samedi 14 septembre 2013

Crise syrienne : La France devrait affronter la rentrée sociale pas la Syrie

La crise syrienne aura eu ses effets collatéraux politiques bien avant l’heure et là où certains l’attendaient le moins, pas tous, en tout cas pour ceux qui savaient que la décision de guerre ou de paix relève d’abord de ceux qui en ont les moyens, les États-Unis d’Amérique.
Voulant « punir » le gouvernement syrien, François Hollande, le président de la République française, aura été jusqu’au bout de son aveuglement. Alors que les Français, par la voix de plusieurs leaders d’opinion, attendent de lui une explication sur le fait de les entraîner dans une aventure aux conséquences pour le moins imprévisibles, lui, à contrecourant de ses pairs européens, n’a pas cessé un instant de surenchérir sur l’option d’agresser la Syrie, dans un alignement quasi obséquieux sur le président Barack Obama.
Convaincu, peut-être, que le scénario allait être celui qui a conduit à la destruction de la Libye, il se voyait récolter les fruits de son allégeance, d’autant que les Allemands d’abord, les Britanniques ensuite, pour ne citer que les plus puissants d’entre ses alliés européens, se sont retirés de la course.
Il escomptait aussi, ce qui est d’une criante évidence, désamorcer la bombe d’une rentrée sociale de tous les dangers. Las ! Il fallait tenir compte du fait que lorsque l’on compte faire la guerre avec les moyens des autres, il faut d’abord s’assurer qu’ils vont y aller. Ce que l’ancien diplomate Pierre Charasse avait signalé : « Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bachar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. » Surtout qu’une première alerte a été donnée dans le sens de l’incertitude de la chose. Lorsqu’Obama s’est brutalement avisé de recourir au Congrès, avant de se lancer dans l’aventure, alors même que les sénateurs et représentants étaient en vacances. Le Point du 2 septembre pouvait titrer : « Syrie : François Hollande ‘‘cocu magnifique’’ ». Contre toute attente, ce camouflet, qui aurait dû tempérer les ardeurs jusqu-auboutistes, n’a pas eu l’effet escompté. Il aura fallu en subir un autre.
La Maison-Blanche décide de tout reporter pour examiner avec les Russes une option qui évacue et les « frappes ciblées » et la « punition ». Il s’agit désormais de seulement neutraliser l’arsenal chimique de l’armée syrienne. « Je ne pense pas que nous devrions renverser un nouveau dictateur par la force », assure Le Point.
À cette occasion, Le Figaro peut écrire ceci : « Le président français a été contraint, depuis le début de la crise syrienne, de s’adapter au jeu des autres nations », ou encore « François Hollande a été pris à contrepied dans le dossier syrien ».
Pis, L’Express a publié un sondage où 97% des Français demandent sa démission, selon le baromètre OpinionWay pour Métro et LCI. Du jamais vu dans l’histoire de la France quand, de surcroît, il n’y a quasiment que des atteintes aux revenus qui sont offertes pour 2014, à commencer par des hausses d’impôts insupportables. Encore une politique qui s’est faite ailleurs, autour du Traité de Lisbonne et à Bruxelles, et non en France.
Seule question en suspens : François Hollande et le PS pourront-il tenir leur mandat et/ou pourront-ils persister à se réclamer du « peuple de gauche » ? La réponse est à attendre de ce qui va se passer dans ce véritable laboratoire que constitue la formation sociale française confrontée aux pires difficultés qu’elle eut connues depuis des décennies.

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