jeudi 25 août 2011
On connaissait les soutiens invétérés de nombreux Etats dits « démocratiques » du Nord à des rébellions en Afrique d’une manière générale. Jusque-là, Paris, Washington, Londres, etc. voilaient leurs forfaitures militaires. Avec le Cnt (Conseil national de la transition, bras politique de la rébellion libyenne), c’est à une nouvelle scène ubuesque que se livrent la France et ses alliés de l’Otan en Libye. En plein 21ème siècle.
Un commentaire de Hilarion Dembele, La Rédaction AfriSCOOP ©
Au-delà de la main que Paris et Londres vont visiblement mettre sur le pétrole libyen après la chute définitive du colonel Kadhafi, quels autres grands avantages Français et Anglais vont-ils tirer de leur positionnement sur le sol libyen ?De toute évidence, le pouvoir qui sera mis en place en Libye après la chute du régime kadhafiste n’aura pas les mains libres devant les puissances coalisées que l’ont aidé à chasser l’homme fort de Tripoli. Une chose est presque sûre : le gâteau du Cnt sera délicieux à partager. Comme les aiment les dirigeants de ce monde qui sont toujours fanatiques des relents coloniaux dans leur approche de l’instauration de la démocratie sur le continent noir.
Une « colonie Libye » qui sera mise sens dessus-dessous
Grosse preuve patente que les futurs dirigeants du Cnt seront des pantins aux mains de Paris et de Londres, les médias de ces deux pays ont prouvé et démontré, à plusieurs reprises, qu’il existe une grande disparité (en terme de formation et de conception politique, patriotique) entre les principales têtes d’affiche de ce Conseil d’une part. D’autre part, le même Conseil a comme conseiller un simple littéraire : l’écrivain Pierre-Henri Lévy !!
Mieux, au terme des huit mois de transition que compte instaurer le président Jalil et ses camarades de lutte, la Libye a de fortes chances de devenir « une nouvelle base militaire de la France et de ses alliés dans la Méditerranée » ; alors même que les Européens chantent à qui veut l’entendre qu’ils ferment leurs bases sur le continent noir. La France en tête !! Même en étant soumise à une forte aide militaire annuelle de Washington, l’Egypte de Moubarak n’était pas devenue une base grandeur nature des Etats-Unis comme la Libye de Jalil s’apprête à le devenir.
Indirectement, en boutant le colonel Kadhafi hors de la Libye, la France et ses alliés de l’Otan coupent une grande source de financements à l’Ua (Union africaine). En dépit de ses prises de position au sein de cette Union qui n’étaient pas toujours sensées, le Guide libyen supportait, à lui tout seul, 15% des besoins financiers de l’Ua. La Libye sous M. Kadhafi a également déboursé 300 millions de dollars pour doter le ciel africain de satellites. Sans compter les grosses parts que détenaient le régime de Tripoli dans les actions d’Africa n°1, la radio panafricaine née en 1981.
Il est à fort parier que tous ces investissements de la Libye sous Kadhafi ne vont pas être d’actualité sous le président Jalil. Car les besoins de la reconstruction de ce pays détruit par les soins de l’Otan seront énormes. Dans de pareilles conditions, ce devrait être les entreprises occidentales qui vont décrocher les milliers d’appels d’offre qui seront lancés par le Cnt. A côté de la manne pétrolière à laquelle ils vont se servir sous le Cnt, tous les participants à la guerre d’épuration politique des Kadhafistes vont aussi se partager allègrement des marchés de reconstruction. Et surtout contrôler les esprits de dirigeants qui ne sont pas révolutionnaires comme le colonel Kadhafi ; mais pire, ces leaders du Cnt devraient éprouver toutes les difficultés du monde pour devenir des Paul Kagame. C’est-à-dire être des nervis de l’Occident mais avoir des visions pour son pays, son continent. Pauvres Libyens qui croient découvrir la L-I-B-E-R-T-E avec la France.





