samedi 17 septembre 2011

Libye : Jackpot pour l'industrie française ?

Samedi 17 septembre 2011
 
Le Medef International et la Chambre de commerce franco-libyenne a organisé début septembre une réunion d’information sur la Libye en présence du secrétaire d’état au commerce extérieur Pierre Lellouche, de plusieurs centaines d’entreprises et de nombreux directeurs de groupes du Cac 40 comme Total, Alcatel ou Bouygues. Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars, estime Thierry Courtaigne, directeur général du Medef International, qui espère une place de choix pour les entreprises françaises dans ce vaste chantier. Dans cette guerre, la France, au avant poste du conflit a pris des "risques calculés" selon Alain Juppé et l’aprés Khadafi pourrait se révéler un véritable jackpot pour toute l’industrie française notamment tout le secteur aéronautique et militaire impliquée dans le conflit en Libye. Pas si sûr, Khadafi toujours vivant, le risque d’irakisation de la Libye et les menaces terroristes dans la région du Sahel pourrait compromettre les intérêts français dans la région.
Des dizaines d’entreprises françaises présentes en Libye sous Khadafi ont été sinistrées, dans leurs contrats, du fait des événements dont de nombreuses PME performantes. Autre facteur important, la divergence de vues sur le conflit libyen entre Paris et Alger. L’ Algérie a jusque là observé une stricte neutralité du conflit et ne reconnaît pas officiellement le CNT. Alors que les relations étaient au beau fixe avec l’ Algérie, le conflit libyen pourrait de nouveau crisper les relations entre Alger et Paris. Alger n’a pas apprécié l’attitude de la France dans ce conflit, jugée trop "interventionniste". Les relations économiques et les échanges franco -algériens risquent d’en pâtir dans les prochains mois et les entreprises françaises risquent de perdre de nombreux appels d’offres. Ajouter la concurrence féroce avec les entreprises chinoises, turques, britanniques, italiennes et américaines sur ce marché, on est donc très loin du tableau idyllique de l’eldorado libyen pour les PME françaises.
La chambre de commerce franco-libyenne va accompagner fin septembre une vingtaine d’entreprises françaises à Tripoli dont Vinci, Alcatel et Sanofi. Une autre délégation est attendue à Tripoli pour le mois d’octobre, emmenée par le par le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche.
"Le marché est à gagner, pas à prendre", souligne Thierry Courtaigne et les secteurs où la demande est la plus forte sont les infrastructures, la santé, l’agro-alimentaire et la sécurité. Dans un premier temps, les nouvelles autorités libyennes vont s’attacher à la remise en état des infrastructures de base( télécommunications, écoles, hôpitaux, routes, approvisionnements en eau, infrastructures portuaires et aéroportuaires) en mauvaise état après de 6 mois de guerre. Les nouvelles autorités libyennes compte sur le rapatriement des avoirs libyens dans les banques internationales qui s’élèvent à près de 35 milliards d’euros dont 20 % de ces avoirs sont détenus par des banques françaises. Dans le secteur pétrolier, la Libye dispose des principales réserves de pétrole d’Afrique avec 44 milliards de barils, mais le pays est encore considéré comme sous-exploité au regard de ses réserves. Elle exportait environ 1,5 millions de baril/jour de pétrole, et le brut représente en temps normal 95% de ses revenus d’exportation. La Libye dispose également de réserves importantes de gaz naturel (1 548 milliards de m3) qui sont jusqu’à présent peu exploitées.
Il faudra au moins deux ans pour revenir au niveau initial de production car plusieurs installations pétrolières vitales de production et de transport ont été endommagées. Total gère 15 % du pétrole libyen et l’italien Eni 28% et la part du français pourrait grimper lors de la renégociation des contrats d’exploitations. Que les successeurs de Khadafi favorisent les pays qui les ont aidés semble logique. On se souvient qu’en Irak, les firmes américaines avaient raflé le gros des contrats, quand les autres n’ont ramassé que des miettes.

La Libye, vitrine commerciale du Rafale

Le Qatar et les Émirats Arabes Unis ont été les seuls pays arabes à participer aux opérations militaires engagées en Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont été aussi parmi les premiers pays arabes à reconnaître le CNT comme autorité légitime en Libye. Les opérations militaires conjointes sur le porte-avion Charles De Gaulle ont permis d’étaler devant les forces armées qatari et émirati les prouesses technologiques et militaires du Rafale de l’avionneur Dassault. Ce succès du Rafale en Libye pourrait accélérer la vente par Dassault de 60 avions de combat à Abu Dhabi - un contrat mirobolant estimé entre 7 et 10 milliards de dollars dont les discussions ont commencé en 2008, pour remplacer et reprendre leur flotte de Mirage 2000 achetés en 1983. Les Émirats pourraient acheter des modèles proches du modèle français, avec un radar à la portée améliorée, et un moteur de 7,5 tonnes de poussée, et non de 9 tonnes. Côté armement, une offre est sur la table pour des missiles 2ASM et Meteor de MBDA.
D’après certaines sources, l’équipe de Dassault aurait bouclé une proposition technique et financière et celle-ci pourrait être remise d’ici à la mi-septembre à Abou Dhabi. À l’occasion du Dubai Air Show qui aura lieu du 13 au 17 novembre, le plus gros salon aéronautique du Moyen-Orient, les Émirats Arabes Unis pourrait faire une annonce.
Côté militaire, l’investissement de la France dans le conflit pourrait lui rapporter gros dans quelques années. L’aviation de l’OTAN ayant détruit la plupart des blindés des forces pro-khadafistes , les forces armées libyennes sont exangues où nombre de généraux fidèles à Khadafi ont fui vers le Niger . Une fois la Libye libérée, les nouvelles autorités vont devoir à court terme remettre de l’ordre dans le pays et éliminer la circulation d’armes dans le Sahel. C’est tout l’appareil sécuritaire( Polices, Armées) de l’état libyen géré depuis 42 ans par le clan Khadafi qui est à réorganiser.
Des secteurs entiers comme l’équipement militaire et policier, la surveillance aux frontières, la sécurité intérieure, les armes légères et les véhicules militaires sont des marchés à conquérir pour les PME françaises.
Source : France Moyent Orient.com

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