveau point de départ des machinations visant la Syrie. Des voix ont appelé haut et fort à armer l'armée libre, dans les coulisses, les appareils militaires des pays de la coalition se sont réunis pour formuler les plans d'action nécessaires, et ont mis leur nouvelle méthode en pratique, particulièrement après que les États du Golfe ont décidé d'aligner l'argent nécessaire à la disposition de cette « armée » qui n'est en fait ni une armée ni libre, en particulier après que les fractures à la base ne cessent de s'agrandir après l'annonce d'un nouveau plan visant à répartir les fonds alloués, bien que cette pseudo-armée et ces groupes terroristes armés n'aient jamais cessé de recevoir une aide financière, matérielle et humaine des États participant à cette coalition infernale.
Quelle légitimité internationale justifierait la provocation contre la sécurité et l'intégrité territoriales d'autres États, se targuant de fournir à l'opposition dans ces États des armes et du matériel, les poussant à tuer des gens, à piller les propriétés privés comme publiques, à tuer, assassiner, kidnapper, piller, bloquer les autoroutes, et à se rebeller contre l’État et ses lois ?
Ses majestés, les princes du Golfe trouvent que c'est une « excellente idée » !
Cessez de soutenir vos agents maléfiques contre la Syrie. Vous ne pouvez plus vous en servir. Ces méthodes sont connues depuis longtemps, il y a plus de 50 ans de cela, lorsque la Syrie a mobilisé ses forces le long de la frontière Syrienne et lorsque les États-Unis ont fomenté des machinations contre la Syrie. Tout au long de cette année, ils ont mis ces plans en pratique, en vain, alors cessez de faire couler le sang Syrien et de violer la souveraineté de la Syrie.
Vous, combattant d'une supposée armée, vous devez garder en tête que vous n'êtes rien d'autre que l'essence et le bois utilisés pour mettre un feu qui sert une fin qui vous dépasse. Ceux qui ont des doléances devraient tenter de les résoudre par l'action politique. Vous devez comprendre que ceux qui vous attisent, qu'ils soient Arabes ou étrangers, ne roulent pas pour la liberté et la démocratie du peuple Syrien.
Ils veulent en réalité plonger la Syrie dans un état de guerre civile et ethnique, et la diviser pour servir les besoins et les exigences avant tout d’Israël et des États impérialistes qui le soutiennent.
Nous, en Syrie, croyons tous qu'il est nécessaire de mettre en œuvre des réformes politiques, économiques et sociales et de ne pas laisser impunis les excès commis par les forces de l'ordre. Nous croyons également profondément à l'ouverture d'une nouvelle page dans l'histoire de la Syrie, une page de réconciliation nationale, afin de parvenir à une paix civile réunissant tous les courants du spectre politique, de refuser l'esprit de vengeance, la voie pour y parvenir reste celle du dialogue avec tous les groupes et toutes les forces, qu'ils soient dans l'opposition ou non.
Notre démarche vise à parvenir à une solution à la crise qui touche notre pays. Pourtant, tout en nous battant pour la réforme et le renouveau, nous sommes aussi prêts à nous opposer à toute agression contre notre pays et pour la liberté de notre peuple.
La nouvelle constitution a ouvert une nouvelle fenêtre d'opportunités, pleine d'espoir, pour tous les Syriens afin de défendre leurs libertés démocratiques, de participer main dans la main à cette cause. La Syrie est en train de devenir une société démocratique pluraliste, capable d'intégrer quiconque, sans armes et sans la moindre intervention étrangère.
Nous devons, tous ensemble, profiter de cette occasion rare et historique et unir nos efforts pour appliquer les articles de la construction dans la lettre et dans l'esprit. Tous les citoyens Syriens ont un intérêt à participer à cette démarche.
 
Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

FRANCE - Au nom des ouvriers. Quelle représentation politique des classes populaires ?

Dans le cadre de cette campagne électorale, les références publiques aux « ouvriers » et, plus largement aux « classes populaires » ou encore au « monde du travail » se multiplient. Invisible en temps ordinaire, le monde ouvrier retrouve soudainement une existence médiatique sous le double impact d’une actualité sociale faîte de fermetures d’usines et de stratégies de mobilisation électorale. Cette situation est inédite car la campagne précédente avait plutôt braqué les projecteurs sur les « quartiers populaires ». Plus que les usines, c’était la banlieue qui symbolisait en 2007 la prise en compte de la « question sociale » par les candidats. En 2012, la crise de l’emploi industriel et les luttes ouvrières ont mis les usines au cœur du débat électoral. Résultat, la chasse aux voix ouvrières donne lieu à des confrontations politiques virulentes et les visites d’usine deviennent un passage obligé pour des candidats. La lutte électorale autour de ce groupe est d’autant plus rude que les ouvriers se caractérisent désormais surtout par leur absentéisme électoral et constituent donc pour les partis une réserve de nouveaux électeurs à fidéliser.
            Ce retour sur la scène publique de la figure de l’ouvrier intervient pourtant dans une période où le discours dominant, à la fois sociologique et politique, a travaillé à enterrer depuis les années 1980 ce monde social, perçu comme le vestige d’un passé industriel. « Société post-industrielle » et « classes moyennes » sont autant de notions écrans qui voilent les divisions de classe dans la société et l’assignation d’un nombre important d’individus à des tâches productives répétitives et ingrates. En effet, selon le dernier recensement INSEE de 2008, les ouvriers forment encore près du quart de la population active et un homme sur trois ayant un emploi est ouvrier. Surtout, ces ouvriers partagent de plus en plus les mêmes conditions d’existence et de travail qu’un autre groupe social en essor, celui des employés, qui est en fait surtout constitué de femmes affectées elles-aussi à des métiers d’exécution mais dans le commerce ou les administrations. Une femme sur deux ayant en emploi est une employée. L’ensemble de ces salariés de l’industrie ou des services, qui subissent des contraintes quotidiennes dans leur vie familiale et professionnelle forment le vaste ensemble des « classes populaires », qui représentent 55 % de la population active.

Nombreux mais invisibles

             Du fait même de cette position sociale subalterne, les ouvriers sont largement absents des représentations publiques dominantes, produites par des journalistes, universitaires, hommes politiques, experts, artistes, qui sont éloignés de ces milieux sociaux. Ils en sont éloignés du fait de leur propriétés sociales (origines familiales, profession exercée, niveau de diplôme) et aussi parce qu’ils ne les fréquentent pas. Les ouvriers sont même devenus invisibles à leurs propres yeux car tout un ensemble de dispositif de gestion de la main-d’œuvre a contribué ces trente dernières années au déclin de la conscience de classe qui caractérisait auparavant ce groupe. Devenus « opérateurs » dans des entreprises où le mot ouvrier disparait des classements, mis en concurrence avec des collègues d’atelier qui peuvent avoir des statuts (intérimaires ou stables) et des rémunérations (prime et salaire individualisés) différents, divisés dans des petites unités où les syndicats peuvent difficilement s’implanter, on peut comprendre que la solidarité ouvrière et la conscience d’appartenance au même groupe se soit émoussée ces dernières années.
Un sociologue du monde ouvrier devrait donc se réjouir du retour, même ponctuel, le temps d’une campagne électorale, des ouvriers sur le devant de la scène médiatique. Mais cette représentation publique révèle en réalité une profonde domination sociale et culturelle du groupe ouvrier : dans l’espace public, les ouvriers sont parlés mais, eux, ils ne parlent guère. Les figures ouvrières sont mobilisées par des dirigeants politiques issus en très grande majorité de la bourgeoisie et des grandes écoles, qui s’efforcent d’être à l’écoute de mondes sociaux qu’ils ne côtoient pas. Leur rapport au monde ouvrier passe par les rapports d’experts issus des mêmes écoles qu’eux ou par des visites d’usine très médiatisées. La scène politique s’est rétractée autour des classes dominantes, et les conditions du jeu politique font que les ouvriers sont en quelques sortes dépossédés des moyens de représenter et défendre leurs intérêts sociaux. On touche ici une question centrale de la sociologie politique, celle des porte-paroles en démocratie : comment évaluer la légitimité de ceux qui parlent au nom des ouvriers ? Et l’une des principales évolutions récentes, avec en particulier le déclin du PCF, est que l’identité sociale de celui qui prétend défendre les ouvriers et dit connaître leurs aspirations profondes devient secondaire, voir même illégitime à aborder. Le voile jeté sur l’origine familiale et la position sociale de celui qui se fait le porte-parole des ouvriers conforte alors le pouvoir politique des élites.
On parle des ouvriers et de leurs aspirations. D’accord. Mais qui parlent d’eux et au nom de quoi proclament-ils les représenter ? En pointant les inégalités sociales de représentation politique, la sociologie soulève alors un enjeu politique : pourquoi  les ouvriers sont-ils sollicités dans le cadre d’une lutte électorale pour l’accession au pouvoir ? Est-ce simplement pour qu’ils votent et arbitrent ainsi la lutte des différentes fractions des classes dominantes pour l’accession au pouvoir étatique ? Ou est-ce une participation au jeu politique visant à leur faire acquérir des positions de pouvoir et tenter ainsi de changer leur place dans la division du travail social et politique ? La confrontation électorale relève bien du pouvoir et donc, pour reprendre une notion passée de mode, de la lutte des classes. Dominés socialement, les ouvriers le sont aussi politiquement. L’un des enjeux de leur participation aux combats électoraux n’est-il pas dès lors la remise en cause de leur exclusion de la scène politique ?
La situation de dépolitisation est telle aujourd’hui parmi dans les milieux populaires que la mobilisation électorale tend à devenir elle-même sa propre fin. Voter, c’est en quelque sorte s’intégrer à la société : les sondeurs ou politologues seraient rassurés si les ouvriers boudaient moins les urnes. Mais il faut tout de même souligner les aspects conservateurs de la participation au jeu électoral qui peut aussi contribuer à faire accepter l’ordre social, à conforter la place sociale et politique de chacun. En ce sens, le réel enjeu n’est-il pas de créer les conditions organisationnelles d’une mobilisation des classes populaires ? Ne doivent-elles qu’être un soutien électoral ou ont-elles la possibilité de se représenter elles-mêmes ?

Retour sur l’histoire du PCF

Revenir sur l’ancrage passé du PCF dans les milieux populaires est un moyen d’éclairer les conditions de possibilité d’un engagement ouvrier dans la scène politique. Le mouvement communiste a en effet été conçu comme une entreprise de mobilisation des ouvriers qui ne soit pas simplement électorale mais une mobilisation militante visant à les faire accéder à des positions de pouvoir dans les institutions électives.
Des années 1930 aux années 1970, l’audience du PCF fut surtout forte dans les milieux ouvriers, d’où étaient issus la plupart de ses soutiens électoraux et le gros de ses troupes militantes, mais également ses principaux dirigeants. Les ouvriers n’étaient pas seulement au centre de sa rhétorique, ils en constituaient également l’essentiel des représentants. La légitimité ouvrière des dirigeants communistes s’expliquait à la fois par leur valorisation de la « classe ouvrière » (et de ses figures emblématiques : le mineur et le métallo) et parce qu’ils étaient eux-mêmes issus des milieux ouvriers. En ne cherchant pas seulement à représenter la classe ouvrière, à parler en son nom, mais en visant à la mobiliser et à lui donner le pouvoir, les cadres du PCF œuvraient à la promotion d’un personnel politique d’origine populaire. Les termes mobilisés étaient significatifs, les dirigeants du « Parti de la classe ouvrière » cherchaient à établir des « municipalités ouvrières » et se félicitaient de la présence de « députés ouvriers » sur les bancs de l’Assemblée Nationale.
La constitution d’une élite militante d’origine ouvrière reposait sur un important travail de formation et d’encadrement qui commençait à « la base », dans les régions industrielles. Les usines constituaient pour les communistes le terrain principal de la lutte politique. L’action dans les entreprises, avec la constitution de cellules communistes et de sections syndicales, trouvait un prolongement direct dans les localités où les militants ouvriers s’appuyaient sur leur prestige syndical pour investir les conseils municipaux. Ils pouvaient ainsi contester le pouvoir des élus en place, qui eux se recrutaient hors des mondes ouvriers, parmi les élites patronales, les membres de l’encadrement des entreprises et les indépendants (commerçants, médecins, pharmaciens, agriculteurs, etc.). En s’appuyant sur le PCF et la CGT, des ouvriers ont accédé ainsi au pouvoir municipal et ont renversé en partie la domination qu’ils subissent dans les entreprises.
La formation d’une élite militante d’origine ouvrière s’est opérée dans le cadre d’un système de formation (les écoles du Parti) et de contrôle (les militants devaient répondre régulièrement à des questionnaires biographiques) inspiré du modèle soviétique. Elle a permis l’accession d’ouvriers à des postes de responsabilité dans le parti, ses réseaux syndicaux et associatifs, mais aussi dans les institutions publiques (des mairies à l’assemblée nationale). La montée dans l’appareil et la détention de mandats électifs était strictement contrôlées selon des critères politiques (acceptation de la ligne) et sociaux (origine sociale). L’organisation procurait des ressources collectives et une confiance en soi pouvant compenser partiellement les effets de la faiblesse des ressources culturelles et économique détenu des militants d’origine ouvrière.    
Le mouvement communiste a constitué en cela une tentative de remise en cause des logiques sociales qui excluent les classes populaires de la scène politique. Mais, lorsque l’on regarde dans le détail, cette promotion militante a concerné surtout certaines fractions du monde ouvrier, les plus stabilisées. Femmes, salariés peu qualifiés, ouvriers ruraux, ou encore travailleurs immigrés, s’effaçaient souvent derrière la figure de l’ouvrier masculin, français, très qualifié, issu du monde urbain de la grande entreprise. Le « Parti de la classe ouvrière » fut donc loin de représenter la diversité des mondes populaires. Surtout la constitution d’un appareil hiérarchisé et étoffé a provoqué une distanciation progressive de ses cadres à l’égard du quotidien des milieux ouvriers. Les « dirigeants ouvriers », surtout dans les organes nationaux, étaient en réalité des permanents qui sont devenus des professionnels de la politique. Les inégalités sociales qui structurent l’accès au champ politique se sont ainsi retrouvées ainsi au sein même du PCF avec un relatif éloignement des dirigeants nationaux à l’égard des groupes populaires au nom desquels ils prenaient la parole. Mais ces porte-paroles étaient néanmoins issus du monde ouvrier où ils avaient fait leurs premières armes militantes, au sein du syndicalisme en particulier.
La promotion de militants et d’élus d’origine ouvrière dans le cadre du mouvement communiste représente ainsi un phénomène remarquable et inédit, car les ouvriers sont d’ordinaire exclus de la scène politique au profit des classes dominantes. Cette promotion s’explique par un volontarisme politique, par une stratégie organisationnelle et des orientations idéologiques, mais elle correspond aussi à un état particulier de la structuration du groupe ouvrier. L’essor du PCF dans l’entre-deux-guerres et son maintien à des niveaux importants d’influence jusqu’à la fin des années 1970 s’inscrit en effet dans une période de croissance et d’unification relative du groupe ouvrier autour des travailleurs qualifiés de la métallurgie.

La désouvriérisation du PCF

Le PCF perd son influence électorale en même temps que son ancrage militant dans les milieux populaires au tournant des années 1970. Le déclin du courant communiste et la marginalisation politique des ouvriers qu’il provoque s’explique d’abord par les mutations de la condition ouvrière. La  précarisation de l’emploi ouvrier et l’apparition durable du chômage de masse provoquent un infléchissement des luttes sociales et mettent à mal la transmission d’une culture de classe. Les restructurations dans les grandes concentrations industrielles fragilisent les figures ouvrières traditionnelles (ajusteurs, monteurs, tôliers), qui animaient les réseaux de la CGT et du PCF. Désormais, de plus en plus d'ouvriers travaillent en situation d'isolement dans le tertiaire (chauffeurs, manutentionnaires, magasiniers).
Ce contexte de fragmentation sociale du monde ouvrier joue évidemment dans la distanciation des classes populaires à l’égard du PCF. Mais celle-ci résulte aussi d’une stratégie politique qui délaisse progressivement les militants ouvriers au profit des « couches sociales nouvelles », ingénieurs, techniciens et cadres notamment. Les responsables communistes qui émergent à la fin des années 1970 dans les départements sont certes encore très souvent d’origine ouvrière, mais ils ont en réalité de moins en moins travaillé en usine et ont accédé rapidement au statut de permanent. Le nombre de permanents augmente tout au long des années 1970 pour atteindre le millier à la fin de la décennie. Surtout, la part des « permanents élus » et des salariés des collectivités locales gérées par le PCF s’accroit. Le rapport aux populations ouvrières passe de plus en plus par des gestionnaires, élus ou fonctionnaires, de moins en moins par des militants. Le maintien des municipalités communistes devient un enjeu central et la possession de ressources scolaires ou de « compétences gestionnaires » apparaît progressivement comme un atout pour militer au PCF et monter dans la hiérarchie interne.
Les ouvriers sont de moins en moins présents des réseaux militants, ils ne constituent plus non plus un élément central du discours du PCF. A la fin des années 1970, dans le cadre notamment de la campagne des « Cahiers de la misère », le PCF tend à se présenter comme le porte-parole « des pauvres ». Tenu par des permanents plus éloignés du monde industriel, ce discours délaisse la notion de « classe ouvrière » et peut se trouver en décalage avec les ouvriers qui ne se reconnaissent plus dans cette image dévalorisante qui leur est renvoyée. En se tournant vers les « exclus », les communistes en viennent à se faire les porte-paroles de catégories qu’il s’agit d’aider et non plus, comme dans le cas des ouvriers, de mobiliser et de faire accéder au pouvoir politique.
L’abandon de la rhétorique de classe et de valorisation de l’identité ouvrière trouve son apogée dans les années 1990 avec le « communisme de la mutation » impulsé par Robert Hue. La « mutation » consiste à construire un Parti « à l’image de la société » et de rassembler « les gens ». Loin d’être un parti de classe, il s’agit pour le PCF d’être simplement représentatif de la société dans sa diversité, ceci au détriment de sa singularité sociologique ouvrière et de la priorité accordée à la lutte contre l’exploitation capitaliste. La défection électorale et militante des ouvriers à l’égard du PCF (et de la gauche en général) durant ces trente dernières années renvoie donc certes aux transformations sociales ayant affectées les classes populaires mais aussi à des logiques d’éloignement produites par les choix stratégiques et idéologiques des cadres de l’organisation.

L’exclusion politique des classes populaires

Les transformations internes au PCF ont participé à la rétraction contemporaine de la scène politique autour des fractions bourgeoises de la société. Et ce type de changement organisationnel n’est pas sans effet sur la possibilité de prendre en compte les intérêts des classes populaires. En abandonnant la référence au monde ouvrier et à la lutte des classes, le PCF a laissé la place à des constructions concurrentes de la représentation des classes populaires, issues en particulier des classes dominantes. La destruction des conditions organisationnelles d’une participation des ouvriers à la vie politique renforce la capacité des groupes sociaux et militants éloignés des classes populaires à parler en leur nom. Sans aucune assise militante dans les quartiers populaires et les usines, le FN peut par exemple tout de même se mettre en scène comme le « parti des ouvriers ». En 2007, avec un certain succès, Nicolas Sarkozy a pu se présenter comme le porte parole de « la France qui travaille ».
En 2012, Jean-Luc Mélenchon, ancien Ministre socialiste et actuel dirigeant du Parti de Gauche, est le candidat commun du Front de Gauche auquel participe le PCF. Comme en 1965 et en 1974 avec François Mitterrand et après l’échec de 2007 (moins de 2 % des suffrages exprimés pour Marie-Georges Buffet), le PCF soutient donc un non communiste pour les élections présidentielles. Etrangement, c’est sous l’impulsion de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis issus de la gauche du PS, que la campagne communiste retrouve les couleurs idéologiques du « Parti de la classe ouvrière ». La (re)conquête de l’électorat ouvrier est en effet intégrée à un discours faisant référence à la « lutte des classes » et aux intérêts contradictoires du « capital » et du « travail ». Grâce à l’appui de réseaux syndicaux, le terrain des usines est valorisé comme lieu de la lutte électorale et du combat culturel, notamment contre le FN.
A ce sujet, il faut souligner que Marine Le Pen reste devant la porte des usines, elle n’y entre pas faute de relais structurés dans le monde ouvrier et d’une légitimité auprès des organisations ouvrières existantes. Ses soutiens se recrutent surtout parmi les ouvriers de l’artisanat et des petites entreprises, là où les salariés sont pris dans de relations de proximité et de dépendance personnelle avec leur patron, là où la présence syndicale est quasi inexistante. Les salariés des grandes entreprises où il existe des traditions de lutte lui sont moins favorables. Les quelques cas très médiatisés de syndicalistes ouvertement proches du FN ne doivent donc pas faire croire à l’existence d’une base syndicale frontiste dans les usines. Au contraire, les sondages et les études de terrain montrent clairement que la proximité avec un syndicat (surtout s’il s’agit de la CGT ou de SUD mais cela est vrai aussi pour les autres organisations) va de pair avec une distance avec le FN et ses valeurs. Il serait donc erroné de penser que le FN aurait pris la place qu’avait auparavant le PCF dans les territoires ouvriers. Il n’y a pas de réseaux du FN en milieu industriel, ni d’écoles qui formeraient une élite militante issus du monde ouvrier. Le FN est animé essentiellement par des indépendants (professions libérales, commerçants, artisans), et il peine à chaque scrutin à trouver des candidats à présenter dans les régions ouvrières même lorsqu’il y recueille de nombreux suffrages.
L’opposition au FN sur le terrain des luttes sociales et de l’intérêt des ouvriers est l’un des axes de la campagne du Front de Gauche. Au-delà du dynamisme manifeste de cette campagne qui remobilise communistes et anciens communistes, l’enjeu reste cependant pour le PCF la mobilisation électorale des classes populaires et le renouvellement sociologique de ses structures. Entre les notables communistes souvent vieillissant et leurs techniciens/cadres (collaborateurs d’élus, fonctionnaires territoriaux, etc.), quelle place pour les ouvriers ? Quelle place aussi tout simplement pour les militants ?
Sur ce point, il est important de souligner que Philippe Poutou du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) est le seul ouvrier parmi l’ensemble des candidats à l'élection présidentielle. Il est mécanicien et militant CGT à l'usine Ford de Blanquefort (Gironde) et sa voix est peu audible. Dans son livre au titre significatif (Un ouvrier, c’est là pour fermer sa gueule, Textuel) il revient sur le « mépris social » qu’a accompagné son entrée dans la campagne présidentielle. Il explique y découvrir « l'oligarchie des professionnels de la politique  et la condescendance de classe de ceux qui dominent la politique institutionnelle ». Etre ouvrier toujours à la production et non pas un professionnel de la politique comme avait commencé à l’être Olivier Besancenot, le porte-parole du NPA, est un véritable un handicap. Mais si la voix du candidat du NPA porte peu, c’est aussi probablement parce qu’il ne bénéficie pas de conditions organisationnelles propices une prise de parole collective. Les réseaux militants du NPA sont faibles et peu structurés, notamment dans les milieux ouvriers, car ils recrutent surtout parmi les catégories sociales diplômées, au sein notamment d’une petite bourgeoisie culturelle (enseignants, travailleurs sociaux, employés des services publics) qui constitue l’élite militante du mouvement.
Au sein des partis politiques, les types d’orientations idéologiques, de fonctionnement organisationnel et de composition sociale s’entremêlent étroitement. Cette interdépendance entre les idées, les structures et les hommes contraint les formes collectives de contestation de l’ordre social et politique. Participer au jeu électoral implique alors de lutter contre des forces sociales qui conduisent à l’exclusion des classes populaires de la scène politique.
Julian Mischi
Sociologue au département des sciences sociales de l’INRA, Julian Mischi est notamment l’auteur de Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, Presses universitaires de Rennes, 2010.
Source : MEDIAPART

vendredi 16 mars 2012

Pays du Golfe : « la kafala » ou l’esclavage des temps modernes

A l’origine, le terme kafala s’apparente à une tutelle ou à une délégation d’autorité parentale qui s’applique à des enfants mineurs abandonnés. Cette tutelle disparait avec la majorité de l’enfant. Dans les pays du golfe, cette notion s’applique aux émigrés dans ces pays.

Des milliers de travailleurs migrants essentiellement originaires du sous continent indien partent pour les pays du Golfe, avec un permis de travail, obtenu dans leur pays d’origine à travers des agences d’embauche. Mais en vertu de la Kafala , les travailleurs doivent être parrainés par un employeur pour pouvoir entrer dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe. Cette procédure qui vise à priori à prévenir l’entrée sur leur territoire de migrants sans papiers à la recherche d’un emploi finit, en réalité, par se retourner contre un grand nombre de travailleurs étrangers  une fois en place.
En effet, l’immigré se trouve sous la coupe du « kafile ». Ce tuteur lui retire son passeport et lui fournit une carte de travail qui fait fonction de pièce d’identité. Il n’a droit à aucune activité à caractère syndical ou autre visant à défendre ses droits. Le kafile a tous les pouvoirs  sur son salarié et les deux parties ne bénéficient pas du même traitement devant la loi du pays d’accueil.
Pour la Confédération Syndicale Mondiale et dans un article du 29 février 2012 ; il est temps de venir à bout du système de parrainage des pays du golfe. Ainsi, parlant des émigrés dans les pays du golfe cet article rapporte que :
« Beaucoup d’entre eux ignorent que le simple fait de quitter un emploi pour en chercher un autre peut entraîner de profondes frustrations, des abus de pouvoir de la part des patrons, voire, dans certains cas, des peines de prison.
La situation est encore pire pour les travailleurs et travailleuses domestiques, qui se voient confinés entre les quatre murs du domicile où ils travaillent, sans pouvoir disposer de leur passeport, qui a généralement été confisqué par l’employeur. De tels cas d’abus et de manipulation par les employeurs sont rarement rapportés par des femmes, vu qu’il leur est impossible de s’échapper. Celles qui réussissent à s’enfuir et n’ont nulle part où se réfugier se retrouvent dépouillées de tout statut légal et seraient exploitées en tant que prostituées ou vendues à d’autres employeurs par des intermédiaires.
D’après des représentants syndicaux des pays du Golfe, les demandes des travailleurs seraient rejetées ou simplement ignorées. Et comme il a été mentionné auparavant, les employés qui soumettent des demandes finissent dans certains cas derrière les barreaux suite à de fausses accusations déposées par l’employeur en guise de représailles. À moins de d’abord faire appel à l’intervention des autorités, les travailleurs et travailleuses migrants n’ont aucune chance de débouter l’appareil judiciaire, étant dépourvus des droits de citoyens.
Le système de parrainage est assorti d’une difficulté supplémentaire résultant de la tendance généralisée chez les employeurs à confisquer les passeports de leurs employés – malgré les lois en vigueur qui condamnent cette pratique - spoliant, par-là même, ces derniers de leur liberté de mouvement et de leur pouvoir de négociation. Même en ayant rempli les formalités exigées, il est impossible pour les travailleurs et travailleuses domestiques de quitter leur employeur, au risque de se convertir en sans papiers et d’être passible de détention et finalement de déportation. »
Etant dans une position de soumission juridique à son « Kafile » ou tuteur, l’émigré perd toute marge de liberté et donc sa dignité. Les contrats de travail deviennent de simples contrats de « soumission » objets d’abus comme celui du cas des travailleuses indiennes prisonnières.
Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter au système de gouvernance notamment aux Emirats Arabe Unis et au Qatar. Selon un article publié en 2009 par la revue Hérodote de géographie et de géopolitique.
« Au sommet de la pyramide, un émir et sa famille ont tous les pouvoirs ; la limite entre leurs biens personnels et les biens de l’État est très floue. Le statut de la propriété de la terre à Dubaï ou à Doha est incertain. Aucune règle claire, seul un usage est reconnu : en dehors des zones urbanisées, la terre appartient clairement à l’émir ; en ville, la terre a pu être achetée ou offerte. L’émir organise donc son territoire comme il l’entend, ce qui explique des réalisations urbaines planifiées à l’instar d’un chef d’entreprise et dont les projets parfois pharaoniques traduisent la toute-puissance. La population de souche est la seule à disposer d’une citoyenneté accompagnée de ses droits et devoirs. Elle bénéficie alors des largesses de l’émir et de sa famille qui se traduisent par de multiples avantages économiques et sociaux, notamment de celui hérité des règles islamiques d’adoption d’enfants, à savoir la « kafala » Tout travailleur étranger, mais aussi toute entreprise étrangère, est ainsi sous tutelle, comme un enfant. La « kafala » permet aux citoyens nationaux de jouir des gains d’une entreprise implantée sur son sol (en possédant la majorité des parts capital) ou d’exercer un pouvoir sur les travailleurs immigrés. »
Ce système de gouvernance moyenâgeux porte donc en lui toutes sortes de dérives y compris une sorte d’esclavage des temps modernes pour les travailleurs étrangers vivant dans ces pays. Que ce systéme puisse exister est une aberration en sois, mais que la « muerta » qui l’entoure, notamment par les organismes concernés comme la commission des droits de l’homme de l’ONU est scandaleux.
La FIFA qui a accordé au Qatar l’organisation de la coupe du monde ignorait-elle que les nouveaux stades dans les quels évolueront les joueurs seront réalisés par des travailleurs tombant sous le coup de la « kafala » ou « esclavage moderne » ?

Deux poids deux mesures : Indignations sur la Syrie de Bachar, silence assourdissant sur Israël à Gaza

Hélas, le terrorisme intellectuel aujourd’hui pousse certains à se taire. Quand on est humaniste c’est à dire contre le racisme et toutes les injustices, il ne faut pas avoir de parti pris quand une injustice se produit. Et ceci, n’importe où dans le monde. Les indignations à géométrie variable discréditent les porteurs de ces dernières qui, ici ou là, alors que les faits sont avérés, n’ont pas le courage de se prononcer et ne s’en prennent habituellement qu’aux faibles.
Depuis plusieurs jours, l’aviation israélienne mène des raids contre des objectifs palestiniens dans la bande de Gaza. Pour les Israéliens,  “Ces raids visent des objectifs terroristes dans le nord de la bande de Gaza, et sont lancés en riposte à des tirs de roquette contre Israël”. Où le bât blesse, c’est la disproportion acceptée de facto par la soi disant communauté internationale qui se tait.
Depuis un an, le régime syrien est victime de groupes armés financés par l’étranger, qui pillent, assassinent et commentent des attentats contre des militaires et des civils syriens au nom de la démocratie. Le régime syrien les combat comme chaque Gouvernement devrait le faire. Là, c’est le bruit et la fureur. La “communauté internationale” cri aux loups, s’époumone, harcèle et menace.
En 4 jours, plus de 25 Palestiniens ont été tués par Israël, dont des enfants et des femmes. De dangereux terroristes, semble-t-il. A partir du moment où la volonté de l’homme doit être soumise uniquement à la loi morale, il est inconcevable que personne ne s’insurge contre la mort d’innocents, aussi bien en Syrie qu’à Gaza. Ce n’est pas Nicolas Le Pen -selon le Wall Street Journal- qu’on entendra sur ce sujet.
Or, l’appel de certaines “personnalités” à retirer le “permis de tuer” à Bachar Al-Assad est d’une hypocrisie abyssale. Pourquoi ne le font-ils pas aussi à l’encontre d’Israël ? Assad tire sur son peuple, dit-on. Même Mélenchon s’y colle mordicus. Mais, que dit-il sur ce qui se passe à Gaza ? Rien. Mais, les bonnes nouvelles nous viennent de Syrie. Depuis ce matin, la ville d’Idleb est tombée entre les mains de l’armée. Une victoire totale se prépare en Syrie. Heureusement que la Chine et la Russie ont compris le jeu malsain de la France, des États-Unis et du Qatar en Libye.
Quelle crédibilité peuvent avoir ces gens, d’autant plus que Gaza est une prison ouverte depuis des années, et que personne ne trouve rien à redire ? Peut-on accepter que des millions de personnes soient ainsi réduites en esclavage ? Non, quand on est juste, responsable et honnête.
Allain Jules

من المسؤول عن الجرائم في سورية؟

منذ سنة فقط كان السوريون يعيشون في أمان. كنا نجهل أنواع الأسلحة التي تعرض الآن كلما صادرها الجيش السوري في مخابئ العصابات، أو خلال تسللها من تركيا ولبنان. لم نكن رأينا القاذفات، وبومبوشكين، والقناّصات، والروسية، والقنابل الصوتية ومضادات الدروع والمسدسات وأجهزة الاتصال الخاصة بالتجسس والمناظير الليلية والعبوات الناسفة، والسترات المضادة للرصاص. وهانحن نعرف أن الموت يمكن أن يعبأ في جرّات الغاز وتنكات الزيت! وأن أيا منا يمكن أن يقتل في انفجار، أو خلال ملاحقة عصابة، أو عندما يوضع اسمه في قائمة الاغتيالات! ومع ذلك لايريد مجلس حقوق الإنسان في جنيف أن يعرف أن مايحدث في سورية هو اغتيال أمننا وإلغاء ايقاع حياتنا، فيبحث بين الضحايا عن المتهمين! أما نحن الذين نعيش في سورية، لافي حضن غربي، فنعرف الحقيقة التي يتجاهلها الغرب ومؤسساته "الإنسانية
أمامنا صورتان: الاولى عرضها التلفزيون السوري مرة فقط: أسرة في حي بابا عمرو، قرب طاولة عليها صحون الطعام. أمّ وأب وأطفال وأعمام، كلهم قتلى. وعلى الجدار كتب القتلة بدماء الضحايا اسم كتيبة الموت التي نفذت الجريمة. والصورة الثانية رسمتها سيدة تسكن في دوما، إحدى ضواحي دمشق: وضع المسلحون في ساحة البلدة شابا مقيدا سددوا عليه رشاشاتهم، وألزموا السكان بالفرجة على قتله. وكرروا في اليوم التالي قتل شباب آخرين بالطريقة نفسها. في الوقت نفسه قصف أيمن وفهد عربيني كنيسة عربين والمعهد الشرعي بقذائف ر ب ج، وكان معهما زاهر قويدر من "القاعدة". حدثت تلك الجرائم في مناطق كانت تسيطر عليها العصابات المسلحة. فما هو المشروع الذي يقع فيه هذا الإرهاب، ومن المسؤول عن هذه الجرائم؟ روى أحد القتلة الذين اعتقلوا في بابا عمرو، كما يروي قصة، أنه قتل وخطف واغتصب نساء. وأن شيوخ المجلس العسكري أفتوا له أن القتل والاغتصاب شرعي. لاعجب! فشيوخ السعودية الوهابيون، الذين يدعون من منابر جوامعهم إلى الجهاد ضد الدولة السورية، والقرضاوي شيخ قناة الجزيرة، يفتون بقتل العلوي والمسيحي والدرزي، والسني الذي يوالي الدولة. تتناول العصابات المسلحة مع تلك الفتاوى المال القطري والسعودي والسلاح وحبوب المخدرات التي يصادر الجيش السوري الكثير منها مع الأسلحة. (من المصادرات في بابا عمرو عملات غربية وإسرائيلية، وجوازات سفر متنوعة أحدها "جواز سفر إلى الجنة"، وأسلحة غربية وإسرائيلية، وأجهزة اتصالات متطورة). لايعرف اولئك الشيوخ وصية عمر بن الخطاب في أول الإسلام: لاتقتلوا امرأة ولاطفلا ولاشيخا، ولاتقطعوا شجرة، واتركوا الرهبان في صوامعهم!
ربما تفسر لنا تلك الفتاوى لماذا حكى رجل من تلك العصابات في مساء 7/3/2012 دون وجع ودون ندم: أنه قتل خمسين رجلا، واغتصب عشرات النساء. يُسمى ذلك في العرف استباحة. وقد استباحت العصابات أموال من قتلتهم ونساءهم، وسطت على المؤسسات العامة، وسرقت سيارات الإسعاف وسيارات البلديات والسيارات الخاصة. في الأمس شكا أهل حمص من قناص استباح الطرقات التي يسيطر عليها من سطح بناء. من القتلى الطفل مالك الأكتع. وظيفة هذا الإرهاب؟ كسر المجتمع السوري، وإنزال الخسائر بالجيش، وتقطيع سورية، وشلّ الإنتاج الزراعي والصناعي والحرفي: تدمير بنية الدولة. وقد منعت العصابات، في المناطق التي سيطرت عليها، الأطفال من ارتياد المدارس، ومنعت الطلاب من امتحانات الجامعات، وقتلت العمال في الطريق إلى معاملهم، ومنعت الفلاحين من زراعة حقولهم، ومنعت تزويد محطات توليد الكهرباء بالوقود، واغتالت بعض رجال الأعمال، وبعض الأساتذة الجامعيين، دمرت الحياة حيثما سيطرت! في 11/3/2012 خطفت السياسي مصباح الشعار في حمص، واغتالت بطل الملاكمة غياث طيفور في حلب، ، وكانت قد اغتالت قبل ذلك بطلا من أبطال السباحة، ونسفت جسرا في منطقة الغاب.
سجل تقرير لجنة المراقبين العرب الذي زار مواقع الأحداث وضحاياها، أن بروتوكول الجامعة العربية، الذي وجهها إلى سورية، لم يذكر العصابات المسلحة. وأن تلك العصابات تهاجم المدنيين والمؤسسات العامة والخاصة، وتضطر الجيش النظامي للرد عليها. تمنّت الجامعة العربية التي تديرها اليوم قطر والسعودية، أن ترفض سورية استقبال لجنة المراقبين. ثم تمنّت أن يكتبوا تقريرا يقع في سياق خطتها لتشريع التدخل العسكري. لكن هول الجرائم، وحرارة تعبير الضحايا عن وجعهم، ووعي السوريين الرفيع، سهّل على ذوي الضمير المهني في لجنة المراقبين نقل الحقيقة. لذلك أهملت الجامعة العربية التقرير، وفرضت استقالة رئيس لجنة المراقبين، الشهم الذي رفض شيكا مفتوحا قدمته له قطر.
لماذا لم يعتمد السياسيون الغربيون والمؤسسات الدولية التي يديرونها، تقرير لجنة المراقبين مع أنه أتى من موقع الأحداث، وسجله مختصون أمنيون وعسكريون؟ اعتمدوا مايلفّقه مرصد حقوق الإنسان في لندن الذي يقوم به شخص واحد من الإخوان المسلمين يؤلف لهم معلومات يطلبونها.
ليست المشكلة إذن أن السياسيين الغربيين الذين يديرون الحرب على سورية لايعرفون من يرتكب الجرائم ويستبيح حقوق الإنسان. بل المشكلة أنهم ينفذون ستراتيجية ترسم تدمير الدولة السورية. وأن السياسيين الاوروبيين أصبحوا تابعين عميان للمشروع الأمريكي الصهيوني! وقد أنجز ساركوزي وليفي إلغاء سياسة فرنسا "العربية" التي وضعها ديغول. لانتذكر ديغول عندما نسمع جوبيه، بل نتذكر اوليفا روجيه الذي أمر بقصف دمشق. لذلك يبدو لنا أن رسالة السيد لولان إلى جوبيه، التي ذكّرته بأن الحرب على سورية لاتقع في المصالح الفرنسية، أوحت أيضا بأن كرامة فرنسا تفترض ألا تكون أجيرة في مشروع أمريكي صهيوني.
لنضع إذن جانبا المفردات التي لاتؤدي معانيها: حقوق الإنسان، الثوار، الجيش السوري الحر، الدفاع عن المدنيين السوريين! فالسياسيون الغربيون يعرفون أن "الثورات" تفترض برنامجا سياسيا وطنيا، وأنها قضية رجال كبار ومفكرين وشعراء، قضية مؤسسة على الولاء الوطني، تنبت من أرضها لابقرار خارجي. وبما أن تاريخ الصراع العربي الإسرائيلي مثقل بحروب العدوان الإسرائيلية، فمن أول مبادئ الثوار الوطنيين ألا يتناولوا مساعدات إسرائيلية وأسلحة إسرائيلية. وأن يلتزموا بالثوابت القومية التي تفرض عليهم ألا ينسوا أن العدو ليس الطائفة الأخرى، بل إسرائيل المحتلة والاستعمار الغربي الذي يحرس أمن إسرائيل ويستخف بالأمن العربي. يعرف السياسيون الغربيون هذه الحقائق! لكنهم ينغمسون في تفكيك البلاد العربية وحصار ايران، ويصل مشروعهم إلى روسيا والصين وجمهوريات الاتحاد السوفييتي السابقة. وقد خرقوا القانون الدولي، فتسلل رجال مخابراتهم إلى حمص، وأداروا الحرب من "أمارة بابا عمرو الإسلامية" مع العصابات السلفية، و"القاعدة". وسعوا ثلاث مرات متتالية إلى قرار من مجلس الأمن يبيح التدخل في سورية. ولم يستحق اهتمامهم أن الطائرات الإسرائيلية تقصف غزة، وأنها قتلت في يوم 10/3/2012 ثمانية عشر إنسانا وطفلا، وأن المستوطنين الإسرائيليين يخرّبون الآثار الإسلامية والمسيحية الفلسطينية، ويهوّدون القدس التاريخية. تتيح لنا هذه المآسي الاستنتاج أن السياسة الغربية لاتجسّد فقط الانحطاط الأخلاقي باعتمادها الكذب والتلفيق، بل تجسّد أيضا الانحطاط السياسي والعمى الفكري. فهي تتآمر على سورية التي تتميز بنسيج مدني تتداخل فيه الطوائف والمذاهب والقوميات في وحدة وطنية، وبأمان قلّ مثيله حتى في الغرب، وبثقافة إنسانية تعتز بما قدمته الثورات الكبرى للبشرية، وتترجم الآداب العالمية، وتسمع الموسيقى الكلاسيكية، كما تسمع الموسيقى المحلية، وتشارك نساؤها في الحياة الإنتاجية والعامة، ويسعى شعبها إلى تغيير الواقع بأفضل منه. تستخدم السياسة الغربية في عدوانها الديبلوماسية والإعلام والمنظمات الدولية والأسلحة المتطورة. وتعتمد الأنظمة الاستبدادية التي تفتقر إلى دساتير ومجالس نيابية وتؤجر أراضيها للقواعد العسكرية الأمريكية وتقتل المتظاهرين: في البحرين وفي القطيف السعودية.
بم نفسر تعاون الغرب مع مقاتلي "القاعدة" المسجلين على "قائمة الإرهاب" العالمية، التي تموّلهم قطر والسعودية، في الحرب على سورية؟ بم نفسر تجاهل الغرب موقف المسيحيين السوريين الذين يتقدمون المجتمع في الدفاع عن اللحمة الاجتماعية ويدينون المؤامرة الغربية الصهيونية؟ ولماذا لايصغي الغرب للراعي الماروني في لبنان، بل يدرب العصابات التكفيرية التي تقتل المسيحيين السوريين، وتهاجم أديرتهم وكنائسهم التي يحترمها المسلمون ويقدمون لها النذور؟ أعلن الظواهري أن القاعدة نفذت عمليات دمشق وحلب. وتشهد التقارير على لقاء أجهزة الاستخبارات الفرنسية والبريطانية برجال القاعدة الليبيين. وقد عرف السوريون أن رجال المخابرات الفرنسية والبريطانية كانوا في بابا عمرو مع عصابات القاعدة. ومنّوا أنفسهم بعرض اولئك المتسللين الأجانب على الشاشات، ليبرّدوا غضبهم من تطاول الغرب الاستعماري على الكرامة السورية. لكن الحكمة السورية فضّلت السيطرة على بؤرة بابا عمرو، على متعة ذلك العرض. سلّم مئات من المسلحين أنفسهم للجيش السوري عندما سحب الغطاء الغربي عنهم. وأكد هذا مسؤولية الغرب عن الجرائم التي يرتكبها المسلحون. وهي ليست فقط القتل والخطف، بل تدمير البنية التحتية السورية التي دفع الشعب ثمنها: نسف أنابيب النفط والغاز وأبراج الكهرباء ومحطات الماء، وإحراق المدارس وتدمير المشافي، ونهب المؤسسات العامة. نؤكد إذن: أن الغرب غير معني بالمسيحيين والعدوان على الكنائس والأديرة. لأن المسيحيين وطنيون يرفضون التدخل الخارجي ويدينون المؤامرة الغربية الصهيونية. ولايخفى عليهم أن "الثوار" عصابات من المجرمين، وأن العقوبات الاوروبية تقصد الانتقام من الشعب السوري وهم جزء أصيل منه! ترى ألا تصل هذه الحقائق إلى وزارات الخارجية الغربية؟!
على كل حال، من تعليمات المعارضة المرتبطة بالخارج: "لاتتفرجوا على التلفزيون السوري، ولاعلى تلفزيون الدنيا، ولاتصوتوا على الدستور"! يبدو أن السادة جوبيه وكلينتون وكاميرون، هم أيضا، لايريدون أن يروا الآلاف من جنائز ضباط الجيش وجنوده الذين قتلتهم العصابات المسلحة، وألا يروا حفاوة أهل القرى بالشهداء. وألا يروا ملايين السوريين الذين ملؤوا الساحات معلنين رأيهم في مؤامرة الغرب الصهيوني على سورية. وألا يروا مستوى الوعي السياسي الرفيع الذي يميز الشعب السوري. وألا يسمعوا تعبير النساء المحجبات والسافرات عن رفض التدخل في الشؤون السورية. لايرون ذلك لأن صاحب الضمير الحي والرأي الحر هو فقط من تهزه الأوجاع الإنسانية، وهو فقط من يقدّر الكرامة الوطنية السورية! وهل يعقل ألاّ يلاحظ الغيور على الديمقراطية أن الدستور السوري الجديد منع تشكيل الأحزاب على أساس ديني أو إثني، وأنه ثبت احترام الحريات الشخصية والدينية؟ وألاّ يلاحظ الحراك الاجتماعي الواسع؟ في أي بلد غير سورية نوقش مشروع الدستور في الندوات والمراكز الثقافية والجامعات والتلفزيون والاجتماعات؟ رأيت مشروع الدستور في أيدي طلاب المدارس والجامعات. وعبر الناس عن آرائهم فيه. وتظاهر أمام مجلس الشعب السياسيون غير الموافقين على مادته الثالثة.
لكن المسألة ليست حقوق الإنسان. فلو كانت حقوق الإنسان هي الدافع، لكان يجب أن يرى جوبيه وكلينتون وكاميرون العدوان المستمر على الشعب الفلسطيني. واستهانة إسرائيل بالقرارات الدولية التي تمنع تهويد الأرض المحتلة وتغيير ملامحها. ولكان يجب أن يدينوا الجرائم التي ارتكبتها إسرائيل في لبنان. وأن يتأملوا انتهاك حقوق الإنسان في ليبيا. ولكان يجب أن يفحص "المجتمع الدولي" تصريحات الرسميين الإسرائيليين الذين يهددون بقصف منشآت ايران النووية، وأن يحاكمهم على التهديد بالحرب. لكن ضاع المنطق! لاتدان إسرائيل التي تملك قنابل نووية وترفض تفتيش منشآتها النووية. وتهدَّد ايران التي لاتملك قنابل نووية ولاترفض تفتيش منشآتها النووية، مع أن هيئة الطاقة الذرية الدولية تسرّب أسماء العلماء الايرانيين فيسهل اغتيالهم.
يلاحظ أن اوباما جلس كالتلميذ المطيع أمام نتنياهو، وأكد حق إسرائيل في أي قرار ترى فيه حماية أمنها، (يمتد أمن إسرائيل حتى مصر وليبيا وايران!) والتزامه بتفوقها العسكري. فرأينا في مستوى الرمز تطابق المشروع الغربي والمشروع الصهيوني. لذلك لايختلف جوبيه عن كلينتون، بالرغم من عنجهيته التي تذكّرنا بمندوب سام من الفترة الاستعمارية. في هذا السياق كشفت المواقف من أحداث سورية الاختراق الصهيوني في الحزب الشيوعي الفرنسي، وفي الحزب الاشتراكي. أليس من السخرية أن يقول برنار هنري ليفي الصهيوني إنه اشتراكي! وأن يذكر ماركس في كتابه عن المهمات التي قام بها لغزو ليبيا "مخلصا ليهوديته وصهيونيته"! وألا ينتبه الحزب الشيوعي الفرنسي إلى نظام السعودية وقطر والعصابات التكفيرية المستخدمة في الحرب على سورية! يؤسس على هذا أن الغرب لم يعد يقبل أن يكون عملاءه دون علاقة بإسرائيل، وألا يقدموا أمنها على الأمن القومي العربي. لذلك أعلنت بسمة قضماني أن إسرائيل ضرورة! وأكد يعض أعضاء مجلس استنبول أنهم سيقيمون علاقات بإسرائيل. في هذا التطابق يقع التعاون بين المخابرات الإسرائيلية والقطرية والسعودية، وتزود العصابات بالأسلحة الإسرائيلية التي اكتشفت في مخابئ العصابات في ضاحية دوما وفي بابا عمرو. وقد ارتكب المجلس الذي يحتضنه جوبيه وكلينتون مالا يغفره الشعب السوري: سوّغ التدخل الخارجي السياسي والعسكري في سورية، واتصل بإسرائيل والصهيونية. في هذا المناخ، يتهم الغرب الضحايا بالجرائم التي ارتكبتها العصابات التي يرعاها. ولايدهشنا أنه يرى عبد الكريم بلحاج والمهدي حاراتي والظواهري وأمير قطر وملك السعودية "ثوارا" ديمقراطيين، ويمحو من ذاكرته تشي غيفارا ومانوليس غليزوس!
هل يمكن أن تتغير الستراتيجية الغربية كي يتبدد خطر انفجار منطقة الشرق الأوسط؟ بقعة الضوء أن قوى ذات ستراتيجية أخرى، تحاول بقوة ودأب أن تعقلن العلاقات الدولية. وهي قوى اقتصادية كبرى ذات مصالح ورؤية وبنية سياسية. تبيّن كلمة بوتين في مؤتمر الأمن سنة 2007، وكذلك مقالاته الأخيرة، أن روسيا لم تعد البلد الذي انتهكه الغرب بوحشية عندما أسقط الاتحاد السوفييتي. بل هي من مجموعة بريكس المتفقة على صياغة علاقات عالمية جديدة. المجموعة التي ترى فيها كثير من الشعوب خلاصا من استبداد القطب الواحد، ومخرجا من الفوضى وانتهاك القانون الإنساني والدولي. نقرأ الأمل في نداء تيودوراكيس بإشارته إلى روسيا للخروج من الأزمة. فنداؤه "حقيقة مايجري في اليونان"، يكشف أن الستراتيجية التي رسمها بريجنسكي: "لم تعد الأمة - الدولة تصنع التقدم بل البنوك"، يجب أن توضع في صيغة أخرى: البنوك والمصارف تصنع بؤس الشعوب والحروب، وتقتل الهويات الوطنية. ويشهد قول ساركوزي لوفد المجلس الانتقالي الليبي: "يجب أن نعلّم الشعب اليوناني الحياة"، أن البنوك الغربية لاتنهب الشعوب فقط بل تذلها أيضا. فليتنا تبيّنا مبكرا أن روسيا والصين وايران والبرازيل وإفريقية وأمريكا اللاتينية مساحات إنسانية واقتصادية، بديلة عن اوروبا!
وبعد، لم يضِع الدم السوري. فدم الضحايا الذي وقّع به ليبيو القاعدة على جدار أسرة قتلوها "أتينا من مصراته لنحرر سورية"، وخرائب بابا عمرو التي أدارت الحرب فيها المخابرات الفرنسية والبريطانية، رسمت صورة تجمَع "القاعدة"، وشيوخ النفط المستبدين الذين يمنعون المرأة حتى من قيادة السيارة، وعصابات المرتزقة، والسياسيين الغربيين، ورجال الاستخبارات الغربية، وأنظمة قطع الرؤوس السعودية والانتهازية القطرية. لوحة معبرة، لاتبيح لاولئك السياسيين أن يعلّموا السوريين حقوق الإنسان والديمقراطية! بل تفترض محاكمة السياسيين الغربيين والخليجيين الذين برمجوا الجرائم في سورية وموّلوها!
د. ناديا خوست".

mercredi 14 mars 2012

PALESTINE - A GAZA IL N'Y A QUE DES CHIENS ECRASES..Cela fait 64 longues années que les Palestiniens se font tuer et se font traiter de terroristes.

Il est clair que tous les peuples finissent pour des raisons plus ou moins morales à se trouver des « amis » chez les puissants. Sauf les Palestiniens.
Il faut armer Ghaza ! Cette idée, dérangeante, perturbante, coupable de « manquer de tact », c’est un Palestinien, Abdelbari Atwan, qui l’a émise en direction de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Deux pays qui, ainsi que personne ne l’ignore, fournissent déjà des armes à l’opposition syrienne en lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Ceux qui lisent régulièrement Al-Qods Al-Arabi savent que M. Atwan n’est d’aucune complaisance à l’égard du régime de Bachar Al-Assad.

Son appel, qu’il sait vain, à armer Ghaza n’est pas destiné à faire de la contre-propagande en faveur de la dictature syrienne. C’est celui d’un Palestinien indigné qui ne peut s’empêcher de constater - et nous avec lui - que les meurtres que commet Israël contre les siens à Ghaza sont en train de passer sur les chaînes de TV « révolutionnaires » du Qatar et de l’Arabie Saoudite dans la rubrique des chiens écrasés. Il constate aussi qu’aucun responsable arabe n’a eu l’ombre d’un état d’âme en entendant une porte-parole du département d’État américain dénonçant vigoureusement les « terroristes » palestiniens qui se font massacrer. Les malheureux Syriens qui font face à la répression du régime en place ont beaucoup « d’amis » qui bougent, fournissent des armes, mettent des chaînes satellites à disposition.

Certains États arabes dénoncent même avec une vigueur remarquable l’usage « immoral » du veto par les Russes et les Chinois.… Ce serait fastidieux d’énumérer le nombre de veto américains contre des résolutions du Conseil de sécurité sur le dossier palestinien. Il est facile de constater que les dénonciations arabes contre le veto US sont rares et d’une mollesse qui tranche avec la sévérité des admonestations adressées à Moscou. Il est clair que tous les peuples finissent pour des raisons plus ou moins morales à se trouver des « amis » chez les puissants. Sauf les Palestiniens. Ils ont droit à des discours sans fin. Des régimes arabes font parfois, sans agir, dans la surenchère verbale sur la cause des Palestiniens. Cela ne change rien au fait que depuis 64 longues années les Palestiniens sont seuls, sans amis. Sans frères. Et cela fait des décennies qu’ils mènent un combat inégal et se heurtent à l’intransigeance des Américains sans que les Arabes se décident à dire basta. C’est plus aisé de s’attaquer aux Russes, ces « athées », ces « communistes sans Dieu », n’est-ce pas ?

Cela fait 64 longues années que les Palestiniens se font tuer et se font traiter de terroristes. Pourquoi donc n’auraient-ils pas droit, comme les Tunisiens, les Égyptiens et les Syriens, à leur « printemps » ? Les gouvernements arabes ne peuvent même pas justifier leur silence actuel par le fait que des groupes palestiniens auraient pris l’initiative de rompre le cessez-le-feu de fait qui régnait à Ghaza. Cette rupture est venue d’Israël qui a assassiné un dirigeant des comités de résistance populaire. Il y a eu une réunion de la Ligue arabe. Elle n’était pas « officiellement » consacrée à Ghaza mais à la Syrie et donc la Ligue arabe n’a rien dit sur le sujet ! La Ligue des États arabes respecte scrupuleusement son ordre du jour, il n’est pas question de se laisser entraîner dans ces agaçantes infos sur les chiens écrasés de Ghaza. Non, les Arabes n’ont rien à dire ! Le Qatar et l’Arabie Saoudite ne donneront pas des armes à Ghaza. Il ne peut en être question même si Hamas a pris le risque de faire valoir son appartenance idéologique en s’alignant avec les régimes du Golfe et les Frères musulmans contre la Syrie et l’Iran. Il n’en peut être question car les Palestiniens font l’objet d’un veto américain permanent qui, pour les régimes du Golfe, ne peut être ni contesté ni dénoncé.

Source : Le Quotidien d'Oran

BAHREIN - POURQUOI LE BAHREIN N'EST PAS LA SYRIE

.....Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie......
...La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)....
Combien émouvant est le fait que le premier anniversaire d’un vrai mouvement arabe pro-démocratie dans le golfe Persique - ensuite impitoyablement écrasé - tombe le 14 février, jour où la Saint-Valentin est célébrée en Occident. Tu parles d’une histoire d’amour vouée à l’échec...
Et comment Washington va-t-il honorer cette histoire d’amour tragique ? En reprenant les ventes d’armes à la dynastie sunnite al-Khalifa au pouvoir à Bahreïn.
Donc, pour récapituler, le président des États-Unis Barack Obama, a dit que le président syrien Bachar al-Assad devait « se retirer et permettre qu’une transition démocratique débute immédiatement », tandis que le roi Hamad al-Khalifa reçoit de nouveaux jouets pour sévir contre ses subversifs et pro-démocratiques sujets.
Obama souffre-t-il de dissonance cognitive ? Bien sûr que non. Après tout la Syrie est soutenue par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Bahreïn accueille la Cinquième Flotte des Etats-Unis - défenseur du « monde libre » contre ces méchants Iraniens qui veulent fermer le détroit d’Ormuz.
Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie.
Tout comme la Tunisie et l’Egypte - et contrairement à la Libye et à la Syrie - le mouvement pro-démocratie à Bahreïn était purement local, légitime, non-violente et non contaminé par l’Occident ni infiltré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).
La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)
L’administration Obama n’a pas éprouvé le besoin de faire main-basse sur la « célébration » de la mobilisation démocratique au Bahreïn par l’envoi d’un grand manitou du département d’Etat.
Tel que rapporté dans l’article le Gulf Daily News, la soi-disant « Voix du Bahrain » (plutôt la voix des al-Khalifa), le secrétaire d’Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a prié le roi Hamad de « diminuer les tensions » - par « la libération des prisonniers politiques, un remaniement partiel du gouvernement et le retrait des forces de sécurité ».
Les demandes de Feltman doivent tenir de la schizophrénie, parce que les prisonniers politiques restent en prison, le remaniement ministériel est cosmétique et les forces de sécurité sont lancées au plus fort de la répression.
Feltman a déclaré que Washington privilégiait un « dialogue national », des solutions « made-in-Bahreïn », et ne voulait pas que des Etats étrangers « s’immiscent dans le processus ». Les Bahreïnis doivent-ils suivre le modèle NATO-GCC appliqué à la Syrie ?
Il a également déclaré : « Les Bahreïnis peuvent compter sur le soutien des États-Unis pour trouver un consensus sur la voie à suivre » et a loué la « sincérité » du prince héritier Salman, également commandant suprême adjoint et chef d’orchestre du dialogue national. Avec des amis comme ceux-ci, le mouvement pro-démocratie à Bahreïn n’a guère besoin d’ennemis.
C’est donc un message de Washington qui tient en peu de mots : faites en sorte que ces gens cessent tout ce bruit, et nous garderons notre base ici pour vous défendre, vous et vos cousins, ​​contre ces masses de pauvres.
La vie à Bahreïn est quelque chose de complètement différent. Ce que les médias américains dominants appellent un « émirat sous tension » est toujours sous une loi martiale de facto. Les manifestants pro-démocratie soit-disant « libérés » - des centaines - sont en fait toujours en prison. Human Rights Watch, à son crédit mais toujours en s’exprimant avec des pincettes, a dit : « Il y a eu peu de demande de comptes pour les actes de torture et les meurtres - des crimes dans lesquels est impliqué le Groupe de défense de Bahreïn ».
Il n’y a aucun compte du tout - en fait.
Anticipant une répression aggravée à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection, le ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux privés de fournir à l’appareil de sécurité le nom de chaque personne blessée. Des centaines de médecins et d’infirmières se voient reprocher d’avoir soigné des manifestants blessés, ont été arrêtés au cours des derniers mois.
L’armée a entouré de fils de fer barbelé tous les accès proches du rond-point Pearl - où le monument des manifestants a été rasé, la métaphore ultime d’une volonté démocratique brisée. Deux citoyens américains, Huwaida Arraf et Radhika Sainath, ont été récemment arrêtés à Manama lors d’une manifestation non-violente et pacifique. Ayat al-Qormozi a été emprisonné parce qu’elle a lu au rond-point Peral un poème critiquant le roi Hamad.
En novembre dernier, la Commission d’enquête indépendante au Bahreïn a accusé les al-Khalifa d’utiliser une « force excessive, y compris l’extorsion d’aveux par la torture sur les détenus ».
Fin janvier, Amnesty International a appelé à « enquêter et rendre compte sur plus d’une douzaine de décès suite à l’utilisation de gaz lacrymogènes » et a appelé Washington à « suspendre les transferts de gaz lacrymogènes et autres équipements anti-émeutes aux autorités de Bahreïn ».
Les forces répressives locales soutenues par l’Arabie saoudite ont souvent recours à des policiers anti-émeute d’origine pakistanaise - sans parler des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes fabriquées aux Etats-Unis et utilisés pour disperser toutes les manifestations anti-gouvernementales, même pacifiques. Des dizaines de personnes âgées et des enfants ont trouvé la mort par asphyxie après que les troupes du régime aient tiré des gaz lacrymogènes dans les zones résidentielles et même dans les maisons.
La répression, soutenue par les troupes de l’Arabie saoudite, a été jusqu’à s’attaquer à des femmes en deuil qui suivaient des cortèges funéraires de manifestants tués par l’appareil de sécurité des al-Khalifa.
Vous n’êtes pas contents ? Tout cela fait partie du « dialogue national » du prince hériter...
Pourtant, même avec une répression qui ne souffre aucun répit, des manifestations exigeant le départ des al-Khalifa ont lieu presque tous les jours. Cette revendication n’a jamais été une demande initiale du mouvement pro-démocratie, mais elle est maintenant reprise depuis l’invasion des troupes de l’Arabie saoudite.
Et pour prouver pour de bon que nous vivons dans un monde qui va dans le sens de ce que disaient les Monty Python, prenez note de cette interview du roi Hamad publié par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Le roi du Bahreïn dit qu’il a demandé au Conseil de Coopération du Golfe d’envahir son pays en mars 2011 « pour protéger les installations stratégiques » - « au cas où l’Iran deviendrait plus agressif ». Téhéran n’avait absolument rien à voir avec les manifestations - provoquées par une monarchie sunnite qui traite la majorité absolue de ses sujets indigènes comme les Émirats arabes unis traitent leurs travailleurs immigrés sud-asiatiques.
Le roi a également déclaré que « nos femmes avaient très peur et il est du devoir d’un gentilhomme de protéger les femmes ». Peut-être, au lieu d’une invasion, de la torture, des meurtres et d’une répression sans répit, le roi aurait pu apaiser les « peurs de ses femmes » avec un don financé par l’État de sacs à main Louis Vuitton.

Source : Info-Palestine