vendredi 16 septembre 2011

Libye : La "révolution" aéroportée

26/08/2011
En 1815, lors de la restauration monarchique en France, les républicains ne manquaient pas de railler les nobles revenus au pouvoir dans « les fourgons de l’étranger », ceux de la coalition des monarchies européennes.
Aujourd’hui, les progrès technologiques aidant, ce sont les avions, les porte-avions et les missiles qui intronisent les dirigeants que les Etats impérialistes ont choisi d’imposer aux pays dont ils cpnvoitent les ressources naturelles ou la position géostratégique.
Ainsi, en Libye, en février dernier, les pays occidentaux, avides - depuis longtemps sans doute - de prendre le contrôle d’un territoire riche en pétrole, ont décidé de faire la promotion des manifestations contestataires intervenues dans l’Est du pays, à Benghazi et sa région.
Presse, radios et télévisions ont joué leur rôle habituel en pareilles circonstances : convaincre les populations des pays agresseurs du bien-fondé d'une intervention militaire.
Rien n’a manqué que nous n'ayons déjà subi pour l'Irak ou pour la Serbie : images repoussantes de Mouammar Kadhafi, chiffres (incontrôlables) de victimes imputables au même, prestations de journalistes présents sur le terrain pour confirmer la ligne éditoriale décidée à Paris, « experts » sur les plateaux TV expliquant doctement la même chose mais avec des cartes, etc.
L’ONU, qui, en 2003, avait retiré son personnel de Bagdad pour permettre l’invasion anglo-américaine de l’Irak, pouvait reprendre du service et voter une résolution ouvrant la voie aux bombardements.
On avait annoncé un soulèvement populaire contre un dictateur reclus dans son bunker. Nul doute que l’affaire se serait soldée en peu de temps... si cela n’avait été du « bourrage de crânes ».
UN DELUGE DE FEU
Il aura fallu six mois de combats, 19.751 sorties et 7.459 frappes des avions de l’OTAN pour que les « rebelles » parviennent finalement dans Tripoli. « Sous ce déluge de feu précis et dévastateur, les unités de Kadhafi n’ont pu que peu à peu céder, se repliant dans les villes où elles tentaient de s’enterrer jusqu’à ce qu’une offensive plus ou moins coordonnée des rebelles les en déloge », écrit Slate Afrique.
Parler du rôle ambigu de l’OTAN est un « euphémisme », poursuit Slate. Il y a cinq mois, les « rebelles » qui ne disposaient d’aucun moyen aérien se sont retrouvés, avec l’intervention de l’OTAN, épaulés par une force ultramoderne. « Dotés de capacités de destruction bien supérieures à celles des rares appareils de Kadhafi qui pouvaient encore prendre l’air, les avions français, britanniques, américains et autres se sont rapidement assuré la maîtrise du ciel libyen. Dès lors, le lent grignotage des forces terrestres et navales du colonel a débuté ».

Un « rebelle » affiche la couleur au bout de son AK-47
DES FORCES SPECIALES AU SOL
La résolution de l'ONU empêchait toute intervention au sol mais la France et la Grande-Bretagne sont passées outre en envoyant des « conseillers militaires ».
Les insurgés « bénéficient de l’entraînement et d’une assistance considérable de contractants occidentaux [...] qui planifient et accompagnent désormais leurs missions ». (The Independant)
Depuis plusieurs semaines, des agents français et britanniques, opérant en civil, se sont installés dans l'enceinte d’une raffinerie qui sert de PC au « rebelles ». Ils disposent de moyens de communication, de cartes d'état-major et de photos satellites. (AFP, 25 août)
C'est la présence de forces spéciales occidentales sur le sol libyen qui « ont permis l'avancée spectaculaire des rebelles ». (Sarah Diffalah, Nouvel Observateur)
Ainsi, ce qui n'était au départ qu'une contestation populaire, circonscrite principalement à une région et à une partie seulement des Libyens, a pu être instrumentalisée et servir de couverture à une intervention militaire caractérisée des Etats impérialistes contre un gouvernement pas moins légitime que beaucoup d’autres dans le monde.
La France a joué un rôle moteur dans cette macabre mystification. Plus grave, aucune force politique de notre pays n’a jugé bon d'appeler à protester contre pareille ignominie.
JPD
Source : Le Petit Blanquiste

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