dimanche 1 janvier 2012

Retrait des Américains d’Irak : le chaos en cadeau d’adieu...Des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ».

...L’Irak une des plus brillantes civilisations que l’humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d’un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise
sur des matières premières...

« On dit que le calife Haroun Errachid envoya comme cadeau à Charlemagne empereur d’Occident, à Aachen, une clepsydre, une horloge à eau, la première au monde à pouvoir mesurer le temps. Charlemagne envoya ce qu’il avait de mieux comme cadeau, des lévriers. »
Voilà résumé en une phrase le niveau de Bagdad il y a de cela 1200 ans comparé à l’Occident d’alors. Mieux encore, les Irakiens héritiers de la Mésopotamie avec Hammourabi qui fut le premier roi à édicter un corpus juridique, le fameux Code d’Hammourabi il y a de cela 34 siècles.
Pour rappel, l’Irak avait un système éducatif et de recherche performant. Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de « Dar El Hikma » « La Maison de la Sagesse », le taux d’analphabétisme le plus bas du Monde arabe, il constituait un danger pour le « monde libre et civilisé ».
Une brève histoire de l’Irak
Du point de vue de l’histoire, le déclin de Bagdad est dû, dit-on, à l’invasion des Mongols d’Hulagu qui détruisirent la capitale vers 1250 mettant un coup d’arrêt à la civilisation musulmane. L’Irak fut par la suite rattaché à l’Empire ottoman, jusqu’au jour où il intéressa les Allemands avec le kaiser Guillaume qui promit au sultan Abdelhamid la construction du Bagdad Bahn, le train Berlin-Bagdad. La découverte d’indices de pétrole fut le début du malheur des Irakiens qui furent une variable de confrontation entre l’Empire, britannique, et le gouvernement français qui, après avoir démoli l’Empire ottoman - accords de Sykes-Picot - firent main basse sur le pétrole. L’Anglo Irakian Oil Company remplaça la Turkish Petroleum Company. Par la suite encore, les Etats-Unis demandèrent leur part du gâteau. De coups d’Etat en coups d’Etat fomentés par les puissances occidentales, l’Irak connut l’avènement de Saddam Hussein qui, au départ, fut « utilisé » pour contrer la Révolution iranienne de 1979.
La première guerre du Golfe fut sponsorisée par l’Occident en armements à Saddam, notamment français et américains, et financièrement ce sont les roitelets du Golfe qui furent mis à contribution. Huit ans plus tard, fin des combats pour rien. L’empire soviétique s’effondrait, grâce aux coups de boutoir des moudjahidine commandés par le meilleur allié de l’Occident, Oussama Ben Laden.
Lors de la deuxième guerre du Golfe de 1991, qui, rappelons-le, s’est faite sur un malentendu, Saddam Hussein avait reçu l’ambassadrice Glapsie et l’avait informée des problèmes qu’il avait avec le Koweït -19e province de l’Irak avant la Première Guerre mondiale. Celle-ci lui aurait dit que les Etats-Unis ne se sentent pas concernés par ce problème. L’erreur de Saddam Hussein - en envahissant le Koweït le 2 août 1990 - est d’avoir cru que les Américains n’interviendraient pas. Il le paya cher, mais curieusement, George Bush s’arrêta aux portes de Bagdad. Ce fut la fin de l’Histoire, d’après l’idéologue du Pentagone Francis Fukuyama. Plus rien ne s’opposait à l’hyper puissance américaine. Cependant, deux faits importants sont à signaler d’abord, le déclin des réserves pétrolières aux Etats-Unis et la montée en puissance aux Etats-Unis des néoconservateurs avec un « born again », George Bush, inféodé au lobby sioniste pro-israélien. De plus, l’Irak de Saddam apparaissait comme un danger pour Israël. pour un autre motif concocté par les néo-conservateurs, l’Irak fut accusé d’avoir des liens avec Oussama Ben Laden, et de détenir des armes de destruction massive. Douze ans après son père, George Walker Bush envahit l’Irak en mars 2003, sans qu’il y ait une résolution des Nations unies.
Que reste-t-il de l’Irak ?
En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L’institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnés par le Programme « pétrole contre nourriture » : plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses : les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale (pillages, incendies et prises d’otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d’Irak a été pillé.
Le bilan est connu, des centaines de milliers de morts, des millions de personnes déplacées, les infrastructures détruites et réduites à l’âge de pierre selon la promesse de George Bush père. Le 15 septembre 2004, l’armée américaine relâche 275 détenus de la prison d’Abou Ghraib avec toute l’horreur attachée à la perversion d’un côté et aux souffrances de l’autre. En janvier 2007, en pleine fête de l’Aïd el Adha, Saddam Hussein a fait preuve d’un rare courage lors de sa pendaison. Comme l’écrit Manlio Danucci faisant le bilan de cette chevauchée fantastique : « Nos troupes sont sorties d’Irak ’’la tête haute’’, a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les USA ont de quoi être fiers.. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractor militaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraïb. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, à qui s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les USA ont payée de 4500 morts et plus de 30.000 blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques. Guerre qui a coûté 1000 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent environ 4000 milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. » (1)
Dans sa course à la Maison-Blanche, Barack Obama avait promis le désengagement de l’Irak, mais pas à n’importe quel prix. En novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of Forces Agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis. Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières et agricoles par multinationales américaines interposées, rentrent au pays.
Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de 5 milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Les Etats-Unis ayant réussi à mettre en place une partition de fait de l’Irak en trois régions quasi autonomes avec le Nord kurde, la région de Bagdad à majorité sunnite et le sud de l’Irak à majorité chiite. En même temps, poursuit Manlio Dinucci, Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel Exxon Mobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad. Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui - révèle le journal égyptien al-Arabi - entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’« armée syrienne libre » pour la « guerre subrogée » contre la Syrie. (1)
Mieux encore, on apprend que même l’agriculture plusieurs fois millénaire de l’Irak est menacée. L’ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l’administrateur provisoire de l’Irak, Paul Bremer, a placé le pays sous le joug économique total de l’Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néolibéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de La Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s’agit d’une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés. Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l’ironie, c’est au coeur de la Mésopotamie (l’actuel Irak) qu’a été inventée l’agriculture voici plus de dix mille ans ! L’ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduits dans les règles de l’OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes « similaires ». L’article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées ! Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations ! Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu’elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver !
L’Irak actuel
Face au refus de l’Irak d’accorder l’immunité à des milliers de soldats américains chargés de poursuivre la formation, le président Obama avait décidé, le 21 octobre, le retrait total des troupes.
La paix n’a jamais été à l’ordre du jour même du temps de la présence américaine. La boite de Pandore du régionalisme et surtout de l’extrémisme religieux à fait le reste malgré un décor exogène comme l’organisation d’élections, le chaos est là parce que les problèmes de fond qui existaient du temps de Saddam Hussein qui les traitaient à sa manière au nom d’un intérêt supérieur, celui de l’Etat Nation laïc, ressurgissent maintenant qu’il n’y a plus de garde fous. Les partis en présence, n’ont pas connaissance du logiciel de la paix. Je pense même que chacun à sa manière instrumente la religion pour s’emparer du pouvoir. Apparemment le clan chiite de Nouri el Maliki celui qui ordonna la mise à mort de Saddam Hussein le sunnite, l’a emporté su l’autre clan d’Ilyad Alaoui le sunnite, à telle enseigne qu’il a fallu plus d’une année pour former le nouveau gouvernement .
« Des élections ont eu lieu et un gouvernement à majorité chiite a mis plus d’une année à émerger. (...) Outre les dizaines de milliers de membres de sociétés de sécurité privées, peu connues pour leurs compétences en termes de réconciliation et de maintien de la paix. Les Américains laisseront 50.000 au Koweït, prêts à débarquer en cas de besoin. Le chaos qui règne à Bagdad ne leur laissera peut-être même pas le temps de défaire leur paquetage. La transformation de Bagdad en une ville à majorité chiite et le soutien des pays frontaliers devaient jouer un rôle majeur dans la stabilisation du pays. Au moins 12 explosions ont retenti dans 9 quartiers de la ville, faisant 63 morts et plus de 200 blessés. Des attaques coordonnées qui ciblaient essentiellement les quartiers chiites et qui font craindre un retour des violences confessionnelles sur fond de luttes politiques. Comme dans toute guerre, il y a ceux qui ont collaboré avec l’ennemi. Ils - ou elles - écrit Gilles Munier, étaient pour la plupart employés à tout faire, mais aussi secrétaires, interprètes ou espions. Certains, cagoulés, participaient aux interrogatoires et aux séances de torture. Considérés comme des traîtres par la population. Tous rêvaient de partir avec les occupants, d’émigrer aux Etats-Unis. Les Américains ont abandonné leurs collaborateurs à leur triste sort. Le bruit court même à Bagdad que des GI’s auraient vendu des listings d’employés à des « insurgés ». Une loi américaine, votée en 2008, a créé le Special Immigrant Visas (SIV) qui facilite l’entrée aux Etats-Unis des Irakiens qui travaillaient dans leurs bases et qui sont menacés de mort ou d’enlèvement. Mais, en quatre ans, seules 25.000 demandes ont été acceptées, 7000 visas délivrés. (2)
C’est une force étrangère, lit-on dans un éditorial du Monde, qui envahit le pays et ce sont des proconsuls américains bunkérisés qui vont le gouverner ensuite. L’Irak a été privé d’une partie de son histoire. Tout est faux depuis le début dans cette tragédie. Les motifs invoqués par George W. Bush pour se lancer dans l’aventure : l’Irak n’avait rien à voir ni avec Al Qaeda ni avec les attentats du 11 septembre 2001 ; le régime, exsangue après des années d’embargo, n’entretenait aucun arsenal d’armes de destruction massive (…). (3)
« L’Irak s’est un peu démocratisé, il est plus libre. Mais il est plus divisé que jamais entre ses trois composantes ethnico-religieuses. Il est gouverné par un parti pro-iranien issu de la majorité arabe chiite, qui marginalise la minorité sunnite, cependant que les Kurdes du pays vivent en quasi-indépendance. La violence est endémique. Un Irakien sur quatre vit dans la misère. La classe moyenne a fui à l’étranger. Le statut des femmes a régressé. La production pétrolière n’a pas retrouvé son niveau d’avant-guerre. (...) » (3)
« Chercheur au CNRS et spécialiste de l’Irak, Pierre Jean-Luizard anticipait les difficultés à venir : « Les Américains laissent derrière eux un système politique qui est voué à l’échec. C’est un système qui a été, par défaut d’autres solutions, conçu sur des bases confessionnelles et ethniques, dont la Constitution de 2005 condamne les Irakiens à jouer un jeu politique duquel ils ne peuvent pas sortir et qui les met en confrontation sur des bases d’abord communautaires et régionales. La meilleure illustration de tout cela est le mandat d’arrêt que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki vient de lancer contre le vice-président arabe sunnite Tareq al-Hachemi. Accusé de terrorisme et d’avoir financé des escadrons de la mort, Tarek El Hachémi nie toutes les accusations et accuse le Premier ministre de complot, qualifié de « Saddam chiite » par ses opposants. Le groupe parlementaire sunnite Iraqiya a décidé de boycotter l’Assemblée et le gouvernement. Une provocation pour le chef du gouvernement, lequel a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s’ils maintenaient cette décision.. « Cette guerre menée pendant plus de huit ans par Bush et Obama est un échec patent. Leur armée abandonne un pays aux mains d’un gouvernement chiite corrompu, allié à l’Iran, et en butte à l’hostilité d’une minorité sunnite », confie un officier du renseignement. Un nouveau Vietnam suivi d’une guerre civile pour les plus optimistes, « un arc chiite allant de la Syrie à l’Iran, en passant par l’Irak et le Hezbollah libanais ». Autrement dit, la hantise d’une troisième intifada chiite pour les plus alarmistes. (4)
Y aura t-il d’autres Irak ?
On peut s’interroger si après le désastre irakien, les 4500 morts les dizaines de milliers de traumatisé et une guerre qui aura couté près de 1000 milliards de dollars, les Américains seront tentés par une autre aventure que celle de formater le monde. Pour le Christian Science Monitor qui rapporte le nouveau format des guerres américaines, on parle de nouvelles guerres : « On les appelle les interventions militaires « transhorizon » ou à distance : l’usage de drones ou de missiles lancés à partir de bâtiments de combat en vue d’éliminer des cibles humaines dans un pays étranger sans avoir à envoyer de soldats sur le terrain. Alors que les Etats-Unis quittent l’Irak après plus de huit ans de guerre et d’occupation, le recours accru à ces tactiques à distance et aux unités d’élite des forces spéciales, extrêmement mobiles, n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’impact durable que cette guerre, lancée en mars 2003, a eu sur la politique étrangère américaine ». (5)
« “Pendant un certain temps, le syndrome postirakien produira une réelle réticence à mener des opérations militaires ressemblant de près ou de loin à la guerre en Irak”, prédit Stephen Walt, professeur à l’université Harvard. “Nous n’allons plus nous lancer dans des occupations prolongées ni tenter de remodeler la politique intérieure d’un pays.”Autrement dit, au lieu de guerres comme celle d’Irak, nous assisterons à des interventions ciblées, comme au Pakistan et au Yémen. “Nous allons nous employer à éliminer les méchants au lieu de chercher à réformer des sociétés entières”, résume l’universitaire ». (5)
On le voit la tentation d’empire étasunienne est intacte, sauf que l’expérience américaine est mise à profit pour ouvrir d’autres théâtres. De fait poursuit le journal : « La guerre d’Irak ainsi que celle d’Afghanistan ont conduit les Etats-Unis à se préoccuper d’une région qui ne devrait pas jouer un rôle important dans leur future prospérité. Comme Jon Huntsman Jr., candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, se plaît à le répéter : « Notre avenir n’est pas dans les montagnes afghanes de l’Hindu Kuch ». Après s’être focalisés sur l’Irak pendant la majeure partie de la dernière décennie, les Etats-Unis doivent, selon M. Lindsay, rattraper leur retard dans une région qui pèsera beaucoup sur leur futur : l’Asie orientale ». (5)
« “A présent, nous allons être beaucoup plus prudents pour décider des endroits et des moments opportuns pour faire appel à l’armée.” Selon Henry Barkey, un ancien analyste du département d’Etat, cette “nouvelle réticence” transparaît déjà dans le rôle de soutien que les Etats-Unis ont choisi de jouer dans l’intervention de l’Otan en Libye. Mais, selon d’autres experts, la Libye ne pré­sentait qu’un intérêt secondaire pour Washington. D’après eux, le véritable test de l’impact de la guerre d’Irak sur la politique extérieure américaine se fera avec l’Iran, et peut-être plus tôt qu’on ne le pense ». (5)
Nous y voilà. Le scénario est mis en place avec la complicité du directeur Général de l’AIEA qui n’a pas la même réticence qu’El Baradei ou encore moins qu’un Hans Blix qui s’est opposé frontalement à Georges Bush, en persistant sur le fait qu’il n’y avait pas d’ADM en Irak. L’actuel directeur de l’AIEA fait parti du scénario visant à créer le motif qui amènera le monde à un futur chaos. La guerre irakienne terminée, les GI’s ne sont pas loin, jute à côté au Koweït, ils peuvent reprendre du service. Il est possible même que le détroit d’Ormuz soit l’étincelle qui déclenchera l’apocalypse.
Nous ne souhaitons que l’Iran finisse comme l’Irak encore que cela ne sera pas facile pour l’empire ! L’Irak une des plus brillantes civilisations que l’humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d’un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme « rempart contre la barbarie ».
Chems Eddine Chitour
URL de cet article 15497 http://www.legrandsoir.info/retrait-des-americains-d-irak-le-chaos-en-cadeau-d-adieu.html

vendredi 30 décembre 2011

SYRIE - LA REVOLUTION 2011 - Comprendre la Revolution Syrienne avec les manifestants (VIDEO) - LIBERTE POUR TOUJOURS

LIBERTE POUR TOUJOURS


Cette vidéo est un résumé des événements qui secouent la Syrie depuis le mois de mars 2011, par les manifestants syriens.
Autant que faire se peut, les images filmées par les manifestants, leurs slogans, leur humour, leur danse, leurs chants et leurs réactions sont mis en avant. C'est le message qu'ils souhaitent faire parvenir hors des frontières syriennes, et à l'intérieur desquelles le pouvoir en place a interdit l'entrée libre de journalistes.
Cette vidéo ambitionne également de montrer les caractéristiques de la Révolution syrienne, ce en quoi elle se distingue des autres.
Un soin particulier a été apporté pour éviter les images trop choquantes, qui existent malheureusement. Malgré tout, certaines séquences peuvent heurter les âmes les plus sensibles.
  • Comprendre la Révolution syrienne avec les manifestants syriens.
  • comprendre la Révolution syrienne du point de vue des manifestants.
 

mercredi 28 décembre 2011

LIGUE ARABE - Les "Etats arabes" otages de leur "Ligue" : entre l’immobilisme, la subordination et l’attrape-nigaud.

Certains pays arabes doivent en urgence se retirer de cette funeste « Ligue », qui devient plus un attrape-nigaud qu’un bouclier de protection. Il leur sera plus avantageux, à l’avenir, de se regrouper en pôles régionaux d’intérêts communs, sur des bases réelles c’est-à-dire économiques, culturelles et de défense que sur une base « identitaire » chimérique, contre-productive comme on le constate..... 


1ère partie :
Depuis sa création en 1945 par sept pays arabes, dont la Syrie, la « Ligue des États arabes » a pour objectif d’unifier la « nation arabe », de défendre les intérêts des États membres, de faire face à toute ingérence des puissances dans la région. Elle se voulait aussi une force de proposition et d’impulsion. Mais les divergences sont telles que ses actions et initiatives, même de paix, restent au mieux à effets modestes. Les 22 États membres connaissent des divisions liées aux vicissitudes des relations dues à la nature de leurs systèmes politiques souvent antinomiques.
Deux visions politiques s’affrontent à ce jour. L’une "pro-occidentale" que mène l’axe monarchique, l’autre plus indépendantiste que mène l’axe républicain. Sur la trentaine de sommets organisés entre 1946 et 2011, dont 12 sommets en urgence - où les résolutions les plus importantes concernent la Palestine - on ne relève aucun qui eut un impact signification. Le semblant d’unité apparait plutôt dans l’hostilité à Israël ; quoi que… car, le dossier palestinien n’a pas vraiment unis les membres même lors de l’agression israélienne contre Ghaza, le Qatar, pays hôte du sommet de 2009, avait tenté de mener un camp favorable au Hamas contre l’Autorité palestinienne, ou contre le Liban. Il y a aussi ce « lâchage » de la Syrie qui avait refusé, avec le Liban, d’adhérer à la convention sur le « terrorisme » qui ne distingue pas ceux qui luttent pour la liberté et l’indépendance ; allusion au Hezbollah. Ajoutons la partition du Soudan, le chaos de la Somalie, l’invasion de l’Irak, l’agression du Liban et de la Libye et maintenant les provocations et menaces sur la Syrie. La ligue arabe a été non seulement d’aucune utilité, mais a joué un rôle négatif contre certains de ses propres membres.
La géniale maxime anonyme, (elle n’est pas d’Ibn Khaldoun) qui dit que « les arabes se sont entendus pour ne pas s’entendre » est d’une réalité affligeante qui va plus loin puisque c’est la première fois qu’ils « s’entendent », dans la même année, mais pour… autoriser l’agression par l’Otan de la Libye ; suspendre, sanctionner et menacer la Syrie. Une première dans l’art de se faire châtier par l’organisation censée protéger ses membres. Un grand progrès dans le…ridicule et l’abaissement !
Les peuples arabes savent que cette organisation a perdu son sens pour s’être laissé pervertir en un instrument au service du Grand Capital comme le sont toutes les organisations internationales, y compris droits de l’homme, l’AIEA. La plupart dépendantes des multinationales, leurs donatrices. L’ONU et ses institutions ne servent plus qu’à produire des alibis contre les pays ciblés ; que les ONG et les "journalistes" font dans l’espionnage ; que la CPI s’utilise pour criminaliser les dirigeants indociles ; que le FMI sert à ruiner et gager les pays ; que la presse dites « mainstream » se consacre à la manipulation, la tromperie et le contrôle de l’opinion ; que l’OTAN se réserve pour l’agression et dévastation.
La Ligue arabe ne peut échapper aux plans des lobbies militaro-financiers, de quadrillage du monde pour mieux se servir. Ce sont ces lobbies qui commanditent les guerres, déstabilisent et assassinent et qui, après l’Irak, l’Afghanistan, le Liban et la Libye, bousculent à une confrontation avec l’Iran via la déstabilisation de la Syrie. L’Afrique en paie le prix le plus cher avec l’assassinat de 21 présidents depuis 1960 : de Sylvanus Olympio en 1963 président du Togo à Kadhafi.
Quel autre moyen le plus sûr pour déstabiliser États arabes - qui présentent un danger pour leurs intérêts et Israël ou seraient un mauvais exemple pour les monarchies vassales – que celui de le faire par les arabes eux-mêmes en leur faisant la guerre avec leurs propres citoyens ! La Syrie reste le dernier « verrou » tenace pour sa résistance, dans la région.
L’État le mieux indiqué pour mener la tâche de manipuler et de piéger, tel un cheval de Troie, la Ligue Arabe - après l’éviction par leur peuple des deux renégats Moubarak et Ben Ali - est bien le Qatar en la personne de son Emir - ce vaguemestre des américano-sionistes, celui qui a renversé son père, - et ce, pour sa forte dépendance de l’Occident et ses prédispositions à la félonie. Ce Qatar qui offre aussi des possibilités d’actions militaires proches des zones convoitées. Il est assisté par la Turquie d’Erdogan, un nouveau ottoman, chargée de servir de base pour les actions armées et subversives.
Le choix de la Libye, en priorité, est stratégique - car un carrefour entre le MO, l’Afrique et l’Occident et constituant de plus, une porte moins risquée pour l’Afrique - puis tactique car, pays riche, moins peuplé et moins puissante militairement, dont la chute donnerait d’une part, selon leur vision, un exemple aux autres africains et d’autre part plus d’ardeur pour faire abdiquer la Syrie ; le point d’achoppement des velléités occidentales et sionistes. Cette indomptable Syrie qui fait le poids dans l’équilibre des forces entre l’Occident et l’Asie que représente en particulier la Russie et la Chine, dans ce que l’on appelle l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée à Shanghai en 2001 dont l’Iran est membre.
Ce complot de l’Occident que pilote les EU pour le contrôle des richesses du MO - qui vise à neutraliser ces puissances adverses traditionnelles afin de les rendre plus dépendante et donc plus vulnérables - semble trouver en la Ligue un allié de taille au moment où des États Arabes traversent une période d’incertitudes politiques que l’Occident n’arrive pas à décrypter. D’où ses ingérences pour récupérer ces « révoltes » incontrôlée - qui remettent en cause les fondements et structures politiques archaïques - dans le sens de leurs intérêts sinon en susciter d’autres "contrôlées" pour ensuite intervenir et recomposer dans le sens souhaité en usant des fallacieux prétextes humanistes et nouvellement du grotesque « protection des populations civils ».
Ce masochisme de la Ligue arrange bien certains. Nietzsche disait bien que « si la souffrance, si même la douleur a un sens, il faut bien qu’elle fasse plaisir à quelqu’un… ». Ce sont bien les États-liges du Golfe – organisés dans le « Conseil de Coopération des États arabes du Golfe », qu’appui la Turquie d’Erdogan - qui sont chargés d’engager le bellicisme diplomatique en dictant à la Ligue ce qui doit et ne doit pas se faire. Ces monarchies ont le même rôle dans les institutions et organisations arabes que les sionistes dans les organisations et gouvernements Occidentaux ; celui de déstabiliser tous ceux qui présentent un danger « idéologique » pour les monarchies ou « d’intérêts » pour le Grand Capital. D’où ce "Conseil" des « six pétromonarchies » - qui se voulait un « bloc commercial » - mais qui travaille en fait pour des objectifs sournois ceux de servir les intérêts stratégiques de domination américaine et sioniste. Son influence est telle que ce CCG est surnommé le « bureau politique » de la Ligue puisque les résolutions sont décidées avant même que cette Ligue se réunisse. Avec le CCG, les valeurs sont inversées dans le sens où ce sont les monarchies qui gouvernent leurs contrées sans légitimité, que celle que leur fournit leurs protecteurs occidentaux, qui prennent le bâton de pèlerin pour imposer la démocratie et la liberté aux "républiques". Et la Turquie ? Les analyses soutiennent qu’Obama aurait répondu favorablement aux dirigeants d’Ankara pour un « sous-impérialisme néo-ottoman » contrôlé par Washington après les inquiétudes de la Turquie de la domination exercée au M.O par Israël et les USA.
2ème partie :
Par la Ligue, on se permet désormais d’exclure, de sanctionner et de menacer d’une intervention militaire étrangère, les États membres dont les politiques ne concordent pas avec les vues et objectifs de l’Occident sur la région, dont la prédominance d’Israël, conformément au projet du « Grand Moyen-Orient ». Ce projet, devant dissoudre le monde musulman dans les fondements euro-atlantistes, consiste à agiter les peuples – en mettant en conflit les arabes musulmans et les chrétiens, les musulmans sunnites et chiites, les ethnies - ensuite, recomposer dans le sens désiré. Le grand capital n’ayant pas de limite géographique ou morale considère le MO, d’un intérêt vital, région qu’il faut dominer par tous les moyens.
Il a été déployé un monstrueux dispositif d’endoctrinement et d’actions psychologiques que mènent des chaînes occidentales et les chaînes des pétromonarchies à savoir Aljazeera et Alarabia. Leur matraquage médiatique, a dérouté les plus éveillés. Beaucoup ont épousé leur cabale médiatique qu’a légitimé la Ligue du méprisant Amr Moussa et que semble aussi accepter l’autre nouveau égyptien Nabil Al-Arabi puisqu’il ne fait que lire ce qu’on lui présente sous l’œil du ministre Qatari des AE. Pour avoir encore plus de légitimité, on instrumentalise même la religion en obtenant la caution de Cheikhs réputés qui décrètent des "fatwas" scélérates rendant licites ou illicites les mêmes choses et comportements en fonction des objectifs attendus du pays concerné, en s’appuyant sur des interprétations orientées et calculées de certains préceptes de l’Islam, allant jusqu’à rendre licite l’agression de la Libye par l’Otan ou bien appelant carrément à un bain de sang en Syrie comme le fait l’imam sunnite syrien al-Aroor, réfugié en Arabie Séoudite. Voilà encore le sinistre Cheikh Al-Qardawi, le protégé de l’Émir du Qatar, l’auteur de la "fatwa" autorisant l’invasion de la Libye et l’assassinat de Kadhafi, qui appelle maintenant les libyens à se… « réconcilier » en même temps qu’il autorise les « opposants syriens » à faire appel à l’Otan. Cet « Islam » là, modulable au gré des intérêts des puissants du moment et de leurs chimères, est bien étrange !
Dans cette offensive, on remarque bien que ce sont les régimes « républicains » réfractaire et pas les monarchies, que l’on vise pour les rendre au moins obéissants en installant des gouvernements composés souvent d’opposants, félons et renégats. Sinon des États dit « Islamiques » sous forme d’« Émirat » en soutenant les tendances rétrogrades, obscurantistes et violentes désignés par « terroristes islamistes », que l’occident dit combattre, mais qu’il instrumentalise, comme en Libye, selon ses désidératas.
Que constate-t-on en Libye ? Un CNT - installé par l’Otan « représentant légitime du peuple libyen » pour réinstaurer un État-lige - dans la panique et aux abois qui n’arrive pas à mettre en place un gouvernement représentatif et qui fait appel, à nouveau, à la « communauté internationale » pour l’aider à se débarrasser des mêmes rebelles qu’il a employés pour installer le chaos. Un CNT qui cherche à récupérer les cadres de l’ancien régime pour reconstituer un état et redémarrer car, impossible de le faire avec l’armée de miliciens ignorants que l’on a utilisé comme chair à canon pour détruire leur pays et qui sombrent dans le désœuvrement. Un CNT qui constate des Benghazi se retourner contre lui par des manifestants réclamant une “nouvelle révolution”. Des libyens, ayant vécu dans la Jamahiriya mieux que beaucoup d’européens par les facilités et les biens gratuits que permet le système, qui se retrouvent maintenant par leur perfidie et prétention en abattant l’ « nourricier », avec rien ; obligés de quémander la nourriture ou de s’adonner au pillage, au racket et au trafic d’armes. Un pays déstructuré et insécurisé aux mains de brigands et d’aventuriers qui ont tué des dizaines de milliers (entre 50 et 70 000 morts) de leurs compatriotes civils que l’Otan a aidés par les bombardements aux missiles. Un pays où le peuple, de tempérament vengeur et tribal, n’oubliera jamais le sang innocent versé et les viols commis. Un pays réduit à la mendicité et aux pénuries y compris d’argent après des dizaines d’années de vie dans l’aisance. Des milices au début "unies" mais qui maintenant, divisées, se font la guerre. Des « révolutionnaires » - composés de prisonniers libérés, de frustrés, d’ignares, de paumés - floués et livrés au pillage et à la rapine, qui deviennent une armée de chômeurs…en arme défiant la nouvelle autorité. Une autorité - composée en grande majorité d’opposants opportunistes et cupides, de tendances contradictoires sous tutelle de la NED/CIA et le MI6 ou de renégats - qui n’arrive pas à s’installer sur le territoire libyen à cause de l’insécurité et des attentats. Un pays ou les libyens, habitués au bien-être et au confort, ne sauront jamais faire le travail réservé à la main-d’œuvre immigrée qui représentait plus de 50 % de la population active ; oui comment demander à 2 millions de libyens de remplacer les 2 millions d’immigrés qui sont partis. Même les candidats à l’émigration ne s’y aventureront plus à cause de l’insécurité et des caisses vides. Un pays où l’on a cédé la place au désordre et où l’on a éveillé l’esprit de résistance avec la naissance d’un « Front de libération ». L’État libyen, avec ses institutions, est bien cassé et pour longtemps ! « Mais que croyaient ces zozos du CNT ? » disait Allain Jules. Citons aussi Félix Houphouët-Boigny « on n’apprécie le vrai bonheur que lorsqu’on l’a perdu ».
Dans le cas de la Libye, le sinistre Bernard-Henri Lévy « philosophe » du mal a été l’entremetteur chargé de faire sous-traiter par la France de Sarkozy cette « opération Libye » et la Ligue arabe servir de caution. Avant même que la Libye ne tombe, ce manipulateur sioniste franco-israélien avait déclaré, à l’Université de Tel Aviv, en compagnie de Tzipi Livni, « si nous réussissons à faire tomber Kadhafi ce sera un message pour Assad ». Par affront, il a déclaré aussi lors d’une réunion du CRIF « c’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques ». Malgré les déclarations de Rasmussen, qui avait affirmé le mois d’octobre que l’alliance n’avait « … aucunement l’intention d’intervenir en Syrie… la seule façon d’avancer en Syrie … est de tenir compte des aspirations légitimes du peuple syrien… nous avons pris la responsabilité de l’opération en Libye parce qu’il y avait un mandat clair des Nations unies, car nous avons eu un soutien fort et actif des pays de la région…aucune de ces conditions n’est remplie en Syrie », les choses ont évolué autrement.
Nous revoilà en Syrie avec les mêmes tactiques, mensonges et diversions avec l’usage des mêmes méthodes et procédés ! C’est-à-dire : 1/ Faire infiltrer les manifestations pacifiques et légitimes par des groupes chargés de détourner les revendications en révoltes contre le régime tout en chargeant d’autres embusqués de tirer sur les manifestants ; en même temps on active les cellules dormantes de passer à l’action armée 2/ Imputer les exactions et crimes au « régime » en l’accusant de « tuer des civils qui manifestent pacifiquement ». 3/ Tromper les opinions en leur faisant croire à un régime « dictatorial, répressif » pour le faire condamner par la « communauté internationale ». 4/ Introduite auprès du CS des résolutions pour des sanctions économiques afin d’exacerber les choses et pousser le peuple à se révolter contre ses dirigeants. 5/ Faire admettre des « enquêteurs » et autres « journalistes » qui sont en fait des espions de guerre. 6/ Intervenir militairement sous des prétextes « humanitaire » en particulier « protéger les civils ». 7/ Instaurer le chaos. 8/ Créer une entité, en lieu et place du gouvernement composée d’éléments à leur solde 9/ Traduire les responsables comme des criminels de guerre devant un Tribunal Spécial.
3ème partie :
Cependant, le monde a bien changé dans les relations politiques et économiques, dans les rapports de force avec la fin de la "guerre froide", dans les alliances stratégiques à cause surtout des crises et des contradictions que génère le capitalisme actuel fait de spéculations et d’injustices suscitant des conflits d’intérêts voire d’existence. C’est donc sans compter, cette fois, sur le double véto russe et chinois qui ne veulent pas s’y faire prendre comme en Libye où l’Otan a bafoué toutes les règles. Le même scénario en Syrie a d’autres portées autrement plus stratégiques car, il vise à resserrer le "noeud coulant" autour du puissant Iran en mettant en place, en Syrie, un « pont littoral » qui puisse servir à attaquer ce pays et par conséquent affaiblir irréversiblement la Russie et la Chine.
Il ne restait que « Ligue arabe » pour réaliser ce qu’ils n’ont pas pu faire passer par le C.S et faire, par cette pression, abdiquer ces deux puissances. L’objectif étant, par la Ligue, de mettre « au pas » tous les régimes présentant des obstacles à la politique hégémonique des lobbies financiers et industriels que soutiennent, par vassalité, les monarchies arabes et par nature, Israël. La Syrie étant l’obstacle primordial, il s’agit, pour l’Otan, de prêter main forte, par la Turquie, à l’insurrection armée - intégrée préalablement par des islamistes "djihadistes" et des mercenaires – en l’entrainant, l’armant puis en répandant de grandes quantités d’armes variées dans les régions en trouble, comme du temps de la guerre soviéto-afghane, plutôt que de réitérer la méthode désastreuse des frappes comme en Libye.
Le coup d’envoi a été donné à Deraa pour s’étendre à Homs puis à d’autres villes. On tend des embuscades aux éléments de l’armée et des services de sécurité tuant plus de 1100 ; leur armement est acheminé depuis la Turquie et la frontière libanaise. On assassine des centaines citoyens, des responsables civils, des intellectuels, des médecins, des commerçants (on parle de 5000). On viole les domiciles et kidnappe des citoyens pour des rançons. On détruit, incendie et sabote les infrastructures économiques comme les gazoducs, les usines et les voies ferrées. On réserve des camps sur le territoire Turc pour accueillir des mercenaires, essentiellement des « rats » libyens, dont-on a plus quoi faire, puis ériger avec quelques apostats et révoltés une « armée syrienne libre ». On "décrète", avec menace, une grève générale qui a échoué. On lance un appel au boycottage des élections locales, issues des nouvelles réformes, qui a aussi échoué au regard de la participation. On s’acharne à en faire une « guerre civile » pour neutraliser ce pays et laisser faire les prédateurs. Le Qatar s’engage une nouvelle fois à tout financer. On requiert, via la Ligue, des sanctions économiques.
Des sanctions qui semblent n’avoir aucune chance de faire plier le gouvernement syrien. D’abord, parce que 95 % des avoirs ont été rapatriés et en plus, ce sont les États arabes de la région qui pâtiront d’un éventuel boycott des produits syriens dont-ils dépendent en grande partie, mais qui ne représentent qu’une modeste proportion des exportations de la Syrie. La grande part est absorbée par l’Irak, qui refuse les sanctions et la Turquie qui se retrouve en situation de « l’arroseur arrosé » puisque les Turcs grognent déjà contre leur gouvernement pour les effets néfastes qu’ils commencent à sentir mais, le verdict vient de l’Iran qui annonce un important accord de libre-échange et d’investissements avec la Syrie ! Quant à l’embargo sur son pétrole, il a déjà trouvé preneur.
Ils continueront jusqu’à à la dernière carte à accuser trompeusement le gouvernement syrien des pires atrocités que commettent en réalité des terroristes à leur solde - selon les témoignages de journalistes indépendants, des délégations ayant visité la Syrie ou le reportage récent d’une agence américaine - contrairement aux soldats qui ripostent pour se protéger ou empêcher le chaos. Ils continueront avec leur "merdias" à travestir la réalité, à fabriquer des faits made Aljazeera, Alarabia, BBC arabic et France 24. Cependant, au regard de l’évolution des choses et devant le haut niveau de conscience des syriens, la puissance et l’expérience de leur armée qui n’a pas encore utilisé ses moyens et capacités, la modestie et la persévérance de leur président, les manifestations de masses contre l’ingérence et les décisions de la Ligue, le complot semble en phase d’échec.
Malgré cela, le gouvernement Syriens, a pris plusieurs mesures pour reformer les institutions et le régime dans le sens d’une démocratisation effective avec projet d’une nouvelle. Il s’emploie à s’ouvrir aux tendances par le dialogue, y compris avec « l’opposition à l’étranger », en leur proposant de régler pacifiquement la crise entre syriens « en Syrie » avec toutes les garanties, en acceptant même des médiateurs. Malheureusement, c’est sans compter sur les « décideurs/brigands », ceux qui jouent les grandes marionnettes, qui bloquent tout ce qui permet l’apaisement en incitant l’opposition à renoncer au dialogue et en avisant les groupes armés de ne pas déposer les armes.
Voilà que la Russie sonne le tocsin en mettant en garde contre toute velléité de déstabilisation ou de guerre contre la Syrie en même temps qu’elle annonce s’opposer à toute ingérence étrangère dans les affaires de ce pays. Elle y met les moyens en dépêchant son armada dissuasif dans la région afin « d’empêcher une guerre aux conséquences graves ». Lavrov met aussi en garde contre le langage par « les avertissements et les menaces » à l’endroit de la Syrie après avoir dénoncé, devant le conseil de l’OSCE, l’utilisation des résolutions des Nations Unies visant à « mettre fin illégalement » à des conflits et cette pratique du « deux poids, deux mesures ». La Chine prend le relais en annonçant s’opposer aux ingérences tout en déclarant soutenir toutes les initiatives qui permettent d’instaurer le calme et la stabilité. L’Inde fait de même à Moscou lors de la visite du PM Manmohan Singh. Mieux, selon Farsnews qui se réfère au bulletin du département d’État US (Europian Union Times), le président chinois aurait averti, devant son homologue russe et son premier ministre, que la seule voie permettant de stopper une intervention militaire américaine contre l’Iran est une action armée. « On fera la guerre même si cela déclenche la troisième guerre mondiale » aurait prévenu Jin Tao. Cet aboutissement est déjà signalé, en novembre, par le chef d’État-major général russe Nikolaï Makarov, lors de son intervention devant la Chambre civile (Kremlin). L’agence "Novosti" avait rapporté que ce général, en se référant à l’expansion de l’Otan en Europe de l’Est avec le bouclier antimissiles et le contexte post-Libye de pression sur la Syrie et l’Iran, avait lancé un message sans équivoque en affirmant qu’« il devient évident que le risque d’implication de la Russie dans des conflits locaux a augmenté… sous certaines conditions, les conflits régionaux risquent de dégénérer en conflits d’envergure avec un possible emploi d’armes nucléaires ». La messe donc est dite !
Tant que les Russes et les Chinois soutiendront la Syrie, les va-t-en-guerre n’auront aucune chance de réussir.
Au même moment les iraniens font atterrir, par une prouesse technologique hors-pair le drone-espion américain furtif de type RQ170 le plus sophistiqué ; sa destruction comme prévu en cas d’interception n’a pas réussi. Les USA, sonnés par ce revers, perdent ainsi un atout technologique majeur en le mettant "gratuitement" à disposition de l’Iran. Ils échouent aussi dans cet essai débile de création d’une « ambassade virtuelle » au « service » des iraniens pour mieux, en fait, espionner et manipuler.
4ème partie et fin :
Mais l’impérialisme n’est pas encore épuisé ses forces. Il essayera encore de réintroduire le dossier syrien auprès du CS via encore…la Ligue "arabe" avec d’autres ruses comme nous le constatons avec la sortie "émouvante" de l’ambassadeur de France à l’Onu, Gérard Araud - qui ressemble au "chant du cygne" - qui ose qualifier la situation syrienne d’ « épouvantable et d’effroyable » pour les 5000 morts en majorité tués par les groupes armés que la France soutient ; oubliant que son pays a participé aux massacres par l’OTAN des libyens et l’assassinat programmé de Kadhafi. Cette France suiviste sarkozienne divisée, stigmatisée qui redonne une image colonialiste par ses ingérences et actions de déstabilisation des États africain. Cette France qui sombre dans la récession ; qui paie des rançons aux terroristes. On s’essaye, par revanche, à déstabiliser, cette fois, la… Russie, en sautant sur l’occasion des élections, pour exacerber les mécontentements dus à quelques cas de fraudes. C’est la Clinton qui donne le coup d’envoi avec son « aspirations du peuple russe à espérer un avenir meilleur » à propos des manifestations. Mais le ministre russe de l’Intérieur Nourgaliev averti qu’il mettrait fin à « toute tentative d’organiser un événement non autorisé ». Vladimir Poutine lance - à propos des ONG russes, en particulier "Golos" que finance la NED et l’UE pour le recrutement de ses membres à travers les services Suédois – devant ses partisans « premièrement, Judas n’est pas le personnage biblique le plus respecté chez les Russes [en référence à la trahison], deuxièmement, ils feraient mieux d’utiliser cet argent pour payer leur déficit public et d’arrêter de dépenser de l’argent pour des politiques étrangères coûteuses et inefficaces ». La « Ligue arabes » osera-t-elle ce genre de réplique ? Qu’avaient répondu les arabes lorsque Martin Van Crevel, historien militaire israélien avait souhaité la « déportation collective » des palestiniens dans une interview ? Qu’elle est la répondre leur « Ligue », à la récente ineptie de l’idiot « utile » Newt Gingrich ex “speaker” de la Chambre des représentants, qui brigue l’investiture républicaine, à la déclaration, sur la chaine “The Jewish Channel”, par une inversion accusatoire, que le peuple palestinien est une « invention » et que les palestiniens « … faisaient partie de l’empire ottoman avant la création d’Israël » ? (Ce sot est diplômé en… histoire). Aux dernières nouvelles, il y aurait divergence entre les membres de la Ligue sur les mécanismes appropriés pour régler cette crise syrienne. Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirat, le Bahreïn, le Koweït, la Tunisie et le CNT Libyen sont pour l’introduction du dossier auprès du CS alors que l’ Égypte, l’Algérie, le Liban, l’Irak, Oman et le Soudan sont pour le dialogue entre syriens.
Enfin, l’Occident est bien au bord d’une crise majeure, conséquence de son capitalisme sauvage sans limites, qui martyrise les populations de la planète, où l’homme est une marchandise. On observe une tendance vers un effondrement spectaculaire de son économie sous les poids de ses défaites militaires et de ses crises économiques internes, mais aussi de son immoralité. Le monde de la finance se retrouvant agonisant, il se débat, telle une bête blessée, en voulant s’en sortie au détriment des autres États en piétinent toutes les règles internationales et morales. Il veut faire payer, comme toujours, aux peuples les crises qu’il engendre.
Ce qui se déroule dans le monde arabe a été planifié par les américano-sionistes, comme 1ère étape, pour trouver une sortie de crise. Pour eux, il n’y a de morale qui n’intervienne que pour l’exiger aux autres. Ce sont des criminels qui s’habillent d’oripeaux élogieux – droits de l’homme, liberté et démocratie - pour faire croire en une quelconque vertu afin de mieux tromper les consciences et spolier. Leurs prétentions les aveugles au point où ils perdent la raison. « On passe sa vie à vouloir atteindre un objectif, à courir après des rêves, à croire qu’obtenir ce que l’on veut nous ouvrira les portes du bonheur. Mais ça ne se passe pas ainsi. C’est le chemin qui fait l’existence, pas l’aboutissement… dit Jorge Molist (Le Rubis des Templiers).
Pourtant, la déstabilisation d’une région entière, carrefour de trois continents, aurait des retombées catastrophiques sur tous les pays. Ce n’est rentable à personne ; ni aux pays de la région, ni aux EU, ni à l’Europe, ni à la Russie, ni à la Chine encore moins à Israël que l’on croit protéger. Un embrasement sera fatal aussi aux monarchies. Les islamistes salafistes ou les terroristes d’Al Qaida ou autres mercenaires que l’on croit dompter et instrumentaliser par l’argent, qu’appui des Cheikhs opportunistes, ne seront d’aucun secours dans le cas d’une guerre totale.
Faudra-t-il une autre guerre mondiale à cause de quelques trusts et cartels puissants qui s’évertuant à vouloir dominer le monde par la force ? L’humanité ne donne pas d’exemple de réussite de cette nature.
Quand on sait que les monarchies du golfe, qui dirigent cette Ligue, sont déjà sous la protection des EU, de quelle autre mission est chargée alors cette Ligue si ce n’est de contrôler les faits et gestes des pays membres récalcitrants pour dominer cette région. Surprise de dernière minute, la Russie introduit un projet de résolution, qui s’apparente à un contre-pied aux occidentaux, condamnant les violences des « deux côtés » ainsi que les ingérences, exigeant l’apaisement et le dialogue entre et les syriens. Ce projet, qui ne demande pas l’éviction de Bachar, a mis dans l’embarra les occidentaux qui veulent apporter des "modifications" mais aussi la Ligue « arabe » qui a …reporté ses « décisions » certainement, par subordination, pour voir vers où penche le rapport de force.
À notre sens, certains pays arabes doivent en urgence se retirer de cette funeste « Ligue », qui devient plus un attrape-nigaud qu’un bouclier de protection. Il leur sera plus avantageux, à l’avenir, de se regrouper en pôles régionaux d’intérêts communs, sur des bases réelles c’est-à-dire économiques, culturelles et de défense que sur une base « identitaire » chimérique, contre-productive comme on le constate.
Il est certain qu’avec l’axe Russie-Chine-Iran-Syrie-Liban, qu’appuieront les autres États du « BRICS », les complots en cours ou en gestation seront un coup d’épée dans l’eau et qu’en lieu et place du « Grand Moyen Orient » planifié par les EU, c’est un « Nouveau Moyen Orient », à l’opposé de celui espéré, qui surgira pour un autre ordre mondial basé sur d’autres règles, d’autres principes !
Amar DJERRAD
URL de cet article 15478 http://www.legrandsoir.info/les-etats-arabes-otages-de-leur-ligue-entre-l-immobilisme-la-subordination-et-l-attrape-nigaud.html

mardi 27 décembre 2011

« La France a une attitude schizophrénique »,« génocide » s’applique parfaitement aux crimes coloniaux perpétrés par la France en Algérie.

.....le mot « génocide » s’applique parfaitement aux crimes coloniaux perpétrés par la France en Algérie....

Mohamed El Korso regrette le peu d’enthousiasme que suscitent les questions liées à l’histoire de la part de notre classe politique.
L’historien et ancien président de l’association du 8 Mai 1945, Mohamed El Korso, ne mâche pas ses mots. Pour lui, il est indéniable que le mot « génocide » s’applique parfaitement aux crimes coloniaux perpétrés par la France en Algérie. Joint hier par téléphone, il a réagi à la polémique qui fait rage entre Paris et Ankara en abondant dans le sens d’Erdogan : « Quand vous avez un colonel de la colonisation qui dit, je coupe les têtes, il ne parle pas de couper des têtes d’artichauts, mais celles des Algériens. L’intention de liquider par le sabre et le fusil est réelle et non fictive. Les enfumades et les emmurements qui ont décimé des tribus entières, comment qualifier cela ? », martèle-t-il, avant de lancer : « Le colonel Montagnac disait : tuez tous les hommes jusqu’à l’âge de 15 ans. Est-ce que ça, ce n’est pas un génocide ? Les Cavaignac, Bugeaud, Pélissier ne sont pas venus en villégiature. Ils sont venus liquider tout un peuple et ils ne pouvaient prendre la place de ce qu’ils appelaient ‘les autochtones’ sans commettre de génocide. »
Dans un document publié dans El Watan, Mohamed El Korso fournit quelques faits édifiants à ce propos : « L’armée coloniale expérimenta l’extermination par le gaz un bon siècle avant l’Allemagne nazie. Les enfumades et emmurements dans le Dahra – dans la région mostaganémoise – des tribus Sbih en juin 1844 par le colonel Cavaignac et des Ouled Riah le 19 juin 1854 par le colonel Pélissier ; les fours à chaux de Guelma (mai 1945) ; les cuves à vin (1957) des colons de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, ou Zéralda ; le gazage des habitants du Dahra qui s’étaient réfugiés dans Ghar Layachine (1959) – pour ne citer que ces quelques exemples – ne sont nullement une vue de l’esprit.
Le charnier de Chréa, dans la wilaya de Tébessa, qui compte pas moins de 651 cadavres en dit long sur ‘l’œuvre accomplie par la France en Algérie’ » (El Watan du 14 mai 2005). Revenant à la crise franco-turque, Mohamed El Korso considère que l’attitude française dans cette affaire est « schizophrénique » : « La France se permet de donner des leçons aux autres, alors qu’elle ferait mieux de donner des leçons à elle-même. C’est une attitude schizophrénique. On reconnaît les crimes des autres, mais pas ses propres crimes. » « Sarkozy invite chaque pays à regarder son passé et à en tirer les conclusions qui s’imposent. Est-ce que la France a le courage de regarder son passé ? Au lieu de cela, ils ont institué une fondation pour l’écriture de l’histoire afin de blanchir les crimes de la colonisation. »
Le professeur El Korso note que « c’est le Parlement français qui est en train d’écrire l’histoire ». Il rappelle en l’occurrence l’épisode de la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance du « rôle positif » de la colonisation ainsi que le vote d’une loi sur les harkis.
« La réaction d’Erdogan est une véritable secousse »
Mohamed El Korso salue la position du Premier ministre turc. « L’attitude d’Erdogan est digne. C’est une véritable secousse », se réjouit-il. « L’attitude française vis-à-vis de la Turquie n’est pas culturaliste, mais éminemment politique. C’est une provocation. Et la réaction d’Erdogan est à la mesure de cette provocation. » Pour lui, le timing de cette dernière loi trahit des visées « électoralistes ». « Sarkozy sort ces questions à la veille de chaque élection présidentielle, comme ce fut le cas en 2005. Sarkozy avait terminé sa campagne présidentielle dans le sud de la France, à Montpellier, Toulon et Perpignan où vivent beaucoup de pieds-noirs et d’anciens membres de l’OAS. La France n’a jamais connu un président aussi provocateur », assène-t-il.
Mohamed El Korso regrette le peu d’enthousiasme que suscitent les questions liées à l’histoire de la part de notre classe politique : « Il est navrant de constater le silence de la classe politique en Algérie. Nous n’avons noté aucune réaction de sa part. Elle a visiblement d’autres chats à fouetter. » Le professeur El Korso estime qu’il serait malvenu de parler après Erdogan : « C’est un peu trop tard pour réagir dans le sillage d’Erdogan. Cela relèverait du plus bas mimétisme. » Il déplore qu’au niveau officiel, il n’y a pas de loi claire qui réponde à l’acte législatif français : « Ils (les Français) veulent solder le passé avec notre bénédiction et notre silence. On a eu une bonne opportunité pour réagir, mais on a jeté dans la poubelle de l’histoire la proposition de loi sur la criminalisation du fait colonial, quand bien même elle était imparfaite. » « Il y a de bonnes choses qui se font sur plan de l’écrit, mais la meilleure réponse à la France doit être politique. Il faut un travail sérieux avec l’apport de spécialistes pour aboutir à une loi criminalisant la colonisation » ; conclut-il.
Mustapha Benfodil
URL de cet article 15473 http://www.legrandsoir.info/la-france-a-une-attitude-schizophrenique.html

jeudi 22 décembre 2011

REVOLUTION EGYPTIENNE : LA MARCHE DES FEMMES POUR LA DIGNITE (VIDEO)

Les femmes égyptiennes sont descendues dans les rues du Caire le 20 décembre pour protester contre les brutalités commises contre les manifestantes par des soldats durant la dispersion des manifestants du sit-in #occupycabinet et les affrontements  qui ont entraîné la mort d'au moins 13 manifestants au cours des cinq derniers jours.

La vidéo ci-après, publiée par sawrageya sur YouTube, montre des manifestantes réclamant la démission du Maréchal Tantawi.

La manifestation fait suite à la vague d'indignation provoquée par une vidéo : on y voit  des hommes en uniforme de l'armée égyptienne, traînant à terre une manifestante, la mettant à nu au regard de tous, tout en la frappant violemment à la poitrine.
Pendant les trois semaines précédant les affrontements entre l'armée et les manifestants au centre du Caire, des activistes avait entamé un sit-in à l'extérieur du siège du Cabinet, afin de protester contre la nomination par l'armée de Kamal El Ganzouri au poste de Premier ministre de l'Égypte, au début du mois de décembre. Les affrontements opposant les soldats et les manifestants sur la place Tahrir et dans les rues voisines ont coûté la vie d'au moins 13 personnes, et en ont blessé plusieurs centaines d'autres depuis le 16 décembre.
Les agressions sauvages de manifestantes par les soldats ont choqué les spectateurs dans le monde entier, et incité les femmes égyptiennes à descendre dans la rue pour lancer un appel à la dignité le mardi 20 décembre.
Les hommes se joignent à la cause des femmes
Les hommes se sont également associés à la manifestation et ont formé un mur humain pour protéger les femmes qui manifestaient.
Les slogans de la marche
Les manifestants ont entonné des slogans en solidarité avec les femmes brutalement frappées par les soldats. Ils ont aussi réclamé la chute du régime militaire en Égypte.

mardi 20 décembre 2011

REVOLUTION ARABE : la révolution continue

mardi 20 décembre 2011
Partout la révolution continue, défiant toutes les tentatives de la faire avorter ou de la détourner de son cours progressiste et libérateur...
Tandis que des voix s’élevaient de la droite et d’une partie de la gauche pour annoncer la fin du « Printemps arabe » et pour demander aux masses rebelles de rentrer à la maison, les événements des derniers jours ont abondamment démontré la poursuite et la vitalité du processus révolutionnaire dont l’étincelle a éclaté en Tunisie à la fin de l’année dernière. Ce processus connaît même un regain de vigueur avec une nouvelle impulsion, qui sera suivie d’autres sans aucun doute au cours des prochaines années.

Partout la révolution continue, défiant toutes les tentatives de la faire avorter ou de la détourner de son cours progressiste et libérateur. Ces efforts sont parrainés par les États-Unis, protecteurs de la plupart des régimes affectés ; ils sont supervisés par les bastions de la réaction arabe dans les États pétroliers du Golfe. Ceux-ci tentent vainement d’éteindre les flammes de la révolution en les arrosant de pétrodollars. Ils sont aidés et secondés dans cette entreprise, en échange de la promesse d’une part du gâteau, par les dirigeants des Frères Musulmans, soutenus par l’émirat du Qatar, et par les groupes salafistes, soutenus par la monarchie saoudienne.
Et pourtant, partout la révolution continue, comme au Yémen où « Notre révolution continue » est le nom qui a été donné aux rassemblements organisés le vendredi 25 novembre pour signifier le refus de l’accord de « compromis » au bas duquel le [Président] Saleh, le visage barré d’un large sourire, a apposé sa signature. La monarchie saoudienne tente d’imposer cet accord au peuple yéménite afin de perpétuer le régime de Saleh, à l’instar de celui de Moubarak en Égypte, Saleh lui-même continuant de tirer les ficelles dans les coulisses, depuis le Yémen même ou depuis le royaume Saoudien ¬– ce sanctuaire des despotes corrompus, qui a donné refuge à Ben Ali, proposé à Moubarak de l’accueillir, et soigné Saleh après ses blessures.
Partout la révolution continue, comme en Égypte où les masses sont descendues dans la rue dans un nouveau soulèvement contre le gouvernement militaire. Ces masses ont compris que le commandement de l’armée, dont elles ont cru pour un temps qu’il était loyal envers le peuple, est une composante indissociable, en fait un pilier, du régime dont le peuple a réclamé la chute. La plus importante des révolutions arabes par son étendue et son importance a retrouvé sa vitalité.
Les événements ont donné raison à tous ceux que leur vigilance et leur détermination ont poussés à poursuivre la lutte sans se décourager, malgré leur isolement temporaire. Ils ont gardé la certitude que l’énergie massive libérée le 25 janvier n’était pas épuisée et qu’elle doit continuer à s’investir dans les luttes démocratiques et sociales. La combinaison de ces deux types de luttes est une condition déterminante de leur succès. C’est cette combinaison qui a permis la chute du tyran, et if faudra qu’elle se renouvelle à plus grande échelle lorsque le mouvement des travailleurs aura consolidé sa nouvelle organisation.
Partout la révolution continue, comme en Tunisie, où ces derniers jours, les masses se sont soulevées dans le bassin minier de Gafsa, dont le soulèvement en 2008 a constitué un préambule à la révolution qui a éclaté deux ans plus tard à Sidi Bouzid. Les masses ont réitéré à Gafsa l’exigence originelle de la révolution tunisienne, le droit au travail. Elles n’ont pas été leurrées par la « transition dans l’ordre » organisée par « l’élite » sociale dominante dans le but de préserver son statut après avoir évincé Ben Ali en tant que bouc émissaire. Cette « élite » tente aujourd’hui de coopter les opposants d’hier.
Partout la révolution continue, comme en Syrie où la lutte du peuple s’intensifie, malgré la brutalité et l’atroce répression du régime. Un nombre croissant de soldats osent sortir des rangs de l’armée pour accomplir leur devoir de défense du peuple. Les appels de l’aile droite de l’opposition à une intervention militaire étrangère ont jusqu’à présent échoué. La droite espère qu’une intervention étrangère lui livrera le pouvoir sur un plateau d’acier, car elle craint que le soulèvement populaire n’arrive à renverser le régime par ses propres moyens.
Partout la révolution continue, comme en Libye où des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer les tentatives d’assujettissement du pays à la tutelle étrangère. Les révolutionnaires amazighs, qui ont joué un rôle important dans la lutte pour libérer le pays du tyran, ont refusé de reconnaître le nouveau gouvernement parce que celui-ci n’a pas reconnu leurs droits. Les revendications sociales se multiplient, tant dans les régions les plus défavorisées sous l’ancien régime qu’au cœur même de la capitale. Tout cela en l’absence d’un appareil détenant le monopole des armes et capable de protéger ceux qui ont accumulé richesses et privilèges sous le trop long règne de Kadhafi.
Partout la révolution continue, comme au Maroc où une majorité de la population a boycotté les élections au moyen desquelles la monarchie a essayé de contenir les revendications du peuple, dans l’espoir que ses valets de « l’opposition loyale » parviendront à apaiser le volcan. Mais il continue de gronder sous la forme de manifestations organisées par la véritable opposition. Et les conditions de vie intolérables rendent inévitable une éruption majeure.
Partout la révolution continue, comme au Bahreïn, où les masses rebelles n’ont pas été dupes de la farce de la « commission d’enquête » imposée au royaume par les États-Unis afin de faciliter la livraison d’armes qu’ils se préparent à lui faire. Les masses continuent de manifester et de protester jour après jour, convaincues qu’elles finiront par remporter une victoire que la dynastie Al Khalifa et ses protecteurs, la Maison des Saoud, ne parviendront pas à empêcher éternellement. Le jour approche inévitablement où ces derniers eux-mêmes devront rendre des comptes.
Partout la révolution continue, y compris à l’intérieur du royaume saoudien où le peuple de Qatif s’est soulevé il y a quelques jours sans être intimidé par la répression sanglante du régime. Ils poursuivront leur lutte jusqu’à ce que sa « contagion » s’étende à l’ensemble de la péninsule arabique et de son peuple, malgré l’abjecte propagande confessionnelle qui est devenue la dernière arme idéologique de la tyrannie des Saoud et de l’institution religieuse wahhabite obscurantiste qui, avec leurs protecteurs étasuniens, leur permet de se maintenir au pouvoir.
L’effondrement du trône des Saoud dans la péninsule arabique sera celui du principal bastion de la réaction arabe et du plus ancien allié et entremetteur de l’hégémonie états-unienne dans notre région (plus ancien même que l’allié sioniste). Ce jour-là, l’ordre autocratique et exploiteur arabe se sera entièrement écroulé.
Mais jusqu’à l’avènement de ce jour, la révolution doit continuer. Elle subira échecs, reculs, retours de bâton, tragédies, pièges et conspirations. Comme l’a énoncé le principal dirigeant de la Révolution chinoise : « La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec tranquillité et délicatesse … » La révolution doit donc avancer sans relâche, en gardant à l’esprit une autre célèbre maxime d’un des dirigeants de la Révolution française : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. […] Ce qui constitue une république, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé. »
* L’original arabe de cet article est paru dans le journal Al-Akhbar de Beyrouth le 28 novembre 2011. Il a été ici traduit par Antoine Dequidt à partir de la version anglaise publiée le 29 novembre dans l’édition en langue anglaise (en ligne) d’Al-Akhbar (http://english.al-akhbar.com/conten...), elle aussi disponible sur ESSF (article 23596).
* Gilbert Achcar est professeur d’études du développement et de relations internationales à l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres
Source :  PRESSE-TOI A GAUCHE

mardi 13 décembre 2011

L’agression contre la Syrie se précise !

Le prétexte est comme d’habitude de "protéger les civils" et d’instaurer une "démocratie" à l’occidentale. Mais bien sûr rien n’est moins vrai. Le but est de renverser le gouvernement syrien actuel et de le remplacer par un gouvernement fantoche au service des intérêts américano-israéliens sionistes.

Les Etats-Unis et leurs alliés se préparent à agresser la Syrie dans le cadre du programme israélo-américain de déstabilisation de la région. Le prétexte est comme d’habitude de "protéger les civils" et d’instaurer une "démocratie" à l’occidentale. Mais bien sûr rien n’est moins vrai. Le but est de renverser le gouvernement syrien actuel et de le remplacer par un gouvernement fantoche au service des intérêts américano-israéliens sionistes.
Il faut noter que, étant donné le soutien de la Syrie à la résistance libanaise et palestinienne contre le terrorisme israélien, et les liens de la Syrie avec l’Iran, le gouvernement du président Bashar al-Assad est considéré comme une "menace" aux intérêts d’Israël et des Etats-Unis. Dès lors, un gouvernement soumis aux dictats israélo-américains est vital pour isoler l’Iran et couvrir l’expansion sioniste israélienne.
L’ingérence étrangère continuelle dans les affaires internes de la Syrie nous rappelle la récente ingérence étrangère criminelle en Libye, qui a commencé par la mise en place d’un "zone d’exclusion aérienne" qui était une invasion militaire illégale de la Libye. Les médias rapportent que les Etats-Unis et Israël ont loué les services de mercenaires saoudiens et libanais pour fomenter des troubles en Syrie et couper le gouvernement syrien de son peuple en attisant les divisions sectaires.
La campagne de diabolisation menée par les Etats-Unis et leurs alliés pour délégitimer le gouvernement syrien est semblable à la campagne de diabolisation menée contre la Libye. Le 25 novembre 2011, la Ligue Arabe —une assemblée de despotes illégitimes contrôlée par l’Arabie Saoudite et autres fiefs pétroliers— a exclu la Syrie de la Ligue Arabe et réclamé des sanctions diplomatiques et économiques contre elle. Tout comme pour la Libye, l’exclusion de la Syrie de la Ligue Arabe fournit aux Etats-Unis et à leurs alliés une couverture pour attaquer la Syrie et envahir une nation musulmane de plus.
La Ligue Arabe a un long passé de traîtrise et ne correspond plus à rien. Selon Mahdi Darius Nazemroaya* : "Ce sont l’Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui ont pris le pouvoir dans la Ligue. Le CCG comprend les royaumes pétroliers des Emirats Arabes Unis du Golfe Arabique,le Koweït, le Barhein, le Qatar, Oman et l’Arabie Saoudite. Aucun de ces pays n’est exemplaire sans même parler de démocratie. Leurs leaders mis en place par les Etats-Unis ont trahi les Palestiniens, aidé à attaquer l’Irak, soutenu Israël contre le Liban, détruit la Libye et maintenant ils conspirent contre la Syrie et ses alliés régionaux." Il ajoute : "[La Ligue Arabe] a été phagocytée par Washington et sert ses intérêts et ceux de ses alliés au lieu des véritables intérêts arabes". Comme le CCG, la Ligue arabe est un instrument de l’impérialisme américain. Son intervention honteuse contre la Syrie (une répétition de son intervention honteuse contre la Libye) constituent un acte de guerre contre un autre pays arabe.
Le rôle joué par les despotes arabes soutenus par les Etats-Unis et menés par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis est méprisable. Et il est ironique que ces despotes se prétendent motivés par le souci des droits de l’homme et de la démocratie en Syrie. Des décennies de répression et de détournement des biens et des ressources individuels par ces régimes despotiques ont entraîné de hauts niveaux d’inégalité et de corruption dans leurs pays. En dépit de leur richesse ce sont des pays arriérés qui ont adopté le style de vie décadent des occidentaux et qui se sont détournés de l’Islam. Ils se sont ralliés à une secte (islamique) extrémiste qui détruit la grande religion qu’est l’Islam. Ce sont des dirigeants non élus, illégitimes qui ne tolèrent aucune opposition à leur pouvoir tyrannique.
L’Arabie Saoudite, est évidemment le régime le plus répressif du monde. C’est aussi le plus proche allié des Etats-Unis. C’est une monarchie absolue qui considère que les droits humains et la liberté menacent sa classe dirigeante corrompue. Les femmes saoudiennes ordinaires sont exclues des emplois et le chômage des jeunes s’élève à 40%. Les lois saoudiennes appelées "anti-terroristes" criminalise la dissidence et autorise la détention de longue durée sans jugement. Les dissidents sont traités avec brutalité. Le 21 novembre 2011, les troupes saoudiennes ont ouvert le feu sur une manifestation pacifique dans une province saoudienne orientale, faisant 4 morts et plus de blessés encore. Les dirigeants saoudiens ne tolèrent pas non plus la dissension dans les pays voisins.
En mars 2011, les forces saoudiennes ont envahi le Barhein et ont écrasé brutalement les manifestants pro-démocratie. L’invasion a été encouragée et soutenue par l’administration américaine. Le rapport publié par la Commission d’Enquête Indépendante du Barhein (CEIB) a essayé de justifier le comportement et les lois de la monarchie absolue. Toutefois le rapport faisait état de "violations systématiques des droits humains" durant les attaques du gouvernement contre les manifestants. Le rapport de 500 pages décrit diverses violations commises par le régime despotique du roi Hamad Bin Isa al-Khalifa. Selon le rapport, des détenus —y compris du personnel médical dont le seul crime était d’avoir soigné des manifestants— ont été torturés et ont subi des abus sexuels. Le rapport a été aussitôt enterré par les médias occidentaux.
Etape par étape, le modèle libyen est reproduit en Syrie. Le 28 novembre, l’ONU —le bras armé de l’impérialisme étasunien— a accusé les forces syriennes, qui défendent la nation syrienne contre les gangs et les terroristes armés sponsorisés par l’occident, de "crimes contre l’humanité". Le rapport du soi-disant "Conseil des droits de l’homme de l’ONU" est entièrement basé sur des mensonges fabriqués par des Syriens expatriés à Londres, Paris et Washington. Le rapport accuse le gouvernement de "commettre des atrocités" mais ne parle pas des milliers de Syriens, dont des soldats et des policiers, tués et torturés par les gangs armés. Le principal but du rapport est de diaboliser le gouvernement syrien et de justifier l’agression militaire occidentale. Le rapport a été immédiatement diffusé par les organes de propagande occidentaux comme la BBC, CNN, Fox News, Al-Jazeera et la presse dirigée par l’empire de presse de Murdoch.
Le rapport était une copie conforme des rapports de l’ONU sur l’Irak et la Libye avant leur invasion et leur destruction par l’armée US-OTAN. Le même paquet de mensonges qui ont servi à justifier la barbare agression des Etats-Unis contre l’Irak a été recyclé contre la Syrie. le rapport est le prélude de l’agression US-OTAN contre la Syrie. Où était le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pendant le génocide commis par les Etats-Unis en Irak ? Il est clair que l’ONU couvre les crimes de guerre de l’occident. La désinformation joue un rôle important en manipulant l’opinion publique et en créant une atmosphère de guerre.
Pendant que l’ONU s’occupe de manipuler l’opinion publique mondiale en faveur des armées US-OTAN, le premier ministre anglais David Cameron et le despote du Qatar ont promis de soutenir les "groupes d’opposition" syriens (comprendre : leur fournir des armes et de l’argent) afin de promouvoir la "démocratie". David Cameron et le despote du Qatar ont amplement prouvé leur amour de la démocratie en détruisant brutalement la Libye. Aujourd’hui la Libye ressemble à l’Irak, pillée, ruinée et livrée à la violence. Des dizaines de milliers de Libyens (et d’Africains) ont été assassinés, des milliers se morfondent dans des prisons où on les torture et un tiers de la population est déplacée.
Le président français Nicolas Sarkozy, toujours aussi assoiffé de sang, a appelé à la création d’une "zone humanitaire" de sécurité pour protéger les civils semblable à la "zone humanitaire" libyenne où des milliers de civils innocents ont été assassinés par les armées US-OTAN. Le prétexte des "droits humains" pour justifier l’agression est utilisé depuis l’essor de l’Allemagne d’Adolf Hitler. Les Nazis allemands ont justifié leurs invasions armées et leurs violences par la nécessité de "protéger des civils". De fait depuis le début des années 1990, on constate la montée du fascisme anglo-américain qui envahit et terrorise des nations sans défenses et les détruit complètement sous prétexte de "protéger les civils".
Selon le quotidien turc Milliyet (28 novembre 2011) : "La France a envoyé des forces armées d’entraînement en Turquie et au Liban pour former la soi-disant Armée Libre [syrienne] —un groupe de déserteurs syriens qui opère hors de Turquie et du Liban— pour préparer la guerre contre la Syrie". Des mercenaires étrangers ont été envoyés en grand nombre en Syrie par le Liban. Comme je l’ai dit plus tôt, ils sont armés et financés par la CIA, le MI6 britannique, le Mossad israélien, l’Arabie Saoudite, la Turquie le Liban et la Jordanie.
Il faut se rappeler que l’insurrection armée contre le gouvernement syrien —financée et armée par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, le Liban et la Jordanie— s’est confinée à des petites villes et villages situés le long des frontières avec la Jordanie, le Liban et la Turquie. (Pour plus de détails voir mon article Target Syria ). La très grande majorité des Syriens soutient le président Bashar al-Assad, en particulier dans les grande agglomérations comme Damas, Latakieh et Alep. De récentes manifestations dans ces grandes villes ont rassemblé des millions de supporters de al-Assad.
La Turquie, quant à elle, exploite la violence pour servir ses intérêts impérialistes et ceux de l’OTAN. La Turquie a appelé à la mise en place d’une "zone tampon" en Syrie pour entraîner et armer la soi-disante "résistance syrienne" au gouvernement syrien. C’est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie ; la Turquie a aussi organisé des conférences visant à construire une opposition au gouvernement syrien et elle a joué un grand rôle dans la création du soi-disant Conseil National Syrien (CNS) une coalition d’opposants expatriés et d’extrémistes armés. Leurs leaders ont déjà promis de couper les liens de la Syrie avec l’Iran, les Palestiniens et les mouvements de résistance libanais dès qu’ils seraient au "pouvoir" en Syrie. Selon Ibrahim al-Amin , rédacteur en chef de al-Akhbar news, dans un interview récent pour le Wall Street Journal, le porte-parole du CNS, " Burhan Ghalioun, a été obligé (et c’est la seule explication) de dire clairement ce que l’opposition syrienne offrait à ses supporters des Etats-Unis, de Turquie, d’Europe et du Golfe en échange de leur soutien". De grandes quantités d’armes ont été introduites en contrebande en Syrie à partir de la Turquie pour fomenter une guerre civile dans le pays. La Turquie envisage même d’envahir la Syrie si Ankara reçoit le feu vert de Washington. Ce n’est parce que les "Turcs Blancs" se sont mis tout à coup à se soucier des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde arabe que la Turquie s’ingère dans les affaires intérieures de la Syrie, mais par intérêt personnel et pour servir les intérêts des Etats-Unis et des sionistes israéliens.
La Turquie se présente comme un "médiateur" impartial dans la région, un "pont" entre l’Occident et les pays musulmans. En réalité, les Turcs Blancs sont au service de l’impérialisme occidental et promeuvent ses intérêts dans la région depuis le règne de Kamal Ataturk. La Turquie s’enorgueillit d’être un pays musulman mais elle épouse un "Islam calviniste" à l’occidentale qui est en contradiction flagrante avec les principes de l’Islam. Les décennies de relations entre la Turquie et l’état sioniste d’Israël et la participation de la Turquie aux guerres US-OTAN (La Turquie est membre de l’OTAN) contre les pays musulmans sont contraires à l’Islam. D’ailleurs de nombreux Turcs ont condamné le rôle de la Turquie dans la destruction de la Libye par l’armée US-OTAN et le meurtre de masse des civils libyens. De plus, la décision turque de permettre à l’US-OTAN de déployer un "bouclier" de missiles nucléaires sur son sol directement braqué sur l’Iran et d’autres pays musulmans est terriblement hypocrite et constitue une trahison de l’Islam.
Le positionnement récent de la Turquie comme champion de la Palestine n’est qu’une rhétorique de façade destinée à la consommation intérieure et régionale. Si les Turcs Blancs se souciaient vraiment des droits de l’homme, ils mettraient fin à leur coopération avec Israël et imposeraient des sanctions à l’état sioniste. Les Turcs Blancs devraient balayer devant leur porte en ce qui concerne les droits de l’homme. Les Arabes peuvent et doivent rejeter le nouveau rôle de la Turquie comme gendarme de l’impérialisme et du sionisme.
L’ingérence américaine dans les affaires de nations souveraines, dont les nations arabes, est bien connue. Les Etats-Unis sont le plus grand ennemi de la démocratie, des droits humains et du droit international. En ce qui concerne la démocratie, la classe dirigeante étasunienne préfère ce que Hillary Clinton a appelé "le type de démocratie que nous voulons voir". Le type de démocratie qu’on trouve en Arabie Saoudite, au Barhein, au Koweït, au Qatar, en Iran à l’époque du tortionnaire Shah Reza Behlavi, en Egypte sous le tyrannique Moubarak et au Chili sous le régime fasciste de Augusto Pinochet. En fait, il serait difficile de nommer un seul dictateur meurtrier qui n’a pas été (porté au pouvoir), financé et armé par les Etats-Unis et leurs alliés. Les Etats-Unis ont de grandes histoires d’amour avec des dictateurs sanguinaires et des fascistes.
Qui plus est, des agences et des think-tanks étasuniens comme la Fondation Nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy -NED), l’Agence Etasunienne pour le Développement International (U.S. Agency for International Development -USAID), L’Institut pour une Société Ouverte (Open Society Institute -OSI) de George Soros et l’Institut National démocratique (National Democratic Institute -NDI), sont directement impliqués dans le financement de groupes d’opposition du monde arabe et d’ailleurs. Le New York Times (14 avril 2011) a révélé "qu’une série d’organismes et d’individus étaient directement impliqués dans les révoltes et les mouvements réformistes qui soulèvent [le Moyen Orient], comme le Mouvement des Jeunes du 6 avril en Egypte, le Centre des Droits Humains du Barhein et des militants de base comme Entsar Qadhi, un jeune leader yéménite ; ils reçoivent des formations et des aides financières de groupes comme l’Institut International Républicain, l’Institut National Démocratique et la Maison de la Liberté, une ONG des droits de l’homme basée à Washington". En Syrie, le NED est directement impliqué dans le financement de l’insurrection armée syrienne à travers son partenaire le Centre des Etudes des Droits de l’Homme, une organisation anti-syrienne. Dans le cas de l’Egypte, les Etats-Unis ont soutenu le régime de Moubarak jusqu’à la fin. Quand il a été finalement renversé, les Etats-Unis ont changé de camp et se sont employés à encourager les divisions et le sectarisme. En même temps les Etats-Unis ont continué à oeuvrer avec l’armée égyptienne, leur client fidèle, pour manipuler la "révolution" pour servir leurs intérêts et ceux des sionistes israéliens. Cependant, quand les Etats-Unis ne parviennent pas à provoquer des changements de régime à travers les soi-disantes "révolutions de couleur" et les sanctions économiques, ils interviennent militairement (et illégalement). Ils l’ont fait en Irak, en Yougoslavie, en Libye et maintenant c’est la Syrie qui est menacée.
Pour conclure, la Syrie n’est pas un pays parfait. Et comme dans tous les pays, l’opposition intérieure syrienne revêt différents aspects. Mais les Syriens sont contre la violence et l’ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. Les Syriens veulent de vrais réformes —politiques et économiques— qui soient dans leur intérêt. le Peuple syrien a beaucoup souffert au cours de la dernière décennie. A cause des sanctions imposées par les Etats-Unis et de la présence en Syrie de plus de 2 millions de réfugiés irakiens, l’économie syrienne a stagné et les conditions de vie se sont détériorées. Le peuple syrien ne veut pas d’un changement de régime sponsorisé par les Etats-Unis. Un sondage de mars 2009 montre que plus des deux-tiers de la population syrienne ont une opinion défavorable des Etats-Unis. La décision de changer le gouvernement et le système politique syriens actuels doit reposer dans les mains du peuple syrien.
De puissantes forces se rassemblent contre les Syriens qui sont aujourd’hui menacés d’une agression brutale visant à détruire et piller leur pays. Il ne faut pas rester sur la touche et se rendre complice par le fait de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il faut poursuivre la lutte pour le respect du droit international et contre les agressions.
Ghali Hassan
Ghali Hassan est un commentateur politique indépendant qui vit en Australie.
Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/hassan081211.htm
traduction : Dominique Muselet
Note : * http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27...
URL de cet article 15381 http://www.legrandsoir.info/l-agression-contre-la-syrie-se-precise-countercurrents.html