mardi 9 août 2011

Omar Barghouti lance un appel aux célébrités pour qu’elles rejoignent la campagne internationale de boycott d’Israël

Omar Barghouti donne une interview exclusive à la docteure Hanan Chehata de MEMO (Middle East Monitor) pour parler des victoires et des difficultés du mouvement grandissant de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël.
 
Des manifestants suisses perturbent un match de foot comptant pour la compte du monde 2007 et auquel participe une équipe de l’état sioniste, raciste et ségrégationniste.
 
Au cours de l’entretien, il déclare :
« Israël et ses groupes de pressions bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’ intimidation, de pression et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici, ils ont misérablement échoué, comme ils l’admettent parfois eux-mêmes ».
Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux-clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et museler entièrement le débat ».
« L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent « convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement de n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi », [2] position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.
Interview avec Omar Barghouti
Omar Barghouti est commentateur palestinien, militant des droits humains et écrivain. Il est l’un des dirigeants du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne et l’un des membres fondateurs de la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, lancé en 2004. Il a récemment écrit un livre intitulé "BDS - The Global Struggle for Palestinian Rights" (BDS-la lutte mondiale pour les droits des Palestiniens ).
HC : vous êtes un des membres fondateurs du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), campagne qui a été lancée en 2005. Qu’est-ce qui vous a incité à participer à ce mouvement et pourquoi l’année 2005 était-elle propice pour lancer l’initiative mondiale de BDS ?
OB : j’ai toujours cru que dans la réalité palestinienne très complexe du siège israélien, caractérisé par l’oppression coloniale et l’apartheid, la résistance populaire et pacifique est la forme la plus efficace de lutte pour obtenir nos droits inaliénables en vertu du droit international.
Chercher à atteindre nos objectifs de liberté, de justice et d’égalité -but du mouvement BDS- a toujours été notre principale motivation. Après des décennies de nettoyage ethnique permanent et de dépossession de notre peuple par Israël, la société civile palestinienne s’est rendue compte que la prétendue « communauté internationale » sous l’hégémonie des USA, ne peut absolument pas nous obtenir nos droits, ni forcer Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international. Inspirés par un siècle de résistance civile palestinienne au colonialisme et aux expulsions et fortement influencés par le mouvement anti-apartheid d’Afrique du Sud, les figures clés de la société civile palestinienne ont décidé de lancer la campagne BDS. Immédiatement, la grande majorité de partis politiques palestiniens, de syndicats, de mouvements de masse mobilisés par des ONG, de réseaux de défense des droits des réfugiés, et d’autres ont appuyé la campagne, dont ils ont ainsi montré le pouvoir unique d’unifier, de donner le pouvoir d’agir, d’assurer la cohérence morale et une large représentation.
Nous avons lancé le BDS le 9 juillet 2005, premier anniversaire de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice condamnant Israël pour l’illégalité du mur et des colonies construites sur le territoire palestinien occupé. Dans son avis, la CIJ disait expressément que tous les États « sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction ; tous les États parties à la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre l’obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention ». Quand les gouvernements n’ont pas rempli cette obligation minimale, la société civile palestinienne à décidé d’en appeler aux personnes de conscience, aux citoyens et à la société civile internationale pour qu’ils assument la responsabilité morale de demander des comptes à Israël.
HC : pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, quels sont les principaux objectifs du mouvement BDS et à quel stade estimerez-vous que vos demandes auront été satisfaites et mettrez-vous fin à la campagne ?
OB : le BDS vise à permettre au peuple palestinien d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination en mettant fin au système à trois niveaux appliqué par Israël qui nous refuse nos droit fondamentaux sanctionnés par les Nations unies. Plus précisément, nous demandons la fin de l’occupation israélienne de toutes les terres arabes qu’ Israël contrôle depuis 1967, notamment à Jérusalem-Est ; la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël et la fin du système israélien institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale à leur rencontre ; le respect et la mise en application du droit au retour des réfugiés reconnu par la communauté internationale, réfugiés chassés lors du nettoyage ethnique par les forces sionistes et ensuite par Israël lors de la Nakba de 1948 et depuis lors.
HC : à quelle rythme estimez-vous que le mouvement BDS prendra racine à un niveau comparable au mouvement BDS mondial qui a permis de renverser l’apartheid en Afrique du Sud ? Faudra-t-il d’après vous au mouvement BDS des dizaines d’années pour avoir un impact ou êtes-vous confiant qu’elle aura des effets plus rapides ?
OB : les Sud-Africains ont lancé leur appel au boycott à la fin des années 50. Dans les pays les plus puissants du monde, particulièrement en Occident, les couches du mainstream ont effectivement adopté le boycott et le désinvestissement contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud au cours des années 80. Par comparaison, bien que le boycott n’ait que six ans, le mouvement BDS mondial lancé par les Palestiniens a déjà atteint le grand public en Occident et a remporté des victoires majeures dans les domaines économique, culturel et universitaire. Le nombre de personnalités culturelles, d’intellectuels et d’artistes de premier plan qui, soit ont appuyé le BDS soit l’ont au moins respecté, a progressé à une vitesse impressionnante depuis la guerre d’agression illégale et manifestement immorale lancée par Israël contre la bande de Gaza sous siège et toujours occupée.
HC : beaucoup de publicité a entouré notamment les musiciens qui ont récemment décidé de ne pas jouer en Israël. Est-il important que ces célébrités participent également au mouvement BDS ?
OB : après qu’ Israël eut massacré neuf Turcs sans armes, humanitaires et défendeurs des droits humains -dont un avait la double nationalité turque/US- et en eut blessé des dizaines d’autres en provenance de plusieurs pays, de grands artistes et orchestres ont répondu à notre appel au boycott culturel.
L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent« convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi »[2], position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

 
Beaucoup de personnalités littéraires et universitaires britanniques ont publié une lettre dans The Independent disant « nous lançons un appel aux écrivains et savants britanniques afin qu’ils boycottent toutes les visites littéraires, culturelles et universitaire en Israël sponsorisées par le gouvernement israélien, notamment celles qui sont organisées par des fondations culturelles et des universités israéliennes ».
Dans le monde du spectacle, parmi d’autres grands orchestres, Massive Attack, a refusé de jouer en Israël pour protester contre la manière dont celui-ci traite les Palestiniens ; les Klaxons, le Gorillaz Sound System, les Pixies et d’autres groupes de premier plan ont annulé les concerts qui étaient déjà au programme. L’auteur de best-sellers mondiaux, le Suédois Henning Mankell, qui se trouvait à bord de la flottille lorsqu’elle a été attaquée a demandé des sanctions mondiales de type sud-africain contre Israël pour protester contre sa brutalité.
L’auteure US de best-sellers , Alice Walker, rappelant le boycott déclenché par Rosa Parks et dirigé par Martin Luther King contre une société de bus raciste de Montgomery en Alabama pendant le mouvement US pour les droits civils, a appelé à un large soutien au mouvement BDS contre Israël, devoir moral de solidarité avec les Palestiniens « afin d’atténuer la douleur et de partager les peines d’un peuple maltraité depuis des générations ».
Au cours des semaines qui ont précédé l’attaque de la flottille, des artistes du calibre de Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana ont tous annulé des concerts déjà programmés en Israël après avoir reçu des appels émanant de groupes BDS palestiniens et internationaux.
Récemment, Roger Waters a explicitement appuyé le BDS dans un article annoncé de longue date dans le Guardian. La chanteuse française, Vanessa Paradis et le baryton allemand, Thoman Quasthoff, ont également annulé leur concert en Israël.
Lorsque les célébrités de cet acabit annulent leur venue en Israël à cause de son non-respect des droits humains, elles contribuent à faire connaître la véritable nature de cet État qui pratique l’occupation, le colonialisme-colonisation et l’apartheid ; elles aident aussi à contester l’impunité de ce pays et ses infractions au droit international.
HC : Votre dernier livre « BDS - The Global Struggle for Palestinian Rights » a reçu et un accueil très favorable de la part des universitaires et des militants de la paix tels que le professeur Ilan Pappé, l’archevêque Desmond Tutu, le prix Nobel de la paix Mairead Maguire et beaucoup d’autres ; comment a-t-il été accueilli dans la communauté israélienne et par le leadership israélien en général ?
OB : franchement, je n’en ai pas la moindre idée.
HC : vous avez vécu de longues années aux USA et en fait vous avez obtenu votre Bachelor et votre Mastère à la Columbia University de New York ; vous deviez aller aux USA pour présenter votre nouveau livre sur le BDS, et pourtant on vous a refusé le visa. Vous a-t-on donné la raison de ce refus et quelle serait la vraie raison pour laquelle les USA vous refusent l’entrée dans leur pays ?
OB : mon visa a été "retardé" pendant de longues semaines sans être refusé. L’on s’est contenté de dire qu’il fallait d’autres « démarches administratives », même après qu’il eut été approuvé en janvier ce dont j’avais été officiellement informé au consulat US à Jérusalem. De l’avis de mon éditeur Haymarket, et du mien, ce retard tenait à des raisons politiques ; il était délibéré pour nous obliger à annuler ma tournée d’auteur. On ne peut que voir une influence israélienne directe sur ce « processus » du consulat US. Après une campagne de lettres, organisée par Haymarket, et aussi par Jewish Voice for Peace, j’ai reçu mon visa quelques jours avant mon envol vers les USA. En dépit de cela nous avons réussi notre tournée de promotion du livre dans les principales universités telles que Harvard, Columbia, Princeton, Brown, Brandeis, Massachusetts-Amherst, et Rutgers. La merveilleuse détermination, l’engagement et la créativité des groupes de solidarité palestinienne dans tous les campus ont été la clé du succès de notre tournée.
HC : que répondriez-vous à ceux qui disent que leur décision de boycotter les marchandises israéliennes ne changera rien de tangible sur le terrain pour les Palestiniens parce qu’ ils ne représentent « qu’une personne » ? Une personne peut-elle vraiment changer les choses s’agissant du BDS ?
OB : Moi aussi, je n’étais qu’« une personne » dans la lutte contre l’apartheid sud-africain à Columbia University dans les années 80. A moi aussi, les sceptiques ont dit « arrête de rêver ! Crois-tu que l’apartheid sera aboli de ton vivant ? » Et je répondais chaque fois : « non, il est probable que non, mais je crois néanmoins que montrer sa solidarité avec les opprimés en participant à cette lutte est une obligation morale ». Toutefois, l’apartheid s’est effondré en Afrique du Sud ! Et cela personne ne peut me l’enlever. Les efforts collectifs d’un grand nombre de personnes peuvent permettre de faire un bond, d’arriver au point de rupture où le prix du maintien d’un système d’oppression dépasse de loin ses avantages et amène finalement son démantèlement.
En outre, je crois que le principe fondateur de la solidarité internationale est d’écouter les opprimés eux-mêmes exprimer leurs besoins et leurs aspirations, non pas de penser à leur place, comme si nous ne pouvions pas penser juste ou que nous ne comprenions pas ce qui nous sert le mieux. C’est l’ attitude coloniale et condescendante par excellence.
HC : en février, la Knesset a voté un projet de loi criminalisant essentiellement les activités de soutien au boycott d’Israël. Si cette loi est adoptée, les citoyens israéliens appuyant le BDS pourraient encourir des amendes d’environ $ 8200 (en équivalent) ; ceux qui ne sont pas citoyens et qui participent aux actions BDS en Israël pourraient être interdits de séjour pendant au moins 10 ans. Cela prouve sans aucun doute combien Israël craint les effets du BDS. Que répondriez-vous à la réaction israélienne envers le mouvement BDS ?
OB : Israël et ses groupes de pression bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’ intimidation, de pressions et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici ils ont misérablement échoué, comme ils l’ admettent parfois eux-mêmes. Étant donné que son programme est moralement cohérent, non-violent, fondé sur la défense des droits humains et qu’il défend la règle du droit international, la pleine égalité de tous les êtres humains et le rejet catégorique de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, le mouvement mondial BDS a traîné Israël sur le « champ de bataille » où nous avons une supériorité éthique décisive et où nous neutralisons l’impressionnant arsenal israélien d’armes, y compris des armes nucléaires.
Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et entièrement museler le débat ».
Ceci s’inscrit dans la logique de cette nouvelle mesure draconienne que le gouvernement Israélien d’extrême droite espère faire adopter dans un parlement israélien pas moins fanatique. Le problème est uniquement pragmatique. Si cette mesure anti BDS prend force de loi, Israël aura renoncé à une de ses dernières couches ou masques de « démocratie », mettant à nu son système irréparable d’oppression colonialiste et raciste qui appelle le même traitement que celui qui a été appliqué à l’apartheid en Afrique du Sud : le BDS. Loin de décourager le BDS au d’arrêter sa progression impressionnante, cette loi anti BDS peut en fait se retourner contre ses auteurs et donner une forte impulsion au mouvement dans le monde entier. Comme l’établissement israélien s’est plusieurs fois tiré une balle dans le pied, on peut très bien imaginer qu’il adopte cette loi indépendamment des considérations pragmatiques évidentes.
Israël et ses lobbys répètent que le BDS, axé sur les trois droits palestiniens fondamentaux, « délégitime" Israël et cherche sa « destruction ». Ils visent spécifiquement, le deuxième droit, celui de la pleine égalité pour tous les citoyens palestiniens Israël. Si l’égalité « détruit » Israël, qu’est-ce que cela révèle sur Israël ? L’égalité a-t-elle « détruit » l’Afrique du Sud ? A-t-elle « délégitimé » les Blancs dans les États du Sud des USA après l’abolition de la ségrégation ? La seule chose que l’égalité, le respect des droits humains et la justice détruisent véritablement est le système d’injustice, d’inégalité et de discrimination raciale. Nous, dans le mouvement BDS disons ouvertement et fièrement que nous visons l’occupation israélienne, son régime d’apartheid et le déni des quatre droits des réfugiés sanctionnés par les Nations unies ; nous travaillons à la réalisation des slogans de notre mouvement : liberté, justice et égalité.
HC : que répondez-vous à ceux qui reprochent au boycott universitaire de restreindre la liberté d’expression et d’empêcher la tenue de débats sérieux dans un forum universitaire ?
OB : la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël est un élément-clé de la campagne BDS étant donné la collusion enracinée et persistante des institutions universitaires et culturelles israéliennes avec le maintien et le blanchiment de l’occupation de l’apartheid israélien. Il importe de souligner que notre campagne vise les institutions universitaires et culturelles Israéliennes et non pas les individus ; par conséquent, prétendre que notre boycott empêcherait les universitaires ou les artistes israéliens d’avoir des échanges avec leurs homologues dans le monde est simplement faux et intentionnellement fallacieux. Peu importe, ceux qui s’opposent au boycott parce qu’ils croient à tort qu’il empiète sur la liberté d’expression en Israël semblent oublier que les Palestiniens ont, eux aussi, ce droit. Le fait que l’oppression coloniale israélienne, qui dure depuis des décennies, prive les Palestiniens de leurs droits fondamentaux, y compris de leur liberté d’expression et souvent de leur droit à l’éducation, ne mérite pas cette critique. Lorsque Israël a criminalisé l’éducation palestinienne et a fermé toutes les universités palestiniennes (certaines pendant quatre années consécutives), des écoles et même des jardins d’enfants pendant la première intifada, qui était extrêmement pacifique, nous n’avons pas entendu de protestation de la part de ceux qui attaquent actuellement le boycott universitaire à cause de son prétendu impact sur la liberté universitaire israélienne. C’est cette hypocrisie qui nous amène à demander si ces gens croient véritablement que tous les êtres humains méritent des droits égaux indépendamment de leur identité.
HC : quelle est la prochaine étape du mouvement BDS ? Les groupes pro palestiniens font déjà de leur mieux pour faire connaître la campagne en protestant (avec succès) devant les magasins comme ceux de Ahava (qui fabrique des produits de beauté dans les colonies israéliennes illégales avec des ressources volées sur les terres palestiniennes volées) ; ou en demandant à des célébrités de ne pas participer à des concerts ni à des remises de prix en Israël etc. Quelle est la prochaine grande étape que les militants du BDS doivent franchir pour que le mouvement réalise vraiment son potentiel maximum ?
OB : il nous faut continuer, étant donné que notre action semble porter des fruits. Le mouvement BDS augmente de façon impressionnante depuis l’attaque israélienne mortelle contre la bande de Gaza occupées et assiégée (que le premier ministre britannique a appelé « un camp de prisonniers »). Son principal moteur est la créativité et l’engagement moral de nombreux citoyens de conscience dans le monde qui sont fatigués de l’impunité et de l’exception Israéliennes et du rôle que jouent leurs impôts dans le maintien d’un système injuste et oppressant. Il nous faut encore plus de créativité et de persévérance et l’extension de notre réseau pour que le mouvement remonte plus haut dans le grand public. Basé sur les trois droits fondamentaux au coeur du BDS et sur le besoin essentiel de concevoir et de mettre efficacement en oeuvre des tactiques et des stratégies BDS au niveau local en tenant compte du contexte, nous pouvons étendre le BDS davantage au sein de la société civile internationale. Nos droits en vertu du droit international ne sont pas négociables, par conséquent l’application du boycott et le choix des cibles les plus pratiques sont à décider par les militants sur le terrain dans leur contexte particulier.
Dans un avenir proche, nous intensifierons les campagnes de désinvestissement et viserons des sociétés qui profitent de l’occupation israélienne et d’autres violations du droit international. La campagne que Jewish Voice for Peace a entreprise aux USA pour que le plan de retraite TIAA-CREF se désinvestisse de cinq sociétés qui profitent de l’occupation et des crimes israéliens est un bon exemple de l’évolution du militantisme BDS, spécialement aux USA. Le travail accompli par la campagne de solidarité avec la Palestine au Royaume-Uni qui cherche à obtenir l’appui des syndicats pour le BDS et à mettre en oeuvre une campagne efficace à cet égard illustre également un effort BDS très important particulièrement prometteur qui inspire les Palestiniens. L’énorme coalition anti Agrexco/Carmel en France avec des partenaires en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni et ailleurs, est un modèle de militantisme BDS bien ciblé, intelligent et rapide, basé sur le vaste appui de la société civile. L’établissement de la plate-forme européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël avec des représentants de nombreuses campagnes européennes, promet de relever le niveau de coordination entre les campagnes nationales et d’avoir plus d’impact sur les politiques européennes.
La campagne mondiale pour le déraillement de Veolia/Alstom dont le succès impressionnant à coûté à Veolia des milliards de dollars en contrats perdus à cause de son implication dans le projet de tram colonial israélien absolument illégal en territoire palestinien occupé est peut-être le cas le plus significatif à incorporer dans la campagne BDS. Récemment, l’université de Johannesburg a décidé de rompre ses liens avec l’université israélienne Ben Gourion cette dernière coopérant avec l’État pour violer le droit international ; on peut prétendre que c’est le premier succès concret et pratique de boycott universitaire dans le monde.
Ces victoires et beaucoup d’autres enregistrées du Brésil à l’Inde, à la Norvège et au Canada montrent que nous sommes finalement arrivés au stade de l’Afrique du Sud .
* Omar Barghouti est un commentateur palestinien, militant des droits de humains et écrivain.
source : Info-Palestine.net

 

Des soldates israéliennes dénoncent le traitement infligé aux Palestiniens

Des photos sur facebook d’une soldate en service posant à côtés de Palestiniens aux yeux bandés ont causé une tempête médiatique. Suite à cela, deux anciennes soldates ont partagé leur expérience personnelle.
 
Scène ordinaire de checkpoint en Palestine occupée

Ce fut un simple mot gribouillé sur un mur de l’université hébraïque de Jérusalem qui a réveillé un souvenir profondément enfoui en Inbar Michelzon, deux ans après la fin de son service militaire obligatoire dans les Forces de Défense Israéliennes.
Le mot était "occupation". "Il m’a vraiment semblé que quelqu’un disait l’indicible" racontait-elle la semaine dernière dans un café de Tel Aviv. "Cela m’a fait un choc. Il y avait un graffiti qui disait ’mettez fin à l’occupation’. Et j’ai eu envie, c’est à dire, oui, maintenant je peux parler de ce que j’ai vu".
Michelson est ainsi devenue une des rares soldates démobilisées à oser parler de son expérience militaire, chose qui lui a valu des accusations de trahison et de déloyauté. Il est impossible de savoir dans quelle mesure ces témoignages décrivent la norme mais ils contredisent en tous cas l’image de "l’armée la plus morale du monde"que l’IDF présente d’elle-même.
Des inquiétudes au sujet de la culture de l’armée israélienne se sont exprimées la semaine dernière suite à la publication sur facebook des photos d’une soldate en service armé posant près de Palestiniens aux yeux bandés et aux mains liées. Ces images rappellent celle du scandale d’Abu Graib en Iraq. Mais l’ancienne soldate, Eden Abergil, a dit qu’elle ne comprenait pas ce qu’on reprochait à ces photos que l’armée a pourtant qualifiées "d’horribles et inhumaines".
Israël est le seul pays au monde à appeler sous le drapeau des femmes de 18 ans pour un service militaire obligatoire de deux ans. L’expérience peut être traumatisante pour les 10% qui servent dans les territoires occupés comme dans le cas de Michelzon.
"J’ai quitté l’armée avec une bombe à retardement dans le ventre" dit-elle. "Il m’a semblé voir l’arrière-cour d’Israël. J’ai vu des choses dont personne ne parle. C’est comme si je connaissais un secret infamant sur un pays et qu’il fallait que j’en parle".
Michelzon qui a maintenant 29 ans a commencé son service militaire en septembre 2000 juste au début de la seconde antifada. "J’ai rejoint l’armée avec des idées très idéalistes ; je voulais vraiment servir mon pays". elle fut affectée à Erez le point de passage entre Israël et la bande de Gaza pour travailler dans la pièce du contrôle radio.
"Il y avait beaucoup de tension, beaucoup de coups de feu et d’attaques suicides à la bombe" dit-elle. "Petit à petit on apprend les règles du jeu. On doit se montrer durs avec les Arabes - c’est la règle la plus importante- parce que c’est l’ennemi.
Elle a donné l’exemple courant d’une femme palestinienne assise au barrage. Michelzon a appelé son officier pour lui demander l’autorisation de laisser passer la femme. On lui a répondu de réitérer la demande quand la femme aurait attendu plusieurs heures. "Je me suis senti très seule dans l’armée. Je ne pouvais pas parler de ce qui ne me semblait pas aller", dit-elle. "Je n’avais pas des idées très arrêtées mais cela m’a mise mal à l’aise tout comme de voir les soldats qui frappaient les Arabes en riant. Il me semblait que tout le monde trouvait ça normal et que j’étais la seule que cela gênait. Je me sentais à l’écart".
Michelzon a expliqué qu’à la fin de son service militaire, en juin 2002, elle a ressenti le besoin de s’échapper et elle est allée en Inde. "J’ai eu une dépression nerveuse que j’ai surmontée petit à petit" dit-elle. C’est seulement quand elle est retournée à l’université et après deux années de thérapie qu’elle a commencé à penser qu’il était de son "devoir" de raconter ce qu’elle avait vu.
Elle a rencontré "Breaking the Silence" une organisation d’anciens combattants qui publie des témoignages d’anciens soldats sur la vie dans les territoires occupés pour stimuler le débat sur "le coût moral" de l’occupation.
Michelzon a donné son témoignage au groupe et il y a deux ans elle est apparue dans un documentaire : "Pour voir si je souris" concernant l’expérience de jeunes femmes à l’armée. Le film, dit-elle a été critiqué de tous côtés. La gauche s’est concentrée sur les mauvaises actions que nous avions commises et pas sur le fait que nous voulions initier un débat. Nous voulions tendre un miroir à la société israélienne pour qu’elle se regarde dans les yeux.
La droite a réagi en disant : pourquoi faites-vous ça à votre propre pays ? Détestez-vous votre patrie ? Mais je l’ai fait parce que j’aime mon pays. Nous avons dû nous battre pour faire comprendre que nous voulions parler de la situation politique".
L’impact psychologique du service militaire sur les femmes est indéniable, selon les témoignages de Michelzon et d’autres femmes, surtout si elles ont servi dans les territoires occupés. "Un femme qui veut survivre dans l’armée doit se comporter comme un homme" dit-elle. "Il n’y a pas de place pour les sentiments. C’est comme un concours à qui sera le plus dur. Et souvent les filles essaient de se montrer plus agressives que les garçons."
Son expérience ressemble à celle de Dana Golan qui a servi en Cisjordanie, dans le ville d’Hébron en 2001-02 ; elles étaient 25 femmes au milieu de 300 hommes. Comme Michezon, Golan n’a parlé qu’après avoir terminé son service. "Si j’avais exprimé mes angoisses cela aurait été interprété comme de la faiblesse" dit-elle.
Golan qui a maintenant 27 ans, dit que "le moment de son service militaire qui l’a le plus ébranlée" a été quand ils ont perquisitionné une demeure palestinienne à la recherche d’armes. Les soldats ont réveillé la famille à deux heures du matin et "ont complètement retourné toute la maison". Ils n’ont pas trouvé d’armes. Elle se souvient que les petits enfants de la maison étaient terrifiés. "J’ai pensé : qu’est-ce que je ressentirais si j’étais cet enfant de quatre ans ? Comment est-ce que je grandirais ? A ce moment-là je me suis dit que parfois nous faisions des choses qui créaient seulement des victimes. Pour être un bon occupant, on doit fabriquer du conflit."
Une autre fois elle a vu des soldats voler des choses dans un magasin d’électroniques. Elle a essayé de le signaler mais il lui a été simplement répondu "de se mêler de ses affaires".
Elle raconte aussi qu’elle a vu de vieux Palestiniens humiliés dans la rue "et je me suis dit qu’ils pourraient être mes parents ou mes grands parents".
Israël ne supporte pas ces témoignages, dit-elle, en partie à cause de fait que tout le monde fait son service militaire (sauf les religieux NdT). "On nous élève dans l’idée que l’IDF est l’armée la plus morale du monde. Tout le monde connaît quelqu’un qui fait son service militaire. Alors quand je dis qu’on fait des choses immorales, c’est comme si j’accusais votre soeur ou votre fille. Les gens ne veulent pas savoir."
L’IDF s’enorgueillit de ce que 90% de ses fonctions soient ouvertes aux femmes comme aux hommes. "Servir dans une unité de combat où on a des contacts quotidiens avec des gens qui pourraient vous faire du mal n’est pas facile ; On doit être dur" dit le capitaine Arye Shalicar un des porte-paroles de l’armée. "Ce n’est pas difficile seulement pour les femmes, ça l’est pour tous. En fin de compte une unité de combat est une unité de combat. Il y a parfois des incidents. Tout n’est pas 100% parfait ni juste". L’armé, dit-il a des procédures pour signaler les dysfonctionnements que les soldats sont encouragés à utiliser".
Ni Michelzon, ni Golan, ne regrettent pas d’avoir décidé de tout dire. "Pendant deux ans j’ai vu des gens souffrir et je n’ai rien fait et ça, c’est vraiment effrayant," dit Michelzon. "A la fin j’avais le sentiment que l’armée m’avait trahie, qu’ils m’avaient utilisée ; je ne me reconnaissais pas. Ce que nous appelons protéger notre pays s’appelle en fait détruire des vies".
Harriet Sherwood

22 août 2010 - The Guardian - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.guardian.co.uk/world/201...
Traduction de l’anglais : Dominique Muselet
Source : Info-Palestine.net
 

Une universitaire israélienne dénonce la partialité des manuels scolaires en Israël

mardi 9 août 2011

Nurit Peled-Elhanan, de l’université hébraïque, affirme que les manuels décrivent les Palestiniens comme « des terroristes, des réfugiés et des paysans primitifs ».
Message d’Omar Barghouti
Objet : Les manuels scolaires sont la « principale explication » de la transformation des étudiants israéliens en « monstres » racistes contre les Palestiniens - de Nurit Peled-Elhanan.
Ci-dessous, une recherche perspicace d’une universitaire israélienne respectée, qui confirme ce que les chercheurs palestiniens ont toujours su : la culture en vigueur en Israël, de racisme et de fondamentalisme fanatiques, de soutien aux crimes de guerres et à l’apartheid contre les Palestiniens, est essentiellement le produit d’un système d’éducation qui endoctrine les élèves juifs israéliens selon des valeurs colonialistes militantes et un racisme extrême, un système qui en fait des « monstres » une fois sous l’uniforme.
Ceux qui considèrent qu’il s’agit là d’un « égarement » du sionisme semblent ne pas avoir suffisamment compris ce qu’est réellement le sionisme et le rôle central qu’il a joué et joue, en tant qu’idéologie manifestement raciste, dans la justification du nettoyage ethnique et de la domination raciste des Palestiniens.
Il ne faut pas s’étonner dès lors pourquoi, en plein massacre israélien à Gaza en 2008/2009, un sondage réalisé à l’université de Tel Aviv (et publié dans le Jerusalem Post début janvier 2009) montre que 94 % des juifs israéliens interrogés soutenaient l’assaut, en parfaite connaissance des énormes souffrances qui en découlaient et étaient infligées à un million cinq cent mille Palestiniens, incarcérés dans « le camp-prison » de Gaza, et de la destruction massive de leur infrastructure civile.
Nurit Peled-Elhanan écrit notamment :
« Une question qui en dérange beaucoup, c’est comment expliquer le comportement de cruauté de ces soldats israéliens envers les Palestiniens, comment expliquer leur indifférence devant la souffrance humaine, la perpétration de ces souffrances. Ils se demandent comment ces gentilles filles et ces gentils garçons juifs peuvent devenir des monstres une fois qu’ils ont revêtu l’uniforme. Je pense que la raison première à cela, c’est leur éducation. Aussi, j’ai voulu voir comment leurs livres d’école représentaient les Palestiniens. »
Comme dans tout système colonial, seule, une pression soutenue et efficace venant de l’intérieur comme de l’extérieur peut mettre un terme à cette spirale régressive de criminalité, d’impunité et de racisme tacite. Il faut encore plus de BDS (boycotts, désinvestissements et sanctions) pour mettre fin à l’occupation, au colonialisme et à l’apartheid. En plus de profiter évidemment aux Palestiniens autochtones, qui souffrent depuis plus de six décennies de ce système d’oppression israélienne à trois niveaux, mettre fin à ce système d’oppression peut très bien aussi permettre de transformer la plupart des Israéliens, de « monstres » colonialistes en êtres humains normaux.
Omar
Omar Barghouti est un militant des droits humains, membre fondateur du mouvement de boycott mondial contre Israël à direction palestinienne, et auteur de Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine - (Édition La Fabrique). 


Deir Yassin : "Un massacre qui a déclenché la fuite massive des Arabes, et permis la création d’un État juif. C’était peut-être dommage, mais les conséquences pour nous étaient positives".

Une universitaire israélienne dénonce la partialité des manuels scolaires en Israël

Harriet Sherwood

Nurit Peled-Elhanan, universitaire israélienne, mère et politique radicale, évoque l’image de rangées d’écoliers juifs, penchés sur leurs livres, apprenant qui sont leurs voisins, les Palestiniens. Mais, dit-elle, ceux-ci n’y sont jamais désignés sous le nom de Palestiniens, sauf dans le contexte du terrorisme.
On les appelle les Arabes. « L’Arabe avec un chameau, dans une tenue d’Ali Baba. Ils les décrivent comme des gens vils, et anormaux, et criminels, qui ne paient pas d’impôts, des gens qui vivent en dehors de l’État, des gens qui ne veulent pas s’améliorer », dit-elle. « On ne les présente que comme des réfugiés, des paysans primitifs et des terroristes. Vous ne voyez jamais un enfant palestinien, ni un médecin, ni un enseignant, ni un ingénieur, ni un paysan moderne. »
Peled-Elhanan, professeur de langue et en pédagogie à l’université hébraïque de Jérusalem, a étudié le contenu des livres scolaires israéliens de ces cinq dernières années, et son mémoire, La Palestine dans les livres d’école israéliens : idéologie et propagande en Éducation, a été publié ce mois-ci au Royaume-Uni. Elle y décrit ce qu’elle estime être du racisme, même plus que cela, un racisme qui prépare les jeunes Israéliens à leur service militaire obligatoire.
« Les gens ne savent pas vraiment ce que leurs enfants lisent dans les manuels » dit-elle. « Une question qui en dérange beaucoup, c’est comment expliquer le comportement de cruauté de ces soldats israéliens envers les Palestiniens, comment expliquer leur indifférence devant la souffrance humaine, la perpétration de ces souffrances. Ils se demandent comment ces gentilles filles et ces gentils garçons juifs peuvent devenir des monstres une fois qu’ils ont revêtu l’uniforme. Je pense que la raison première à cela, c’est leur éducation. Aussi, j’ai voulu voir comment leurs livres d’école représentaient les Palestiniens. »
Dans « des centaines et des centaines » de livres, elle soutient ne pas avoir trouvé une seule photographie montrant un Arabe comme « une personne normale ». Sa découverte la plus importante dans les livres qu’elle a étudiés - tous autorisés par le ministère de l’Éducation - concerne le récit historique des évènements de 1948, l’année où Israël fit la guerre pour s’implanter en tant qu’État indépendant, et où des centaines de milliers de Palestiniens durent fuir le conflit qui s’en est suivi.


Il y a 63 ans, le peuple Palestinien perdait sa terre, et les milices sionistes jetaient les Palestiniens sur le chemin de l’exil à travers le monde, après avoir détruit 418 villages et villes, et tué femmes, hommes, enfants, jeunes et vieillards.
L’assassinat de Palestiniens y est dépeint comme quelque chose de nécessaire pour la survie de l’État juif naissant, prétend-elle. «  Les massacres ne sont pas niés, ils sont simplement représentés dans les livres d’école israéliens comme, dans le long terme, quelque chose de bénéfique pour l’État juif. Par exemple, Deir Yassin (village palestinien d’avant 1948, proche de Jérusalem) a été un massacre épouvantable perpétré par les soldats israéliens. Dans les livres d’école, ils vous disent que ce massacre a déclenché la fuite massive des Arabes d’Israël et a donc permis la création d’un État juif, avec une majorité juive. Par conséquent, c’était la meilleure solution. C’était peut-être dommage, mais à long terme, les conséquences pour nous étaient positives. »
Les enfants, dit-elle, sont élevés pour servir dans l’armée et intérioriser le message que les Palestiniens sont « des gens dont la vie peut leur être retirée en toute impunité. Et pas seulement cela, mais que ce sont des gens dont le nombre doit être réduit. »
Peled-Elhanan aborde son sujet à partir d’un contexte politique radical. Elle est la fille d’un célèbre général, Matti Peled, qui était convaincu que l’avenir d’Israël résidait dans une paix digne avec les Palestiniens. Après avoir quitté l’armée, il était devenu membre actif d’un mouvement pour la paix.
La famille avait conçu une affiche, appelant à un règlement pacifique du conflit et représentant Smadar, la fille unique de Peled-Elhanan, avec son message : tous les enfants méritent un avenir meilleur.
Puis, en 1997, Smadar a été tuée par un kamikaze palestinien alors qu’elle faisait des courses à Jérusalem. Elle avait 13 ans. Peled-Elhanan se refuse à parler de la mort de sa fille, une ou deux fois seulement elle a fait allusion à « la tragédie ».
A l’époque, elle a dit que cela renforcerait sa conviction que, sans un règlement au conflit et une coexistence pacifique avec les Palestiniens, d’autres enfants allaient mourir. « Les attaques terroristes comme celle-ci sont la conséquence directe de l’oppression, de l’esclavage, de l’humiliation et de l’état de siège qu’on impose aux Palestiniens » a-t-elle déclaré à des journalistes de télévision après la mort de Smadar.
Ses opinions radicales ont eu inéluctablement un coût professionnel. « Les professeurs d’université ont cessé de m’inviter à des conférences. Et quand je prenais la parole, la réaction la plus fréquente était "Vous êtes une antisioniste". » Et tous ceux qui contestent le discours qui prévaut aujourd’hui en Israël, dit-elle, sont accusés de la même façon.
Elle espère que son livre sera publié en hébreu, mais elle s’est résignée à ce qu’il soit rejeté par beaucoup dans le courant politique dominant.
Quand on lui demande si les livres d’école palestiniens reflètent aussi un certain dogme, Peled-Elhanan soutient que ces livres font la distinction entre sionistes et juifs. « Ils font cette distinction tout le temps. Ils sont contre les sionistes, pas contre les juifs ».
Mais elle concède que l’enseignement sur le génocide des juifs dans les écoles palestiniennes est « un problème, une question ». « Certains enseignants (palestiniens) refusent d’enseigner l’Holocauste tant que les Israéliens n’enseigneront pas la Nakba (la « Catastrophe » palestinienne de 1948). »
Sans surprise peut-être de la part de quelqu’un qui a des points de vue aussi radicaux, Peled-Elhanan est profondément pessimiste pour l’avenir de son pays. Le changement, dit-elle, ne viendra que « lorsque les Américains cesseront de nous donner un million de dollars par jour pour maintenir ce régime d’occupation, de racisme et de suprématie ».
Quant à Israël : «  Je ne lui vois que le chemin qui mène au fascisme. Vous avez cinq millions et demi de Palestiniens contrôlés par Israël qui vivent sous un apartheid horrible, sans droits civils ou humains. Et vous avez l’autre moitié, qui sont juifs, et qui de minute en minute perdent leurs droits », dit-elle en référence à toute une série de tentatives visant à restreindre le droit des Israéliens à protester et à critiquer leur gouvernement.
Elle écarte la gauche israélienne comme étant toujours modérée et timide, surtout à l’heure actuelle. « Il n’y a jamais eu de véritable gauche dans ce pays. » Elle pense que le système éducatif contribue à perpétuer un État injuste, antidémocratique et non viable.
« Tout ce qu’ils font, de la maternelle à la terminale, c’est de nourrir, de toutes sortes de façons et à travers la littérature, des chansons, des fêtes et des loisirs, ces idées de chauvinisme patriotique. »

Cet article a été modifié le 7 août 2011. La version originale attribuait à Matti Peled, père de Nulit, la conception de l’affiche représentant Smadar, la fille de Nurit Peled-Alhanan. En fait, c’est le père de Smadar, Rami Alhanon, qui l’a conçue.
source : Info-Palestine.net




Des propos russes révèlent un plan d'invasion de la Syrie par l'Otan

Mardi 9 août 2011
Dmitri Rogozine

Le représentant de la Russie à l’Otan, Dmitri Rogozine, a révélé qu’une grande guerre contre l’Iran est en préparation dans les coulisses de l’Alliance atlantique. Le premier acte de cette guerre commencerait par l’invasion de la Syrie, après l’exploitation et l’instrumentalisation des troubles qui secouent ce pays depuis cinq mois. Le rôle des Etats-Unis dans ces troubles, sur tous les plans, n’est plus à prouver. Il est clair que la déstabilisation de la Syrie est un but essentiel de Washington qui a investi du temps, de l’argent et d’énormes moyens médiatiques, sécuritaires et diplomatiques pour réussir dans son entreprise.
Détruire l’Iran, à qui les Etats-Unis font assumer la responsabilité de l’échec de leur plan impérial visant à imposer au Moyen-Orient un nouvel ordre, est devenu, pour les Américains, un objectif prioritaire. Le lobby sioniste aux Etats-Unis et en Amérique déploie d’intenses efforts pour convaincre les derniers réticents, de la nécessité de mener cette guerre qui constitue, pour Israël, la dernière chance de sortir de l’impasse stratégique dans laquelle il se trouve coincé depuis ses défaites au Liban, en 2000 et 2006 et à Gaza, lors de l’hiver 2008-2009.
Le prix d’une éventuelle invasion de la Syrie sera très lourd à payer pour l’Otan et pour l’Etat hébreu. Elle provoquera une résistance acharnée contre  les envahisseurs et renforcera auprès du peuple syrien l’image d’un Bachar el-Assad héros de la libération nationale, et relèguera au second plan la plupart des divergences internes.
Concernant la guerre contre l’Iran, les débats au sein de l’état-major américain l’ont décrite comme le jour du jugement dernier. Les think tank américains mettent en garde contre les capacités économiques, humaines et militaires de ce pays, qui fait face à une campagne médiatique et psychologique implacable menée par les lobbys sionistes depuis la révolution de l’Ayatollah Khomeiny. L’Iran est considéré, par les cercles de réflexion aux Etats-Unis, comme une grande puissance régionale.
Les événements des deux dernières années montrent que le lobby sioniste contrôle réellement la politique des Etats-Unis et les centres de décision de ce pays. Les concessions faites par Barak Obama suite aux pressions des amis d’Israël en sont sla preuve la plus vivante. Il n’est pas étonnant, donc, que les milieux pro-israéliens œuvrent nuit et jour pour convaincre les quelques récalcitrants que la guerre est le dernier recours pour faire plier l’Iran.
L’invasion de l’Otan en Syrie viserait donc à faire agenouiller le Liban, la Palestine et l’Iran, pour imposer une hégémonie totale et définitive d’Israël. Mais une telle aventure provoquerait une guerre globale, qui frappera tout l’Occident, sans oublier les alliés régionaux des Américains, avec à leur tête la Turquie, les émirats pétroliers du Golfe et, bien entendu, Israël lui-même.
New Orient News
Source : Palestine Solidarité

lundi 8 août 2011

Moubarak sans baraka : un non-événement pour l’Egypte profonde

Était-il nécessaire de lancer des bombes atomiques sur le Japon ? (Common Dreams)