vendredi 24 juin 2011


23 juin 2011

« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement), demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.
Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »
 
Le Comite Consultative du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel » (*)
 
Athenes, 26 Mai 2011

Le 1er Avril 1965 - La lettre d'adieux de Che Guevara a ses enfants.

Le 1er Avril 1965 il écrit deux lettres d’adieux à ses parents et ses enfants et s’en va pour le Congo.
C’est dans ce pays qu’il apprendra la mort de sa mère.

La lettre d'adieu du Che à ses enfants (traduite en français)


 
 
A mes enfants
Chers Hildita, Aleidita, Camilo et Ernesto,

Si un jour vous avez à lire cette lettre c'est que je ne serai plus parmi vous.
Vous m'aurez presque oublié et les plus petits ne se souviendront de rien.
Votre père a été un homme qui agit comme il pense, et qui sans aucun doute a été fidèle à ses convictions.
Devenez de bons révolutionnaires. Etudiez beaucoup pour maîtriser la technique qui permet de dominer la nature. N'oubliez pas que la Révolution est ce qu'il y a de plus important et que chacun de nous, tout seul, ne vaut rien.
Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire.
Adieu, mes enfants, j'espère encore vous revoir. Un gros baiser de Papa

Le 1er Avril 1965 - La lettre d'adieux de Che Guevara a ses parents .


Le 1er Avril 1965 il écrit deux lettres d’adieux à ses parents et ses enfants et s’en va pour le Congo.
C’est dans ce pays qu’il apprendra la mort de sa mère.

La lettre d'adieu du Che à ses parents (traduite en français)

Chers vieux,
J'ai de nouveau sous les talons les côtes de Rossinante, et me voici encore sur les grands chemins avec mon bouclier au bras.
Il y a près de dix ans je vous écrivais une autre lettre d'adieux. Si ma mémoire est bonne, je déplorais alors de ne pas être meilleur soldat et meilleur médecin. La médecine n'est plus ce qui m'occupe, et au métier des armes je ne suis pas si mauvais.
Rien n'a changé en essence, si ce n'est que je suis beaucoup plus conscient et que mon marxisme s'est enraciné et enrichi en moi. Je suis aujourd'hui convaincu que la lutte armée représente la seule solution pour les peuples qui luttent afin de se libérer, et je suis conséquent avec mes idées. Beaucoup me traiteront d'aventurier, et je ne le nierai pas, mais je suis de ceux qui mettent en jeu leur peau pour démontrer leurs vérités.
Il se peut que cette lettre d'adieux soit la bonne. Non que je le veuille, mais cela entre dans le calcul logique des probabilités. Et s'il en est ainsi, je vous embrasse pour la dernière fois.
Je vous ai beaucoup aimé; seulement, je n'ai pas su exprimer ma tendresse. Je suis par trop rigide dans ma manière d'agir et je crois que parfois vous ne m'avez pas compris. C'est qu'il n'était pas facile de me comprendre, mais aujourd'hui je vous demande de me croire. A cette heure, une volonté que j'ai polie avec une délectation d'artiste soutiendra mes jambes molles et mes poumons fatigués. Je le ferai.
Rappelez-vous de temps en temps le petit condottiere du XXème siècle. Embrassez pour moi Celia, Roberto, Juan, Martin et Patotin, Beatriz, tous. A vous, un grand baiser de fils prodigue et récalcitrant.
Ernesto

Ernesto Che Guevara - Biographie

"Je veux unir mon destin à celui des pauvres 
du monde".

Ernesto Rafael Guevara de la Serna est né le jeudi 14 juin 1928 à Rosario, Argentine. Il est le premier fils de l’architecte Ernesto Guevara Linch, de descendance espagnole et irlandaise de par sa mère,et de Celia de la Serna et de la Llosa, descendante d’une famille fortunée.
En 1946, la famille déménage à Buenos Aires pour aller vivre dans un appartement de la grand-mère paternelle. Quand la grand-mère, Ana Isabel, tombe gravement malade, Ernesto la veille durant 17 jours, et à sa mort, il annonce qu’il étudiera la médecine au lieu des études d’ingénieur qu’il avait envisagé.
En 1947 il commence ses études de médecine et montre peu d’intérêt envers la politique et les mouvements de protestations des étudiants, même si ses parents, et plus particulièrement sa mère, sont des militants anti-péronistes.
Mais à la fin de l’année il fait connaissance de Berta Gilda Infante, connue sous le nom de Tita. Elle est membre de la Jeunesse Communiste Argentine. Ils deviennent vites bons amis et Ernesto lit avec elle les textes marxistes et ils discutent de la réalité politique de l’époque.
Octobre 1950, qu’il décide de faire son premier voyage en Amérique Latine, en passant par le Chili, le Pérou et la Colombie. Il est le spectateur attentif des problèmes sociaux des pauvres de ces pays, et cite dans ses notes la phrase de José Marti : "Je veux unir mon destin à celui des pauvres du monde".
Le 29 Décembre 1951, il part avec son ami Alberto Granados à travers le continent sud-américain. Mais la moto sur laquelle ils font le voyage, une Norton 500 c.c., les lâche et ils doivent travailler, soit comme assistant médecin ou effectuant des petits boulots, pour continuer leur périple.
Ernesto revient à Buenos Aires en Août 1952 pour poursuivre ses études de Médecine.
Il reçoit le titre de Docteur en Médecine et Chirurgie le 11 Avril 1953 à l’Université de Buenos Aires.
Le 7 Juillet 1953 il part une nouvelle fois en voyage à travers l’Amérique du Sud et Centrale. Il est accompagné par Carlos Ferrer "Calica". Il observe en Bolivie les changements sociaux apportés par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire arrivé au pouvoir. Puis ils visitent le Pérou, l’Equateur, le Panamá et le Costa Rica, où ils font la connaissance des cubains Calixto García et Severino Rosell, qui avaient participé à l’assaut du Cuartel Moncada. Ils poursuivent le voyage et visitent le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, pour finalement arriver au Guatemala en 1953.

Au Guatemala, le Che poursuit sn éducation politique à travers l’amitié qu’il lie avec l’économiste et exilée péruvienne d’origine indienne, Hilda Gadea Ontalia, ancien membre du Parti Apriste (APRA, Alianza Popular Revolucionaria Americana). Il se lie d’amitié également avec un groupe de révolutionnaires cubains, qui le 26 Juillet 1953 prirent part à l’assaut du Cuartel Moncada. Parmi eux se trouve Nico López, qui baptisera Ernesto du surnom de « Che ».Il se tient au courant auprès d’eux des actions entreprises et prend la ferme décision de poursuivre la lutte dès la libération de Fidel Castro et d’autres camarades. Ernesto Che Guevara se met en contact avec le Parti Guatémaltèque du Travail et officie comme médecin dans les syndicats. Il participe activement à la politique interne du pays pour la défense du gouvernement démocratique et révolutionnaire de Jacobo Arbenz. Mais après l’invasion organisée par la CIA, Arbenz tombe en Septembre 1954.
En tant qu’argentin et en raison de sa position en faveur du gouvernement de Arbenz, Ernesto Che Guevara ne peut rester plus longtemps au Guatemala, et après avoir demander asile auprès de l’Ambassade d’Argentine, le Che décide de se rendre à Mexico, où il travaillera comme photographe et à l’Hôpital Général. Un mois plus tard il est rejoint par Hilda Gadea et Nico López.
Un jour, de visite chez María Antonia Gonzales, au Numéro 49 de la rue José Amparán, Ernesto fait connaissance de Raúl et Fidel Castro.
María Antonia est une cubaine résidant à Mexico, qui collabore efficacement avec les révolutionnaires exilés. Au cours de cette réunion, le Che reste à converser durant une dizaine d’heures avec Fidel, durant lesquelles ils échangent tout type d’opinions.
Le leader de la révolution cubaine lui explique les raisons de sa lutte contre le dictateur Batista. A la fin de cette conversation le Che fait dès lors parti du groupe.
Il se marie le 8 Août 1955 avec Hilda à Tepotzotlán, près de Mexico. Hilda est enceinte et le futur parrain est Raúl Castro. Le 15 Février 1956, naît Hilda Guevara Gadea.
Ernesto reste 57 jour dans la prison Miguel Schultz après avoir été arrêté par la police mexicaine dans la hacienda "Santa Rosa", Popocatépetl, à 35 kilomètres de la capitale, qui était le camp d’entraînement des révolutionnaires cubains qui préparaient une attaque contre Cuba, et qui étaient dirigés par le Général Alberto Bayo, un ancien colonel de l’Armée Républicaine pendant la Guerre Civile en Espagne.
Le Che a toujours caché ses activités révolutionnaires à ses parents, et il leur envoie une lettre les informant de sa situation et leur annonçant sa séparation avec Hilda.
Le Dimanche 25 Novembre 1956, de l’embouchure du río Tuxpán au Mexique, Ernesto Che Guevara s’en va avec le "Granma" avec 81 autres hommes à bord, un yacht d’une capacité de 25 personnes seulement, que Fidel Castro avait acheté à une entreprise nord américaine.
Une semaine plus tard, le Dimanche 2 Décembre, ils débarquent à Los Cayelos, à l’est de Cuba, commençant la guérilla révolutionnaire dans les montagnes de la Sierra Maestra.
Dès le début, le Che se distingue en tant que combattant de la lutte révolutionnaire à Cuba contre la tyrannie du dictateur Fulgencio Batista. Le 1er Mars 1958, est diffusée pour la première fois « Radio Rebelde », une radio créée par le Che.
A la fin du mois d’Avril 1958, Ernesto est envoyé depuis Jibaro, dans la Sierra Maestra, à la tête du commando de la 8ème Colonne vers la région centrale du pays.
Ils arrivent jusqu’à la Sierra del Escambray, province de Las Villas, où ils vont monter un camp de base.
Le Che participe avec beaucoup d’ardeur aux combats et plus particulièrement à la Bataille de Santa Clara le 1er Décembre 1958, laquelle s’avère très importante dans leur objectif principal : faire tomber la dictature et faire triompher la Révolution Cubaine. Le 1er Janvier 1959, Cuba est libéré, et Batista part en exil.
Le 2 Janvier, Camilo Cienfuegos Gorriarán entre dans La Havane, paralysée par une grève générale. Le lendemain le Che y fait son entrée, et le Dimanche 8 Janvier, Fidel Castro entre victorieusement dans la capitale.
Les parents du Che arrivent le Lundi à Cuba, 6 ans après la dernière rencontre avec leur fils.
Le 21 Janvier, Hilda Gadea et Hildita viennent vivre à La Havane.
En égard aux services rendus à Cuba, Ernesto Che Guevara est déclaré citoyen cubain par le Conseil des Ministres le Lundi 9 Février 1959.
Au mois de Mars 1958, Ernesto avait fait la connaissance à Escambray une jeune cubaine de 22 ans, Aleida March Torres, et le 2 Juin 1959 le mariage est célébré après que le divorce fut prononcé entre le Che et Hilda Gadea le 22 Mai 1959.
Du 12 Juin au 5 Septembre, Ernesto Che Guevara est en mission pour le gouvernement cubain en Egypte, Soudan, Inde, Birmanie, Indonésie, Ceylan, Japon, Maroc, Yougoslavie et en Espagne.
Durant plusieurs années il rempli des fonctions officielles au sein du gouvernement cubain. Parmi ces différentes charges gouvernementales, militaires et économiques, il est nommé Chef des Forces Armées Révolutionnaires, Chef de l’Industrie et de la Réforme Agraire, et le 26 Novembre 1959 il occupe le poste de Président de la Banque Nationale de Cuba.
Le 4 Mars 1960, dans un attentat organisé par la CIA, le bateau belge « La Couvre », qui apportait des armes à Cuba, explose dans le port de La Havane.
Le lendemain, Alberto Korda prend la célèbre photo du Che en hommage aux victimes de l’attentat, et au cours de la cérémonie Fidel Castro prononce cette phrase qui restera dans l’histoire : "Patria o muerte. ¡Venceremos!" (La Patrie ou la mort. Nous vaincrons !).
Le Che préside de nombreuses missions officielles au nom du Gouvernement Révolutionnaire.
Du 22 Octobre au 9 Décembre, il est à la tête de la mission économique de Cuba qui est de visite en URSS, Tchécoslovaquie, RDA et République Populaire de Chine.
Le 19 Octobre 1960, Les Etats-Unis décrètent l’embargo commercial de Cuba.
Le 17 Novembre, pendant son séjour en Chine, vient au monde Aleida Guevara March, ou "Aliusha", à La Havane. C’est là également que naîtront ses autres frères.
Le 3 Janvier 1961 les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba.
Le 23 Février 1961, le Che est nommé Ministre de l’Industrie et Membre du Conseil Central du Plan.
Le 20 Mai 1962 naît son fils,Camilo, nom qu'il lui donne en hommage à son camarade Camilo Cienfuegos, qui mourut tragiquement dans un accident aérien.
Du 17 au 20 Avril 1961, Ernesto Che Guevara occupe le commandement militaire de Pinar del Río pendant l’attaque de mercenaires sur la Plage Girón, dans la Baie des Cochons (Bahía de los Cochinos), au cours de laquelle 1500 contre révolutionnaires cubains tentent d’envahir l’île dans une opération organisée et financée par la CIA. Les révolutionnaires mettront en déroute les mercenaires en moins de 72 heures.
Le 4 Août, le Che est à la tête de la délégation cubaine lors de la Conférence des Amériques de Punta del Este en Uruguay. La délégation est reçue à l’Aéroport National de Carrasco par des milliers de personnes chantant des slogans anti-yankees et aux cris de « vive la Révolution Cubaine ».
En Octobre 1962 et jusqu’en Novembre de la même année, Ernesto occupe le commandement militaire des troupes de Pinar del Río pendant la Crise d’Octobre.
Lors de sa présence à Cuba, le Che œuvre dans de nombreuses tâches : il est l’initiateur du Travail Volontaire dans tout le pays, de l’organisation des Forces Armées Révolutionnaires (FAR) ; il est le fondateur de la revue Verde Olivo, où il écrit de nombreux articles ; il est l’auteur de différents livres et essais. Les œuvres du Che les plus connues sont : « Diario de Bolivia », « Discurso en Argel », « Discours lors de la XIXème Assemblée Générale des Nations Unies », « El cuadro, columna vertebral de la revolución », « El Socialismo y el Hombre en Cuba », « La Guerra de Guerrillas », « Mensaje a los Pueblos del mundo a través de la Tricontinental », « Pasajes de la Guerra Revolucionaria », « Reforma Universitaria y Revolución », « Sobre la construcción del Partido », « Solidaridad con Vietnam del Sur », « Táctica y Estrategia de la Revolución Latinoamericana ».
Le 14 Juin 1963 naît le quatrième enfant du Che, le troisième avec Aleida. C’est une fille qui sera appelée Celia, en hommage à sa mère.
Le 19 Mars 1964, vient au monde Omar Pérez, fruit de la relation extraconjugale que Ernesto a eu avec Lidia Rosa López.
Du 20 Mars 1964 au 13 Avril, le Che est à la tête de la délégation cubaine pendant la conférence de l’ONU pour le Commerce et le Développement à Genève, en Suisse.
Du 15 au 17 Avril, il est en visite en France, Algérie et Tchécoslovaquie.
Il visite l’URSS du 5 au 19 Novembre et participe au 47ème Anniversaire de la Révolution d’Octobre. Il préside à nouveau la délégation cubaine lors de l’Assemblée Générale de l‘ONU à New York du 9 au 17 Décembre. Puis il se rend en Algérie.
En Janvier 1965, Ernesto Che Guevara est en République de Chine, puis au Mali, Congo (Brazzaville), Guinée, Ghana, Dahomey, Tanzanie, Egypte, Algérie et revient à La Havane le 14 Mars.
Sa dernière intervention publique à Cuba a lieu le 15 Mars quand il fait un compte rendu de ses voyages à l'étranger devant ses collaborateurs de Ministère de l'Industrie.
Afin de poursuivre plus en avant ses idéaux libertaires, il sollicite de la Direction de la Révolution Cubaine son détachement des responsabilités qui le lient à Cuba, pour reprendre la lutte armée en solidarité avec les peuples du monde.
Le 1er Avril 1965 il écrit des lettres d’adieux à ses parents, ses enfants et Fidel Castro, et s’en va pour le Congo. C’est dans ce pays qu’il apprendra la mort de sa mère.
Un an plus tard, le Jeudi 3 Novembre 1966, Ernesto Che Guevara arrive à La Paz, en passant par Madrid et Sao Paulo. Il entre clandestinement en Bolivie sous le nom de Adolfo Mena González, fonctionnaire péruvien de l’Organisation des Etats Américains et possède au cas où, un passeport uruguayen au nom de Ramón Benítez Fernández.
Le 7 Novembre il se trouve dans une hacienda de Ñancahuasú où, avec un petit groupe de combattants boliviens, cubains et autres nationalités, il fonde l’Armée de Libération Nationale de la Bolivie (Ejército de Liberación Nacional de Bolivia). Pendant son séjour en Colombie, il est connu en tant que "Comandante Ramón", et également "Fernando el sacamuelas".
Mais 11 mois plus tard, après avoir été fait prisonnier et sérieusement blessé, Ernesto Che Guevara est exécuté, le Dimanche 8 Octobre 1967 à 13h10, par des soldats boliviens dirigés par des agents de la CIA, dans la petite école du village de La Higuera, province de Chuquisaca.
Le 18 Octobre 1967, su la Place de la Révolution, Fidel Castro informe le demi million de cubains présents de la mort du Commandant Ernesto Che Guevara : « Tu as disparu physiquement, mais ton image et tes idéaux restent et resteront présents en nous, parce que ceux-là ils ne pourront jamais les tuer avec des balles ».


Quelques citations :
« Peu importe où nous surprendra la mort. Qu’elle soit la bienvenue, pourvu que notre appel soit entendu, qu’une autre main se tende pour empoigner nos armes et que d'autres hommes se lèvent ».
« Pour toutes les tâches révolutionnaires, on a essentiellement besoin de l’individu. La révolution ne tend pas, comme le prétendent certains, à standardiser la volonté collective, l’initiative collective ; au contraire, elle libère les capacités individuelles de l’homme »
« L’édifice révolutionnaire est fait des efforts sincères d’une foule d’hommes simples. Notre mission est de développer ce que chacun a en lui de bon et de noble, de faire de tout homme un révolutionnaire »
« Le jeune  communiste doit être sensible à tous les problèmes, très sensible à l’injustice. Il doit se rebeller devant tout ce qui est injuste, quel que soit l’auteur. Il doit poser des questions sur tout ce qu’il ne comprend pas. Discuter et demander des explications sur tout ce qui n’est pas clair. Déclarer la guerre à tous types de formalismes »
« Ici, je laisse la part la plus pure de mes espérances de constructeur et ce que j’ai de plus cher parmi les êtres que j’aime… et je laisse un peuple qui m’a accueilli comme son fils ; cela continuera à constituer une partie de mon esprit. Sur les nouveaux champs de bataille je porterai la foi que tu m’a inculquée, l’esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d’accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l’impérialisme partout où il est. Cela réconforte et adoucit cent fois n’importe quel déchirement »
« La seule chose que l’histoire n’admet pas, c’est que les analystes et les exécutants de la politique du prolétariat se trompent. Personne ne peut solliciter la charge de parti d’avant-garde comme un diplôme officiel donné par l’université. Etre un parti d’avant-garde, c’est être à la tête de la classe ouvrière dans la lutte pour la prise du pouvoir, savoir la guider jusqu’au but, la conduire y compris par des raccourcis »
« Sans organisation les idées perdent de leur efficacité après le premier moment d’élan ; elles tombent peu à peu dans la routine, dans le conformisme, et finissent par n’être plus qu’un souvenir »
« Le devoir de tout jeune communiste, c’est d’être essentiellement humain, tellement humain qu’il se rapproche du meilleur de l’humain, de purifier le meilleur de l’homme par le travail, l’étude, l’exercice de la solidarité permanente avec le peuple et avec tous les peuples du monde, de développer sa sensibilité au point de ressentir de l’angoisse quand on assassine un homme quelque part dans le monde et d’être exalté quand se lève quelque part dans le monde un nouveau drapeau de la liberté »
" Dans une révolution, on doit triompher ou mourir "
" Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre coeur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire ".
" Il faut s'endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse ".
" Soyez réalistes : demandez l’impossible ".



mercredi 22 juin 2011

L’intervention saoudienne à Bahreïn et le silence complice des bourgeoisies occidentales.

L’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont envahi le petit royaume de Bahreïn dans l’indifférence quasi générale. Pourtant l’évolution de la situation et les conséquences qui peuvent en découler sont d’une importance capitale non seulement pour la région, mais aussi pour le monde entier. Il y a trop de pétrole dans cette partie du monde et la moindre étincelle peut embraser tout le Moyen-orient. 
La révolte des peuples de la région qui veulent se débarrasser des tyrans d’un autre âge peut constituer cette étincelle. A Bahreïn par exemple, la population mène depuis plus d’un mois, un magnifique combat pacifique contre le despotisme de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis trois siècles.
Au Yémen « le peuple veut renverser le régime », c’est ce que réclament les manifestants depuis plusieurs semaines. Ali Abdallah Saleh, surnommé par son propre peuple le « boucher », est au pouvoir depuis 1978 (1978/1990 président du Yémen du Nord et depuis 1990 du Yémen réunifié).
Le même vent de révolte souffle également sur le sultanat d’Oman dirigé depuis 1970 par le sultan Qaboos qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Ses ancêtres dirigeaient ce petit royaume depuis 1749 !
Cette aspiration profonde au changement inquiète évidemment les pouvoirs autoritaires en place, mais surtout l’impérialisme américain et européen. Car des régimes démocratiques, au Yémen, à Bahreïn et à Oman peuvent donner des idées et servir d’exemple aux autres peuples de la région qui subissent la même oppression, les mêmes injustices et les mêmes régimes tyranniques. En Arabie Saoudite, le peuple aspire lui aussi, comme les autres peuples arabes, à une société nouvelle débarrassée du joug de la dynastie des Al Saoud qui domine le pays depuis des siècles. Et il ne faut surtout pas que le peuple saoudien emprunte le même chemin que les peuples voisins et renverse le régime anachronique des Al Saoud serviteur local des États-Unis comme l’a fait le peuple tunisien et égyptien. Faut-il rappeler que sol saoudien renferme les plus importants gisements de pétrole au monde, et que l’Arabie Saoudite est le premier exportateur mondial et le deuxième producteur de l’or noir. Elle est à ce titre un élément clé de la sécurité énergétique des USA. Les américains sont les protecteurs armés de la dynastie saoudienne et leur soutien à la famille royale est inconditionnel.

C’est dans ce cadre général qu’il faut situer l’intervention saoudienne et émiratie à Bahreïn le 14 mars 2011, sous l’égide du Conseil de coopération du Golfe et le silence complice de Washington. Les américains comme les européens qui demandent le départ de Kadhafi et interviennent militairement en Libye, se taisent lamentablement sur cette intervention militaire saoudienne et ne formulent pas les mêmes exigences à l’égard du roi du Bahreïn.
La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Une répression sauvage s’est abattue sur des hommes et des femmes qui manifestaient pacifiquement contre une dictature. Et la répression se poursuit toujours. Barack Obama a demandé, dans un appel téléphonique, au roi de Bahreïn Hamad Issa Al-Khalifa « un maximum de retenue » !
Alors que l’impérialisme américain et européen interviennent militairement en Libye « pour assurer la protection des civils », la population de Bahreïn, elle, non seulement n’a pas le droit à cette protection, mais on la réprime violemment avec l’aide des armées étrangères sous l’œil bienveillant des États-Unis. Il faut préciser que c’est à Bahreïn que se trouvent le quartier général de la Ve flotte et le port d’attache des bâtiments de guerre américains. Bahreïn occupe également une position stratégique entre l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït et l’Iran. Les revendications démocratiques de la population ne pèsent donc pas lourd face aux intérêts de la bourgeoisie américaine. Obama et son administration, qui ne font que gérer les intérêts de la classe dominante américaine, ont choisi le camp de la dictature de la dynastie des Al-Khalifa.
« Le boucher » du Yémen, Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 32 ans, continue à massacrer sa propre population avec, là encore, le silence complice des États-Unis et de l’Europe. Rien que pour la journée du vendredi 18 mars, selon l’AFP, la répression a fait 52 morts et 126 blessés. C’est que Abdallah Saleh est considéré comme un allié par les américains dans « la lutte contre Al-Qaïda ».
Une fois encore, on invoque l’humanitaire pour intervenir en Libye riche en pétrole, et on soutient des dictatures en Arabie Saoudite, à Bahreïn, à Oman et au Yémen, des régimes qui massacrent leur population. L’humanitaire est ainsi utilisé comme prétexte pour servir les puissants ; il est au service du capital (1). Mais à Bahreïn comme au Yémen, la vie humaine n’a pas de valeur tout comme les aspirations des peuples au changement. Seuls comptent les intérêts des riches minorités nationales et occidentales. Pour les défendre, on n’hésite pas à s’allier avec les pires dictatures !
Aux yeux de l’impérialisme, Kadhafi, contrairement aux autres tyrans arabes, n’est pas tout à fait fiable. Le despote libyen, au pouvoir depuis 42 ans, reste pour les occidentaux « un mauvais dictateur ». Il faut se hâter à le renverser et s’ installer en Libye pour mieux contrôler ses ressources pétrolières et étouffer les aspirations et le processus démocratique enclenchés par les révolutions tunisienne et égyptienne(2).
Les peuples de Bahreïn, du Yémen, de l’Arabie Saoudite et tous les peuples arabes aspirent profondément à se débarrasser des tyrans d’un autre âge soutenus par les bourgeoisies américaines et européennes qui veulent faire tourner les roues de l’histoire en arrière. Il faut partout dénoncer l’impérialisme dont les intérêts sont totalement incompatibles avec ceux des peuples. Et il est également de notre devoir de soutenir les luttes des masses arabes opprimées qui sont déterminées à prendre leur destin en main en offrant généreusement des martyrs par centaines et des blessées par milliers pour une société meilleure.
Mohamed Belaali
(1) http://www.legrandsoir.info/L-humanitaire-au-service-du-capi...

mardi 21 juin 2011

Qui a peur de la flotille ?

Reprise d’article
Samedi 18 juin, sur le Vieux Port de Marseille (E.R.)
(Regards.fr) La flotille pour Gaza devrait appareiller depuis la Grèce dans les jours à venir. Au moins un bateau français en sera, probablement deux, ont annoncé les organisateurs samedi 18 juin à Marseille. Alors que ce départ se précise, les amis d’Israël multiplient les communiqués et les interventions dénonçant notamment le caractère "politique" de l’initiative. En contrepoint, de nombreuses personnalités se sont engagées au soutien de la Flotille. La semaine qui débute va être longue... 
« Nous serons à Gaza à la fin du mois de juin ». Samedi 18 juin, au cours d’une conférence de presse tenue à Marseille, Claude Léostic, de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) n’a pas laissé place au doute. Tandis qu’elle s’exprimait, des images du bateau acheté « grâce au soutien de milliers de citoyens » défilaient en boucle sur un écran. Actuellement à quai dans un port grec, il devrait être accompagné d’un second navire français, de taille plus modeste.

Au total, une douzaine de bateaux composeront cette Flotille II : venus d’Amérique, d’Asie mais surtout de pays "du Nord au Sud" du continent europén. Grande absente, la Turquie. Un an après la grave crise diplomatique entre Israël et la Turquie (alliés régionaux) suite à la mort de neufs militants turcs tués par l’armée israélienne lors de l’assaut du 31 mai sur la Flotille, Tel Aviv a pris les devants. Et, au lendemain de la victoire électorale de la formation de Recep Tayip Erdogan, exercé des pressions sur Ankara appuyées, selon Le Monde du 17 juin, par celles de Barack Obama. Le président américain « aurait lui-même appelé le premier ministre turc (...) pour lui enjoindre de calmer un jeu diplomatique régional qui risque de nouveau de s’enflammer en cas d’arraisonnement de la flotille pour Gaza » .
Côté français, les deux bateaux ne pourront embarquer qu’une cinquantaine de personnes. Olivier Besancenot (NPA), le député Jean-Paul Lecoq (PCF), les députés européennes Marie-Christine Vergiat (FdG) et Nicole Kiil-Nielsen (Europe écologie) ainsi que « des personnalités du PS et du PG » y représenteront les organisations de la gauche politique française. Côté syndicat, Jean-François Courbe de la CGT, Annick Coupé de Solidaire et Raymond Fabrègues de la Confédération Paysanne. Julien Bayou (Génération Précaire), et les navigateurs Jo Le Guen et Eugène Riguidel en seront également. A leur côté, des représentants de l’AFPS, de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CIPPP), de la CIMADE, du MRAP, de l’Union juive française pour la paix (UJFP), du Collectif des musulmans de France (CMF), de la coalition contre Agrexco et de divers autres collectifs.
A tous ceux-là, dont beaucoup étaient présents lors de la Conférence de presse puis au coeur du rassemblement qui s’est tenu toute l’après-midi sur le Vieux Port, le militant israélien Michel Warshawski a tenu à annoncer « deux bonnes nouvelles » : « Un : ça panique dur à Tel Aviv, il y a des réunions d’urgence, civiles et militaires, parce que les autorités commencent à comprendre que cette flotille va arriver. Deux : nous - le mouvement de solidarité israélien et palestinien -, serons aux portes de Gaza et aux portes d’Ashdod. Parce que nous savons que la flotille arrivera à bon port - ou tout à côté - et nous serons là pour vous accueillir ». Argumentaire double-lame
L’accueil, le gouvernement israélien, a de son côté donné quelques indications sur celui qu’il entend réserver à cette Flotille. Comme le relate le même article du Monde, l’état-major de l’armée israélienne considère que « ces bateaux agissent contre [la loi internationale] et contre la souveraineté d’Israël  » et cherchent « à forcer le blocus pour délégitimer Israël ». Et ce d’autant qu’ils sont remplis d’« extrémistes d’IHH [ l’organisation dont étaient issus de nombreux militants turcs sur la Flotille 2010, ndlr] [qui] vont probablement utiliser la violence ».
Cet argumentaire à double-lame (la Flotille est l’outil d’une "délégitimisation politique" d’Israël et elle est un repère de dangereux barbus) est d’une efficacité qui n’est plus à démontrer auprès de la société israélienne, où le "syndrome de Massada" reste assez largement partagé. Il a en outre le mérite d’offrir à tous les amis de Tel Aviv un discours de propagande tout-prêt et bien rôdé. Dans les jours précédant et suivant le rassemblement marseillais, chacun d’entre eux en a usé. Dans un communiqué diffusé à la presse le 20 juin, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) y va ainsi de ses "10 remarques sur le bateau pour Gaza" dans lequel on apprend notamment que « les participants “humanitaires” à ce bateau sont les “idiots utiles” d’une opération menée en sous-main par l’IHH, filiale turque des Frères Musulmans, responsable du bain de sang survenu l’an dernier sur le Mavi Marmara ». Plus c’est gros, plus ça passe. Moins d’une semaine auparavant, le même CRIF proposait "20 questions sur la flotille de Gaza", brodant à l’infini sur les mêmes contre-vérités .
Député UMP et président du groupe d’amitié France-Israël, Claude Goasguen s’est lui livré sur son blog à une condamnation sans appel de la Flotille tout en appelant à rejoindre la manifestation pro-israélienne qui s’est tenue dimanche 19 à proximité des locaux du Centre international de Culture populaire (CICP) à Paris où siègent de nombreuses organisations pro-palestiniennes. Ces dernières années, le CICP a été la cible, à plusieurs reprises, d’agressions de la Ligue de défense juive (LDJ), une organisation d’extrême-droite. Enfin, dans un communiqué du 14 juin, la LICRA avait apporté la nécessaire touche "lutte contre l’antisémitisme" à ce déchaînement anti-flotille : « Ces initiatives sont contraires à la loi et à la paix publique. Elles contribuent à l’augmentation des actes antisémites en France ».
Tonalité plus soft du côté des responsables internationaux où le discours oscille entre l’"inquiétude" très réticente de Ban Ki Moon et la franche désapprobation de l’Union européenne ; En mai dernier, Kristalina Georgieva, commissaire européenne responsable de la Coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la gestion des crises faisait part de « son opposition la plus totale au projet de la flottille... qui, malgré l’affirmation de ceux qui l’organisent, n’est pas humanitaire mais politique ».
Soutiens politiques et gros bras
Une dimension politique qui, contrairement à ce que prétendent les détracteurs de la Flotille est pleinement assumée par les organisations et les personnalités engagées. « Oui c’est politique que la société civile se mobilise et en remontre à Israël, c’est politique de demander à ces pays qui se font les chantres des Droits de l’homme et à l’Union européenne de dénoncer la politique israélienne et d’assurer la sécurité des bateaux ! Et je ne vois pas en quoi cela pose problème », a résumé Julien Bayou lors de la Conférence de presse.
En France, 411 élus et responsables politiques, justement, dont 97 élus et responsables nationaux, ont affirmé leur soutien à la campagne "un bateau français pour Gaza". Et 172 personnalités ont signé l’appel en soutien au bateau français pour Gaza. Tandis que les universitaires Bertrand Badie, Didier Billion, Sonia Dayan-Herbrun, Vincent Geisser, Nacira Guénif, Alain Joxe, Rachid Benzine et Julien Salingue ont eux, co-signé le 16 juin une tribune soutenant la Flotille.
Qui a peur de la Flotille ? Israël et ses représentants dans le monde, qui savent que ce type d’initiative de la société civile travaille des opinions acceptant de plus en plus de mal la suffisance coloniale anachronique de cet Etat. Il n’y a qu’à voir l’énergie que tous dépensent pour contester la campagne Boycott Désinvestissement Sanction (BDS). Et les puissants de ce monde, renvoyés à leur complaisance - voire à leur lâcheté - politique par quelques dizaines de milliers de citoyens et quelques centaines de personnes prêtes à s’engager physiquement pour exiger le respect du Droit international.
Flotille pacifiste contre armée israélienne ? Chacun sait déjà qui l’emportera quand la confrontation aura lieu, fin juin, quelque part dans les eaux méditerranéennes. Mais la solidarité aura gagné du terrain. Et en attendant, les rapports de force peuvent aussi se mesurer à des actions symboliques. Samedi à Marseille, les quelques militants sionistes violents qui se sont risqués à des provocations au bas de la Canebière se sont fait corriger par des militants en marge du rassemblement au cours d’une altercation saignante mais vite contrôlée par le SO et la police. Et puisqu’on parle gros bras, il faut ici signaler les militants irlandais de la campagne Irish ship to Gaza, qui se sont adjoints le concours de quelques "héros" insulaires. Des rugbymen du quinze national qui, face caméra, font part de leur soutien à la Flotille...

Emmanuel Riondé http://www.regards.fr/resistances/qui-a-peur-de-la-flotille
En savoir plus...
Quand les renseignements israéliens veulent ficher les internationalistes
Les quelques 300 militants embarqués à bord des navires de la Flotille sont-ils déjà tous dûment fichés et répertoriés par les services israéliens ? Selon un article de Barak Ravid paru dans le quotidien israélien Haaretz du 21 mars dernier, « le renseignement militaire réunit des informations sur les organisations de gauche à l’étranger, que l’armée soupçonne de vouloir mettre en cause la légitimité d’Israël ».
Selon le journal, cette initiative qui aurait notamment vu le jour en prévision de l’arrivée de la Flotille II, provoque des clivages au sein du ministère des affaires étrangères, dirigé par le leader d’extrême-droite Avigdor Lieberman. Quelques uns auraient même demandé : comment définir le mot "délégitimisation" ? Est-ce que critiquer la colonisation constitue un acte de délégitimisation ? Excellentes questions...
E.R.
URL de cet article 14034 http://www.legrandsoir.info/qui-a-peur-de-la-flotille.html

lundi 20 juin 2011

Contre le Nouvel Ordre Mondial, organisons un complot.

En quelques semaines seulement, le peuple arabe semble avoir pris conscience du véritable visage de ses dirigeants, ainsi que de sa force lorsque ses actes sont guidés par la légitimité du nombre. On pourrait s’étonner de cette « peur » des régimes en place subitement dépassée, ou s’interroger sur le fait qu’après avoir tant critiqué les Musulmans, ce soit d’eux que provienne l’exemple d’une révolution populaire réussie ; mais ces considérations positives ne peuvent pas cacher le flou entretenu sur l’avenir de ces révolutions. J’ai déjà évoqué ailleurshttp://calebirri.unblog.fr/2011/02/02/tunisie-egypte-afrique...les soupçons qui naissent à ce sujet, que confirment malheureusement les réactions de « l’Occident » face à ces évènements qui devraient pourtant susciter de sa part un soutien total et sans réserves.
Mais regardons les choses en face : les peuples se révoltent en ce moment, pour réclamer la démocratie, et surtout la fin de dictatures vieilles, pour certaines, de plus de quarante ans. On s’aperçoit à cette occasion du nombre de pays qui, depuis des décennies, souffrent de régimes souvent instaurés, et protégés par nos soi-disant “démocraties”, sans que ni l’ONU, ni nos “valeurs humanistes” n’aient aidé le moins du monde ces peuples à se libérer du joug de leurs tortionnaires. 
Cette incompréhensible passivité se montre au grand jour actuellement, et met à mal tout le système mondialisé sur lequel repose la puissance de nos propres “démocraties”, c’est à dire une hypocrisie visible désormais par tous : nos richesses proviennent de l’exploitation de peuples soumis à l’autorité d’individus souvent enrichis et soutenus, voire formés par les pays occidentaux, qui ont engraissé les dictateurs de ces pays par leurs politiques commerciales agressives et une corruption structurelle les incitant à appauvrir leurs propres populations au profit de leurs seules personnes, mais aussi au prix d’une stabilité imposée de fait par ceux-là mêmes qui les critiquent aujourd’hui, (alors qu’elle leur a jusque là surtout profité). Les armes qui tirent sur les peuples désirant la liberté ont été vendues par les pays riches, les ressources pillées au peuples ont été vendues aux pays riches. L’illusion de l’enrichissement de ces pays a été entretenue par la corruption de nos propres gouvernants, corruption qui participe par ailleurs au haut niveau de vie dont nous jouissons grâce à ces mêmes injustices. 
Pas étonnant donc qu’aujourd’hui la politique diplomatique occidentale semble dépassée, débordée par les évènements, ni que ces derniers mettent mal à l’aise nos dirigeants : laisser s’effondrer les dictatures sur lesquelles reposent la plupart des bénéfices de nos Etats, c’est ouvrir la voie à une liberté démocratique susceptible de remettre en cause leur propre domination sur leurs propres peuples. En permettant au monde entier de constater que la seule force du nombre est capable de renverser ses dirigeants les plus autoritaires, les « démocraties » occidentales craignent à présent que cette « tempête » ne devienne tsunami, emportant avec ses eaux sales les vernis crasseux qui nous empêchent de voir notre propre servitude. Car qu’on le veuille ou non, le pouvoir d’un petit nombre sur un plus grand implique de fait une notion de « secret » qui, une fois mis à jour, montrerait toute l’injustice du système dans lequel nous vivons, auquel nous participons de fait, et dont nous bénéficions implicitement.

Lorsqu’on nous évoque « un nouvel ordre mondial », il ne s’agit pas d’autre chose que cette concentration des pouvoirs en un nombre encore plus petit de mains, et c’est là que se trouve le complot. Ce complot doit s’appuyer sur une idéologie, car « ils » ne peuvent pas dire « nous agissons pour perpétuer l’injustice », mais doivent au contraire affirmer « nous nous battons pour votre liberté, pour votre sécurité ». Leur discours doit être cohérent, et le meilleur moyen pour cela est de créer le monstre qu’ils redoutent, afin de pouvoir justifier ensuite de le combattre. Ce monstre c’est l’islamisme, que l’on crée depuis le 11 septembre, et qui est le résultat d’une théorie d’opposition appelée « choc des civilisations ». Cette opposition leur est nécessaire, car le système capitaliste se doit d’entretenir une misère et une oppression sur les peuples par ses dirigeants pour maintenir la concurrence nécessaire au maintien (voire à la baisse) du niveau des salaires et des prestations sociales chez eux.
Et c’est bien de cela qu’il s’agit : officiellement, l’incurie de nos hommes politiques, leur passivité face à des dictatures répressives est justifiée par ce “péril islamiste”, en soutenant que ces dernières constituaient un rempart contre l’Islam. Les peuples en lutte se défendent évidemment d’en souhaiter la mise en place (de ces régimes islamistes), mais il se trouve pourtant être le prétexte évoqué par les occidentaux pour reprendre la main sur ces pays (et leurs ressources) - si toutefois ces révolutions n’ont pas été menées en sous main justement à cet effet, afin de justifier les tensions nécessaires à la reprise en main d’un continent qui est en train de leur échapper, soit en s’émancipant de leur pouvoir, soit en tombant dans d’autres mains que les leurs. 
On le voit en France, les débats actuels sur l’Islam et la laïcité sont relancés, et la peur du FN réveillée par l’UMP justifient l’extrémisme de l’un pour lutter contre celui de l’autre. Car le “danger” islamiste est le seul moyen de créer les conditions d’une opposition entre deux mondes, opposition seule capable de monter les uns contre les autres, et de justifier les politiques sécuritaires mettant nos propres populations sous surveillance, afin de maintenir l’injustice économique et sociale que les pauvres subissent toujours plus face aux riches d’une part, et surtout conserver la nécessité d’un pouvoir autoritaire qui tomberait de lui-même si leurs esclaves s’apercevaient qu’ils peuvent très bien fonctionner sans leurs maitres d’autre part. 
L’idéologie du « choc des civilisations » est donc indispensable pour justifier les invasions irakiennes, le soutien d’Israël, les tensions face à l’Iran, les coupes budgétaires et la remise en cause des droits à la sécurité sociale ou au travail. Cette idéologie est nécessaire à l’ingérence des pays riches qui peuvent ainsi s’immiscer dans la vie politique locale des pays pauvres et influencer directement les échanges en pesant de toute leur influence militaire, financière et politique. Elle permet de s’accaparer les ressources de ces pays, et d’en contrôler tous les rouages en imposant les mesures qui les enrichit eux, au mépris de la protection sociale et du développement des peuples. 
C’est ce “choc des civilisations” qui crée les conditions d’une crise dont les fautes seront rejetées in fine sur « l’ennemi musulman », bouc-émissaire servant de paravent aux véritables instigateurs de la misère des peuples, nos propres dirigeants élus “démocratiquement”… selon les désidératas de quelques riches financiers prêts à tout pour ne pas qu’on s’aperçoive de leurs méfaits, de leurs traitrises… et de leur enrichissement. Que le complot pour un nouvel ordre mondial soit volontaire ou pas importe peu, car il est indispensable qu’il existe : ce n’est pas la vérité qui fait la réalité, mais la croyance en la réalité qui devient vérité. A force de mentir à leurs peuples, les gouvernants préfèrent cacher leurs mensonges derrière d’autres mensonges, et détourner l’attention des peuples qui souffrent vers un autre responsable qu’eux-mêmes, qui cachent et détruisent tous leurs méfaits dans des chambres de compensation, qu’on appelle à juste titre “les trous noirs de la finance“.
Ce n’est donc pas seulement contre les dictateurs actuels qu’il s’agit de lutter, mais bien contre ce « nouvel ordre mondial » qu’on nous prépare à accepter, pour contrebalancer le « retournement capitaliste » que j’ai déjà décris ailleurs et qui menace la position dominante des pays riches. Et pour ce faire, quoi de mieux que d’organiser nous-mêmes un « contre-complot », à rebours de ce que nous connaissions jusqu’ici ?
Un complot destiné à lutter non pas contre les pauvres, mais cette fois-ci contre ce petit nombre qui tire sa force d’une puissance économique construite sur l’exploitation du plus grand nombre, et dans un secret qui, une fois « éventé », ne permettrait plus de protéger leurs vils desseins, leurs viles actions ? La légitimité des peuples n’est fondée que par le nombre, et ce n’est qu’en nous unissant que nous serons capables d’exiger les changements auxquels nous avons droit. Il faut nous organiser pour dénoncer partout les mensonges, utiliser les outils dont nous disposons pour les diffuser, les dénoncer, et les rendre visibles par tous. Nous devons être capables de créer un complot au grand jour, afin que les secrets disparaissent. Un complot qui ne cacherait ni ses volontés ni ses actions, un complot qui ne pourrait pas s’éteindre une fois deux ou trois têtes « coupées » car légitimé par des millions de sites « miroir » (l’esprit de tous les citoyens désireux de changements), trop nombreux pour être anéantis. N’ayons plus peur de dire ce que nous voulons, car les peuples sont souverains et légitimes, au nom des droits de l’homme, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Ce complot existe déjà, et il se nomme « Assemblée Constituante ». Il n’a besoin ni du gouvernement ni de son argent pour fonctionner, et constitue le seul rempart contre le vol des révolutions par d’autres que le peuple. Il doit s’accomplir au grand jour, car plus il sera visible, et moins il sera attaquable, jusqu’à devenir indispensable. Je vous invite donc une nouvelle fois à venir rejoindre ce complot, le seul qui permette à tous de devenir conspirateur, et surtout le principal bénéficiaire de sa réussite…
Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
http://lavoiedespeuples.unblog.fr