lundi 26 septembre 2011

Palestine : la clarification

Lundi 26 septembre 2011
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas remet sa demande d'adhésion
au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Crédits photo : Seth Wenig/AP

“C’est l’enfer”, avait dit Mahmoud Abbas, parlant des pressions qu’il a dû subir avant de pouvoir remettre sa demande de reconnaissance de l’État palestinien à Ban Ki-moon.

Il fallait, en effet, avoir la force de passer outre ces pressions et les menaces qui les accompagnaient. Mais, maintenant que le sort en est jeté, il faut bien reconnaître que quelles que soient les conséquences immédiates de son geste, le président de l’Autorité palestinienne aurait imposé un moment de vérité à la communauté internationale, en général, et aux États-Unis, en particulier.


Les choses étant ce qu’elles sont, il n’était plus possible, pour l’Autorité, et pour tous les inconditionnels du processus dit de paix, de continuer à faire accroire que le processus en question avait la paix pour finalité. L’année qui vient de passer a montré qu’avec un congrès qui lui refuse ce qu’il peut concéder au Premier ministre israélien (Obama a fait appel à Netanyahu pour convaincre le Congrès de voter l’aide aux Palestiniens), le chef de la Maison-Blanche cesse d’être le président des États-Unis quand il s’agit d’Israël. L’Amérique est une puissance pour les Palestiniens, mais pour Israël, ce n’est qu’une ressource !


Il n’était pas juste que son influence continuât à s’exercer ainsi sur les seuls Palestiniens. En l’acculant à user, pour la quarante-troisième fois de son histoire, de son veto pour Israël et contre la Palestine, Mahmoud Abbas a fait œuvre de clarification.


Obama, qui, l’an passé, à la tribune de l’Assemblée générale, avait promis l’État Palestinien pour la session en cours, a dû se rendre à l’évidence : l’Amérique a fait le choix d’Israël, pas le choix du droit. Et, tout président qu’il est, il n’a pas les moyens d’y changer quelque chose. Deux tabous piègent la démocratie américaine : la peine de mort et l’alignement machinal sur les ambitions israéliennes.


C’est, d’ailleurs, au même moment que la grande Amérique a dû assumer ces deux avatars, l’un hérité de l’époque barbare du Far West et l’autre de l’anti-arabisme de croisade. Elle dut exécuter un Noir dont la culpabilité, à l’évidence, est plus que douteuse et refuser une nouvelle fois leur État, même symbolique, aux Palestiniens, essentiellement pour les empêcher d’acquérir le droit de recourir… aux instances judiciaires internationales !


La question israélo-palestinienne ne peut pas trouver de réponse dans l’action de ce qu’on appelle la “communauté internationale” : elle est formulée comme question politique par des puissances occidentales qui y répondent comme question juive. De l’autre côté, il va falloir “dépolitiser” la question palestinienne : les peuples musulmans, en cours de libération, l’ont compris : ils comptent en faire une question de principe. Pas un thème populiste de politique intérieure comme du temps des dictatures en déchéance. On l’a vu au Caire. Au Caire où Obama ne pourra plus rééditer son fameux discours.


À New York, les États-Unis ont raté le rendez-vous avec la jeunesse du Moyen-Orient arabe. L’Europe aussi, malgré les gesticulations, d’ailleurs empreintes d’une extrême réticence, de Sarkozy. On peut gagner en Libye, mais si on perd en Palestine…


On ne peut être pour la démocratie arabe et contre la liberté palestinienne. Le printemps palestinien sera finalement ce que sera le “Printemps arabe”. Et inversement.

Mustapha Hammouche M. H.
musthammouche@yahoo.fr 
Liberté Algérie

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire