vendredi 9 septembre 2011

Côte d`Ivoire, printemps arabe: "une révolution de l`espérance s'est levée en Afrique du Nord et au-delà" (Ban Ki-moon)

jeudi 8 septembre 2011  
"nous avons adressé un message clair (aux pays de) la région, selon lequel la démocratie et la volonté populaire doivent être respectées"

SYDNEY, Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé jeudi à Sydney que la "révolution de l'espérance" qui a balayé l'Afrique du Nord et la Côte d'Ivoire était un "message" aux autres pays sur l'impératif démocratique et la volonté populaire.

"Une révolution de l'espérance s'est levée en Afrique du Nord et au-delà", a déclaré Ban Ki-moon dans un discours à l'université de Sydney, en citant notamment la Libye, la Syrie et la Côte d'Ivoire.

La Libye, a-t-il continué, "est un exemple de la capacité du monde à s'entendre pour protéger un peuple dans le cas où ses propres dirigeants ne peuvent ou ne veulent pas le faire".

"Les Libyens et les autres ont pris beaucoup de risques pour défendre les libertés fondamentales et les droits de l'Homme. Ils ont maintenant besoin de nous pour soutenir les transitions démocratiques", a-t-il dit.

De la même façon, "quand le président sortant de Côte d'Ivoire (Laurent Gbagbo, ndlr) a tenté de voler une élection dans un bain de sang cette année, l'ONU est intervenue et l'en a empêché", a rappelé M. Ban.

A travers cette intervention, "nous avons adressé un message clair (aux pays de) la région, selon lequel la démocratie et la volonté populaire doivent être respectées", a-t-il conclu.

Les Etats-Unis croient une révolte proche en Iran

....si une telle situation devait se produire, les Etats-Unis seraient contraints d'intervenir pour permettre à la révolte d'aboutir à la chute du régime....


Etant donné la vague de soulèvements au Moyen-Orient, une nouvelle révolution en Iran n'est plus qu'une question de temps. Telle est l'estimation de Leon Panetta, nouveau secrétaire d'Etat américain à la Défense en remplacement de Robert Gates. Il estime par ailleurs que si une telle situation devait se produire, les Etats-Unis seraient contraints d'intervenir pour permettre à la révolte d'aboutir à la chute du régime. Ses propos, peu habituels venant de la bouche d'un responsable de l'administration américaine, illustrent peut être le changement de ton employé par Washington à l'égard de la république islamique. Téhéran, qui malgré les appels de la communauté internationale, poursuit toujours son programme nucléaire.

La justice des riches

vendredi 9 septembre 2011

Le 23 août, le procureur du comté de New York, Cyrus Vance Jr., a abandonné les charges envers Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du Fond Monétaire International (FMI) et un des hommes les plus puissants du monde, dans une affaire où, pour beaucoup, le système judiciaire a protégé l'élite possédante. Le 14 mai, une femme de chambre nommée Nafissatou Diallo est retrouvée en état de choc par cinq collègues de travail qui la décrivent comme traumatisée et sur le point de vomir. Nafissatou Diallo rapporte que Dominique Strauss-Kahn, à cette époque à la tête du FMI, et séjournant au Sofitel de Times Square, vient de l'agresser. Alors que l'incident lui-même n'a duré que neuf minutes, selon les dires de Diallo, il s'ensuit des mois d'attaques continuelles contre la victime, menées par les médias mais aussi par chacune des branches de la « justice » mises en branle dans cette affaire. Dès que les accusations sont portées contre Dominique Strauss-Kahn – ou DSK comme aiment à le nommer les médias admiratifs, celui-ci entreprend une campagne, abondamment financée, ayant pour objectif de discréditer Diallo. Cette campagne porte ses fruits. Selon Vance, l'accusation n'est alors « plus persuadée au-delà d'un doute raisonnable[1] qu'un crime a été commis, basé sur les preuves à disposition ».
Les charges contre Strauss-Kahn n'ont pas été abandonnées en raison d'un doute sur le fait qu'un acte sexuel ait été commis. Elles ont été abandonnées parce que Vance et l'accusation ont jugé que Diallo était devenue un témoin peu crédible du fait des changements apportés dans les détails de sa version des faits, et parce qu’elle avait menti pour obtenir l'asile aux États-Unis, en arrivant de Guinée. Toutefois, lorsqu'on s'en tient aux déclarations de Diallo, son récit est resté depuis le début celui d'une agression sexuelle. Diallo a déclaré que Strauss-Kahn l'avait attrapée puis forcée à pratiquer une fellation. L’examen médical effectué à l'hôpital Roosevelt de St. Luke a mis en évidence des commotions et lacérations de la zone génitale, une élongation d'un ligament à l'épaule contracté, selon la victime, lorsqu'elle aurait été projetée au sol, ainsi que le sperme de Strauss-Kahn sur son uniforme. En dépit de ces faits, les médias sont parvenus à jeter un doute sur l'existence même de preuves matérielles. Bon nombre d’entre eux ont ainsi relayé les propos des avocats de Strauss-Kahn, Benjamin Brafman et William W. Taylor, qui ont déclaré lors d'une intervention que le rapport hospitalier n'était pas basé sur des examens médicaux mais uniquement sur « la parole de la plaignante ». Le traitement hargneux subi par Diallo et l'hostilité manifestée envers ses dires sont caractéristiques de ce que de nombreuses femmes doivent subir lorsqu'elles se déclarent victime d'une agression sexuelle. Dans le cas de Diallo, le dénigrement a pour origine les avocats grassement payés de Strauss-Kahn, ainsi que les médias dociles qui ont déformé les propos de Diallo, voire tout simplement menti sur ses déclarations concernant son passé et son agression.
Le jour de l’abandon des charges envers Strauss-Kahn, Slate Magazine a publié le point de vue de William Saletan, qui dénonçait ce qu'il décrivait comme une « charge contre Diallo » qui voudrait, entre autres choses, que Diallo ait inventé une ancienne agression et ait discuté de l'affaire Strauss-Kahn avec une personne incarcérée. Selon lui, les quatre éléments principaux utilisés par l’accusation[2] pour discréditer le témoignage de Diallo ne tiennent pas la route, et ce selon le rapport même du procureur. En premier lieu, alors que les médias ont répété sans vérification la déclaration de l'accusation – Diallo aurait « entièrement fabriqué » un viol ayant eu lieu dans sa Guinée natale et elle aurait même admis ce « mensonge » – le rapport de l'accusation inclut une « petite note de bas de page » qui indique : « [Diallo] a déclaré qu'elle avait bien été violée par le passé dans son pays natal, mais au cours d'un incident complètement différent de celui qu'elle avait décrit au cours d'entretiens précédents. Nos entretiens avec la plaignante n'ont conduit à aucun moyen indépendant de mener l'enquête ou de vérifier cet incident ». Comme l'écrit Saletan, « en d'autres termes, elle n'a jamais dit que le viol avait été "entièrement fabriqué". Elle en a changé les détails. » Saletan fait de plus remarquer que la note de bas de page est faussement neutre, il ajoute : « Dans une lettre du 30 juin, le bureau du procureur déclarait que Diallo ''serait prête à témoigner avoir été violée par le passé dans son pays d'origine, mais au cours d'un incident différent de celui qu'elle avait décrit au cours d'entretiens précédents''. Dans la motion abandonnant les charges, le bureau du procureur a toutefois décrit son second témoignage au sujet de son ancien viol comme ''complètement différent''. En insérant le mot ''complètement'', le bureau du procureur donne du poids à l’accusation de mensonge. Sur quelles bases le procureur justifie-t-il la surenchère par rapport à son allégation originelle ? L'abandon des charges ne mentionne aucun entretien ultérieur avec Diallo et admet que le procureur n'a ordonné aucune enquête sur le viol présumé en Guinée. La seule base permettant de dire qu'elle aurait menti est sa rétractation, mais nous n'avons aucun moyen de savoir dans quelle mesure la nouvelle déclaration diffère de l'originale. Nous devons avoir accès aux détails. »
L'autre allégation largement diffusée au sujet de Diallo concerne la conversation téléphonique qu'elle aurait eue avec un ami incarcéré dans une prison d'Arizona. La version de l'histoire que la plupart des gens ont lu est que Diallo aurait reçu l'appel d'un « petit ami » (elle maintient qu'il s'agit juste d'un ami) le jour suivant l'agression. Les rapports de presse ont suggéré que lors de cette conversation en fulani, Diallo aurait dit « Ne t'inquiète pas. Ce type a beaucoup d'argent. Je sais ce que je fais. » Comme le note Saletan, c'est cette histoire que rapporte le New York Times le 1er juillet, citant comme source « un représentant de l'ordre bien placé ». On retrouve cette traduction de la conversation, avec la même formulation, dans une déclaration sous serment remplie le 22 août par deux assistants du procureur déclarant avoir « capturé » cette conversation sur cassette. Mais Saletan note que lorsque Kenneth Thompson, l'avocat de Diallo, a écouté la conversation avec l'aide d'un interprète du fulani engagé par le bureau du procureur, Thompson en a tiré une interprétation bien différente. Selon Saletan, « [Thompson] a déclaré que 1) Diallo a reçu deux appels mais n'en a passé aucun, 2) elle n'a jamais parlé de la fortune de Strauss-Kahn comme d'un potentiel butin du procès, 3) son ami l'a fait mais elle lui a demandé d'arrêter, 4) elle n'a mentionné la fortune et la puissance de Strauss-Kahn que dans un contexte où elle expliquait le craindre, 5) lorsqu'elle a dit ''Je sais ce que je fais'', elle parlait uniquement de sa sécurité et non pas de stratégie judiciaire. » Ce qui correspond à l'explication donnée par Diallo lors d'un entretien antérieur pour BBC News.
Le compte-rendu de Saletan montre l'étendue des déformations auxquelles l'accusation semble avoir dû se livrer pour discréditer la parole de Diallo et semer le doute dans l'opinion publique quant à son intégrité – en dépit du fait qu'elle, et non Strauss-Kahn, était la victime présumée. Il n'est donc pas surprenant que de nombreuses personnes pensent que le bureau du procureur vient de laisser un violeur en liberté sans aucune forme de procès. L'abandon des charges envers Dominique Strauss-Kahn est un message qui annonce que les riches et les puissants n'auront jamais à répondre de leurs actes. C'est une nouvelle injustice envers les nombreuses femmes, humiliées et abandonnées par le système juridique, qu'on a culpabilisées pour leur propre agression ou viol.
De manière prévisible, presque toute l'attention publique s’est tournée vers Nafissatou Diallo, qui a, en pratique, fait l’objet d’un procès pour son propre viol présumé. Pourtant, le passé de Strauss-Kahn semble être plus pertinent que celui de Diallo pour éclairer les faits – et n'a que peu retenu l'attention des médias américains. Le « grand séducteur », comme on l'appelle en France, a un long passé d'agressions sexuelles présumées derrière lui. Tristane Banon, une journaliste française, fille d'Anne Mansouret (une responsable du Parti socialiste, aux côtés de Strauss-Kahn) et belle-fille de Brigitte Guillemette (la deuxième femme de Strauss-Kahn), a accusé ce dernier de tentative de viol. En février 2007, une chaîne de télévision française avait diffusé une émission au cours de laquelle Banon avait décrit les tentatives de Strauss-Kahn pour lui enlever son jean et son soutien-gorge lorsqu'elle l'avait rencontré pour un entretien au sujet d'un livre qu'elle était en train d'écrire. [...] Il y a eu aussi le cas de Piroska Nagy, une économiste hongroise, subordonnée de Strauss-Kahn au FMI. En 2008, Strauss-Kahn dut s'excuser publiquement pour « une erreur de jugement » concernant sa relation sexuelle, bien documentée, avec Nagy. Il fut finalement lavé de toute accusation d'abus de pouvoir. Mais après que la troisième femme de Strauss-Kahn, Anne Sinclair a qualifié l'histoire avec Nagy d'affaire « d'une nuit », cette dernière écrivit aux enquêteurs dans une lettre au ton outré : « Je n'étais pas préparée à recevoir les avances du directeur général du FMI. Je ne savais pas quoi faire... me sentant grillée si je les acceptais et grillée si je les repoussais. » Alors que Strauss-Kahn a toujours insisté pour dire que sa relation avec Nagy était consentante, cette dernière a déclaré que son patron s’était « sans aucun doute » servi sa position de pouvoir pour l'engager dans une relation sexuelle. « Je pense que cet homme a un problème » a-t-elle ajouté. Elle démissionna par la suite de son poste au sein du FMI. En 2008, la députée socialiste Aurélie Filipetti a déclaré se souvenir d'une « tentative de drague très lourde, très appuyée » de Strauss-Kahn et qu'elle avait toujours pris soin depuis de « ne jamais se retrouver seule avec lui dans un endroit fermé ». Le soi-disant « problème » de Strauss-Kahn avec les femmes semble être un secret de Polichinelle en France – conduisant Danièle Évenou, une actrice française et femme d'un ancien ministre socialiste, à demander à l'antenne d'Europe 1 : « Qui n'a jamais été coincée par DSK ? ». On pourrait penser, devant la longue liste des charges à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn couplée à l’évidence physique des faits, que les accusations de Diallo auraient au moins mérité un procès. En particulier, toute personne se disant de gauche devrait s'insurger à l'idée que l'un des hommes les plus puissants du monde, avec l'aide d'une équipe d'avocat et de spécialistes en relations publiques payés à grands coups de millions, soit laissé libre d'utiliser sa puissance pour déformer les propos de sa victime présumée. Étonnamment, certains à gauche ne semblent pas de cet avis. Le World Socialist Web Site[3], par exemple, a semblé gober totalement la diffamation de Diallo. Dans une série d'articles en ligne, le site web a carrément défendu l'ancien patron du FMI contre la femme de chambre afro-américaine, se réjouissant finalement de l'abandon des charges, vues comme une sorte de victoire pour le commun des mortels.
Mais arrêtons-nous un instant sur la logique de ceux qui défendent Strauss-Kahn. Selon leur raisonnement, s'il n'y a pas eu viol, les preuves irréfutables en présence doivent être interprétées comme une « relation sexuelle consentie ». Ainsi donc, une femme immigrée africaine de trente-deux ans aurait décidé, pendant son travail, d'avoir une relation sexuelle de neuf minutes avec un homme blanc de deux fois son âge, qu'elle n'avait jamais rencontré auparavant. A-t-elle simplement agi de manière impulsive ? Pourquoi donc aurait-elle raconté, immédiatement après les faits, à ses collègues et à la police, ce qui venait de se passer ? Nous sommes donc censés croire qu'il s'agissait d'un scénario prémédité de Diallo dans le but d'extirper de l'argent à un homme très puissant. Il n'y a que dans une société imprégnée de sexisme et de racisme que de tels scénarios, aussi tirés par les cheveux, peuvent être concoctés. Alors que la conduite de Strauss-Kahn envers les femmes a été décrite aux États-Unis comme un « phénomène français », le traitement réservé à Nafissatou Diallo montre que la France est loin d'être la seule à ne pas prendre les accusations de viol au sérieux, ou à hausser les épaules devant le comportement de ceux qui pensent que le corps des femmes n'existe que pour satisfaire leurs désirs sexuels. Cette affaire est donc un exemple extraordinaire de la façon dont les femmes ayant été victime d'une agression sexuelle sont traitées aux États-Unis et à travers le monde – comme si elles étaient en réalité les coupables.
À suivre la couverture médiatique de l'affaire Strauss-Kahn, on en viendrait à penser que les femmes montent régulièrement des histoires de viols – et que les hommes sont régulièrement victimes de ces machinations. C'est l'opposé qui est vrai. Le Rape, Abuse and Incest National Network[4] estime que 60 % des agressions sexuelles aux États-Unis ne sont jamais rapportées, et qu’à peine 6 % des violeurs passent un jour en prison. Pire encore, on pouvait lire dans un récent article du New York Times : « Des experts ont déclaré que les centres spécialisés dans la collecte des déclarations de viols voient souvent une chute des cas rapportés dans les suites d'une affaire médiatique d'agression sexuelle, en particulier celles dans lesquelles l'accusation échoue, comme le cas des joueurs de lacrosse[5] de l'Université de Duke, ou l’acquittement récent, pour des charges plus que sérieuses, de deux officiers de police de New York qui rendaient visite à une femme en état d'ébriété de manière régulière dans son appartement. »
Ceci ne surprendra personne. On montre bien aux femmes ayant subi un viol que porter plainte contre leur assaillant implique que toute leur vie passée soit livrée au grand public. Avec un système judiciaire faisant apparemment bloc contre elles, pourquoi s’étonner que tant de femmes pensent qu’il y a de la sagesse à rester silencieuses ? Alors que les pressions de Strauss-Kahn et ses défenseurs ont abouti à ce que la cour de New York abandonne l'affaire, Diallo et quelques activistes demandent toujours justice. Les avocats de Diallo ont fait appel de la décision de ne pas nommer un procureur spécial pour l'affaire – il sera statué sur cet appel le 30 août. Il est important que les activistes de New York viennent devant le tribunal pour soutenir Diallo dans sa quête de justice.[6] Diallo a aussi engagé des poursuites au civil contre Strauss-Kahn pour préjudices émotionnels, physiques et psychologiques, qui s'ajoutent aux tentatives pour ruiner sa réputation. Nafissatou Diallo devrait être félicitée pour son courage et mérite solidarité et soutien. Heureusement, l'abandon des charges contre Strauss-Kahn n'est pas passé inaperçu. Des manifestants en colère se sont bien fait entendre à l'extérieur du tribunal, où l'accusation annonçait qu'elle jetait l'éponge, attirant l'attention sur le fait que l'ancien chef du FMI utilisait pouvoir et argent pour éviter un procès.
Les activistes qui organisaient la Slutwalk[7] de New York, une marche contre les violences sexuelles et la culpabilisation des victimes, ont tenu un rassemblement le matin de l'abandon des charges. Les slogans tels que « Police sexiste, procu sexiste, justice pour Diallo maintenant ! » et « Honte à vous ! » ont longtemps résonné dans les rues voisines. Une manifestante citait le cas de la « joggeuse de Central Park » qui vit cinq adolescents noirs, innocents, condamnés pour viol sans aucune preuve ADN. Bien que les adolescents furent par la suite relaxés, de tels cas mettent en évidence le double standard honteux qu'applique le système judiciaire envers les personnes non-blanches et pauvres. Construire un mouvement contre le sexisme et pour l'égalité des genres était aussi au centre des préoccupation du rassemblement, comme le déclarait Suzy Exposito, membre de la Slutwalk de New York : « À tous ceux qui se sont demandé où était passé le mouvement féministe nous répondons : nous sommes de retour et pour un bout de temps. Pour tous ceux qui se demandent pourquoi il n'y a toujours pas l'égalité ici aujourd'hui, nous répondons qu'il n'y a pas d'égalité sans justice. Et nous ne pouvons pas faire confiance aux politiciens, nous ne pouvons pas faire confiance aux flics, et nous ne pouvons certainement pas faire confiance aux défenseurs du viol comme le New York Post ou le Times pour nous aider à lutter pour la justice. C'est notre combat. »
Cette bataille est loin d'être terminée. Comme l'a déclaré Diallo à ABC News, « Je veux la justice. Je veux qu'il aille en prison. Je veux qu'il sache qu'on ne peut pas utiliser son pouvoir quand on fait quelque chose comme ça. » Il est maintenant temps de lutter pour un monde d'égalité véritable, où plus aucune femme ne vivra dans la peur d'une agression sexuelle. Justice pour Nafissatou Diallo !
Lichi d'Amelio et Natalia Tylim. Publié sur SocialistWorker.org le 29 août 2011 – Traduction Yann Lecrivain.
Source : NPA
Traduction Yann Lecrivain.

[1] Dans les procès de ce type aux États-Unis, un jury populaire composé de 12 citoyens doit prononcer à l'unanimité la culpabilité de l'accusé pour que celui-ci soit condamné. Chaque juré devant faire son choix « beyond a reasonable doubt », « au-delà d'un doute raisonnable » [NdR].
[2] Celle de Strauss-Kahn [NdR].
[3] Le site web du « Comité international de la Quatrième internationale » auquel se rattache le courant lambertiste en France [NdR].
[4] Le RAINN (Réseau national de surveillance des viols, incestes et abus sexuels) est une organisation non-gouvernementale américaine [NdT].
[5] Sport initialement pratiqué par les Indiens d'Amérique du Nord et devenu très populaire aux USA comme sport universitaire [NdT].
[6] La Cour d’appel de New York a rejeté l’appel des avocats de Nafissatou Diallo [NdR].
[7] Littéralement : « Marche des salopes » [NdT].

L'Autre 8 Mai 1945 -- Aux origines de la guerre d'Algerie

Le 8 mai 1945, de part et d'autre de la méditerranée, la Grande Histoire se fêtait dans la liesse libératrice pour les uns, alors qu'elle s'enfonçait dans les ténèbres de la répression pour les autres.

Une seule et même date cruciale, qui a vu la France triompher du crépuscule de la deuxième guerre mondiale, tandis qu'au même moment l'Algérie était en proie à de violentes représailles conduites par l'armée française. Assiégée ou colonisatrice, c'est une France aux deux visages qui a marqué l'histoire de son empreinte des deux côtés de la mer azurée.

Le 8 mai 1945 est une date clé de l'histoire de France. Chaque année, on célèbre la victoire sur l'Allemagne nazie. De l'autre côté de la Méditerranée, en Algérie, il s'agit d'un jour de deuil. Yasmina Adi a mené l'enquête sur la violente répression coloniale qui a eu lieu cet autre 8 mai.
Dans la liesse de la victoire, en 1945, des Algériens ont revendiqué leur volonté d'indépendance. Ils subiront durant plusieurs semaines une violente répression conduite par l'armée française. Elle fera des milliers (45000) de victimes. Soixante ans plus tard, la répression du printemps 1945 en Algérie recèle encore de nombreuses zones d'ombres. Yasmina Adi a retrouvé des documents inédits, des archives du gouvernement français et des services secrets anglais et américains. Elle est allée rencontrer les hommes et les femmes qui ont vécu et subi cette répression. Elle donne la parole aux témoins français et algériens, ainsi qu'au premier reporter arrivé sur les lieux. Cette enquête lève le voile sur les mécanismes et les conséquences de cet autre 8 mai 1945, qui à l'origine de la guerre d'Algérie.

Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata sont des répressions sanglantes d'émeutes nationalistes qui sont survenues en mai 1945 dans le département de Constantine, en Algérie française.

Elles débutent le 8 mai 1945,pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, un défilé est organisé. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations d'abord pacifiques de rappeler leurs revendications patriotiques. Mais à Sétif un policier tire sur un jeune scout musulman tenant un drapeau de l'Algérie et le tue, ce qui déclenche une émeute meurtrière des manifestants, avant que l'armée n'intervienne.

jeudi 8 septembre 2011

La diplomatie algérienne dans la tourmente libyenne

Flotille de Gaza - Les Humanitaires ont tort : le blocus continue

septembre 2011
« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. » - Martin Luther King (Lettres)

Une information passée globalement sous silence nous apprend qu’un Rapport de l’ONU- ce « grand machin » dont parlait, avec mépris » déjà à l’époque, De Gaulle - absout globalement Israël de l’assaut du navire amiral le Mavi Marmara de la flottille qui avait l’outrecuidance d’accoster à GAZA pour y apporter des vivres et des médicaments à une population de plus de 1,5 million de personnes emprisonnées de toute part et maintenue en apnée par un blocus inhumain.
Curieusement, aucune agence de presse mainstream, et pour cause, ne s’est permis de porter un jugement ou à commenter cette information, tétanisées par la peur de se tromper en dérangeant l’ordre établi quant à la sanctuarisation de certains et la diabolisation des autres.
Que dit le Rapport Palmer ?
Dans son rapport, l’Onu estime que la marine de guerre israélienne a eu recours à une force « excessive et déraisonnable », mais il reconnaît la légalité du blocus maritime de GAZA au regard du droit international. « La décision d’Israël de prendre le contrôle des bateaux avec une telle force, à grande distance de la zone du blocus et sans mise en garde préalable, était excessive et déraisonnable », conclut l’enquête onusienne, menée par l’ancien Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Geoffrey Palmer.
Ce document ajoute néanmoins que la flottille, composée de six bateaux, « a agi de façon imprudente en essayant de forcer le blocus naval » mis en place autour de GAZA, un territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas. L’enquête invite Israël à exprimer « une déclaration appropriée de regret » pour ce raid et de verser des dédommagements aux familles des huit Turcs et un Américain d’origine turque tués lors de l’intervention, ainsi qu’aux blessés. Le blocus naval a été imposé en tant que mesure de sécurité légitime de façon à empêcher l’entrée d’armes dans GAZA par la mer et sa mise en oeuvre respecte les exigences du droit international », estime le rapport. Il qualifie cependant « d’inacceptables » les pertes en vies humaines et les blessures qui ont résulté de l’usage de la force par l’armée israélienne. Les réserves qu’Israël porterait sur la critique explicite dans le rapport d’un usage de la force « excessif et déraisonnable » par l’armée israélienne qui avait tué neuf passagers turcs dans son assaut du bateau Mavi Marmara en mai 2010 (1)
Le blocus israélien de GAZA est-il légal ?
Nous avons voulu savoir sans être juriste quels étaient les arguments juridiques légitimant ce blocus, car le choix des mots est très important. Non seulement la commission présidée par le Premier ministre australien adoube le blocus et le trouve normal, de plus elle va plus loin, elle pense qu’Israël, fort de son bon droit, aurait dû arrêter le navire sans être excessif ; qu’en termes mesurés et respectueux pour Israël ces choses-là sont dites. 9 morts, un verdict, c’est excessif sans plus ! Il est vrai que pour l’ambassadeur d’Israël en France intervenant à la télévision française, il faut arrêter d’utiliser le terme « bain de sang » car c’est exagéré du fait qu’il n’y a que 9 morts ! et nous lui aurons suggéré d’ajouter : de plus ce ne sont ni des Européens ni des Américains » !
Pour Brian Palmer, réagissant au lendemain de l’attaque : « Les deux camps se rejettent la responsabilité de l’ouverture des hostilités, mais il ne fait aucun doute que le navire tentait de forcer le blocus qu’Israël impose depuis trois ans aux territoires occupés. Dans quelles conditions légales un Etat peut-il imposer un blocus ? La réponse est simple : en temps de guerre ou avec l’aval des Nations unies. (...) Certains spécialistes estiment cependant que les lois anciennes et restrictives régissant les blocus sont aujourd’hui obsolètes, tant la nature des conflits a changé. Ils font valoir que selon l’article 51 de la Charte des Nations unies, les nations disposent du droit absolu d’interdire l’accès à leur territoire ou d’inspecter des navires susceptibles d’y transporter des armes et que de tels actes ne sauraient en aucun cas être considérés comme des actes de guerre. (...) Nombreux sont ceux qui considèrent que les fondements juridiques du blocus israélien sont pour le moins contestables. La bande de GAZA et la Cisjordanie sont généralement considérées comme des territoires occupés militairement, malgré le désengagement de 2005. L’occupation militaire diffère de l’état de guerre véritable et le droit découlant d’établir un blocus de ces régions est contestable techniquement. De plus, l’incident de dimanche s’est produit à 40 milles de la côte de GAZA (74 km), soit bien au-delà de la limite traditionnellement fixée pour un blocus  » (2).
«  (...) L’incident de dimanche [attaque de la flottille Ndlr] pose d’autres questions de droit. Une convention des Nations unies de 1988, dont la Turquie et Israël sont signataires, interdit formellement arraisonnement de navires en haute mer ainsi que les actes de violence à l’encontre des passagers. Ironie de l’histoire, ce traité avait été adopté en réponse au détournement de l’Achille Lauro par des terroristes palestiniens, en 1985. Le blocus naval de la bande de GAZA par Israël est largement justifié dans le rapport face au risque d’importations d’armes à destination du Hamas palestinien. Autre point sensible et polémique : quelle a été l’attitude des passagers turcs du Mavi Marmara, le bateau sur lequel on a relevé neuf victimes ? Les commandos israéliens ont fait face à une « résistance organisée et violente de la part d’un groupe de passagers », nous dit le rapport. Cela signifie-t-il que l’usage de la force a été justifié ? Pas du tout, le recours à la force a été « excessif et déraisonnable » selon la commission d’enquête de l’ONU. (2)
Dans l’ensemble, ce rapport reprend les termes du rapport fait par une commission israélienne en janvier dernier et qui avait soulevé l’ire de la Turquie. Nous lisons : « Dès le mois de janvier et dans le sillage de la débâcle du Rapport Goldstone qui a eu un enterrement de première classe notamment après la volte-face personnelle du juge Goldstone qui invoque des éléments nouveaux qui lui font changer d’avis quant à la responsabilité d’Israël dans la mort de 1400 Palestiniens dont 400 enfants, le gouvernement israélien donne sa version des faits concernant les meurtres lors de l’assaut du Mavi Marmara. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a rejeté le rapport de la commission d’enquête israélienne, publié dimanche 23 janvier et qui blanchit Israël dans le raid meurtrier sur un navire humanitaire turc, en mai au large de GAZA. « Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays ? (...), s’est interrogé M. Erdogan face à des journalistes à Ankara. Ce rapport n’a aucune crédibilité. »
Le rapport de la commission israélienne conclut que le blocus maritime du territoire palestinien et l’assaut du commando israélien étaient « conformes au droit international ». La commission établie par la Turquie en réponse à cette commission d’enquête israélienne a, elle aussi, dénoncé le rapport israélien, se déclarant « stupéfaite et consternée » de ses conclusions qui disculpent l’armée israélienne, rapporte l’agence de presse Anatolie. « L’attaque menée par Israël en violation du droit, en temps de paix comme en temps de guerre, est aussi en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales », a affirmé la commission, qui s’est réunie à Ankara. (3)
On le voit, pour l’Achille Lauro on condamne, pour le Mavi Marmara on absout. Ceci étant dit, le Rapport Palmer a repris les mêmes termes que les conclusions de la commission israélienne. Il s’est contenté strictement à l’aspect « du droit international » mais pas à l’aspect autrement plus important, à savoir l’aspect humanitaire. Le rapport ne s’est pas interrogé sur les causes de cette flottille humanitaire à braver la foudre pour ramener un peu de vie à ces épaves palestiniennes. Personne en Occident ne veut faire bouger les choses et demander à Israël la cessation du blocus. Toutes les flottilles humanitaires qui ont par la suite tenté de pénétrer dans les eaux ont été empêchées. Mieux encore, les autorités européennes des aéroports ont empêché un rassemblement en Israël à telle enseigne que les compagnies européennes avaient reçu instruction de ne pas embarquer les passagers pour Israël, et ceci à partir des aéroports européens.
Les conséquences
A notre connaissance, aucun pays occidental ne s’est permis de commenter le Rapport Palmer. Le silence des Arabes-englués dans une débâcle profonde- est une fois de plus assourdissant. La Ligue arabe est aux abonnés absents. Mieux, l’Autorité palestinienne n’a pas encore réagi. Seul le Hamas a, quant à lui, jugé le rapport « injuste » et « déséquilibré ». « Il permettra à l’occupant (israélien) de se soustraire à ses responsabilités », a déclaré un des porte-parole, Sami Abou Zouhri.
Seule la Turquie concernée au premier chef a réagi. S’entêtant à demander à Israêl à présenter des excuses, elle s’est trouvée isolée. Israël ne s’excuse pas. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a demandé mi-août au Premier ministre Benjamin Netanyahu de s’excuser auprès de la Turquie, demande qui a été repoussée par M. Netanyahu. Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, l’administration Obama est embarrassée et irritée par la querelle israélo-turque -deux pays alliés de Washington- qui gêne les efforts américains pour gérer la crise syrienne. Aux yeux des Américains, des excuses pourraient contribuer à apaiser les frictions entre Israéliens et Turcs.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait déclaré qu’il est « impossible » pour la Turquie de normaliser ses relations avec Israël : « Nous sommes très décidés (...) Pas question de faire marche arrière. Tant qu’Israël ne présentera pas des excuses à la Turquie, ne versera pas des compensations aux familles des victimes, et ne lèvera pas le blocus de la bande de GAZA, une normalisation des relations est impossible », a-t-il dit à des journalistes à Istanbul.
Pis encore, même les Etats-Unis, dans l’impossibilité de convaincre Israël, ont démenti. Le département d’Etat américain a qualifié mercredi 31 août « d’inexactes » les informations de médias israéliens affirmant que les Etats-Unis ont demandé à Israël de s’excuser auprès de la Turquie pour son raid de 2010 contre une flottille à destination de GAZA remplie de militants turcs. Les informations en question, qui ne précisent aucune source, ont été diffusées par deux grandes stations de radio israéliennes. Elles indiquent que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, mardi, pour lui demander de présenter des excuses à la Turquie, mais que ce dernier a refusé. Réagissant à cette information des médias israéliens, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait jugé « impossible » que la Turquie normalise ses relations avec Israël en l’absence d’excuses. (4)
La Turquie ne voulant pas se déjuger a réagi au Rapport Palmer. Ankara a expulsé l’ambassadeur israélien, en réaction au raid qui avait coûté la vie à neuf Turcs en 2010. L’Etat hébreu refuse de s’excuser. La tension est montée d’un cran vendredi 2 septembre entre l’Etat hébreu et la Turquie. Israël a réaffirmé son refus de présenter des excuses à la Turquie après la présentation du rapport de l’ONU, selon des sources diplomatiques à Jérusalem. « Israël exprime à nouveau ses regrets pour les pertes en vies humaines mais ne s’excuse pas pour cette opération. La Turquie a pris vendredi des mesures de rétorsion contre l’Etat hébreu à la suite de son refus de présenter des excuses, en annonçant l’expulsion de l’ambassadeur israélien, une suspension des accords militaires entre les deux pays et une saisine de la Cour internationale de Justice. (5)
Conclusion
Hécatombe de GAZA  : Décembre 2008 janvier 2009  : 13 morts pour le Hamas pour 1400 morts dont 400 enfants pour Israël ! Combien le rapport est sans appel. Le Rapport Goldstone a renvoyé dos à dos le Hamas et Israël. D’un côté, des roquettes artisanales proches de la technologie des arbalètes, de l’autre, la terreur des enfants que sont les bruits et les roquettes des hélicoptères Apache. Tout le problème est là : parlons-nous de la même humanité quand nous parlons des Palestiniens qui sont comme dans une « prison à ciel ouvert » selon les mots de M. Sarkozy ou encore comme des cafards dans un bocal selon les mots de Ehud Barack ? Que veut dire un blocus qui tient en apnée des centaines de milliers de Palestiniens, femmes vieillards et enfants qui n’ont connu de leur enfance que l’odeur de la mort et le désespoir ? Il y a bien longtemps qu’en Israël, des milliards et des milliards ont été dépensés depuis 10 ans pour construire en masse des abris, des pièces blindées, des systèmes de détection de roquettes, des alarmes. La ville de Sderot-proche de GAZA-, a même dû être complètement blindée, des chapes de béton posées sur les écoles pour les protéger, des constructions aux frais de l’Etat, d’un abri pour chaque appartement... De plus, il faut compter le nouveau système du Dôme de Fer, qui offre une protection aux plus grandes villes qui ne sont pas trop proches de GAZA.
A quoi servira un Etat palestinien si l’injustice continue ? Les Palestiniens de Abbas croient naïvement qu’un pays reconnu par l’ONU -sur des frontières dont aucun pays européen et américain ne veut voir revenir aux frontières de juin 1967- sera viable et à l’abri ! La Turquie, avec sa « nostalgie de l’Empire ottoman », avec sa force, sa puissance, se trouve seule en face d’Israël à la fois aussi dans l’Otan et dans l’Union Européenne. Non, les pays occidentaux ont choisi leur camp : celui de l’injustice, de la force du plus fort contre le droit du plus faible. Ainsi va le Monde du Nouvel ordre.
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
URL de cet article 14586 http://www.legrandsoir.info/flottille-de-gaza-les-humanitaires-ont-tort-le-blocus-continue.html 
 

l'attaque meurtrière de la flottille de la liberté pour Gaza le bateau MAVI MARMARA,
"Le 31 mai 2010, neuf personnes étaient assassinées par des commandos israéliens dans les eaux internationales. Aux côtés de 700 autres activistes, elles essayaient d’acheminer de l’aide et de rompre le blocus qui maintient dans la souffrance la population palestinienne de Gaza depuis des années.

IRAN : Le Developpement technologique - Un résistant contre le nouvel ordre mondial

Jeudi 8 septembre 2011
«Cher peuple iranien, vos enfants ont envoyé leur premier satellite indigène qui a été placé en orbite de la Terre, au nom de Dieu et du douzième imam.»Président Ahmadinjad

C'est par ce message lancé par le satellite iranien Omid (espoir), le 5 février 2009, que l'Iran rentrait dans le club fermé des nations spatiales. Il nous a paru de ce fait important de décrire comment cette haute civilisation, malgré tous les empêchements de l'Occident, est arrivée à s'imposer scientifiquement sans agresser personne.Du point de vue contribution au patrimoine de l´humanité, on doit aux Perses la diffusion de l´alphabet et l´écriture, la Route de la soie, les contes des Mille et Une Nuits, l´irrigation par canaux, le jeu d´échecs, les premières climatisations, les premières dissections humaines avec Ibn Sina (Avicenne), la découverte de l´alcool méthylique, la découverte du zéro du côté de Ninive, une très grande partie de l´algèbre et la géométrie, les logarithmes avec Al Khawarizmi, mais aussi le système des armées modernes (inventé par Darius I et copié cinq cents ans plus tard par les Romains). S´agissant de la géographie et de l´économie, le pays a une superficie de 1648.195 km² et une population de près de 70 millions d´habitants. Avec un Produit national brut de 570 milliards de dollars en 2005, il constitue la deuxième économie de la région. Son Produit intérieur brut par habitant s´élève à 8400 dollars. L´Iran est le 4e producteur de pétrole au monde. Il dispose aussi de la deuxième plus grande réserve en gaz naturel, après la Russie, et en est le 6e producteur.(1)

Une nation scientifique et technologique

De nos jours, l´Iran est une puissance technologique, de loin plus performante que les autres pays musulmans. L´avion de combat, entièrement conçu et fabriqué par les ingénieurs iraniens, a effectué, ce dimanche, avec succès, son premier vol-test, en présence du ministre de la Défense et des hauts responsables militaires, à Ispahan, a rapporté FarsNews. Cet avion de combat baptisé «Azarakhsh» (la foudre) est le deuxième. Le premier du nom est baptisé «Saegheh» (l´éclair). (2)

Selon le Global Security (organe du Pentagone), l'armée de terre iranienne est la sixième armée du monde, capable de mobiliser environ 500.000 à 700.000 hommes, de construire des répliques des chars Leclerc... L´armée de l´air iranienne est, quant à elle, capable de construire des avions de chasse type F4 et des F5, et des F-17. Sa marine compte six sous-marins type SSK Kilo et serait en train d´en terminer quatre autres. Ses missiles, si redoutés, sont très divers, de courte, moyenne et longue portée. En temps de guerre, on sait que l´Iran a la capacité de produire ces missiles à très grande échelle.(3).

S'agissant du programme nucléaire, depuis 1977, il y a eu près de deux mille inspections de l´Agence internationale de l´énergie atomique (Aiea) et aucun rapport n´a pu établir que l´Iran cherchait à mettre au point la bombe. Pourtant, tous les médias en parlent comme si c´était acquis. Le 11 avril 2006, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad annonce que l´Iran a enrichi avec succès de l´uranium. «J´annonce officiellement que l´Iran a rejoint le groupe de ces pays qui ont la technologie nucléaire.» L´uranium a été enrichi à 3,5% en utilisant plus des milliers de centrifugeuses.

Par ailleurs, récemment, en août dernier, l'Iran a créé et a mis en orbite la maquette de son premier satellite sans assistance russe, a déclaré à Moscou un responsable de l'industrie spatiale russe. «La Russie n'a pas participé à la propagation des technologies spatiales, elle n'a accordé aucune assistance à Téhéran dans la préparation de son premier tir spatial», a indiqué le responsable commentant l'essai d'un lanceur iranien. Dans le même temps, la mise en orbite d'un satellite civil iranien pourrait entraîner les puissances spatiales dans la militarisation de l'espace en raison des tensions dans les relations politiques irano-américaines, selon l'expert. Le lancement réussi d'une fusée-porteuse a aussi suscité la préoccupation de nos partenaires américains a noté le responsable.(4)

Le secret: un système éducatif performant

«Le taux d'alphabétisation était de moins de 50 pour cent (avant la Révolution islamique) tandis que grâce à la révolution, il est maintenant de plus de 86 pour cent,» a-t-il ajouté. Il a souligné qu'en 1979, le nombre d'étudiants s'élevait à 176.000 tandis qu'il atteignait les 2165.000 en 2004, les 3572.000 en 2008. En 1979, seulement 398 articles avaient été publiés dans les journaux professionnels, alors qu'ils sont passés à plus de 20.000 en 2008 (3855 de 2004)», a affirmé le président iranien. (5)

De nos jours, l'Iran est une puissance technologique de loin plus performante que les autres pays musulmans. Ce ne sont pas des actes isolés! Plus près de nous, Ebay est une création de M.Omydiar, le vice-président de Google est M.Omid Kordestani, le maire de Beverly Hills est Jamshid Delshad... Shirin Abadi est la seule femme musulmane à avoir reçu le prix Nobel. Au niveau scientifique, ces dernières années, on pourra retenir le nom du Pr Ali Javan, l´inventeur du laser à gaz (1960). En médecine, le coeur artificiel a été inventé par le Dr Toffy Musivand. La première greffe de rein est iranienne (1967 à Chiraz) et de même la première greffe de foie (1995). L´hémoglobine glycosylée (qui mesure la gravité du diabète) a été mise en évidence par le Dr Samuel Rahbar. Les cellules souches spermatogoniques furent découvertes par le Dr Karim Nayernia. Le prix Feynman 1998 est décerné à Reza Ghadri pour sa théorie des systèmes moléculaires à réplication organisée. Cette avancée à marche forcée vers le développement a un nom: la force de l'enseignement supérieur et la pertinence d'une recherche de qualité avec des moyens adéquats et une exigence de tous le instants.

«Forget Harvard - One of the world's best undergraduate colleges is in Iran», c’est le titre d'un article d'Afshin Molavi publié dans Newsweek le 18 août 2008. On y relève quelques éléments aussi intéressants que...surprenants! En 2003, surprise des responsables du département d'«Electronical Engineering» de l'Université de Stanford, qui constatent que les meilleurs étudiants aux difficiles épreuves d'admission à leur cycle Ph.D. proviennent d'un même pays et d'un même établissement: la «Sharif University of Science and Technology» en Iran. Sharif dispense, selon de nombreux spécialistes, l'un des meilleurs programmes «undergraduate» (niveau licence) du monde en electronical engineering en compétition avec le MIT, Caltech, Stanford, Tsinghua et Cambridge. Quelles sont les raisons d'un tel succès? Les parents privilégient, s'agissant de l'orientation scolaire de leurs enfants, les formations d'ingénieurs et la médecine aux autres disciplines, telles que le Droit par exemple. Une sélection rigoureuse: chaque année 1500.000 lycéens passent un examen d'entrée à l'Université, 10% d'entre eux s'orientent vers les universités publiques les plus prestigieuses et 1% parmi les plus brillants, vers les institutions scientifiques telles que Sharif. Un excellent corps enseignant scientifique. Priorité donnée aux sciences dans les programmes scientifiques des lycées. Un succès certes surprenant, mais qui -c'est certain- ne doit rien au hasard (6).

Georges Stanechy pour sa part, nous parle du dernier rapport du FMI dont le moins qu'on puisse dire est qu'il fait un constat de bonne gouvernance en Iran. On mesure sans peine ce lourd aveu d'un pays qui n'a jamais cessé d'être diabolisé. Résumons sa contribution: «(...) Des experts du FMI en pleine galère! Malgré eux, au terme de mois de travaux, contraints de déconstruire les clichés de la propagande impériale, l'iranophobie compulsive des «spécialistes» et «géopoliticiens» de la désinformation instrumentalisés par les lobbies prédateurs, dont les imprécations récurrentes ne cessent de se déverser, dégouliner, dans nos médias... Cinquante et une pages de contorsions, pour reconnaître, après visites, inspections, discussions, passage au microscope des statistiques et de leur méthodologie d'élaboration que de fantastiques progrès sont en cours. En dépit de la fréquence des tremblements de terre (dont celui du 14 août dernier), exceptionnelles sècheresses ? embargos, sanctions, anathèmes, et autres ´´coups tordus´´ Jusqu'à concéder une croissance annuelle de 3,2% pour le dernier exercice (l'année fiscale iranienne se termine ou commence le 20 mars de chaque année). Avec des réserves en devises de 100 milliards de dollars, estimées à 109,7 milliards pour 2011/2012, pour être précis». (7)

«Obligés d'admettre que le pays connaît une croissance soutenue. Pas seulement grâce aux cours internationaux du pétrole et du gaz, mais aussi sous l'action conjointe d'une forte croissance du secteur agricole (´´... strong rebound in agricultural sector and rapid credit expansion...´´. Auquel s'ajoute l'effet moteur d'une rapide extension du crédit en faveur d'un important secteur industriel, bien diversifié, tout particulièrement des petites et moyennes. Afin d'améliorer leur productivité, leur compétitivité, et faciliter la création de nouvelles initiatives. Le gouvernement iranien tout en développant l'habitat social a limité, en effet, les crédits hypothécaires spéculatifs dans l'immobilier. Ce que fait apparaître l' ´´Index of real estate prices at constant prices in Tehran´´, descendant de 110 en février 2008 à 75 en juin 2009, pour se stabiliser depuis à ce niveau. Un des rares pays où la spéculation immobilière est jugulée... Tout en maîtrisant le risque d'inflation et améliorant les rentrées fiscales (´´... Inflation was contained while fiscal and external positions improved...´´).
 
Preuve que les grands équilibres macroéconomiques sont sauvegardés. Des finances ultra-saines, semblent se lamenter les experts. Aucun endettement auprès du FMI, ni accords spéciaux. Mieux encore: les perspectives sont bonnes (With prudent macroeconomic policies, the medium-term outlook is positive...) avec une croissance estimée par prudence à 4,5% (la cible étant 8%), avec une inflation chutant de moitié pour se situer au niveau des pays européens de 12% dès 2011/2012. Malgré un doublement prévisible de ses importations de biens et de services, les réserves sont évaluées à 305,3 milliards de dollars en 2016/2017. Soit un triplement par rapport au niveau actuel!» (7)
«Au-delà de ces performances, poursuit Georges Stanechy, ce qui est à retenir de la lecture du rapport du FMI c'est le «constat» de la remarquable réussite, à l'étonnement des experts eux-mêmes, portant sur la profonde rénovation en cours du système économique de l'Iran. En décembre 2010, les subventions des prix de l'énergie et des produits agricoles ont été supprimées. (....) Les produits pétroliers, électricité, et blé, en particulier, ont subi une forte augmentation.
 
Pendant une période transitoire, le montant économisé est redistribué aux ménages sous forme d'une allocation en espèces librement utilisable aux entreprises pour activer leur restructuration et leur modernisation en termes d'économies d'énergie et aux administrations publiques pour financer leur modernisation (Les experts du FMI, ébahis, parlent de plein succès dans la mise en place de cette réforme (The successful early implementation of the subsidy reform...), jusqu'à en reconnaître les avantages immédiats: amélioration de la redistribution des revenus, réduction de la pauvreté, et stimulation de la demande intérieure (... improving income distribution..). Ni ´´sur´´, ni ´´sous´´ - évaluée, la monnaie du pays correspond aux grands équilibres macroéconomiques. Signe évident d'une bonne gestion des finances publiques. Le volet certainement le plus prometteur pour l'avenir du pays: la gestion maîtrisée de ses richesses pétrolières et gazières. Leur contrôle, dans l'indépendance de leur exploitation et la bonne affectation de leurs revenus, est considéré comme un vecteur essentiel de développement et de garantie pour les futures générations».(7)

Pendant ce temps c'est le chaos en Libye, Total a arraché 35% des gisements et tous ceux qui ont participé à la curée revendiquent le butin. Le chef du CNT fait preuve de moins de pudibonderie. Il a annoncé que les pays seront récompensés en «fonction du soutien» apporté aux insurgés. La chute du régime d'El Gueddafi libère la course à l'or noir où des reclassements sont prévisibles. Sous la forme d'un retour sur investissement dans la guerre. «Nous promettons de favoriser les pays qui nous ont aidés, notamment au travers du développement de la Libye. Les autres pays arabes se tiennent le ventre et attendent patiemment leur tour. Ils ont acquis qu'ils ne sont plus maîtres de leur sous-sol et que le Nouvel ordre mondial permettra la répartition mondiale des ressources uniquement à l'avantage et entre les seigneurs de la science et de la technologie.

On le sait. L´Occident ne veut pas d´un Iran développé et toutes les manoeuvres visent à freiner le développement de ce pays, pays émergent par excellence et qui dispose de tous les atouts: une civilisation plusieurs fois millénaire, des réserves énergétiques les deuxièmes plus importantes en pétrole et gaz. Une population jeune, un grand pays et des universités développées. Serions-nous capables d'imiter un pays qui a su, par ses seuls moyens, exploiter à merveille l'intelligence de son peuple? On s'étonne que des musulmans soient capables d'orbiter des satellites? Incroyable! Inacceptable! Inimaginable, dirait-on en Occident et même chez les défaitistes qui sont légion en terre d'Islam puisque leur religion est incompatible avec la science!
 
En Iran tout n'est pas rose, loin s'en faut, les mêmes maux de corruption, de népotisme, gangrènent la société. Le fait est là, c'est un pays qui avance et qui mise sur son intelligence. Puissent les pays arabes le suivre dans cette marche forcée vers le savoir au lieu de s'installer dans la fatalité pour le plus grand malheur de leur peuple.

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
Source : LE CRI DU PEUPLE