samedi 27 août 2011

Libye : Massacre des noirs par "Les Rebelles Démocrates"- Investig'Action avait rencontré les victimes

26 août 2011
The Associated Press a annoncé froidement le massacre d'un groupe de personnes noires installées dans un campement en face de la résidence présidentielle libyenne. Des dizaines de corps sans vie ont été retrouvés avec les mains attachées dans le dos. L'agence précise que ce n'étaient pas des combattants. Michel Collon et la délégation qui s'étaient rendus sur place au mois de juillet avaient rencontré ces hommes qui aimaient la Libye.

MICHEL COLLON :
“J’ai rencontré ces personnes lors de ma mission à Tripoli. J’ai pu converser avec certains. Ce n’étaient nullement des “mercenaires” comme nous le prétendent les “rebelles” et les médias. Les uns étaient des Libyens à la peau noire (une grande partie de la population est de type africain en fait), les autres étaient des civils venus de pays d’Afrique noire et séjournaient en Libye depuis longtemps. Tous soutenaient Kadhafi justement parce qu’il s’opposait au racisme et qu’il traitait Arabes et Africains sur pied d’égalité.

Au contraire des “rebelles” de Benghazi, connus pour leur racisme anti-Noirs et qui se sont rendus coupables d’atrocités épouvantables et systématiques dès les premiers jours de guerre. Le paradoxe, c’est que l’Otan prétend apporter la démocratie et qu’il s’allie à une section libyenne d’al Qaeda et à des racistes du type Ku Klux Klan !"

Toute l'équipe d'Investig'Action est bouleversée par cette triste nouvelle.




Mohamed Hassan, spécialiste de l'Afrique avec un chef africain. Lire son interview à propos de la mission à Tripoli.
Tony Busselen, journaliste à, l'hebdomadaire Solidaire, participait à la même mission, il y a quelques semaines : 

"Nos photos montrent que ces gens étaient des civils sans armes, il y avait même beaucoup de femmes et d'enfants. Je leur ai parlé, ils étaient très mobilisés contre la guerre et ils ne comprenaient pas ce que l'Europe voulait.

Ils me disaient : “Mais ici, c’est un pays qui marche, les réalisations sont bien mieux qu’en Afrique, c’est très bon pour nous, et l’Europe vient bombarder ! C’est incompréhensible. ” Ils étaient très motivés pour défendre la Libye car ils pouvaient comparer avec leur pays d’origine.

C’est vraiment barbare qu’on massacre ces gens désarmés en leur attachant les mains dans le dos, c’étaient de simples gens, des travailleurs venus spontanément défendre leur nouvelle patrie. C’est vraiment la terreur et j’ai vu des photos des mêmes actes commis à Benghazi par les “rebelles” qui pratiquement vraiment la terreur. Alors, quand je vois à Tripoli des gens qui “applaudissent” les rebelles, je me dis qu’ils sont terrorisés tout simplement. L’Otan apporte la terreur. “


Un mercenaire ?

Où sont maintenant ces femmes et ces enfants ?
Nous publierons prochainement le témoignages de ces hommes et de ces femmes.

Captures d'écran d'une vidéo de Reuters qui ose dire qu'on ne sait pas encore qui a perpétré ce massacre.


Les photos suivantes proviennent d'un compte Facebook de partisans du CNT. Les lieux et dates sont difficilement définissables. Mais ce qui est certain, c'est que les hommes arrêtés ne sont pas des combattants et sont menacés, voire déjà assassinés au moment où nous publions ces photos. Tout cela grâce à l'ONU, l'OTAN, les élus européens et leur sinistre envoyé spécial Bernard-Henri Levy sous le prétexte de protéger les population et instaurer la
démocratie.
.

Comment tenir une arme avec un bras dans le platre ?


Bab-al-Aziziyah - Libye


Libye : Ruée vers l'Or noir des compagnies occidentales aprés la chute de Kadhafi.

Samedi 27 août 2011
 
le CNT lui aurait réservé 35% des futurs contrats pétroliers

Le président Nicolas Sarkozy s’indignerait en privé qu’on puisse penser que la France a mené une « guerre pour le pétrole » rapporte le journal Le Monde. Le chef du CNT fait preuve de moins de pudibonderie. Il a annoncé les pays seront récompensés en « fonction du soutien » apporté aux insurgés. La chute du régime de Kadhafi libère la course à l’or noir où des reclassements sont prévisibles. Sous la forme d’un retour sur investissement dans la guerre.
   
«Nous promettons de favoriser les pays qui nous ont aidés, notamment au travers du développement de la Libye. Nous les traiterons en fonction du soutien qu'ils nous ont apporté», a déclaré Moustapha Abdeljalil.  Le propos du chef du Cnt a suscité des inquiétudes en Italie où l’engagement en faveur des rebelles du gouvernement Berlusconi a été d’abord très hésitant.
 
Le  ministre de l’information du CNT, Mahmoud Shamman, avait déjà évoqué, de Paris, le 29 juin dernier, une possible révision des contrats conclus sous le régime de Kadhafi.  « Les contrats signés par la Libye seront étudiés et s'il apparaît qu'il y a des preuves de commission ou de corruption financière, nous considérerons qu'ils ne nous engagent pas », avait-t-il déclaré. Il avait provoqué l’émoi général car il était de notoriété publique que la conclusion des contrats était sous supervision directe du guide et de ses fils et que l’octroi de commissions était une pratique banale.
 
Tous les contrats pouvaient ainsi être remis en cause. Mais le propos était davantage motivé par la volonté d’exercer une pression sur les pays qui ont des intérêts pétroliers et gaziers et qui ne reconnaissaient pas le CNT. C’était le cas de la Chine, de la Russie et… de l’Algérie. Le CNT avait rectifié le tir le 18 juillet en affirmant que les contrats conclus seront respectés et s’est engagé à «coopérer avec les pays industrialisés, y compris la Russie, la Chine et les Etats-Unis. ». L’Algérie dont l’entreprise publique Sonatrach a des intérêts en Libye a été délibérément omise, traduisant clairement le climat de défiance, qui persiste jusqu’à présent, entre le régime algérien et le CNT.  

L’Italie défend ses positions  

Jeudi, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi a travaillé au corps le numéro deux de la rébellion libyenne Mahmoud Jibril avec le souci, non caché, de vouloir préserver les positions, fortes, acquises par le groupe italien ENI en Libye sous le régime de Kadhafi. L’empressement de la France à convoquer une réunion à Paris, des « amis de la Libye » le 1er septembre, date anniversaire de la prise de pouvoir de Kadhafi, a clairement donné aux italiens le signal que la course aux hydrocarbures libyens est ouverte.
 
L’Italie qui a fini par rallier le CNT préservera de toute évidence ses positions. Paolo Scaroni, le patron d'ENI, a souligné qu’elle « a été la première entreprise internationale à rencontrer le CNT (Conseil national de transition) dès le 3 avril. » Et qu’elle est depuis « en contacts intenses, constants, quasi-quotidiens » avec les rebelles. ENI, présente en Libye depuis 1959, devrait préserver ses positions, mais elle  devra compter avec de nouveaux acteurs. La France qui avait attendu, en vain, des contrats substantiels de l’ordre de 10 milliards de dollars après la visite homérique de Kadhafi à Paris en décembre 2007 (Airbus, réacteurs nucléaires, hélicoptères, rafales…) va pouvoir se rattraper. Et enregistrer ainsi un retour rapide sur investissement dans la guerre contre Kadhafi.  

Le Jackpot Total

Total aurait déjà obtenu le jackpot, le CNT lui aurait réservé 35% des futurs contrats pétroliers. Même si tout dépend de la configuration du futur pouvoir libyen, de sa stabilité, de sa capacité à former un consensus et de son autonomie par rapport aux occidentaux « amis ». Nicolas Sarkis, directeur du Centre Arabe d'Etudes Pétrolières, souligne que les « pays comme la France et la Grande-Bretagne, qui ont aidé au renversement de Kadhafi, pourraient raisonnablement être sollicités ».
 
Le Qatar qui a mis la plateforme d’Al Jazira au service de la rébellion pourrait escompter également des dividendes dans le substantiel domaine gazier, encore peu exploré, de la Libye. Les Allemands, en dépit de leur refus de s’engager militairement, restent dans la course, tout comme les Autrichiens. « Il y a de la place pour tous le monde et il y aura plus de concurrence » affirment des experts aussi bien dans l'exploration pétrolière que gazière. Mais tous ne seront pas traités de la même manière. Les Russes, les Chinois et les Brésiliens pourraient le constater. Sonatrach, présente dans deux blocs, également.

Avant la guerre civile, la Libye produisait 1,6 million de barils de pétrole par jour (2% de la production mondiale) et se classait comme le 3ème producteur en Afrique et le 17ème mondial. Elle dispose des plus importantes réserves de pétrole en Afrique avec 44 milliards de barils, loin devant le Nigeria (37,2 milliards de barils) et l'Algérie (12,2). Les principaux acheteurs de brut libyen étaient l'Italie (28 %),  la France (15 %), la Chine (11 %), l'Allemagne (10%), l'Espagne (10 %) et les États-Unis (3%).
Maghreb émergent

Des rebelles devant un puits de pétrole, un des enjeux de 'l'après-guerre' (DR)

GAZA Frappée et abandonnée : Coupable tant que son innocence n’a pas été prouvée

Samedi 27 août 2011
Les frappes aériennes israéliennes se poursuivent à Gaza où les gens se sentent piégés et abandonnés du monde entier.
 
22 août 2011"Al-Jazeera" — la mini-guerre conduite par Israël sur Gaza suite aux incidents survenus au sud d’Israël est une preuve supplémentaire que Gaza est le "plus grand perdant" du Moyen-Orient. Coincés dans un réseau épineux d’intérêts égoïstes et d’objectifs différents, les 1,5 million d’habitants de Gaza sont vraiment les grands perdants, quoiqu’il arrive au Moyen-Orient.
Nous ne sommes pas maîtres de notre destin. Le contrôle nous échappe jusque dans les plus les moindres détails de notre vie. Nous n’avons pas le luxe de faire des projets pour le lendemain encore moins pour la semaine prochaine. Nous, le peuple de Gaza,, nous essayons de vivre chaque jour comme si tout était normal. Mais il y a des moments où tout va très mal et où tout ce que nous avons essayé de construire s’écroule en un clin d’oeil.
 
Jeudi soir, nous avons eu une dure nuit avec de nombreuses attaques aériennes israéliennes dans différents endroits de la bande de Gaza, et nous nous sommes éveillés à une nouvelle journée torride de Ramadan qui a été interrompue par la nouvelle de l’attentat d’Eilat où 5 soldats israéliens ont perdu la vie et 36 autres ont été blessés. Immédiatement et sans attendre les détails de l’incident, tout le monde s’est mis à craindre une attaque israélienne sur Gaza.

Cela ressemblait beaucoup à la réaction instantanée des musulmans de Norvège aux attaques terroristes qui ont secoué Oslo dernièrement ; ils craignaient les attaques racistes qui n’auraient pas manqué de se produire si le terroriste avait été musulman. Les médias ont constitué d’ailleurs la principale menace en se hâtant d’attribuer, sans la moindre preuve, l’attaque terroriste à Al Qaeda et aux extrémistes musulmans. Quand le meurtrier s’est révélé être Norvégien les musulmans norvégiens ont poussé un soupir de soulagement.  

"Nous ne sommes jamais en sécurité"

Le scénario n’a pas été très différent à Gaza. "L’opération" a tué 5 soldats mais personne ne sait qui est responsable de l’opération. Nous avons d’abord lu des articles disant que l’Egypte était impliquée puis Israël a vite nié toute implication égyptienne avant que l’Egypte ne le fasse elle-même. Tout de suite après est venue la déclaration d’ Ehud Barak accusant "Gaza" des attaques et jurant de "punir les responsables". Comment il est arrivé à cette conclusion, quelle preuve a-t-il, et qui à Gaza est responsable selon lui, nous n’en avons pas la moindre idée (ni lui non plus, me semble-t-il). Ce que nous tenons pour certain c’est que nous sommes maudits et que ce qui nous attend est sans doute une réédition de Cast Lead malgré le fait qu’il n’y ait pas la moindre évidence de l’implication des Gazaouis dans l’opération d’Eilat..
C’est la seule différence entre les musulmans norvégiens et nous. Ces derniers ont retrouvé la sécurité quand la vérité a été révélée, tandis que nous, nous ne sommes jamais en sécurité- que la vérité soit faite ou pas. Que ce soit Israël, le Hamas, l’Autorité Palestinienne, l’Egypte, les USA, ou qui que se soit qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, c’est nous le peuple innocent de Gaza qui nous retrouvons en train d’haleter sous la botte des ces égoïstes géants chaque fois que quelque chose se produit. Ce qui arrive aujourd’hui n’est pas exceptionnel -et comme d’habitude, personne d’autre ne peut être accusé à tort en toute impunité que le peuple de Gaza. Même si l’Egypte y est pour quelque chose, Israël insiste sur la responsabilité unique de "Gaza" parce que ça lui donne une excuse pour se venger et punir. Je ne serais pas étonnée que le black out des communications qui a été imposé à Gaza il y a 10 jours ne soit le premier d’une longue série et que nous en ayons un autre si une opération militaire est vraiment déclenchée.
Les prières du vendredi dans la bande de Gaza ont calmé les gens perturbés par les rumeurs, les fuites et les spéculations sauvages, les menaces constantes d’Israël et le nombre croissant des personnes tuées et blessées par Israël. Dans des moments comme celui-là, les mosquées jouent un rôle très important en lisant des prières apaisantes, en diffusant les annonces urgentes, etc. Vendredi dernier, cependant, au moment où Israël bombardait Gaza, l’Iman qui menait les prières à la mosquée nous parlait de tout autre chose. Il avait consacré son sermon et ses prières à la Somalie et il demandait aux gens de faire des dons. Cette humanité, cette palpitante conscience humaine et ce respect pour la vie humaine sont les qualités qui caractérisent les Palestiniens même si le monde préfère penser qu’il n’en est rien.

Nous ne savons pas si l’avenir nous réserve un nouvelle cruelle attaque israélienne où nous jouerions le double rôle d’agresseurs et de victimes ou un nouvel épisode d’un décevant feuilleton politique où nous jouerions fois cette le rôle de spectateurs passifs. Nous ne pouvons qu’attendre et voir car c’est ce monde égoïste qui décide de notre sort. Parce que nous, le peuple de Gaza, sommes coupables tant que la preuve de notre innocence n’a pas été faite, en admettant qu’elle le soit jamais.


Yasmeen El Khoudary

Yasmeen El Khoudary est un écrivain freelance de Gaza en Palestine occupée. Elle est diplômée de l’Université Américaine du Caire en Science Politique. Elle a un blog : yelkhoudary.blogspot.com. On peut aussi la suivre sur Twitter :- @yelkhoudary
Pour consulter l’original : http://www.informationclearinghouse.info/article28907.htm
Traduction : Dominique Muselet

Le Grand Soir Info
 

Sept points sur la Libye

Samedi 27 août 2011
Domenico Losurdo
contribution Marie Ange Patrizio
 
 
Désormais même les aveugles peuvent être en mesure de voir et de comprendre ce qui est en train d’arriver en Libye :

1. C’est une guerre promue et déclanchée par l’OTAN qui est en cours. Cette vérité finit par filtrer sur les organes mêmes d’ « information » bourgeoise.  Sur La Stampa  du 25 août, Lucia Annunziata écrit : c’est une guerre « entièrement "extérieure", c’est-à-dire faite par les forces de l’OTAN » ; c’est « le système occidental, qui a promu la guerre contre Kadhafi ». Une vignette de l’International Herald Tribune du 24 août nous montre des « rebelles » qui exultent, mais ils sont commodément installés sur un avion qui porte l’écusson de l’OTAN.

2. Il s’agit d’une guerre préparée depuis longtemps. Le Sunday Mirror du 20 mars a révélé que déjà « trois semaines » avant la résolution de l’ONU étaient à l’œuvre en Libye des « centaines » de soldats britanniques, encadrés dans un des corps militaires  les plus sophistiqués et les plus redoutés du monde (SAS). Des révélations ou admissions analogues peuvent être lues sur l’International Herald Tribune du 31 mars, à propos de la présence de « petits groupes de la Cia » et d’une « ample force occidentale en action dans l’ombre », toujours « avant l’éclatement des hostilités le 19 mars ».

3. Cette guerre n’a rien à voir avec la protection des droits humains. Dans l’article déjà cité, Lucia Annunziata observe avec angoisse : « L’OTAN qui a atteint la victoire n’est pas la même entité qui a lancé la guerre ». Entre temps, l’Occident est gravement affaibli par la crise économique ; réussira-t-il à garder le contrôle d’un continent qui, de plus en plus souvent, perçoit l’appel des « nations non occidentales » et en particulier de la Chine ? Par ailleurs, ce même quotidien qui présente l’article d’Annunziata, La Stampa, ouvre le 26 août sur un titre en pleine page : « Nouvelle Libye, défi Italie-France ». Pour ceux qui n’auraient pas encore compris de quel type de défi il s’agit, l’éditorial de Paolo Paroni (Duel de la dernière affaire) est clair : depuis le début des opérations guerrières, caractérisées par l’activisme frénétique de Sarkozy, « on a immédiatement compris que la guerre contre le Colonel allait se transformer en un conflit d’un autre type : guerre économique, avec un nouvel adversaire, l’Italie évidemment ».

4. Voulue pour des motifs abjects, la guerre est menée de façon criminelle. Je me limite  seulement à quelques détails repris dans un quotidien au-dessus de tout soupçon. L’International Herald Tribune du 26 août, dans un article de K. Fahim et R. Gladstone, rapporte : « Dans un campement au centre de Tripoli ont été retrouvés les corps criblés de balles de plus de 30 combattants pro-Kadhafi.  Deux au moins étaient ligotés avec des liens en plastique, et ceci laisse penser qu’ils ont subi une exécution. Parmi ces morts, cinq ont été trouvés dans un hôpital de fortune ; l’un était sur une ambulance, étendu sur un brancard et ligoté par une ceinture et portant encore une perfusion intraveineuse dans le bras ».

5.  Barbare comme toutes les guerres coloniales, la guerre actuelle contre la Libye démontre comment l’impérialisme se fait de plus en plus barbare. Dans le passé, innombrables ont été les tentatives de la Cia d’assassiner Fidel Castro, mais ces tentatives étaient conduites en secret, avec un sentiment si ce n’est de honte du moins de crainte des possibles réactions de l’opinion publique internationale. Aujourd’hui, par contre, assassiner Kadhafi ou d’autres  chefs d’Etat non appréciés à l’Occident est un droit ouvertement proclamé. Le Corriere della Sera du 26 août 2011 titre triomphalement : « Chasse à Kadhafi et à ses fils, maison par maison ». Tandis que j’écris, les Tornado britanniques, se prévalant aussi de la collaboration et des informations fournies par la France, s’emploient à bombarder Syrte et à exterminer l’entière famille de Kadhafi.

6. Non moins barbare que la guerre a été la campagne de désinformation. Sans le moindre sentiment de pudeur, l’OTAN a martelé systématiquement le mensonge selon lequel ses opérations guerrières ne visaient qu’à la protection des civils ! Et la presse, la « libre » presse occidentale ? Elle a, à un moment, publié avec ostentation la « nouvelle » selon laquelle Kadhafi bourrait ses soldats de viagra de façon à ce qu’ils puissent plus facilement commettre des viols de masse. Cette « nouvelle » tombant rapidement dans le ridicule, voici alors une autre « nouvelle » selon laquelle les soldats libyens tirent sur les enfants. Aucune preuve n’est fournie, on ne trouve aucune référence à des dates et des lieux déterminés, aucun renvoi à telle ou telle source : l’important est de criminaliser l’ennemi à anéantir.
 
7.   Mussolini en son temps présenta l’agression fasciste contre l’Ethiopie comme une campagne pour libérer ce pays de la plaie de l’esclavage ; aujourd’hui l’OTAN présente son agression contre la Libye comme une campagne pour la diffusion de la démocratie. En son temps Mussolini n’avait de cesse de tonner contre l’empereur éthiopien Hailé Sélassié comme « Négus des négriers » ; aujourd’hui l’OTAN exprime son mépris pour Kadhafi « le dictateur ». De même que la nature belliciste de l’impérialisme ne change pas, ainsi ses techniques de manipulation révèlent de significatifs éléments de continuité. Pour  clarifier qui exerce réellement aujourd’hui la dictature à niveau planétaire, plutôt que de citer Marx ou Lénine, je veux citer Emmanuel Kant. Dans un texte de 1798 (Le conflit des facultés), il écrit : « Qu’est-ce qu'un monarque absolu ? Celui qui, quand il commande : "la guerre doit être", la guerre suit en effet ». En argumentant de la sorte, Kant prenait pour cible, en particulier, l’Angleterre de son époque, sans se laisser tromper par les formes « libérales » de ce pays. C’est une leçon dont nous devons tirer profit : les « monarques absolus » de notre époque, les tyrans et dictateurs planétaires de notre époque siègent à Washington, à Bruxelles et dans les plus importantes capitales occidentales.
 
Publié vendredi 26 août 2011 sur le blog de l’auteur
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

vendredi 26 août 2011

Rapport: Les sangliers, une arme sioniste redoutable contre l’agriculture palestinienne

Palestine occupée

Les agriculteurs palestiniens ont une grande appréhension de ces sangliers qui menacent leurs biens, des sangliers lâchés par les colons sionistes. La saison des céréales en a déjà beaucoup souffert.
Le fermier Ali Salah, du village de Broquin, à Silfit, parle des dangers permanents causés par cette armée de sangliers qui attaquent par groupes, dont le nombre s’élève à des centaines. L’année dernière, ils ont dévasté la plupart des vignes et des figuiers.
De plus, ces sangliers attaquent les jardins des maisons des faubourgs de Silfit et de ses villages, surtout les maisons sans clôtures, une source supplémentaire de terreur, en plus de l’occupation israélienne.
Les colons sionistes lâchent leurs sangliers sur les terrains de la Cisjordanie pour anéantir les fermes des Palestiniens. Ils font tout cela pour que les fermiers délaissent leurs terres, ce qui rend facile leur confiscation.
Détruire l’agriculture palestinienne
Achraf Zayd, directeur de la division de la santé et de l’environnement de la mairie de Salfit, informe l’agence Safa : « Les sangliers ont anéanti l’agriculture, dans le département de Silfit. Les activités agricoles ont baissé de 80%. Différentes sortes de cultures ont même disparu de ce département ».
Ce département était connu pour ses prunes, ses pêches et ses raisins. Et le village de Balloutt était connu pour ses melons et ses concombres. Tous ces fruits et légumes font partie du passé, une vraie catastrophe.
La plupart des Palestiniens du département de Silfit ont quitté le métier d’agriculteur, voyant leur incapacité à protéger leur terre et l’incapacité de l’autorité palestinienne à combattre ces bêtes sauvages.
Zayd confirme que la culture des légumes de ce département a disparu, alors qu’il connaissait une large autosuffisance. Al-Mattwi était jadis une zone de légumes, elle n’a maintenant que quelques oliviers. Cela est pareil pour la zone Skaka et d’autres encore.
Pas de solution
Zayd confirme que trouver des solutions est presque impossible, à cause des restrictions imposées par les autorités de l’occupation israélienne.
Toutes les solutions présentées ne sont pas assez suffisantes, ajoute-t-il. La municipalité ne nous fournit que quelques outils pour installer des pièges. Mais ils ne captent qu’une ou deux bêtes parmi les centaines qui envahissent leurs terrains.
Et les poisons, on ne peut les utiliser pour ses effets nocifs sur tout l’environnement.
La meilleure solution est de les chasser, mais les autorités de l’occupation israélienne ne donnent l’autorisation que trop tard, après que les bêtes ont tout dévasté, souligne le fermier Hossein Islamiyya.
Islamiyya confirme que les sangliers ont détruit sa récolte de blé, après avoir attaqué la région de Wadi Id, au sud de Silfit.
Le sanglier, une arme coloniale
Achraf Zayd, directeur de la santé de Silfit, dit que les colons ont réussi avec ces sangliers à chasser beaucoup de fermiers de leurs terres.
Les égouts des colonies sionistes attirent ces bêtes sauvages qui non seulement mangent, mais aussi détruisent tout sur leur chemin : des chaînes de montagnes et des arbres sont détruits, des fermiers sont attaqués et blessés, beaucoup de biens sont dévastés.
Il faut enfin, dit-il, un plan national pour traiter cette catastrophe nationale.

Mafia juive : les avocats de Nafissatou Diallo accusent le procureur Vance de corruption et demandent sa révocation .

Jeudi, 25 août, 2011
"Nafissatou Diallo a été traitée comme une accusée" 
Les avocats de Nafissatou Diallo, dont un Français, accusent le procureur d’avoir lui-même organisé les fuites ayant permis de discréditer leur cliente. Selon eux, les transcriptions téléphoniques contenaient de fausses informations puisque Nafissatou ne dit nullement qu’elle entend exploiter la fortune de Dominique Strauss Kahn. Ils démontrent que le procureur, a servi les intérêts de Dominique Strauss Kahn dans cette affaire. Le procureur n’a pas non plus démenti les accusations de prostitution, totalement mensongères, portées contre leur cliente. De plus, la cliente, mise à l’isolement par le procureur a en réalité été maltraitée, ne disposait même pas de téléphone et a en réalité été coupée du monde contre son gré. Ils indiquent également que l’un de membres du bureau du procureur est un ami du couple Strauss Kahn. Les personnes qui ont signé la requête d’abandon de charge sont tous sous la coupe d’un proche des Strauss Kahn.
Par ailleurs la mise en accusation de Diallo repose sur des mensonges proférés par la victime d’une grande pauvreté afin d’obtenir l’asile aux Etats-Unis. Tenir compte de cela pour discréditer un témoin risquerait d’interdire à tous les américains de fraîche date de pouvoir porter plainte contre des crimes.
Il va de soi que le procureur des Etats-Unis est élu au suffrage universel et que la ville de New York dont il relève est une ville où le lobby juif détient un pouvoir considérable.
L’histoire retiendra que la parti socialiste aura préféré soutenir un banquier milliardaire sioniste clairement impliqué dans une agression sexuelle qu’une femme de ménage noire victime de cette agression. Elle retiendra aussi que ce fût peu ou prou le cas de l’ensemble des médias français, qui se réjouissent tous du retour de Strauss Kahn.
L’avocat français évoque à juste titre les « réseaux strauss-kahniens » qui tentent par tous les moyens de sauver leur comparse, réseaux qui sont bien évidemment communautaires. ceux-ci se sont activés selon lui pour interdire à l’ensemble des femmes victimes du comportement de cet éminent représentant de la mafia talmudique, autrement dit de la mafia satanique.
Souhaitons que le procureur au mains du lobby soit révoqué et que Nafissatou Diallo puissent bénéficier du juste procès auquel elle a droit. Selon que vous serez puissants ou misérables…
Médialibre

Libye : L’histoire se répète, avec les mêmes erreurs que celles commises en Irak

Jeudi 25 Aout 2011
Avec Kadhafi parti, une guerre de guérilla érodera inévitablement les nouveaux pouvoirs en place.

Bombardement "libérateur et démocratique" des forces de l’OTAN, résolument engagées du côté des Libyens de l’Est. Motif officiel de l’intervention occidental : "éviter un bain de sang (sic)" ... Ce qui n’empêche pas TOTAL de se préparer à prendre un bain de pétrole... Mais la Libye n’est pas obligatoirement condamnée a devenir (rester ?) une marionnette aux mains des puissances occidentales. L’ère post-Khadafi sera complexe et semée d’embûches.
A chaque fois condamné à mener la dernière guerre, nous répétons la même vieille erreur en Libye.
Mouammar Kadhafi disparaît après avoir promis de se battre jusqu’à la mort. N’est-ce pas ce que Saddam Hussein a fait ? Et bien sûr, quand Saddam a disparu et que les troupes américaines ont subi leurs premières pertes face à l’insurrection irakienne en 2003, on nous a dit - par l’intermédiaire du proconsul américain Paul Bremer, des généraux, des diplomates et des « experts » en voie de délabrement des plateaux de télévision - que les hommes armés de la résistance étaient des « jusqu’au-boutistes », « jusqu’au-boutistes » qui ne se rendaient pas compte que la guerre était terminée.
Et si Kadhafi et son fils à tête d’œuf sont toujours en liberté - et si la violence ne s’arrête pas - d’ici combien de temps allons-nous être confrontés une fois de plus aux « jusqu’au-boutistes » qui n’auront tout simplement pas compris que les types de Benghazi sont au pouvoir et que la guerre est finie ? En effet, à peine 15 minutes - littéralement - après que j’ai écrit les mots ci-dessus (14 heures hier), un journaliste de Sky News avait ré-inventé « jusqu’au-boutistes » pour qualifier les hommes de Kadhafi. Vous voyez ce que je veux dire ?
Inutile de dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible pour autant que l’Occident est concerné. Personne ne va dissoudre l’armée libyenne et personne n’a officiellement interdit aux Kadhafi-istes de jouer un futur rôle dans leur pays. Personne ne va faire les mêmes erreurs que celles que nous avons faites en Irak. Et pas de bottes sur ​​le terrain... Pas de zombis occidentaux murés dans une Zone Verte et essayant de déterminer l’avenir de la Libye. « C’est la responsabilité des Libyens », est devenu le refrain joyeux de tous hommes à tout faire des département d’Etat / Bureau des Affaires étrangères / Quai d’Orsay. Rien à voir avec nous !
Mais, bien sûr, la présence massive de diplomates occidentaux, de représentants de compagnies pétrolières, de mercenaires occidentaux très bien payés et de discrets militaires britanniques et français - tous prétendant être des « conseillers » plutôt que des participants - constitue la Green Zone de Benghazi. Il n’y a pas (encore) de murs autour d’eux mais ce sont eux, en effet, qui régissent la Libye par le biais des différents héros et voyous libyens qui se sont installés comme maîtres politiques locaux. Nous ne pouvons ignorer l’assassinat par ces derniers de leur propre commandant - pour une curieuse raison, personne ne mentionne plus le nom d’Abdul Fatah Younes, bien qu’il a été liquidé à Benghazi il y a à peine un mois - mais ceux-ci ne peuvent survivre qu’en s’accrochant à nos cordons ombilicaux d’occidentaux.
Bien sûr, cette guerre n’est pas la même chose que notre exécrable invasion de l’Irak. La capture de Saddam n’a eu que pour effet de renforcer la résistance et les attaques contre les troupes occidentales - parce que ceux qui avaient refusé de prendre part à l’insurrection, de peur que les Américains ne remettent Saddam à la tête de l’Irak, n’avaient plus de telles craintes.
Mais l’arrestation de Kadhafi avec son fils Saif auraient sans doute pour effet de précipiter la fin de la résistance pro-Kadhafi face aux rebelles. La crainte réelle de l’Occident - en ce moment, et cela pourrait changer du jour au lendemain - devrait être la possibilité que l’auteur du Livre Vert ait trouvé la sécurité sur son ancien terrain de prédilection, la ville de Syrte, où la loyauté tribale pourrait se révéler plus forte que la crainte d’une force libyenne soutenue par l’Otan.
Syrte - où Kadhafi, au tout début de sa dictature, a transformé les champs de pétrole de la région en une place où attirer les énormes dividendes des investisseurs étrangers après sa révolution de 1969 - n’est pas Tikrit. C’est le site de sa première grande conférence de l’Union africaine, à peine à 16 miles du lieu de sa naissance, une ville et sa région qui ont bénéficié grandement de ses 41 ans de règne. Strabon, le géographe grec, a décrit comment les colonies dans le désert au sud de Syrte ont donné à la Libye l’allure d’une peau de léopard. Kadhafi doit avoir aimé la métaphore. Près de 2000 ans plus tard, Syrte était à peu près la charnière entre les deux colonies italiennes de la Tripolitaine et la Cyrénaïque.
Et à Syrte les « rebelles » ont été défaits par les « loyalistes » dans cette guerre de 6 mois. Nous devrons bientôt, sans aucun doute, échanger ces étiquettes absurdes - quand ceux qui soutiennent le Conseil National de Transition devront être appelés loyalistes et que les rebelles pro-Kadhafi seront transformés en « terroristes » qui pourraient bien s’en prendre à notre nouvelle administration libyenne complaisante et pro-occidentale. Dans tous les cas, Syrte, dont les habitants sont désormais censés négocier avec les ennemis de Kadhafi, fera peut-être bientôt partie des villes les plus intéressantes de Libye.
Que peut bien penser Kadhafi à présent ? Nous l’imaginons désespéré. Mais l’est-il vraiment ? Nous avons usé de nombreux adjectifs à son égard dans le passé : colérique, fou, dérangé, magnétique, infatigable, obstiné, bizarre, homme d’État (description de Jack Straw), secret, exotique, bizarre, énigmatique, idiosyncrasique et - plus récemment - tyrannique, meurtrier et sauvage. Mais dans sa perception biaisée mais certainement perspicace du monde libyen, Kadhafi ferait mieux de survivre, de poursuivre une guerre civile tribale et d’épuiser les nouveaux amis libyens de l’Occident dans le marais de la guérilla en tuant lentement la crédibilité du nouveau pouvoir de "transition".
Robert Fisk - The Independent
Source : Info-Palestione.net