vendredi 12 août 2011

TEL AVIV ,Tente 1948

Abir Kopty
publié le lundi 8 août 2011.

Si vous êtes Palestinien, vous aurez du mal pour trouver quelque chose à quoi vous identifier dans le village de tentes sur le boulevard Rothschild de Tel-Aviv, jusqu’à ce que vous parveniez à Tente 1948. Ma première virée là-bas a été il y a quelques jours, lorsque j’ai décidé me joindre à la Tente 1948. Le message central de la Tente 1948 est que la justice sociale devrait être pour tous. Elle rassemble les citoyens juifs et palestiniens qui croient en une souveraineté partagée dans un Etat pour tous ses citoyens.
Pour moi, comme Palestinienne, je ne me sens pas faire partie du mouvement du 14 juillet, et je ne suis pas là comme participante. Presque tous les coins de ce camp me rappellent que ce lieu ne veut pas de moi. Ma première virée dedans a été assez déprimante, j’ai trouvé pleins de drapeaux israéliens, un homme faisant un discours à des jeunes avec une vision sioniste sur ses souvenirs de la « guerre de 48 », un autre groupe avec des panneaux appelant à la libération de Gilad Shalit, un autre poussant des chants sionistes. Ce n’est sûrement pas un lieu où les 20 % de la population se sentiraient chez eux. Le lendemain, j’ai trouvé Ronen Shuval, d’Im Tirtzu, l’association d’extrême droite, faisant un exposé provocateur et haineux contre les associations de gauche et des droits humains. Les colons avaient déjà monté une tente et dansaient avec joie.
L’existence de Tente 1948 dans le camp est un défi vers les gens qui participent au mouvement du 14 juillet. Les premiers jours, la tente a été attaquée par un groupe de droite, qui a battu les militants de la tente et détruit son drapeau palestinien. Certains leaders du mouvement du 14 juillet ont dit clairement qu’avancer les questions centrales concernant la communauté palestinienne en Israël ou l’occupation ferait « perdre sa force » à la lutte. Ils ont souvent dit que la lutte est sociale, pas politique, comme s’il y avait une différence. Ils avaient peur de perdre des supporters s’ils appuyaient sur les questions palestiniennes.
La vérité, c’est que c’est vrai.
En vérité, c’est exactement ce qui pourrait aider Netanyahou ; s’il appuyait sur le bouton de la peur, recréait l’« ennemi » et reproduisait la « menace sécuritaire », il serait capable de faire taire le mouvement. Le problème n’est pas avec Netanyahou, ce n’est pas le premier leader israélien à faire appel à ça. Le problème principal, c’est que les Israéliens ne sont pas encore prêts à voir au-delà des murs qui les entourent.
Pourtant, il faut l’admettre, il se passe quelque chose, les Israéliens se réveillent. Il y a un développement ; les gens se rencontrent, discutent des questions. L’assemblée générale du camp a décidé vendredi qu’elle n’accepterait aucun message raciste parmi ses participants. Même à Tente 1948, beaucoup d’Israéliens sont venus, ont lu les tracts, écouté ce que représente Tente 1948 et discuté calmement. Peut-être, si j’étais une israélienne juive, je serais fière du mouvement du 14 juillet. Mais je ne suis pas juive, je ne suis pas sioniste, je suis palestinienne.
Je ne veux pas béatifier la réalité, ni cacher quoi que ce soit pour servir une « tactique » et je n’accepterai pas des miettes. Je veux parler de la justice historique, je veux parler de l’occupation, je veux parler de la discrimination et du racisme, je veux tout mettre sur la table, et je veux parler de cela au cœur de Tel-Aviv.
La justice sociale ne peut pas être divisée ou classifiée. Si ce n’est pas une justice pour tous y compris tous les Palestiniens, alors c’est une fausse justice, une justice d’élite ou une « justice pour juifs seulement » exactement à la manière dont fonctionne la démocratie israélienne « pour juifs seulement ». Le mouvement du 14 juillet est une grande occasion pour les Israéliens pour refuser à leur Etat de continuer à sombrer en un régime d’apartheid.
* Abir Kopti est une militante politique palestinienne et une analyste des media. Elle a été membre du Conseil municipal de Nazareth et porte-parole de Mossawa, the Advocacy Center for Palestinian-Arab Citizens in Israel. Ses travaux sont sur son site et sur Twitter à @abirkopty. Traduction : JPB-CCIPPP
source :
http://mondoweiss.net/2011/08/tent-1948.html#more-48846
traduction

Londres flambe,la Bourse se noie,le Chomage va déferler - Solution :? Bombardons la Libye !

11 août 2011

A Londres, des jeunes sans espoir brûlent maisons et magasins. A quelques kilomètres de là, des gens qui ont amassé des milliards en Bourse s’affolent à l’idée d’en gagner un peu moins...



Et comment les ont-ils gagnés, ces milliards ? En obligeant les entreprises à diminuer les salaires et les emplois. C’est-à-dire qu’on détruisait l’avenir de ces jeunes pour augmenter les bénéfices des sociétés. D’où la crise évidemment : si vous ôtez leur gagne-pain aux consommateurs, comment feront-ils pour acheter ?A présent, que font les maîtres de la Bourse ? Ils exigent des Etats davantage de coupes sociales, c’est-à-dire davantage de jeunes sans espoir.
Et pendant ce temps, les ministres - dont les mesures néolibérales ont permis ce massacre social - font semblant de ne pas comprendre la révolte. Il leur suffirait pourtant d’aller un peu écouter ces désespérés. Mais envoyer des flics dans les quartiers populaires, c’est tellement plus simple que de les envoyer à la Bourse.

Alors, au lieu d’utiliser tous ses budgets à créer des emplois, le gouvernement britannique vient d’envoyer des bombardiers supplémentaires pour tuer encore plus de civils en Libye et semer encore plus de haine. Paris, Washington et Bruxelles font pareil… Faire main basse sur le pétrole et les réserves financières des Libyens, ça fera un peu d’argent de poche pour payer les dettes.
Mais s’ils arrivent à renverser Kadhafi, que se passera-t-il ? Plus d’Etat-providence en Libye, mais un maximum de privatisations. Plus de redistribution sociale de l’argent du pétrole, mais sa confiscation par les multinationales. Plus d’aide libyenne au développement autonome des pays africains, mais davantage d’exploitation des ressources par l’Occident.
Conséquence ? Encore plus d’Africains sans avenir seront forcés d’émigrer et de s’ajouter aux désespérés de Londres, Paris et Bruxelles. Où ils travailleront pour rien, ce qui fera le malheur des uns et le bonheur des autres.
Un système absurde et inhumain. Combien de temps laisserons-nous faire ?


Bruxelles, 11 août 2011


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Quelques faits et chiffres dont on ne parle guère
  1. Les salaires britanniques ont été gelés par Cameron alors que le prix de la nourriture vient d’augmenter de 5%.
  2. A Tottenham (Londres), il y a 54 demandeurs pour chaque emploi vacant.
  3. Aucun agent de la Metropolitan Police  londonienne n’a jamais été condamné alors que, depuis 1988, 333 personnes sont mortes en garde à vue. 
  4. L’Etat grec a une dette de 350 milliards d’euros. Les capitalistes grecs ont 600 milliards sur des comptes en Suisse.
  5. L’agence de notation Standard & Poors a dégradé la note des USA notamment parce que « le plan du Congrès et de l’administration ne prévoit que des changements mineurs dans la politique de Medicare » (équivalent de la Sécurité sociale pour l’assurance maladie).
  6. J-F Copé, secrétaire-général de l’UMP (France) : « Nous avons déjà réformé les retraites, il faut maintenant faire la réforme de la dépendance et celle de l'Assurance-maladie. » (10 août 2011)

jeudi 11 août 2011

Libye  : les tribulations du guide

mardi 9 août 2011, par Bertold du Ryon

Ce sont surtout les puissances européennes qui par la suite misent beaucoup sur le pouvoir libyen. En dehors de la fourniture de pétrole et de gaz, c’est sa fonction de gendarme au sud de la Méditerranée contre des «  flux migratoires  » définis comme indésirables qui intéresse les gouvernements français, italiens ou autres.

Kadhafi, au pouvoir en Libye depuis 42 ans, a régulièrement changé d’idéologie  : du panarabisme aux États-Unis d’Afrique, en passant par le soutien à différents groupes de diverses obédiences. L’intervention contre l’Irak et la crainte d’être le prochain sur la liste de Bush, le poussent à se rapprocher des pays occidentaux jusqu’à devenir le chien de garde de l’Europe contre les migrants. Son retour en grâce est pourtant de courte durée, et Sarkozy, affaibli par l’image catastrophique d’Alliot-Marie au moment des soulèvements en Tunisie, tente de se servir de l’intervention en Libye pour reprendre l’initiative.
L’intervention militaire de la France, et d’autres puissances, en Libye pourrait produire des résultats autres que ceux initialement escomptés. Le plus haut gradé de l’armée états-unienne, le chef d’état-major interarmées et amiral Michael Mullen, a admis le 25 juillet 2011 que l’Otan était actuellement «  dans l’impasse  » stratégique en Libye. Néanmoins, il a ajouté  : «  à long terme, je pense que la stratégie fonctionnera et permettra de chasser Kadhafi du pouvoir  ».
Nous sommes loin, en tout cas, de l’opération qui – selon Alain Juppé, en mars 2011 – devait durer «  quelques jours ou quelques semaines, tout au plus, en aucun cas des mois  ». Aux dernières nouvelles, il n’était d’ailleurs plus vraiment assuré qu’elle finisse par conduire à la chute du régime de Muammar al-Kadhafi et à sa destruction. Le 20 juillet, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé devant des journalistes que «  les rebelles [libyens] ne [pouvaient] pas aller jusqu’à Tripoli  », n’ayant selon lui pas les forces nécessaires pour envisager une prise de pouvoir dans la capitale libyenne.
Jusqu’ici, selon les planifications politico­-militaires, ils étaient censés renverser le régime en place. Ainsi, il n’est pas improbable que l’on finisse par négocier une «  solution  » bricolée, pouvant arranger des caciques du régime et quelques dirigeants actuels de la rébellion (dont certains ont été d’anciens cadres du régime).Les origines du régime de Kadhafi peuvent éclairer les événements actuels en Libye et ceux qui pourraient advenir.
Les origines du régime kadhafiste en Libye
Le régime de Muammar al-Kadhafi peut être décrit, dans son fonctionnement réel, comme un régime clanique. Un régime à base familiale et tribale qui, sous couvert de «  démocratie directe  », tout en interdisant partis politiques, syndicats et toute organisation de tendances politiques et sociales, a constamment activé et entretenu des structures de type tribal et pré-étatique afin de leur déléguer des bribes de pouvoir local.
À la surface, ce même régime s’est successivement drapé dans différents habillages idéologiques. Mais l’orientation du moment ne dépendait pas de débats réels dans la société  ; elle résultait exclusivement de la dernière mode définie par le grand leader. Si, en théorie, depuis plusieurs années Kadhafi n’occupe plus «  aucun poste de pouvoir  » et n’est qu’une sorte de «  chef charismatique  », en réalité, aucune décision d’importance n’est prise sans son accord ou celui de sa famille. Une large partie du pouvoir est en quelque sorte «  informelle  », ne découlant d’aucune règle écrite, en l’absence de Constitution qui définirait (et limiterait en même temps) les rôles et pouvoirs des différents dirigeants.
Le colonel Kadhafi, alors âgé de 27 ans, est arrivé au pouvoir avec un groupe de jeunes officiers, le 1er septembre 1969. Ça ne fait donc que 42 ans qu’il est placé (de fait, non pas selon les apparences formelles) à la tête de l’État libyen. Dans un premier temps, il adopte le pan­arabisme, rêvant – après la mort du président égyptien Gamal Abdel Nasser, en 1970 – de prendre la succession de ce dernier comme principal leader arabe. Cependant, moqué par d’autres dirigeants de la région qui ne l’ont jamais pris très au sérieux, Kadhafi se tourne plus tard vers l’idée de créer «  les États-Unis d’Afrique  » sous sa direction. Bien que le projet n’ait pas abouti, Kadhafi continue souvent de prendre la posture du «  héros de l’unification africaine  ».
Ayant distribué de l’argent à des pays nettement plus pauvres que le sien grâce aux pétro­dollars libyens, il conserve une certaine popularité dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Néanmoins, en lieu et place de créer l’unité du continent, Kadhafi y a aussi fomenté des conflits armés. Il a, par ailleurs et toujours grâce à la rente pétrolière, financé de multiples mouvements et groupes activistes. Cela allait de groupes plus ou moins progressistes jusqu’à des fascistes, englobant des protagonistes aussi divers que l’IRA irlandaise ou l’aventurier politique allemand (d’extrême droite) Alfred Mechtersheimer. Dans ce dernier pays, Kadhafi avait même financé, à partir de 1987, un club local de hockey sur glace, dans la petite ville d’Iserlohn.
L’unique condition étant que le club sportif en difficultés financières devait exposer le Livre vert de Kadhafi dans une vitrine. Il y explique sa doctrine politique, sorte de bouillie formée de généralités, de l’expression du rêve d’une société égalitaire basée sur des loyautés interpersonnelles (telles qu’elles existent dans une société tribale), et d’une pseudo-théorie sur les religions. Ainsi, le judaïsme serait l’équivalent – dans la sphère des religions – du féodalisme, le christianisme correspondrait au capitalisme et l’islam au socialisme. Le mélange bizarre formé par Kadhafi entre «  islam  » et prétention «  socialiste  » – interprétant les deux termes totalement à sa guise – le met très tôt en conflit avec des musulmans adeptes d’une théologie plus orthodoxe.
Kadhafi, gendarme de l’impérialisme européen en Afrique du Nord
À partir de la fin des années 1980, le régime kadhafiste qui a été en conflit militaire avec la France pendant toute la décennie, les deux pays se disputant le contrôle du nord du Tchad, a été mis pour plusieurs années «  au ban des nations  » par les grandes puissances. Il lui était reproché d’avoir utilisé des moyens terroristes. Les épisodes les plus connus étant la bombe placée dans une discothèque fréquentée par des soldats US à Berlin-Ouest (avril 1986), qui fournit le prétexte à des raids aériens des États-Unis dirigés par Ronald Reagan sur les deux principales villes de Libye, Tripoli et Benghazi, et l’attentat contre un avion de ligne au-dessus de Lockerbie, en Écosse, en 1988.
La décennie 1990 est marquée par une régression économique de la Libye, pays a priori relativement riche (parce que peu peuplé, il compte aujourd’hui 6 millions d’habitants, et riche en hydrocarbures) mais durement frappé par l’embargo. La pénurie généralisée sert de prétexte à Kadhafi pour serrer la vis. Il fait alors instaurer des tribunaux censés imposer la Charia islamique – toujours interprétée selon Kadhafi, mais prévoyant en tout cas des châtiments corporels, punissant la consommation d’alcool etc. –, et il adopte une politique anti-immigrés. Jusque-là, la Libye accueillait des millions d’immigrés arabes et africains, permettant ainsi à sa population «  autochtone  » d’être largement épargnée de travaux manuels, faisant travailler des migrants grâce à l’argent du pétrole.
Cette même situation permettait au régime de clamer la «  fraternité arabe-­africaine  » dont il se rêvait le leader. Mais pendant la décennie de régression, des mesures anti-immigrés sont prises. En 1995, Kadhafi annonce, par exemple, l’expulsion des 30 000 Palestiniens vivant en Libye. 5 000 d’entre eux sont effectivement chassés, certains naviguant sur des petits bateaux en Méditerranée pendant des semaines. En 2000, des quasi-pogroms éclatent contre des noirs. Ils émanent a priori de la population – sous la forme d’une révolté dévoyée contre la propagande du régime favorable aux mariages libyo-africains –, mais sont ensuite canalisés par le régime lui-même. Ces événements lui permettent de détourner une partie de la colère sociale.
En décembre 2003, Kadhafi annonce qu’il tourne le dos au terrorisme international, qu’il va indemniser les victimes de plusieurs attentats spectaculaires (Lockerbie 1988, explosion d’un avion français UTA en 1989 au-dessus du Niger), et qu’il renonce à l’acquisition d’armes nucléaires ou chimiques. Cela devait éviter qu’il soit «  le prochain sur la liste  » de l’administration Bush après le régime de Saddam Hussein. À partir de cette déclaration, les États-Unis et la Grande-Bretagne acceptent que la Libye soit intégrée dans le concert des «  gouvernements civilisés  ».
Ce sont surtout les puissances européennes qui par la suite misent beaucoup sur le pouvoir libyen. En dehors de la fourniture de pétrole et de gaz, c’est sa fonction de gendarme au sud de la Méditerranée contre des «  flux migratoires  » définis comme indésirables qui intéresse les gouvernements français, italiens ou autres. Le gouvernement italien (de droite et d’extrême droite) signe, le 12 août 2004, un accord avec la Libye sur la «  réadmission  » de migrants africains, souvent enfermés par la suite dans des camps situés dans le désert libyen.
Quelques semaines plus tard, le candidat italien au poste de commissaire européen à la Justice, Rocco Buttiglione, commet d’ailleurs une gaffe mémorable en parlant de «  camps de concentration  ». Il se ravise pour évoquer devant la presse des «  camps d’accueil humanitaire  »… La coopération est renforcée après une visite de Silvio Berlusconi à Benghazi, fin août 2008, à la veille des fêtes pour les 40 ans du pouvoir kadhafiste.
Les principaux motifs de l’intervention militaire
Qu’est-ce qui a motivé, alors, l’intervention militaire en cours  ? L’initiative principale émanant du président français Nicolas Sarkozy – alors que les dirigeants états-uniens étaient plus sceptiques –, on peut raisonnablement penser qu’il s’agissait avant tout de gommer le désastre de la politique internationale française face au «  printemps arabe  ». Cela faisait suite aux «  malheurs  » politiques de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, prise la main dans le sac en offrant le «  savoir-faire policier français  » à la dictature tunisienne (11 janvier 2011), après avoir profité personnellement des largesses de l’oligarchie de Tunis.
Le compagnon de l’ex-ministre, Patrick Ollier, était d’ailleurs connu pour être l’un des principaux lobbyistes français du régime libyen, au moins depuis l’année 2000. Face au risque d’être identifié, dans toute la région, à des régimes contestés et (pour certains) renversés, le pouvoir français a voulu reprendre l’initiative de façon spectaculaire. L’issue n’en est pas moins, aujourd’hui, très incertaine.

Soulèvement populaire au Royaume-Uni - LE PEUPLE GREC PASSE LA MAIN AU PEUPLE BRITANNIQUE

Imaginez que la Libye parachute des armes aux " REBELLES " de Londres... (Black Star News)

Londres brûle, Tripoli est calme.

N’est-il pas ironique que tandis que le calme règne dans les rues de Tripoli, les rues de Londres, la capitale de l’une des principales puissances engagées dans la guerre d’agression contre la Libyen, soit dévorée par le feu ?
Pour le troisième jour consécutif, il y a de violentes émeutes à Londres et elles s’étendent ailleurs — Birmingham, Liverpool, Manchester et Bristol — à la suite de la mort d’un homme de 29 ans tué par la police dans un endroit que les médias dominants appellent "un quartier occupé par différents groupes ethniques à faibles revenus".
En d’autres termes un quartier où le taux de chômage et celui des interventions policières sont élevés.
Au lieu de se concentrer sur ses problèmes sociaux et économiques, l’Angleterre est toujours engagée dans une guerre de conquête du pétrole en Libye. C’est une guerre lancée par l’imprévisible président français Nicolas Sarkozy à la demande de son ami Bernard-Henri Levy qui pensait que cette guerre dans le vent, cette guerre "chic" redorerait le blason de la France. Sarkozy n’a même pas informé son ministre des Affaires Etrangères de sa décision d’envahir la Libye et a laissé Levy trancher tel un dieu les questions de vie et de mort en Libye.
Au même moment, les USA qui se trouvent maintenant au coeur des pires crises économiques et financières de l’histoire récente refusent toujours obstinément d’approuver le plan de paix de l’Union Africaine. Le plan, soutenu par presque tous les pays africains, appelle à un cessez-le-feu et à des négociations pour une constitution et des élections démocratiques prenant en compte tous les partis et tous les citoyens libyens.
Toujours au même moment, les "rebelles" de Sarkozy se dévorent les uns les autres à Benghazi. Les "rebelles" de Sarkozy viennent d’assassiner le général Abdel Fattah Younes, leur chef militaire. Son corps criblé de balles a été brûlé et jeté dans les rues de Benghazi avec les corps de ses deux principaux officiers. Aujourd’hui les "rebelles" de Sarkozy ont dissout leur gouvernement à Benghazi. Les différentes factions "rebelles" —dont al-Qaeda et divers groupes de combattants du Front Islamique— s’accusent mutuellement et les supporters du général Younes jurent de le venger.
Est-ce qu’il s’agit bien des soi-disant "démocrates libyens" qui étaient sur le point d’obtenir que les USA leur confient les 30 milliards de dollars des avoirs libyens gelés aux USA ? Ces groupes disparates vont désormais clairement chacun de leur côté.
D’ailleurs l’attitude anti-démocratique des "rebelles" avait été auparavant cachée par les médias complaisantes dont le New York Times, CNN et la BBC. Ces médias aux mains des multinationales, toutes partisanes de la guerres de l’OTAN, avaient passé sous silence les meurtres de Libyens noirs et de travailleurs immigrés d’autres pays d’Afrique par les "rebelles" et le nettoyage ethnique des Libyens noirs de Misurata par une unité "rebelle" appelée "la brigade de nettoyage des esclaves à la peau noire" comme l’a rapporté le Wall Street Journal le 21 juin. On rapporte qu’il y a des charniers creusés au bulldozer à Benghazi ; mais on n’en parle pas dans le Times, ni à CNN, ni à la BBC.
Mais la propagande ne peut pas tout cacher.
Ironiquement, le meurtre du général Younes a été perpétré le jour même où le Royaume-Uni a sottement "reconnu" ces assassins de Libyens noirs comme les représentants "légitimes" de toute la Libye. La décision de la Grande Bretagne suivait celle de la France, de l’Italie et des USA.
Peu importe que la majorité des Libyens qui habitent dans la partie occidentale du pays, y compris le million et demi d’habitants de Tripoli, n’aient donné aucun signe qu’ils voulaient que les "rebelles" de Sarkozy dirigent le pays. Au contraire, il semblerait que plus d’un million de Libyens se soient rassemblés à Tripoli pour dénoncer les "rebelles" de Sarkozy et soutenir le gouvernement.
Les leaders anglais peuvent sans doute tirer une leçon des émeutes dans les rues de Londres ; une leçon de prudence contre l’ingérence éhontée dans les affaires d’autres états souverains.
Imaginez que la Libye soit aujourd’hui en position de parachuter des armes aux "rebelles" de Londres ; comme la France a violé la résolution 1970 des Nations Unies et a largué des armes en Libye occidentale faisant ainsi couler encore plus de sang.
Imaginez que la Libye soit en position d’envoyer des soldats en Angleterre pour entraîner les "rebelles" de Londres ; comme la France et l’Angleterre ont envoyé des douzaines de "conseillers" militaires à Benghazi pour former les "rebelles" de Sarkozy.
Imaginez que la Libye soit en position de fournir une protection aux "leaders" des "rebelles" londoniens et d’inviter d’autres pays à former un "groupe de contact" qui se réunit régulièrement pour accompagner les progrès de la "rébellion" londonienne et la soutenir financièrement.
Imaginez que la Libye soit en position d’obtenir que l’Union Africaine envoie des avions de combat dans le cadre d’une force d’Union Africaine qui bombarderait Londres et le numéro 10 de Downing Street pour "protéger les citoyens britanniques" en usant de "tous les moyens nécessaires" autorisés par l’Union Africaine.
Imaginez des hordes de journalistes favorables aux "rebelles" accourant à Londres du monde entier et écrivant des "articles" partiaux en partant uniquement du point de vue des "rebelles", tout en ridiculisant ou en jetant le doute sur les déclarations venant des sources officielles anglaises et londoniennes, y compris le premier ministre David Cameron et les officiels de la police.
Les leçons vont bien au-delà de ce qui se passe à Londres.
Les économies des USA et de l’Europe occidentale vont traverser des troubles financiers et souffrir de l’instabilité des marchés pendant longtemps ; certains pays ne retrouveront jamais leur place dans l’économie mondiale. Les coupes massives dans les services gouvernementaux —dont les forces de police— et les coupes dans les programmes d’aide sociale qui s’y ajouteront pour tenter de réduire les déficits engendreront nécessairement d’autres soulèvements sociaux.
Dans cette perspective dont les événements de Londres ne constituent que les prémices, il est grotesque que l’OTAN continue de bombarder la Libye pour aider une "rébellion" qui s’écroule pendant que les rues d’un pays membre de l’OTAN est consumé par les flammes, en attendant le suivant.
Le plan de l’Union Africaine offre une solution pacifique au conflit Libyen.
"Se réapproprier son pouvoir en disant la vérité"
Pour consulter l’original : http://www.blackstarnews.com/news/135/ARTICLE/7570/2011-08-0...
Traduction : Dominique Muselet

mercredi 10 août 2011

La degradation de la note de la dette US n'est pas qu'économique : la fin de l'empire Américain?


Les Etats Unis tiennent-ils en otage l’économie mondiale ? Et si c’est le cas, jusqu’à quand ? La situation de l’économie mondiale est devenue particulièrement instable alors qu’une agence de notation financière a dégradé la note de la dette US provoquant un véritable choc dans les milieux financiers internationaux.

Cette même agence a bien mis en évidence que ce sont des raisons politiques qui la poussent à dégrader la note US. Si cela rassure sur le plan économique, il ne fait aucun doute que les Etats-Unis ont maintenant l’obligation morale de rassurer le monde sur leur capacité à faire des compromis politiques pour éviter de faire plonger les bourses mondiales.
Chipoter sur quelque milliards de dollars sur lesquels l’agence Standard and Poor’s aurait fait une erreur ne rime finalement pas à grand-chose. La dégradation de la note a surtout mis à mal la fierté des Aéricains. Cela est revenu à dire qu’ils ne sont plus capables de continuer à être l’économie la plus puissante du monde. Ils feignent en même temps d’ignorer qu’ils constituent maintenant une menace réelle sur l’économie mondiale. Dans son discours sur l’économie prononcé le 8 août, Obama proclamait dans une sorte de sursaut de dignité que les Etats-Unis méritaient toujours le prestigieux AAA de
S & P. Probablement que sur le plan économique, les Etats-Unis sont toujours un exemple. La Chine le plus important détenteur des bons du Trésor américain a certes admonesté l’administration US, mais elle n’a pas pour autant sanctionnéles USA par une mise en vente massive de ses titres. Il reste qu’il ne faut pas se tromper, l’économique est fortement influencé dans cette situation par le politique. Quelques jours avant que l’agence Standard and Poor’s ne dégrade la note de la dette américaine, l’agence chinoise Dagong avait procédé elle aussi à une dévaluation de la note sans que cela mérite les premiers titres dans les médias occidentaux. Pourtant, le 2 août, Dagong abaissait la note et expliquait les raisons de cette dégradation, glaçant le sang des économistes.
DÉSINVOLTURE
Que lit-on dans l’exposé des motifs de Dagong ? « La décision sur le plafond de la dette concerne la durabilité de financement du gouvernement, la sécurité des Etats-Unis et de l’économie mondiale, ainsi que les intérêts des détenteurs des bons du Trésor ; à ce moment crucial, ni le parti Démocrate ni le parti Républicain n’ont montré de la considération pour l’intérêt général préférant défendre leurs intérêts partisans ; les moments difficiles qu’ils ont passés à faire le bon choix ont laissé le monde dans la terreur, mettant en évidence le rôle négatif du système politique des Etats-Unis lorsqu’il s’exerce sur une base économique. Cet incident aura certainement un impact continu sur la confiance des investisseurs dans les bons du Trésor américain, affectant la stabilité des revenus de la dette des Etats-Unis. »Dans le même document, Dagong prévoit que le niveau de déficit du gouvernement américain restera modérément haut dans l’avenir et la taille de dette fédérale excédera le PIB (produit intérieur brut) vers la fin de 2012. Une menace réelle sur la croissance économique mondiale. Le feuilleton sur le relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis avait tenu en haleine le monde et il avait provoqué ce sentiment étrange chez beaucoup d’analystes et de décideurs que l’on se jouait de leurs nerfs. Personne ne doutait que les élus américains allaient arriver à une solution, mais personne ne pouvait comprendre les raisons de ce suspense totalement artificiel. Personne aussi ne doutait qu’il y aurait des conséquences à autant de désinvolture de la part des politiques US dans une situation où les économies sont interdépendantes. Le lundi 8 août 2011 a donné des sueurs froides aux traders et aux responsables politiques et économiques du monde. Les bourses ont terminé dans le rouge soulignant la frilosité des investisseurs et on sait qu’il faudra du temps avant que les marchés ne reprennent confiance.
EFFONDREMENT
En se mettant ainsi à nu, les Etats-Unis auront aussi à réhabiliter leur image sur les plans économique et politique. Le gendarme du monde semble avoir été démobilisé. Depuis un peu plus de 10 ans, les Etats-Unis, c’est ce pays va-t-en guerre qui a certainement provoqué plus de malheurs sous couvert de bonnes intentions, qu’il n’a apporté de solutions à un monde déchiré. Des guerres qui ont coûté cher en vies humaines mais aussi à l’économie d’un pays qui se considérait invulnérable.
Il y eut d’abord l’Afghanistan. Aujourd’hui, dix ans après l’offensive menée contre al Qaïda et les talibans, le pays est un terrain d’affrontements plus qu’il n’est la démocratie promise et que l’on a voulu instaurer par la force. Une Amérique qui risque la cessation de paiement à terme, ne peut plus assumer son effort de guerre dans ce pays où il ne se passe pas un jour sans que l’on enregistre bavure ou attentat. L’Afghanistan coute 2 milliards de dollars par semaine aux Etats-Unis. Depuis 2001, 386 milliards de dollars ont été dépensés dans ce pays. Une déroute politique, militaire et financière gigantesque qui n’aura profité qu’en partie à l’économie US à travers les contrats passés par les entreprises américaines pour la fourniture de moyens à l’armée américaine. En Irak, le tableau est encore plus sombre. Plus de 3000 milliards de dollars dans une guerre qui allait coûtait dans les 50 ou 60 milliards pour trois mois de combats. Aujourd’hui, le retrait de l’Afghanistan et de l’Irak au même moment coûterait dans les 400 milliards de dollars, la poursuite de la guerre des milliers de milliards. Il va sans dire aussi que les GI’s laisseront des ruines en quittant ces pays et un mauvais souvenir que le cinéma hollywoodien aura du mal à effacer. Quant à ces pays, ils ne devront compter que sur eux-mêmes pour essayer de s’en sortir et ce ne sera peut-être pas leur plus gros malheur dans ce cas.
Mais les pertes financières US s’ajoutent à cette perte de crédibilité des Etats-Unis vis-à-vis des opinions dans le monde qui voient surtout un pays hyperpuissant capable de dicter ses règles à tous, quitte à user de la force brutale. Dans le contexte actuel c’est plutôt une statue qui risque de chuter de son piédestal et fracassé tout ce qui se trouve en dessous en tombant. A cause du rythme imposé aux autres et en s’érigeant comme donneur de leçons, les Etats-Unis ont engagé le monde dans un système où ils sont les premiers garants de son équilibre, fut-il instable. Aujourd’hui, une Amérique affaiblie politiquement plus qu’économiquement a généré une nouvelle urgence : le monde doit se libérer de la poigne américaine et remplacer toutes les valeurs qu’on lui a imposées jusque-là. Pour ce faire, le monde doit changer. Cela doit se faire vite et cela ne se fera pas sans dégâts.
ALGERIE360

"Un embrasement mondial de la jeunesse"

Depuis trois jours, Londres est le théâtre de violentes émeutes. A l’origine de ces troubles, la mort d’un jeune homme de 29 ans, tué par la police. Après le décès mardi d’un autre homme de 26 ans, le gouvernement britannique a annoncé dans la foulée une réunion du Parlement en session extraordinaire. Que traduisent ces évènements ? LeJDD.fr a posé la question à Michel Fize*, sociologue au CNRS.


Pouvait-on s’attendre à un tel embrasement à Londres ?

Oui, de même qu’on pouvait s’attendre aux émeutes de jeunes dans les pays arabes, en Grèce, en Italie, et dans quelques autres pays du monde. On est face à un embrasement mondial de la jeunesse. Les jeunes sont partout les premières victimes de la crise économique, quel que soit le régime politique ou économique. Ils sont les premiers sacrifiés de toutes les sociétés du monde.

Cette violence n’est donc pas spécifique à la Grande-Bretagne ?
Absolument pas. Il y a des déclinaisons de ces embrasements spécifiques à chaque Etat mais il est évident que les motifs d’insatisfaction et de revendications peuvent varier d’un pays à un autre.

Qu’en est-il du cas de la Grande-Bretagne ?
Les jeunes sont dans des situations scolaires et professionnelles délicates, et c’est un doux euphémisme. Derrière ces émeutes, il existe des souffrances qui se sont accumulées au fil du temps. En Grande-Bretagne comme ailleurs, il existe une dimension politique dans cette protestation. On est dans la même trame que les Indignés de Madrid ou d’ailleurs, sauf que les modes d’action sont différents en fonction des origines sociales. Quand on est tout en bas de l’échelle, la violence est le dernier mode de communication. Ces jeunes n’ont pas les moyens, en terme de mots, d’exprimer ce qui est une indignité des démocraties. Celle de laisser pourrir à petit feux des catégories entières de la jeunesse.

Quel est le message politique revendiqué pas les jeunes Londoniens?
Dire qu’il ne sert à rien de les présenter sempiternellement comme l’avenir de la nation sans s’occuper de leur destin du moment.

"Leur ennemi, c’est l’Etat"


Il s’agit donc d’un appel au secours ?
Bien sûr. Ce ne sont ni des violences gratuites ni des violences de voyous, même si évidemment, dans tous les débordements, il peut y avoir des exactions. Ces émeutes ont un caractère social même s’il n’est pas toujours conscient dans l’esprit des jeunes. Ce ne sont pas des petits marxistes en herbe ou des petits Che Guevara. Mais on peut parler d’une sorte de guérilla urbaine. Et s’il y a vraiment un pays où les émeutes ne sont pas surprenantes, c’est bien l’Angleterre.

Pourquoi ?
La Grande-Bretagne a une longue tradition d’émeutes depuis 30 ans. Avant les grandes émeutes de 2005 en France, il y a eu celles de Brighton en d’autres temps, qui a connu des manifestations très dures. Ce qui se passe en Angleterre n’est pas une première, loin de là.
Le point de départ de ces émeutes – la mort d’un jeune homme de 29 ans tué par un policier – est-il un motif classique d’embrasement ?
Dès qu’il y a un incident avec les forces de l’ordre, c’est un motif majeur d’embrasement. La police fédère contre elle. L’Etat impuissant qui ne veut pas régler les problèmes de la jeunesse devient un ennemi commun contre lequel on se bat désormais à visage découvert. Leur ennemi, c’est l’Etat.

La réponse apportée par le gouvernement – déployer 16.000 policiers dans la capitale contre 6.000 actuellement - est-elle la bonne ?
La réponse policière est classique. Le discours du politique consiste à dire qu’il s’agit d’une violence gratuite, qui serait presque sans raison. Considérant ces émeutes comme étant intolérables, le gouvernement sort l’arsenal répressif, qui n’est pas la solution. Ça n’a jamais calmé durablement ce genre de situation.

"Les cendres qui couvent dans les banlieues depuis 2005 sont toujours chaudes"


Quelle serait la solution ?
La réponse immédiate, que n’apportera évidemment aucun gouvernement, c’est d’ouvrir le dialogue et les négociations. Derrière ces manifestations, il y a aussi une revendication de reconnaissance sous-jacente. Ces jeunes ne veulent pas compter pour du beurre. A plus long terme, il faut aussi mettre le paquet sur l’insertion scolaire et professionnelle des jeunes pour leur donner des raisons, a minima, d’espérer. Ces jeunes ne sont pas sans ambition et sans talent mais ils sont sans soutien. Il faudrait décréter pour la France comme ailleurs la jeunesse comme grande cause nationale parce qu’elle est en perdition, à l’abandon. Il faut l’ériger en cause mondiale et sauver la jeunesse du terrible présent dans laquelle on l’a enfermée.

Ces émeutes sont-elles comparables à celles que la France a connues en 2005 ?
Bien sûr, dans la mesure où on a le même profil de population : beaucoup de jeunes de milieux populaires, de couleur pour les uns, d’origines arabes pour les autres. Il s’agit des personnes les plus exclues qui, comme toujours, ont recours aux moyens les plus radicaux, faute d’avoir les moyens intellectuels de pouvoir verbaliser leur souffrance.

Y a-t-il un risque de contagion en France ?
Les cendres qui couvent dans les banlieues depuis 2005 sont toujours chaudes. Un incident peut provoquer une explosion. La contagion existe depuis maintenant des mois et des mois, en Tunisie, en Egypte, en Grèce, en Italie. Les jeunes forment une sorte d’avant-garde de l’indignation mondiale. On est face à une "jeunesse-monde", une sorte d’internationalisation de la jeunesse. Les jeunes sont de plus en plus fédérés au-delà des régimes économiques par un même destin qui ne traduit pas seulement la faillite des jeunes non qualifiés mais aussi celle des diplômés.

* Michel Fize est sociologue au CNRS, spécialiste de l'adolescence, de la jeunesse et de la famille. Il est également l'auteur de l'ouvrage Les Bandes - De l'"Entre Soi Adolescent" à l'"Autre-ennemi", paru en 2008, aux éditions Desclée de Brouwer.
Caroline Vigoureux - leJDD.fr
mardi 09 août 2011