mercredi 8 février 2012

Les Malouines ne sont plus une cause purement argentine

....En minimisant le colonialisme dans les Caraïbes, l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, les traîtres lisent l’histoire d’Angleterre comme un modèle de civilisation contre la barbarie, alors que cela n’a été rien d’autre qu’une fabrique d’historiens charlatans et de moralistes qui détestent .....
Dans la première moitié du XIXe siècle, la Banque d’Angleterre (fondée par le pirate William Paterson) a protégé l’empire esclavagiste du Brésil, ourdi la balkanisation des Provinces-Unies du Río de la Plata et, avec Washington, conspiré contre la Fédération d’Amérique centrale (dirigée par Francisco Morazán) et la Grande Colombie bolivarienne. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle a financé la guerre de la Triple Alliance contre le Paraguay ainsi que le militarisme chilien qui, par la guerre du Pacifique, a dépouillé le Pérou de ses territoires au sud et privé la Bolivie de son accès à la mer.
En minimisant le colonialisme dans les Caraïbes, l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient, les traîtres lisent l’histoire d’Angleterre comme un modèle de civilisation contre la barbarie, alors que cela n’a été rien d’autre qu’une fabrique d’historiens charlatans et de moralistes qui détestent “… tout ce qui n’est pas anglais et pensent que les autres peuples peuvent seulement être heureux s’ils acquièrent leurs institutions, les habitudes, les manières qui les rendent heureux, eux…” (Eça de Queirós, 1882).
Par exemple, après la défaite militaire dans les îles Malouines (1982), l’historien Jorge Abelardo Ramos a rappelé les mots moqueurs de Margaret Thatcher selon laquelle “… cela aurait été une lutte de la ‘démocratie anglaise’ contre la ‘dictature argentine’”. Le côté ironique, conclut Ramos, ne réside pas tant dans la proverbiale hypocrisie britannique que dans celle de certains intellectuels et politiciens qui, à la suite du malheureux dénouement de cette guerre, ont découvert le terrorisme d’État qui se dissimulait depuis 1976, beaucoup plus meurtrier que le pathétique gouvernement constitutionnel d’Isabel Perón.
Il y a quelques jours, en alignement avec cette politique de diffamation et d’arrogance impériale, et face à la décision solidaire des pays du Mercosur de ne pas autoriser l’accostage, dans les ports de la région, des bateaux arborant le drapeau des soi-disant Falklands, le Premier ministre David Cameron -qui avait bu un coup de trop- a soutenu que la revendication argentine sur l’archipel de l’Atlantique sud était « beaucoup plus que du « colonialisme » (sic), parce que ces gens –les Kelpers, habitants des Malouines– veulent continuer à être britanniques… »
Cameron s’est resservi une gorgée et -il faut le lire pour le croire- a invoqué ensuite le droit des peuples à l’autodétermination ! Faveur que Sa Majesté a refusée au peuple de Hong Kong lorsque l’ ex-colonie britannique est passée, enfin, aux mains de la Chine populaire en 1997.
Dragan, Tlaxcala
Le vice-président argentin, Amado Boudou, a qualifié les propos de l’Anglais « d’ex abrupto, maladroits et ignorants de la réalité historique… l’Argentine est née de sa lutte contre le colonialisme”. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Héctor Timerman, en tournée dans les pays de l’Amérique centrale, a attiré l’attention sur le fait, lors d’un entretien avec le quotidien Página 12 de Buenos Aires, « que la Grande-Bretagne parle de « colonialisme » alors qu’elle est elle-même synonyme de colonialisme » .
Dick Sawle, un des membres de l’Assemblée législative des Malouines (3 000 habitants), a assuré que « le Royaume-Uni pour l’instant n’est pas un pays colonialiste… C’est une erreur de parler d’événements de plus de 170 ans ». Opinion qui, en plus de rassembler le Congrès argentin dans une même lutte, a appelé la déclaration suivante du leader politique Pino Solanas : « Des 16 enclaves coloniales qui subsistent encore dans le monde, 11 sont du Royaume-Uni ».
Pour les Anglais, c’est une plaie ouverte : en 1833 ils ont occupé les îles et, en 1982, ont gagné une bataille. Cependant, depuis 2003, la politique extérieure indépendante et souveraine du gouvernement Kirchner remporte progressivement la bataille sur le terrain diplomatique, dans les négociations que Londres se refuse d’entamer dans le cadre du droit international et des résolutions du Comité de Décolonisation des Nations unies.
De fait, Página 12 rappelle que l’unique stratégie du Foreign Office a été la décision de faire appel à la puissance militaire et au Conseil de Sécurité de l’ONU, une fois que n’a pas abouti la manœuvre pour que la Communauté Européenne reconnaisse les îles comme Territoire d’Outre-Mer (TOM) britannique. Frustration qui a amené le général David Richards à élaborer des "plans d’urgence" suite aux rapports des services secrets reçus par Cameron rendant compte d’une "éventuelle invasion de pêcheurs pour planter des drapeaux argentins aux Malouines".
Les temps ont changé. La cause anticoloniale des Malouines n’est plus un sujet seulement argentin. L’Amérique latine serre les rangs. Concrètement, le Chili et l’Uruguay ont refusé l’accès aux bateaux se dirigeant vers l’archipel, les pays de l’Amérique centrale se sont solidarisés avec l’Argentine, et le ministre des Affaires étrangères Antonio Patriota, faisant honneur à son nom, a confirmé ces positions au cours d’une conférence de presse tenue conjointement avec son homologue britannique, William Hage.
Le Département d’État lui-même vient de reconnaître que le différend relève d’un accord bilatéral entre l’Argentine et la Grande-Bretagne. Les seules positions discordantes ont été celles de deux sénateurs chiliens (pinochetistes), et celle du Mexique.
Bien qu’ayant souscrit, dans les toutes réunions internationales, aux droits inaliénables de l’Argentine sur les Malouines, la ministère des Affaires étrangères mexicain n’a pas dit un mot sur les tentatives d’intimidation et les manœuvres militaires de la piraterie anglaise dans les eaux de l’Atlantique sud.
José Steinsleger - La Jornada
Source : LA REVOLUCION VIVE

ONU - Bras de fer Occident-Orient : Le sort de la Syrie en question,Il est curieux de voter au nom des Arabes contre un pays qui ne fait plus partie de la Ligue arabe.

«Quand le vieux lion se meurt, même les chiens ont du courage et lui arrachent les poils de sa moustache.» Proverbe syrien .
Ca y est! le Conseil de sécurité est arrivé à ses fins celles de diaboliser la Russie et la Chine pour n’avoir pas voté le départ d’El Assad. Il a tenté de faire passer en force, les trois ministres des Affaires étrangères Clinton, Haig, Juppé étaient là pour peser de tous leur poids soutenant une résolution d'une Ligue arabe fantoche qui a perdu son âme d'abord en Libye en autorisant les frappes qui se sont terminées avec la mort d'un dirigeant arabe, le secrétaire général de l'époque Amr Moussa voulant plaire à l'Occident pour un éventuel retour d'ascenseur en Egypte... Même son de cloche avec toujours l'actuel secrétaire El Arabi encore un Egyptien, qui impose ni plus ni moins avec les potentats du Golfe notamment le colosse gazier avec un sabre nain qu'est le Qatar, le départ d'El Assads ans qu’il y ait une unanimité . Il est curieux de voter au nom des Arabes contre un pays qui ne fait plus partie de la Ligue arabe.
D'une façon hystérique tous les médias occidentaux repris en boucle et d'une façon servile par les médias arabes sans discernement, ont diabolisé la Russie - ne parlant pas du tout de la Chine qui a aussi mis son veto - la rendant responsable de la mort des Syriens. Personne ne fait le bilan de ce qui s'est passé réellement en Libye et pour cause, l'Occident ne veut rien entendre aux carnages qu'il a faits et fait faire. On commence à peine à dévoiler ce qui s'est passé en Irak et on avoue qu'il y eut un million de morts durant l'invasion de l'Occident. D'ailleurs, des bruits avaient circulé sur le départ d'El Assad pour lui éviter un scénario à la libyenne et la Turquie se serait proposée pour l'héberger.

Treize membres ont voté en faveur du texte qui exprimait le soutien du Conseil de sécurité au plan de la Ligue arabe, adopté - à la hussarde - le 22 janvier, qui prévoit le départ du pouvoir de Bachar al Assad et la formation d'un gouvernement d'union nationale avant la tenue d'élections. Mohammed Loulichki, ambassadeur du Maroc à l'ONU et seul représentant d'un pays arabe du Conseil de sécurité, a fait part de «son grand regret et de sa grande déception»... Ban Ki-moon, en mal d'inspiration déclare que le double veto russe et chinois «amoindrit le rôle de l'ONU» Qu'a-t-il fait quand les Occidentaux ont vidé de leur sens la résolution 1973 envahissant de ce fait la Libye?
 
Que dit la résolution arabe?

Curieusement, on apprend que la Ligue arabe a enlevé plusieurs paragraphes de ses propres observateurs parce qu'ils dénoncent les excès des groupes terroristes. Nous lisons quelques extraits «omis» : «Lorsque les observateurs ont été déployés dans les différents secteurs, ils ont repéré au début de leur mission des actes de violence commis par les forces gouvernementales et des échanges de tirs avec des éléments armés à Homs et Hama. «La Mission a observé dans les deux secteurs de Homs et Hama des actes de violence du fait des groupes armés contre les forces gouvernementales, qui ont fait des tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont recours à la violence comme réaction aux attaques perpétrées contre ses membres. Les observateurs de la mission ont noté que les groupes armés ont recours aux bombes thermiques et aux missiles anti-blindage».(1)

«La Mission a été témoin dans les secteurs de Homs, Idlib et Hama, des actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens entraînant de nombreux décès et blessures. La mission a noté l'émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies montrent que ces rapports ne sont pas crédibles. La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu'il y a des exagérations médiatiques sur la nature et l'ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements qui ont eu lieu dans certaines villes.» (1)

«La ville de Homs a été le témoin de l'assassinat d'un journaliste français travaillant pour France 2. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l'opposition. (...) La Mission a constaté l'existence d'un «élément armé» non visé par le Protocole et dont l'apparition (antérieure à son arrivée) a été la conséquence de l'utilisation excessif de la violence de la part des forces de sécurité à l'occasion des manifestations qui ont appelé à la chute du régime. Cet élément armé agresse dans certains secteurs les forces de sécurité syriennes et les citoyens syriens, ce qui provoque une réaction de la part du gouvernement. Les citoyens innocents se trouvent en étau, et en paient un lourd tribut en morts et blessés.» (1)

Qu'est devenu ce rapport qui n'a pas été pris en compte ni par la Ligue arabe ni par le Conseil de sécurité et d'où proviennent les armes? Dans les grandes lignes, le texte de l'ONU présenté mardi 31 janvier, reprend les propositions de la Ligue arabe pour mettre fin au conflit: l'appel à l'arrêt de toutes les violences, la libération de toutes les personnes détenues «arbitrairement», le retrait des forces armées des villes syriennes, et enfin l'accès libre et entier aux observateurs de la Ligue arabe. On y trouve aussi les propositions pour une transition du pouvoir en Syrie. Bachar el-Assad est sommé de «déléguer toute son autorité» à son vice-président, qui serait chargé de former un gouvernement d'union nationale et de préparer des «élections transparentes et démocratiques», sous supervision internationale et de la Ligue arabe.

Si le texte demande également l'arrêt des violences de «toutes les parties y compris les groupes armés [ d'opposition, Ndlr]», l'accent est mis sur les «violations des droits de l'homme flagrantes et généralisées» de la part des autorités syriennes. Un langage contesté par la Russie. Moscou considère en effet essentiel d'établir une équivalence dans la responsabilité des violences entre les autorités syriennes et l'opposition. Les Européens et les Etats-Unis s'y refusent. L'ambassadeur russe Vitaly Churkin, a déjà indiqué que le texte était «inacceptable» en l'état. Du fait du forcing des pays occidentaux, il a été mis au vote.
 
Pourquoi les veto russes et chinois?

Il faut savoir que les Chinois et les Russes se sont sentis trahis par la résolution sur la Libye qui a été pervertie et permis l'invasion de la Libye pour éliminer physiquement El Gueddafi. Ils ont de ce fait, fait barrage à une nouvelle aventure occidentale. Les Chinois ont toujours prôné une solution endogène et le dialogue des parties syriennes, en vain, car le Conseil National Syrien a reçu « instruction » de la part d ceux qui l’ont créé de ne pas dialoguer tant qu’El Assad est au pouvoir, ceci intéressant les Occidentaux au plus haut point. Les Russes ont fait valoir que la résolution visait Assad mais non ses adversaires armés. Lavrov a estimé que le texte était partial. S'exprimant à Munich en marge de la conférence annuelle sur la sécurité, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a reconnu qu'il n'avait pas été possible de résoudre les différends avec la Chine et la Russie malgré l'inscription d'un rejet explicite d'une intervention militaire dans la résolution. Le chef de la diplomatie russe avait mis en garde contre le «scandale» que provoquerait le vote si le texte était gardé en l'état et a réclamé des concessions sous peine d'utiliser son droit de veto. La Russie souhaitait notamment que l'opposition syrienne soit condamnée au même titre que le régime pour les violences. «Nos amendements ne réclament pas d'efforts extrêmes, avait fait valoir Lavrov. Si nos collègues font preuve d'une approche constructive, nous obtiendrons (...) une résolution collective au Conseil de sécurité qui, j'en suis persuadé, sera signée par tous les pays sans exception.»

Malgré cela les pays occidentaux ont fait le forcing en vain, les deux grands pays que sont la Chine et la Russie se sont opposés à ce coup de force.» Les informations (...) sur un pilonnage par l'armée syrienne de quartiers à Homs sont fausses et sans fondement. Elles interviennent dans le cadre d'une guerre d'information hystérique (...) en prévision d'une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU», affirme le ministre de l'Information syrienne. Les Russes et les Chinois ne sont pas dupes des manoeuvres de l'Otan et des monarchies du Golfe. La Syrie et l'Iran sont dans le viseur. Leur soumission ou invasion sont prévues depuis 10 ans comme l'Irak, l'Afghanistan et la Libye. A terme, tous les pays producteurs de pétrole seront normalisés soit à la façon des scories royales du Golfe, soit brutalement à l'irakienne, voire à la syrienne.

On dit aussi que la Russie serait prête à une guerre contre l'Occident pour sauver la Syrie. Les politiques et les diplomates étrangers se demandent pourquoi la Russie, qui a accepté l'année dernière de ne pas bloquer la résolution sur la Libye, refuse de le faire cette fois et est prête à aller jusqu'à la confrontation avec l'Occident pour défendre Bachar al-Assad. La Syrie est l'un des principaux alliés de la Russie dans le Monde arabe. Si Moscou tournait le dos à Damas à ce moment critique, ce serait un signal pour tous les autres partenaires indiquant qu'on ne peut pas compter sur le Kremlin., Damas est un partenaire commercial important de Moscou. Moscou est préoccupée par le sort du port syrien de Tartous, base de maintenance navale de la flotte russe. La Russie se méfie de «l'opposition syrienne», un CNS formé de toutes pièces tournée vers l'Occident. Ses leaders s'orientent sur les monarchies du Golfe, la Turquie et l'Occident, mais pas sur Moscou. Enfin, Moscou estime que les Etats-Unis et l'Union européenne mentent et rappelle le précédent libyen: les raids aériens de l'Otan contre l'armée de Mouamar Kadhafi ont commencé dans les jours qui ont suivi l'adoption en mars 2011 de la résolution 1973 par le Conseil de sécurité des Nations unies(2).

Que se passera-t-il par la suite?

Il ne faut pas se cacher la réalité! Assad doit partir dans le cadre d'un processus endogène voulu par le peuple syrien pas en imposant un CNS acquis corps et âme à l'Occident! Le président Bachar al-Assad est le premier responsable des événements actuels en Syrie. Ce qui s’est passé à Hama est monstrueux. Seule une enquête objective permettra de délimiter les responsabilités de chacun. Contrairement à son père, qui savait louvoyer habilement entre l'Urss et les USA, et tirer un maximum de profit des deux côtés, Bachar al-Assad prend des décisions trop tardives. Toutes les initiatives démocratiques actuelles du président syrien (l'élaboration d'une nouvelle Constitution, le pluripartisme, les libertés politiques) arrivent tard. Il aurait pu lancer les changements démocratiques progressifs en 2000.

Au lieu de cela, Bachar el Assad a voulu conserver le système de gestion gouvernementale hérité de son père. Les révoltes arabes enclenchées par l'Occident ne lui ont pas donné le temps. Quelle issue pourrait-on pour la crise? La situation ne retournera pas à l'état antérieur? Les déserteurs ne vont pas réintégrer leurs unités. Le régime baâsiste tenait par la peur, or cette peur a disparu. Les Syriens vont continuer à se soulever. Trop de sang a été versé. Les Russes et les Chinois avaient exigé un addendum au texte du projet de résolution: une condamnation par l'opposition politique type CNS de la violence des groupes armés se réclamant d'elle.

Dans l'absolu, la Syrie ne représente rien qui puisse intéresser l'Occident du point de vue économique mais du point de vue stratégique. C'est le dernier verrou avant l'Iran qui est la cible de l'Occident et d'Israël qui veut asphyxier le Hezbollah allié de l'Iran et de la Syrie, annihilant du même coup toute résistance arabe. On lance des allégations selon lesquelles Moscou pourrait autoriser une attaque américaine contre l'Iran en échange de la non-ingérence de l'Occident dans les affaires de la Syrie sont mensongères, a déclaré la Russie: «Rien n'est plus éloigné de la vérité que l'affirmation selon laquelle notre pays pourrait conclure un marché en coulisses et donner son feu vert à une opération militaire américaine contre l'Iran en échange de la non-ingérence de l'Occident dans les affaires intérieures de la Syrie. Nous laissons ces inventions à la conscience de leurs auteurs.»

Dans ce combat de titans entre une vision impériale des Etats-Unis qui veut avec ses vassaux garder la mainmise sur la planète et un nouveau monde qui se dessine, cette année 2012 sera décisive. Elle consacrera sans nul doute un rééquilibrage des influences et l'Asie n'a pas dit son dernier mot. Cette ivresse de puissance d'un Occident qui dicte la norme alors qu'il perd pied sur le plan économique, est dangereuse, car les soubresauts seront dévastateurs, à moins que les Titans et leurs vassaux européens comprennent qu'il est temps d'aller vers la paix, seule alternative pour combattre les vrais problèmes de l'humanité, les changements climatiques, l'addiction et l'ébriété énergétique, la famine, voilà la conception de la dignité humaine.

Je ne peux pas terminer cette contribution sans citer ce texte magnifique de Frédéric Soreau donnant la dimension de cette civilisation qui risque de finir comme la civilisation mésopotamienne:

«Grâce à la richesse de son patrimoine architectural et à ses liens avec les peuples voisins, la Syrie est le foyer et le carrefour de plusieurs civilisations qui se sont succédé sur son territoire. Dès le IIIe millénaire av. J.-C les cités Etats de Mari et d'Ebla sont construites par les rois mésopotamiens. Tout au long de son histoire, la Syrie est en contact avec les civilisations du monde entier qui vont se côtoyer et s'enrichir mutuellement. Egyptiens, Phéniciens, Assyriens, Grecs, Byzantins, Perses, Arabes, Turcs, Francs y construisent tour à tour des palais, des villes, des mosquées, des églises, des châteaux et des forteresses. De tous les sites antiques de l'ancien pays de Cham, Palmyre, bâtie en plein désert, fut l'une des voies caravanières les plus importantes du Moyen-Orient ». (3)

La cité de la Zénobie est un véritable chef-d'oeuvre d'architecture qui a inspiré à partir du VIIIe siècle, les califes omeyyades et abbassides dans la construction de mosquées et de palais. Plus tard, au Moyen Âge, les chevaliers européens s'installent en Syrie où ils édifient des châteaux forts pour se protéger des troupes de Saladin. De cette époque subsistent une centaine de forteresses dont les plus célèbres sont le Crac des Chevaliers et le château de Saône, situés dans la région côtière. Non loin de là, sur les rives de l'Oronte s'étend la jolie ville d'Hama qui, avec ses norias et son palais Azem, possède un charme infini. Dans la Vallée de l'Euphrate, les sites archéologiques sont nombreux: Doura Europos construite en bordure du fleuve. La Syrie, c'est aussi Damas, l'une des plus anciennes villes du monde. Avec sa grande mosquée des Omeyyades, joyau de l'art islamique, ses madrasas, caravansérails, palais et mausolées, elle dispose d'un riche patrimoine architectural. Sans oublier Alep, la ville où il fait bon vivre et se perdre dans ses souks au charme enchanteur, Bosra et son magnifique théâtre romain, la basilique Saint-Siméon, le site gréco-romain d'Apamée. C'est surtout, partir à la découverte d'un peuple des plus accueillants.» (3)

Que le soleil brille enfin, après tant d’épreuves pour le peuple de Syrie!
 
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
 

lundi 6 février 2012

Appel des Palestiniens de Palestine.

« Global March to Jerusalem » est un mouvement pacifique international lancé par un certain nombre d’associations de la société civile Palestinienne, qui appellent le monde à marcher vers Jerusalem (Al Quds) et qui  aura lieu le 30 mars 2012, voici leur appel: 

 « Rejoignez-nous alors que nous intensifions notre lutte contre l’exil forcé et contre le système d’apartheid israélien pour cette  Journée de la terre 2012.
Nous, le peuple Palestinien avons subi un nettoyage ethnique et  avons été déraciné de nos terres depuis la Nakba (catastrophe) de 1948, qui a entraîné la création de millions de réfugiés, la diaspora, dans des camps de réfugiés et à l’etranger.  Presque 20 ans plus tard, en 1967, Israel a illegalement annexé  Jerusalem-Est et la Cisjordanie  dans un mouvement qui a marqué la Naksa (abaissement) et soumis les Palestiniens encore présents à une occupation militaire brutale.
Nous sommes aujourd’hui en 2012, et nous sommes toujours en exil, nous vivons toujours sous le régime d’apartheid israélien;  la construction illégale de colonies de peuplement confisque les parties restantes de la Palestine,  le mur de séparation divise et sépare des villes et des villages et les Palestiniens de Jerusalem (Al Quds) sont menacés d’être chassés de leurs maisons et de leur terres pour la simple raison qu’Israel veut judaïser cette ville sacrée.
Mais nous ne partirons pas. Nous restons debouts et fermes. Nous ne permettrons pas que des milliers d’années d’attachement à notre terre et notre Ville Sainte soient brisées.
Nous vous invitons donc et appelons toutes les personnes de courage et de bonne volonté partout dans le monde à se tenir debout et à marcher, avec les êtres  humains, indépendamment de leur religion, de leur appartenance politique, à se tenir debout comme des êtres humains responsables et de marcher tranquillement en direction de Jerusalem (Al Quds) le 30 mars 2012.
Nous demandons donc à tous nos frères et soeurs à travers le monde de se joindre aux Palestiniens pour cette   Journée de la terre 2012 , de contester les barrières, les frontières et les procédures qui coupent les Palestiniens de Jerusalem de leurs maisons et terres situées dans toute la Palestine historique ».
Source : KATIBIN - PORTAIL DE L'ISLAM

  
          Cartes de la colonisation en Palestine, Photos d’Al Quds, photos de colonies                                                                                                                  et photo du  mur de séparation israélien




samedi 4 février 2012

IRAK : UN MILLION DE MORTS

Plus d’un million d’Irakiens et d’Irakiennes sont morts suite à la guerre américaine.
«Nous ne tenons pas une comptabilité des cadavres», fut la célèbre réponse que le général Tommy Franks [commandant de l’United States Armed Forces

Il s’agit là d’une phrase test décisive. La réaction de certaines personnes à celle-ci est la suivante: «cela ne peut pas être vrai», parce que les Etats-Unis ne peuvent pas être à l’origine d’une telle chose. Ou parce que des crimes à une telle échelle n’arrivent plus. Ou encore parce que, lorsqu’ils surviennent, ce ne peut être qu’en quelque endroit horrible où les Etats-Unis ne sont pas intervenus pour les empêcher.
Un million de morts permettra de poser la question: «Grand-papa, qu’as-tu fait pour empêcher cela?» C’est un nombre qui place indiscutablement l’Amérique parmi les «méchants de l’histoire». Ceux et celles qui ne veulent ou qui sont physiquement dans l’incapacité de réaliser le fait que plus d’un million d’Irakiens et d’Irakiennes sont morts, cela renvoie à une donnée: leurs cerveaux rejettent ce nombre comme un corps étranger.
Noam Chomsky a écrit une fois que «le signe d’une véritable culture totalitaire réside dans le fait que d’importantes vérités n’entrent simplement pas dans le processus cognitif et ne peuvent être dès lors interprétées que sous la forme d’une réaction du type “vas te faire foutre!”; elles ne peuvent ainsi susciter qu’un torrent parfaitement prévisible d’injures en tant que réponses».
Cette citation résume assez bien la manière dont les médias ont réagi lorsque le chiffre d’un million a été annoncé par l’institut de sondage britannique Opinion Research Business (ORB) . En fait, l’institut a estimé que 1’220’580 Irakiens et Irakiennes étaient décédés [des conséquences de la guerre], confirmant et mettant à jour une étude distincte effectuée l’année précédente par des chercheurs de la Johns Hopkins University et publiée dans la revue médicale Lancet.
Prenons par exemple le rédacteur en chef adjoint du Cleveland Plain Dealer, Kevin O’Brien. Après avoir reçu un avis aux médias au sujet des conclusions opérées par ORB – qui compte le Parti conservateur britannique et la banque Morgan Stanley parmi ses clients – il a répondu: «Veuillez, je vous prie, me rayer de votre liste d’information par e-mail et épargnez-moi votre propagande évidente.»
«Nous ne tenons pas une comptabilité des cadavres», fut la célèbre réponse que le général Tommy Franks [commandant de l’United States Armed Forces – qui supervise les opérations des forces militaires américaines dans une région comprenant 25 pays, dont le Moyen-Orient – entre 2000 et 2003; il dirigea l’intervention américaine en Afghanistan en 2001 puis l’invasion de l’Irak en 2003; à la retraite depuis juillet 2003] fit une fois à la question posée par un journaliste lui demandant ce qu’il en était des victimes civiles. Il n’est pas le seul.
Au milieu des sombres réflexions au sujet de la fin de la guerre en Irak, une évaluation spécifique du nombre d’Irakiens et d’Irakiennes qui sont morts [des conséquences de la guerre] a rarement été publiée. Les journalistes ont souvent utilisé le terme de «nombre incalculable» pour faire état des victimes irakiennes, une phrase à la tonalité sombre qui fait songer au même type d’effort journalistique qui serait produit pour décompter le nombre d’écureuils ayant péri dans un incendie de forêt.
Cette ligne rédigée pour l’agence Reuters par la journaliste Mary Miliken est tout à fait typique: «Il s’agissait de se souvenir aujourd’hui du nombre incalculable d’Irakiens et des près de 4500 Américains qui sont morts au cours de la guerre.»
Combien d’Américains sont morts, Mary Miliken? «4500». Et combien d’Irakiens et d’Irakiennes? «Oh, beaucoup, vous savez. Un tas.»
La phrase «un nombre incalculable» implique qu’il n’y aurait pas d’évaluations disponibles sur le nombre de victimes irakiennes. Or, outre celles du ORB et de Lancet, que nous avons mentionnées, s’ajoutent les évaluations réalisées par une organisation nommée Iraq Body Count (IBC) . Le décompte établit par celle-ci s’élève à 110’000 décès, fondé sur des comptabilités tenues par les médias et les chiffres du Ministère de la santé. IBC admet que son total est vraisemblablement trop faible parce que les armées occupantes et les forces engagées dans des conflits confessionnels ne sont pas réputées pour fournir une comptabilité méticuleuse. Toutefois, IBC conteste les chiffres élevés produits par ORB et l’Université Johns Hopkins (Lancet).
Si nous laissons les discussions méthodologiques de côté, nous voyons donc que des évaluations sur le nombre des victimes irakiennes sont disponibles. Ils sont «incalculables» uniquement pour des journalistes comme Kevin O’Brien et Mary Miliken.
Le silence qui entoure de tels chiffres, plutôt qu’une conspiration, reflète le fait que certaines informations ne correspondent simplement pas à la mentalité impériale américaine.
Prenons également en considération une autre évaluation macabre, datant d’il y a une décennie: selon le United Nations Children Fund, 500’000 enfants d’Irak  sont décédés au cours de la décennie 1990 en raison des sanctions prises par les Nations Unies (lesquelles ont été appliquées vigoureusement par les Etats-Unis) qui interdirent l’entrée dans le pays de médicaments et d’autres produits de première nécessité.
En 2000, le coordinateur des aides humanitaires de l’ONU a démissionné pour protester contre les sanctions , deux ans après que son prédécesseur eut fait de même . Ces deux diplomates de carrière firent ensuite usage du terme de «génocide» pour décrire les conséquences de la politique américaine.
Si vous ne connaissez pas ces informations ou si vous les avez oubliées, vous n’êtes pas le seul. Il en est ainsi du «peuple» qui a planifié la guerre en Irak. Il n’est pas possible d’expliquer autrement comment la guerre menée par l’Amérique et la stratégie d’occupation reposaient sur la conviction que les soldats seraient accueillis en libérateurs par les parents d’un demi-million d’enfants victimes de ces sanctions. (Lesquelles, faut-il le rappeler, n’ont pas été imposées au Kurdistan, la seule partie du pays, au nord de l’Irak, qui n’a pas mené une résistance contre l’occupation américaine.)
Ce n’est pas un hasard que les militant·e·s les plus engagé·e·s contre la guerre sont des révolutionnaires, d’une variante ou d’une autre. Nous sommes à même de saisir les stupéfiants méfaits qui ont été réalisés en Irak parce que nous sommes radicaux. Et vice versa.
Les révolutionnaires sont ironiquement confrontés à la sagesse conventionnelle selon laquelle parce qu’ils voudraient établir une société radicalement transformée, ils seraient des fanatiques du principe «la fin justifie les moyens», principe qui impliquerait que peu importe la quantité de sang qui devra être versée dans ce processus de transformation .
C’est toutefois la secrétaire d’Etat [«ministre des Affaires étrangères»] d’alors, Madeleine Albright, qui disait que la mort de 500’000 enfants d’Irak était un «prix qui valait la peine» . L’actuel secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a utilisé exactement la même phrase récemment au sujet de la seconde invasion et occupation de l’Irak .
Voici les propos tenus par les défenseurs fanatiques de l’ordre actuel des choses, contre lesquels chacun devrait être fier de s’opposer de toute la force de son être. (Traduction A l’Encontre)
Article publié sur le site SocialistWorker.org en date du 30 janvier.

vendredi 3 février 2012

Bahrein : année de l’espoir pour les révolutions arabes, et de la fin de la dictature des Al Khalifa

lundi 2 janvier 2012
...« la monarchie de Bahreïn a écrasé l’opposition avec une brutalité qui a assuré sa survie immédiate, mais elle a perdu toute légitimité » Selon les mots du chroniqueur, Martin Fletcher du Times...

Alors que l’année se termine, la pensée des Bahreïnis va à ceux qui ont perdu leurs vies dans la lutte pour la liberté et la démocratie. Ils espèrent aussi que la nouvelle année verra la fin du régime brutal d’Al Khalifa, devenu l’ennemi N°1 de la population de Bahreïn.

Alors que le peuple poursuit sa lutte, manifestant dans les rues de plus de quarante villes et villages, le souvenir des plus de cinquante personnes assassinées - dont l’âge varie de six jours à plus de soixante ans - est toujours vivace dans sa mémoire. Leur sang a gardé plus que jamais intacte et lumineuse la flamme de la révolution.
Il n’est pas exagéré de dire que la révolution de Bahreïn a été parmi les plus actives au sein du printemps arabe. Jour après jour, les gens sont descendus nombreux dans les rues, bravant les attaques brutales des forces mercenaires d’Al Khalifa. Les deux principaux slogans qui sont criés dans chaque manifestation sont : « Le peuple veut un changement de régime » et « A bas Hamad, A bas Hamad » [Ahmad al-Khalifa].
En plus de ceux qui ont perdu leurs vies, des milliers d’autres ont été blessés et plus de soixante d’entre eux ont perdu soit un oeil soit les deux yeux. Des centaines sont toujours incarcérés dans des cellules immondes où ils sont tombés malades. Les cachots de la National Security Agency dirigée par le tortionnaire le plus notoire, Khalifa bin Abdullah Al Khalifa, sont le lieu des plus graves tortures qui ont entraîné à la mort d’au moins cinq prisonniers innocents. Au lieu de le traduire en justice, le dictateur a accordé une promotion significative à ce tortionnaire en le nommant président du Conseil suprême de la défense.
L’année se termine avec des souvenirs amers, pour beaucoup, mais avec une note d’espoir presque unanime. Nous ne permettrons pas que l’avenir soit une répétition du passé, le clan des al-Khalifa doit s’en aller. Il n’y a aucune possibilité qu’ils continuent à gouverner le pays après qu’ils aient ainsi prouvé qu’ils étaient son ennemi intérieur. La façon dont ils ont traité les manifestations pacifiques qui avait éclaté le 14 février ne peut ni être pardonnée ni oubliée. L’exécution sommaire de plusieurs des martyrs et les tortures infligés à des centaines de Bahreïnis ont radicalisé la situation comme jamais auparavant. Les Bahreïnis considèrent maintenant que les al-Khalifa sont leur ennemi dont le pouvoir doit être abrogé à n’importe quel prix.
Alors que les Bahreïnis étaient restés pacifiques et civilisés dans leurs manifestations, le dictateur et sa clique sont devenus de plus en plus cruels et vicieux.
Lorsque le clan au pouvoir a réalisé que le temps jouait contre lui, il a appelé l’armée saoudienne pour écraser la révolution populaire pacifique. Selon les mots du chroniqueur, Martin Fletcher du Times : « la monarchie de Bahreïn a écrasé l’opposition avec une brutalité qui a assuré sa survie immédiate, mais elle a perdu toute légitimité ». En effet, les al-Khalifa ont perdu la moindre légitimité et ils doivent s’en aller.
Quant aux amis des al-Khalifa, en particulier les Etats-Unis et le Royaume-Uni, leur attitude a été honteuse pour dire le moins. Au lieu de pactiser avec le peuple - surtout après que la propre commission d’enquête mise en place par le régime ait prouvé que la torture systématique avait été utilisées à l’encontre des détenus, ainqi qu’une force excessive à l’encontre des manifestants - ils ont offert au régime tout leur soutien politique, militaire et moral. Récemment ils ont dépêché deux policiers, un Américain et un Britannique, les deux ayant un passé très lourd, pour aider le régime bahreïni à écraser la révolution.
Les Etats-Unis et au Royaume-Uni sont conscients que pour améliorer la performance de la police et des forces de sécurité du régime, il n’est pas besoin de policiers étrangers. Mais ils ont besoin de renforcer la volonté des tortionnaires, à commencer par Khalifa bin Abdulla Al Khalifa et les deux fils du dictateur. Les deux policiers vont donc venus jouer le rôle qui avait été celui de Henderson quand il avait été expédié à Bahreïn : celui d’un tortionnaire plus agressif [Henderson est britannique et a été chargé d’organiser la répression au Bahrein dans les années 90. Il a été surnommé « le boucher de Bahrein » dans la presse britannique].
La montée de l’action révolutionnaire durant ces quatre dernières semaines a démontré la résilience des Bahreïnis et leur capacité à résister aux assauts terribles des al-Khalifa Al et des forces saoudiennes. Beaucoup de personnes ont été arrêtées la semaine dernière dans plusieurs villes et villages. L’utilisation d’armes chimiques par les occupants venus d’Arabie saoudite et par les dictateurs al-Khalifa ont eu pour effet d’enhardir les gens à poursuivre le conflit jusqu’à la fin, combien amer il puisse devenir.
Tous les liens avec les al-Khalifa ont été brisés et les gens veulent décider eux-mêmes de leur destin, rédiger leur propre constitution et former leur propre gouvernement. La dictature héréditaire est défunte et ceux de Washington et de Londres doivent accepter ce fait et soutenir ceux qui luttent pour instaurer la démocratie et le respect des droits humains dans leur pays. S’ils ne prennent pas une telle position, leur échec sera moral et politique.
Les révolutionnaires de Bahreïn vous souhaite une bonne et heureuse année.
Source : Info-Palestine.net

samedi 28 janvier 2012

Rêve de liberté (Dream of freedom) Fabienne Stein - Une ode à tous les peuples qui ont soif de liberté.


"Rêve de liberté", interpétée par Fabienne Stein. Une chanson écrite en hommage à Jan Palach, martyr du "Printemps de Prague". Une ode à tous les peuples qui ont soif de liberté. Un thème à la fois intemporel et d'actualité...

vendredi 27 janvier 2012

LIBYE : Les crimes de guerre des États-Unis et de l'OTAN

……Les bombes et les missiles de l'OTAN ont entre autres été dirigés contre des écoles, des bâtiments gouvernementaux, au moins un entrepôt alimentaire et des maisons privées…..

….Le viol de la Libye a été la réaction de l'impérialisme américain et européen aux soulèvements révolutionnaires qui ont renversé de vieux régimes Pro-Occident en Tunisie et en Égypte, deux pays à la frontière de la Libye. Le but de cette guerre impérialiste était d'avoir le contrôle total des ressources en pétrole du pays, de détourner et de réprimer la croissance des luttes de la classe ouvrière à travers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, et de porter un coup à la Chine et à la Russie, qui avaient établi d'étroites relations économiques avec le régime de Kadhafi…..

Un rapport publié la semaine dernière par des groupes de défense des droits de l'homme au Moyen-Orient montre en détail les crimes de guerre commis par les États-Unis, l'OTAN, et leurs forces interposées « rebelles », lors de la guerre en Libye l'an dernier qui a renversé le régime du colonel Mouammar Kadhafi. Le rapport, intitulé «  Report of the Independent Civil Society Fact-Finding Mission to Libya », dévoile les résultats d'une enquête menée en novembre dernier par l'Organisation arabe des droits de l'homme, le Centre palestinien pour les droits de l'homme ainsi que l' International Legal Assistance Consortium.

Basé sur des interviews avec des victimes de crimes de guerre, des témoins et des représentants de la Libye situés à Tripoli, Zawiya, Sibrata, Khoms, Zliten, Misrata, Tawergha et Syrte, le rapport appelle à une enquête sur les attaques de zones civiles par l'OTAN, lors desquelles de nombreuses personnes auraient été tuées ou blessées. Les bombes et les missiles de l'OTAN ont entre autres été dirigés contre des écoles, des bâtiments gouvernementaux, au moins un entrepôt alimentaire et des maisons privées.

Le rapport révèle aussi l'emploi systématique du meurtre, de la torture, de l'expulsion et de l'abus contre de présumés loyalistes de Kadhafi par les forces « rebelles » du Conseil national de transition (CNT), allié de l'OTAN. Il décrit l'expulsion par la force des habitants, majoritairement noirs, de Tawergha et la persécution, qui continue à ce jour, des travailleurs migrants subsahariens par les forces alliées au CNT et à son gouvernement de transition.

Les enquêteurs font état que des prisonniers, détenus sans avoir été accusés ou subi un procès, ont été sauvagement battus à maintes reprises et que des combattants pro-Kadhafi ont été sommairement exécutés. Des témoins ont rapporté que « des meurtres inconsidérés et de vengeance, y compris le "massacre" d'anciens combattants (on leur aurait tranché la gorge) ».

Le rapport révèle ainsi le caractère frauduleux des prétextes de droits humains et de démocratie utilisés par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et leurs complices de l'OTAN pour mener une guerre de conquête de type colonial. Il montre clairement que la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies de mars dernier, qui a imposé à la Libye une zone d'exclusion aérienne et un embargo sur les armes pour supposément protéger les civils d'actes répressifs de Mouammar Kadhafi, a été utilisée en fait pour mener une guerre aérienne impitoyable, coordonnée avec les forces « rebelles » au sol.

Le rapport indique que peu de temps après l'éclatement de manifestations anti-Kadhafi à Benghazi et dans d'autres villes, les forces d'opposition ont pu profiter d'un entraînement donné par les forces armées occidentales et d'armes fournies par les puissances de l'OTAN et ses alliés parmi les États arabes. L'opposition populaire qui a fait éruption en février dernier, à la suite de la chute de Moubarak en Égypte, a rapidement été récupérée par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et leurs agents en Libye afin de déclencher une guerre civile pro-impérialiste.

Comme le mentionne le rapport, « Selon des informations de première main recueillies par la Mission, et des sources secondaires, il semble que l'OTAN aurait participé à ce que l'on pourrait qualifier d'actions offensives entreprises par les forces d'opposition, y compris, par exemple, des attaques sur des villes et villages contrôlés par les forces de Kadhafi. De même, le choix de certaines cibles, comme un entrepôt alimentaire régional, soulève de prime abord des doutes sur le rôle de telles attaques quant à la protection des civils. »

Le rapport ne rend qu'une version diffuse d'une violente attaque dont le but principal était de ramener le pays 43 ans en arrière, aux conditions qui prévalaient sous le régime du roi Idris, laquais des États-Unis et de la Grande-Bretagne, qui a donné le contrôle des ressources pétrolières du pays aux conglomérats américains et britanniques et permis aux deux puissances de maintenir d'importantes bases militaires en territoire libyen. La destruction et la tuerie de masse, qui ont abouti à la démolition de Syrte et au lynchage de Kadhafi, ont rendu l'idée, défendue par l'ONU, d'une guerre pour « les droits de l'homme » et la « protection des civils » non seulement absurde, mais surtout obscène.

Le viol de la Libye a été la réaction de l'impérialisme américain et européen aux soulèvements révolutionnaires qui ont renversé de vieux régimes pro-Occident en Tunisie et en Égypte, deux pays à la frontière de la Libye. Le but de cette guerre impérialiste était d'avoir le contrôle total des ressources en pétrole du pays, de détourner et de réprimer la croissance des luttes de la classe ouvrière à travers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, et de porter un coup à la Chine et à la Russie, qui avaient établi d'étroites relations économiques avec le régime de Kadhafi.

La guerre a dévasté le pays. Le CNT, une coalition de dirigeants de l'ancien régime de Kadhafi, d'islamistes, dont certains qui entretiennent des liens avec Al-Qaïda, et de gens à la solde des agences de renseignement occidentales, estime lui-même que la guerre aurait fait 50 000 morts et blessé 50 000 personnes. La montée de conflits entre différentes factions au sein du CNT pourrait bien mener à l'éruption d'une guerre civile entre milices rivales.

Le week-end dernier, tandis que le président du CNT Moustafa Abdel Jalil mettait en garde contre la possibilité d'une guerre civile, un groupe exigeant la démission du gouvernement de transition a d'assaut les quartiers généraux du CNT à Benghazi. Abdel Hafiz Ghoga, vice-président du CNT, a rapidement quitté son poste.

Le rapport sur les crimes de guerre des États-Unis et de l'OTAN révèle encore une fois le rôle joué par les partis « de gauche », les intellectuels et les universitaires qui ont répété les prétextes de Washington et de l'OTAN, donnant ainsi un appui explicite ou implicite à la guerre en Libye. Il souligne que ces forces, que ce soit les sociaux-démocrates, les Verts et des ex-staliniens comme le parti La Gauche en Allemagne ou de faux radicaux comme le Nouveau Parti anticapitaliste en France et l'International Socialist Organization aux États-Unis, se sont rangées dans le camp de l'impérialisme.

Article original, WSWS, paru le 23 janvier 2012.
Articles de Barry Grey publiés par Mondialisation.ca