lundi 20 février 2012

Les oppresseurs savent que leurs jours sont comptés...."la liberté ou la mort" De Muhammad Bouazizi à Khadr Adnan

Palestine - 19 février 2012
......Khadr Adnan est l'incarnation d'une nouvelle génération de Palestiniens et d'Arabes qui préfèrent mourir avec honneur que vivre sans dignité.....
Après plus de soixante jours de grève de la faim, le détenu palestinien Khadr Adnan reste ligoté à un lit dans un hôpital israélien de Safad. Monsieur Adnan n'est pas un citoyen israélien, et aucune charge criminelle n'a été portée contre lui. Il est Palestinien, et il a été enlevé chez lui, en Cisjordanie occupée, et emmené de force en Israël. Le droit humanitaire international interdit "les transferts forcés individuels ou de masse, ainsi que les déportations de personnes protégées d'un territoire occupé au territoire de la puissance occupante et sur celui de n'importe quel autre pays, occupé ou non (...) quel qu'en soit le motif." Nous devons admettre que la seule raison pour laquelle cet état de fait perdure depuis si longtemps est que les Israéliens savent que dans ce cas comme dans tant d'autres où ils traitent le droit international avec mépris, ils peuvent agir en toute impunité.Khadr Adnan a été arrêté le 17 décembre 2011. Il a commencé sa grève de la faim dès le deuxième jour de sa séquestration pour protester contre l'ordre "administratif" qui l'a autorisée. Il a choisi cette forme de protestation non violente à cause des tortures, abus et traitements humiliants qu'il a subis pendant l'interrogatoire par les Israéliens.
Les prisonniers palestiniens ont organisé de nombreuses grèves de la faim par le passé. Celle-ci est cependant, et de loin, la plus longue jamais menée par un Palestinien pendant la longue lutte pour la liberté et l'indépendance. Avec le franchissement de la barre des soixante jours, le traitement inhumain qu'inflige Israël au peuple palestinien est une fois encore mis sous le feu des projecteurs internationaux.
Malgré de nombreux appels d'organismes de défense des droits de l'homme et de Richard Falk, le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, Israël a maintenu sa décision barbare. Un parcours rapide des médias israéliens en ligne ou imprimés révèle une partie de la rhétorique la plus répugnante qui cherche à déshumaniser les victimes d'Israël et justifier leurs sévices aux mains de leurs oppresseurs.
Le traitement de Kadr Adnan défie toute logique et explication rationnelle autre qu'une tentative d'humilier et de terroriser un peuple sans défense. Voici un jeune père, titulaire d'une maîtrise en mathématiques et économie ; il n'a aucun antécédent judiciaire, et n'a pourtant rien à attendre sous l'abominable occupation militaire israélienne de sa terre.
Son avocat, Jawad Polis, a été horrifié par le comportement de ses geôliers israéliens lorsque Adhan a été emmené dans la salle à manger de l'hôpital militaire, enchaîné à sa chaise roulante. Il n'y a bien sûr aucune charge enregistrée, aucune preuve d'aucun crime. L'avocat a commenté que seule une mentalité anormalement sadique pouvait orchestrer une telle situation. Après 60 jours de grève de la faim, quelle "menace" cet individu peut-il bien poser à la "sécurité" d'Israël pour justifier qu'il soit enchaîné ?
Ce qui est extraordinaire, c'est que même dans cette situation de vulnérabilité Adnan est indestructible et invaincu. Il est l'histoire du peuple palestinien dans sa lutte contre la colonisation israélienne de la Palestine. Il n'est donc pas étonnant que par dizaines de milliers, appartenant à toutes les factions et tous les âges, les Palestiniens se soient rassemblés vendredi pour manifester leur solidarité avec leur héros.
Dans toute la région, des messages de soutien continuent d'affluer, adressés par des dirigeants politiques d'Egypte et de Tunisie, ainsi que d'organismes régionaux comme le Syndicat des Médecins arabes. Au fil des jours, le cas de Khadr Adnan résonnera plus fort encore dans les capitales arabes ; et si son frêle corps succombe avant qu'il soit libéré, il y aura inévitablement un immense dégoût, une immense indignation contre le soi-disant "Etat juif". Khadr Adnan est l'incarnation d'une nouvelle génération de Palestiniens et d'Arabes qui préfèrent mourir avec honneur que vivre sans dignité.
Vendredi de bonne heure, le ministre palestinien des Affaires des Prisonniers, Eesa Qaraqae' s'est empressé de dissiper des rumeurs selon lesquelles Adnan était mort. Il a exhorté les journalistes à faire preuve d'une extrême prudence et à vérifier les faits avant de publier quoique ce soit sur le cas d'Adnan. Sans entrer dans les détails, il semble que le souvenir de Muhammad Bouazizi est toujours présent à l'esprit de M. Qaraqae'. En faisant le sacrifice ultime de s'immoler, le jeune Tunisien a mis en branle un processus de changement politique et social qui est maintenant irréversible dans tout le Moyen-Orient.
Quoiqu'il arrive dans les jours à venir, le cas de Khadr Adnan marquera peut-être un nouveau tournant, pour le meilleur, dans la lutte palestinienne contre l'injustice et l'oppression israéliennes. Les grévistes de la faim survivent rarement à deux mois de grève. Le légendaire irlandais républicain Bobby Sands est mort après 66 jours ; Khadr Adnan en est maintenant à 63 jours, et le temps est compté. A moins d'un retournement spectaculaire de la situation, l'issue semble prévisible. Toutes les tentatives de chantage des Israéliens ont échoué ; ils lui ont non seulement dit que son épouse avait été infidèle, mais aussi que ses enfants deviendraient des orphelins miséreux.
Pourtant, pendant leur dernière rencontre cette semaine, l'épouse d'Adnan, Randa Jihad Musa, a dit que son époux était déterminé : "la liberté ou la mort".
Le cas de Khadr Adnan est bien plus qu'une protestation individuelle contre le recours arbitraire d'Israël à la détention administrative et sa culture de la torture. Il s'agit du droit d'un peuple à vivre libre et digne sur sa propre terre ; il s'agit de ses efforts pour surmonter les obstacles placés sur son chemin par un ennemi retors et cruel. Après avoir été témoins du re-enlèvement des prisonniers libérés l'an dernier dans l'accord d'échange qui a également vu la libération de Gilad Shalit (qui, ne l'oublions pas, était au moment de sa capture un soldat israélien attaquant les civils de Gaza), les Palestiniens savent que c'est seulement en étant prêts à faire le sacrifice ultime qu'ils seront en mesure de reconquérir leurs droits usurpés.
La courageuse position de principe de Khadr Adnan a une fois encore exposé au grand jour la nature cruelle de l'occupation militaire d'Israël. Les dirigeants de droite de l'Etat israélien continuent d'ignorer les appels à la libération d'Adnan, mais le jour des tyrans finit toujours par venir. Comme le sacrifice de Muhammad Bouazizi a modifié pour toujours la politique de la région, le sacrifice de Khadr Adnan marquera une nouvelle phase dans la lutte palestinienne pour la liberté. L'horloge qui tourne et rapproche le martyr de la mort libératrice est un avertissement à Israël et à ses supporters que leur occupation illégale, injuste et cruelle finira un jour. Ce jour doit venir, et il viendra.

Traduction : MR pour ISM

 

samedi 18 février 2012

Argentine - Royaume-Uni : Malouines ou Falklands? L’enjeu est l’Antarctique !

….Si les Malouines sont une cause globale pour l’Amérique latine, ajoute Pereyra Mele, elles le sont aussi pour les pays riches à cause de leur grande importance stratégique, notamment en contrôlant l’un des points d’étranglement du commerce mondial : le détroit de Magellan….

Dans un contexte mondial où les ressources naturelles énergétiques et alimentaires se raréfient et sont l’objet de convoitise comme jamais entre les grandes puissances et les pays émergents, le différend pour les îles Malouines entre l’Argentine et le Royaume-Uni est en voie de prendre une dimension importante.
Le conflit perdure depuis 1833 quand l’Angleterre envahit l’archipel et en déplace par la force la population argentine pour la remplacer par des Britanniques et d’autres habitants en provenance des nombreuses colonies anglaises.
Depuis, l’Argentine n’a cessé de réclamer sa souveraineté sur les Malouines situées à quelques centaines de kilomètres de ses côtes et baptisées Falklands par les occupants britanniques.
En 1982, pour détourner l’attention de ses crimes odieux, et, selon l’historien britannique, Eric Hobsbawm, suite aux provocations du consortium pétrolier des îles, la Falkland Islands Company, la dictature argentine de Leopoldo Galtieri envahit l’archipel, déclenchant une guerre de deux mois remportée par le Royaume-Uni de Margaret Thatcher.
Depuis ce temps, malgré une résolution de l’ONU enjoignant aux deux parties de régler la dispute par la voie diplomatique, Londres a toujours opposé un arrogant silence aux demandes de dialogue par l’Argentine.
Et, malgré une autre résolution de l’ONU interdisant au Royaume-Uni d’exploiter les ressources de l’archipel (surtout le poisson, les algues et le pétrole), le gouvernement britannique autorise, depuis 2010, l’exploration et l’extraction de pétrole par des entreprises britanniques et vend illégalement des licences de pêche dans les eaux limitrophes de l’archipel.
Par pure provocation, Londres procède aussi aux Malouines à des exercices militaires avec tirs de missiles tandis qu’un navire de guerre patrouille autour des îles qui comptent presque autant de membres du personnel militaire que leurs 3100 habitants.
Mais les temps ont bien changé, car la question des Malouines intéresse maintenant toute l’Amérique latine en voie d’intégration. C’est du moins ce qu’a montré la décision de l’Uruguay d’abord, puis des pays du Mercosur (dont le Brésil) et enfin du Chili, d’interdire leurs ports aux navires battant pavillon des Îles Falklands.
Ce geste de solidarité est le fruit du retour à l’avant-scène de la question des Malouines par la présidente, Cristina Fernandez qui, depuis 2007, insiste inlassablement, dans tous les forums internationaux, pour que le Royaume-Uni respecte les résolutions de l’ONU
En plus du Mercosur, l’Unasur et la CELAC appuient de tout leur poids la revendication argentine dont la présidente Fernandez dit qu’elle « n’est plus une cause argentine, mais une cause globale parce qu’on nous enlève des ressources pétrolières et de pêche. »
Et, quand on en voudra plus, ajoute la présidente en parlant du Royaume-Uni, on ira chercher les ressources là où elles se trouvent parce que, lorsqu’on est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, on peut se permettre impunément de ne pas respecter les règles de cette organisation.
De son côté, frappée durement par la crise économique et financière européenne, Londres a récemment réduit de 8% son budget militaire, mais le premier ministre britannique, David Cameron, affirme que cette réduction n’affectera pas la défense des 16 territoires outre-mer de son pays.
Aussitôt la mesure du Mercosur contre les navires des Falklands annoncée, l’ambassadeur du Royaume-Uni au Chili, Jon Benjamin, accusait les pays latino-américains qui y participent de « bloquer économiquement » les habitants de l’archipel, argument, nous rappelle Diego Ghersi, de l’Agence de presse de l’Amérique du Sud (APAS), que le Royaume-Uni n’a jamais évoqué dans le cas plus gravement criminel de Cuba.
Le premier ministre Cameron, pour sa part, accuse sans rire l’Argentine de visées coloniales, lui dont le pays est tout simplement synonyme de colonialisme!
Enfin, le gouvernement britannique invoque l’autodétermination d’une population transplantée aux Malouines qui « veut rester britannique » et « a le droit de déterminer son propre avenir politique ». On ne négociera jamais la souveraineté des Falklands si les habitants de l’archipel ne le désirent pas, affirme Cameron.
La machine à mentir communicationnelle de l’Occident est à nouveau en marche, écrit David Garcia, également de l’APAS. Cette fois, dit-il, on prépare l’opinion mondiale à accepter la nucléarisation de l’Atlantique-Sud pour défendre les intérêts « légitimes » des britanniques dans la région.
Le journaliste argentin ne pouvait mieux dire puisque, le 31 janvier, Londres annonçait l’arrivée aux Malouines d’un navire de guerre dernier cri, le HMS Dauntless, après que les journaux britanniques eurent révélé l’existence d’un plan de défense des Falklands qui inclurait aussi l’envoi d’un sous-marin nucléaire dans l’archipel.
Ni l’Argentine ni le Royaume-Uni ne peuvent se permettre de perdre les Malouines, analyse pour sa part le spécialiste en géopolitique sud-américaine, Carlos Alberto Pereyra Mele.
L’Argentine a besoin du pétrole de l’archipel puisque, selon les statistiques de 2009 de son Secrétariat de l’énergie, 86,6% de l’énergie consommée dans le pays provient du pétrole et du gaz, tandis que les réserves argentines pour ces deux ressources seront épuisées respectivement dans neuf et sept ans.
Or, entre 2003 et 2010, l’utilisation du pétrole et de ses dérivés a cru de 37,3% tandis que celle du gaz a cru de 23%. Pour combler le déficit, l’Argentine a augmenté par sept ses importations de combustibles qui sont passées d’une valeur annuelle de 549 millions de dollars à 4,5 milliards $.
Pour les Britanniques, l’archipel des Malouines, qui inclut les îles Sandwich du Sud et Georgie du Sud, forme un vaste territoire maritime de 350 milles nautiques qui recèle de grandes richesses.
Si on tient compte de l’Antarctique tout proche (la plus grande réserve d’eau de la planète), la dispute entre le Royaume-Uni et l’Argentine concerne plus de trois millions de kilomètres carrés de plate-forme continentale, ce qui constitue, soutient Pereyra Mele, la plus grande controverse maritime de la planète.
L’Antarctique est le dernier continent terrestre qui reste à exploiter économiquement et, selon plusieurs enquêtes scientifiques, on y trouve plusieurs des ressources énergétiques qui sont en voie d’épuisement dans le monde.
La Grande-Bretagne, qui n’a plus de pétrole en Mer du Nord, a déjà présenté à l’ONU des réclamations territoriales en Antarctique qui se superposent presque aux réclamations chilienne et argentine.
Si les Malouines sont une cause globale pour l’Amérique latine, ajoute Pereyra Mele, elles le sont aussi pour les pays riches à cause de leur grande importance stratégique, notamment en contrôlant l’un des points d’étranglement du commerce mondial : le détroit de Magellan.
De plus, servant de base d’appui à l’OTAN et à la quatrième flotte états-unienne qui patrouille l’Atlantique-Sud, l’archipel participe à l’encerclement de l’Amérique du Sud par les États-Unis, allié stratégique du Royaume-Uni.
Rien ne sert, déplore Diego Ghersi, de dire que les Malouines sont une cause régionale latino-américaine contre l’impérialisme si les organisations créées par l’Unasur « ne fonctionnent pas avec l’urgence que mérite la situation ».
Dans le cas des Malouines comme ailleurs, poursuit Ghersi, il manque à l’Amérique latine une force armée véloce ayant une véritable valeur dissuasive. Persister dans l’ancienne conception de forces armées nationales dépendantes de l’armement étranger et manquant de planification combinée est improductif et va contre les intérêts de l’union régionale.
André Maltais
André Maltais est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. 
Articles de André Maltais publiés par Mondialisation.ca

SYRIE : Préparatifs de la guerre par procuration

...."la mondialisation a consacré une nouvelle logique dans les relations internationales" et que la Syrie est un point-clé de l'agenda occidental pour faire du Moyen-Orient leur sphère d'influence.

.....La situation syrienne a évolué depuis octobre. Elle a surgi depuis comme une lutte géopolitique qui concerne à la fois l'avenir du régime iranien, le contrôle du pétrole du Moyen-Orient et la perpétuation de l'influence prépondérante de l'Occident dans cette région. La Russie et la Chine sentent qu'ils pourraient être expulsés du Moyen-Orient.

Avec le double veto, la seule option disponible pour les USA et leurs alliés est de bafouer à la fois le droit international et la Charte des Nations Unies, et de renverser le régime de Damas. En effet, il n’est pas exclu d'en revenir à la méthode de l'intervention secrète, mais c'est une possibilité éloignée. Selon ce que dit l'ancien agent de la CIA Philippe Giraldi dans le dernier numéro du magazine The American Conservative :

 Des avions banalisés de l'OTAN sont en train d'arriver sur des bases militaires turques à proximité de Iskenderum, à la frontière syrienne, livrant des armes prises des arsenaux de feu Mouammar Kadhafi. Arrivent également des volontaires du Conseil national de transition libyen qui ont l'expérience d'entraîner les volontaires locaux contre des soldats formés, une compétence qu'ils ont acquis face à l'armée de Kadhafi. Iskenderum est également le siège de l'"armée syrienne libre", l'aile armée du Conseil national syrien. Des formateurs des forces spéciales françaises et britanniques se trouvent sur le terrain, assistant les rebelles syriens tandis que la CIA [Central Intelligence Agency] et les "Spec Ops", les unités spéciales US, fournissent des équipements de communication et d'espionnage pour aider la cause des rebelles, permettant aux combattants d'éviter les concentrations de soldats syriens.

Giraldi ajoute que les analystes de la CIA sont eux-mêmes "sceptiques quant à l'approche de la guerre", car ils savent que le décompte des civils tués des Nations unies, fréquemment cité, est largement basé sur des sources rebelles et non corroborées. La CIA a "refusé de soutenir" les affirmations de défections massives de l'armée syrienne. De même, les rapports de batailles rangées entre des déserteurs et des soldats fidèles "semblent être une fabrication : seules quelques défections sont confirmées de façon indépendante".

Si Washington connaît les réalités du terrain en Syrie, Moscou et Pékin les connaissent également. Ainsi, une forme de test de volonté est en train de se développer sur la Syrie. Les USA, ses alliés et la Turquie peuvent augmenter l'intensité des opérations déclarées. Mais la Russie peut également faire augmenter le "coût" politique et militaire de la guerre secrète. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré ce week-end que Moscou "fera tout son possible pour éviter une interférence lourde en Syrie", même si elle "ne peut pas empêcher une intervention militaire dans les affaires syriennes si cette décision est prise par un pays quelconque."

D'autre part, l'Occident n'accepte pas la Russie comme arbitre en Syrie et se cabre contre les tentatives répétées et frustrantes de Moscou pour amener les factions syriennes et le gouvernement au dialogue politique. Moscou sent que la position politique du président Bachar el-Assad est en train de s'affaiblir, tandis que l'Occident calcule que la position russe devient de plus en plus intenable.

L'Occident a choisi d'ignorer la position de la Chine. De toute évidence, l'Occident est dédaigneux sur les prétentions du dragon chinois dans le Moyen-Orient, alors qu'il prend l'ours russe au sérieux, compte tenu de sa vaste expérience historique dans les affaires de cette région. Donc, le barrage de propagande occidental retient la Russie comme un obstacle aux réformes démocratiques et au changement au Moyen-Orient. L'ambassadeur US à l'ONU, Susan Rice, a choisi ses mots avec soin lorsqu’elle a déclaré haut et fort qu'elle se sentait « dégoûtée » par le veto russe.

La Russie est déterminée à ne pas se laisser entraîner dans des guerres par procuration qui ponctionnent les ressources. En revanche, l'Occident est à l'aise puisque le richissime émir du Qatar est prêt à financer les opérations. Encore une fois, abandonner un allié traditionnel au beau milieu de la nuit pourrait sérieusement ternir l'image de la Russie dans le Moyen-Orient. D’autant plus que nous sommes à un moment historique : une nouvelle lutte géopolitique commence, elle pourrait avoir à long terme un impact mondial. Tout au long des dernières décennies, l’Occident a toujours eu pour priorité d’empêcher la Russie, riche en ressources énergétiques, de développer des relations particulièrement amicales avec les riches oligarchies pétrolières du Golfe.

Lavrov et le chef du renseignement russe Mikhaïl Fradkov doivent se rendre à Damas ce mardi (07 février, ndlr). Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué publié dimanche que "la Russie, en consultation avec d'autres pays, est fermement engagée à rechercher la stabilisation la plus rapide de la situation en Syrie, avec une mise en application rapide de transformations démocratiques"

La déclaration s'est félicitée de la prorogation par la Ligue arabe de la mission des observateurs en Syrie, "qui a prouvé son efficacité en tant que facteur d’abaissement de la violence." Le sentiment d'urgence est palpable, mais l'Occident est certain de bloquer la mission de Lavrov.

Cependant, l'Occident ne sait pas trop jusqu’où il peut pousser le bouchon puisque son mandataire, Burhan Ghalioun du soi-disant "Conseil National syrien" (un exilé syrien et universitaire à la Sorbonne) est toujours aussi peu accepté en Syrie même. Même son retour à Damas serait problématique. Et tout cela alors que la guerre civile se propage à l'intérieur de la Syrie. Ainsi, la situation est rapidement en train de prendre l'allure d'une guerre par procuration typique de l'époque de la guerre froide.

La toile de fond est également lourde de parallèles troublants. La Chine a été mise sous pression par les USA depuis leur déclaration de "virage stratégique" vers l'Asie

"Les inquiétudes de la Russie et de la Chine"

Suite à la mise en place d'une base militaire américaine en Australie, Washington est actuellement en pourparlers avec Manille pour accroître la présence militaire étatsunienne en Asie du Sud. Manille est de nouveau disposée à accueillir des navires et des avions de surveillance étatsuniens, a tenir des exercices militaires conjoints et à demander le soutient US, deux décennies après que les forces étasuniennes aient été expulsées de la baie de Subic, autrefois leur plus grande base dans le Pacifique.

Lors de la conférence annuelle sur la sécurité à Munich ce week-end, Pékin a notifié son mécontentement. Le vice-ministre des Affaires étrangères Zhang Zhijun a mis en garde "les pays hors d'Asie" de renoncer à des tentatives de "mettre délibérément en avant un agenda sécuritaire et militaire, de créer des tensions ou de renforcer leur présence ou leur alliances militaires" dans la région, ou "d'imposer leur volonté en Asie". Il a affirmé que "la voie asiatique doit être respectée" et a mis en garde contre "toute tentative de tordre le droit international." Zhang a souligné que la montée de l'Asie "signale une évolution vers un meilleur équilibre dans la structure du pouvoir international."

De manière significative, le Global Times de Pékin a également souligné récemment que la projection par les USA de moyens militaires belligérants ne laisse d'autre choix à Pékin et à Moscou que de réagir. Il a déclaré :

 Jusqu'à présent, Moscou et Pékin se sont relativement retenus, alors que l'OTAN cherche à étendre sa présence stratégique en Europe orientale et que les États-Unis renforcent leurs alliances militaires en Asie. Mais ils ne pourront pas reculer indéfiniment. Pour Pékin aussi bien que pour Moscou, les liens avec les Etats-Unis ont été tendus. Ni l'un ni l'autre ne veut semer des doutes dans leurs relations échaudées. Mais dans les deux pays, un nombre croissant de personnes plaident à présent pour une alliance entre Moscou et Pékin. Les deux pays ont des contre-mesures à l’égard des États-Unis, et ils sont capables de dissuader les alliés des USA. S’ils sont vraiment déterminés à joindre leurs mains, l'équilibre des pouvoirs sur beaucoup d'enjeux mondiaux commencera à évoluer.

De même, les liens de Moscou avec l'Occident se sont détériorés. Les pourparlers américano-russes sur le bouclier anti-missiles sont dans l'impasse. Washington rejette le plaidoyer de Moscou pour une garantie juridiquement contraignante que le déploiement du bouclier US en Europe n'aura pas d'impact sur la dissuasion stratégique de la Russie.

Dmitri Rogozine, le vice-Premier ministre russe, a déclaré à Moscou récemment que les États-Unis et ses alliés de l'OTAN ont à l'heure actuelle 1.000 missiles capables d'intercepter les missiles balistiques intercontinentaux russes, couvrant toute la Russie européenne, jusqu'aux montagnes de l'Oural. Il a déclaré :

 Il n'existe aucune garantie qu'après que les première, deuxième et troisième phases [du projet US de bouclier anti-missiles] soient terminées, il n’y aura pas de quatrième, cinquième et sixième phases. Pensez-vous vraiment qu'ils vont mettre fin à toutes leurs technologies après 2020 ? C'est absurde ! Ils iront de l'avant avec le développement et le renforcement de paramètres techniques de leurs missiles intercepteurs et des capacités de leurs systèmes d'avertissement [de défense antimissile].
  
 Le fait que le système de défense antimissile peut frapper les missiles stratégiques, et le fait que ces bases et ces flottes soient déployées dans les mers du Nord démontre l'évidente nature anti-russe de la défense antimissile US.

Clairement, le double veto russe et chinois sur la résolution syrienne représente une action coordonnée pour défier les USA dans leur marche triomphaliste de la Libye vers la Syrie et l'Iran. Lavrov a parlé à son homologue chinois Yang Jiechen juste avant le vote au Conseil de sécurité. Alors qu'il posait son veto, l'ambassadeur chinois à l'ONU Li Baodong a déclaré que "la Chine soutient les propositions révisées soulevées par la Russie."

L'agence de nouvelles Xinhua a commenté que le double veto "visait à poursuivre la recherche d'un règlement pacifique" en Syrie et à "prévenir d'éventuelles solutions radicales et risquées". L'article expliquait de façon insistance les "préoccupation de la Russie et de la Chine" sur la Syrie. Les commentaires chinois soulignent que "la mondialisation a consacré une nouvelle logique dans les relations internationales" et que la Syrie est un point-clé de l'agenda occidental pour faire du Moyen-Orient leur sphère d'influence.
Source originale : asiatimes, puplié le 7 février 2012.
Traduit de l'anglais par Alerte-Otan et Investig'Action
Version française publiée sur michelcollon.info, le 12 février 2012.










































vendredi 17 février 2012

L’Amérique Latine devient « El Dorado » moderne pour les émigrants espagnols - La faim pousse encore une fois les Européens vers l’Amérique Latine

« Marcheur si tu vas par ma terre conte ma longue nostalgie Que je passe mon temps, en regardant au loin En espérant un jour qu’une lettre arrive » Horacio Guaraní -
La sévère crise économique qui secoue les États-Unis et spécialement l’Union Européenne, en détruisant en passant la classe moyenne et en transformant les pauvres en indigents, a obligé des milliers d’hommes et de femmes à grossir les files de nouveaux immigrants appelés les « réfugiés de la crise ».
Il n’y a pas de mots exacts pour exprimer ce que cela signifie pour l’homme et ce qu’il ressent de se voir obligé de laisser son pays natal et ses êtres chers. Le poète paraguayen, Fernando Fernández a dit dans son poème « Être Immigrant » ce que cela implique de :
« se risquer dans l’inconnu en cherchant son horizon avec meilleur futur qui t’offre un avenir où déjà ne manque pas le pain pour les tiens ».
Les nouveaux candidats à l’émigration ne sont pas des latinoaméricains faisant de longues queues dans les consulats étasunienne ou espagnols, mais des Européens et spécialement, des Espagnols, Grecs, Italiens, Irlandais et Portugais, cherchant leur chance en Amérique Latine.
Ont aussi commencé à retourner vers leurs terres, ces Latinoaméricains qui dans les années 1980 et 1990 ont fui la violence et la misère dans laquelle leurs pays étaient plongés. Maintenant la situation est renversée et tandis que l’Europe expérimente une pente vertigineuse due à la dépression, l’Amérique Latine montre une croissance économique stable.
La mondialisation a commencé après la Deuxième Guerre mondiale d’abord, avec la destruction de la famille traditionnelle en Amérique du Nord et en Europe qui fut perçue par les créateurs de ce processus, à l’instar de leurs conseillers psychologues, comme un frein pour la main-d’œuvre facilement mobile d’un lieu à un autre du pays ou de la planète.
Maintenant avec cette crise le tour est arrivé pour les pays européens les plus vulnérables économiquement de perdre leur souveraineté. L’intention de la chancelière allemande Angela Merkel de nommer un contrôleur de l’Union Européenne (UE) pour contrôler le budget du gouvernement de la Grèce et qui a catégoriquement échoué, indique clairement où va le processus de mondialisation.
Les mesures d’austérité et les prêts aux banques qui dépassent le million de millions d’euros sans aucun plan concret pour la croissance économique et pour le remboursement de ces prêts, détruisent les structures socio-économiques des pays européens.
Selon les statistiques de l’UE, le nombre de pauvres a augmenté entre 2007 et 2009 de 85 à 115 millions et il est estimé actuellement à environ 120 millions. Face à ce fait, il ne reste aux gouvernants pas d’autre alternative que dire aux jeunes, comme l’a exprimée l’ex-banquier et actuel Premier ministre italien Mario Monti que ceux-ci doivent perdre l’habitude d’ avoir un travail fixe qui « est monotone » et que c’est « bien mieux d’accepter des défis ».
Ce que Mario Monti a oublié de dire, c’est qu’en Italie il y a près d’un million de jeunes entre 25 et 35 ans ayant une formation professionnelle qui ne peuvent trouver d’emploi. Et que dire de ceux qui n’ont pas de profession ?
De cette façon, il ne reste aux jeunes aucune autre alternative professionnelle que d’abandonner leur pays où le taux du chômage, comme en Espagne, est déjà proche de 30 % et, pour les jeunes tourne autour de 40 % sans qu’aucune perspective de solution ne soit en vue . Selon un rapport de la BBC, en 2011, 445 130 étrangers et 62 611 citoyens espagnols ont fui l’Espagne. Le Recensement électoral des Espagnols Résidants à l’Etranger montre que depuis le début de la crise en 2008 , plus 300 000 personnes ont abandonné le pays. En même temps, l’étude d’Adecco montre qu’autant se préparent à abandonner le pays. La majorité se dirige actuellement vers des pays latinoaméricains au lieu des États-Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou de la Norvège comme le faisaient leurs prédécesseurs.
Le Brésil est l’un des pays qui offre le plus d’occasions aux professionnels grâce au boom de son économie et aux facilités qu’offre le gouvernement . La politique de l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva et de l’actuelle présidente Dilma Rousseff, d’affronter la crise mondiale grâce au développement du marché interne en stimulant la consommation domestique avec audace et discipline porte ses fruits. Malgré tous les pronostics pessimistes de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, l’économie du Brésil a progressé ces trois dernières années de plus de 5 % par an. Aussi il n’est pas étonnant qu’un professionnel de la banque gagne plus à San Paolo qu’à Wall Street. Selon le conseil en recrutement Michael Page, 30 % des candidats pour des postes au Brésil sont espagnols, portugais et français, sans prendre en considération les professionnels brésiliens qui reviennent de l’étranger.
Un autre pays qui attire les professionnels européens est l’Argentine. Pour la deuxième fois après la Guerre civile, l’Amérique Latine et spécialement l’Argentine tend la main aux émigrants espagnols qui cherchent un avenir sûr. Actuellement sut les 1 389 916 Espagnols qui vivent à l’étranger, 22 % sont en Argentine et seulement entre 2010 et 2011 environ 50 000 professionnels espagnols, notamment venant de la Galice, sont arrivés dans le pays à la recherche d’un emploi et d’un salaire digne. Le pays gaucho prospère grâce à son propre programme économique pratiquement contraire aux recettes de la BM et du FMI, ignorant l’austérité démesurée imposée par les banques en Europe face à la dépression et renforçant l’État de bien-être du peuple.
L’Amérique Latine devient « El Dorado » moderne pour les émigrants espagnols. Ceux qui n’arrivent pas au Brésil et en Argentine vont vers l’Uruguay et le Chili. Selon les statistiques d’Immigrations de ces pays, en 2011 on a enregistré l’arrivée de 6 800 Espagnols pour l’Uruguay et 6 400 pour le Chili. La majorité sont des spécialistes en énergie, environnement, ingénierie, informatique, pêche et agroalimentaire, la majorité ont trouvé un emploi.
Les anciens grecs disaient que « la mémoire est une sœur du temps et parfois celle-ci se perd dans les bras de son frère ». Il y a peu les immigrants latinoaméricains qui cherchaient aussi un avenir différent en Espagne ont été traités avec arrogance et un certain mépris en étant appelés des « sudacas ». Maintenant ce sont les « sudacas » qui offrent un gilet de sauvetage aux Espagnols et ils n’ exigent même pas de visa pour arriver, cependant cela continue d’être presque impossible pour certains Latinoaméricains d’obtenir un visa pour l’Europe. Paradoxalement la Russie est l’unique pays où ils peuvent arriver sans visa.
L’humanité apprendra-t-elle une fois cette leçon pour sortir du cercle vicieux du racisme et de l’inégalité ?
RIEZ Novosti. Russie, le 10 février 2012

La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN ?

L’Armée syrienne libre (ASL) est une création des États-Unis et de l’OTAN. Le but de cette insurrection armée est de déclencher une réaction de la police et des forces armées, incluant l’emploi de chars d’assaut et de véhicules blindés afin de justifier tôt ou tard une intervention militaire, en vertu du mandat de « responsabilité de protéger » de l’OTAN.

…Les mensonges médiatiques et la propagande gouvernementale présentent les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique ».
Les « manifestations » ne sont pas issues de clivages politiques internes tels que décrits par les médias dominants. Depuis le tout début ils sont le résultat d’une opération clandestine du renseignement des États-Unis et de l’OTAN visant à déclencher le chaos social, dans le but de discréditer tôt ou tard le gouvernement de Bachar Al-Assad et de déstabiliser la Syrie en tant qu’État nation.
Depuis la mi-mars 2011, des groupes islamistes armés, appuyés clandestinement par les services de renseignement étasunien et israélien, ont mené des attaques terroristes contre des édifices gouvernementaux, incluant des incendies. Des tireurs professionnels et embusqués, dont des mercenaires, ont ciblé les policiers, les forces armées, ainsi que des civils innocents. Ces faits sont amplement documentés. Tel que souligné dans le rapport de la mission d’observation de la Ligue arabe, il existe des preuves abondantes démontrant que ces groupes armés ont tué des civils.
Alors que l’armée et le gouvernement syriens ont une lourde responsabilité, il convient de souligner le fait que ces actes terroristes, incluant le meurtre délibéré d’hommes, de femmes et d’enfants, font partie d’une initiative des États-Unis de l’OTAN et d’Israël consistant à appuyer, entraîner et financer une « entité armée » opérant en Syrie.
Selon des reportages, les preuves confirment que des agents du renseignement étrangers ont intégré les rangs des rebelles.
Au moment où l’agitation et les meurtres s’intensifient dans l’État arabe en effervescence, des agents du MI6 et de la CIA sont déjà en Syrie pour évaluer la situation, a révélé un représentant de la sécurité. Des forces spéciales discutent par ailleurs avec des soldats syriens dissidents. Ils veulent savoir de quelles armes et de quels équipements de communication les forces rebelles auront besoin si le gouvernement décide de les aider.
« Le MI6 et la CIA sont en Syrie pour s’infiltrer et obtenir la vérité », a déclaré une source bien placée. « Nous avons le SAS et le SBS tout près qui désirent savoir ce qui se passe et vérifient de quel équipement les soldats ont besoin. » (Syria will be bloodiest yet, Daily Star). (C’est l’auteur qui souligne)
L’Armée syrienne liber (ASL) est une création des États-Unis et de l’OTAN. Le but de cette insurrection armée est de déclencher une réaction de la police et des forces armées, incluant l’emploi de chars d’assaut et de véhicules blindés afin de justifier tôt ou tard une intervention militaire, en vertu du mandat de « responsabilité de protéger » de l’OTAN.
Une intervention menée par l’OTAN est à l’étude. Elle a été ébauchée avant le début du mouvement de protestation en mars 2011. Selon des sources de l’armée et du renseignement, l’OTAN, la Turquie et l’Arabie Saoudite discutent de « la forme que prendrait cette intervention ».
Des agents des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles. Le ministère de la Défense britannique confirme pour sa part qu’il « élabore des plans secrets pour une zone d’exclusion aérienne sous l’égide de l’OTAN [en coordination avec ses alliés], mais qu’il doit d’abord obtenir l’appui du Conseil de sécurité des Nations Unies. (Syria will be bloodiest yet, Daily Star). Selon ces plans confidentiels, « le combat en Syrie pourrait être plus important et plus sanglant que celui contre Kadhafi ». (Ibid.)
On envisage une intervention militaire « humanitaire » calquée sur celle de la Libye. Les Forces spéciales de l’OTAN britanniques, françaises, qataries, et turques sont déjà sur le terrain en Syrie, en violation flagrante du droit international. Des reportages de sources militaires britanniques confirment :
« Des forces spéciales britanniques ont rencontré des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) […] Le but apparent de ce contact initial était d’évaluer la puissance des rebelles  et d’ouvrir la voie à toute opération future de formation […] Des reportages plus récents ont révélé que les forces spéciales britanniques et françaises entraînent activement les membres de l’ASL sur une base en Turquie. D’autres reportages indiquent que des formations ont lieu en Libye ainsi qu’au nord du Liban. Des agents britanniques du MI6 et du personnel de l’UKSF (SAS/SBS) entraîneraient des rebelles pour la guérilla urbaine et leur fourniraient des armes et de l’équipement. Des agents de la CIA et des forces spéciales étasuniens assisteraient quant à eux les rebelles en matière de communications. » (Elite Forces UK, 5 janvier 2012 (C’est l’auteur qui souligne)

Le contexte sociopolitique en Syrie

Il existe certainement de bonnes raisons à l’origine des troubles sociaux et des manifestations de masse en Syrie : le chômage s’est accru ces dernières années, les conditions sociales se sont détériorées, particulièrement depuis l’adoption en 2006 de réformes économiques radicales sous la direction du FMI. Celles-ci comprennent des mesures d’austérité, un gel des salaires, la déréglementation du système financier, la privatisation et des réformes commerciales. (Voir le site du FMI — IMF Article IV Consultation Mission's Concluding Statement,  2006).
Par ailleurs, il y a de sérieuses divisions au sein du gouvernement et de l’armée. Le cadre politique populiste du parti Baath s’est grandement érodé. Une des factions de l’élite dirigeante a épousé l’agenda néolibéral et l’adoption de la « médecine économique » du FMI a servi à enrichir l’élite économique. Les factions pro étasuniennes se sont également développées dans les échelons supérieurs de l’armée et du renseignement syriens.
Mais le mouvement « pro démocratie » intégré par les islamistes et appuyé par l’OTAN et la « communauté internationale » n’émane pas du soutien de la société civile syrienne.
La vague de manifestations violentes représente une infime fraction de l’opinion publique syrienne. Il s’agit d’actes terroristes de nature confessionnelle qui n’abordent aucunement les questions plus vastes des inégalités sociales, des droits civiques et du chômage.
La majorité de la population syrienne (incluant les opposants du gouvernement Al-Assad) n’appuient pas le « mouvement de protestation » caractérisé par une insurrection armée. En réalité, c’est plutôt le contraire.
Ironiquement, malgré sa nature autoritaire, le gouvernement du président Bachar Al-Assad jouit d’un appui populaire considérable et les grands rassemblements en faveur du gouvernement le confirment.
La Syrie constitue le seul État laïque indépendant (subsistant) dans le monde arabe. Sa base populiste, anti-impérialiste et laïque héritée du parti Baath dominant intègre les musulmans, les chrétiens et les druzes, et appuie la lutte du peuple palestinien.
L’objectif ultime de l’alliance des États-Unis et de l’OTAN est de déplacer et de détruire l’État syrien laïque et finalement de remplacer le gouvernement de Bachar Al-Assad par un territoire régi par un cheik, une république islamique pro-étasunienne ou une « démocratie » pro-étasunienne conciliante.

L’insurrection : le modèle libyen

Les caractéristiques de l’insurrection en Syrie sont semblables à celle de la Libye : elle est intégrée par des brigades paramilitaires affiliées à Al-Qaïda, lesquelles sont directement appuyées par l’OTAN et la Turquie.

Des reportages confirment que le haut commandement de l’OTAN et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles et les entraînent : « Les stratèges de l’OTAN pensent davantage à délivrer des quantités importantes de roquettes antichars et antiaériennes, des mortiers et des mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les manifestations afin de repousser les forces armées gouvernementales. » (DEBKAfile,NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011)

« Des sources militaires confirment par ailleurs que des rebelles syriens s’entraînent avec des officiers militaires turcs au maniement des nouvelles armes dans des installations improvisées sur des bases turques près de la frontière syrienne. » (DEBKAfile, Ibid.)  Des reportages récents confirment que des forces spéciales britanniques et qataries sont sur le terrain dans la ville de Homs, qu’elles sont impliquées dans la formation des forces rebelles et organisent la réserve d’armes en collaboration avec l’armée turque.
Comme ce fut le cas en Libye, l’Arabie Saoudite achemine un soutien financier aux forces rebelles syriennes : « Ankara et Riyad fourniront aux mouvements anti-Assad d’importantes quantités d’armes et des fonds, qui seront introduits clandestinement en Syrie. Le déploiement de troupes saoudiennes et du Conseil de coopération du Golfe au sud de la Syrie est par ailleurs envisagé en coordination avec la Turquie. (Ibid.)

Les activités de l’OTAN ne se limitent pas à la formation des rebelles et à la livraison de systèmes d’armes. On songe au recrutement de milliers de « combattants de la liberté », rappelant l’enrôlement des moudjahidines pour faire le djihad (guerre sainte) de la CIA au paroxysme de la guerre soviéto-afghane :
Ce recrutement de moudjahidines faisait partie de la stratégie de l’OTAN en Libye, où l’on envoyait les forces mercenaires se battre sous la direction de l’« ancien » commandant du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) Abdel Hakim  Belhadj.

Le modèle libyen de forces rebelles intégrées par les « brigades islamiques » aux côtés de l’OTAN a été appliqué à la Syrie, où sont déployés des « combattants islamistes » appuyés par le renseignement occidental et israélien. À cet égard, la brigade du GICL dirigée par Abdel Hakim a été envoyée en Syrie, où elle est impliquée dans des actes terroristes sous la supervision des forces spéciales de l’OTAN.

L’ambassadeur étasunien Robert S. Ford a été envoyé à Damas à la fin janvier 2011, au plus fort du mouvement de protestation en Égypte. (L’auteur était à Damas le 27 janvier 2011 lorsque l’envoyé de Washington a présenté ses lettres de créance au gouvernement Assad.)
Au début de ma visite en Syrie en janvier 2011, j’ai réfléchi à la signification de cette nomination politique et au rôle qu’elle pourrait jouer dans un processus clandestin de déstabilisation politique. Je n’ai toutefois pas anticipé que ce programme de déstabilisation serait implanté à peine deux mois après l’entrée en fonction de Robert S. Ford à titre d’ambassadeur des États-Unis en Syrie.
Le retour d’un ambassadeur des États-Unis à Damas, plus précisément le choix de Robert S. Ford à ce poste, est directement lié à naissance du mouvement de protestation contre le gouvernement de Bachar Al-Assad à la mi-mars.
Robert S. Ford était l’homme de la situation. En tant que « numéro deux » à l’ambassade étasunienne de Bagdad (2004-2005), sous la direction de John D. Negroponte, il a joué un rôle clé dans l’implantation de l’« Option Salvador en Irak ». Celle-ci consistait à appuyer des escadrons de la mort irakiens et des forces paramilitaires calquées sur l’expérience de l’Amérique centrale.

Il convient de noter que le chef de la CIA nouvellement nommé par Obama, le général David Petraeus, a influencé de manière décisive l’organisation d’un soutien clandestin aux forces rebelles et aux « combattants de la liberté », ainsi que l’infiltration des forces armées et du renseignement syriens, etc. À l’ambassade des États-Unis à Bagdad en 2004, en coordination avec John Negroponte et Robert S Ford, Petreus a dirigé le programme de « contrinsurrection » Multi-National Security Transition Command (MNSTC) (Commandement multinational pour la transition de la sécurité en Irak).

Le rôle insidieux des médias occidentaux

Le rôle de l’alliance militaire des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël dans l’éclatement de l’insurrection armée n’est pas abordé par les médias occidentaux. En outre, plusieurs « voix progressives » ont accepté aveuglement le « consensus de l’OTAN ». Le rôle des opérations clandestines de renseignement de la CIA et du MI6 dans le soutien des groupes armés n’est tout simplement pas mentionné. Selon certains reportages, des groupes paramilitaires salafistes impliqués dans des actes terroristes sont appuyés clandestinement par le renseignement israélien (Mossad). Les Frères musulmans sont soutenus par la Turquie ainsi que le MI6, les Services secrets britanniques (SIS), depuis les années 1950.

De manière plus générale, les médias occidentaux ont induit l’opinion publique en erreur quant à la nature du mouvement arabe de contestation en n’abordant pas l’appui du département d’État des États-Unis et des fondations étasuniennes (dont le National Endowment for Democracy (NED)) à des groupes d’oppositions pro-étasuniens.

Fait connu et documenté, le département d’État des États-Unis « finance des opposants du président Bachar al-Assad depuis 2006 ». (U.S. admits funding Syrian opposition - World - CBC News  18 avril 2011.)

Les médias ont maintenu que le mouvement de contestation en Syrie faisait partie intégrante du « printemps arabe » et l’ont présenté à l’opinion publique comme un mouvement de contestation pro démocratie s’étant propagé spontanément de l’Égypte et du Maghreb au Machreq. Il y a tout lieu de croire cependant que les événements en Syrie ont été planifiés longtemps à l’avance en coordination avec le processus de changement de régime dans d’autres pays arabes, incluant l’Égypte et la Tunisie.

L’éclatement du mouvement de protestation au sud de la ville frontalière de Daraa a été soigneusement prévu pour suivre les événements en Tunisie et en Égypte.

Les médias ont décrit en chœur les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique » contre le gouvernement de Bachar al-Assad, alors que les preuves confirment amplement que des groupes islamistes armés sont impliqués dans des actes terroristes. Ces mêmes groupes islamistes ont infiltré les manifestations.

Les déformations médiatiques abondent. D’importantes manifestations progouvernementales sont simplement présentées comme « preuves » (des photographies entre autres) de l’existence d’un mouvement de contestation antigouvernemental. Les reportages sur les pertes sont basés sur des témoignages non confirmés de « témoins oculaires » ou des sources de l’opposition syrienne en exil. L’Observatoire syrien des droits de l’homme, situé à Londres est cité à profusion par les médias occidentaux comme une « source fiable », avec les mises en garde habituelles. Les médias israéliens, tout en évitant la question d’une insurrection armée, reconnaissent tacitement que les forces syriennes sont confrontées à un groupe paramilitaire professionnel organisé.

L’absence de données vérifiables n’a pas empêché les médias occidentaux d’avancer des « chiffres officiels » quant au nombre des victimes. Quelles sont les sources de ces données? Qui est responsable de ces pertes?

Carrefour dangereux : Vers une guerre élargie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale

L’escalade fait partie intégrante du programme militaire. La déstabilisation d’États souverains par des « changements de régime » est étroitement coordonnée avec la planification militaire. Il existe une feuille de route militaire caractérisée par une succession de théâtres de guerre des États-Unis et de l’OTAN.

Les préparatifs de guerre pour attaquer la Syrie et l’Iran sont à un « stade de préparation avancé » depuis plusieurs années.

Les planificateurs des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël ont tracé les grandes lignes d’une campagne militaire « humanitaire », dans laquelle la Turquie (la deuxième plus grande force militaire au sein de l’OTAN) jouerait un rôle central.

Nous sommes à un carrefour dangereux. Si une opération militaire des États-Unis et de l’OTAN était lancée contre la Syrie, le vaste territoire qui s’étend du nord de l’Afrique aux frontières de l’Afghanistan et du Pakistan bordant la Chine, soit la région Moyen-Orient et de l’Asie centrale, serait engouffré dans le bouleversement d’une guerre régionale élargie.
Il y a actuellement quatre théâtres de guerre distincts : l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak, la Palestine et la Libye.
Une attaque contre la Syrie mènerait à l’intégration de ces théâtres de guerres indépendants et conduirait tôt ou tard à une guerre élargie au Moyen-Orient et à l’Asie centrale.
Le chemin qui mène à Téhéran passe par Damas. Une guerre sous l’égide des États-Unis et de l’OTAN contre l’Iran impliquerait comme première étape une campagne de déstabilisation (« changement de régime ») comportant des opérations clandestines de renseignement en appui à des forces rebelles contre le gouvernement syrien.
Une guerre contre la Syrie pourrait évoluer en campagne militaire des États-Unis et de l’OTAN contre l’Iran, dans laquelle la Turquie et Israël seraient directement impliqués. Elle contribuerait également à la déstabilisation en cours du Liban.

Il est crucial de faire passer le message et de briser les réseaux de la désinformation médiatique.

Une vision critique et impartiale des événements actuels en Syrie est d’une importance cruciale afin d’inverser le cours de l’escalade militaire vers une guerre régionale élargie.

Michel Chossudovsky, Montréal, le 11 février 2012
Article original en anglais publié le 11 février : SYRIA: NATO's Next "Humanitarian" War?
Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
Michel Chossudovsky est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca





Lettre d'amour d'Adriana à Gérardo "S'il te plait,reviens bientot,j'ai besoin de toi"....

Nous reproduisons une lettre qu'Adriana Perez O'Connor a envoyé à son mari Gerardo Hernandez, emprisonné à Victorville, Californie, et condamné à deux perpétuités plus 15 ans. Gerardo Hernandez fait partie de ces cinq Cubains qui avaient infiltré, en Floride, les réseaux terroristes coupables d'attentats à La Havane. En mission, ces agents du contre-terrorisme ont été arrêtés en 1998 par les autorités US pour... terrorisme ! Ils ont été condamnés à des peines qui dépassent l'entendement. Seul l'un d'entre eux a été relâché. Malgré une très forte mobilisation internationale et la dénonciation par Amnesty International d'un procès inéquitable, la Cour suprême des Etats-Unis refuse de revoir le jugement.
Mon amour, la fête des amoureux arrive et une fois de plus, nous sommes séparés. Tous les ans, nous disons la même chose : celui-ci sera le dernier.

 Je veux me réveiller à tes côtés et t'embrasser comme le feront la majorité des couples que j'envie aujourd'hui. Droit qu'on nous a enlevé pour longtemps, plus de 14 ans sans t'embrasser, sans te toucher, me résignant à n'entendre ta voix qu'au téléphone, lorsque cela est possible, une carte postale ou quelques détails grâce à l'ingéniosité qui te caractérise et au soutien solidaire de ceux qui s'efforcent de nous arracher un sourire de bonheur.

En reprenant des papiers et des photos, je me suis arrêtée devant les dernières que nous avons prises le jour de mon anniversaire en janvier 1998 et je ne peux cesser de penser comme nous étions heureux, en général et ce jour-là en particulier, nos yeux le disaient.

« Où est mon printemps ? Où s'est caché le soleil qui a oublié mon jardin et qui a fané mon âme ? », comme dit la chanson.

Je me suis surprise à rêver que tu étais libre, de retour à la maison avec moi et en t'embrassant avec force, je te demandais de ne plus me laisser seule. Que vienne ce moment, comme tu as l'habitude de le dire.

Pour cela, en ce jour de bonheur, d'idylle et de cadeaux, je ne trouve pas de meilleur présent pour toi que de t'offrir mon futur car tu es déjà le maître de mon passé et de mon présent.

BONNE FÊTE !!!
S'il te plaît, reviens vite, j'ai besoin de toi, je t'aime.

Ton Bonsaï
Source : Ivestig'Action

KARL MARX - 1818 1883 - BIOGRAPHIE PAR LENINE 1914

Karl Marx naquit le 5 mai 1818 à Trèves ( Prusse rhénane ). Son père, un avocat israélite, se convertit en 1824 au protestantisme. Aisée et cultivée, sa famille n'était pas révolutionnaire. Après avoir terminé le Lycée de Trèves, Marx entra à l'Université de Bonn, puis à celle de Berlin; il y étudia le droit, mais surtout l'histoire et la philosophie. En 1841, il achevait ses études en soutenant une thèse de doctorat sur la philosophie d'Epicure. A cette époque, ses conceptions faisaient encore de Marx un idéaliste hégélien [1]. A Berlin, il fit partie du cercle des " hégéliens de gauche " ( comprenant, entre autres, Bruno Bauer[2] ), qui cherchaient à tirer de la philosophie de Hegel des conclusions athées et révolutionnaires.

A sa sortie de l'université, Marx se fixa à Bonn, où il comptait devenir professeur. Mais la politique réactionnaire d'un gouvernement qui avait retiré sa chaire à Ludwig Feuerbach[
3] en 1832 lui avait de nouveau refusé l'accès à l'université en 1836 et, en 1841, avait interdit au jeune professeur Bruno Bauer de donner des conférences à Bonn, obligea Marx à renoncer à une carrière universitaire.

A cette époque, le développement des idées de l'hégélianisme de gauche faisait de très rapides progrès en Allemagne. Ludwig Feuerbach commence, surtout à partir de 1836, à critiquer la théologie et à s'orienter vers le matérialisme qui, en 1841, l'emporte chez lui entièrement ( Essence du christianisme ); en 1843 paraissent ses Principes de la philosophie de l'avenir. " Il faut avoir éprouvé soi-même l'action libératrice " de ces livres, écrivait plus tard Engels à propos de ces ouvrages de Feuerbach. " ... nous [c'est-à-dire les hégéliens de gauche, Marx y compris] fûmes tous d'emblée des "feuerbachiens" " . A cette époque, les bourgeois radicaux de Rhénanie, qui avaient certains points de contact avec les hégéliens de gauche, fondèrent à Cologne un journal d'opposition, la Gazette rhénane ( qui parut à partir du 1er janvier 1842 ).

Marx et Bruno Bauer y furent engagés comme principaux collaborateurs et, en octobre 1842, Marx en devint le rédacteur en chef; il quitta alors Bonn pour Cologne. Sous la direction de Marx, la tendance démocratique révolutionnaire du journal s'affirma de plus en plus, et le gouvernement, après avoir soumis le journal à une double et même triple censure, décida ensuite, le 1er avril 1843, de le suspendre complètement. A cette date, Marx se vit obligé de quitter son poste de rédacteur, mais son départ ne sauva pas le journal, qui fut interdit en mars 1843. Au nombre des articles les plus importants que Marx publia dans la Gazette rhénane , Engels cite un article sur la situation des vignerons de la vallée de la Moselle. Son activité de journaliste avait montré à Marx que ses connaissances en économie politique étaient insuffisantes, aussi se mit-il à étudier cette discipline avec ardeur

En 1843, Marx épousa à Kreuznach Jenny von Westphalen, une amie d'enfance, à laquelle il s'était fiancé alors qu'il poursuivait encore ses études. Sa femme était issue d'une famille aristocratique réactionnaire de Prusse. Le frère aîné de Jenny von Westphalen fut ministre de l'Intérieur en Prusse à l'une des époques les plus réactionnaires: 1850-1858. A l'automne 1843, Marx se rendit à Paris pour éditer à l'étranger une revue radicale avec Arnold Ruge ( 1802-1880; hégélien de gauche, emprisonné de 1825 à 1830 et émigré après 1848; bismarckien après 1866-1870 ). Seul parut le premier fascicule de cette revue intitulée les Annales franco-allemandes dont la publication s'arrêta par suite des difficultés de diffusion clandestine en Allemagne et de divergences avec Ruge. Dans ses articles publiés par cette revue, Marx nous apparaît déjà comme un révolutionnaire qui proclame " la critique implacable de tout ce qui existe " et en particulier la " critique des armes " , et fait appel aux masses et au prolétariat


En septembre 1844, Friedrich Engels vint à Paris pour quelques jours, et devint dès lors l'ami le plus intime de Marx. Tous deux prirent part à la vie intense qui était à l'époque celle des groupes révolutionnaires de Paris ( particulièrement importante était alors la doctrine de Proudhon, à qui Marx régla catégoriquement son compte dans Misère de la philosophie, parue en 1847 ) et, combattant avec âpreté les diverses doctrines du socialisme petit-bourgeois, ils élaborèrent la théorie et la tactique du socialisme prolétarien révolutionnaire, ou communisme ( marxisme ). En 1845, sur la requête du gouvernement prussien, Marx fut expulsé de Paris comme révolutionnaire dangereux. Il s'installa à Bruxelles. Au printemps 1847, Marx et Engels s'affilièrent à une société secrète, la " Ligue des communistes " , et jouèrent un rôle de premier plan au IIe Congrès de cette Ligue ( Londres, novembre 1847 ). A la demande du Congrès, ils rédigèrent le célèbre Manifeste du Parti communiste, publié en février 1848. Cet ouvrage expose avec une clarté et une vigueur remarquables la nouvelle conception du monde, le matérialisme conséquent étendu à la vie sociale, la dialectique, science la plus vaste et la plus profonde de l'évolution, la théorie de la lutte des classes et du rôle révolutionnaire dévolu dans l'histoire mondiale au prolétariat, créateur d'une société nouvelle, la société communiste


Lorsque éclata la Révolution de Février 1848, Marx fut expulsé de Belgique. Il revint à Paris qu'il quitta après la Révolution de Mars, pour retourner en Allemagne et se fixer à Cologne. C'est là que parut, du 1er juin 1848 au 19 mai 1849, la Nouvelle Gazette rhénane dont Marx fut rédacteur en chef. La théorie nouvelle se trouva brillamment confirmée par le cours des événements révolutionnaires de 1848-1849, et ensuite par tous les mouvements prolétariens et démocratiques dans tous les pays du monde. La contre-révolution victorieuse traduisit Marx en justice ( il fut acquitté le 9 février 1849 ), puis l'expulsa d'Allemagne ( le 16 mai 1849 ). Il se rendit d'abord à Paris, d'où il fut également expulsé après la manifestation du 13 juin 1849, puis à Londres, où il vécut jusqu'à la fin de ses jours.


Les conditions de cette vie d'émigré étaient extrêmement pénibles, comme le révèle clairement la correspondance entre Marx et Engels ( éditée en 1913 ). Marx et sa famille étaient écrasés par la misère; sans l'appui financier constant et dévoué d'Engels, non seulement Marx n'aurait pu achever Le Capital, mais il aurait même fatalement succombé à la misère. En outre, les doctrines et les courants prédominants du socialisme petit-bourgeois, du socialisme non prolétarien en général, obligeaient Marx à mener en permanence une lutte implacable, à parer parfois les attaques personnelles les plus furieuses et les plus odieuses ( Herr Vogt ). Se tenant à l'écart des cercles d'émigrés, Marx élabora dans une série de travaux historiques  sa théorie matérialiste, en s'appliquant surtout à l'étude de l'économie politique. Il révolutionna cette science  dans ses ouvrages Contribution à la critique de l'économie politique ( 1859 ) et Le Capital ( livre I, 1867 ).


La recrudescence des mouvements démocratiques, à la fin des années 50 et dans les années 60, amena Marx à reprendre une activité pratique. En 1864 ( le 28 septembre ) fut fondée à Londres la célèbre Ire Internationale, l' " Association internationale des Travailleurs " . Marx en était l'âme; il est également l'auteur de sa première " Adresse " et d'un grand nombre de résolutions, de déclarations et de manifestes.

En unissant le mouvement ouvrier des divers pays, en cherchant à orienter dans la voie d'une activité commune les différentes formes du socialisme non prolétarien, prémarxiste ( Mazzini, Proudhon, Bakounine, le trade-unionisme libéral anglais, les oscillations vers la droite des lassalliens en Allemagne, etc. ), en combattant les théories de toutes ces sectes et écoles, Marx forgea une tactique unique pour la lutte prolétarienne de la classe ouvrière dans les divers pays.

Après la chute de la Commune de Paris ( 1871 ), dont il donna une appréciation révolutionnaire si profonde, si juste, si brillante et si efficace ( La Guerre civile en France, 1871 ), et à la suite de la scission de l'Internationale provoquée par les bakouninistes[4], il fut impossible à cette dernière de subsister en Europe. Après le Congrès de l'Internationale à La Haye ( 1872 ), Marx fit accepter le transfert du Conseil général de l'Internationale à New York. La Ire Internationale avait accompli sa mission historique et cédait la place à une époque de croissance infiniment plus considérable du mouvement ouvrier dans tous les pays, caractérisée par son développement en extension, par la formation de partis socialistes ouvriers de masse dans le cadre des divers États nationaux.


Son activité intense dans l'Internationale et ses travaux théoriques qui exigeaient des efforts plus intenses encore ébranlèrent définitivement la santé de Marx. Il continua à renouveler l'économie politique et à rédiger Le Capital, en rassemblant une foule de documents nouveaux et en étudiant plusieurs langues ( le russe par exemple ), mais la maladie l'empêcha de terminer Le Capital.


Le 2 décembre 1881, sa femme mourut. Le 14 mars 1883, Marx s'endormit paisiblement, dans son fauteuil, du dernier sommeil. Il fut enterré avec sa femme au cimetière de Highgate, à Londres. Plusieurs enfants de Marx moururent tout jeunes, à Londres, alors que la famille souffrait d'une grande misère. Ses trois filles épousèrent des socialistes d'Angleterre et de France; ce sont: Eléonore Eveling, Laura Lafargue et Jenny Longuet, dont le fils est membre du Parti socialiste français.

Lénine, 1914


Hegel est né en 1770, en Allemagne, dans une famille de moyenne bourgeoisie.

 Entré à dix huit ans comme boursier dans le séminaire de théologie protestante de Tübingen (Würtemberg), Hegel renonce cependant, à sa sortie du "Stift " en 1793, à la carrière de pasteur pour devenir précepteur à Berne, puis à Francfort. Il médite alors sur le christianisme et rédige une Vie de Jésus (1795-1796), ainsi qu'un ouvrage sur L'Esprit du christianisme et son destin (1798-1799); En 1801 , il devient " privat-dozent " (enseignant libre) à l'université d'Iéna. Hegel, qui compose les Cours d'Iéna (1803-1806), s'enthousiasme alors pour Napoléon, l'" âme du monde " (Weltgeist).

    La Phénoménologie de l'Esprit (1807), qui exprime cette passion pour l' histoire et l'actualité, deviendra le véritable évangile des temps modernes. En 1808, il est nommé professeur, puis directeur du Gymnase (lycée) de Nuremberg . Il clarifie sa pensée pour l'enseignement secondaire : ses notes de cours de ce temps constituent la Propédeutique philosophique (1809-1816). C'est également durant cette époque que Hegel rédige la Science de la logique (1812-1816). En 1816, enfin nommé professeur titulaire à la chaire de philosophie de l'Université de Heidelberg, il écrit le Précis de l'Encyclopédie des sciences philosophiques (1817), exposé systématique de sa doctrine.

    Appelé, en 1818, à la chaire de Berlin, Hegel va apparaître désormais comme un philosophe au prestige immense, entouré d'auditeurs et de disciples. Véritable philosophe d' Etat, il incarne pouvoir et puissance, mais ne tarde pas à devenir suspect. Il voyage beaucoup, en France, par exemple, où il rencontre le philosophe Victor Cousin.

    C'est durant l'époque de Berlin qu'il rédige ses cours sur le Droit (Principes de la philosophie du Droit, 1821) et professe un enseignement qui, publié par des disciples, touchera à des sujets très variés : les Leçons sur l'histoire de la philosophie, l'Esthétique, les Leçons sur la philosophie de la religion et les Leçons sur la philosophie de l' histoire sont des œuvres posthumes.
Hegel est mort, en 1831, du choléra.

Bakounine 1814 - 1876 - Ecrivain, révolutionnaire russe, fondateur de l'anarchisme.

 D'origine noble, Mikhaïl Bakounine est d'abord officier d'artillerie, puis quitte l'armée pour apprendre la philosophie à l'Université de Moscou. Il s'intéresse à Kant, à Fichte, et surtout à Schelling, à la recherche d'une synthèse philosophique des sciences analytiques. Puis il se rend en Allemagne pour étudier la philosophie de Hegel. Bakounine y rencontre Arnold Hüge qui lui fait découvrir la politique active. Il considère ainsi avoir trouvé sa voie en quittant le monde artificiel des concepts pour s'engager dans la voie révolutionnaire.

Contraint de s'exiler à Paris en 1842, Bakounine rencontre Marx, Engels, Proudhon et Herzen. Il participe avec enthousiasme à la Révolution de 1848 à Paris et aux émeutes de Prague et de Dresde. Arrêté et condamné à mort par les Allemands, il est gracié et livré à la police politique russe. Bakounine s'évade d'un camp de déportation de Sibérie en 1861, puis après un périple via le Japon et les Etats-Unis, il s'installe en Angleterre où il se rallie à la Première Internationale.

Durant cette période, Bakounine, séduit par les idées de Proudhon, élabore une nouvelle théorie politique, l'anarchisme. Il fonde une société secrète, la Fraternité Internationale, puis l'Alliance Internationale de la démocratie socialiste, mouvement qui adhère à l'AIT (Association Internationale des Travailleurs), dirigée par Karl Marx. Bakounine participe aux côtés de ce dernier à de multiples congrès révolutionnaires. Il réclame la révolution mondiale immédiate et la suppression de toutes formes d'autorité étatique.Considéré comme un utopiste, Bakounine ne parvient pas à imposer ses vues au mouvement ouvrier et s'oppose à Karl Marx qu'il juge trop autoritaire. Il s'installe en Suisse en 1867 et se retire progressivement de la vie politique pour se consacrer à ses oeuvres littéraires. Il participe néanmoins en 1871 à la Commune de Lyon et à des tentatives de soulèvement populaire en Italie. En désaccord avec l'étatisme prôné par Marx, il rompt définitivement avec lui en 1872 lors du congrès de La Haye où l'AIT donne raison à l'auteur du Capital.